Bonjour tout le monde. Je sais vous me détestez et vous me détesterez encore plus que ce chapitre est écrit depuis un peu plus d'un mois et que je n'ai juste pas eu le temps de le relire. SORRY SORRY SORRY ne me tuez pas je vous en pris. Merci à Huntress-Dark, SherlockSteph, kis38, lily2811, BlueAlice9, IlenaT, Teyla-shan, et Julbi pour leur review.
Petit mot à Julbi : Merci beaucoup pour tes deux reviews ça m'a beaucoup aidé à écrire et ça fait très plaisir de voir que tu es aussi enthousiaste à lire mes fictions! Donc voilà gros bisous et gros câlins à toi!
Pour ceux qui suivent Never Alone, désolé mais je n'ai pas encore de date de publication mais c'est en cours d'écriture.
Voilà donc nouveau chapitre.
« Pour être hanté, nul besoin de chambre, nul besoin de maison, le cerveau regorge de corridors plus tortueux les uns que les autres. » Emily Dickinson.
Ces treize mots résonnaient dans son esprit comme des échos incessants. Il voulait juste que ça s'arrête, ne plus rien entendre. Sherlock se tenait dans la salle d'attente, cela faisait 24 heures qu'il n'avait ni dormi, ni mangé, ni bu. 24 heures, 1 440 minutes, qu'il n'avait pas bougé de ses sièges blancs inconfortables, à regarder les policiers passer, à se ressasser ses erreurs. John lui passait des coups de fils toutes les heures, des appels auxquels il ne répondait pas. Lestrade lui donnait du café de temps à autre, du café qui devenait froid parce qu'il n'y touchait pas. Il avait l'esprit bien loin d'eux. A des kilomètres.
Trois jours plus tôt :
Sherlock courrait dans les rues de Londres comme un fou furieux, bousculant les flâneurs sur son passage : son taxi était pris dans les embouteillages du côté de Saint James's Park, il n'avait pas voulu l'attendre, il n'en avait pas le temps. Chaque minute comptaient. Il prenait la direction du siège de Scotland Yard. Il s'attendait au pire. Bien entendu, ce texto lui avait paru bizarre au premier abord, il avait même cru qu'il s'agissait d'une plaisanterie -de très mauvais goût certes. Cependant, dès qu'il avait commencé à essayer de contacter Molly de n'importe quelle façon possible – portable, téléphone fixe, mails, sa mère, son frère, ses amies, Mary- et qu'elle n'avait pas donné signe de vie … Là il avait commencé à s'inquiéter. Il avait même appelé Anderson en dernier espoir, et il s'était avéré, pour changer, totalement inutile.
Il tourna brusquement à droite pour rester sur Broadway, poussant un couple de japonais perdu au passage. En voyant la façade du bâtiment, Sherlock sentait que son cœur était sur le point de lâcher, fatigué d'une telle course. Paniqué comme il ne l'avait jamais été, l'adrénaline le maintenait conscient. Il poussa les portes du bâtiment et enjamba le portique de sécurité à une telle vitesse que les agents de sécurité n'eurent pas le temps de le retenir. Il monta les escaliers le plus rapidement possible jusqu'à atteindre le troisième étage. Il fila jusqu'au bureau de Lestrade qui écrivait sur un tableau blanc. Poussant violemment la porte, le stylo de l'inspecteur tombant sur le sol, Sherlock s'élança sur lui et lui présenta le message.
Trouve-moi. Oh mi amor, où elle risque d'en payer le prix fort.
Lestrade lui prit le téléphone des mains et le détailla le plus minutieusement possible, comme si dernière chaque mot se trouvait un indice. Au bout de quelques secondes, il finit par ouvrir la bouche :
- Elle ?
- Molly. Ils ont enlevé Molly, haleta Sherlock en reprenant sa respiration.
- Comment ça ils ?
- Tu crois que j'aurais parcouru 1 km en courant si je le savais Graham !
- Greg !
- Peu importe. Il faut que tu ouvres une enquête.
Il considéra ses options en silence puis se tourna vers son tableau à peine remplis, seul les mots « Victime », « suspects » y étaient inscrits.
- J'ai déjà une enquête en cours, Sherlock.
- Je te la résous dès qu'on l'aura retrouvée.
- Ça ne marche pas comme ça …
- J'ai appelé partout pour savoir où elle était mais personne n'a su me répondre. Ni ses collègues ni même sa mère ne savaient où elle se trouvait. Je l'ai vu hier soir et depuis rien. Juste ce satané message.
- Moriarty ? demanda Lestrade en croisant les bras. C'est son genre de jouer avec tes nerfs. De te torturer.
- Pourquoi avec Molly ? Il a utilisé John la dernière fois, pourquoi Elle ?
Lestrade ricana nerveusement, ce qui mit Sherlock sur ses gongs.
- Ce n'est pas le moment de se foutre de moi!
- Tu es peut-être quelqu'un d'incroyablement intelligent mais tu peux être un sombre idiot sur certains points.
- Je ne vois pas ce que tu veux dire.
- Laisse tomber Sherlock on en reparlera quand tout ça sera terminé.
Il était à bout, il n'en pouvait plus : il voulait la retrouver au plus vite. Avant qu'il ne soit trop tard. Sherlock poussa violemment Lestrade contre le mur du fond, le faisant lâcher le téléphone sur le sol. Il entendit l'écran se fracturer sous le choc, mais il s'en fichait : ça se rachetait ce genre de chose. Plaquant son avant-bras sous sa gorge, Sherlock Holmes prit l'air le plus menaçant que son frère lui avait appris durant leur enfance, et avança sa bouche vers son oreille.
- Ouvre une enquête, murmura-t-il du ton le plus calme qu'il pouvait.
- Je ne peux pas …
- Rien n'est impossible.
- Ecoute Sherlock, commença-t-il en le faisant reculer doucement, pour se dégager. Ils me la refuseront. Tu vois, je suis trop impliqué. Molly est mon amie depuis des années. Ce serait contreproductif. C'est la procédure, je suis désolé. Ce n'est pas de mon ressort.
Temps présent :
Sherlock s'avançait vers la chambre de la jeune femme, numéro 207. Ses pas étaient aussi lourds que du béton, ses talons résonnant sur le carrelage dans un bruit sourd, camouflé par les passants qui parcouraient les couloirs. Lorsqu'il arriva à la hauteur de la chambre, il vit un policier en uniforme monter la garde devant, les bras croisés derrière son dos droit. Sherlock n'avait pas besoin d'avancer plus loin que ça, il voyait ce qui se passait dans la chambre : les policiers posaient des questions à Molly –qu'il ne voyait pas puisqu'elle était caché derrière eux. Ils étaient deux, un posait les questions l'autre notait dans un calepin sa déposition. Une femme se tenait assise à côté de son lit et tenait tendrement la main de la jeune femme dans la sienne. En se concentrant sur cette dernière, il découvrit qu'il s'agissait de Sally Donovan, une femme qu'il comptait parmi les personnes qu'il détestait plus que n'importe qui dans ce monde. Elle était jalouse de son intelligence, stupide et futile qui plus est. C'était elle qui avait influencé Lestrade et par la même occasion avait obligé Sherlock à se jeter du toit de Saint Bart. Mais maintenant qu'il la voyait là, à tenir la main de Molly pour la soutenir, elle remontait un peu dans son estime. Il ne savait pas qu'elles étaient proches, quoiqu'il aurait dû s'en douter.
Trois jours auparavant :
Il faisait les cents pas dans l'appartement, essayant de se rappeler les habitudes de Molly, de qui aurait pu l'enlever en sachant lui-même ses informations. Il avait réessayé de l'appeler sur son téléphone portable, juste au cas où. Mais rien, toujours aucune réponse. Son esprit faisait un marathon à 100 kilomètres à l'heure, il se visionnait chaque passage de ses dernières 48 heures, comme un vieux film. Lorsque soudain, il entendit quelqu'un sonner à la porte d'entrée de l'appartement.
- J'y vais, cria Mrs Hudson en faisant claquer ses talons sur le parquet.
Mais il n'entendait rien, trop absorbé. Le visage entre les mains, Sherlock se créait son propre cocon.
- Chéri, tu as du monde qui voudrait te voir.
- Mrs Hudson ! cria-t-il à son tour, rouge de colère. Veuillez vous …
Cependant, il regretta aussitôt son pic de colère en voyant le groupe d'êtres humains qui commençaient à monter les marches de l'escalier, pénétrant dans son espace de vie au fur et à mesure : Lestrade, John, Mary, Anderson, et dernière eux se trouvait Sally Donovan croisant férocement les bras sur sa poitrine de fer.
- Alors, débuta l'inspecteur d'une voix monotone, Molly a disparue.
- Oui, s'énerva à nouveau Sherlock exaspéré. Ton cerveau a enfin enregistré l'information !
- Je vais vous préparer une tasse de thé, annonça Mrs Hudson de sa voix fluette. Pour calmer les esprits.
- Vous prenez l'affaire pour finir ? demanda-t-il sans cacher son agacement.
- Oui Sherlock, pas officiellement parce que j'en ai évidemment pas le droit. Elle n'est pas encore portée disparue à cause des 24 heures réglementaires mais tu as raison. Il faut faire vite.
- Vous vous souvenez la dernière fois que vous l'avez vu ? demanda John en accompagnant sa femme à son fauteuil, toujours installé devant celui de son ami.
- Il y a trois jours, répondit Lestrade. Quand j'ai récupéré le rapport de l'autopsie de la victime du braquage.
- Inintéressant, le coupa sèchement Sherlock. C'est trop lointain.
- J'étais avec lui, ajouta Anderson.
- Encore plus inintéressant. Anderson quelle est ton utilité au juste ?
Son côté arrogant ressortait encore plus lorsqu'il était sous pression, et dans ce cas présent, ce cher Philippe était le bouc émissaire. Mais ce dernier ne fit pas la moindre remarque et resta aussi stoïque qu'un tronc d'arbre.
- On a prit un café hier matin avant qu'elle n'aille travailler, commença Mary en tenant son ventre arrondi par la grossesse.
- De quoi vous avez parlé ? demanda Lestrade.
- De plusieurs choses.
- Détailles Mary, s'impatienta Sherlock en mordant la peau de son pouce, ce n'est pas comme ça que tu vas nous aider !
- De John, de son travail, de sa mère, de ma grossesse, de toi, Sherlock … Et oui ! Elle m'a parlé d'un gars avec qui elle avait un rencard le soir même, qu'elle avait déjà vu quelques jours avant.
- Son nom ? questionna l'inspecteur en sortant son carnet.
- Elle ne me la pas donné. Je m'en serais souvenu.
- Je n'en doute pas, la rassura John en posant délicatement sa main sur son épaule.
Son nom. Son nom. Il était sûr de l'avoir entendu. Le détective avait les deux mains plaqué sur son crâne à tenter tant bien que mal de se rappeler de sa conversation avec la jeune femme. Il se souvenait de chaque respiration, chaque mot qu'elle avait prononcé, chaque pic qu'il lui avait lancé, chaque phrase, chaque point. Mais il lui était visiblement impossible de se remémorer de ce stupide nom. Il revoyait la scène, mais l'image de la jeune femme était brouillée dans son esprit, comme si quelqu'un l'avait soigneusement gommé.
- Robert Howard.
Tout le monde se tourna alors vers Sally Donovan, aussi muette qu'une tombe jusqu'alors, ses bras croisés contre sa poitrine. Elle avait les mâchoires serrées comme un étau.
- Diplômé de Harvard, en sciences politiques. D'après Molly.
L'appartement tomba alors dans un silence presque religieux, jusqu'à ce que Mrs Hudson apporte un plateau rempli de tasse, et contenant plusieurs de boules à thé. Sherlock, réinitialisé par cette entrée, s'élança sur la policière et la plaqua violemment contre le mur. Elle ne bougea pas d'un pouce, le regard noir planté dans le sien, contrairement à Lestrade et Anderson qui tentaient de le repousser en arrière. Son avant bras coincé sous son cou, pour pas qu'elle ne s'échappe, le détective la menaçait du regard, cherchant à trouver le moindre signe de culpabilité chez elle.
- Comment, au diable, peux-tu savoir une chose pareille ?
- Elle me l'a dit.
- Arrête de te foutre de moi, s'énerva Sherlock en enlevant son bras de sous son cou, sous la traction des deux agents de police. Vous vous voyez à peine.
- On est amies toutes les deux. Depuis longtemps.
- Comment vous pouvez avoir le moindre …
- Sherlock, juste fais lui confiance, tenta Anderson, dans le vain espoir de faire cesser ses doutes.
- Comment je pourrais ?! Elle est aussi détestable qu'un parasite et me déteste !
- Mais tu es tellement ... Putain mais le monde ne tourne pas autour de toi sale psychopathe de merde, s'écria Sally en le repoussant violemment. Je sais vraiment pas ce qu'elle te trouve. T'es même pas capable de te souvenir de ce qu'elle te raconte !
Si Lestrade ne lui avait pas empoigné le bras pour le pousser vers la cuisine, Sherlock se serait jeté à nouveau sur elle pour lui arracher les cheveux. Mais elle n'avait pas tout à fait tord, il le savait pertinemment.
Sally se dirigea vers la porte de sortie suivie d'Anderson : il lui prit le bras pour la retenir mais elle se dessaisit de son emprise presque aussitôt que leur peau était entrée en contact. Sherlock n'entendait que des brides de leur conversation, quelques mots qui se perdaient, quelques insultes au passage à son encontre. A ce qu'il comprenait, la policière refusait de travailler une nouvelle fois avec lui, pas sur cette affaire là en tout cas, elle ne pourrait pas le supporter. Sherlock la détestait autant qu'un vampire aimait le sang, mais il fallait qu'il avoue qu'elle connaissait les limites. Elle savait quand elle allait craquer et préférait se retirer quand elle s'en trouvait trop proche.
Anderson revint quelques secondes plus tard, le visage terne, en laissant Donovan quitter le bâtiment. John cherchait des informations sur ce fameux Robert Howard sur le net. Imprimant des photos de lui, son adresse quoiqu'il fût évident que s'il était son ravisseur il ne la séquestrerait pas chez lui. Lestrade sortit aussitôt ses clefs de voitures et emmena Anderson l'interroger. Mary transcrit chacune des paroles qu'elle avait eues avec Molly à propos de cet homme.
Sherlock quant à lui, et bien, il restait assit sur son fauteuil, incorporant chaque nouvelle information qu'il triait dans son palais mental cherchant à trouver un moyen de sortir sa pathologiste de là.
Temps présent :
Le détective sortit de ses pensées lorsque Sally Donovan sortit de la chambre d'hôpital, les yeux rougis par les larmes qui manquaient de tomber à la moindre seconde. Des larmes qu'elle avait tenté de retenir pour Molly. Sherlock recula d'un pas, s'attendant à un nouvel affront de sa part mais lorsqu'elle le remarqua, elle se contenta de fermer violemment la porte.
- Elle te demande.
Sa voix résonnait comme un coup de poignard dans son esprit. Une part de lui mourrait d'envie de la voir, mais l'autre partie, meurtrie par la culpabilité voulait l'en dissuader. Cette partie là voulait s'enfuir en courant loin de cet endroit.
- Comment va-t-elle ? demanda-t-il avant qu'elle ne le dépasse.
Elle se tourna brusquement vers lui, serrant les dents avant de lui répondre d'une voix cassante, tout en s'avançant vers lui d'un pas menaçant.
- A ton avis ? Elle vient de se faire enlever et, à dire vrai, quasiment, torturée pendant des jours mais non ! Elle va bien. Elle va tellement bien qu'elle m'a proposé d'aller faire de la planche à voile en Martinique ! Non Sherlock … Elle ne va pas bien … Elle va essayer de te faire croire le contraire pour te rassurer mais crois-moi … Après ce qu'elle a vécu ce n'est pas le cas.
Elle marqua une pause pour se passer une main sur le visage avant d'ajouter.
- Donc Holmes tu vas me faire le plaisir de retenir le peu de tristesse et d'émotion que tu as pour entrer dans cette putain de chambre et faire bonne figure.
La jeune femme folle de rage –une émotion décuplée par son chagrin- le menaça du doigt avant de partir en direction de la sortie, en consultant son téléphone portable. Sherlock l'observa s'éloigner de lui pendant un bref instant, tentant de se rappeler pourquoi il la détestait autant. Il tourna les yeux vers les fenêtres de la pièce, où se trouvait Molly. Elle ne dormait pas, elle était en train de lire les journaux qu'on lui avait apportés, se renseignant sûrement de ce qu'elle avait raté pendant ses trois jours. Sherlock ne voulait pas entrer, non, il n'en avait pas le courage. Affronter ses blessures, son chagrin et sa joie de le voir. Il n'en était pas capable. Soudain, les mots de Donnovan résonnèrent dans son esprit. Puis prenant son courage à deux mains, il poussa la porte de la chambre.
Voilà pour cette fin de chapitre, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé (sans oublier de m'insulter au passage pour mon retard!). La suite et en cours d'écriture. Je vous aime fort. Laura.
