Bonsoir mes petits loupiots :)

Bon, je me suis finalement lancée... Voici la suite de Brave New World ! Après IWFGIMYFR, je me lance donc dans une nouvelle fic à chapitres qui devrait durer sur la longueur ! J'ai plein d'idées, plus tordues les unes que les autres ! En espérant que ça vous plaise !

Note 1 : Ce premier chapitre se déroule deux semaines après le prologue.

Note 2 : Je ne tiens pas compte de la saison 3 actuellement en cours.

Note 3 : Vous allez faire la rencontre de beaucoup de nouveaux personnages *-* Détestables pour certains, adorables pour d'autres !

Note 4 : Ce premier chapitre est peut-être un peu noir, pas forcément rigolo, mais je vais me rattraper très vite. J'avais besoin de ce chapitre pour lancer l'intrigue principale. Le chapitre va peut-être même vous paraître parfois dur à comprendre. Ne vous en faites pas, c'est NORMAL ! Je vais volontairement vous laisser dans l'ombre pour certains points, sinon ce serait trop simple :P

Note 5 : Je vais tenter de faire une MAJ toutes les semaines :)

Note 6 : Bonne lecture, mes chéris :3


~ part one : coldest girl in the world

Dani Hartell n'était pas une fille facile. Elle était colérique, capricieuse, intransigeante, sévère et autoritaire. Elle n'avait rien des filles de son âge à part peut-être la beauté insolente de la jeunesse. Dani était la plus jolie de Georgetown, la plus froide et la plus grinçante aussi. Ses grands yeux verts semblaient crier au monde de la laisser tranquille tandis que ses longs cheveux bruns descendaient en cascade dans son dos, indomptables comme elle. Sa peau laiteuse, sans la moindre imperfection, prouvait qu'elle n'avait besoin d'aucun artifice pour être radieuse. Une simple touche de rouge à lèvres rose pâle soulignait sa bouche charnue. La seule personne pouvant l'approcher à moins d'un mètre était son meilleur ami, Calvin, aussi imbuvable et odieux qu'elle. Dani n'avait jamais voulu d'autre ami, elle se contentait de ce beau garçon qui parfois, faisait guise de trophée à son bras. Car s'ils ne se l'avouaient qu'à demi-mots, Calvin et Dani étaient fous l'un de l'autre, partageant la vision du 'qui se ressemble s'assemble'. Ils étaient riches, beaux, enviés, destinés à une grande carrière. Ils se marieraient sans doute et auraient deux enfants. Un garçon et une fille. Peut-être auraient-ils un chien, un labrador, qui compterait comme l'un des membres de la famille.

La miss Hartell avait toujours su qu'elle ferait ses études à Harvard. Lorsqu'elle avait rempli ses dossiers de candidatures, elle avait aussi décidé de postuler pour Yale -au cas où- et à Georgetown, parce qu'il fallait obligatoirement un troisième choix. Alors, quand la lettre d'Harvard était arrivée et qu'elle avait vu le mot 'refusée' apparaître devant son regard émeraude, la jeune femme avait senti ses yeux s'embuer mais s'était mordu si fort la langue qu'elle avait réussi à ravaler les gouttes salées qui ne demandaient qu'à dévaler ses joues pâles. Son père était entré dans la cuisine et avait ricané en voyant la lettre déchirée en mille morceaux qui trônait sur la table de la cuisine : 'Je t'avais dit de prendre plus d'activités extrascolaires. Voilà ce qui arrive aux fainéants.' avait-il trouvé bon d'ajouter avec cette voix pathétique que Dani détestait tant. Donnant raison à son paternel, Yale avait aussi pensé qu'elle n'était qu'une lamentable paresseuse. Le dernier espoir reposait sur les épaules de Georgetown. Le tampon 'acceptée' qui semblait parader sur la lettre blanche n'avait même pas réussi à faire sourire Dani. Elle détestait déjà cette université. Elle voulait Harvard, rien qu'Harvard.

Dani rencontra Calvin lors de son premier jour de classe et leur amitié fut immédiate. De celle qui se fait sentir en un sourire. De celle qui vous fait rentrer chez vous apaisé parce que vous avez enfin trouvé cette personne qui vous comprend en un regard. Cette personne avec qui vous avez l'impression d'avoir traversé les millénaires tant vous vous connaissez déjà, sans savoir comment. Calvin était un recalé de Princeton, il savait ce que Dani ressentait. Il savait qu'elle était déçue d'elle-même, affligée par son propre échec. Calvin devint son confident, son ami, son amant, sa vitrine. A travers les yeux bleus du garçon, Dani brillait de mille feux, placée sur un piédestal. Elle sut rapidement s'imposer comme souveraine de Georgetown. Si elle ne pouvait pas faire partie des élèves moyens d'Harvard, elle ferait partie de l'élite de Georgetown.

Tout le monde pensait qu'Hartell était un soldat de plomb, incapable de la moindre compassion, de la moindre tendresse. Elle ne vivait que pour irradier le monde qui l'entourait de sa lumière. La mâchoire serrée, elle avançait avec une ambition sans faille. Elle était crainte et admirée, détestée et enviée. Personne ne l'avait jamais vu rougir sous l'émotion, personne ne l'avait vu blessée. Certains en venaient à penser qu'elle ne possédait pas de cœur.

Ce soir-là, elle prouva le contraire.

- « J'ai entendu quelque chose. » se plaignit Scott, allongé sur un matelas gonflable aux côtés de Stiles.

- « Oh, je t'en supplie, Scott, pas encore ! Ça fait trois nuits que tu dors ici et tu me fais le coup à chaque fois. » pesta Stiles en se plaquant un oreiller sur le visage. « On est dans une cité universitaire, les étudiants vont et viennent, il va falloir t'y faire. »

- « Mais je te jure que j'ai entendu quelque chose. On aurait dit des cris. »

- « Tu me fatigues, Scott. Si j'avais su, je t'aurais dit de retourner à Beacon Hills au lieu de venir passer... »

- « Stiles ! » l'interrompit son meilleur ami en se redressant brusquement. « Quelqu'un approche. »

- « Ok. Tu me fais une sorte de crise de manque de lycanthrope ou quoi ? Tu veux de l'action, c'est ça ? Et tu sais ce qu'il veut, Stiles ? (…) Dormir ! Parce que TOI, tu te la coules douce, mais MOI, j'ai cours pendant huit heures tous les jours. »

Quelqu'un tambourina à la porte, faisant sursauter Stiles qui regarda Scott comme s'il en était en partie responsable. Ils restèrent un long moment à se questionner du coin de l'oeil ne sachant pas réellement s'ils devaient se lever ou bien faire les morts sous leurs couvertures. Stilinski était bien tenté par la deuxième solution, trop fatigué pour aller voir qui pouvait se poster derrière la porte de sa chambre à cette heure si tardive. Les coups de poings contre le bois continuèrent, et cette fois, une voix féminine s'éleva dans le couloir :

- « AIDEZ-MOI ! » criait-elle, les sanglots bravement contenus ne demandant qu'à sortir. « Aidez-moi, je vous en supplie ! »

Cette fois, Scott n'hésita pas une seconde de plus. Il s'élança vers la porte de la chambre, simplement vêtu d'un caleçon, ne remarquant même pas que derrière lui, Stiles grimaçait encore. Ils n'étaient que des aimants à emmerdes. Dès que McCall et Stilinski traînaient ensemble dans la même ville, quelque chose de dramatique se déroulait. Lorsque Scott ouvrit la porte, il croisa immédiatement le regard horrifié de Dani Hartell qui confirma aux deux garçons que les ennuis (re)commençaient. La jeune femme tremblait comme une feuille et ses jambes semblaient prêtes à abandonner son corps frêle. Pourtant, tout ce que Scott remarqua dans un premier temps, ce furent les nombreuses tâches de sang maculant le tee-shirt de Dani ainsi que ses mains couvertes d'hémoglobine. Apparemment soulagée de voir quelqu'un près d'elle, elle se blottit rapidement contre lui, laissant enfin les larmes retenues couler sur ses pommettes. Stiles, en retrait, observa la scène avec une angoisse non camouflée. Le teint du jeune étudiant était devenu cireux et il porta sa main à sa bouche en remarquant le sang présent sur les vêtements de Dani. Les questions s'affolèrent dans son esprit et il s'adossa au mur glacé du couloir en secouant la tête. Il avait passé six mois tranquilles à Georgetown. Scott débarquait et tout basculait. C'était ça, leur vie. Être poursuivis par les emmerdements. Très vite, les autres étudiants sortirent de leurs chambres et les cris de peur et d'horreur envahirent les couloirs. Quant à Dani, elle restait mutique, pleurant silencieusement dans les bras de Scott. Jamais cette fille ne s'était laissée aller à montrer la moindre émotion. Pourtant, bercée par les pulsations du cœur de McCall, les larmes coulaient à flots.

Le gardien de la cité universitaire, M. Forrester, fit enfin son apparition et constata le chaos provoqué par Dani Hartell. Stiles et Scott n'avaient pas échangé un mot. Ils avaient seulement partagé des regards lourds de sens. Forrester demanda aux élèves de garder leur calme le temps que la police arrive. Pourtant, le brouhaha émit par cette masse d'étudiants ne cessa pas. Chacun y allait de son interprétation, de son hypothèse. Quelques uns, sans doute un peu tordus, imaginaient déjà que Dani Hartell pouvait avoir commis un meurtre. Le gardien tenta de canaliser les énergies négatives des étudiants présents et fut soulagé de voir la police arriver. Désormais, alors que l'un des agents retirait doucement la jeune femme des bras de Scott, les deux meilleurs amis restèrent bien droits, encore sous le choc de la scène qui venait de se dérouler devant leurs yeux. Le gardien parla quelques minutes avec les autorités, portant sa main sur sa bouche à plusieurs reprises, visiblement embarrassé et angoissé par ce qu'on lui annonçait.

- « Retournez dans vos chambres ! » tonna le gardien aux élèves qui restaient dans le couloir à observer Dani pleurer. « Vous deux. » ajouta-t-il à l'égard de Stiles et Scott. « La police veut vous parler. »

Les deux amis s'en doutaient. Après tout, ils avaient été les premiers à croiser le chemin de Dani. Ils étaient les témoins clés. Le torse de Scott maculé de sang en était la preuve.

- « On peut enfiler un pantalon, ou bien... » commença Stiles, se sentant légèrement violé dans son intimité de devoir se trimbaler en caleçon devant une bonne partie des élèves de Georgetown.

- « Police, maintenant. » gronda Forrester, tirant une grimace au jeune étudiant.

- « Mais... » tenta de se justifier Stiles.

- « Stilinski, je me fiche de vos arguments. Vous allez voir la police immédiatement, même si je dois vous traîner par le caleçon. Et ça vaut aussi pour votre petit ami. »

- « Scott n'est pas mon... » se défendit immédiatement le jeune humain en entendant les allusions du gardien.

- « Peu importe, Stilinski. Il y a plus important en ce moment que de savoir ce que vous faites de vos fesses. »

Étonnamment, Stiles ne prit pas la peine de se justifier à nouveau et haussa les épaules, laissant Forrester croire ce qu'il voulait. Pour détendre un peu l'atmosphère un peu trop pesante à son goût, Stiles donna une tape sur les fesses de Scott pour le faire avancer. Pourtant, son meilleur ami, peu réceptif à la blague, ne bougea pas d'un millimètre, écoutant plutôt une voix timide qui osa enfin briser le malaise qui régnait au sein des étudiants.

- « Vous voulez vraiment qu'on aille dormir alors que cette fille vient de nous réveiller en tambourinant à notre porte les mains ensanglantées ? (…) Je pense qu'on a quand même le droit de savoir ce qu'il se passe, non ? »

- « Nous n'en savons pas plus que vous, Miller. » soupira M. Forrester en s'adressant à l'étudiant qui venait de parler.

- « Il y a peut-être un psychopathe qui se trimbale dans le coin et vous n'en savez rien ? » se moqua un autre élève.

- « Écoutez... La police va rester sur place le temps qu'il faudra. Vous n'avez pas à paniquer. Le doyen communiquera avec vous dès demain matin. »

Plusieurs voix s'élevèrent et grognèrent contre le directeur de Georgetown qui, selon eux, devait certainement être tranquillement au fond de son lit. M. Forrester perdit patience et attrapa plusieurs élèves par le bras pour les reconduire à leur dortoir. Stiles et Scott observaient la scène avec des yeux ahuris. Préférant ne pas énerver un peu plus le gardien, vraisemblablement dépassé par les événements, les deux amis allèrent à la rencontre des policiers qui les accueillirent avec une moue austère sur le visage. Scott échangea quelques mots avec les agents, donnant sa courte version des faits.

- « J'imagine que vous n'allez pas nous le dire mais... » commença Stiles, lorsque leur déposition fut terminée. « Quelqu'un a été blessé ? Je veux dire... Ce sang sur les mains de Dani, il ne vient pas d'un sacrifice de mouton, j'imagine. »

- « Ce dessin vous dit quelque chose ? » demanda l'un des policiers en agitant une photo devant les yeux des deux amis d'enfance.

Scott et Stiles fixèrent longuement le triskèle dessiné sur ce qui paraissait être un bras. Ils comprirent immédiatement qu'ils allaient devoir mentir. Ils n'avaient pas d'autre choix. Stilinski avait toujours été particulièrement doué pour mener les gens en bateau. Embellir la vérité, trouver des excuses bidons, c'était comme une seconde nature pour lui. Pourtant, maintenant qu'il était à Georgetown, il s'était en quelques sortes racheté une conduite. Devoir fabuler à nouveau le rendait fébrile.

- « Je crois que mes cousins irlandais ont un autocollant de ce symbole sur leur voiture. C'est un dessin celtique, non ? » lança Stiles.

- « Oui... Et à part ça, ça ne vous évoque rien d'autre ? » persista le policier, qui semblait pourtant convaincu par le mensonge du jeune humain.

- « Absolument pas. » clamèrent Stiles et Scott, d'une même voix.

- « Très bien. Retournez vous coucher. Merci pour votre coopération. »

- « Vous n'allez pas nous dire ce qui est arrivé à la personne qui s'est retrouvé avec ce dessin tatoué sur le bras ? » demanda Stiles alors que les policiers s'éloignaient déjà, bien décidés à continuer leur enquête.

Le jeune étudiant était un peu trop curieux. Conscient de ce problème, Scott donna un coup de coude à son ami tandis que les inspecteurs se retournaient vers eux. L'un des policiers, le plus abattu des deux, posa une main fraternelle sur l'épaule de Stiles.

- « Crois-moi, tu n'as pas envie de savoir. »

Et les agents s'en allèrent pour de bon. Bien sûr, Stiles crevait d'envie de savoir ce qu'il s'était passé ce soir avec Dani Hartell. Scott soupira lorsqu'ils se retrouvèrent enfin seuls dans le couloir.

- « T'as vu les traits dessinés à la craie sur le sol autour du bras pris en photo ? » demanda soudain Stiles alors que le loup-garou s'empressait de hocher la tête. « Ça prouve que c'était une scène de meurtre. » ajouta-t-il tout en sortant avec empressement son portable.

- « Tu fais quoi, là ? » interrogea Scott en voyant son meilleur ami tapoter rapidement sur son clavier tactile.

- « J'appelle Derek. Que veux-tu que je fasse d'autre ? »

- « On peut y réfléchir avant, non ? » pesta le lycanthrope.

- « Un meurtre et un triskèle, Scott. Tu vois le lien ou bien t'es en état de veille prolongée ? (...) On doit appeler Derek. »

Le portable de Stiles était déjà contre son oreille et il commença à faire les cents pas dans le couloir en grimaçant à chaque sonnerie.

- « Bon sang, décroche ! »

La main de l'étudiant était crispée sur son portable. Ça ne lui faisait pas vraiment plaisir d'avoir à passer un coup de fil à l'Alpha. Les choses n'avaient fait que reculer entre eux. Derek n'était finalement pas revenu voir Stiles à Georgetown, prétextant sans cesse avoir des empêchements. Stiles n'était pas idiot et avait bien compris que le seul empêchement, c'était la connerie de son aîné. Deux semaines avaient passé depuis que Stiles avait reçu le fameux 'Tu m'as manqué', qu'il lisait encore tous les soirs dans son lit avant de s'endormir. C'était la seule chose à laquelle l'étudiant pouvait s'accrocher : l'idée qu'un jour, Derek avait réussi à exprimer une minime émotion par texto. La plupart du temps, après avoir lu le sms, Stiles balançait son portable sur la table de nuit en se trouvant pitoyable.

- « Il est deux heures du matin, Stiles. » grogna la voix endormie du lycanthrope.

- « Oh, pardon, j'ai du faire un mauvais numéro. » blagua le jeune humain. « Je voulais appeler Derek Hale mais je suis tombé sur l'horloge parlante. »

Stiles imaginait l'Alpha rouler des yeux et cela lui mettait du baume au cœur.

- « Stiles. » maugréa Derek.

- « On a un problème. » finit par avouer l'étudiant, soudain plus sérieux.

- « Qui ça 'on' ? »

- « Scott et moi. Et sans doute toi par la même occasion. »

- « Ça fait trois jours que je cherche Scott ! » s'emporta le lycanthrope, énervé d'apprendre que McCall était avec Stiles. « D'ailleurs, il pourrait prévenir quand il s'en va comme ça. Il ferait mieux d'être plus sérieux à la fac s'il veut obtenir un diplôme. »

- « WO. » commenta Stiles. « Tu fais sacrément flipper, Papa Derek. »

- « Ferme-là, Stiles. »

- « Ok. De toutes façons, je ne t'appelle pas pour te parler de l'avenir de ton fils. »

Scott écoutait la conversation en grimaçant ne comprenant pas un seul instant comment les discussions de ces deux-là pouvaient être aussi tordues. Heureusement, Stiles exposa la situation avec tout le calme dont il était capable. Lorsqu'il eut finit, Scott eut tout le loisir d'entendre Derek se mettre à crier contre le pauvre Stiles qui devint blanc comme un linge.

- « Passe-moi Scott. » disait la voix irritée de l'Alpha. « TOUT DE SUITE, STILES ! »

Vexé et agacé, Stiles balança le portable à McCall en disant :

- « Je vais me coucher. Dis lui de ma part que c'est un con. Dans ta bouche, ça passera mieux. »

Stiles rejoignit rapidement les gestes à la parole et se dirigea vers la porte de sa chambre et remarqua qu'encore une fois, Nick, son colocataire, n'était toujours pas rentré. Ce type était pire qu'un fêtard. La plupart du temps, c'était M. Forrester lui-même qui était obligé de l'aider à se coucher tant Nick rentrait dans des états minables.

- « T'es inconscient, Scott ! » pestait Derek à l'autre bout du fil. « Je n'ai pas arrêté de t'envoyer des messages pour savoir où tu étais. »

- « Je sais. »

Scott ne tenta même pas de se justifier. Il estimait ne pas mériter la colère de l'Alpha. D'ailleurs, McCall ne faisait toujours pas officiellement parti de la meute de Derek, même si dans le fond, c'était tout comme. Derek le protégeait comme l'un de ses bêtas. Scott aidait l'Alpha dès qu'il en avait l'occasion. Lorsque Boyd et Erica étaient partis étudier dans une autre ville, Derek avait été abattu. Comme amputé. Scott et Isaac avaient su panser les blessures que l'Alpha ne voulait pourtant pas montrer. McCall avait été un soutien sans faille, passant de longues soirées près de Derek et Isaac. Ils ne se disaient rien. Ils étaient juste là et ça leur suffisait.

- « J'ai eu peur pour toi. » avoua Derek, d'une voix plus tendre, presque protectrice.

- « Je suis désolé. » se justifia Scott.

- « Tu comptes rentrer, j'espère ? Parce qu'après ce qu'il s'est passé ce soir, tu dois revenir à Beacon Hills. »

- « Je... Je n'ai pas envie de rentrer, Derek. »

- « Si tu restes à Washington, tu... » La voix de l'Alpha se brisa. « Tu mets Stiles en danger, Rebekah aussi. »

Un long silence s'abattit entre les deux hommes. La voix de Derek était à la fois douce et angoissée. Ils savaient tous deux trop de choses qui les rendaient malades. Ces derniers temps, la vie à Beacon Hills avait été une véritable torture.

- « Tu ne me feras pas changer d'avis, Derek. » insista McCall.

- « Tu te rends compte que le meurtre de ce soir était un avertissement ? (…) Tu ne fais que déplacer nos problèmes ailleurs. A Beacon Hills, je suis là pour te protéger. (…) Et indirectement, on protège Stiles. »

- « J'ai pris ma décision, Derek. Je ne rentrerais pas à Beacon Hills. Je vais prendre six mois pour réfléchir sur mon avenir. Je vais trouver un petit boulot ici et rester avec Stiles. »

- « Tu es stupide, Scott. » râla l'Alpha. « Si je pouvais t'offrir une vie normale, je le ferais sans hésiter. Mais malheureusement, on ne peut pas y prétendre. Toi, moi, Isaac... On est condamnés à vivre avec tous ces... Tous ces soucis. Je... Laisse au moins Stiles être normal. Il a cette chance de pouvoir avoir une vie ordinaire. Ne la gâche pas. »

Scott n'en avait pas encore parlé à Stiles, ni à Rebekah mais il comptait bien chercher du travail à Washington et envoyer un dossier à une formation professionnelle dès l'année suivante lorsque les inscriptions auraient repris. Rebekah n'avait eu que trop raison en disant qu'il avait besoin de s'éloigner de Beacon Hills, principale source de ses problèmes. Il s'imaginait déjà louer un appartement en ville, lorsqu'il aurait un salaire fixe. Cette simple idée lui mettait du baume au coeur. Pourtant, il savait pertinemment que Derek avait aussi raison. En prenant cette décision, il mettait en danger Stiles et Rebekah. Dans le fond, il s'en voulait d'être aussi égoïste. Ces derniers jours, une seule chose lui avait rendu le sourire : l'idée qu'un jour il puisse vivre une vie de jeune adulte normal. Il avait l'impression qu'ici, à Georgetown, il pouvait y aspirer. Scott soupira longuement, raccrocha au nez de Derek et rejoint d'un pas rapide la minuscule chambre d'étudiant. Après avoir retiré les tâches de sang dans la salle de bain, McCall rejoignit Stiles qui s'était rendormi, écroulé de fatigue. Les yeux plus larmoyants qu'il ne l'aurait voulu, Scott lança un regard bienveillant à son meilleur ami avant de s'allonger à son tour sur le matelas gonflable.

Bien sûr qu'il savait. Il savait que rester, c'était risquer.

# # #

Le lendemain midi, Scott rejoignit Stiles et Rebekah dans le parc du campus, où ils avaient l'habitude de déjeuner ensemble depuis trois jours. McCall était arrivé un soir, au volant de sa nouvelle voiture et il avait simplement dit à Stiles qu'il n'avait pas cours pendant quelques jours et qu'il avait décidé de venir lui faire une visite surprise. Le jeune humain avait compris que le mensonge était trop gros pour être vrai, mais il n'avait fait aucun commentaire. C'était ça aussi, un meilleur ami. Quelqu'un capable de se taire lorsqu'il le fallait.

Ce midi-là, Stiles paraissait bien plus surexcité qu'à son habitude tandis que Rebekah restait silencieuse, observant simplement le jeune homme faire de grands gestes. Scott claqua une bise à la jeune femme et cogna son poing contre celui de Stiles.

- « Devine qui est arrivée en cours la bouche en cœur comme si elle n'avait pas pleuré contre tes pectoraux d'acier hier soir ? »

Stiles avait parlé si vite que Rebekah posa une main sur son avant-bras comme pour le supplier de se calmer.

- « Dani Hartell, j'imagine. » soupira Scott.

- « En plein dans le mille. Tout le monde ne parle que de ça. On a eu le droit à un speech du directeur, ce matin pour nous annoncer que Calvin Howard avait été tué hier soir. Et tu sais qui est Calvin Howard ? »

Encore une fois, le débit de parole de l'humain dépassait l'entendement. Scott piqua une frite dans l'assiette de Rebekah, fronça les sourcils et secoua la tête.

- « Calvin était le meilleur ami de Dani. » souffla Rebekah.

- « Oh. » trouva bon de répondre Scott.

Il en lâcha la frite dans laquelle il venait de croquer et son nez se plissa, signe qu'il réfléchissait.

- « Et crois-moi. » ajouta Stiles. « Les gens ont des tas de théories intéressantes. Parce que Calvin et Dani avaient une relation un peu bizarre, si tu veux mon avis. Certains disent que Dani a pété un boulon et a tué son meilleur ami. (…) Mais toi et moi, on sait très bien que c'est faux, Scott. »

- « Qu'est-ce qui vous fait dire que c'est faux ? » lança la voix innocente de Rebekah. « Après tout, je ne crois pas que Dani Hartell soit la fille la plus équilibrée de cette université. »

Scott et Stiles partagèrent un regard entendu. Rapidement, Stiles réussit à s'en sortir avec une pirouette.

- « Les flics nous ont montré un symbole qui a été dessiné sur le bras de Calvin par l'assassin. »

- « Donc vous pensez qu'un psychopathe traîne dans le campus ? » en conclut la jeune femme d'une voix plutôt détachée.

- « Peut-être... » précisa Scott. « On n'en sait rien en fait. »

- « Ça expliquerait pourquoi les policiers font des rondes dans l'université et qu'un couvre-feu a été instauré, non ? » demanda Stiles.

Rebekah haussa les épaules et ses yeux dévièrent vers une personne assise au bord de la fontaine. Dani Hartell était là, couverte de regards malveillants. Elle portait des lunettes noires, faisait sans doute semblant de lire un bouquin. Les gens autour d'elle murmuraient en la dévisageant et elle tentait d'ignorer avec brio ces souffles persifleurs.

- « Vous ne m'empêcherez pas de trouver cette fille louche. » annonça Rebekah. « Si Stiles était mort hier soir, je ne serais pas sur le campus en train de lire un bon polar. »

Les garçons échangèrent un nouveau regard. Ils savaient que Rebekah avait raison. Eux-mêmes trouvaient que Dani Hartell agissait étrangement. Cela faisait à peine quelques heures qu'elle avait vécu une expérience traumatisante. Pourtant, elle se baladait déjà comme si de rien n'était. Rebekah se leva, laissant son déjeuner en plan. Un instant, en pensant qu'elle allait interroger Dani, Stiles pensa à la retenir. Heureusement, elle passa simplement devant Hartell sans un mot et laissa Stiles et Scott particulièrement perplexes.

En profitant d'être seuls, Stiles et Scott échangèrent quelques paroles plus secrètes. Stiles se montrait curieux alors que Scott restait très évasif. Ils n'étaient clairement pas sur la même longueur d'onde et cela agaçait le jeune humain.

- « Ne me dis pas que tu penses que ce triskèle et ce meurtre ne sont que des coïncidences. » lâcha Stiles en constatant la mine indifférente de son meilleur ami.

- « Je ne pense rien. » grogna Scott.

- « Bien sûr que si ! Et je te connais assez bien pour penser que tu pourrais même me cacher quelque chose... »

- « Arrête ta parano, Stiles ! »

McCall était sur la défensive ce qui étonna le jeune Stilinski. Finalement, il avait peut-être vu juste. Scott lui cachait probablement quelque chose.

- « Tu sais, j'ai toujours vu Dani comme une reine des glaces. Les larmes d'hier soir, elles étaient réelles. » raconta le jeune humain.

- « Tu veux en venir où ? »

- « Dani aurait été incapable de faire du mal à Calvin. C'était la seule personne qu'elle aimait. »

- « Et ? »

- « Et même si elle l'avait tué, je ne vois absolument pas pourquoi elle aurait dessiné un triskèle sur son bras. »

Scott haussa les épaules et attrapa le plateau repas que Rebekah avait laissé derrière elle. McCall se vengea sur les frites qu'il avala férocement sans lancer un regard à son meilleur ami.

- « Et surtout... » continua Stiles. « Je ne comprends pas pourquoi tu as l'air de prendre cette histoire à la légère. J'ai senti l'angoisse dans la voix de Derek hier soir et... »

- « Merde, Stiles ! » le coupa Scott en se levant brusquement, renversant la moitié du plateau par la même occasion. « Arrête de t'occuper de ce qui ne te regarde pas. »

- « Donc tu me caches quelque chose, n'est-ce pas ? »

Scott leva les yeux au ciel et ses mains se crispèrent sur la table de pique-nique en bois.

- « Je ne te cache rien. Je comprends pas pourquoi tu veux absolument que ce meurtre soit en lien avec les loups-garous. » murmura-t-il en se penchant vers Stiles.

- « Et moi je ne comprends pas comment tu peux croire le contraire. Avant, tu aurais crié au complot bien plus tôt que moi. »

- « Oui, mais... J'ai appris à agir avec prudence. Si ça se trouve, ce Calvin, il avait déjà un tatouage de triskèle avant de mourir. On n'en sait rien, Stiles. »

Stiles ricana en entendant ce que racontait son meilleur ami. Le jeune humain ne comprenait absolument pas ce qu'il se passait, mais il savait que McCall lui cachait quelque chose. Stilinski se leva à son tour, attrapa son propre plateau repas et tourna les talons, sans un mot. Le comportement de Scott était à la fois louche et énervant. McCall soupira longuement et se rassit sur le banc avec dépit, enfonçant sa tête dans ses mains. Il savait que s'il disait ce qu'il savait à Stiles, Derek le tuerait. Ils avaient fait tout ce qui était en leur pouvoir pour empêcher Stiles d'être au courant. Mais McCall connaissait son meilleur ami. Il savait que Stiles avait compris que quelque chose clochait.

Bientôt, il ne pourrait plus rien lui cacher.

# # #

- « Qu'est-ce que tu fiches ? » demanda Stiles à l'égard de son colocataire. « C'est quoi ce vieux truc gonflable ? Ne me dis pas que... »

Nick Marble était en train d'installer une poupée gonflable au fond de son lit sous le regard mi-dépité mi-dégoûté de Stiles.

- « Fais pas le prude, Stilinski. J'ai rencard, ce soir. Et avec le couvre-feu, le gardien va sans doute passer dans toutes les chambres pour voir si tout le monde dort bien. »

- « Tu penses que Forrester est assez bigleux pour te confondre avec une poupée gonflable bimbo blonde ? » se moqua Stiles.

- « J'ai prévu tout ce qu'il faut. »

Nick, tout fier, sortit une perruque et un de ses pyjamas qu'il secoua devant le nez de Stiles.

- « Il n'y verra que du feu. » chambra Stilinski avec un rictus au coin des lèvres.

- « Et Scott, tu vas le cacher sous ton pieu ? »

- « Pourquoi ? »

- « T'as pas lu la directive dans l'entrée de la cité U ? Les gens qui n'étudient pas à Georgetown ne sont plus acceptés après vingt-et-une heures. »

Nick avait un sourire de vainqueur sur le visage ce qui agaçait profondément Stiles. Laissant son colocataire à ses délires de poupée gonflable, le jeune humain se précipita hors de la chambre à la recherche de Scott. Il le retrouva bien vite, dans une chambre de l'étage au-dessus, assis en tailleur sur le lit de Rebekah. La jeune femme, quant à elle, était assise dans un coin de la pièce et jouait d'un drôle d'instrument à quatre cordes.

- « Encore avec ton banjo ? » lança Stiles avec un fin sourire légèrement moqueur.

- « T'as fini de faire la gueule à Scott ? » répliqua-t-elle du tac au tac, ce qui fit rougir le jeune lycanthrope.

Stiles haussa les épaules et se laissa tomber sur le lit à côté de McCall.

- « Si tu t'inquiètes pour moi, je viens de louer une chambre d'hôtel. » dit nonchalamment Scott sous le regard inquisiteur de Rebekah qui continuait de gratter de temps à autres les cordes de son banjo.

Stiles hocha la tête de haut en bas, comprenant que McCall avait eu vent de la fameuse directive dont avait parlé Marble.

- « Ou bien tu pourrais simplement retourner à Beacon Hills. » lâcha Stiles.

Les regards de Scott et Rebekah s'accrochèrent brutalement aux lèvres du jeune étudiant qui haussa à nouveau les épaules. La soudaine agressivité de Stiles envers son meilleur ami était plutôt étonnante.

- « Je... » commença McCall, peu assuré. « J'étais justement en train d'en parler avec Rebekah. Je pense rester à Washington et... »

- « Fais ce que tu veux. » l'interrompit violemment Stiles en se levant du lit. « Mais s'il te plaît, la prochaine fois que tu ouvres la bouche, dis-moi pourquoi tu es vraiment là. Si tu crois que je n'ai pas remarqué que quelque chose ne tournait pas rond chez toi ces derniers jours, tu te trompes. Je suis ton meilleur pote. Je sais tout de toi. Jusqu'au fait que tu portes le même caleçon tous les mardis. »

Rebekah haussa un sourcil en entendant cette information puis fit sonner son banjo, comme pour signer la fin du monologue de Stilinski. Cela lui valut un regard noir de la part de son ami, si bien qu'elle posa l'instrument près d'elle, comme une petite fille qui aurait fait une bêtise. Quant à Scott, il regardait Stiles sans aucune expression particulière. Il ne savait pas vraiment comment réagir face à lui.

- « Hier soir, si tu avais pu, tu m'aurais empêché de téléphoner à Derek. Et j'ai bien senti que lui aussi me cachait quelque chose. J'aimerais juste savoir quoi. C'est trop demandé ? » s'énerva Stiles, les poings sur les hanches.

- « Stiles, ce n'est pas l'endroit pour parler de ça. »

Le regard de Scott vogua jusqu'à Rebekah qui ne comprenait visiblement pas ce qu'il se passait.

- « Tu ne crois pas qu'il est temps de lui en parler ? » demanda simplement Stiles, les mains soudain tremblantes.

- « Non ! » tonna Scott, plus violemment qu'il ne l'aurait voulu.

Ce cri poussa la jeune femme à se relever et à se diriger vers la porte de sortie.

- « Je... » commença-t-elle. « Je vais aller faire un tour. Discutez. Je... Prenez le temps dont vous avez besoin. »

- « C'est ta chambre, Rebekah. On ne va pas te virer de ta propre chambre. » expliqua Scott, son regard doux posé sur le visage blême de la jeune femme.

Rebekah ne supportait pas les disputes et les quiproquos. Elle n'aimait pas quand les gens se déchiraient et argumentaient sous ses yeux. Étonnamment, elle était persuadée que très vite, Scott et Stiles finiraient par élever la voix. Surtout, elle savait qu'elle serait incapable d'assister à une telle scène. Elle préférait donc prendre la fuite. C'était plus sage.

- « Ne vous en faites pas. Il est encore tôt. Je vais aller me balader en ville. »

Avant même que Stiles ou Scott n'ait pu la retenir, la jeune femme avait ouvert la porte à la volée et cria de peur en se retrouvant face à une silhouette imposante qu'elle ne reconnut pas immédiatement. Protecteur, Scott se précipita vers elle lorsqu'il l'entendit hurler. Quant à Stiles, il reconnut bien vite la personne qui se trouvait dans l'embrasure de la porte. Le regard de l'adolescent se perdit sur les traits rugueux de l'homme et son cœur manqua plusieurs battements.

- « Derek... » souffla Stiles, sans avancer vers lui pour autant.

Hale ne bougea pas non plus, s'excusa simplement du regard auprès de Rebekah pour l'avoir effrayée. Scott avait posé sa main dans le dos de la jeune femme qui peinait à se remettre de ses émotions. Personne n'aimait être surpris de cette façon.

- « Qu'est-ce que tu fais là ? » lança Scott, pas franchement ravi de voir son aîné débarquer à Washington.

- « J'ai compris que tu ne changerais pas d'avis et que tu resterais ici. » avoua Derek.

- « Et alors ? »

- « Et alors si tu restes à Washington, je m'installe aussi. Tu sais très bien que l'on fait partie de la même... » Derek lança un bref regard à Rebekah qui semblait encore plus perdue que d'habitude. « De la même bande. Que tu l'acceptes ou non, on est liés. Je n'ai jamais menti quand je disais que je te considérais comme mon frère. (...) Isaac pense d'ailleurs la même chose. »

Le jeune homme blond fit son apparition près de Derek, un sourire sur les lèvres. Scott aurait du être ému par les paroles de l'Alpha. Il aurait du être touché qu'Isaac et Derek aient fait tant de route simplement parce qu'ils s'inquiétaient pour lui.

Par on ne sait quel miracle, Stiles était resté muet et ne semblait même pas avoir envie de parler. Pourtant, lorsque le silence s'installa, il osa le briser rapidement.

- « C'est une blague ? Vous ne voulez pas qu'on prenne un appart' en colocation et qu'on fasse un remake de Friends, tant qu'on y est ? »

Tout le monde lança un drôle de regard au jeune humain qui haussa simplement les épaules. Derek fit enfin un pas dans la pièce, suivi par Lahey.

- « Ferme la porte. » lança l'Alpha à son bêta.

Isaac grimaça un peu à cause du ton autoritaire de Derek mais ne se fit pas prier pour fermer la porte de la chambre. Les cinq jeunes gens restèrent à se fixer du regard sans pour autant savoir qui allait parler en premier.

- « Je ne voulais pas en arriver là, mais... » commença Derek, apparemment mal à l'aise. « On a des choses à te dire, Stiles. »

Le jeune humain frémit en entendant son prénom sortir des lèvres du lycanthrope. Dieu seul savait à quel point cela lui faisait du bien. Il aurait voulu que Derek prononce ce mot pendant des années entières. Il se serait enivré à ces simples sons sortant de la bouche de son aîné.

Il en oubliait que le temps des aveux était venu. Il en oubliait que l'air grave de Derek ne présageait rien de bon. Que le regard perdu de Rebekah signifiait qu'il allait pouvoir enfin la mettre dans les confidences lycanthropes. Qu'à nouveau, leur monde allait changer. Stiles avait l'impression que rien ne pouvait se dérouler normalement. Il y avait toujours, à un moment donné, Derek Hale qui arrivait dans sa vie et bousculait ses convenances.

Stiles vivait une vie d'adolescent normal. Derek Hale était arrivé et l'avait entraîné dans la spirale des loups-garous.

Stiles avait toujours pensé qu'il n'était pas un héros. Derek Hale était arrivé et lui avait prouvé le contraire.

Stiles avait été amoureux de Lydia. Derek Hale était arrivé et avait réussi le pari improbable de lui faire oublier la belle rousse.

Derek Hale chamboulait Stiles. Tout le temps.

Et il(s) adorai(en)t ça.

Là, contemplant les lèvres entrouvertes de Derek, prêtes à avouer, Stiles se sentit plus vivant que jamais.


Et voilà pour ce premier chapitre ! Alors, quelles sont vos impressions ? Avez-vous déjà des théories, des idées quant au meurtre, ou bien à ce que doit annoncer Derek à Stiles ? Que vous inspire le nouveau personnage de Dani ? Et celui de Nick ? J'espère en tout cas que ça vous aura plu, que vous aurez plein de questions dans vos têtes, parce que j'ai envie de vous faire un peu souffrir avec cette nouvelle intrigue :P Mais ne vous en faites pas, les prochains chapitres seront plus drôles, sûrement plus légers !

A la semaine prochaine !