Bonjour/Bonsoir tout le monde! Comment allez-vous en ce beau week-end ? Tout d'abord merci pour tous les follows et les review je suis surprise de l'accueil de cette histoire donc bravo à vous! Vous êtes au top!
Un grand merci à Lizzie Marie Fourmi, nath (Guest), Alice25 (Guest), Ilna (Guest) et BlueAlice9 pour leur review ça me fait super plaisir!
Doc voici ce nouveau chapitre qui est dans le même genre que le premier avec beaucoup de flashback donc si vous êtes perdus dites le moi chers lecteurs et lectrices! Et j'ai oublié de le préciser mais la fiction se situe après HLV, plusieurs mois après.
Bonne lecture!
« L'indifférence est peut-être la forme la plus raffinée de la jalousie. » Eugène Cloutier
Assis sur les sièges inconfortables de la salle d'attente, Sherlock attendait, le nez plongé dans son écharpe en coton. Il attendait un signe, n'importe quoi qui le change de ce bruit uniforme qui polluait ses oreilles depuis des heures durant. Les roues de chariots remplis de matériel médical, les pas pressés de patients, de médecins, des voix inaudibles. Il était là depuis 6 heures maintenant et il n'avait pas bougé d'un pouce, regardant un point invisible sur le carrelage blanc de l'hôpital. John lui avait adressé la parole plusieurs fois, le prévenant de son départ –pour accompagner sa femme enceinte au lit- mais il n'en avait rien entendu. Ses derniers souvenirs de ces jours se bousculaient sauvagement dans son esprit.
5 jours plus tôt :
C'était une belle journée, il avait presque résolu une affaire, il ne lui manquait plus qu'à analyser quelques éléments avant de fournir à son client la vérité. Un célèbre diplomate britannique lui avait demandé de tester la sincérité d'un de ces collègues, notamment sur les penchants privés. Et Sherlock en avait trouvé bien plus : non seulement cet homme n'était pas très honnête –comme la plupart des politiques, cela faisait tristement partie du job- mais il trempait aussi dans des affaires de drogue. Activités qui finançaient ses campagnes depuis des années. Le détective en avait de suite informé son client qui avait promis de le payer double s'il trouvait son repaire.
C'est ainsi qu'il se trouva au laboratoire de l'hôpital St Barthélémy cette soirée là. Comme d'habitude, il monta rapidement les marches de l'escalier, sans faire attention aux médecins qui le saluaient dans le couloir. Ils commençaient à avoir l'habitude de ses aller retour. Arrivé au premier étage, il prit la première à droite, un chemin qu'il pourrait suivre les yeux fermés. Sherlock poussa la porte avec énergie, inspirant la bonne odeur de produits chimiques qui envahissait la pièce. Il remarqua un sac posé devant un des microscopes qui étaient posé sur la table, un sac à dos coloré : celui de Molly Hooper. Il s'arrêta brusquement, prêt à faire demi-tour mais il entendit des bruits de talon fouler le carrelage. Trop tard. A la place, il ôta son manteau et le posa rapidement dans un coin de la pièce. En enlevant les échantillons trouvés dans l'appartement du politicien, il vit Molly entrer dans la pièce.
- Oh Sherlock, le salua-t-elle.
Elle portait sa longue blouse blanche sur lequel étaient accrochés quelques stylos, ses cheveux rattachés en une queue de cheval haute. Elle lui souriait chaleureusement, malgré ses paroles de l'avant-veille. Molly était comme ça, elle lui cédait tout, pardonnait beaucoup trop facilement, était bien trop gentille avec lui. Elle devrait le frapper en pleine figure, ça lui ferait du bien, leur ferait du bien d'ailleurs. La pathologiste avait dans sa main deux cafés. Il se demanda pourquoi et pensa de suite à cet homme avec qui elle était sortie quelques jours plus tôt, cela devait être pour lui. Il n'aimait pas du tout cette perspective.
- Molly, répondit-il d'une voix détachée en ce dirigeant vers les microscopes.
- Café ? demanda-t-elle tout sourire.
Sherlock s'arrêta net, et sans réfléchir prit le gobelet que lui tendait la jeune femme. Sentant l'odeur du café noir, il posa des yeux interrogateurs sur elle qui s'empressa de répondre.
- John m'a dit que vous veniez. Malgré les apparences, je ne suis pas du genre à … Faire du café en plus juste pour avoir l'odeur du …
Il posa le gobelet chaud sur la table et prépara la solution pour analyser cet échantillon, en écoutant tout de même la jeune femme d'un air amusé.
- Je vais me taire, finit par conclure Molly en se détournant de lui.
- Il vaudrait mieux en effet.
Elle ne releva pas son reproche et s'assit juste en diagonale de lui, ils avaient toujours besoin de leur espace de travail respectif, elle pour se concentrer et lui … Pour se concentrer aussi. Pour éviter de sentir son parfum, qu'il pouvait pourtant percevoir à cette distance. Elle ne se parfumait jamais de la sorte pour des soirs ordinaires n'est-ce pas ? Il n'en était plus très sûr. Alors qu'il était en pleine observation d'une particule d'une boue particulièrement rare dans la région, il entendit le portable de la jeune femme sonner. Il l'entendit aussi se ruer spectaculairement dessus. Intrigué, Sherlock leva discrètement les yeux vers elle. Molly souriait bêtement, en lisant un sms qu'elle venait apparemment de recevoir.
Il tenta tant bien que mal de se concentrer, replongeant son regard dans la lunette du microscope. Au bout d'à peine quelques secondes, il entendit une seconde fois le portable, suivi de ricanements encore moins discrets. Puis un autre, et encore un autre. Sherlock en avait mare. Mais qui était ce mec sincèrement ? Lui envoyer des messages alors qu'elle travaillait ? Quel manque de respect. Le détective leva brusquement les yeux vers Molly et frappa violemment la table de son poing, ce qui fit sursauter la jeune femme –une scène qui l'aurait fait rire en temps normal s'il n'avait pas été aussi énervé. Serrant les dents, il finit par dire, sans chercher à cacher son agacement :
- Je ne vous dérange pas trop j'espère !
- Désolé, souffla timidement Molly en rangeant son portable dans son sac, un sourire gêné sur son visage. C'est Rob.
Rob ?! pensa Sherlock, surpris qu'ils se donnent déjà des petits surnoms. Et légèrement agacé il fallait qu'il se l'avoue.
- Il est drôle, gentil et affectueux. On a passé une superbe soirée ensemble l'autre jour, je n'avais pas ris depuis ... Très longtemps et je dois avouer que ça m'a fait beaucoup de bien. Je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout ça, ajouta-t-elle en passant une mèche de cheveux devant sa bouche.
- Moi non plus, soupira Sherlock.
- Il m'a proposé de sortir ce soir avec lui. Il veut m'emmener au …
- Je me contrefiche de cet homme et si vous croyez que votre vie romantique m'intéresse, vous vous trompez fortement. Je ne suis pas votre ami, Molly.
La jeune femme le regardait fixement, choquée de ses paroles si insultantes. Comment pouvait-il lui parler de la sorte ? Sherlock avait ses raisons. Il ne voulait pas l'entendre dresser le portrait angélique et poétique de cet homme et de la merveilleuse soirée qu'elle allait passer en sa compagnie. Cela ne l'intéressait pas. Cela l'énervait rien que d'y penser. Cela l'empêchait de penser et le Royaume-Uni ne voulait pas d'un Sherlock Holmes avec des problèmes de concentration. Il voyait les yeux de la pathologiste se remplir de liquide salé. Au bout de quelques secondes, elle se leva brusquement de sa chaise, rassemblant ses affaires à vitesse grand V et elle se dirigea aussi rapidement vers la porte de sortie. Avant de disparaître dans les couloirs du premier étage, elle s'arrêta et se tourna vers lui, plantant son regard déterminé dans le sien.
- Oui c'est vrai. Je vous ai juste sauvé la vie. C'est très différent.
Temps présent :
Sa voix résonnait dans sa tête comme la cloche d'une église, devenant moins perceptible à chaque répétition. Sherlock détestait ses souvenirs, mais dans une volonté masochiste, il se les repassait en boucle. Se rappelant chaque détail avec la plus grande des précisions, comme s'il était en train de les vivre : de ses yeux rougis à sa main serrée à en devenir rouge sang par la colère. Pensant aux choses qu'il aurait dû faire et des paroles qu'il aurait dû éviter. Il n'aurait pas dû l'interrompre. S'il l'avait laissé continuer il aurait peut-être pu empêcher tout ça d'arriver.
4 jours plus tôt :
Le détective descendit les marches du sous-sol de l'hôpital à toute vitesse, transpirant de bonne humeur en cette fin d'après-midi. Quoi de mieux qu'un bon petit meurtre pour bien commencer la journée, et un passage à la morgue pour la finir ? Il avait la réponse : Rien. Sherlock avait résolu l'affaire du politicien, rien de plus facile. Il avait installé son entreprise de marijuana dans une usine désaffectée d'un des quartiers périphériques qui entourait Londres. Depuis, Lestrade s'était pointé et avait offert au détective un joli petit meurtre sur un plateau d'argent : un jeune homme au style gothique s'était pendu à son domicile. Cela avait peut-être l'apparence d'un suicide mais ce n'en était pas un. On ne s'empoisonne pas avant de se suicider, cela n'avait aucun sens. Même chez les gothiques.
Il arriva dans la morgue, et à sa grande surprise trouva un homme d'une trentaine d'année à la place de sa pathologiste. L'habituel parfum de noix de coco était ici remplacé par l'utilisation exagérée d'eau de toilette. Et pas la meilleure du marché. Il toussa pour signaler sa présence, ce qui fit se retourner le « pathologiste » vers lui. Des lunettes de protection superposées à ses lunettes de vue lui donnaient un air ridicule à souhait.
- Jeremy Stalker, se présenta-t-il en tendant la main vers lui, vous devez être Sherlock …
- Où est Miss Hooper ? répondit sèchement le détective en restant statique.
- Absente.
- Vous avez encore une réponse de ce genre en stock ? Ou alors étiez-vous sérieux et vous pensez sincèrement que ça pourrait me convenir ?
Il avait haussé la voix de colère mais ne fit pas reculer l'homme qui tenait son scalpel fermement entre ses mains.
- Vous n'êtes pas le seul que son absence agace ! Ils m'ont appelé ce matin alors que je faisais le baptême de mon fils et me traîner le cul ici me fait on ne peut plus chier !
- Elle n'a pas prévenu qu'elle ne serait pas là ?
- Non ! s'énerva l'homme en continuant d'ouvrir le thorax d'une jeune femme –Sherlock pensait qu'il y trouvait un certain plaisir. Et ça me casse les couilles.
C'était très étrange. Jamais Molly Hooper n'avait manqué la moindre journée de travail. Même lorsqu'elle était malade, elle prévenait toujours la veille, ou bien appelait dès son réveil. Se faire porter pâle n'était pas une expression qu'elle contenait dans son dictionnaire.
- Et sinon qu'est-ce que vous voulez au juste ?
Sherlock ignora le pathologiste ainsi que ses insultes grossières et quitta la morgue de l'hôpital d'une marche pressée. Hors de question de travailler avec cet homme, cet adorateur de Satan pouvait attendre quelques jours. Il aimait travailler avec Molly et détestait qu'on lui change ses habitudes. Sherlock sorti son portable de sa poche et appela Molly en attendant qu'un taxi daigne montrer le bout de son capot. La messagerie s'enclencha aussitôt : son téléphone était éteint. Ce qui était étrange étant donné que Molly ne l'éteignait jamais, que lorsqu'elle en était obligée par le règlement. Il lui envoya un sms, au cas où. Même s'il savait au fond de lui-même que cela était inutile.
Où es-tu ? SH
En rangeant son téléphone dans sa poche, Sherlock héla un taxi qui pénétrait dans la rue et cherchait patiemment un client. Il se dépêcha aussitôt à l'intérieur, en donnant son adresse sèchement. Alors que le véhicule démarrait, sous la voix du chauffeur qui répétait bruyamment 221B Baker Street pour couvrir le bruit de son auto radio, le détective sentit son portable vibrer dans sa poche de manteau. Il ouvrit le message, qui venait d'un numéro inconnu, et ce qu'il lit le gela d'effroi. Sans prendre le temps de réfléchir, il déclara d'une voix déterminée à l'attention du chauffeur :
- On change de direction. Scotland Yard. Maintenant.
Temps présent :
Le regard plongé sur un point invisible, Sherlock n'arrêtait pas d'y penser. Il ne pouvait s'en empêcher. C'était comme si quelqu'un lui avait jeté un sort pour le torturer de ses souvenirs. John l'avait rejoint depuis un certain nombre de minutes maintenant. 30, 40. Une heure tout au plus. Ils ne parlaient pas, son ami se contentait de faire les cents pas autour de lui comme une âme en peine, cherchant de temps en temps un signe de vie dans le regard de son ami. Mais il n'en trouvait pas, pas tant qu'il sera coincé dans son palais mental tout du moins. Sherlock était tellement concentré qu'il n'entendit pas les médecins et infirmière se diriger vers eux.
- Elle est réveillée.
Il était tellement concentré, pris au piège dans cette torture, qu'il ne les entendait pas dire que ses constantes étaient stables et qu'elle allait s'en sortir. Il ne voyait pas John se tourner vers lui pour le serrer dans ses bras. Non. Tout ce qu'il avait sous les yeux était les quelques mots de ce message. Oui ces treize mots qui allaient lui voler son sommeil pendant plusieurs jours.
Trouve-moi. Oh mi amor, où elle risque d'en payer le prix fort.
NB : J'adore les gothiques! C'est Sherlock qui a un humour très caricatural haha
Voilà pour ce chapitre. J'espère ne pas trop vous torturer mais j'avoue que j'y prend un plaisir monstre! N'hésitez pas à me laisser un commentaire j'y répondrais avec grand plaisir! Sherlockian je vous dis à bientôt!
