NDA : Un chapitre un peu particulier, car il reprend certains passages du Tome 4 de JKR. Vous verrez vite lesquels pour peu que vous ayez lu les livres, comme tout bon fan de HP qui se respecte. Il y aura également deux clins d'œil à deux fics très drôles : « La colère de Molly » de Nanola, et « Blaise le Victorieux » de Nanachan14 et Archimède. Avec l'accord de leurs auteurs, j'ai repris textuellement certains dialogues et passages de leur fiction. Un seul conseil à vous donner : lisez-les ! Vous passerez un très bon moment, je vous le garantis.
Je rappelle également que je réponds à toutes les reviews y compris aux reviews des anonymes sur le forum (lien sur mon profil) mais je rassure ceux qui s'interrogeraient une nouvelle fois ici même : il n'y a pas d'erreur de chronologie dans ma fiction. Charlie rentre bien à Poudlard en 1984 (l'année de ses 12 ans) pour en sortir 7 ans plus tard, en 1991 (l'année de ses 19). Des aînés Weasley, seuls les jumeaux n'ont pas passé (et réussi) leur ASPIC. Pour la coupe de Quidditch/coupe des quatre Maisons, comme je l'ai expliqué dans un précédent chapitre, il y a une incohérence dans le canon. Pour cette fiction, j'ai fait le choix de me référer aux différentes infos au sujet de Charlie données par JKR dans ses 7 tomes, pas juste le 1er, ses interviews, Pottermore et d'autres sites français et anglo-saxons (et je peux vous assurer que j'ai ramé pour fouiner de partout). Donc oui, il y a des incohérences dans ses propos car si l'on s'en tient uniquement à ce qu'elle dit dans le T1, Charlie aurait au moins 7 ans de plus et cela serait en contradiction avec l'ensemble du reste la saga. Alors, effectivement, JKR s'est trompée dans le T1 au sujet de Charlie et de la coupe des quatre Maisons/coupe de Quidditch. Maintenant, vu l'ampleur de son travail, je ne pense pas qu'on puisse lui en tenir rigueur ;)
En dehors de cela, bande d'obsédé(e)s, vu le nombre de personnes à s'être dénoncées pour le ''enfin'' je vous laisse découvrir ce chapitre avec, enfin donc, un certain Harry Potter. Mais attention, ce n'est que le début. Bonne lecture.
Charlie
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1991 – 1997
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România
Roumanie !
Dragons, camarades de travail. Non, équipiers ! Amis !
Le feu, la chaleur.
Chaleur des amis, chaleur des flammes qui vous effleurent, du sang qui tape dans vos tempes et court dans vos veines.
L'adrénaline qui réchauffe le cœur, les jambes alors que l'on court.
Cours, Charlie ! Cours !
L'alcool qui coule dans la gorge après une forte journée riche en émotions. Collègues qui te tapent dans le dos.
Insouciance des premiers années combinée au sérieux des missions données. Car il faut savoir mettre de côté certaines choses quand on est dragonnier ou c'est la mort assurée. Était-ce pour cela que les dragonniers, quand ils n'étaient pas en mission, étaient aussi, explosifs, bruyants, remuants et si... solidaires ? Très certainement.
Et la chaleur des amants. Une nuit, un mois, un an. Quelle importance ?
Charlie passa les trois premières années à Sibiru comme dans un rêve. Il était heureux, il était libre. Il n'oubliait pas sa famille non, jamais, mais vivait pleinement sa vie de jeune adulte. Entouré de jeunes et moins jeunes dragonniers.
Il poursuivit ses études en magizoologie et n'intégra une équipe de recherche qu'au bout de trois années, ce qui était assez courant à la réserve. En un an, il avait appris à parler roumain, et aussi un peu le français en raison de sa nouvelle amitié avec un mangeur de grenouilles. Plus plusieurs mots dans différentes langues. En cela aussi, il se rapprochait de son aîné qui de part son travail avait été amené à parler autre chose que l'anglais. Ils faisaient désormais exprès de converser en français et roumain, Bill maîtrisant mieux le français, Charlie le roumain.
Mais il ne regrettait pas ses choix. Aucun.
Charlie Weasley était un dragonnier. Il avait atteint son but. Il était en Roumanie, équipier fier, sûr et droit. Sérieux dans son travail, homme fort et tranquille dont la carrure déjà carrée s'était encore affirmée, lui donnant un corps de rêve qui se faisait se pâmer les damoiselles et damoiseaux intéressés quand il se mouvait avec ses collègues dragonniers dans les boîtes de nuit de Bucarest ou d'Europe. Les Roumains n'ont pas le sang froid, soyez-en sûr. Ni aucune nationalité de ceux que Charlie attirait dans ses filets.
Oui, il profitait de la vie le jeune Weasley, il la croquait même à pleines dents.
Mais s'il en profitait, Charlie n'était pas stupide. Il n'avait pas oublié non plus les paroles de Dumbledore. Et attendait.
Comme ses parents et Bill, Charlie savait que l'ombre revenait.
Il apprit que ses jeunes frères et sa sœur n'étaient pas protégés du retour tant craint. Déjà, Ron avait fait très fort, dès sa première année.
Certes, Charlie avait été témoin de la joie de ses parents quand Ron était devenu ami avec Harry Potter. Pas que Molly et Arthur recherchent une forme de célébrité par procuration, cela n'était pas leur style. Simplement Charlie savait que sa mère pouvait enfin tenir la promesse qu'elles s'étaient faites un soir de guerre, Lily, Alice et elle. La matriarche s'en était voulue de ne pas avoir reconnu le fils de James et Lily sur le quai de la gare. Il était trop petit et maigrichon selon elle.
Le jeune dragonnier avait eu rapidement des nouvelles de son plus jeune frère. Pas d'excellentes toutefois, puisque ce dernier lui avait simplement fait don d'un bébé dragon. Charlie s'en était occupé, demandant à Sean, Casey et Calvin de s'occuper de récupérer le bestiau à Poudlard puisqu'ils venaient lui rendre visite en Roumanie.
Il avait ensuite écrit une lettre à Hagrid, histoire de lui remonter un peu les bretelles. Heureusement que Ionuc Focnebun, le directeur de la réserve l'avait à la bonne. Merci Brûlopot et le directeur du Pays de Galles ! Le dragonneau avait été rapidement pris en charge.
La deuxième année de Ron, première de celle de Ginny, son ancienne baguette fut détruite. Il en voulut à son jeune frère, au moins pendant quelques jours. Cette deuxième année se termina avec le kidnapping de sa sœur puis par son sauvetage par Harry.
Quand l'été suivant la fin de la troisième année de Ron arriva, Charlie se vit confier avec plaisir une mission lui permettant de retourner plusieurs fois au Royaume-Uni. Les frais étaient payés par la réserve, ce qui n'était pas négligeable. En plus, il pourrait voir la coupe du monde de Quidditch !
... ... ...
Juillet 1994 – La colère de Molly.
En entendant des bruits digne d'un troupeau de hippogriffes, Charlie sut que toute la tribu d'étudiants venait d'arriver. Bill et lui se levèrent du lit où ils étaient vautrés avant de quitter la chambre de l'aîné et, enfin, de saluer leur famille. Ils se doutaient que la surprise serait totale, aucun d'eux ne sachant que les deux premiers nés étaient présents au Terrier.
Arthur venait d'arriver, lui aussi. Ils s'embrassèrent, les jumeaux poussant des cris de joie en voyant les deux plus grands. Ginny sauta dans leurs bras, en quête de câlins et bisous.
Après quelques minutes, Molly leur demanda de passer à table, s'engouffrant dans la cuisine où de délicieuses odeurs s'échappaient.
« Où est Ron ? Vous l'avez oublié à la gare ? » demanda Bill.
« Non, il est monté tout de suite dans sa chambre. Je sais pas ce qu'il a, il est bizarre depuis qu'on est arrivé, » répondit Fred.
Charlie tapota l'épaule de Bill puis grimpa les marches quatre à quatre jusqu'au cinquième étage. Arrivé sur le palier, il toqua à la porte, laissée ouverte.
« Ronnie ? »
Le jeune rouquin tourna la tête vers lui, ses yeux s'ouvrant en grand à sa vue.
« Charlie ? Tu... tu es arrivé quand ? » demanda-t-il en se jetant dans ses bras.
Le dresseur de dragons pouffa et lui ébouriffa les cheveux.
« Merlin, Ronnie, tu as encore grandi. Tu vas finir par me dépasser ! Comment tu vas ? »
« Bien ? »
« Pourquoi ça sonne plus comme une question que comme une affirmation ? »
« Sachant que tu n'as pas répondu à ma question... »
« Très bien, » soupira le dragonnier. « Je viens tout juste d'arriver. J'ai une semaine de vacances. Bill est aussi présent. Il est en bas. »
Ron n'attendit pas et passa devant Charlie avant de dévaler les escaliers pour débouler dans le salon. Le plus âgé rigola en secouant la tête.
Sa mère s'était effectivement surpassée. Des mets succulents étaient disposés sur la longue table en bois de son enfance. Balayant toute sa famille du regard, Charlie sentit la douce chaleur familière envahir son corps. Tout le monde riait, plaisantait tout en dévorant de bon cœur la nourriture devant eux. Sauf Ron, remarqua subitement le cadet. Plus qu'étrange quand on connaissait l'appétit dévastateur du plus jeune.
Au moment même où il se faisait cette réflexion, un étrange piaillement se fit entendre. Ron se figea et son visage parsemé de taches de rousseur blêmit de façon inquiétante.
« Ron ? » s'enquit Molly en voyant son cadet aussi pâle. « Tout va bien, mon chéri ? »
Tous les regards convergèrent vers le Gryffondor de troisième année et ce dernier pâlit encore davantage, à tel point que ses taches de son se confondaient avec sa peau.
« Ce bruit, on dirait le cri d'un hibou, » fit Ginny sans paraître s'apercevoir que son frère assis à ses côtés semblait de plus en plus mal.
« Un hibou ? » s'amusa Arthur en reposant sa fourchette. « Ginny, voyons. Errol est dans le salon à se reposer. D'ailleurs, il faudrait que je l'emmène voir un spécialiste, ces fatigues chroniques sont inquiétantes. Et Hermès est avec lui. N'est-ce pas, Percy ? »
« Oui, papa, » répondit pompeusement le jeune homme en ajustant ses lunettes à monture en écailles sur son nez.
« Alors tu vois, Ginny, ce n'est pas un hibou. À part Hermès et Errol, il n'y a pas d'autre hibou ou chouette ici. »
« Pourtant... »
Un autre cri se fit entendre et la benjamine se tourna vers son frère Ron, toujours pâle comme la mort.
« Ça vient de toi. »
« Ron ? » appela Molly, soupçonneuse. « Vide tes poches, s'il te plaît. »
D'une main tremblante, le jeune garçon glissa ses doigts dans la poche de son gilet et en tira une minuscule boule de plumes qui tenait aisément dans un poing. Une fois libérée de sa prison de tissu, la chose qui ressemblait à un hibou en miniature s'envola et piailla dans toute la cuisine.
« C'est quoi, ça ? » grommela George alors que la bestiole l'obligea à se pencher en avant en volant un peu trop près de sa tête. « Ça vient de ta poche, alors récupère-le ! »
« Aïe ! » gronda Fred en sifflant quand le volatile kamikaze se posa sur sa tête. « Vire de là, stupide créature. Ron, enlève-le ! » hurla-t-il à cause du hibou qui venait de lui pincer l'oreille.
« Ron ? » s'enquit Molly. « Pourquoi as-tu un hibou ? Et où est Croûtard ? »
« Heu... Eh bien... »
Le reste de la fratrie se dévisagea, le même message d'alerte s'imprimant dans leur esprit. Leur mère avait l'intonation et la posture qui annonçait l'une de ses terribles colères. Sans se concerter, les six enfants Weasley non directement concernés se dépêchèrent d'engloutir ce qu'ils avaient dans leur assiette, avant de se reculer prudemment.
Charlie s'empressa toutefois de récupérer la minuscule boule de plumes que Ron tenait dans son poing. Visiblement, le pauvre volatile n'allait pas survivre longtemps à un tel traitement de la part de son propriétaire. Une fois le hibou placé en sécurité, Charlie revint courageusement – ou stupidement ? - s'asseoir à table, jetant par la même occasion un coup d'œil compatissant à son jeune frère qui s'empêtrait dans des explications vaseuses.
Quand les noms de Sirius Black et Peter Pettigrow furent lancés, il sentit Bill et Arthur se tendre. Tout comme lui. Molly quant à elle explosa littéralement avant de sortir dans le salon. Ses hurlements se propagèrent toutefois jusqu'à eux.
... ... ...
Le soir, alors que les plus jeunes étaient couchés, Arthur, Bill, Charlie et Molly s'étaient réunis dans le salon, une tasse de thé à la main.
« C'est incompréhensible. Pendant toutes ces années. Ce que l'on a cru était... faux, » répéta une nouvelle fois Arthur.
« Pauvre Sirius. Je ne peux imaginer sa douleur, » continua Molly.
« Je suis d'accord, mais ce n'est pas cela que je vois, moi, » coupa alors Bill, légèrement agacé. « Cela fait une heure que l'on tourne en rond. Désolé, papa, maman, mais c'est la vérité. Aujourd'hui, ce que je vois c'est qu'un Mangemort de la première heure, un traître qui a trouvé refuge chez nous, les Weasley, a pu s'échapper. Dumbledore a raison. Il revient. »
Molly pâlit atrocement. Elle regarda ses enfants, éberluée, puis son mari.
« Dumbledore nous avait prévenus. En fin de septième année, » expliqua alors Charlie. « Nous sommes prêts à nous battre. »
« Non... Non... » fit Molly. « Non, je refuse d'y croire ! Je refuse qu'une autre guerre ait lieu ! Vous... Non, pas vous ! »
« Maman, calme-toi, » dit gentiment Bill en posant sa main sur celle de sa mère. « Nous n'avons pas le choix, tu le sais. Il faut se tenir prêt, être vigilant. Charlie, nous allons devoir discuter avec Dumbledore. Après tout, nous avions une certaine mission tous les deux. Même si la mienne touche à sa fin. Je vais réintégrer Gringotts à Londres, je ne ferai plus que des courts voyages. Mon affectation en Égypte ne sera pas renouvelée. »
« Pourquoi ? » demanda Molly. « Bill, reste encore là-bas. En cas de danger ici, tu seras préservé et... »
« Non, » la coupa une nouvelle fois le fils aîné. « C'est moi qui vais demander à revenir ici justement. Si l'on doit se battre, je serai au front. »
« Je refuse ! Je refuse de perdre mes enfants ! » s'écria Molly.
« Maman... nous ne sommes pas Fabian et Gideon, » murmura Charlie.
Mais la matriarche se mit à sangloter, trouvant refuge dans les bras de son époux.
« Bill, Charlie, vous êtes des adultes, des hommes. Faites vos choix, mes fils. Personnellement, je suis fier de vous, » fit Arthur, tout en consolant Molly. « Je ne vous demande qu'une chose : préservez vos frères et votre sœur. Cet été, Harry et Hermione vont venir, pour la Coupe du monde. Ne leur dites rien, à aucun d'eux. Ils... Ils n'ont pas à savoir ce genre de chose. Harry en sait déjà trop pour son jeune âge. »
... ... ...
Août 1994 – La Coupe du monde de Quidditch.
Charlie était retourné à la réserve, pour quelques semaines, avant de revenir pour la Coupe du monde.
C'est ainsi qu'un jour d'août, il rencontra enfin le bébé aux grands yeux verts avec qui il avait joué une fois étant enfant. Les yeux et les cheveux noirs étaient certes identiques, mais pour le reste, Harry avait bien changé. Certes, comme lui avait dit sa mère, c'était un gringalet. Pourtant, Charlie se doutait bien, en le regardant en coin, qu'avec le temps le fils Potter pourrait devenir un sacré canon. Le rouquin se morigéna en pensant cela, alors qu'ils discutaient tous les deux sur les chances de l'équipe d'Irlande face à la Bulgarie. Après tout, comme sa mère le lui avait dit la veille au soir, Harry était comme un fils pour eux.
Elle lui avait aussi raconté qu'il menait certainement une vie misérable chez les Moldus qui l'élevaient. Mais qu'elle et Arthur, malgré les démarches qu'ils avaient entreprises une nouvelle fois auprès de Dumbledore, n'avaient pas pu le faire changer d'avis. Harry devait rester chez les Dursley. Alors, les parents Weasley faisaient comme si de rien n'était, ayant déjà compris que Harry était fier. Son orgueil ne l'aurait pas supporté s'il avait appris que tous les adultes l'entourant savaient pertinemment qu'il était un enfant maltraité. Ils réussissaient déjà à l'avoir une bonne partie des vacances d'été, c'était toujours mieux que rien.
Le dragonnier était certain que les Irlandais remporteraient la coupe. Le fait de se retrouver dans les tribunes officielles fut aussi une grande joie pour toute la tribu. Cela avait été une journée fantastique. Et elle aurait dû le rester.
Malheureusement, des Mangemorts virent gâcher la fête. En voyant la famille de monsieur Roberts voler dans les airs, Charlie eut la nausée. La tête d'un des enfants ballottait en tous sens, alors que le petit hurlait de terreur.
Quand son père cria « On va aider les gens du ministère, » les trois aînés Weasley s'élancèrent, manches relevées, baguette brandit devant eux, n'attendant pas la fin de la phrase de leur père.
Charlie, avec Bill et Percy, eurent ainsi un premier aperçu de ce qu'avait été la guerre, en tant que combattants. Charlie sentit son ventre se tordre à la vue de la Marque des Ténèbres. Cela recommençait, les cris, la peur. Les souvenirs de son enfance l'assaillirent. Comme il se rappelait de sa propre terreur à l'idée de voir cette marque horrible dans le ciel, au dessus du Terrier ou de la maison d'ami. Comme en cette nuit de Halloween, quand Bill et lui avaient cru que les feux d'artifice annonçant la fin supposée du mage noir étaient peut-être cette tête hideuse.
Les deux aînés eurent un regard lourd en retournant à leur tente. Nul doute également que ceci n'était qu'un début.
Charlie se retrouvait avec sa chemise déchirée, Percy le nez en sang et Bill était blessé au bras. Sans avoir à échanger une parole, alors que Fred, George et Ginny les entouraient, les deux aînés se comprirent. Ils allaient devoir s'entraîner.
Entendant du bruit à l'extérieur, terriblement inquiet en ne voyant toujours pas Ron, Harry, Hermione et son père, Charlie sortit sa tête de l'auvent de la tente des garçons, où ils s'étaient regroupés.
« Papa, qu'est-ce qui se passe ? » demanda-t-il. « Fred, George et Ginny sont rentrés mais les autres... »
« Ils sont avec moi, » le rassura son père en se penchant pour entrer dans la tente.
Le dragonnier poussa un soupir de soulagement, cependant, en voyant l'air inquiet d'Arthur et la pâleur des adolescents, il comprit que quelque chose de grave s'était produit.
« Vous l'avez attrapé ? » demanda aussitôt Bill. « Celui qui a fait apparaître la Marque ? »
« Non, » répondit Arthur. « On a trouvé l'elfe de monsieur Croupton avec la baguette de Harry à la main, mais on n'en sait pas plus sur l'identité du coupable. »
« Quoi ? » s'exclamèrent d'une même voix Bill, Charlie et Percy.
Arthur leur expliqua la situation, puis Hermione et Percy se disputèrent au sujet de l'elfe, laissant Bill et Charlie, qui s'étaient instinctivement rapprochés, échanger de nouveau des regards plein de compréhension, ainsi que de petites phrases prononcées à voix basse et dans une autre langue.
Profitant du fait que Molly n'était pas présente, Arthur, Bill et Charlie expliquèrent certaines choses aux plus jeunes. Sur la Marque des Ténèbres et les Mangemorts notamment. La surprise des adolescents sur ces termes, leur naïveté, auraient presque pu faire sourire Charlie, s'il n'avait pas été aussi soucieux. Sa mère avait raison, malgré ce qu'ils avaient déjà vécu, ils connaissaient encore une certaine innocence. Mais cela ne durerait sans doute pas, pensa amèrement le rouquin.
Charlie constata aussi avec surprise la lueur de détermination dans les iris verts. Il avait déjà été très étonné d'entendre le jeune Survivant appeler le Seigneur des Ténèbres par son nom, faisant sursauter toute sa famille par la même occasion quand il l'avait fait.
Une fois au Terrier, le dragonnier eut encore l'occasion d'expliquer à Harry ce qu'étaient les Aurors, un petit pincement au cœur. Bien sûr qu'il se souvenait de Maugrey Fol Œil, il lui avait fait suffisamment peur petit. Mais les regards discrets de sa mère derrière le brun le découragèrent à en dire trop au jeune homme en face de lui, qui pourtant l'écoutait attentivement. Il ne lui dit donc pas qu'il le connaissait, lui, mais qu'il avait aussi rencontré d'autres Aurors, comme Sirius, Franck et James lui même. Harry savait-il seulement que son parrain, son père et celui de leur ami Neville avaient été Aurors ensemble ?
Sur la gare de Kings Cross, après avoir serré Ginny dans ses bras, le cadet Weasley regarda le Poudlard Express avec une certaine boule au ventre alors que sa mère bataillait toujours avec les jumeaux qui voulaient absolument savoir ce qu'ils leur cachaient au sujet de cette année à Poudlard, si différente des autres. Avant que le train n'eût franchi le premier virage, Bill et Charlie avaient transplané. Ils atterrirent comme ils étaient partis, l'un à côté de l'autre. Sans mot dire, ils franchirent le portail de l'école de Sorcellerie. Ils avaient rendez-vous avec Dumbledore.
En quittant le château de son enfance, le dragonnier savait qu'il reviendrait rapidement, pour le tournoi des Trois Sorciers. Néanmoins, il n'était pas tranquille. Il avait eu le sentiment de mentir à ses frères en ne leur racontant pas les souvenirs qu'il avait de la première guerre, les conseils de Dumbledore ainsi que tous les détails de la prochaine lutte qui s'annonçait, il en était désormais certain. Mais c'était la décision de sa mère, il ne pouvait pas aller contre.
Cependant, Charlie avait un très mauvais pressentiment.
... ... ...
Automne 1994 - Le Tournoi des Trois Sorciers.
Le mauvais pressentiment de Charlie se confirma quand il apprit que Harry avait été désigné comme quatrième champion du tournoi. Ses parents avaient hurlé au scandale.
En conséquence, Charlie ainsi que toutes les équipes qui avaient été désignées pour emmener les dragonnes à Poudlard se virent confier la tâche d'en prendre une de plus. Leur choix se porta sur une terrible Magyar à pointes. Charlie ainsi que d'autres protestèrent, les Magyars étant particulièrement féroces. En vain. La réserve du Pays de Galle fournissait quant à elle un Vert Gallois.
Le dragonnier s'était aussi porté volontaire pour faire partie de l'équipe technique à l'école. De ce fait, il fit plusieurs voyages au Royaume-Uni, pour sa plus grande joie. Sa mère en profita pour pleurer sur son épaule, folle d'inquiétude pour le jeune Potter. Avant de vouloir absolument lui couper les cheveux. Charlie avait levé les yeux au ciel. D'accord, ils étaient un peu longs, puisqu'il les avait attachés en un court catogan, mais pas autant que ceux de Bill. Il avait réussi à repousser les ciseaux maternels, il ne savait trop par quel miracle.
Ce fut ainsi que les trois équipes de Roumanie partirent un jour, en direction de la lointaine Écosse où devait les rejoindre l'équipe Galloise. Charlie remplaçait son chef d'équipe, tombé malade. Ce n'était pas la première fois qu'il le faisait, bien que cela le surprenne toujours un peu vu qu'il n'était pas un dragonnier depuis très longtemps, comparé à d'autres de ses collègues.
L'arrivée dans la forêt interdite fut plutôt mouvementée, les dragonnes rendues furieuses d'être ainsi bringuebalées et éloignées ne serait-ce que d'un court instant de leurs œufs. Charlie s'occupait justement de la Magyar enragée, ses mains maintenant fermement l'une des chaînes qui l'entravaient. Il grimaça, sentant une ampoule qui éclatait dans sa paume.
En alerte, il remarqua immédiatement un mouvement dans son champs de vision, plus loin de la palissade où il se tenait. Tournant rapidement la tête, il aperçut la haute taille du son ami garde-chasse. Ils avaient en effet convenu de se voir ce soir, Hagrid voulant absolument admirer les fantastiques animaux.
« Attention Hagrid, n'approchez pas ! » cria-t-il tout en tirant derechef sur la chaîne. « Ils peuvent cracher du feu jusqu'à une distance de six mètres ! Ce Magyar à pointes peut même aller jusqu'à douze mètre. »
« Il faut les calmer ! » s'écria le chef d'équipe Galloise. « Sortilèges de Stupéfixon ! Je compte jusqu'à trois ! »
Charlie sortie d'une main sa baguette, la pointant sur le grand dragon noir.
« Stupéfix ! » crièrent-ils à l'unisson.
Les sortilèges de Stupéfixion jaillirent de leurs baguettes, explosant sur les écailles des dragons. Lentement, Charlie vit le Magyar à pointes s'effondrer dans un bruit mat, faisant trembler le sol. Rapidement, il abaissa sa baguette et resserra la chaîne avant de l'attacher soigneusement aux piquets de fer prévus à cet effet qu'un de ses compagnons enfonça profondément dans la terre à l'aide de sa baguette. Une fois son travail effectué dans les règles de l'art, Charlie se redressa puis s'avança vers Hagrid, essoufflé par les efforts qu'il venait de faire.
« Ça va, Hagrid ? Ça devrait bien se passer maintenant. On leur a fait prendre une potion de sommeil pour les amener ici. On pensait que ce serait mieux qu'ils se réveillent dans le noir et dans le calme. Mais comme vous l'avez vu, ils n'étaient pas contents, pas contents du tout... »
« Qu'est-ce que c'est comme espèces ? » demanda Hagrid en regardant le grand dragon noir avec une expression proche de la vénération dans les yeux.
« Ça, c'est un Magyar à pointes. Le plus petit, là-bas, c'est un Vert Gallois commun, celui qui a une couleur gris-bleu, c'est un Suédois à museau court et le rouge, un Boutefeu chinois.
Charlie regarda autour de lui, étudiant Madame Maxime qui observait avec intérêt les dragons stupéfixés.
« Je ne savais pas que vous alliez venir avec elle, Hagrid, » dit Charlie, les sourcils froncés. « Les champions ne doivent pas savoir ce qui les attend. Elle va sûrement avertir la concurrente de Beaubâtons, vous ne croyez pas ? »
« J'ai seulement pensé que ça lui ferait plaisir de les voir, » répondit Hagrid avec un haussement d'épaule, en contemplant les dragon d'un air extasié.
« Vraiment très romantique, comme promenade au clair de lune, » fit remarquer Charlie en hochant la tête.
Ils discutèrent un petit moment ensemble. Le dragonnier ne savait pas pourquoi, mais il se sentait étrangement observé. Il demanda des nouvelles de Harry, n'obtenant qu'une vague réponse en retour qui ne le satisfit pas le moins du monde. Quand il raconta la réaction de sa mère suite à l'annonce de la participation de Harry à la compétition, il entendit un bruit de feuilles et fut presque sûr de voir un buisson bouger plus loin. Il secoua sa tête rousse. Il devait vraiment être fatigué...
Charlie avait été autorisé à demeurer au Terrier le temps de son séjour en Écosse. Il regagna donc le domicile de ses parents, tentant encore de rassurer sa mère, morte d'angoisse. Il se mit à prier en silence pour que le peu de discrétion de Hagrid, ainsi que son amitié envers Harry lui fasse lâcher le morceau au Survivant. Il n'avait aucune envie d'intervenir pour sauver la vie de l'autre garçon, encore moins qu'il lui arrive un malheur.
... ... ...
24 novembre 1994 – Blaise le Victorieux.
Le dragonnier aux cheveux roux soupira lourdement. Enfin c'était fini ! Et aucune perte n'était à déplorer, mis à part quelques œufs.
Quand il était rentré dans l'arène avec les dragonniers chargés de faire pénétrer les dragons un par un, il avait rapidement chercher dans les tribunes sa fratrie. Il savait qu'eux le verraient sans doute avant lui.
Alors que le souffle chaud du Suédois à museau court s'était fait sentir dans sa nuque, il avait aperçu rapidement plusieurs chevelures qui ne lui laissèrent pas de toute. Avec un petit sourire, accompagné d'un signe de la main, il avait salué ses frères et sa sœur.
Il décida de rester un peu à côté de l'enclot de la Magyar qui était beaucoup trop énervée à son goût. Une fois qu'il eut constaté que la dragonne s'était calmée, il se retourna pour rentrer chez lui. Sa mère lui avait fait promettre de venir la prévenir dès qu'il le pouvait de l'état de santé de Harry.
Il faillit presque rentrer en collision avec un jeune homme, de la maison Serpentard à en juger par sa cravate, qui était en train de le fixer. Le jeune homme était assez grand, du moins presque autant que lui. La peau brune, les cheveux crépus ainsi que les traits de son visage lui apprirent en un seul regard qu'il était métissé. Et sacrément mignon soi-dit en passant. Les yeux, d'un joli caramel tendre, l'étudiaient toujours.
« Euh... Salut » tenta-t-il en reprenant son souffle. « Tu t'es perdu ? »
Le Serpentard le fixait sans réponse, puis il se mit à rougir, de ce que Charlie pouvait en constater, les joues prenant une teinte plus foncée tout en le fixant de ses jolis yeux. Charlie s'inquiéta, qu'est-ce qu'il lui arrivait ?
« Euh... Je... Non... Oui... Euh... Salut ? »
« Je te trouve bien éloquent pour un Serpentard, » déclara Charlie qui se demandait toujours ce que le garçon venait faire ici.
« Serpent... Mais... Comment tu sais ? »
« Ta cravate. »
« Logique. »
« Et, donc, tu es perdu ? Tu as besoin d'aide ? Tu... Veux quelque chose ? » voulut savoir le dragonnier.
« Non, peut-être et oui. »
Charlie cligna des yeux. À quoi jouait ce garçon ?
« Tu pourrais... Développer ? »
« Non je ne suis pas perdu, j'aurais peut-être besoin d'aide après ça et oui, je veux quelque chose. Définitivement. »
« Okay... Et de quoi s'agit-il ? » demanda Charlie toujours aussi perplexe.
« Quelles sont les qualités requises pour être dragonnier ? »
Charlie hésita à répondre un court instant. Son instinct lui soufflait que l'étudiant ne lui disait pas tout, loin de là. Il n'avait pas l'air de s'intéresser réellement aux dragonnes, alors pourquoi faire celui qui voulait en savoir plus sur le métier de dragonnier ? Cependant, avisant les iris caramel qui semblaient le supplier de parler, il se décida.
« Eh bien, il faut accepter d'être éloigné de sa famille, avoir une bonne relation avec ses collèges et puis évidemment aimer les dragons. Il faut avoir de la passion, de la patience, ne pas avoir peur de se salir et tenir des horaires impossibles. Un dragonnier doit se dévouer corps et âme... En quelque sorte... »
Le jeune homme le regardait avec un air ébahi et... un peu pervers de l'avis de Charlie.
« Mais, ça doit être duret long parfois... Et très solitaire... Il y a beaucoup de travail manuel, n'est-ce pas ? »
Cette fois, Charlie tiqua. Non, le jeune homme n'était pas clair, en tout cas ses propos étaient plutôt tendancieux.
« Euh oui... On peut dire ça comme ça... » répondit-il sur un ton un peu hésitant.
« Cool. »
« Ça t'intéresse ? » demanda Charlie.
« Hein ? Quoi ? » s'exclama le métis visiblement confus.
« Le métier de dragonnier, » reprit le dragonnier.
Avant que le garçon n'ait le temps de répondre quoique ce soit, la dragonne qui se trouvait dans la cage rugit avec férocité. Le Serpentard, totalement effrayé, bondit sur Charlie et s'accrocha de toutes ses forces à lui.
« Je crois que j'avais oublié de rajouter que le courage était une qualité nécessaire. »
Le jeune homme leva les yeux vers lui et, vexé, rétorqua : « Ah, ah... Je suis mort de rire... »
« Tu es sûr ? Tu m'as plutôt l'air mort de peur... » s'amusa le plus vieux.
« J'ai été surpris. J'étais pas prêt ! C'est tout. »
Charlie éclata d'un rire qui s'étouffa dans sa gorge tandis que son étrange compagnon... non, il ne rêvait pas, il était bel et bien en train de lui tâter les pectoraux !
« Euh, tu fais quoi, là ? » demanda-t-il.
« Est-ce que tu aimes les hommes ? » fit le Vert et Argent sans tenir compte de la question précédente.
« PARDON ? » s'exclama Charlie en reculant d'un pas.
« Euh, je veux dire ! C'est un métier d'homme, n'est-ce pas ? »
« Oui, il y a beaucoup d'hommes, mais ça ne veut pas dire que ça leur est réservé, » répondit Charlie.
Il étudia le jeune métis. Bien, il semblait évident que l'étudiant soit ici plus pour les dragonniers que pour les dragons. En tout cas, entre ses questions et ses mains baladeuses, Charlie comprit qu'effectivement, l'un des dragonniers au moins avait un ticket avec le Serpentard qui flirtait de façon plutôt maladroite avec lui.
« Mais au fait... Comment tu t'appelles ? » demanda-t-il.
« Gérard ! »
« Et moi je suis le roi de France, enchanté. »
« N'importe quoi, tu es Charlie Weasley ! »
Aussitôt dit, le jeune serpent écarquilla les yeux en se rendant compte de ce qu'il venait de faire. En face de lui, Charlie se retint d'exploser de rire. Le Serpentard était à croquer avec ce petit air timide et gêné. Il décida donc de se prendre au jeu. Après tout, flirter était plutôt agréable, surtout avec un partenaire aussi délicieux. Il entoura la taille du plus jeune de ses bras avant de se pencher suffisamment pour pouvoir lui murmurer d'une voix chaude au creux de l'oreille :
« Et sinon, ton vrai nom, c'est quoi ? »
« Blaise Zabini, » répondit le métis dans un souffle.
Charlie rit doucement, son nez effleurant le cou de Blaise, qui sembla frémir dans ses bras.
« Tu sais pour être un dragonnier, il faut être fort... »
« Mais je suis fort ! » s'indigna Blaise. « Je fais même des cures de protéines! »
Les deux hommes eurent un temps d'arrêt et se fixèrent. Par Merlin, est-ce que Zabini était en train de lui faire une proposition ? À cette idée, Charlie sentit une chaleur bien connue s'étendre dans ses reins.
« Vraiment ? Des cures de protéines ? Du genre que j'imagine, ou... »
« Non ! » s'écria Blaise, paniqué. « Pas de ce genre là ! Enfin... En général, je préfère plutôt recevoir que de donner. »
À peine ces mots eurent-ils franchit ses lèvres que Charlie vit clairement qu'il les regrettait. Le brun leva des yeux horrifiés vers Charlie.
« Typiquement Serpentard... » conclut Charlie, un brin déçu. Le jeune Zabini était peut-être chaud pour flirter mais pas pour plus, visiblement.
« Et fier de l'être, » répliqua le métis avec force.
« Doucement, petit, doucement, pas la peine de montrer les crocs, » rigola le roux.
« Je ne suis pas petit ! J'ai quatorze ans, je te signale ! »
Ces mots eurent l'effet d'une douche froide sur Charlie. Quatorze ans. C'était presque impensable quand on le regardait. Au vue de sa stature, Charlie était certain que le Serpentard était en septième année !
« Je vois... » fit-il en desserrant sa prise autour de la taille de Blaise.
C'était une très mauvaise idée de continue ce flirt impossible. Merlin, ce gamin avait l'âge de Ron, Hermione et Harry ! Il devait même partager certains cours avec eux. D'ailleurs, était-ce pour cela qu'il savait qui il était ? Franchement, draguer un garçon de quatorze ans... pourquoi pas sortir avec Potter tant qu'il y était !
Soudain, l'autre garçon passa ses bras autour du cou du dragonnier, se dressa sur ses pieds et plaqua férocement ses lèvres sur celles de Charlie, surpris par l'audace du gosse. Il ne réagit pas tout de suite, avant de le repousser gentiment. Au delà de l'âge du garçon, Charlie ne se sentait pas à l'aise avec ce qui se passait. Zabini n'avait pas eu l'air ravi de prononcer certaines phrases, comme si tout ceci n'était qu'un jeu. Et si Charlie avait bien horreur d'une chose, c'était que l'on joue avec ses sentiments ou ses désirs.
« À quoi tu joues ? » demanda-t-il alors que Blaise essayait de rester coller à lui.
« J'ai... J'ai glissé ? » tenta Blaise avec un sourire innocent.
« Je ne parle pas de cette pitoyable tentative de baiser d'écolier, » l'interrompit Charlie. « Mais de ton comportement à mon égard depuis le début. »
Blaise sembla horrifié par ses propos et voulut s'éloigner. Toutefois, il n'eut pas cette chance car Charlie, regrettant un peu la dureté de ses paroles, l'attrapa par la taille et le plaqua contre lui, le maintenant de ce fait très fermement contre son torse. L'éclat de douleur dans les yeux caramel ne lui avait pas échappé. Il ne savait pas ce qui se passait avec ce Zabini mais il était hors de question qu'il s'en aille sans avoir de réponse.
« Alors, jeune homme, la vérité. Maintenant ! »
« Il n'y a rien à dire. »
Charlie se pencha vers lui jusqu'à ce que leurs lèvres se frôlent.
« Tu es sûr ? » souffla-t-il chaudement.
« Non... Oui ! Absolument ! » répondit précipitamment le Vert et Argent d'une voix rauque.
Le rouquin le considéra un instant avant de se redresser très légèrement.
« Dommage pour toi... Car si tu m'avais dit la vérité, peut-être t'aurais-je appris ce qu'est un vrai baiser... »
Blaise écarquilla les yeux, visiblement perdu.
« Mais... Je croyais... »
« Toujours rien à dire ? » le taquina le dragonnier qui sentait avec satisfaction que le gamin réagissait contre sa cuisse.
Cette sensation lui fit augmenter son sourire Bien, il ne le laissait véritablement pas indifférent.
« C'était un gage... Je devais placer certains mots... » dit-il d'une voix faible.
Satisfait, Charlie l'embrassa chastement, faisant gémir Blaise de frustration.
« Rien d'autre ? » se moqua le dragonnier.
« Je crois que mon corps parle pour moi et que tu sais pourquoi toi, plus qu'un autre, a été choisi. »
« Je pense que j'ai saisi. »
Charlie se doutait effectivement de pourquoi Blaise l'avait choisi. Il lui plaisait, la dureté qui se trouvait dans le pantalon du Serpentard ne pouvait pas être causée par un gage stupide ou un pari idiot. Sans doute ses camarades de classe l'avaient chambré à son sujet et qu'il avait dû se soumettre à ce gage pour une raison encore plus ridicule que le gage lui-même. Cependant, en cet instant, Charlie s'en moquait. Il avait promis un baiser, un vrai baiser, et il avait la ferme intention de tenir sa promesse.
Il commença par simplement poser ses lèvres sur celles du plus jeune, puis, sentant que Blaise se mettait à trembler, il fit bouger ses lèvres, bécotant celles plus pulpeuses à sa disposition. Enfin, il ouvrit sa bouche et fit glisser sa langue entre elles, demandant une entrée qui lui fut aussitôt accordée. Le véritable baiser débuta alors, tout en langueur, en volupté, Charlie jouant consciencieusement tant avec la langue adverse qu'avec les nerfs du pauvre jeune Serpentard.
Blaise était lourd dans ses bras, à moitié étourdi, quand le dragonnier cessa sa douce torture buccale et le serra un peu plus fort contre lui.
« Dommage que tu sois aussi jeune, » déclara Charlie d'une voix rauque de désir. « Car je ne peux pas me permettre de faire ça. Sinon, je te promets que je t'aurai donné la meilleure cure de protéines de ta vie. Dans les deux sens... »
Puis il fit quelques pas en arrière, sans cesser de regarder Blaise, tremblant et haletant, qui n'avait pas bougé d'un centimètre, ses yeux caramel empli d'étoiles.
« Au revoir, mon petit reptile, » le salua-t-il une dernière fois avant de disparaître dans la forêt.
La plaisanterie avait été particulièrement délicieuse, mais maintenant il allait devoir calmer sa propre érection avant de quitter l'enceinte du château pour rejoindre le Terrier. Peut-être qu'il pourrait aussi allait faire un tour dans un bar après cela. Le baiser du jeune métis lui avait donné quelques envies lubriques. Après cette dure journée, il était plus que disposé à prendre du plaisir dans les bras d'un amant de passage cette nuit. Majeur, si possible !
... ... ...
Juillet 1995
« Charlie ? Le directeur te demande. »
Le rouquin redressa la tête de son bureau pour dévisager le jeune homme qui avait ouvert la porte de son laboratoire. Étonné, il posa sa plume avant de se lever.
Sa surprise monta de plusieurs crans quand il découvrit un autre sorcier paisiblement installé dans un fauteuil, en face de son directeur.
« Professeur Dumbledore ? » s'exclama le rouquin.
Le vieux mage sourit avant de se mettre debout pour lui donner une étreinte. Le cadet Weasley en fut là encore plus que surpris.
« Charlie, comme cela me fait plaisir de te revoir ! Cela ne te dérange pas si nous continuons cette conversation en roumain ? »
« Nu, nu mă deranjează, » répondit distraitement Charlie en s'asseyant à côté de son ancien directeur ainsi qu'en face de son actuel.
« Bien, bien. Charlie, je me doute que tu dois être au courant de ce qui s'est produit à la fin du Tournoi des Trois sorciers, n'est-ce pas ? » demanda Dumbledore dans un roumain parfait. (1)
« Oui, en effet. Mon père, Bill et moi en avons longuement discuté. »
« Je n'en attendais pas moins d'Arthur. Cependant, parler ne suffit plus actuellement. Lord Voldemort est de retour, comme nous le savons tous dans cette pièce. »
Charlie constata que son directeur avait masqué une légère grimace au nom du Seigneur Noir.
« Je suppose que tu gardes quelques souvenirs de la précédente guerre, je ne me trompe pas ? » continua le vieux sorcier imperturbable.
« Oui, certains souvenirs sont plutôt difficiles à oublier, » confirma Charlie.
« Je le sais, » sourit faiblement Dumbledore. « Mais te rappelles-tu de ce que faisaient tes oncles ? »
« Oui, ils appartenaient à une organisation. Votre organisation, monsieur. »
Le rouquin réfléchit pendant quelques secondes alors que le directeur de Poudlard retrouvait un certain pétillement dans ses yeux. Le dragonnier s'interrogeait réellement sur sa présence ici, en Roumanie, mais aussi devant lui et le directeur de la réserve. D'ailleurs, en quoi son histoire personnelle concernait Focnebun ? Fronçant ses sourcils, il poursuivit.
« Dois-je comprendre que cette organisation va revoir le jour ? »
« C'est exact. L'Ordre du Phénix renaît de ses cendres. Ionuc, ici présent, en fait partie, de même que Feudebois, le directeur du Pays de Galle. Comme je te l'avais dit, il y a déjà de ça plusieurs années, les dragonniers n'ont jamais été du côté sombre. Je te le redemande encore une fois, Charlie Weasley, bien que je me doute de la réponse : pouvons-nous compter sur toi ? »
Charlie plongea son regard dans les yeux bleus qui l'étudiaient par dessus les verres en demi-lune.
« Ma réponse n'a pas changé, professeur. Je suis avec vous. »
« Bien, » fit fortement Dumbledore. « Tu fais donc partie, à compter de maintenant, de l'Ordre du Phénix. Tiens, je te confie ceci. »
Charlie tendit sa main pour recevoir dans sa paume une petite médaille en forme de dragon. Il releva un sourcil d'incompréhension.
« C'est un Portoloin. Je crains toutefois que les différents ministères des pays d'Europe concernés ne soient pas au courant de ce petit détail. Ce Portoloin demande à être enclenché une première fois. Il n'obéira ensuite qu'à ta voix. Il te permettra de te rendre au Q.G. de l'Ordre, qui se situe, à cette adresse. » Dumbledore lui donna alors un petit bout de parchemin sur lequel était inscrit ''12. Square Grimmaurd''. Charlie eut à peine le temps de lire l'inscription que le parchemin prit feu et disparut en cendres.
« Tu pourras aussi revenir ici, à la réserve mais aussi à Beaubâtons, Rome, Berlin, Minsk et Helsinki. »
Charlie ouvrit de grands yeux étonnés. Qu'était donc ce Portoloin ? Il n'avait jamais entendu parlé qu'un tel objet puisse l'emmener vers plusieurs destination différentes selon le choix de son porteur.
« C'est un objet rare et précieux. Prends-en grand soin. Ta mission maintenant. Je veux que tu tisses dès à présent un réseau de résistance en Europe. Ionuc te donnera une liste avec plusieurs noms et des villes. Tu devras aller les voir, leur expliquer la situation, bien que la plupart la connaisse déjà. Nous allons avoir besoin d'alliés, cela est certain. Pas tant pour les combats, bien que cela arrivera un jour, mais aussi et surtout pour la logistique. Nul ne sait quand, mais bientôt, le Royaume-Uni sera coupé du monde. Nous devons prévoir le pire afin d'y être préparés. Je compte sur toi, ainsi que d'autres membres de l'Ordre pour permettre aux personnes de bien de pouvoir survivre quand les Ténèbres se lèveront sur notre monde. »
Dumbledore se redressa, tout en pointa de sa baguette la médaille.
« Présente toi, Charlie, » ordonna-t-il.
« Je suis Charlie Gideon Weasley. »
Le médaillon se mit à briller et à chauffer contre sa peau, avant de redevenir de l'argent brut.
« Bien, cela est parfait. Oh, Charlie, Tu devrais commencer par les clans Veela de Pologne. Ils savent que l'un d'entre nous doit les contacter. Une réunion de l'Ordre est prévue dans trois jours. 20H00. »
« Bien, monsieur, » répondit Charlie, un peu éberlué. « Monsieur ? »
« Oui ? »
« Ces personnes, d'Europe, est-ce qu'elles font partie de l'Ordre ? »
« En quelque sorte. Mais j'ai pensé à un autre nom, pour le réseau de la résistance hors territoire britannique. »
« Lequel ? » voulu aussitôt savoir Charlie.
Le vieux sorcier eut un drôle de petit sourire, ses yeux se mirent à briller étrangement.
« Eh bien, le Tournoi des Trois sorciers aura contribué à ce que je recherchais, à savoir la coopération internationale. Les Françaises sont l'un de nos atouts, c'est indéniable. Aussi, j'ai pensé que ''Fleur de Lys'' était un nom tout à fait approprié, afin de leur rendre hommage. Je me doute que Bill va hautement l'apprécier. »
Là-dessus, il salua Focnebun et Charlie, avant de disparaître.
« Ce vieux fou ne change pas, » conclut le directeur de la réserve. « Weasley, à partir de maintenant, votre planning pourra être sujet à d'importantes modifications. Prévenez-moi, quand vous aurez besoin de temps. Mais je tiens à ce que l'essentiel de vos missions se passent pendant vos heures de libre ou vos congés. Il en va de votre couverture. Je ne crains pas mes dragonniers, mais Sibiru est une petite ville et Sibiu très proche. »
« Oui, monsieur, » acquiesça le rouquin.
« Au fait, Weasley, » reprit le directeur alors qu'il lui tendait la fameuse liste tout en étalant une carte d'Europe sur son bureau. « Pourquoi Albus pense que le nom Fleur de Lys va plaire à votre frère ? Il aime les fleurs ? »
« Pas plus que cela, du moins, à ma connaissance, » répondit Charlie, se posant lui aussi la question.
... ... ...
Août 1997
Ils se lancèrent un regard, affolé et attristé tout à la fois. Ce jour qui aurait dû être l'un des plus beaux finissait dans les cris.
« Pars, Charlie ! Maintenant ! » hurla Bill.
« Obéis ! » renchérit Arthur.
Le cadet fit une grimace, mais fit ce que son frère et son père lui disaient. C'était ce qui était convenu de toute façon. Il le savait. Il jeta un dernier coup d'œil à ce qui avait été la piste de danse. Lancey Hooper, Tonks et d'autres anciens camarades de Poudlard se tenaient dans un coin, baguette à la main. Plus loin, il vit Hermione se saisir de la main de son jeune frère et Harry qui lui prenait l'autre avant qu'ils ne disparaissent dans un crack. Les dés étaient lancés.
Le rouquin prit la médaille autour de son cou dans sa main et murmura, tout en regardant son frère qui tenait sa jeune épouse dans ses bras : « Sibiru. » Les yeux bleus de Bill accrochèrent les siens une dernière fois, alors que Charlie sentait les larmes couler sur ses joues.
Il s'écroula derrière le bâtiment de la réserve. Prenant une respiration difficile, il s'obligea à se concentrer pour transplaner devant chez Laurent. Là, il se mit à hurler.
Son ami arriva rapidement, le prit dans ses bras, demandant ce qui se passait. Charlie leva son visage vers lui, reprenant ses esprits mais sans chercher à contrôler son chagrin. Pas ce soir, pas cette nuit. Demain, oui, mais là, il s'accordait du temps pour accepter sa peine, sa douleur.
« Le Ministère... est tombé. Le Royaume-Uni est tombé... Il faut activer Fleur de Lys. Nous ne sommes plus que des résistants à présent. Il est au pouvoir. »
Puis Charlie se laissa couler contre le corps de Laurent, continuant à pleurer. Une main passa dans ses cheveux rasés. Sa mère ne lui avait pas vraiment laissé le choix, lui accordant une nouvelle coupe Weasley pour le mariage de son frère. Sa séance de torture capillaire avait eu au moins le mérite de faire rire Harry. Charlie gémit. Il venait d'abandonner sa famille, ses amis, sa patrie. Certes, pour mieux les aider, mais il avait le sentiment d'un trou béant dans sa poitrine. Il repensa à Fabian, Gideon, les Potter, Sirius, Dumbledore. Ses parents, ses frères, Harry et Hermione.
Non, il ne les avait pas abandonnés. Son rôle était celui de l'ombre, celui qui allait les soutenir, leur permettre de tenir, eux et des centaines de sorciers britanniques.
Charlie regarda le ciel noir de Roumanie.
Il avait dit un jour à sa mère que Bill et lui n'étaient pas ses frères décédés. Mais était-ce si vrai que cela ? Allait-il vers sa mort, comme son parrain avant lui ? Il ferma ses yeux. Peut-être. Il souhaita simplement que si cela devait être le cas, alors qu'il mourrait comme lui, bravement, sa baguette à la main. Et il espérait avoir rapidement des nouvelles des siens, pouvoir les revoir un jour. Tous.
« Harry, » chuchota-t-il. « Je sais que c'est injuste et je t'aiderai, nous t'aiderons, mais nous avons tous besoin de toi désormais, puisque toi seul peux le vaincre... »
... ... ...
À suivre
... ... ...
NDA : (1) – Mon propre roumain étant loin d'être parfait, pour une meilleure lecture les paroles ont été directement traduites en français ^^' La semaine prochaine, ce sera la guerre vue par Charlie... Pas beaucoup de Harry dans ce prochain chapitre, donc, mais il reviendra en force dès le suivant.
