NDA : les dialogues en italiques sont en français (oui, je sais, tout est en français mais bon, vous comprenez ce que je veux dire, n'est-ce pas ? Sinon, eh bien tant pis, vous comprendrez en lisant ^^') ou en roumain.


Charlie

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1998 – 2001

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Harry – partie 2

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Le temps d'Éric


Les dragonniers n'étaient pas connus pour être discrets. Surtout les hommes. Les rares femmes qui choisissaient ce métier n'étaient quant à elles pas particulièrement connues pour leur féminité. Attention, cela ne signifiait en rien qu'elles n'étaient pas femmes et qu'elles ne savaient pas s'habiller avec classe en dehors de la réserve. Cependant, aucune femme dragonnier ne se mettra à hurler parce qu'elle s'est cassé un ongle, parce qu'elle doit avancer dans de la boue et de la bouse de dragon en risquant ainsi de se tacher, ni gémir de désespoir parce qu'elle n'a pas eu le temps de se maquiller ou de se coiffer le matin avant de partir au travail.

Toujours était-il que le groupe de dragonniers dans l'immense bar de Sibiu n'était donc ni discret, ni sobre. Les autres occupants des lieux savaient que la vingtaine d'hommes et les cinq ou six femmes attroupés vers le jeu de fléchettes et à la gauche du bar étaient des dragonniers, fiers de l'être et s'en fichaient éperdument de faire un vacarme infernal. Leur métier se voyait du premier coup d'œil, la grosse majorité d'entre eux étant habillés avec les tenues de dragonniers, les jambes, bras et torses serrés dans du cuir de dragon. Ils devisaient dans au moins trois ou quatre langues, riaient fort, tout en se frappant les épaules et en buvant divers alcools. Le groupe semblait fort content et les autres consommateurs parlant roumain ou anglais comprirent qu'ils avaient réussi à maîtriser un couple de Pansedefer en pleine parade amoureuse, ce qui était très rare pour cette espèce particulièrement féroce et imposante. Les dragons menaçaient un petit village Ukrainien et ils n'avaient déploré aucune perte.

Charlie, accoudé au bar, riait avec ses équipiers. Le secteur trois était au grand complet, ainsi qu'une grosse partie du secteur six. Le cadet Weasley était particulièrement heureux. Leur mission avait été un franc succès et son équipe félicitée.

Cela faisait deux ans et demi que la guerre était finie. La première année était passée si vite que Charlie s'était cru revenir en 1991. Il voulait faire ses preuves en tant que chef d'équipe et n'avait pas sorti la tête du chaudron. L'effervescence suscitée avec la fin de la guerre s'était tassée peu à peu, pour son plus grand plaisir.

Certaines personnes inconnues le saluaient encore de temps en temps mais sans plus. Néanmoins, il devait avouer qu'il avait honteusement profité de son ancien statut de chef de la résistance européenne, combiné à ses habits en cuir si typiques, pour avoir une vie sexuelle plutôt intense. Il avait varié les amants et les positions, au gré de ses envies et besoins. Cela aussi aurait pu ressembler à ses premières années en tant que dragonnier, à la différence qu'il se sentait beaucoup plus libéré depuis la fin définitive de son histoire avec Adrian. Il était sorti plusieurs mois avec un jeune grec mais avait rompu, ne se sentant pas assez amoureux pour poursuivre la relation.

Il était aussi l'heureux parrain d'une adorable petite blondinette de presque six mois. Bill et Fleur venaient de passer quelques jours à Sibiru avec Victoire, pourtant, ils lui manquaient déjà. Sans compter qu'il aurait aimé pouvoir les accueillir un peu plus dignement. La colocation avait bien quelques avantages et les appartements des chefs d'équipe plutôt confortables, mais l'idée d'avoir un chez lui bien à lui se faisait de plus en plus séduisante.

Cette année encore, il retournerait en Angleterre pour la Toussaint et attendait avec impatience la fin du mois et le début de celui de novembre pour retrouver les siens. Il était déjà convenu qu'ils fêteraient tous ensemble les six mois de Victoire, les trente ans de Bill et ses vingt-huit ans. Son père lui avait dit que toute la famille serait présente, plus les amis. Son père aussi lui manquait atrocement. Toute sa famille lui manquait pour être franc, bien qu'il n'aurait changé sa vie pour rien au monde.

Ron lui avait écrit une longue lettre, lui expliquant comment se passait sa première année de formation en tant qu'Auror et lui demandant s'il savait ce que Bill voulait pour son anniversaire. Hermione et Harry avaient laissé un petit mot eux aussi. Il aimait beaucoup sa belle-sœur, enfin, petite amie de son frère. Sa mère bougonnait toujours un peu quand ce terme était utilisé alors qu'ils n'étaient pas encore mariés, ni même officiellement fiancés. Donc Bill et lui se faisaient une joie et un devoir d'appeler la petite brunette de cette façon dès qu'ils en avaient l'occasion. Cependant, sa tendre mère se retournait alors vers lui en le pointant du doigt, puisqu'il était le seul enfant Weasley à ne pas avoir de compagnon fixe. Enfin, Ginny non plus, mais toute la famille hésitait à parler de la vie amoureuse de la petite dernière depuis sa relation avec Harry et surtout sa rupture désastreuse avec Neville.

Ses pensées dérivèrent de nouveau sur le jeune brun, fils adoptif, au moins de cœur, de Molly et Arthur. Il avait encore bien mûri le jeune Potter et était devenu vraiment désirable.

Portant son verre de whisky pur feu à ses lèvres, le dragonnier pensait qu'il n'aurait pas été contre une petite aventure ce soir, ni même pour un peu plus, s'il n'avait pas été aussi fatigué. Ainsi qu'alcoolisé, il devait être honnête. Étrangement, depuis le début de cette soirée, dès qu'il pensait à une potentielle partie de jambes à l'air, le visage de son presque petit frère ne cessait de revenir devant ses yeux. Ridicule.

Il avala une grosse gorgée du liquide ambré alors qu'une partie de ses camarades se mettaient à chanter l'hymne de la réserve.

« Charlie, danger à trois heures, » lui glissa Laurent en lui lançant amicalement son coude dans les côtes.

Une magnifique brune s'approchait d'eux en balançant des hanches tout en le dévorant des yeux. Elle s'avança vers le rouquin et posa ses mains sur sa nuque.

« Salut, beau mec, » fit-elle d'une voix suave dans un roumain mâtiné d'anglais. « Mes amis et moi on se demandait si tu ne recherchais pas un peu de compagnie ce soir. Je veux dire, autre que tes collègues dragonniers. »

Les dragonniers présents autour d'eux se mirent à siffler et à huer, alors que Charlie, imperturbable, finissait son verre.

« Désolé, poupée, je ne pense pas être en mesure de te satisfaire. Mais tes amis et toi pourraient certainement trouver votre bonheur parmi mes collègues. Nous ne sommes pas farouches, » susurra-t-il à la brune.

Le tumulte se fit plus épais tandis que les autres dragonniers renchérissaient bruyamment.

« Tu en es bien sûr ? Je suis prête à donner beaucoup de ma personne, » continua la jeune fille en se frottant contre les cuisses de l'homme.

Laurent s'esclaffa et ne put s'empêcher d'intervenir.

« Ma pauvre chérie, tu es bien mal tombée, tu n'as pas les attributs nécessaires pour séduire Charlie. Par contre, le petit blondinet à ta table aurait plus de chance de lui convenir. »

La brune se recula brusquement, piquée au vif. Elle se retourna pour regarder sa table et s'exclama « Éric ? »

Charlie suivit son regard. Autour de la table ronde, trois filles et deux garçons les dévisageaient en gloussant. Ses yeux tombèrent dans ceux du jeune blond qu'avait désigné Laurent. Ce dernier le regarda mais détourna rapidement les yeux, l'air visiblement gêné et les joues rougissantes. Ses cheveux étaient atrocement ébouriffés et rappelèrent de nouveau à Charlie la tignasse ébène de Harry.

Les dragonniers rirent de bon cœur tandis que la jeune fille partait à la recherche d'une nouvelle proie. Laurent était marié, bientôt père et regarda avec une pointe de nostalgie la magnifique créature jeter son dévolu sur Vassili.

« Laurent, » le gronda gentiment Charlie en commandant un nouveau verre à leur barman habituel quand ils venaient ici.

« Quoi ? Je ne fais que regarder, c'est tout, » rigola le français dans sa langue maternelle. « Au fait, en changeant complètement de sujet, tu sais ce que j'ai entendu ce matin dans les couloirs de l'institut ? »

« Non, mais je suis impatient de le recouvrir, » répondit Charlie dans la même langue que son ami.

« couvrir pas recouvrir, espèce de rosbif ! J'ai entendu Focnebun parler avec White. Enderson, le chef du secteur sept, prend sa retraite l'été prochain. »

« Et alors, pauvre mangeur de grenouilles, en quoi c'est une nouvelle ? Tout le monde le sait depuis longtemps, »

« C'était juste des bruits de couloirs, là c'est officiel. Mais si tu ne m'avais pas interrompu, tu saurais déjà que Focnebun expliquait que le secteur sept serait parfait pour un jeune nouveau chef de secteur. Il ne veut pas faire appel à un mec d'une autre réserve, il veut nommer quelqu'un par promotion interne. Je sais pas pourquoi, mais je pense qu'il sait déjà qui nommer à ce poste, » continua le brun en hochant la tête d'un air entendu.

« Arrête, si tu penses à moi je n'y crois pas. Ça ferait trois ans à peine que je serai chef d'équipe, il ne peut pas me nommer si vite. »

« Tu oublies que tu aurais dû être chef d'équipe depuis longtemps, Charlie. Sincèrement, je pense que ce poste sera pour toi. Et je ne suis pas le seul. »

Le rouquin haussa les épaules et vida son verre d'une seule traite. Il verrait bien. C'était vrai qu'une promotion de cette envergure serait incroyable et lui permettrait d'acheter sans problème le logement de son choix. Il jeta un bref coup d'œil à la table de la bombe brune. Des dragonniers s'y étaient invités et draguaient de façon toute... dragonnière, les amis de la jeune fille. Le petit blond semblait franchement mal à l'aise. Charlie rit en peu en le voyant se tortiller sur sa chaise alors qu'Elena s'asseyait sur ses genoux. Puis un appel lui fit tourner la tête. Il était attendu pour une partie de fléchettes.

En rentrant dans sa chambre quelques heures plus tard, complètement soûl, Charlie se demanda s'il ne retournait pas plus souvent à Sibiu pour boire un verre dans ce bar, bien connu des dragonniers et très en vogue parmi les étudiants de la faculté sorcière de Bucarest.

... ... ...

Son verre de rhum devant lui, Charlie discutait avec Mihai, son barman attitré.

« Alors, Charlie ? Quoi de neuf dans la réserve ? On n'a pas beaucoup vu de dragonniers depuis votre dernier passage du mois dernier. »

« Sans doute rien de bien neuf. Je suis rentré il y a trois jours d'Angleterre, » répondit le rouquin en trempant ses lèvres dans l'alcool.

Oui, il était rentré il y avait trois jours, après avoir fait le plein de chaleur familiale, les batteries rechargées d'énergie made in Weasley et deux kilos en plus autour des hanches grâce à la nourriture de sa mère. La fête avait été une réussite et Charlie plus qu'heureux de revoir tout son petit monde, y compris Harry. Décidément, il pensait beaucoup au jeune brun ces derniers temps, constata-t-il. Beaucoup trop, d'ailleurs, cela en devenait presque perturbant.

« Et ici, quoi de nouveau ? »

« Rien de particulier. Mis à part qu'un certain petit blond vient ici tous les deux jours depuis votre dernière beuverie, » fit Mihai avec un petit sourire moqueur.

Charlie fronça les sourcil avant de se souvenir du fameux blondinet, puis explosa de rire.

« Oh ! Notre amie Elena a brisé un autre cœur ? »

« Non, je ne pense pas, Elena est repassée, elle m'a dit qu'elle n'avait rien pu en tirer. Tu savais qu'elle sort depuis avec mon collègue Johan ? »

Charlie secoua la tête avant de reprendre une gorgé de son breuvage. C'était bien Mihai de passer des heures à commérer. La-dite commère continua en se penchant vers lui.

« Je pense qu'il vient ici dans l'espoir de rencontrer quelqu'un d'autre. On ne va pas tarder à savoir si mon hypothèse est juste puisqu'il est ici ce soir, avec deux autres mecs. »

Le barman fit un petit clin d'œil à Charlie et lui indiqua une direction de la tête. Le dragonnier se retourna donc et ses yeux tombèrent directement dans ceux du même blond que la dernière fois qu'il était là. Le gamin détourna de nouveau son regard alors que ses deux camarades semblaient l'invectiver.

Charlie retourna à son verre en adressant un fin sourire à Mihai. Peut-être qu'il avait eu raison en fin de compte de revenir dans le coin.

Il y eut un bruit de chaise et Charlie attendit. Quelques secondes plus tard, le tabouret de bar à côté de lui était tiré, une fine silhouette s'installant dessus. Le cadet Weasley resta stoïque, continuant de siroter lentement son verre.

« Salut, je m'appelle Éric, » fit enfin une voix timide sur sa gauche dans un roumain encore plus timide et un accent français à couper au couteau.

Le rouquin daigna se tourner vers son interlocuteur. Comme de bien entendu, c'était monsieur blondinet en personne, qui se tenait mal à l'aise sur sa chaise. Il le regardait tout en jetant de fréquents coups d'œil vers sa table.

« Bonjour, Éric, » répondit Charlie de sa voix chaude en lui tendant la main. Le plus jeune s'en saisit pour une brève poignée de mains. « Moi c'est Charlie, on peut parler anglais si tu préfères, » rajouta-t-il dans sa langue natale.

« Oui, merci, je serais plus à l'aise. »

Le Français semblait effectivement visiblement soulagé.

« Je peux t'offrir un verre ? » continua le dragonnier.

Sans attendre de réponse il fit un signe à Mihai qui posa immédiatement la même boisson que celle que buvait Charlie devant le garçon.

« Oh ! Euh... Merci, » dit ce dernier en le prenant et en buvant aussitôt une grosse gorgée. Il rougit d'un coup et manqua s'étrangler. « La vache ! » s'exclama-t-il en français alors que Charlie et Mihai se mettaient à rire.

« Attention, gamin, c'est pas une boisson pour fillette, ça ! » lança peu charitablement le barman en s'éloignant après un dernier clin d'œil complice au dragonnier.

Celui-ci dévisageait son vergogne le plus jeune qui essayait de se reprendre.

« Alors, Éric, dis-moi, que fais-tu dans le coin ? » demanda-t-il.

« Je suis venu boire un coup, après les cours. Avec mes potes, on aime bien venir ici. »

« Oui, c'est ce que l'on m'a dit. Que vous traîniez beaucoup par ici ces derniers temps. Les dragonniers te manquent ? » fit Charlie avec un sourire.

Le pauvre gosse devant lui piqua un fard et se plongea dans la contemplation de son verre. Charlie, lui, en prit une nouvelle gorgée.

« Putain, t'es vraiment pathétique mon pauvre Éric, sûr que maintenant il va te prendre pour le dernier des crétins, » grommela le blond en français.

Manque de chance pour lui, entre sa belle-sœur, son frère et Laurent, Charlie maîtrisait cette langue depuis bien longtemps. Selon lui, sa soirée s'annonçait plus que délicieuse.

Il étudia le garçon. Il était plutôt petit, fin, les cheveux blonds courts et en bataille, les yeux d'un tendre noisette qui n'osaient pas vraiment se fixer sur lui. Une fois encore, l'image de Harry vint à l'esprit de Charlie, image qu'il chassa prestement. Le rouquin sourit largement en se mettant face à sa potentielle nouvelle proie. Il lui restait encore un test à passer avant de se mettre définitivement en chasse.

« Éric ? Tu n'aimes pas ta boisson ? C'est très bon pourtant, quand on ne se précipite pas dessus, bien sûr. Et tu n'es nullement pathétique, rassure-toi, » ronronna Charlie dans la langue de Molière.

L'étudiant le regarda, la bouche bée et les joues rouges. Le dragonnier éclata de rire et lui sourit largement. Aussitôt, les yeux marron clair teintés de vert se dirigèrent vers son aimant à amants et baromètre personnel, à savoir sa fossette. Son sourire s'affirma encore mais le jeune homme baissa rapidement les yeux.

« Tu as perdu ta langue ? » demanda finalement Charlie.

Il craignait d'être allé un peu loin avec le garçon. Ce qui aurait été fort dommage car plus le temps passait, plus il avait une furieuse envie de le mettre dans son lit.

« Non, » murmura l'autre, visiblement mortifié. « Ce n'était sans doute pas une bonne idée que je vienne te voir. »

« Écoute, je ne voulais pas me moquer de toi, vraiment. Oui je parle français, mais ce n'est pas grave, tu n'étais pas ridicule. De toute façon, je me doute bien pourquoi tu es venu me rejoindre, alors si je ne t'ai pas gentiment renvoyé avec tes copains, c'est sans doute pour une bonne raison, tu ne penses pas ? Alors, si on parlait franchement tous les deux ? J'imagine que tu ne viens pas ici depuis notre soirée entre dragonniers pour rien, n'est-ce pas ? » fit Charlie d'une voix douce.

Le blond jeta de nouveau un bref regard derrière l'épaule de Charlie, en direction de son ancienne table.

« Éric ! Ce n'est pas eux qui vont pouvoir te souffler la bonne réponse, ils sont trop loin de toute façon. Réponds-moi, tu as déjà fait le plus difficile, c'est à dire venir me voir. Ce serait dommage de tout gâcher maintenant, non ? »

Il le regarda gentiment, se doutant que ce charmant garçon, délicieusement à croquer, était aussi timide qu'une licorne.

Ce dernier se décida enfin à planter ses yeux dans les siens. Il se mordit la lèvre inférieure et Charlie dut se retenir pour ne pas lui sauter dessus.

« Je... Okay, c'est vrai. Depuis votre soirée, j'avais très envie de te revoir. »

Le rouquin lui sourit, faisant détourner les yeux noisette vers sa joue.

« Je suppose que tu sais aussi beaucoup plus de choses sur moi que tu veux bien me le dire. Je me trompe ? »

Le jeune homme rosit un peu des joues.

« Euh... Non... Enfin... Si, » finit-il par avouer. « En fait, je sais que tu es Charlie Weasley et que tu as été un grand résistant pendant la guerre. »

« C'est mes collègues qui te l'ont dit ? » l'interrompit Charlie.

Cela ne leur ressemblerait pas, surtout pas de la part de ceux de son équipe, ni de son secteur.

« Non, je le savais déjà. Non, eux, ils nous ont dit que... enfin que... disons que tu t'intéresses plus aux hommes qu'aux femmes. »

Le regard tendre se baissa de nouveau vers le verre de rhum. Le garçon en but une nouvelle gorgée, plus lentement cette fois-ci, manifestement pour se donner du courage.

« Et ? » l'incita à poursuivre le dragonnier.

« Et en fait... Disons que je me pose beaucoup de questions ces derniers temps. Sur moi. »

Le gamin passa une main nerveuse dans ses cheveux, les ébouriffant un peu plus. Cela rappela une nouvelle fois Harry à Charlie. Son cœur se pinça, sans qu'il ne comprenne vraiment pourquoi.

« Et tu te demandes si je pourrais t'aider à y voir plus clair ? »

Le petit français hocha la tête, faisant sourire le rouquin.

« Comment tu en es venu à te poser ce genre de questions ? »

Éric garda ses deux belles taches roses sur le visage.

« Eh bien... C'est un peu gênant, » marmonna-t-il.

« Explique, de toute façon, vu ce que l'on vient déjà de dire, il n'y a plus grand chose de gênant, non ? »

« Bon... En fait, je m'en pose depuis un petit moment. Mais là, fin septembre, il y avait une fête à la fac. J'ai, euh... Ben une fille m'a fait du rentre dedans et comme les copains se moquaient de moi parce que j'étais encore, enfin, tu vois quoi... »

« Puceau ? »

« Oui, » rougit violemment le garçon, le nez dans son verre.

« Tu as quel âge ? » demanda d'un coup Charlie.

« Dix-neuf ans, » répondit le plus jeune.

« Et depuis cette fête tu es toujours... ? » Charlie laissa sa phrase en suspend.

« Non, enfin, pas avec une fille. Avec cette fille, on est allé ensemble dans sa chambre d'étudiante et voilà, quoi. »

« Certes, j'imagine en tout cas. C'était si nul que ça pour que tu te demandes si tu es de l'autre bord ? »

« Non, c'était pas nul, pas vraiment, mais à un moment, je... En fait, je me suis imaginé à sa place, tu vois, je me suis demandé ce que ça me ferait si c'était moi à sa place, en train de faire l'amour avec un mec au dessus... Ça m'a vraiment excité et alors j'ai... enfin... j'ai pas pu me retenir, » avoua le jeune homme.

Le dragonnier avala une autre gorgé de sa boisson. Le rhum lui réchauffa la gorge, tandis que le sucre et le citron lui laissaient un goût délicieux dans la bouche. D'ailleurs, en parlant de citron, un certain se profilait à l'horizon qui n'était pas pour lui déplaire. Il sourit. Ce petit blond devait être bien meilleur que son verre. Il finirait dans son lit, c'était décidé.

« Pourquoi moi ? » voulut-il savoir.

Cette fois, les joues prirent une jolie teinte vermeille.

« Ben... Je... » bafouilla le garçon.

« Respire, il n'y a pas de problème. Je ne vais pas te manger, promis, » fit le cadet Weasley en posant sa main sur l'épaule fine.

Les yeux noisette se replongèrent dans les siens alors qu'Éric prenait une grande inspiration avant de se lancer.

« Je sais que tu as une bonne réputation. En tant que personne mais aussi en tant... en tant qu'amant. »

Charlie fut véritablement surpris par ces paroles. Il cligna un peu des yeux, tout en se reprenant très rapidement. Il était donc connu pour être un bon amant ? Certes, cela était valorisant, d'un certain côté. Mais il était connu à quel point ? Il n'était pas sûr d'être ravi de cette nouvelle. Sa réputation disait quoi d'autre ?

« Comment tu sais cela ? » interrogea-t-il son informateur.

« Eh bien... C'est tes collègues la dernière fois. Et puis, quand on est venu avec mes potes, on a posé certaines questions. Au barman et à d'autre clients. »

« Attends... tu es en train de me dire que tu as mené une petite enquête sur moi pour savoir si j'étais un bon amant ? »

Dire qu'il était éberlué était un euphémisme. Décidément, il allait de surprise en surprise avec ce garçon.

« Non ! Enfin... je voulais juste savoir comment tu étais et les gens m'en ont parfois dit plus que ce que je ne voulais. Je voulais pas forcément savoir ça mais en fait, tout le monde me dit que tu es un gars bien, honnête et respectueux avec tes partenaires, je trouve ça plutôt rassurant parce que... »

Le Français s'interrompit brusquement. Les deux hommes retournèrent à leurs verres respectifs, digérant les informations qu'ils avaient eues.

« Okay, » termina le dragonnier en avalant les dernières gouttes de sa boisson.

Il reposa son verre sur le bar et étudia une nouvelle fois son compagnon. Bon, il semblait évident que le gamin n'oserait jamais faire un pas de plus dans sa direction. Il était crispé sur son verre et de nouveau évitait de le regarder en face. Merlin, il avait le même âge que Ginny ! Mais il était aussi étrangement touchant, avec son faux petit air à la Potter.

Alors que le plus jeune portait son verre à ses lèvres, le cadet Weasley prit une décision. Il avait vraiment envie de passer un moment agréable avec ce garçon et son âme de chasseur se remit en branle. Il remua légèrement sa baguette en direction de son innocente victime dont le verre s'échappa de ses doigts, renversant son contenu sur son pull.

« Merde ! Mais quel con ! » s'écria le Français.

« C'est pas grave, attend, » se précipita Charlie en sautant en bas de son tabouret.

Il sortit sa baguette et d'un geste, nettoya les vêtements. Il fit ensuite une petite grimace désolée au plus jeune.

« Par contre, l'inconvénient avec le rhum, c'est que ça reste poisseux et odorant. Écoute, si tu veux, je te propose de venir chez moi. On pourra finir de discuter et tu pourras te nettoyer correctement. »

Les yeux noisette se teintèrent d'interrogations.

« Je suis un gentleman, je te rappelle, » le rassura Charlie.

Après une demi-seconde d'attente, le blondinet acquiesça et tendit sa main.

« Okay, »

Charlie lança des pièces de monnaie pour payer leur consommation, se saisit de la main tendue et entraîna sa désormais proie en dehors du bar. Une fois dans la rue, il transplana directement dans son appartement.

Celui-ci n'était d'ailleurs pas réellement un appartement comme celui qu'il partageait à l'époque où il était équipier. C'était une petite maison dans le quartier des chefs d'équipe célibataires qui préféraient le logement de fonction en colocation. Le prix était dérisoire et retenu directement sur le salaire. Ils n'étaient que deux par maison, alors pour Charlie, c'était à la limite du paradis.

Il conduisit son invité dans la salle de bains où il lui sortit une serviette qu'il posa sur le lavabo.

« Tiens, tu ferais mieux de prendre une douche rapide, le rhum ça accroche vraiment. File-moi tes fringues, je vais t'en prêter des propres si tu veux. »

« C'est gentil, mais je ne voudrais pas abuser, » répondit le plus jeune.

« T'inquiètes, c'est avec plaisir. Je te laisse, une fois que tu seras sous la douche, je les récupère. »

Le garçon le fixa et stoppa net.

« T'en fais pas, je suis un gentleman, je te l'ai déjà dit. Promis, » le rassura une nouvelle fois le cadet Weasley avec un grand sourire.

Il sortit de la salle de bains et referma la porte. Le dos collé contre celle-ci, il attendit d'entendre l'eau de la douche avant de rentrer de nouveau dans la salle d'eau. Le Français avait laissé ses affaires sur la chaise, soigneusement pliées. Il les ramassa et sortit, sagement, comme il l'avait promis, sans jeter un seul regard sur le rideau de douche bien tiré.

Une fois fait, il alla dans sa chambre en laissant la porte ouverte. Cinq minutes plus tard, la porte de la salle de bains s'ouvrit et la voix toujours timide d'Éric se fit entendre.

« Charlie ? Tu es où ? »

« Dans ma chambre, à droite du couloir, » répondit le rouquin en se levant de son lit.

Il avait enlevé son pull et était simplement vêtu de son tee-shirt blanc rentré dans son pantalon en jean noir. Il aimait depuis toujours les vêtements de style moldu. De plus, même les sorciers de sang-pur portaient tee-shirt et pantalon dans la réserve. Plus pratique. Sans compter qu'ils étaient habitués aux pantalons avec leur tenue de dragonnier. Peu de sorciers n'arboraient de robe à Sibiru et les environs.

Le jeune homme entra dans la pièce, très mal à l'aise. Le rouquin sourit. Oui, il était un gentleman, certes, mais pas dénué d'un certain sens pratique. Éric avait passé la serviette de toilette autour de sa taille et ne possédait rien d'autre.

« Tu... heu... Tu m'avais dit, tu sais, au sujet des vêtements, » bredouilla-t-il.

« Oui, je me souviens. Je t'ai dit que je t'en prêterai, » fit Charlie en se rapprochant de lui d'une démarche féline. Il s'arrêta à quelques centimètres à peine et se pencha vers son partenaire pour lui susurrer à l'oreille. « Mais je n'ai jamais précisé quand. »

Le garçon frémit en levant son visage vers celui du dragonnier. C'était le signal qu'attendait Charlie pour fondre sur lui. Il l'emprisonna d'un bras puissant, le plaqua contre son corps et commença à lui dévorer la bouche.

Le jeune blond n'attendit pas pour passer ses mains autour du cou du rouquin et jouer avec ses cheveux tout en lui rendant ardemment son baiser.

Charlie encercla le dos nu, ses mains glissèrent sur les cheveux encore un peu humides, puis partirent plus bas en caressant tout ce qu'elles pouvaient toucher. Elles se posèrent ensuite sur la serviette. D'un doigt, il tira sèchement dessus, l'arrachant des hanches du plus jeune qui glapit en se reculant de la bouche qu'il était en train d'inspecter.

« Ch-Charlie ! »

« Oui ? » ronronna le dragonnier tout en lui tripotant les fesses nues et en lui léchant le cou.

« Je... Oh, Merlin... »

Le garçon ne put plus rien dire alors que Charlie le soulevait pour le poser sur son lit. Il atterrit avec douceur sur le matelas moelleux, dévoilant toute sa glorieuse nudité. Charlie sourit tout en enlevant son tee-shirt. Il commença à enlever sa ceinture, à baisser son pantalon, sous le regard de plus en plus inquiet du jeune homme, qui déglutit. Enfin nu, son érection fièrement dressée, le rouquin s'allongea lentement sur le corps tremblant.

Prenant appuis sur son coude, Charlie caressa tendrement le visage du Français. Les jolies noisettes le dévisageaient. Charlie y lut tellement d'émotions différentes qu'il en fut un court instant décontenancé avant de se reprendre. Pourquoi mais pourquoi son futur amant lui faisait à ce point penser à Harry ? Et surtout, pourquoi penser à Harry maintenant ? C'était comme son petit frère et donc, totalement malsain. Charlie se morigéna mentalement, décidant de sortir Harry de ses pensées afin de se focaliser sur son futur amant.

Le jeune homme se mordit la lèvre mais cette fois, le dragonnier reconnut au moins deux sentiments dans les prunelles : la peur et l'admiration.

« Tu as peur ? » chuchota le plus âgé.

« Oui, un peu, » avoua Éric. « Est-ce que c'est vrai que ça fait mal la première fois ? »

Charlie retint difficilement une grimace. Sa première fois n'avait pas été synonyme de plaisir, c'était le moins qu'il pouvait dire. Il réalisa qu'il se retrouvait dans la même situation qu'Adrian cette nuit-là. Enfin, à quelques différences près. Mais il allait déflorer un jeune homme et ce pour la première fois de sa vie. Il sourit doucement sans cesser ses caresses.

« Je te promets de prendre soin de toi. Si tu ne veux plus, je m'arrête. Si tu as mal, tu me le dis. Tu es sûr de vouloir continuer ? »

« Oui, » affirma le blond avec conviction.

« Pourquoi avec moi ? » redemanda Charlie en lui mordillant l'oreille.

Sa main droite partit quand à elle sur le flanc du garçon, l'effleurant.

« Je... j'ai confiance en toi. Et tu me plais, beaucoup. Tu es... Oh Merlin, Merlin... » soupira Éric alors que la main descendait encore plus bas. « Je sais que tu es... Quelqu'un de bien... tu es... bon sang, Charlie, tu es bandant ! » fit le garçon, perdant toute retenue alors que la main du dragonnier se refermait sur son pénis en érection.

« Humm... Je vois ça, » sourit l'intéressé en faisant courir sa langue sur le cou et les épaules nues. « Mais encore ? »

« Je... Je pense à toi... depuis longtemps... et là... quand je t'ai vu... Oh oui... » gémit le garçon.

« Depuis longtemps ? » s'étonna Charlie en cessant ses baisers et en le dévisageant.

Il eut la surprise de voir les joues rosir un peu.

« La première fois que je t'ai vu, j'étais très impressionné, » murmura le Français, ses yeux cette fois clairement admiratifs. Il prit une courte inspiration avant de poursuivre. « Je suis un né-moldu, j'ai fait ma scolarité à Beauxbâtons. Madame Maxime nous avait réunis, au début de la guerre, tous les nés-moldus et les sang-mêlé, pour nous expliquer la situation. Elle avait aussi écrit une lettre à nos parents. Fleur Weasley est venue chez nous. Pour la résistance. Elle avait besoin de lieux pour les réfugiés anglais. Mon père avait une maison à la campagne. Mais un jour... »

« Un jour, vous avez été attaqué, alors que j'emmenais une famille. On s'est rejoint, ton père était blessé. Et on vous a conduis, Fleur et moi, dans une autre planque, » le coupa Charlie. « Je m'en souviens maintenant. Et je me rappelle de toi... » termina-t-il en passant un doigt sur la joue parfaitement rasée de son jeune futur amant.

Oui, il se souvenait de ce gamin apeuré, au visage sale, agrippé à la robe de sa mère et à la main de sa petite sœur. Merlin, et c'était ce même gamin qu'il avait dans son lit aujourd'hui ? Sa libido en prit un certain coup. Mais le gamin en question lui fit des yeux suppliants.

« Oh non ! Je savais que je devais pas te le dire ! Charlie, j'ai dix-neuf ans, je suis un homme ! Je veux faire l'amour avec toi ! S'il te plaît, me demande pas de partir ! Oui, je t'ai reconnu la dernière fois quand on était au bar, mais tu me plais, je veux que ce soit toi mon premier amant. Charlie... »

Comme pour renforcer ses dires, Éric s'accrocha au corps pâle au dessus de lui, de ses bras et de ses jambes. Il leva son visage pour embrasser les lèvres roses, sa langue cherchant par tous les moyens à les pénétrer. Il se frottait à lui, en gémissant, non pas de plaisir mais de chagrin. Charlie se laissa peu à peu convaincre. Il ouvrit la bouche, laissant la langue chaude et humide l'envahir et jouer avec la sienne alors qu'il se rallongeait sur le jeune homme alangui.

« Okay bébé, okay inima mica, je vais te faire du bien puisque c'est ce que tu veux. Cette nuit, tu seras à moi. »

Les yeux verts et caramel se teintèrent de désir mêlé de crainte. Éric se rallongea confortablement tout en écartant largement ses jambes. Il ferma un bref instant ses yeux en soupirant lentement, cherchant visiblement à se détendre. Pour Charlie, ce fut une vision purement érotique qui fusa non pas dans les neurones de son cerveau principal mais dans le système sanguin du plus petit qui décida sans plus attendre de prendre les commandes de son corps.

« Oh ! Doamne, vreau să fac dragoste cu tine. Vreau să te fac să urle cu placere, (1) » fit le rouquin en plongeant sur le corps de son amant qu'il parcourut de ses lèvres.

Le jeune homme se remit à gémir, cette fois de plaisir, se mouvant sous celui, fort et puissant, du dragonnier.

Les gémissement se firent plaintes alors que les deux hommes s'embrassaient et se caressaient mutuellement avec passion. Charlie, toujours gouverné par son envie de sexe, se redressa subitement sur un de ses coudes pour attraper un pot de lubrifiant dans son tiroir de table de chevet. Il jeta rapidement un sort de silence, de blocage sur la porte et un de protection sur Éric et lui. Ses doigts plongèrent ensuite dans le liquide épais et il se badigeonna généreusement la verge avant de retourner à son amant qui le regardait, les yeux grands ouverts, la lèvre malmenée. Le rouquin tiqua un peu, alors qu'un peu de son sang se décidait à réintégrer le nord de son être, histoire de permettre à sa cervelle, aux abonnés absents depuis quelques minutes, de se souvenir avec qui il allait faire l'amour. Un jeune garçon qui n'avait jamais été passif de sa vie et qui avait peur d'avoir mal. Sa propre douloureuse expérience lui fit une joyeuse piqûre de rappel. Hors de question qu'Éric vive ce calvaire.

« N'oublie pas, si tu as mal, on arrête. Tu préfères que l'on reste comme cela ou tu veux te mettre sur le ventre ? »

« Je ne sais pas, » bredouilla le blondinet. « Comme ça je crois, je veux pouvoir te voir et t'embrasser. »

Charlie hocha la tête et retrouva la bouche de l'autre homme. Il s'allongea de tout son long et son poids alors que de sa main sèche, il plaçait les jambes du Français, mettant les genoux dans le creux de ses coudes. Sa main humide partit quant à elle à la conquête du trésor caché entre les deux collines tendres et blanches. Après avoir taquiné et lubrifié le lieu convoité, il s'appliqua à faire rentrer délicatement l'un de ses doigts dans l'orifice serré en même temps que sa langue pénétrait la bouche. Il ne le bougea pas, se contentant de remuer uniquement ses phalanges, qui frottaient en un mouvement de ''viens par là'' la paroi douce. Éric gémit dans sa bouche, plaintivement. Charlie savait que cela n'avait rien à voir avec une quelconque douleur. Non, mais le garçon devait se demander ce qui lui arrivait, ne reconnaissant pas les sensations qui l'envahissaient. Les mains du Français parcouraient ses épaules, ses cheveux, leurs langues se caressaient. Charlie fit entrer un autre doigt. Là, son amant détourna la tête, inspirant vivement alors que son corps se tendait.

« Chuuuut, » souffla Charlie dans son oreille. Il lui prit le lobe entre ses lèvres et murmura encore. « Détends-toi, dragoste mici, je ne vais pas te faire mal. Que du bien, que du bien. »

Le jeune homme gémit une nouvelle fois mais Charlie sentit les muscles se détendre, le corps se faire plus mou dans ses bras. Le blond gardait cependant les yeux fermés et sa langue passa de nouveau sur ses lèvres. Le rouquin la taquina de la sienne alors qu'il faisait faire à ses doigts les mêmes mouvements que précédemment. Il ne mit pas longtemps à trouver ce qu'il cherchait, faisant gémir un peu plus fort le plus jeune qui bientôt se tortilla et bougea son bassin, venant timidement à la rencontre des doigts qui amorcèrent un doux va-et-vient. Les gémissements devinrent plaintes. Profitant du fait que son jeune partenaire semblait perdu dans les sensations et le plaisir, Charlie se redressa un peu. Il plaça son pénis turgescent dans sa paume tandis qu'il amorçait désormais des mouvements de ciseaux afin d'étirer au maximum la petite entrée plissée. Une fois fait et alors que les doigts se retiraient lentement de l'orifice maintenu en une position écartée, ceux-ci furent aussitôt remplacés par le bout de son gland. Le Français ne sembla pas vraiment s'en rendre compte dans l'immédiat, mais alors que Charlie se réinstallait un peu mieux entre les cuisses ouverte, son sexe pénétra un plus loin. Éric siffla, ses yeux s'écarquillèrent et tombèrent dans les outremers qui ne le quittaient pas.

« Oh ! » gémit-il.

Charlie poussa encore un peu plus. Il arrêta cependant bien vite sa progression. Le corps sous lui était de nouveau tendu, les lèvres malmenées par les dents mais surtout, c'était l'éclat de douleur dans les iris noisette qui lui indiqua qu'il ne fallait pas aller trop rapidement.

Le rouquin retourna à ses caresses et baisers, sur les cheveux ébouriffés, les joues, les épaules, les mamelons. Il ne l'embrassa pas sur la bouche, le laissant reprendre un souffle moins erratique ou douloureux.

« Allez bébé, respire, calme-toi. Détends-toi, c'est très bien. Voilààà, comme ça... » l'encouragea Charlie sans cesser ses attouchements.

Il se redressa de nouveau légèrement sur ses genoux pour permettre à sa main humide de masturber le pénis qui avait un peu perdu de sa vigueur. Ce dernier en reprit rapidement et Charlie recommença sa lente progression.

« Ch-Charlie... » gémit le garçon, les joues rouges, tout en refermant ses yeux.

« Oui ? » susurra le dragonnier.

« Oh, Charlie... Je... »

« Tu aimes ? »

« Oui... Oui... »

Le rouquin, encouragé, poussa un peu plus, jusqu'à ce qu'il soit totalement entre les entrailles brûlantes. Une fois cela fait, il se rallongea de tout son long, maintenant les jambes fines largement ouvertes. Le regard perdu qu'il reçut lui fit un petit coup au cœur. Un étrange désir de possession et de protection l'envahit. Il était toujours très prévenant avec ses amants passifs, se calant au rythme que ces derniers souhaitaient. Mais là, même si son amant lui demandait de le prendre durement, il ne le ferait pas. Cette fois, ce serait tendre et uniquement tendre. Doux et lent. Il embrassa les lèvres entrouvertes puis se cala dans le cou humide du blond. Il attendit encore quelques secondes, avant de lancer ses hanches en avant. Un gémissement lui répondit immédiatement. Il était encore légèrement teinté de douleur, mais surtout de surprise.

« Encore ? » questionna le rouquin.

« Oui... » murmura le Français en réponse tout en l'enlaçant.

Charlie sentit les bras tremblants lui tenir le cou et les épaules, les mains se fermer dans ses cheveux. Il en fut stupidement ému. Ses hanches repartir en avant, avec la même réponse que précédemment, mais sans la nuance de douleur.

« Encore... » souffla cette fois Eric.

« Tu aimes ? » redemanda le dragonnier.

« Hummmmmmm, » se plaignit le garçon, les lèvres closes alors que les coups de reins commençaient leur rythme, tout en langueur.

Puis les gémissements devinrent plaintes et halètements tandis que Charlie faisait faire à sa colonne de chair des mouvements plus amples bien que toujours aussi doux.

« J'aime... c'est bon... bon... » finit par balbutier dans sa langue natale le plus jeune, désormais envahi par le plaisir.

Charlie sourit, le nez encore dans le cou de son amant. Il sentait bon, il était bon, chaud, doux, étroit. Sa peau aussi était douce, veloutée, comme celle d'un bébé. De nouveau et tout à fait stupidement, du moins de son point de vue, Charlie eut une décharge d'émotions. Il voulait caresser le jeune homme, lui donner le plus de plaisir possible, le cajoler, le dorloter, le protéger.

Il continua ses va-et-vient, recherchant la boule magique qui lui ferait voir des étoiles et haleter plus fort à chaque fois qu'il la trouverait. Sa main s'occupait toujours de la hampe dressée de son amant. Puis Charlie se laissa lui aussi porté par les merveilleuses sensations de la pénétration, glissant de plus en plus vite tant dans le corps sous lui que dans la luxure.

Subitement, la respiration du Français se fit extatique, ses jambes se resserrèrent autour des hanches du dragonnier alors que ses fesses partaient plus vite à la rencontre de son sexe. Il haleta, cria et se tendit, tous ses muscles enserrant le corps du rouquin, puis son ventre se couvrit de sperme. Se sentant ainsi se faire prisonnier, engloutir, Charlie poussa une dernière fois avant de jouir à son tour. Les spasmes du plaisir se prolongèrent alors qu'il aspirait la peau sous lui, entre ses lèvres. C'était sans conteste possible l'un des meilleurs orgasmes de sa vie.

Charlie, luisant de sueur, se retira lentement et se laissa alors retomber sur un côté, tentant de reprendre une respiration plus calme. Le blondinet était tout tremblant, un bras sur son front et ses yeux.

« Ça va ? » fit Charlie, se positionnant sur l'un de ses flancs.

Il passa de nouveau sa main sur le visage de son amant, retraçant ses lèvres sèches.

« Oui... C'était... Whaaaa... » Le garçon enleva son bras et regarda Charlie avec un petit sourire.

Brusquement, celui-ci se fana alors qu'il le dévisageait encore.

« Qu'est-ce qui se passe dans cette jolie petite tête ? » voulut savoir le plus âgé.

« Je suis gay, » chuchota Éric.

Charlie ne put s'empêcher d'éclater de rire. Aussitôt, un nouvel éclat de douleur traversèrent les yeux de son vis-à-vis. Pas physique celle-là.

« Hey, bébé, c'est pas si grave, si ? » tenta de le rassurer aussitôt Charlie, comprenant son erreur.

Les yeux s'humidifièrent étrangement alors que la voix du garçon s'étranglait.

« Je suis un né-moldu... Mon père... » Une larme coula sur la joue pâle.

Puis il plaqua ses mains sur son visage, se mettant à pleurer en tremblant. Le rouquin se doutait que c'était autant dû à la confirmation de son orientation sexuelle, des conséquences par rapport à sa famille qui allaient en découler, qu'à cause de l'orgasme qu'il venait d'avoir et des sensations que cette nouvelle expérience lui avait procurées. Tout cela combiné devait le perturber, le fragiliser, faisant que ses nerfs lâchaient un peu.

« Allez, viens là, chuuut, pleure pas, drăguț copil, t'inquiète pas. »

Charlie le prit contre lui, l'embrassant gentiment. Le garçon renifla deux ou trois fois, avant de se reprendre.

« Excuse-moi, je suis désolé. »

« Ne le sois pas, c'est pas grave. Pas pour moi. »

Le dragonnier le serra un peu plus fort. Le jeune homme s'était lové dans ses bras, comme s'il recherchait réconfort et protection. Un sentiment de possessivité envahit Charlie. C'était étonnant comme il éprouvait des sentiments inattendus pour ce petit blondinet. Certes, il avait toujours pris soin de ses amants, mais il n'avait jamais éprouvé le besoin de les protéger, ni cette envie de les garder fermement avec lui.

Alors même qu'il pensait à cela, une petite voix se fit entendre, la bouche d'Éric bougeant contre la peau de sa clavicule.

« Charlie ? Est-ce que... est-ce que je peux rester avec toi, cette nuit ? »

« Il n'était pas question que tu partes. Je t'ai, je te garde, » déclara fermement le cadet Weasley.

Au moment où il prononçait ces mots, cette idée se transforma en certitude. Oui, il voulait garder le jeune blond avec lui. Longtemps.

Éric ne partit pas.

Il resta le plus clair de son temps chez lui, ils se quittaient le matin, l'un pour son travail, l'autre pour ses études à la faculté sorcière de Bucarest et se retrouvaient le soir. Noël, le jour de l'an et la Saint Valentin passèrent.

Pour la première fois depuis des années, depuis Adrian, Charlie comprit qu'il ressentait enfin de l'amour. C'était un amour doux, tendre. Il ne savait pas si cet amour durerait ou s'il leur permettrait de vivre un jour ensemble pour de bon, mais c'était réconfortant de savoir qu'il pouvait de nouveau aimer.

Le mois de mars lui apporta néanmoins une réponse. Alors qu'il accompagnait son petit ami à une soirée étudiante, d'un ennui mortel soi-dit en passant pour le dragonnier, Charlie aperçut l'œillade noire que lui lança un autre étudiant. Il ne mit pas longtemps à faire le rapprochement entre cette déclaration de guerre silencieuse et le fait qu'il venait juste de passer son bras autour de la taille d'Éric. Ce qui le surprit plus, fut le regard plein de gêne que lui adressait régulièrement son amant.

En rentrant dans la chambre d'Éric le soir même, Charlie se dit qu'une petite discussion s'imposait.

Sans grande surprise, il apprit que l'autre étudiant draguait le jeune Français depuis des mois. C'était en partie pour cette raison qu'il se posait tant de questions sur sa sexualité. Il avait voulu savoir, dans les bras d'un autre, s'il était gay ou non. Mais il n'avait pas prévu qu'il tomberait vraiment amoureux de son premier amant.

L'étudiant brun était Français également. Les deux jeunes hommes faisaient les mêmes études, à savoir d'architecture. Éric avait le projet de retourner dans son pays à la fin de celles-ci. Pas Charlie.

Ils en discutèrent encore et encore. Puis Charlie prit une décision. Éric pleura, beaucoup. Charlie, un peu. Oui, il l'aimait, mais...

Quand Charlie retourna en Angleterre en avril, il se demanda s'il allait finir sa vie seul ou si, enfin, il allait rencontrer quelqu'un avec qui il pourrait construire quelque chose de solide.

Le point positif qu'il retenait de cette relation avec le jeune blond était que désormais, Charlie savait. Maintenant, il savait qu'il pouvait aimer, qu'il arriverait un jour à aimer un homme, à l'aimer pour de bon, pour de vrai et qu'il construirait sa vie avec lui.

En préparent ses bagages en direction de l'Angleterre, il se mit à sourire. Il allait revoir sa famille, ses amis. Sans savoir pourquoi, le visage de Harry fut celui qui revenait le plus souvent dans ses pensées.

Ce fut quand même un Charlie la tête remplie de questions qui retourna dans sa chambre d'enfant au Terrier.

Est-ce qu'il était trop exigeant ? Sa mère, du peu qu'il en avait parlé avec elle, le pensait. Mais Charlie savait que Molly désespérait de le voir marié et père de famille. Comme elle le faisait avec tous ses autres rejetons non encore mariés d'ailleurs.

Son père, lui, lui disait qu'il avait encore tout son temps. Bill aussi. Il n'en parlait pas avec les autres membres de sa famille.

Pâques avait lieu cette année à la Chaumière aux Coquillages. Mais trois jours avant cette date, Charlie manqua s'étrangler avec son thé du matin.

A la Une de La Gazette, il pouvait voir le toujours très joli minois de Harry avec un blond insipide. Ce dernier, du nom grotesque d'Ultan, racontait en long, en large, en travers et en détails sordides sa relation avec le Survivant sur la majorité des pages de ce torchon.

Poussant une bordée de jurons d'un ton qui aurait fait frémir un jeune dragon et tempêter sa charmante maman , Charlie se précipita vers la cheminée pour prévenir ses frères.

... ... ...

À suivre

... ... ...


NDA : 1 - Doamne, vreau să fac dragoste cu tine. Vreau să te fac să urle cu placere : Seigneur, je veux faire l'amour avec toi. Je veux te faire hurler de plaisir.

Mille pardons pour les réponses tardives aux reviews et surtout pour avoir pondu des réponses aussi courtes, je suis désolée mais en ce moment c'est vraiment pas facile pour moi de me connecter. Encore désolée.