Youplaboom mes cocos !
Vous devez vous demander ce que je fais là après tant de mois d'absence ! Mais je vous l'avais dit... Je ne veux pas abandonner cette histoire qui me tient trop à coeur. Pour tout vous dire, j'y pensais souvent et j'étais incapable d'écrire quoi que ce soit. Désespérant. Le fait est que j'avais toute l'histoire en tête mais que je n'arrivais pas à le mettre en forme.
Sinon, dans ma vie, il y a eu du nouveau. Je suis heureuse de vous annoncer que... Je suis maîtresse ! Mon rêve s'est enfin réalisé, j'ai eu mon concours avec d'excellentes notes en plus ! Je suis mutée dans le 35 près de Fougères pour ceux qui connaissent. J'ai hâte !
Malgré ces péripéties personnelles, j'ai fini par réussir à vous pondre à chapitre qui, je l'espère, va vous plaire. Vous y trouverez Andreas, le nouveau personnage, mais aussi un Stiles boudeur et un Derek plutôt décomplexé à certains points de vue. J'aime imaginer que Derek peut nous surprendre de mille et une façons.
Je vous embrasse, à très vite.
~ part four: bein' a fool
- « Oh putain ! » lança soudain Stiles en se faufilant derrière son meilleur ami.
Scott regarda furtivement autour de lui afin de comprendre de quoi pouvait bien se cacher Stilinski. Bien vite, McCall aperçut trois silhouettes s'avancer vers eux. Il s'agissait d'Isaac, Rebekah et... Oui, c'était bien Derek avec son habituel air boudeur en bandoulière. Il était facilement reconnaissable malgré son costume. En vérité, il passait presque inaperçu aux côtés du grand Lahey et de son accoutrement des plus extravagants. Isaac portait à merveille le déguisement du Chapelier Fou- aussi excentrique que l'avait été Johnny Depp - et Rebekah faisait une merveilleuse Alice – aussi douce et naïve que l'originale.
- « Tu ne vas pas passer la soirée derrière ma banane, j'espère ? » râla Scott à l'encontre de Stiles, conservant malgré tout un regard taquin. Le jeune lycanthrope passa une main dans sa perruque d'Elvis Presley, tout fier de représenter le King. « Tu sais qu'avec ce costume, tu vas avoir du mal à raser les murs ? »
Voir Stiles agir d'une manière aussi enfantine restait amusant et presque touchant. Depuis que Scott le connaissait, Stilinski, malgré ses comportements sociaux décalés, réussissait toujours à l'attendrir. Le charme de Stiles résidait en grande partie en ses agissements bizarres et insensés.
Le jeune humain soupira longuement et daigna enfin sortir la tête de sa cachette, gardant une moue bougonne sur le visage. Le déguisement qu'il portait rendait la situation encore plus cocasse. Affublé de lunettes triple foyer, d'un bonnet rayé blanc et rouge, tee-shirt assorti, pantalon bleu pétard et canne marron, il n'y avait aucun doute, n'importe qui était capable de dire « Où est Charlie ? » en ce moment.
- « Mais qu'est-ce qu'il fiche ici ? » marmonna l'étudiant en s'appuyant sur sa canne qui s'enfonça un peu dans la pelouse de la résidence des Oméga.
- « Stiles... ? Tu sais qu'il peut t'entendre de là où il est ? »
Les joues de Stiles rougirent sous le coup de cette réflexion, signe qu'il avait sans doute oublier que les sens sur-développés de Derek lui permettaient d'espionner la moindre conversation.
- « Ouais, ben... Je m'en tamponne le coquillard. Voir sa tête de loup battu me donne envie de rentrer direct à la cité U, de m'enfermer dans ma chambre et d'attendre tranquillement que le psychopathe qui rôde à Georgetown vienne me tuer dans mon sommeil. »
La vérité, c'était que Stiles ne s'en fichait pas le moins du monde. Au contraire, il y attachait peut-être même un peu trop d'importance. Le pied droit tapotant la pelouse et la bouche en cul de poule, Stilinski avait sa tête des mauvais jours. Il paraissait grincheux, presque hargneux, ce qui ne lui arrivait que très rarement. Pourtant, son meilleur ami savait que la venue de Derek à cette soirée réjouissait Stiles. Il ne pourrait bientôt plus le cacher derrière ses airs maussades.
- « Arrête de te plaindre. » lança Scott en filant un coup de poing dans l'épaule de son meilleur ami. « Et surtout, arrête de faire cette tronche si tu espères des excuses de sa part. »
- « Tu sais où il peut se les mettre ses excuses ? » grommela Stiles entre ses dents.
Enfin, les trois autres arrivèrent près d'eux. Un peu gênés par leurs costumes respectifs, ne sachant pas vraiment comment réagir, Scott, Isaac et Rebekah furent pris d'un fou rire tandis que Derek et Stiles restaient à se regarder avec animosité.
- « Tu es vraiment déguisé en ce que je pense que tu es déguisé ? » se moqua Stiles.
Cette interrogation un brin agressive coupa immédiatement l'envie de rire aux plaisantins. Derek leva les yeux au ciel comme à son habitude. Si ce déguisement n'était pas désagréable à porter, Hale se sentait pourtant incroyablement mal à l'aise. S'il avait pu, le lycanthrope aurait sans doute pris ses jambes à son cou et fuit la réalité qui tentait de l'étouffer en cet instant précis. Stiles se montrait très rancunier, les sourcils froncés et ses pupilles noisettes plus expressives qu'elles ne l'avaient jamais été. Toute cette situation avait le don de rendre Derek particulièrement nerveux. Il savait qu'il avait mal agi mais son égo (surdimensionné) l'empêchait de présenter de plates excuses. D'un geste nonchalant inhabituel, Hale pointa du doigt Rebekah et Isaac qui se mordaient l'intérieur des joues pour ne pas rire. « C'est leur faute. » semblait crier cet index dénonciateur.
- « Isaac et Rebekah t'ont forcé à t'habiller comme mon père, c'est ça ? (…) Franchement, c'est le truc le plus ridicule que j'ai pu voir dans ma courte vie. »
Derek leva à nouveau les yeux au ciel. Être vêtu d'un uniforme de Shérif – un peu trop serré au niveau de l'entrejambe d'ailleurs – ça ne l'enchantait guère. L'ancien délinquant déguisé en force de l'ordre, c'était tout simplement le monde à l'envers. Le regard que lui portait Stiles en ce moment ne faisait qu'accentuer le sentiment de honte qui envahissait le pauvre Alpha.
- « Il paraît que les femmes recherchent inconsciemment un homme qui ressemble à leur père. » commença Rebekah d'une voix douce mais moqueuse.
Cette fois, Stiles se tourna vers son amie, lui lançant un regard accusateur. Il espérait avoir mal entendu ce que venait de dire sa soit-disant amie.
- « Je dois vraiment te rappeler que je ne suis pas une femme ? » s'offusqua Stilinski, enfonçant un peu plus sa canne dans la pelouse sous l'énervement.
- « C'était une blague, Stiles ! » lança Rebekah avec un fin sourire masquant cependant un certain agacement vis-à-vis de l'attitude enfantine de son ami. « On pensait que ça te ferait marrer de le voir fringué comme ton père et que ça permettrait de désamorcer la situation. (…) Mais apparemment, vous êtes aussi bornés l'un que l'autre. Il a fait le premier pas en venant à cette soirée, et toi, tu agis comme un gamin. Tu sais quoi ? (…) Merde. Juste merde. »
Les pupilles de Stiles devinrent des billes lorsqu'il entendit les derniers mots de Rebekah. Il lança un regard de détresse à Isaac et Scott mais ceux-ci restaient les yeux plantés sur le sol. « Merde » devait être l'une des rares insultes à franchir les lèvres de la douce jeune femme si bien que chacun des garçons qui l'accompagnaient paraissait choqué par cette soudaine virulence.
- « On va boire un verre ? On est là pour ça, non ? » lança-t-elle à l'égard de Scott et Isaac qui s'empressèrent de la suivre lorsqu'elle pénétra dans la résidence des Oméga où la fête battait déjà son plein.
Stiles leva les yeux au ciel en constatant la lâcheté des deux jeunes lycanthropes qui suivaient Rebekah comme des toutous bien éduqués.
- « Grotesque... » souffla l'étudiant lorsque les trois autres s'effacèrent dans la foule.
Stiles évitait soigneusement le regard de Derek et n'était pas clairement prêt à l'affronter. Il comptait bien entrer dans le repère des Oméga et planter le loup-garou sur cette pelouse. Il sentait comme de l'électricité engourdir ses mains et savait que la situation pouvait dégénérer d'un instant à l'autre. Le jeune homme fit alors un pas en avant en grommelant. Il oublia que sa canne était enfoncée dans la pelouse et perdit donc l'équilibre. Maladroit comme il était, il se retrouva le nez contre un parterre de fleurs, grimaçant de douleur. Il remarqua tout de même Derek qui passait près de lui, un sourire narquois aux lèvres.
- « Pour être grotesque, c'est grotesque. »
La bouche de Stiles s'ouvrit en grand tandis que Derek faisait quelques pas pour entrer chez les Oméga.
- « Tu pourrais au moins m'aider à me lever. » râla l'étudiant toujours sur le sol.
Derek fit un pas en arrière, observa Stiles avec une moue dubitative.
- « Je ne sais pas... Tu es sûr de mériter mon aide ? » s'empressa de demander Hale.
- « Tu me fais chier. (…) Ok, je vais me débrouiller. J'ai sans doute une jambe cassée, mais je vais me relever. (…) Tout seul. (...) Comme un grand. »
L'Alpha leva les yeux au ciel en voyant Stiles tenter de se remettre debout. Ce gamin n'était qu'un idiot. Derek tendit finalement sa main vers l'étudiant qui l'attrapa bien vite pour éviter d'avoir l'air encore un peu plus ridicule. Une fois debout, Stiles maugréa un « merci » à peine audible et lança un regard plus doux à celui qui l'avait tant blessé quelques jours auparavant.
- « Ce costume est une grossière erreur. (…) Ma mère disait toujours que seul mon père peut rendre cet uniforme sexy. »
Une pointe de nostalgie berça la voix du jeune humain. Derek resta silencieux, préférant ne pas s'attirer encore une fois les foudres de Stiles.
- « Mais je dois avouer... Ça te va plutôt pas mal. (…) Par contre, je m'inquiète pour ta descendance. » se moqua Stiles en pointant du doigt l'entrejambe de Derek, compressée dans ce pantalon un peu trop saillant.
Cette fois, sans vraiment savoir pourquoi, ils éclatèrent de rire.
Le rire de la réconciliation.
# # #
- « Franchement, je ne vois pas l'intérêt du jacuzzi de bière. » souffla Rebekah à l'oreille de Scott. « Tu dois en ressortir tout collant, non ? »
Le jeune homme se mit à rire en entendant ce que disait son amie.
- « De toutes façons, tu as plutôt un penchant pour la fontaine géante de punch, non ? » répliqua-t-il en constatant que le verre de la demoiselle était déjà vide – pour la quatrième fois d'affilée.
Rebekah regarda son verre et hocha la tête, les joues déjà bien rouges tant elle avait bu vite.
- « Tu penses que j'irais en enfer si j'en bois un cinquième ? » lança-t-elle avec malice.
- « Sans aucun doute. » s'amusa-t-il.
- « Et tu viendrais en enfer avec moi ? Pour me protéger ? »
Elle lui fit ses yeux de chien battu, les papillonnages de cils en supplément. Scott lui tendit son verre de punch vide.
- « Ok, ramène-moi un autre verre. (…) Mais tu sais très bien que je ne serais jamais saoul, n'est-ce pas ? »
- « Je le sais. Mais tu peux toujours faire semblant de l'être. »
Rebekah partit en coup de vent, son rire clair s'envolant dans les airs. Chaque jour qui passait la rendait encore plus étonnante aux yeux de McCall. Yeux qui se retrouvèrent bien vite recouverts par deux mains glacées mais douces qu'il connaissait par cœur.
- « Dis-moi Elvis... » souffla la voix taquine d'Allison à l'oreille de son petit ami. « J'espère que tu n'as rien perdu de ton célèbre déhanché ? »
Le cœur de Scott manqua plusieurs battements. Il ne savait pas si c'était le bonheur de retrouver Allison qui lui faisait cet effet ou bien l'impression d'être pris en flagrant délit de tromperie. Après tout, Scott savait très bien qu'il jouait avec le feu à flirter avec Rebekah de la sorte. Car c'est ce qu'il faisait. Il flirtait sans gêne et sans retenue, laissant croire à la blonde que leur histoire était possible. En cet instant, Scott ne savait plus ce qui relevait du possible et de l'impossible. Il était perdu. Tout simplement perdu dans le tourbillon des sentiments.
Et voilà qu'Allison sortait de nulle part, aussi rayonnante qu'à son habitude, encore plus belle et désirable qu'elle ne l'avait jamais été. McCall s'en voulait presque de ne pas avoir senti son arrivée. Apparemment, même s'il n'était pas saoul, l'alcool semblait avoir un effet sur ses sens d'habitude si fins et fiables. Le jeune lycanthrope attrapa les mains de sa petite amie et feignit d'être heureux de la voir. Il était sans doute content mais l'image de Rebekah le quittant quelques secondes auparavant restait gravé dans sa mémoire.
- « Allison... » murmura-t-il, lui volant un maigre et timide baiser au passage. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »
Le jeune homme entrelaça leurs doigts et Allison enfonça son nez dans le cou offert de Scott.
- « Une longue histoire orchestrée par Lydia. » confia-t-elle. « Mais le plus important est que je sois près de toi, non ? »
- « Tout à fait ! (…) Je suis carrément content de te voir. Tu ne pouvais pas me faire une meilleure surprise. »
Scott avait toujours été un piètre comédien. Heureusement, Allison était trop obnubilée par le fait de retrouver son petit ami et ne semblait pas se rendre compte que les pensées de Scott étaient ailleurs.
- « J'ai imaginé que l'on pourrait s'éclipser de la soirée et se retrouver dans ta chambre d'hôtel, t'en penses quoi ? » susurra-t-elle à l'oreille du jeune lycanthrope. « Elvis et Lara Croft à l'hôtel, ça peut donner des idées, non ? »
La soudaine audace d'Allison laissa Scott de marbre. Il bredouilla quelque chose d'incompréhensible. Il n'avait même pas remarqué qu'elle était déguisée en Lara Croft. Il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas rentrer à l'hôtel et lui faire l'amour. Il en était incapable. La main d'Allison se glissait déjà sous la chemise du jeune homme, visiblement impatiente d'avoir de parfaites retrouvailles sous la couette. Scott se racla la gorge, déstabilisé par la situation qui se présentait à lui. S'il refusait la proposition de sa petite amie, celle-ci ne comprendrait sans doute pas pourquoi.
- « Je... »
- « Qu'est-ce qu'il ne va pas, Scott ? » demanda-t-elle, soudain inquiète.
- « Je... Tu as raison, allons-y. »
Il déposa un baiser sur les lèvres offertes d'Allison et ils s'en allèrent, main dans la main.
Il entendit une voix l'interpeller.
Scott ne se retourna pas.
# # #
Stiles se mangeait l'intérieur de la joue. Il avait quelque chose à dire mais était incapable de trouver les mots. Du coup, il grimaçait beaucoup, petite gymnastique faciale qui était censé lui donner le courage nécessaire pour entamer la conversation.
- « Qu'est-ce que t'as ? » demanda Derek, un brin agressif.
- « Euh... Moi ? Rien... Je... Pourquoi tu dis ça ? »
- « Tu n'arrêtes pas de te balancer d'un pied à l'autre, on dirait que t'as des vers. »
- « Et bien, Derek, tu es de plus en plus élégant, dis-moi. » railla Stiles en levant les yeux au ciel.
Le silence s'abattit à nouveau entre eux. Stiles souffla longuement. Cette situation commençait à devenir vraiment pesante.
- « Tu penses pas qu'on devrait parler ? » lança Stilinski, prenant tout le courage dont il disposait pour affronter le lycanthrope.
Derek entrouvrit les lèvres pour répondre mais fut vite interrompu par une véritable tornade rousse qui riait aux éclats et se trémoussait à leurs côtés de manière presque indécente. Instantanément, Stiles en oublia les beaux yeux bleus verts de Derek. Lorsque Lydia déboulait ainsi dans sa vie, ça valait toujours la peine de laisser son activité du moment en plan. Stiles ne mentait pas lorsqu'il avait dit qu'il aimerait toujours Lydia Martin. Il serait sans doute toujours un peu émoustillé lorsqu'elle porterait une mini-jupe fabriquée par une usine en pénurie de tissu.
- « Stiles! »
Lydia se pendit au cou de Stilinski et porta ses lèvres à sa joue rosie.
- « Tu n'aurais pas pu choisir un costume encore un peu moins sexy ? » se moqua-t-elle. « Toi, Derek, par contre, ça te fait de sacrés fesses, cet uniforme. »
Elle se pencha un peu pour observer le postérieur de Hale. Gêné, Derek s'adossa contre le mur et Stiles ne put réprimer une grimace.
- « Tu me fais danser ? » demanda la belle blonde vénitienne déguisée en Catwoman.
Stiles s'apprêtait à répondre mais se rendit bien vite compte que Lydia ne s'adressait pas à lui mais bel et bien à Derek. La Miss Martin n'avait jamais été proche du lycanthrope et voilà qu'elle lui proposait de danser. C'était ridicule. Comment pouvait-elle croire qu'Hale allait accepter une telle invitation ? Stiles leva un sourcil amusé, se pinçant les lèvres pour ne pas rire.
- « Alleeeeez ! » supplia Lydia. « Nos fesses sont faites pour danser ensemble ce soir, Derek Hale. (…) Puis tu risques rien. En dehors de Jackson, je porte une ceinture de chasteté. »
Derek affichait toujours son air renfrogné. Stiles le connaissait assez bien pour savoir que la gêne et l'angoisse était en train de le grignoter de l'intérieur.
- « On est censés discuter, de toutes façons, Derek. » précisa Stilinski, pensant ainsi le convaincre à décliner l'invitation.
Pourtant, il se passa quelque chose que Stiles n'aurait jamais imaginé. Derek attrapa la main de la jolie rousse et l'entraîna sur la piste de danse.
Cette fois, le visage de Stilinski fut défiguré par une grimace. Il n'en croyait pas ses yeux. Hale était vraiment prêt à tout pour éviter la discussion entre quatre yeux.
- « Sérieux ?! » hurla l'hyperactif à l'intention de Derek, tentant de couvrir la musique avec sa voix légèrement enrouée.
Constatant que le loup-garou ne se retournait pas, Stiles s'assit sur le premier canapé de libre.
- « Quel con... » grommela-t-il.
# # #
- « Scott ! » appela Rebekah lorsqu'elle le vit se diriger vers la sortie.
La jeune femme se frotta les yeux, pensant être déjà trop saoule pour reconnaître Scott. En tout cas, il avait disparu. Rebekah haussa les épaules. Il devait sûrement s'agir de quelqu'un d'autre. Elle finirait bien par retrouver Scott, elle en était persuadée.
- « Tiens ! » chanta l'étudiante en tendant un verre à un parfait inconnu. « J'ai perdu mon copain dans la foule alors c'est pour toi. (…) Tu as l'air gentil. (…) Les gens gentils ont le droit d'être saouls, eux aussi. »
Dans les secondes qui suivirent, Rebekah s'allongea sur le sol, de tout son long, comme les enfants font l'ange dans la neige. Elle ferma les yeux quelques instants, consciente qu'elle avait franchement exagéré sur l'alcool. Sur le chemin pour aller remplir leurs verres, elle en avait bu deux autres qu'elle avait volé à des gens déjà bien trop alcoolisés. Le jeune homme qui avait reçu le verre de punch fut intrigué par cette fille saoule qui prononçait des paroles à la fois bizarres et cohérentes. Il s'assit près d'elle.
- « Tu te rends compte que tu viens de t'allonger en plein milieu du salon ? » demanda-t-il, un fin sourire sur les lèvres.
- « Et mince ! Je croyais qu'on était dehors. (…) Je me disais bien que l'herbe était dure comme du parquet. »
Elle se redressa en rigolant, manqua de perdre l'équilibre et posa sa tête sur l'épaule de cet inconnu qui semblait si doux et aimable. Il ne rechigna pas et laissa la jeune femme se reposer sur lui. Rebekah leva un œil vers son nouveau compagnon d'infortune et fronça les sourcils.
- « Tes yeux sont si bleus. C'en est ridicule. » Le front du garçon se plissa en entendant une telle affirmation. Constatant qu'elle avait été maladroite, Rebekah rajouta : « C'est un compliment. »
- « Merci, j'imagine ? (...) Au fait, je m'appelle Andreas. On sait jamais, peut-être que tu veux mettre un nom sur la personne qui possède ces yeux ridiculement bleus. »
Rebekah ne prêta pas vraiment attention à ce que racontait Andreas. Au contraire, elle se leva d'un bond, manquant de l'éborgner par la même occasion tant la stabilité de ses jambes était précaire.
- « Lève-toi. »
L'étudiant fit de même, se demandant bien ce qui pouvait avoir traversé l'esprit de cette extravagante. Rebekah lui attrapa la main et l'entraîna à l'extérieur en courant. Elle manqua à plusieurs reprises de se prendre un tas d'obstacles en pleine figure mais elle les esquiva avec une agilité que seule une personne saoule peut avoir. Andreas suivait docilement. A vrai dire, en cet instant, il l'aurait suivie n'importe où. Le mystère qu'elle dégageait le rendait un peu plus fou chaque seconde qui passait.
- « Isaac ! » cria-t-elle à l'intention d'un grand gars qui sirotait un cocktail les pieds dans l'eau et discutant avec deux charmantes demoiselles. « Désolée de te casser ton plan drague mais... C'est important. »
Isaac fronça les sourcils, s'excusa auprès des deux jeunes femmes puis se leva pour rejoindre son amie. Lahey lança un regard rapide au garçon qui accompagnait Rebekah. Il n'y prêta pas vraiment une attention particulière, voulant savoir pourquoi l'exubérante Rebekah avait interrompu son moment détente au bord de la piscine.
- « Il te bat. » dit-elle simplement en pointant Andreas du doigt.
Isaac haussa les épaules ne comprenant pas bien où Rebekah voulait en venir. Il observa l'inconnu d'un peu plus près et constata que celui-ci était tout aussi perdu dans les élucubrations de la jeune femme.
- « C'est à dire ? »
- « Regarde-le, Isaac. Regarde-le bien. » souffla Rebekah.
Conscient que son amie avait trop bu, Lahey se plia quand même à ses ordres. Il plissa les yeux cherchant la réponse à l'énigme de Rebekah. Andreas, qui ne rechignait pas à être le cobaye de cette expérience, était un jeune homme d'une vingtaine d'année, un peu plus blond qu'Isaac. Il était longiligne, mais plutôt carré d'épaule. Son teint pâle et ses cheveux mi-longs lui donnaient un air enfantin. Une certaine grâce se dégageait de ce garçon. A en croire son look grunge, le jeune homme avait tenté de devenir Kurt Cobain pour un soir. Isaac devait l'avouer : il était charmant et devait faire craquer bon nombre de filles de l'université.
- « Je ne comprends toujours pas. » finit-il par dire après plusieurs longues secondes d'observation.
- « Ses yeux ! »
Cette fois, Rebekah avait presque crié et avait ouvert les bras en direction du visage d'Andreas qui eut un léger mouvement de recul.
- « Ses yeux sont encore plus bleus que les tiens, Isaac. Je ne pensais pas que c'était possible mais... Regarde, on dirait le ciel d'un jour d'été. »
Isaac se pinça les lèvres pour ne pas exploser de rire. Rebekah était déjà folle en tant normal. Mais là, avec de l'alcool dans le sang, elle battait tous les records.
- « Je vais chercher Scott. » dit-elle soudain, les poings posés sur la taille. « Toi, tu prends soin d'Andreas. Il est gentil. »
Elle tourna les talons. Isaac et Andreas la suivirent du regard en souriant.
- « Tu peux m'expliquer ce qu'il vient de se passer ? » osa timidement Andreas.
- « Absolument pas. »
- « C'est ton amie pourtant. »
- « C'est vrai. Mais elle n'a pas été livrée avec le mode d'emploi. »
Ils explosèrent de rire.
- « Crois-moi. » avoua Isaac en reprenant son sérieux. « Quand Rebekah s'entiche de quelqu'un de la sorte, c'est bon signe. (…) Elle sait lire à l'intérieur des gens. Tu dois vraiment être une bonne personne. »
- « Je dois te rappeler qu'elle avait au moins 2 grammes d'alcool dans le sang ? » se moqua Andreas.
Isaac haussa les épaules, un sourire sur les lèvres. Il avait confiance en Rebekah. Andreas devait être un mec bien.
- « Tu devrais retourner voir tes deux copines près de la piscine, elles ont l'air de s'impatienter. » souffla Andreas.
- « Tant pis pour elles, Rebekah m'a dit que je devais prendre soin de toi. On va faire un tour à la fontaine de punch ? »
Andreas répondit au sourire taquin de Lahey et lui tendit aimablement la main.
- « Andreas Lacenaire. »
- « Isaac Lahey. »
# # #
Stiles était en train de vivre son plus grand cauchemar et son plus grand fantasme à la fois. Derek et Lydia dansaient à deux mètres de lui et ça le rendait un dingue. Le lycanthrope ne savait pas aligner deux pas. Il semblait d'ailleurs terriblement mal à l'aise d'être sur cette piste de danse. Pourtant, Lydia parvenait à le décoincer peu à peu et les mouvements de jambes et de bassin devenaient de plus en plus assurés. Cette soudaine décontraction ne ressemblait tellement pas au Derek qu'il connaissait. Hale devait réellement avoir quelque chose à cacher pour préférer se trémousser plutôt que d'avoir une explication avec Stiles.
Toujours assis sur le canapé, les bras croisés et la moue boudeuse, Stilinski se décomposait plus les secondes passaient. Il s'enfonçait un peu plus sur son siège, espérant s'évaporer totalement plutôt que d'assister à cette scène si horrifiante et excitante.
- « T'as le bouquin que je t'ai demandé ? » lança une voix à ses côtés qui réussit parfaitement à l'extirper de ses pensées.
Il farfouilla dans son sac à dos qu'il avait laissé au pied du canapé, en sortit le livre sur les lycanthropes et le tendit à Dani. La jeune femme ne prêtait pas vraiment attention à Stiles, ses yeux gris étaient perdus dans la foule. Elle ne fixait personne, paraissant loin de tout. Elle était la seule personne à porter ses vêtements habituels. Dani s'apprêta à attraper le livre mais Stilinski le retira à la dernière seconde, la forçant à porter son regard sur lui. Son visage était dur, ses yeux cernés d'un manque de sommeil certain. Ils restèrent un long moment à se regarder en chiens de faïence.
- « T'attends quoi ? » demanda-t-elle agressivement.
- « Un remerciement ? »
Dani se mit à ricaner d'un air mauvais.
- « Généralement, quand on me demande un remerciement, c'est mauvais signe. (…) T'as pas la tête des pervers habituels, pourtant. »
Les joues de Stiles rougirent immédiatement en entendant ce que venait de dire Dani.
- « Je... Je... Non... Ce n'est pas ce que... » bredouilla-t-il maladroitement.
Cette fois, elle explosa de rire et Stiles était certain qu'il s'agissait d'un rire franc. Il en aurait mis sa main à couper.
- « Tu veux quoi, alors ? » insista-t-elle.
Étrangement, Stiles pensait qu'elle allait peut-être accepter de s'ouvrir à lui. Il préférait donc y aller direct avec Dani plutôt que de tourner mille ans autour du pot.
- « Que tu me dises ce qu'il s'est réellement passé le soir de la mort de Calvin. » avoua-t-il en se penchant doucement vers elle pour que personne n'entende leur conversation.
Dani leva les yeux vers lui, réduisant considérablement la distance entre leurs visages. Un fin sourire tendre s'installa sur ses lèvres et Stiles fut persuadé qu'il avait gagné la partie. Elle allait se confier à lui et ensuite, il pourrait aller se pavaner auprès de Derek pour avoir été capable de soutirer des informations à la reine des glaces.
- « Tu sais quoi ? » souffla-t-elle dans l'oreille de Stilinski. « Je te trouve adorable, mais tu commences vraiment à me faire chier, Veronica Mars. »
C'était ce qu'on appelle 'se prendre une douche froide'. La bouche de Stiles s'entrouvrit légèrement en entendant Dani l'appeler 'Veronica Mars'. Le surnom lui convenait. Il avait toujours trouvé que cette nana avait une classe d'enfer. Perdu dans ses pensées, il attrapa cependant Dani par le poignet tandis qu'elle se levait.
- « Si tu changes d'avis... »
- « Je sais où te trouver. Je vais d'ailleurs éviter ces endroits pendant un moment. »
Elle lui lança un sourire glacé et tourna les talons, attrapant le bouquin à la volée, ne laissant aucune chance à Stiles de l'en empêcher.
# # #
Il était près de cinq heures du matin et la soirée commençait à s'essouffler lentement. Isaac et Andreas étaient assis dans le jardin, un verre à la main. Ils n'avaient pas vu les heures défiler. Ils aimaient parler ensemble et s'étaient trouvé des millions de points communs. Comme Isaac, Andreas était orphelin. C'était sans doute idiot, mais en apprenant cette partie de la vie d'Andreas, Lahey se sentit plus proche de lui.
- « Mon père était chauffeur de taxi. Un soir, il a ramené LE mec qu'il fallait pas. Un taré qui n'a pas trouvé mieux que de foutre une balle dans son crâne. J'avais six ans. »
La voix d'Andreas se brisa et il posa son regard sur le sol. Avec sa main droite, il commença à arracher des petites touffes d'herbe qu'il laissait ensuite glisser entre ses doigts.
- « Je suis désolé... » souffla Isaac, ne sachant que répondre à cet aveu.
- « Ne le sois pas. C'est la vie, tu sais. »
L'optimisme dont faisait preuve Andreas était sidérant. Isaac lui envoya un sourire lumineux qu'il attrapa au volet et renvoya avec la même brillance.
- « Je te raconte aujourd'hui comment ma mère est morte de tristesse ou bien j'attends la prochaine fois qu'on se voit ? » ironisa-t-il.
Isaac ne put s'empêcher de rire. Il bénit Rebekah LaRose de lui avoir donné la chance de croiser le chemin d'Andreas. Ce soir, Lahey venait de gagner un ami précieux. Il le ressentait dans le moindre de ses atomes.
- « J'ai toute la nuit et plus. » chuchota Isaac afin d'encourager Andreas à parler.
- « Alors parle-moi de ton histoire. On reviendra à moi plus tard. »
- « Je... » balbutia Isaac, visiblement gêné.
- « Je peux parler pour deux s'il faut. Tu n'es pas obligé de me raconter. Je suis trop curieux, ça va finir par me jouer des tours. »
Isaac regarda le sol et se mit à sourire. Pour la première fois depuis des années, il avait envie de mettre des mots sur ses maux.
- « Je déteste les amitiés à sens unique. »
Lahey releva les yeux et croisa le regard sincère d'Andreas. Ce garçon avait un visage poupin, respirant l'innocence et la joie de vivre. C'était ressourçant.
- « Tu vas sans doute trouver ça horrible mais... J'ai toujours secrètement rêvé qu'il arrive quelque chose de mal à mon père. (…) Il me battait. Au moins deux fois par semaine. Ensuite, il revenait me voir, me faisait culpabiliser d'être un vilain garçon et me disait qu'il m'aimait. (…) J'ai toujours détesté ce statut de victime qu'il m'imposait, tu vois ? (…) Quand il est mort, je crois que j'ai ressenti de la satisfaction. Ça fait de moi une horrible personne. »
Isaac avait parlé hyper rapidement, on aurait dit Stilinski sans ses médocs. A peine ses mots étaient sortis qu'il avait envie de les rattraper et de les enfermer à jamais dans sa cage thoracique.
- « La seule chose d'horrible dans ce que tu me racontes, c'est ce que te faisait ton père. Tu n'as rien d'une horrible personne. »
Là où Derek ou Scott avaient échoués dans le passé, Andreas réussissait avec brio. Il venait de trouver les mots afin de rassurer le jeune Isaac Lahey. Le rythme cardiaque du lycanthrope s'était apaisé et son encéphale ne le torturait plus.
# # #
- « T'as pas vu Scott ? » demanda Rebekah en s'installant aux côtés de Stiles.
- « J'allais te demander la même chose. »
- « Je suis crevée. » se lamenta la jolie blonde. « Je pense que je vais aller décuver dans mon lit. Tu rentres ? »
- « J'attends Derek. » souffla Stiles.
Derek et Lydia avaient arrêté de danser depuis plus d'une heure maintenant. En réalité, ils n'avaient dansé que cinq minutes à peine. Le lycanthrope avait réussi à quitter ce cauchemar en entraînant Lydia à l'extérieur de la piste. Désormais, ils papotaient comme les bons vieux amis qu'ils n'avaient jamais été. Stiles détestait ressentir cette jalousie au creux de sa gorge. Il tentait de faire abstraction et de penser à autre chose mais c'était mission impossible. Il avait donc décidé d'attendre patiemment que Derek ait fini de l'éviter, de le rendre jaloux ou dieu sait quoi d'autre.
- « Je ne savais pas que Lydia et Derek étaient si proches. » constata Rebekah en fronçant les sourcils. Elle se demanda ce que Lydia faisait là, d'ailleurs, mais n'eut pas la force de le demander à Stiles. Elle passa son bras autour du cou de Stiles et le regarda avec une mine déconfite : « Ma face de loutre est triste et jalouse. »
- « Je ne suis pas jalouse. » pestiféra Stilinski. « JALOUX ! » rectifia-t-il tandis que Rebekah pouffait de rire. « Rentre à la cité U, tu empestes le punch. »
- « Moi aussi je t'aime. » murmura-t-elle en se levant et en déposant un baiser sur le front de son meilleur ami.
Tandis que Rebekah s'en allait d'un pas guilleret, Stiles constata que Derek était désormais seul près de la fontaine de punch. Leurs regards se croisèrent, se toisèrent. Pourtant, Stiles ne comptait pas bouger d'un centimètre. Il avait fait le premier pas, Hale devait faire le deuxième.
Et c'est ce qu'il fit. Derek s'approcha d'un pas nonchalant, regardant tout le monde sauf Stiles.
- « On rentre ? » finit-il par demander à l'égard de l'hyperactif. « Lydia est partie avec une bande d'Oméga et la fête est en train de se terminer ici. »
- « Tu te moques de moi ? »
Les yeux de Derek roulèrent face à l'agressivité de Stiles.
- « Ça fait une heure que je poireaute sur ce canapé et tu arrives la bouche en cœur en pensant que je vais accepter de faire le chemin du retour avec toi ? Tu es tellement drôle, Derek, ça ne se voit pas mais à l'intérieur, je ris. »
Stiles se détestait d'avoir une telle réaction. Personne sauf Derek ne pouvait se vanter de rendre le jeune humain aussi fébrile et nerveux.
- « On était censés discuter, affronter notre dispute de l'autre jour comme des adultes. Tu sais que tu m'as blessé en me parlant comme tu l'as fait. Mais au lieu de venir me parler d'homme à homme, tu m'as évité et fait un peu plus de mal encore. »
Les joues de Stilinski étaient rouges d'énervement. Il ne concevait plus les réactions de Derek. Toute cette histoire lui donnait envie de baisser les bras.
- « Pardon si je t'ai fait de la peine en dansant avec Lydia. Je sais que tu l'apprécies beaucoup et... »
- « Putain, tu comprends vraiment rien. » pesta Stiles en se relevant.
Pour ne rien comprendre, il ne comprenait rien, le pauvre Derek. Stiles avait toujours été une énigme merveilleuse pour lui. Plus leur relation prenait de l'âge, plus Hale s'embourbait dans des questions sans réponse.
- « Ok, tu veux discuter ? » demanda Derek avec une pointe de défi et d'agressivité dans la voix. « Discuter n'a jamais été mon fort, tu le sais très bien. »
- « Danser non plus. » répondit l'hyperactif du tac-o-tac.
C'était mesquin comme attaque mais c'était du Stiles tout craché. Derek préféra ne rien répondre et hocha simplement la tête comme pour signifier la fin du combat pour ce soir.
- « Je te raccompagne. » annonça Hale d'une voix lasse.
Ce n'était pas un conseil ou une demande, c'était un ordre. Stiles savait qu'il n'avait pas intérêt à discuter. Il se sentait déjà assez coupable de se comporter en véritable gamin possessif.
# # #
Isaac et Andreas marchaient dans le campus désert de Georgetown. La plupart des élèves étaient déjà couchés, les autres continuaient la fête en ville. Les deux nouveaux amis continuaient d'échanger leurs états d'âme comme s'ils se connaissaient depuis des années.
- « Tu as entendu ? » demanda soudain Isaac.
Andreas secoua vivement la tête manifestant qu'il n'avait rien entendu. Pourtant, Isaac avait perçu un froissement de feuilles, comme si quelqu'un était en train de les observer. Pour ce genre de choses, Lahey pouvait faire confiance à ses sens de loup-garou. En cet instant, il était persuadé qu'ils n'étaient pas que deux sur ce chemin. Il était même capable de distinguer un souffle rauque. Isaac s'arrêta de marcher et tenta de distinguer une silhouette dans la nuit noire.
- « Tu es sûr que ça va ? » s'inquiéta Andreas, ne comprenant pas le comportant de son ami.
- « On n'est pas seuls. »
Andreas ne put s'empêcher de se mettre à rire, trouvant Isaac tout d'un coup bien dramatique. Après plusieurs secondes de silence, il attrapa le bras de Lahey et l'entraîna à marcher.
- « Tu as rêvé. » constata Andreas. « Ou bien c'est juste un mec bourré qui dort dans un buisson. Ce ne sera ni la première ni la dernière fois ! »
Isaac fit quelques pas de plus, les sens toujours à l'affût. Il en était désormais certain... Quelqu'un les suivait. Et ce quelqu'un n'était absolument pas humain.
Tout se déroula extrêmement vite. Un loup-garou sortit d'un buisson et Isaac remarqua rapidement que ce dernier avait les yeux rouge sang. Le jeune lycanthrope se transforma à son tour et poussa violemment Andreas sur le côté dans un dernier espoir de protection. S'en suivit un combat inégal, Isaac ressentant rapidement son manque d'expérience et de puissance. L'Alpha dominait la partie sans mal et il balança le pauvre bêta contre un mur. Isaac put sentir bon nombre de ses os se briser sous le choc. Il était presque habitué à cette douleur. Par contre, il n'était toujours pas habitué à cette peur lui rongeant l'intérieur. Cette peur de voir quelqu'un d'important à ses yeux blessé à nouveau. Isaac tenta de se relever pour protéger Andreas du monstre qui s'approchait doucement vers lui.
Étonnamment, Lacenaire fermait les yeux, comme s'il se résignait, prêt à recevoir le coup fatal. La voix d'Isaac se fendit en un cri déchirant et la main de l'Alpha s'abattit sur Andreas. Ce que Lahey vit le laissa sans voix. La main du loup-garou rencontra quelque chose d'aussi dur que du béton qui s'illumina instantanément lors de ce contact. Recroquevillé sur lui-même, Andreas ouvrit doucement les paupières et constata qu'autour de lui s'était élevé un dôme étincelant. Isaac porta sa main à sa bouche. Il n'avait jamais vu quelque chose de la sorte. Les yeux d'Andreas étaient aussi brillants que cette bulle de protection.
- « C'est quoi ce b... » bredouilla maladroitement Isaac.
Tentant de revenir à l'attaque, l'Alpha se trouva à nouveau bloqué contre cette sphère lumineuse. La coque protectrice d'Andreas réagit cette fois d'une autre manière, projetant le loup-garou dans les airs et le laissant inconscient quelques mètres plus loin. Isaac se redressa, Andreas fit de même, la dôme s'évanouissant peu à peu dans les airs.
- « Dégageons d'ici. » souffla Andreas.
Isaac ne posa aucune question.
Andreas non plus.
# # #
Alors qu'ils marchaient dans le silence le plus complet, le téléphone de Stiles sonna. Derek lui lança un regard mais continua son chemin. En entendant la voix alarmée d'Isaac à l'autre bout du fil, le jeune humain s'arrêta immédiatement, l'air catastrophé.
- « On arrive. » lança-t-il en raccrochant.
Derek comprit qu'il s'était passé quelque chose et questionna Stiles du regard.
- « C'était Isaac. Il marchait avec un pote dans le campus et ils se sont fait attaquer par un Alpha. »
Derek souffla longuement et même s'il ne possédait aucun sixième sens, Stiles put sentir le pouls du lycanthrope augmenter.
- « Isaac... Il... Il va bien ? » murmura-t-il, à bout de souffle.
- « Quelques os brisés apparemment, la routine. » le rassura Stilinski en tapotant maladroitement le dos du loup-garou. « Ils ne sont pas loin, on en a pour cinq minutes à pied. »
Stiles se mit à marcher mais Derek ne le suivit pas. Les épaules basses, le lycanthrope semblait à bout de course, comme éreinté par la nouvelle que son bêta ait échappé de peu à la mort.
- « Hey, Derek, tu me fais flipper là... Ça va ? » demanda Stiles en tentant de lui faire relever la tête.
Hale attrapa brutalement Stilinski par le tee-shirt et le rapprocha un peu plus près de lui. Stiles masqua tant bien que mal les battements de son cœur et haussa un sourcil.
- « Pardonne-moi. Pour la dispute, pour tout. Ok ? » lança Hale, les pupilles teintées de rouge.
Derek lâcha enfin le tee-shirt rayé de Stiles et se mit à marcher en direction d'Isaac et Andreas. Les bras ballants, le jeune humain traînait derrière.
- « On peut dire que tu sais choisir ton moment, Derek ! » ronchonna-t-il.
Derek fit la sourde oreille.
Et voilà pour ce chapitre que je trouve particulièrement fort en émotions de tous les genres.
J'imagine tellement Stiles sur son canapé, déguisé en Charlie, qui fait une tête d'enterrement !
Sinon, qu'avez-vous pensé du nouveau personnage Andreas ? Il risque de vous réserver bien des surprises. Pour vous, comment a-t-il réussi à éviter l'attaque de l'Alpha psychopathe ?
Aaah, et Derek qui fait encore des siennes... Il est désespérant, non ?
Bref, je vous dis à très vite pour un prochain chapitre (ce sera plus rapide que pour ce chapitre-ci (pas difficile en même temps !)).
Des bisous mes loups !
