Bonjour les choux à la crème ;)

J'aurais bien envie de vous faire une liste de ce qui m'a empêché de poster ce chapitre avant, mais elle serait tellement longue et inintéressante que je ne veux pas vous faire endurer ça. :P

(ah, je veux quand même vous parler vite fait de la S3 de TW. En bref : j'adore les épisodes séparément (l'épisode du Motel étant celui qui m'a marqué le plus), mais je trouve l'ensemble un peu brouillon et bizarre comparé aux deux premières saisons. Et vous, quelles sont vos impressions ?)

Du coup, passons immédiatement au plus intéressant : ce deuxième chapitre. Ici, l'intrigue prend de plus en plus de place. C'est normal si vous êtes perdus par moment, je l'ai fait volontairement, parce que je suis une sadique. Pour l'instant, Isaac fait un peu décoration (!) mais croyez moi, il aura la part belle dans cette histoire ;) (parce que j'aime Isaac, c'est comme ça, ça ne changera jamais). De nouveaux personnages arriveront aussi bientôt, dont un certain Andreas. Pour l'instant, je vous laisse en compagnie de Rebekah, Stiles et les loups-garous ;)

Bonne lecture !


~ part two : truth always hurts

Isaac s'adossa à la porte de la chambre et fit quelques bulles avec le chewing-gum qu'il mâchonnait un peu trop bruyamment au goût de son Alpha qui peinait à cacher une grimace. Apparemment, le silence tendu qui régnait dans la chambre étudiante rendait tout le monde un peu fébrile. Le blondinet lança un regard à Scott dont chaque trait du visage était tiré. McCall semblait prêt à exploser et à déverser sa colère contre l'Alpha qui lui, évitait soigneusement tout contact de pupilles avec Stiles. Seul le regard de Rebekah restait planté sur le sol, comme si la jeune femme était pétrifiée de se retrouver dans une telle situation.

- « Il faut d'abord parler à Rebekah. » grogna l'Alpha.

Derek n'était pas enchanté par l'idée d'avouer leur secret à cette fille. Il n'avait rien contre elle, la trouvait même plutôt sympathique. Scott semblait d'ailleurs lui accorder une confiance aveugle. Il en était de même pour Stiles, qui s'était entiché d'elle au premier regard. Derek pensait donc qu'ils allaient mettre leurs confessions entre de bonnes mains. Du moins, il l'espérait. Il priait intérieurement pour que Scott et Stiles ne se trompent pas en faisant confiance à Rebekah.

- « NON ! » pesta encore une fois Scott, ce qui fit sursauter la jeune femme à ses côtés.

- « Pourquoi ? » demanda simplement Derek, étonné par l'agressivité du tout jeune lycanthrope. « Il va bien falloir le lui dire un jour ou l'autre, non ? »

Rebekah fronçait les sourcils. Elle avait la désagréable impression que les garçons parlaient comme s'ils ignoraient sa présence. C'était insupportable. Elle croisa les bras sur sa poitrine, ses yeux voguant de Scott à Derek.

- « Elle n'a pas besoin de savoir. » lança Scott d'un air convaincu. « Moins Rebekah en saura, mieux elle se portera. Tu le sais très bien, Derek. »

- « Si je peux me permettre... » commença Stiles, d'une petite voix. « Que tu le veuilles ou non Scott, on a vendu la mèche, on est obligés de tout lui raconter. C'est comme si tu disais à un gamin : 'Je vais t'offrir une super bonne glace au chocolat avec de la chantilly et du caramel. (...) Oh, et puis non en fait, vas te faire voir.' »

Toujours adossé à la porte, Isaac fit la moue en écoutant l'exemple donné par Stiles. Quant à Scott, sa mâchoire se serra un peu plus encore, constatant que personne n'était de son côté. Restée silencieuse jusque là, Rebekah fit un pas en avant et se posta devant Derek avec un air qui se voulait déterminé sur le visage. Les sourcils froncés, elle avoua d'une voix pourtant timide :

- « J'ai confiance en Scott. S'il pense que je n'ai pas besoin de savoir, je le crois. Je... Je n'ai pas envie d'être mêlée à vos histoires. »

Scott montra Rebekah d'un geste de la main avec un petit air de 'Je vous l'avais bien dit'. Stiles lança un regard noir à la jeune femme, constatant qu'elle ne prenait absolument pas en compte son avis. Voilà qu'elle faisait confiance à McCall et en oubliait son fidèle Stilinski. C'était le monde à l'envers ! Quant à Derek, il prit son habituel air pincé, soupira longuement puis secoua la tête.

- « C'est trop tard, Rebekah. » déclara-t-il d'une voix douce. « Scott veut te protéger, et c'est admirable de sa part. Mais la seule vraie protection que l'on peut t'offrir, c'est la vérité. »

- « Attention, la voix de la sagesse vient de parler ! » blagua Stiles en lançant un sourire moqueur à l'Alpha.

- « Sérieusement, tu ne pourrais pas la fermer ? » râla Derek d'un air mauvais.

Stiles gonfla les joues et posa ses deux mains sur sa bouche, feignant d'obéir à l'ordre de l'Alpha. Face à cette scène, Isaac explosa de rire, s'attirant un regard noir de la part du plus âgé des lycanthropes.

- « T'es vraiment qu'un idiot, Stiles. » maugréa Hale entre ses dents.

- « Tu peux répéter ? Je crois que je n'ai pas bien entendu... Tu as dit que tu m'adorais, c'est ça ? » lança Stiles tout en enlevant les mains de sa bouche et en reprenant difficilement sa respiration. « C'est gentil, Derek. T'es vraiment aussi doux qu'un agneau, parfois. »

Scott et Isaac échangèrent un regard entendu, sans doute amusés par la conversation et les pitreries du jeune humain. Cela faisait bien longtemps qu'ils n'avaient pas assistés à une scène de ce genre entre Derek et Stiles. Ils devaient bien avouer que cela faisait plaisir à voir, malgré la situation particulièrement dérangeante dans laquelle ils s'étaient engouffrés.

Derek regardait désormais fixement Stiles, les traits noués, comme s'il allait lui sauter dessus et l'étriper dans les secondes à venir. Préférant mettre fin à cette stupide dispute, Scott rompit le lourd silence d'un éclaircissement de gorge.

- « Si tu penses qu'on doit mettre Rebekah dans la confidence, on le fait. » se résigna finalement le jeune McCall.

Derek lui lança un regard reconnaissant et hocha doucement la tête.

- « Accorde-moi juste une faveur. Je veux être seul pour lui avouer la vérité. »

La mâchoire de Stiles manqua de se décrocher tant il ouvrit grand la bouche. Le jeune humain n'en croyait pas ses oreilles. Depuis quand Scott accordait autant d'attention à SA meilleure amie ? Stiles avait toujours pensé être celui qui avouerait à Rebekah l'existence des lycanthropes. Là, McCall lui volait carrément la vedette. Pourtant, Derek hocha à nouveau la tête, signe qu'il acceptait la requête de Scott. A cet instant précis, Stiles se sentait triplement trahi.

- « J'ai mon mot à dire ou bien... » tenta Stiles, d'une voix sarcastique.

- « Absolument pas. » trancha Derek. « Toi, tu me suis. Isaac, tu... Rentre à l'hôtel. »

Ce fut au tour d'Isaac de prendre un air outré. Voilà qu'il se retrouvait exclu de toutes les discussions. Cependant, Lahey ne pouvait rien refuser à son Alpha. Il savait que si Derek se montrait si dur et autoritaire aujourd'hui, c'était parce qu'il était angoissé à l'idée d'annoncer ce qu'il savait à Stiles. L'humain avait toujours été le talon d'Achille de Derek.

Docile et toujours généreux, Isaac Lahey quitta la chambre en accordant un regard d'encouragement à ses deux frères de meute. Ceux pour qui il risquerait sa vie sans même se poser de question. Ceux qui lui avaient fait redécouvrir la notion de famille.

- « Si tu as le moindre problème, tu m'appelles. » ajouta Derek à l'égard d'Isaac.

Lahey sourit, remerciant silencieusement son Alpha. Lorsque Derek fit un signe de tête à Stiles pour l'inciter à lui emboîter le pas, le jeune étudiant voulut résister bien que l'idée de suivre le loup-garou soit tentante. Voyant qu'il ne réagissait pas, le lycanthrope attrapa Stiles par le poignet pour l'entraîner hors de la chambre. Cette soudaine proximité avec son aîné affola le rythme cardiaque du jeune Stilinski. Bien sûr, Hale le remarqua immédiatement et fit retomber la main du jeune humain aussi rapidement qu'il l'avait saisie.

C'était fou.

C'était comme si le simple contact de leurs peaux les électrisait. Les brûlait. Les consumait.

Pour Derek Hale, la pire sorte d'aconit qu'il existait dans ce monde portait le doux nom de Stilinski.

Stiles osa lever les yeux vers son aîné, tout en se massant le poignet. Derek regardait l'étudiant d'un air sévère mais Stiles connaissait assez bien le lycanthrope pour percevoir la gêne qui flottait dans ses pupilles azures. Le jeune humain referma la porte de la chambre de Rebekah derrière lui puis s'empressa de prendre la direction de son dortoir d'un pas rapide, bientôt suivi par un Derek plus silencieux et austère qu'à son habitude.

# # #

- « Scott... » souffla Rebekah.

La jeune femme était assise sur le bord de son lit et elle observait le lycanthrope faire les cent pas dans la minuscule chambre.

- « Tu me files le tournis. »

Scott s'arrêta enfin et lui lança le regard le plus doux qu'il avait à son répertoire. Rebekah fondit instantanément. Son cœur loupa un battement, puis deux. Et elle baissa les yeux pour qu'il ne remarque pas ses joues rougissantes.

- « Tu sais... » avoua-t-elle. « On peut faire croire aux autres que tu m'as tout raconté. Je n'ai pas besoin de savoir. Tu l'as dit toi même. »

Sans même qu'elle ne s'en rende compte, Scott était arrivé près d'elle et s'était assis sur le lit. McCall avait conservé une distance respectable même si toute son âme lui hurlait de la blottir entre ses bras à tout jamais. Il avait ce besoin cuisant de la protéger. Pourtant, il ne connaissait quasiment rien d'elle. Chaque jour, il découvrait une nouvelle facette de sa personnalité. Chaque jour, il l'adorait un peu plus.

- « En fait, je crois que Derek et Stiles ont raison. Tu dois savoir. (…) C'est juste que j'appréhende ta réaction. Je ne sais pas comment te le dire. »

- « Dis-le, c'est tout. » lança la jeune femme en haussant les épaules.

Scott ne put s'empêcher de ricaner. Tout était plus simple dans le monde de Rebekah. Dans l'univers de Scott McCall, par contre, les neurones s'échauffaient et cherchaient une façon humaine d'annoncer qu'il était un loup-garou. Percevant la gêne et l'angoisse de Scott, Rebekah lui donna un léger coup d'épaule comme pour l'encourager à parler.

- « Je ne vais pas m'enfuir en un claquement de doigts lorsque tu auras parlé. Je serais toujours là. Tu n'as pas à être effrayé. Je ne vais pas bouger. (…) Il n'y a rien que tu puisses me dire qui me donne l'envie de te fuir. »

Elle était merveilleuse. Comment était-elle capable de laisser éclater ses sentiments au grand jour sans la moindre gêne ? Elle parlait, avouait, clamait. Scott restait pétrifié de la voir si sincère.

- « Je... » commença-t-il.

'Dis-le, c'est tout.' Ces quelques mots tournaient en boucle dans le cerveau de McCall. Il n'avait qu'à énoncer les faits. Il expliquerait après. Il donnerait des détails. Il répondrait à la flopée de questions qu'elle aurait.

'Dis-le, c'est tout.'

- « Tu vas sans doute me prendre pour un fou, pour un drogué, pour un imbécile ou pour les trois à la fois mais... »

'Dis-le, c'est tout.'

- « Je suis un loup-garou. »

Il voulut rattraper ses mots à la seconde où ils sortirent d'entre ses lèvres. Mais les mots filaient déjà, frappant son interlocutrice au visage comme la plus violente des gifles. N'importe quelle personne censée aurait éclaté de rire en entendant une telle nouvelle. Aucun humain normal ne croyait aux loups-garous.

Décidément, Rebekah n'était pas une personne comme les autres. Scott sentit le cœur de la jeune femme entamer une course folle dans sa cage thoracique. Pourtant, le visage de la blonde resta impassible et elle demanda avec simplicité :

- « Montre-moi. »

# # #

- « J'ai envie de te péter la gueule, Derek. »

Le lycanthrope roula des yeux et soupira longuement en voyant Stilinski faire les cent pas dans la minuscule pièce, les poings serrés.

- « Je te jure que si tu n'étais pas aussi costaud, aussi rapide, aussi... aussi poilu quand tu t'énerves... Je... Je t'aurais refait ta jolie mâchoire. »

Nouveau roulement oculaire de la part de l'Alpha. Avant d'annoncer la vérité, Derek savait très bien que Stiles lui en voudrait. Il s'était même attendu à une réaction bien plus violente de la part de l'humain. Il avait imaginé les insultes fuser et les poings de Stiles chercher quelque chose à démolir. Là, l'étudiant, malgré une certaine agressivité, restait plutôt modéré dans son attitude.

Stiles cessa de marcher et resta un long moment dos à Derek, silencieux, les poings toujours aussi serrés. L'humain n'en menait pas large. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine et il se mordait férocement la lèvre inférieure pour ne pas se mettre à pleurer devant l'Alpha. Il cherchait par tous les moyens à conserver une certaine contenance. Lorsqu'il se retourna enfin vers l'imposant Hale, les yeux larmoyants de Stiles devinrent une aigre réalité. Derek fit instinctivement un pas en avant mais n'osa pas offrir sa tendresse. Il en était tout bonnement incapable. Tendresse et réconfort ne rimaient pas avec Derek Hale.

- « Comment vous avez pu faire ça ? Comment vous avez pu me... nous faire ça ? »

- « Stiles... » commença Derek, se risquant à faire un nouveau pas en avant. « Au fond de toi, tu sais très bien pourquoi on l'a fait. »

- « Franchement, arrête de dire des conneries, Hale ! Tu vas me sortir le bon vieux refrain du 'C'était pour te protéger ?' Je m'en fous d'être protégé. Tu comprends ? Arrêtez de me prendre pour un gosse. »

Derek savait que Stiles avait raison. Qu'il était temps d'arrêter de le prendre pour un gamin. Stilinski les avait tiré d'affaire très souvent, et il était sans nul doute l'étudiant le plus mature de toute sa génération. Pourtant, jamais Derek ne serait capable de voir Stiles autrement que comme LA personne à épargner. LA personne à protéger.

- « Honnêtement, je ne comprends pas comment vous avez pu... Scott est censé être mon meilleur ami et toi, tu es... Je ne comprends pas. »

Derek jeta un coup d'œil à l'horloge de la chambre de Stiles et soupira.

- « C'est bientôt l'heure du couvre-feu. Je vais y aller. Rejoindre Isaac. Te laisser digérer ça. » avoua-t-il, d'une voix froide.

Le lycanthrope se dirigea jusqu'à la porte du minuscule dortoir mais fut bien rapidement rattrapé par Stiles qui lui bloqua le passage en se collant à la porte. Derek tenta de lui lancer un regard dissuasif pour l'inciter à le laisser passer, mais pour une fois, l'humain était bien plus convaincant.

- « Ne me laisse pas. » souffla Stiles avec toute l'impulsivité dont il pouvait faire preuve. « Si tu dois me protéger, fais-le jusqu'au bout. Ne me laisse pas. Ne me laisse jamais. »

Apparemment, être l'ami de Rebekah avait déteint sur lui. Voilà qu'il parlait comme elle, laissait tournoyer ses pensées sans aucune gêne. Derek ressentit chacun de ces mots glisser sur sa peau. Il se retint de respirer toute la durée de la sentence.

- « Le couvre-feu, Stiles. Si le gardien me trouve ici, je suis foutu. »

- « Alors je viens à l'hôtel avec toi. »

- « Non... »

Stiles fronça les sourcils, ne comprenant pas pourquoi Derek refusait qu'il l'accompagne.

- « Si tu quittes le dortoir, cela pourrait attirer les soupçons sur toi. »

- « C'est à dire ? »

- « C'est à dire que les flics sont à la recherche du moindre indice, du moindre comportement suspect. (…) Ce n'est pas parce que tu as un minois adorable qu'ils ne vont pas enquêter sur toi. »

Les yeux rougis de Stiles s'effacèrent bien vite lorsqu'il entendit les paroles de l'Alpha. Il resta un long moment à regarder son aîné et un sourire se dessina enfin sur ses lèvres.

- « Je te déteste. » chuchota le jeune humain.

- « Je sais. » répondit simplement le lycanthrope.

D'un geste sûr et presque affectueux, Derek poussa Stiles sur le côté et ouvrit la porte de la chambre. L'étudiant ne protesta pas et se dégagea du chemin, enfonçant ses mains dans les poches de son jean. Il attendit que Derek se retourne. Derek se retournait toujours avant de partir. Il aimait avoir le dernier mot. Ou bien il aimait juste porter un dernier regard sur son protégé.

Cette fois-ci ne fut pas l'exception à la règle. Derek se retourna et entrouvrit les lèvres. Il fut pourtant interrompu par Stiles qui parla à sa place :

- « Tu vas me dire qu'il ne faut pas que j'hésite à t'appeler si jamais j'ai un problème, c'est ça ? » se moqua l'étudiant.

- « Si tu as un problème, je le saurais bien avant que tu sortes ton téléphone. Je le sens, quand tu es en danger. »

Le son de la voix de Derek ne pouvait pas être plus sérieux et franc. Stiles hocha simplement la tête, troublé par ces paroles.

- « Je voulais juste te dire que parler à ton père a été l'une des décisions les plus difficiles à prendre dans ma vie. (…) J'aurais voulu que tu sois celui qui lui annonce l'existence des loups-garous. Je suis désolé de t'avoir volé ce moment. Tu as le droit de me détester. Scott me déteste parce que je l'ai embarqué là-dedans. Et je me déteste moi-même pour ça. (…) Je te promets que l'on n'avait pas le choix. »

- « Je sais, Derek. » lança simplement la voix douce de Stiles.

L'étudiant aurait pu se moquer de Derek parce qu'en quelques secondes, il venait de parler plus qu'au cours des deux derniers mois. Pourtant, Stiles resta silencieux et lui accorda un sourire débonnaire. Malgré tout ce qu'il avait pu dire, il ne détestait pas Hale. Au contraire. Il ne comprendrait peut-être jamais pourquoi Derek avait osé tout avouer à son père. Ils se disputeraient peut-être à ce sujet pour les années à venir. Mais jamais Stiles ne détesterait réellement Derek Hale.

- « Va dormir, maintenant. » souffla Stiles.

Il regarda Derek s'éloigner dans le couloir, referma enfin la porte de sa chambre universitaire et se laissa glisser le long du mur glacial, sa tête se retrouvant très vite entre ses mains, les larmes tant réprimées descendant désormais en cascade sur ses joues pâles.

# # #

La main de la jeune femme était posée sur la joue de Scott dont le visage était toujours transformé. Il avait eu un mal fou à montrer cette facette de lui. Il ne voulait pas que Rebekah prenne peur. Il ne voulait pas qu'elle s'évapore de son univers à tout jamais. Tout ce qu'il désirait, c'est qu'elle conserve cette part d'innocence qui le séduisait depuis le premier jour. Pourtant, il avait fini par se transformer face à elle. C'était une mise à nu. Sans détours. Sans fioritures. Un strip-tease de l'âme.

L'étudiante n'avait pas frémit un seul instant. Elle avait observé le visage de Scott changer et elle avait gardé le même regard bienveillant sur son ami. Rebekah avait ensuite approché sa main pour rassurer le jeune lycanthrope. Désormais, les doigts de la jeune femme glissait sur la mâchoire de McCall avec douceur et habileté. Le brun ne s'était pas attendu à autant de calme de la part de son amie. Il avait l'impression que ce qu'il venait d'annoncer était tout à fait naturel.

- « Tu es une belle personne. » susurra Rebekah, comme si elle comprenait que dans la tête de Scott, les doutes faisaient rage.

Peu à peu, le visage du lycanthrope reprit apparence humaine et Rebekah laissa retomber sa main. Le compliment que venait de lui faire la jeune femme le touchait plus que n'importe quel autre compliment. Parfois, Scott se sentait comme un monstre. Certains jours, il ne supportait plus ce qu'il était. Là, avec les mots délicats de son amie, il était prêt à porter ce poids sur ses épaules.

- « Rien n'a changé, Scott McCall. » lança l'étudiante, un sourire taquin sur le visage.

- « Tu ne peux pas dire ça... » répondit Scott, les yeux baissés sur la main de Rebekah qu'il crevait d'envie d'attraper. « Tout a changé. »

- « Tandis que tu te transformais, je m'accrochais à tes yeux. Eux, ils ne changent pas. (…) Je te regardais droit dans les yeux et j'avais confiance. »

Chaque mot prononcé par Rebekah résonnait dans la cage thoracique de McCall. Il aurait voulu être plus fort face à elle. Malheureusement, une larme ne tarda pas à rouler sur sa joue. Larme qui fut attrapée au vol par les doigts glacés d'émotion de son interlocutrice.

- « Tu dois te rendre à l'hôtel. Tu sais bien que si Forrester ou les policiers te trouvent dans ma chambre, tu risques gros. »

- « J'ai tellement de choses à te raconter. » soupira-t-il.

- « Il fera jour demain, paraît-il. Et je n'aurais pas disparu. Je t'attendrai et j'écouterai tout ce que tu veux me dire. (…) Pour l'instant, ne prend pas de risques inutiles, et file à l'hôtel. »

Comme toujours, Rebekah avait raison.

Avant de sortir de la chambre, Scott se retourna une dernière fois et lança :

- « Je ne t'ai jamais demandé ton nom de famille. »

- « Pourquoi ça t'intéresse ? » riposta la jeune femme, visiblement perturbée par cette drôle d'interrogation.

- « Tout à l'heure, tu m'as appelé par mon nom complet. J'aimerais juste savoir le tien. Je suis plus curieux que tu ne l'es. »

Rebekah lui adressa un maigre sourire et se passa la main dans la nuque, apparemment gênée. Elle ne comprenait pas pourquoi cette information semblait avoir de l'importance maintenant. Tout en regardant Scott d'un drôle d'air, la jeune femme haussa légèrement les épaules et finit par répondre d'une petite voix :

- « LaRose. Rebekah LaRose. »

Un air triomphant s'installa sur le visage de Scott. Il fit demi-tour et s'approcha à nouveau de la blonde. Il déposa un baiser sur sa joue pâle qui rougit instantanément sous cet assaut.

- « Tu es merveilleuse, Rebekah LaRose. » murmura-t-il à son oreille, d'une voix rauque et enivrante.

Il reprit le chemin de la sortie et se retourna encore une fois, les yeux malicieux.

- « Ça fait plus d'effet quand le nom est prononcé en entier, non ?! » taquina-t-il.

Rebekah resta silencieuse et le regarda sortir de la pièce, les yeux brillants. Elle songea un instant à le retenir et le faire prisonnier de ces quatre murs.

Scott McCall avait raison. Entendre son nom ainsi susurré la rendait un peu plus folle qu'elle ne l'était déjà.

# # #

- « Stiles ! » lança la voix joyeuse du Shérif lorsqu'il décrocha son téléphone.

- « Salut Papa. »

Le ton monotone et angoissé de Stiles ne passa pas inaperçu. A l'autre bout du fil, le Shérif Stilinski baissa les yeux et poussa doucement le verre de whisky qu'il était en train de boire dans le salon.

- « Qu'est-ce qu'il se passe, fiston ? »

L'étudiant ne réussit pas à contenir plus longtemps les sanglots qui menaçaient d'éclater. La voix tremblotante, il avoua à son père :

- « Je suis désolé, P'pa. Je... Tout ça c'est de ma faute. J'aurais du t'en parler plus tôt, j'aurais du... »

- « Oh... » répondit simplement le Shérif face à la détresse de son fils, comprenant enfin ce qui lui valait cet étrange appel. « Stiles... » continua-t-il. « Tu n'as pas à t'en vouloir pour ça. Je comprends beaucoup de choses maintenant. »

- « J'aurais du être celui qui t'annonce ça. Pas Derek. Pas Scott. Moi, ton fils. »

- « Ce qui est fait est fait. L'important, c'est que tu sois en sécurité à Washington. Loin de Beacon Hills. »

Stiles garda pour lui le meurtre qui venait d'avoir lieu à l'université. Il ne voulait pas alarmer son père. Il savait que le Shérif était capable de tout plaquer pour venir rejoindre son fils et le protéger. Le père était aussi impulsif que le fils. Aussi aimant et généreux. Aussi volcanique et héroïque.

- « Derek et Scott savaient très bien que si je n'étais pas dans la confidence, tu aurais fini par savoir qu'il y avait des meurtres à Beacon Hills. Et si... »

- « Et si j'avais su qu'il y avait des meurtres à Beacon Hills, j'aurais sauté dans la Jeep pour rentrer au bercail. »

- « Exactement. » admit le Shérif d'une voix douce. « Et tu aurais foutu ton année universitaire en l'air. Personne ne veut ça. Tout le monde veut que tu aies une vie normale. Derek et Scott les premiers. Ne leur en veut pas pour m'avoir tout raconté. Il fallait bien que je sois au courant un jour ou l'autre. »

Le jeune humain resta longuement silencieux, analysant la voix calme et posée de son père. Apparemment, il avait eu le temps de digérer cette vague de surnaturel. Cela rassurait un peu Stiles dont la boule de larmes coincée dans sa gorge se dissipait peu à peu. Malheureusement, lorsque son père reprit la parole, l'angoisse refit son apparition, plus violente encore :

- « Derek tenait vraiment à ce que tu ne sois pas au courant de ce qu'il se passe à Beacon Hills. Je... Scott n'a pas su tenir sa langue, c'est ça ? »

A nouveau, le silence fendit la conversation. Stiles aurait voulu mentir à son père un peu plus longtemps. Pourtant, l'étudiant décida qu'il en avait fini avec les mensonges. Alors il expliqua. Il parla de Dani. Et de Calvin. Du triskele sur le bras du cadavre. De Scott, Derek et Isaac s'installant à Washington. Le Shérif était resté silencieux à l'autre bout du fil. Il voulait faire confiance à son fils. Faire confiance à Scott. Même à Isaac. Mais il restait toujours Derek Hale. Le Shérif n'était pas sûr d'être capable de faire confiance à cet homme, un jour.

- « D'accord. » répondit simplement le père de Stiles.

- « Tu es fâché. » constata Stilinski Jr.

- « Non. Juste inquiet. » soupira le Shérif. « Je ne peux pas... Je ne peux plus t'empêcher de vivre ta vie comme tu l'entends. Je sais que ta vie est là-bas, désormais. Mais... Promet-moi de ne pas prendre de risques inconsidérés. »

- « Tu me connais... » se moqua Stiles, réussissant enfin à sourire légèrement.

- « Justement, Stiles. Je ne te connais que trop bien. Je dois te rappeler que tu es mon fils ? »

- « Pas la peine... La tâche de naissance que j'ai au dessus du genou droit me le rappelle tous les jours. »

- « Ne te plains pas... Cette tâche de naissance est une véritable fierté chez les Stilinski. »

Dans sa chambre étudiante, Stiles secoua la tête et ne put s'empêcher de se mettre à rire. Inconsciemment, il remonta son pantalon sur sa jambe droite jusqu'à voir la fameuse tâche de naissance rosée. Pour la première fois, il constata avec amusement que cette tâche ressemblait fortement à un quartier de lune. Il haussa les épaules et ajouta à l'égard de son père :

- « Derek n'a pas voulu m'expliquer en détail pour les deux meurtres qui ont eu lieu à Beacon Hills... Tu ne voudrais pas le faire, toi ? »

- « Tu veux que ton vieux père finisse égorgé par l'autre loup lunatique ? » riposta le Shérif.

- « Derek n'est pas aussi méchant qu'il en a l'air. »

- « Peut-être. »

- « Papa ! Tu peux avoir confiance en Derek. »

- « Tu as confiance en lui ? Autant qu'en Scott ? »

Cette question mit mal à l'aise le jeune humain, qui commença à se mordiller férocement la lèvre inférieure. Pendant de longues secondes, il réfléchit à la réponse adaptée.

- « Ils font tous les deux des erreurs. J'en fais aussi. Mais, si tu veux vraiment le savoir, je mettrais ma vie entre les mains de Derek sans même hésiter. »

Les joues de l'étudiant rougirent lorsqu'il s'entendit parler. Ses propres paroles le mettaient mal à l'aise. Stiles n'en revenait pas de parler ainsi de Derek. Pourtant, c'était exactement ce qu'il ressentait. Il avait une confiance aveugle en ce loup solitaire.

- « Le premier meurtre a eu lieu il y a quatre mois. » avoua enfin le Shérif. « Une jeune étudiante de l'université de Beacon Hills. Sur son bras était dessiné un... »

- « Un triskele. » l'interrompit immédiatement Stiles.

- « Non, pas un triskele. Il s'agissait d'un autre symbole, en fait. Une sorte de 'S' encerclé. »

- « Un 'S' ? » répéta machinalement Stiles. « Derek t'a expliqué ce que ça signifie ? »

- « Apparemment, Derek ne connaît absolument pas ce symbole. C'est pourquoi le premier meurtre ne l'a pas vraiment alarmé. Il a cru que c'était un meurtre sans lien avec les loups-garous. »

- « Et le deuxième meurtre, alors ? »

- « Une nouvelle étudiante de l'université, il y a deux mois à peine. Par contre, le symbole dessiné sur son bras, Derek, Scott et Isaac le connaissaient. Une sorte de spirale qui représenterait la... »

- « La revanche. » compléta le jeune étudiant. « Je ne comprends pas. (…) Qu'est-ce que tout cela signifie ? Pourquoi les meurtres se déplacent à Washington ? Ça n'a aucun sens. »

- « Il se fait tard, Stiles. Tu as cours demain. Tu y réfléchiras plus tard. »

- « Un psychopathe revanchard se trimbale dans la ville où étudie ton fils et toi, tu lui conseilles d'aller tranquillement se coucher ? »

- « Personne ne peut rien faire de plus, Stiles. J'ai l'impression que le meurtrier laisse volontairement des indices à travers ses meurtres. »

Le Shérif avait raison. Bien sûr, Stiles avait remarqué que les meurtres se déroulaient tous les deux mois. Il se demandait d'ailleurs pourquoi il en était ainsi. Était-ce une sorte de rituel ? Le chiffre deux avait-il une quelconque signification ?

- « Alors quoi ? On attend patiemment deux mois que quelqu'un se fasse tuer pour avoir le prochain indice ? »

- « Malheureusement, on n'a pas vraiment d'autres choix. On va tous continuer à chercher de notre côté, mais crois-moi, on manque cruellement de preuves et d'indices. »

L'étudiant soupira et s'allongea violemment sur son lit. Ce fut en cet instant précis qu'il se rendit compte que toute son angoisse s'était dissipée grâce à cette conversation avec son père. Le son de voix du Shérif l'apaisait et lui donnait l'impression d'être chez lui. Malgré ce qu'avait dit son paternel, la maison de Stiles serait toujours Beacon Hills. Son véritable chez-lui serait toujours là où son adorable père vivait.

- « Merci P'pa. » souffla Stiles.

- « Pourquoi ? »

- « Pour réagir comme ça. De ne pas essayer de me faire revenir près de toi et m'enfermer dans un placard à balais pour qu'il ne m'arrive jamais rien. »

- « Tu as trop lu Harry Potter, Stiles. Les placards à balais, c'est démodé. »

Enlacer un téléphone ne servait à rien. Pourtant, Stiles en crevait d'envie. Juste pour se sentir encore un peu plus près de son père.

# # #

Le lendemain matin, lorsque Rebekah gratta à la porte de Stiles, elle présentait un magnifique sourire lumineux sur les lèvres. Quant à son meilleur ami, de longues cernes se dessinaient sous ses yeux. Stilinski avait eu un mal fou à trouver le sommeil. Il avait passé une bonne partie de la nuit à échanger des textos avec Scott. Dans un premier temps, l'humain avait tenté d'être froid envers McCall. Pourtant, Stiles n'avait pas résisté longtemps aux excuses de son meilleur ami. Ensuite, ils avaient échangé des théories sur les symboles, sur les meurtres,... Scott avait fini par s'écrouler de fatigue tandis que les deux yeux noisettes de Stiles restaient grands ouverts. Il avait enfin reçu un texto de Derek lui intimant de dormir. L'étudiant ne savait pas comment l'Alpha avait réussi à savoir qu'il ne trouvait pas le sommeil. Il avait décidé de ne pas se poser la question. Il avait simplement fermé les yeux et avait obéit.

- « Tu as une tête de déterré, Stiles. » se moqua Rebekah, un fin sourire taquin au coin des lèvres.

- « Merci, Rebekah. Tu as décidément toujours le mot pour me faire plaisir de bon matin. »

Rebekah claqua une bise sur la joue de son ami et l'attrapa par le bras pour l'entraîner vers l'université. Ils croisèrent quelques visages fermés, encore sous le choc de l'assassinat de Calvin. Comme la veille, ils aperçurent au loin Dani Hartell, qui semblait un peu plus fatiguée encore, pourtant cachée par ses grosses lunettes noires. L'ambiance à Georgetown était pesante, bien loin de l'innocence des premiers mois.

Les deux jeunes gens s'installèrent sans un mot au milieu de l'amphithéâtre et en attendant que le cours commence, Rebekah incita Stiles à poser sa tête sur son épaule pour qu'il puisse se détendre un peu. L'étudiant ne se fit pas prier et ferma les yeux quelques secondes. Il aurait pu demander à Rebekah comment elle se sentait après l'annonce de Scott. Cependant, McCall avait déjà raconté à Stiles la réaction de la jeune femme en long, en large et en travers. Puis, au vu du sourire qui illuminait le visage pâle de son amie, Rebekah paraissait étonnamment sereine.

En réalité, une autre question taraudait le pauvre Stiles. Il ne réussit pas à la contenir très longtemps.

- « Il se passe quoi entre Scott et toi ? » demanda-t-il, plus agressif qu'il ne le désirait.

Le visage de Rebekah se referma immédiatement et elle donna un coup d'épaule pour faire tomber la tête de Stiles. Ce dernier protesta face à cette soudaine violence puis croisa ses bras sur sa poitrine, attendant une réponse de la part de la jeune femme.

- « Il se passe quoi entre Derek et toi ? » contre-attaqua Rebekah, un air de défi sur le visage.

- « N'essaie pas de changer de sujet. » se braqua l'étudiant, faisant les yeux noirs à son amie.

- « Toi non plus. »

Ils restèrent un long moment à se regarder durement. Se rendant enfin compte du ridicule de la situation, ils éclatèrent de rire. Rebekah donna une tape dans le dos de Stiles qui riposta bien vite en tirant la langue à la jeune femme. Ils furent interrompu dans leurs gamineries lorsque leur professeur pénétra dans l'amphithéâtre. Le cours commença mais Stiles se pencha vers Rebekah et lui souffla d'un air on ne peut plus sérieux :

- « Scott est comme mon frère. Mais ne tombe pas amoureuse de lui. Tout serait bien trop compliqué. »

'Trop tard' faillit répondre Rebekah. Au lieu de ça, elle fit semblant d'acquiescer aux propos de son meilleur ami.

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- « Donc on va vraiment attendre deux mois que quelqu'un d'autre meurt ? » s'indigna Stiles en lançant un regard noir à l'Alpha qui restait les bras croisés assis sur le banc alors que tous les autres étaient assis dans l'herbe. « Et tu ne veux pas t'asseoir par terre comme tout le monde ? » râla l'étudiant.

- « Tu m'emmerdes, Stiles. »

Pourtant, Derek finit par rejoindre les autres sur la pelouse du parc du campus. Isaac, Scott et Rebekah se mordirent fortement la lèvre inférieure pour ne pas pouffer de rire. Stiles tenta d'ignorer les regards entendus de ses amis et prit un air fier lorsqu'il vit Derek poser son postérieur à ses côtés.

- « T'es content ? » pesta le lycanthrope.

Stiles hocha vivement la tête et cette fois, les trois autres explosèrent de rire sous le regard agacé de l'Alpha. Soudain, Derek montra Rebekah du doigt avec une certaine violence, ce qui la fit sursauter. La main de Scott se glissa dans le dos de cette dernière pour la rassurer. Stiles baissa les yeux et soupira doucement. Il savait que si Scott et Rebekah s'entichaient l'un de l'autre, tout deviendrait encore plus compliqué que ça ne l'était déjà.

- « Scott t'a tout raconté ? » questionna Derek.

- « Oui. Isaac et lui ont fini de me raconter ce midi. » osa timidement la demoiselle.

Isaac accorda un clin d'œil bienveillant à la jeune femme pour l'encourager à ne pas être effrayée par les sautes d'humeur de Derek. Hale était impressionnant quand il le voulait, mais jamais il n'aurait osé faire de mal à une personne aussi appréciée au sein de la meute que Rebekah.

- « Tu as intérêt de tenir ta langue. » intima l'Alpha d'une voix dure et autoritaire.

- « C'est bon, Derek. Tu n'es pas obligé de la menacer comme ça. » renchérit Scott, ne supportant pas le ton qu'employait l'Alpha avec cette fille qu'il adorait tant.

Derek resta un long moment à regarder Rebekah les sourcils froncés puis enfin, son visage se détendit et il hocha doucement la tête. Hale n'était pas certain de faire confiance à cette fille. D'ailleurs, il ne faisait encore confiance à personne. Il avait perdu cette qualité des années auparavant. Personne n'avait réussi à gagner sa confiance depuis.

- « J'ai réfléchi à quelque chose... »

La douce voix de Rebekah fit virevolter les pupilles jusqu'à son visage poupin. Les joues rougissantes, elle prit une longue inspiration avant d'annoncer :

- « Vous n'avez vraiment aucune idée de ce que peut-être ce 'S' encerclé qui a été dessiné sur le premier corps ? »

Les trois lycanthropes et Stiles secouèrent négativement la tête. Ils avaient cherché longuement ce que cela pouvait signifier. Ils s'étaient creusés la tête mais n'avaient rien trouvé de concluant.

- « Et s'il s'agissait de l'initiale d'un nom ? »

- « Genre, Snoop Dogg ? » se moqua Stiles, ce qui lui valut un regard noir de la part de sa meilleure amie.

- « Ou Sakura ! » ricana Scott.

Isaac Lahey se marrait comme un idiot en entendant les inepties des deux compères. Ils n'en loupaient pas une pour faire les pitres. Même dans les situations les plus perturbantes.

Quant à Derek et Rebekah, ils ne riaient pas. Ils se regardaient droit dans les yeux avec gravité. L'Alpha avait comprit où voulait en venir la jeune femme. Tout doucement, entre les rires des trois gamins, il lança :

- « Ou Stiles. »

Les trois amis cessèrent immédiatement de s'esclaffer. Bien vite, Rebekah ajouta avec une certaine tristesse dans la voix :

- « Ou Scott. »

Les cinq jeunes gens restèrent silencieux après cette révélation. Derek adressa un sourire bienveillant mais mélancolique à Rebekah. Grâce à elle, ils venaient de faire un pas de géant.

- « Comment on a pu ne pas penser à ça ? » grommela Stiles.

- « Et tu penses que ça voudrait dire quoi ? » demanda McCall à l'intention de Rebekah qui jouait désormais nerveusement avec ses doigts.

- « Si tu associes la spirale et le triskele, cela pourrait vouloir signifier qu'un ou plusieurs loups-garous cherchent à se venger. Peut-être qu'ils cherchent à faire porter le chapeau soit à Scott, soit à Stiles. (…) J'en sais rien, en fait. Ce sont juste des paroles en l'air. »

Un frisson parcourut l'échine de chacun d'entre eux. L'angoisse était palpable. Rebekah s'en voulait presque d'avoir émis cette théorie. Elle sentait que désormais, tout le monde était un peu plus tourmenté.

Après de longues minutes, Isaac osa enfin rompre le silence :

- « Et ils voudraient se venger de quoi ? »

- « Moi, je n'ai rien fait de mal ! » se justifia Stiles en levant les mains en l'air, ce qui réussit à faire sourire Lahey.

- « Je pense que les symboles nous livrent un message. Il va vraiment falloir attendre le prochain meurtre pour que nous sachions de quoi ce ou ces loups-garous veulent se venger. » lança nonchalamment Derek.

- « Et tu es d'accord avec ça ? » demanda violemment Stiles qui n'en revenait pas du ton détaché qu'empruntait Derek.

- « Avec quoi ? »

- « Avec le fait de laisser mourir un autre innocent ? »

- « Parce que tu crois qu'on a le choix, Stiles ? Tu crois que ça m'amuse que chaque fois qu'on se sort d'une histoire, une autre nous tombe dessus ? Non, ça ne m'amuse pas. J'aimerais bien avoir la paix, pour une fois. Mais c'est impossible ! »

Derek s'était brutalement relevé et des flammes rouges s'étaient mises à danser dans ses pupilles azures. A son tour, Stiles se leva et attrapa le poignet du lycanthrope.

- « Calme-toi... » souffla l'étudiant à l'égard d l'Alpha. « Je vois bien que tu es fatigué. Et je sais que tu fais tout ton possible pour aider tout le monde. »

Les yeux de Derek reprirent leur teinte normale alors qu'Isaac, Scott et Rebekah observaient la scène qui était plutôt déconcertante. L'Alpha hocha doucement la tête mais Stiles ne relâcha pas le poignet de son aîné pour autant.

- « Laisse-moi t'aider. » susurra-t-il à nouveau. « Laisse-nous t'aider. (...) Tu veux toujours tout accomplir tout seul. Ça va finir par te tuer. (…) Je ne laisserais pas quelqu'un d'autre mourir juste parce que tu es fatigué. Parce que c'est ce qu'il se passe. Tu es exténué et tu baisses les armes. (…) Je t'admire Derek, mais il est temps que tu acceptes de l'aide. Il est temps que tu ranges ta fierté. Que tu aies confiance en nous comme on a confiance en toi. »

Derrière Stiles, Rebekah, Scott et Isaac s'étaient aussi relevés. La jeune femme avait sourit en entendant le discours de son meilleur ami. Elle était presque fière de l'entendre parler ainsi. Cela faisait plusieurs jours que Rebekah avait remarqué que Stiles avait évolué. Elle était persuadée d'y avoir contribué, ne serait-ce qu'un petit peu.

- « Scott, Isaac et moi, on peut porter ce poids avec toi. Tu n'as pas toujours besoin d'être seul. »

Scott et Isaac s'étaient avancés et ils posèrent chacun une main sur les épaules de Derek qui frissonna un peu à ce contact. Le sourire de Rebekah s'agrandit encore un peu plus. Elle comprenait enfin le sens du mot 'meute'.

Visiblement ému, Derek gardait les yeux baissés. Lorsqu'il les releva, Stiles lui accorda un doux sourire.

- « Tu te prends pour qui, Stilinski ? » lança l'Alpha d'un air mauvais.

Immédiatement, les mains de Scott et Isaac tombèrent des épaules de Derek, comme brûlées par le ton glacial de leur aîné. Quant à Stiles, il déglutit difficilement, ne s'attendant pas une seule seconde à cette réaction.

- « Arrête de jouer au héros. Tu crois que tes beaux discours vont m'émouvoir ? Je n'ai confiance en personne. Surtout pas en un humain insupportable dans ton genre. »

Stiles tenta de cacher son abattement en ricanant légèrement. Pourtant, les yeux du jeune humain s'étaient embués de larmes au fur et à mesure que Derek parlait.

- « D'accord. » lança simplement l'étudiant tandis que l'Alpha prenait la fuite à grandes enjambées sous les regards affligés de Scott, Isaac et Rebekah.

Personne ne comprenait Derek.

Personne n'avait jamais compris Derek.

Personne n'avait jamais pris le temps de comprendre qui était vraiment Derek.

Sauf Stiles.

Et il était là, le problème.

Stiles commençait à percevoir la lumière.

La lumière du cœur de Derek qui ne demandait qu'à briller chaque jour un peu plus encore.

Chaque fois que Stiles frôlait les photons de lumière du bout des doigts, le palpitant de Derek se refermait, laissant Stiles chaque fois plus orphelin.

Stiles s'approchait.

Derek fuyait. Parce qu'il savait qu'un jour, il ne serait plus capable de fuir.


Alors, vous détestez Derek d'avoir réagi ainsi, j'imagine ? Sinon, que pensez-vous de ce chapitre ? Quels sont vos passages préférés ?

N'hésitez pas à laisser vos petits commentaires trognons, comme toujours, vous savez comme j'aime ça !

A très vite, je vous embrasse fort !