Bonsoir mes choupinets :)
Je tenais vraiment à vous remercier pour être toujours aussi nombreux à commenter mes écrits (celui-ci ou les autres), vous n'imaginez même pas à quel point mes yeux brillent à chaque fois que je lis l'une de vos reviews. Je n'ai donc qu'une chose à rajouter : CONTINUEZ ! :) Je suis toujours heureuse de savoir ce que vous pensez d'un chapitre !
Ce chapitre est plus triste que les autres, et sans aucun doute moins drôle. Mais il est indispensable. La disparition d'Allison met les nerfs de la meute en pelote.
Je vous souhaite une excellente lecture.
~ part six: damsels in distress
Quelques coups s'élevèrent dans la pièce. Dani, plongée dans son bouquin, sursauta en entendant que l'on frappait à sa porte. Elle hésita un long moment avant de se lever, n'attendant pas de visite dans l'après-midi. Depuis que Calvin était mort, Dani était devenue peureuse. Avant le soir du meurtre de son meilleur ami, la jeune femme n'avait été réellement effrayée que très rarement. Elle estimait que ce sentiment n'était que pour les faibles et elle, elle faisait définitivement partie des femmes fortes.
Dani se leva finalement, d'un pas gracieux et agile, se dirigeant vers la porte avec une certaine appréhension. Il n'était que dix-sept heures et pourtant, la demoiselle redoutait de revivre ce qu'elle avait vécu quelques jours plus tôt lorsque 'quelque chose' les avait attaqués, elle et Calvin. La main crispée sur la poignée, elle mit un temps fou avant de la tourner. Elle s'empressa d'ouvrir lorsque de nouveaux coups résonnèrent contre le bois de la porte.
- « Tiens, tiens, tiens... » dit-elle avec un sourire malicieux aux lèvres. « Voilà Sherlock Holmes. Ça faisait longtemps. »
Stiles leva les yeux au ciel en entendant le nouveau surnom dont venait de l'affubler Dani Hartell. Cette fille semblait s'amuser à détruire son moindre soupçon de crédibilité. Le jeune homme fit un pas en avant comme pour montrer qu'il désirait pénétrer dans l'appartement. Dani haussa un sourcil, ne bougeant pas d'un centimètre.
- « Qu'est-ce que tu me veux, Stilinski ? »
La voix était dure, glaciale. Un frisson parcourut la colonne vertébrale de Stiles qui se demandait bien comment il avait pu accepter de rendre de nouveau visite à cette fille.
- « Discuter. » avoua-t-il simplement, haussant légèrement les épaules au passage.
- « Frappe à la chambre d'à côté, alors. » se moqua Dani tout en fermant légèrement la porte pour pousser Stiles hors de son champ de vision. « Ma voisine Brenda adore discuter. »
Dani tira une dernière fois sur la poignée pour se barricader à nouveau dans sa chambre. Lorsqu'une main puissante l'empêcha de fermer sa porte en totalité, la jeune femme sursauta, laissant échapper un cri de surprise de ses lèvres rosées. La main poussa sur la porte pour la maintenir ouverte. C'est là que Dani vit le visage d'un homme qu'elle n'avait jamais croisé auparavant. Un visage un peu bourru mais attirant, une moue bougonne et des yeux verts surplombés de sourcils broussailleux. Dani resta un instant droite comme un piquet, effrayée à l'idée que cet homme à la carrure massive ne lui fasse du mal. Elle tenta d'évacuer sa peur comme elle le pouvait mais l'individu la fixait avec un regard intense, un mélange d'agressivité et de compassion.
- « Crois-moi, on va discuter, que tu le veuilles ou non. »
Le visage de Dani se ferma un peu plus encore, comprenant qu'il devait simplement être un ami de Stilinski venu lui porter secours pour lui tirer les vers du nez. La ruse marchait plutôt bien vu que Dani se sentait bien plus impressionnée par l'homme qu'elle ne connaissait pas que par Stiles qui, soit-disant passant, paraissait plus inoffensif qu'une moule.
- « Tu dois être Watson. » taquina la jeune femme qui reprenait un peu de standing maintenant que la surprise était passée.
Stiles ne put s'empêcher de ricaner tant Derek n'avait pas la carrure d'un John Watson. Un instant, il eut même l'impression d'échanger un regard complice avec Dani Hartell.
- « Tu nous fais entrer ou tu continues à faire de l'humour d'intello ? »
C'était l'une de première fois que Stiles entendait Derek parler de cette manière. D'ailleurs, le lycanthrope s'en rendit compte et tenta de montrer un visage plus détendu à la jeune femme. Stiles lui donna un coup de coude pour le dérider un peu. Certes, la situation était à la limite du drame, mais il ne fallait pas se laisser aller à agresser une innocente. Aussi exaspérante soit-elle.
- « Derek, sois aimable, s'il te plaît. » se plaignit Stiles avec un sourire taquin sur les lèvres.
- « Tu veux que je sois comme toi, c'est ça ? » se moqua Derek. « Parce que jusque là, tes techniques d'approche n'ont pas vraiment fonctionné. »
Stiles s'offusqua, ouvrant la bouche en grand, vexé par les propos du lycanthrope. Il fronça les sourcils et croisa les bras sur la poitrine.
- « Tu sous-entends quoi, là ? Que je suis un piètre détective ? Parce que crois-moi, je suis peut-être pas du genre gros muscles petit cerveau, mais je sais me débrouiller dans la vie. »
Le jeune humain avait parlé à une allure déconcertante, laissant Derek sur le bord de la route. Le lycanthrope avait cessé de l'écouter à 'crois-moi', sachant très bien que la suite serait sans doute désobligeante. Quant à Dani, elle regardait la scène avec incompréhension, ses yeux voguant de l'un à l'autre des deux hommes.
Un brin sidérée, elle se mit sur le côté, leur laissant le champ libre pour rentrer dans la chambre.
# # #
- « Allison, la petite amie de Scott ? » demanda Andreas.
- « La petite amie de Scott. » répéta maladroitement Rebekah, confirmant par la même occasion l'interrogation de l'elfe.
Isaac faisait les cent pas dans le parc de l'université tandis que Rebekah et Andreas étaient assis sur un banc. Comment tout avait pu se compliquer aussi rapidement ? Il ne comprenait pas. Et ça le rendait malade. Il mentait à sa meute, Andreas venait de lui révéler être un elfe et maintenant, Allison avait disparu. C'était trop pour Isaac qui détestait se sentir aussi impuissant. Lui qui pensait pouvoir tout encaisser, il commençait à avoir de sérieux doutes.
- « Où est Scott ? » demanda le grand Lahey.
- « Il a... » commença la voix peu assurée de la jolie Rebekah. « Il tente de retrouver sa trace grâce à son odeur. (…) Lydia et le colocataire de Stiles font le tour de la ville et du campus. »
Isaac hocha la tête, approuvant les initiatives prises.
- « Pourquoi tu n'es pas avec Scott ? »
La question de Lahey rendit Rebekah très mal à l'aise. Elle baissa ses yeux sur ses cuisses et commença à torturer le tissu de son pantalon entre ses doigts.
- « Qu'est-ce qu'il se passe, Rebekah ? »
Isaac ne la connaissait pas depuis longtemps, certes, mais assez pour savoir qu'avant de venir les rejoindre, elle avait pleuré. La jeune femme avait les yeux gonflés, les joues un peu rouges et le nez humide. Sans doute trop pudique, elle retenait férocement ses larmes pour ne pas se laisser aller devant Isaac et Andreas.
- « Rien. » soupira Rebekah dans un reniflement.
La main droite d'Andreas se glissa dans le dos de la jeune femme pour lui apporter du réconfort. Cette main rassurante la fit lâcher un léger sanglot qu'elle rattrapa bien vite. Jamais Rebekah LaRose ne pleurerait face à quelqu'un. Elle était trop fière, trop délicate.
- « C'est juste que Scott met la disparition d'Allison sur mon dos. » finit-elle par avouer.
- « Pardon ? » demanda Isaac, complètement abasourdi. « En quoi tu peux en être responsable ? »
- « Il pense que si je n'étais pas entrée dans sa vie, il aurait été avec Allison et jamais elle n'aurait été enlevée. »
Andreas et Isaac échangèrent un regard entendu. Lahey ne comprenait pas comment Scott, l'un de ses plus proches amis, pouvait avoir tenu de tels propos. Cela ne lui ressemblait vraiment pas. Il n'était pas du genre à tout mettre sur le dos d'une innocente. Surtout sur le dos d'une innocente comme Rebekah, dont il était si proche.
- « Ne fais pas attention à ce qu'il a dit, Rebekah. Il parlait sous le coup de l'angoisse. »
Rebekah haussa les épaules, sachant très bien qu'il était plus sage d'écouter Isaac. Cependant, les paroles de Scott continuaient perpétuellement à venir envahir ses pensées. C'était comme si Scott était prêt d'elle, rabâchant sans cesse les mêmes critiques.
- « Je finis par y croire, vous savez. Si je ne m'étais pas rapprochée de cette façon de Scott, rien de tout ça ne serait arrivé. »
- « T'es pas le genre de fille à vivre avec des 'si'. » lança Andreas.
La jeune femme tourna brusquement les yeux vers le plus blond des deux garçons. Elle fronça les sourcils, un air sombre sur le visage. Un instant, Andreas crut qu'il avait fait une bourde. Après tout, il ne la connaissait que depuis la veille. Et encore, il l'avait vue saoule. Qui était-il pour se permettre de la juger ainsi ? Pourtant, l'elfe était persuadé de taper dans le mile. Rebekah LaRose n'était pas le genre de fille à mettre Paris en bouteille avec des Si.
- « T'as raison. » souffla-t-elle enfin.
Andreas et Rebekah échangèrent un tendre sourire sous le regard satisfait d'Isaac qui fut bientôt sortit de sa contemplation par un bruit familier.
- « Des sirènes... » lâcha le lycanthrope comme pour lui-même. « Vous n'entendez pas ? »
Andreas secoua négativement ses cheveux blonds tandis que Rebekah regardait Isaac avec incompréhension, les sourcils froncés.
- « Des sirènes d'ambulance. » se résigna Lahey.
# # #
- « Arrête toi là. » intima la jolie rouquine.
Nick respecta les ordres de la jeune femme, rangeant sa voiture sur le côté. Il lança un regard doux à Lydia. La pauvre était chamboulée depuis qu'elle avait appris la disparition d'Allison. Elle était au bord de la crise de nerfs et Nick, qui ne la connaissait que depuis quelques heures, se sentait impuissant face à sa détresse. Marble était le bon copain, le clown de la bande. Il n'avait jamais été le mec rassurant qui écoute les filles pleurer. Face aux yeux rougis de la jeune femme, il ne savait absolument pas comment réagir.
- « Tu veux prendre l'air ? » demanda-t-il simplement.
- « Non. »
- « Tu veux en parler, alors ? »
- « Il y a quoi à dire ? Ma meilleure amie a disparu, c'est tout. »
Nick baissa les yeux en hochant doucement la tête. Il ne pouvait pas comprendre ce qu'elle vivait. Il tentait tant bien que mal de se mettre à sa place mais il ne pouvait pas prétendre ressentir ce que Lydia ressentait en ce moment. Il imaginait le torrent d'émotions qui la renversait, la boule coincée dans sa gorge, les larmes ne demandant qu'à couler. Mais il ne pouvait faire qu'imaginer.
- « Si je peux faire quoi que ce soit... » dit-il maladroitement, les mains vissées sur son volant, prêt à redémarrer.
La jeune femme qu'il avait rencontré ce midi n'était plus que l'ombre d'elle-même. Blanche comme la mort, les épaules basses, elle semblait à mille lieux de savoir quoi faire. Alors, elle savait encore moins ce que Nick pourrait faire pour elle. Il n'était pas son ami, il n'était qu'un type qui l'avait un peu draguée quelques heures plus tôt. Autant vous dire que pour Lydia, il n'était rien du tout.
- « Tout ce que tu peux faire, c'est la retrouver. Mais t'en ai pas capable, si ? »
La voix agressive de Lydia résonna dans les tympans de Nick. Encore une fois, il accusa le coup silencieusement. Il n'avait jamais vécu une telle situation dans sa courte vie. Pour lui, tout avait toujours été rose. Du moins, c'est ce dont il essayait de se persuader, encore aujourd'hui. En vérité, Nick Marble n'avait pas toutes les raisons du monde de sourire. D'ailleurs, s'il faisait autant la fête, s'il prenait la vie comme un jeu, c'était sans doute pour oublier que tout n'était pas aussi rose qu'il voulait bien le croire.
- « J'en sais rien... » bredouilla Nick, mal à l'aise. « On pourrait peut-être interroger le personnel de l'hôtel ? Si ça se trouve, l'un d'entre eux à vu ou entendu quelque chose ? »
Lydia tourna violemment la tête vers Marble dont les joues se mirent à rosirent, par peur d'avoir dit quelque chose d'idiot comme il le faisait toujours. La jeune femme ne le regardait pas comme un crétin en cet instant. Au contraire, elle s'en voulait presque de ne pas avoir eu cette idée avant.
- « Démarre. »
Cette fois encore, Nick répondit rapidement à l'ordre de la demoiselle qui venait de reprendre du poil de la bête depuis qu'il avait lancé cette nouvelle piste. Ce n'était qu'un espoir minime mais Lydia voulait à tout prix s'y accrocher.
Ils roulèrent pendant près de dix minutes sans échanger une parole. Ils arrivèrent enfin devant l'hôtel où Nick se gara en quatrième vitesse sans prendre le temps de faire un créneau parfait. Lydia sortit rapidement de la voiture et pénétra dans l'établissement bientôt suivie par Marble.
Nick constata qu'il ne s'agissait pas de l'hôtel le plus chic de la ville. Au contraire, pour un hôtel de Washington, il devait même n'être qu'un établissement bas de gamme. Vu la grimace que faisait Lydia, il comprit qu'elle pensait la même chose. La jeune femme s'avança vers l'accueil où se tenait un homme d'une trentaine d'année, grand et maigrichon, un air sévère planté sur le visage. Il tapotait sur l'ordinateur en soupirant.
- « Bonsoir. » lança Lydia d'une voix aimable mais visiblement pressée.
L'homme, ses cheveux bruns et gras ne cachant cependant pas une calvitie naissante, ne répondit pas, toujours plus intéressé par son ordinateur. Lydia lança un regard désespéré à Nick, détestant déjà le comportement de ce maître d'hôtel.
- « Bonsoir. » insista Nick, d'une voix plus dure que celle de la jeune femme. « Jude. » ajouta-t-il en constatant le nom marqué sur le costume de l'homme.
Toujours pas de réponse. Cette fois, Lydia se demanda si le maître hôtel n'avait pas des problèmes d'audition. Après quelques longues secondes et plusieurs autres tentatives, l'homme finit par les regarder d'un air glacial, leur lançant un signe de tête.
- « C'est pour quoi ? »
Lydia se racla doucement la gorge, signe qu'elle commençait à s'énerver. Comment un homme aussi mal élevé pouvait tenir un hôtel ? Ça la dépassait totalement. Voyant qu'elle n'était sans doute pas en état d'expliquer la situation, Nick prit les devants.
- « Une de nos amies a disparu. »
- « Ouais. » répondit le maître d'hôtel. « Et qu'est-ce que je peux y faire ? »
- « Elle était encore dans votre hôtel ce matin. Vous n'avez rien entendu de particulier ? Ou vu quelqu'un d'étrange ? »
- « Comme tu l'auras constaté, mon gars, c'est pas l'établissement le plus réputé, ici. Des gens bizarres, j'en croise tous les jours. »
Nick soupira légèrement, désespéré par le peu d'informations que pouvait leur transmettre cet immonde personnage.
- « Montre lui une photo d'Allison. » souffla Nick en se penchant vers Lydia.
La jeune femme fouilla dans son portable à la recherche d'une photo de sa meilleure amie. Elle tendit le portable à l'homme qui regarda la photographie avec attention, tandis qu'un sourire un brin vicieux s'installait sur ses lèvres fines.
- « Je l'ai vue. »
Lydia lança un regard plein d'espoir à Nick.
- « Elle est sortie ce matin, vers 11h. Elle portait un petit short qui moulait parfaitement son joli petit cul. Je ne peux pas ne pas m'en souvenir. J'ai attendu tout l'après-midi qu'elle repasse. Elle était bien exci... »
- « On a compris. » le coupa Nick.
- « Vous ne l'avez pas revue ? » demanda Lydia, remerciant silencieusement Marble pour avoir coupé le discours graveleux de ce type sur sa meilleure amie.
- « Nan... »
Lydia rangea son portable dans la poche de sa veste et tourna les talons sans prendre la peine de remercier le maître d'hôtel. Quant à Nick, il lança un regard noir à l'homme et suivit Lydia sans demander son reste.
Une fois dehors, la jeune femme fut prise d'une crise de larmes incontrôlables. Son corps était comme submergé par des secousses et elle semblait incapable de se calmer. Maladroit comme il était, Nick posa sa main dans la chevelure rousse de Lydia. Les yeux emplis de larmes, elle le regarda avec douceur. Nick n'était peut-être rien pour elle, mais au moins, il était là.
Il était là et il tentait de la rassurer. Lydia ne résista pas plus longtemps et se jeta contre lui, son visage enfoui dans le tee-shirt de Nick. Il mit un temps fou avant de l'enlacer et de lui caresser doucement les cheveux.
- « C'est ma meilleure amie, tu comprends ? »
Nick hocha la tête pour lui montrer que oui, il la comprenait.
En réalité, il ne comprenait pas.
Nick Marble n'avait jamais vraiment eu d'amis.
# # #
Stiles était assis sur le rebord du lit de Dani. Quant à elle, elle était installée sur la chaise de son bureau. Seul Derek demeurait debout, adossé à l'armoire de la jeune femme. Ils mirent un long moment avant de se mettre à parler, Dani n'essayant pas le moins du monde de les mettre à l'aise. Au contraire, elle restait à les fixer, chacun leur tour, avec un regard émeraude déstabilisant. Même Derek, qui n'était pas facilement impressionnable, ne se sentait pas à son affaire lorsque cette fille le regardait ainsi.
- « Bref, c'est pas que je m'ennuie, mais... » commença Stiles, s'attirant un regard noir de la part de Derek. « Putain, me regarde pas comme ça, Hale, il faut bien que quelqu'un commence à parler. »
Derek leva les yeux au plafond, et haussa les épaules. Stiles n'avait pas tord, dans le fond.
- « Un de nos amis s'est fait attaqué hier soir et une autre de nos amies a disparu ce matin. »
- « Pas de chance. » ironisa Dani. « Mais si vous êtes venus pour vous plaindre, je ne serais pas d'une grande aide. »
- « On pense que ce qui a attaqué notre ami hier soir, c'est la même chose que ce qui a tué Calvin. »
Stiles y avait été de façon assez abrupte. Il n'avait pas pris de pincettes, il y avait été du tac-o-tac, préférant cesser de tourner autour du pot. Le jeune humain avait d'ailleurs fait exprès d'utiliser le mot 'chose' et non le mot 'personne'. Dani était soudain devenue plus blanche qu'un linge et avait baissé les yeux vers ses chaussures. Entendre le prénom de Calvin lui faisait encore un mal de chien. Jamais elle ne réussirait à s'en remettre. Son meilleur ami lui manquait à en crever et parfois elle regrettait de ne pas être morte elle aussi, ce soir-là.
- « Je... » commença maladroitement la jeune femme. « Je n'ai rien vu. »
Bien sûr, Dani mentait encore. Elle avait vu quelque chose et ça, Stiles en était intimement persuadé. Quant à Derek, il sentait le rythme cardiaque de Dani s'accélérer, signe qu'elle mentait.
- « Écoute. » fit Derek d'une voix calme. « Notre amie Allison a disparu et on est persuadés qu'elle a été enlevée par la personne qui a tué Calvin. Soit tu nous aides en nous disant ce que tu as vu cette nuit-là, soit tu continues à nous mentir et nous aussi on perd l'une de nos amies. »
Stiles regarda le lycanthrope d'un air fier. Le jeune humain était heureux d'entendre Derek parler avec autant de tact. C'était assez rare pour être souligné.
- « Vous allez me prendre pour une folle. » avoua Dani, les yeux toujours plantés sur ses chaussures.
Cette fois, le regard de Derek croisa celui de Stiles qui lui lança son sourire le plus sincère. Ils allaient enfin savoir ce que Dani avait vu la nuit du meurtre de Calvin. Cela ferait sans doute avancer leur enquête et surtout, ils trouveraient peut-être des indices leur permettant de mettre la main sur Allison.
- « On t'écoute. » murmura Stiles d'une voix apaisante.
La jeune femme entrouvrit les lèvres mais la sonnerie du portable de Stiles l'empêcha de parler. Derek lui lança un nouveau regard noir, tandis que Dani, la bouche tremblante, semblait plus perdue que jamais.
- « C'est Isaac. » se justifia le jeune humain. « Ouais, allô. »
La voix de Lahey à l'autre bout du fil n'était pas la voix d''une personne rassurée. C'était la voix de la panique, la voix du désespoir. Stiles écouta avec attention ce qu'Isaac avait à dire. Derek constata que le teint du jeune humain devenait chaque seconde un peu plus blanc. Le cœur de Stiles battait de plus en plus fort dans sa poitrine ce qui captait toute l'attention de Derek, incapable d'espionner la conversation téléphonique. La seule chose qu'il entendait, c'étaient les puissants et rapides battements de cœur de Stiles.
- « C'est pas possible, Isaac. Tu dois te tromper. » dit simplement Stiles, le front se recouvrant de sueur. « Je... Vous êtes où, là ? (...) On arrive, d'accord ? »
La voix du jeune humain était tremblante et lorsqu'il raccrocha, Derek fit quelques pas vers lui. Stiles s'était décomposé à vue d'oeil et cela inquiétait énormément l'alpha qui n'avait pas pour habitude de le voir dans un tel état. Derek s'agenouilla en face de Stiles et posa ses mains sur les genoux de son ami. Plaçant un doigt sous le menton de Stiles, Derek le força à relever la tête pour lui faire raconter ce qu'Isaac lui avait dit.
- « Les policiers ont retrouvé le corps d'une jeune femme sur le toit de l'université. »
Le cœur de Derek rata un battement tandis que derrière eux, Dani poussait un cri horrifié. Sans cesse, la pauvre Hartell revivait la scène du meurtre de Calvin dans sa tête.
- « Isaac, Andreas et Rebekah ont interrogé les agents et... Il s'agit d'une femme brune, à peine la vingtaine, qui d'après le directeur n'étudiait pas à Georgetown et qui possédait une gourmette au nom d'Allison dans la poche intérieure de sa veste. »
Derek resta sans voix, toujours agenouillé en face de Stiles. Il passa lentement une de ses mains sur sa bouche, se pinçant les lèvres avec les doigts. Le lycanthrope n'avait jamais vraiment apprécié Allison Argent. Mais savoir qu'elle était aujourd'hui morte, ça lui crevait le cœur. L'une des mains de Derek toujours posée sur son genou, Stiles fit glisser la sienne jusqu'à ce que leurs doigts se frôlent. Stiles tapota doucement la main de l'alpha, comme s'il cherchait à le rassurer.
Bien vite, les pleurs déchirant de Dani résonnèrent dans la pièce. C'était la deuxième fois que Stiles la voyait dans cet état et ça lui fit un mal de chien. La pauvre jeune femme se balançait doucement sur elle-même tout en laissant les larmes trop longtemps retenues couler sur ses joues pâles.
- « Je suis désolée. » disait-elle. « C'est de ma... C'est de ma faute. »
Dani Hartell avait tout faux. Elle n'était fautive de rien. Même si elle avait parlé, jamais elle n'aurait pu empêcher un tel monstre de sévir à nouveau.
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Stiles gara la jeep sur le parking de l'université. Après quelques minutes de réflexion, ils avaient décidé de remettre les aveux de Dani à plus tard. Derek et Stiles avaient frappé chez sa voisine Brenda et lui avait demandé de prendre soin de Dani.
Stiles s'apprêtait à sortir de la voiture lorsque la main de Derek lui attrapa le bras pour l'en empêcher. L'humain lança un drôle de regard au lycanthrope, ne comprenant pas bien pourquoi il agissait ainsi.
- « T'as l'air épuisé. » souffla simplement l'alpha.
La remarque de Derek laissa Stiles sans voix. Ces quelques mots, prononcés d'une voix douce, touchèrent énormément l'étudiant dont les lèvres dessinèrent un sourire mélancolique. Bien sûr, qu'il était épuisé. Il avait l'impression de ne pas avoir dormi depuis des mois. Tout était chamboulé depuis que Scott était arrivé à Georgetown et que Derek et Isaac n'avaient pas tardé à faire de même. Depuis ce jour-là, Stiles dormait à peine quelques heures par nuit, si seulement il arrivait à fermer les yeux. Les meurtres, les discussions tardives au téléphone avec son père, les engueulades avec Derek,... tout cela avait fini par l'exténuer.
- « Tu devrais penser un peu à toi. » conseilla Derek. « Je n'aime pas te voir comme ça. »
A nouveau, Derek se montrait comme le plus adorable des loups. Stiles sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine, touché par les paroles de son aîné. La main toujours sur son bras resserra doucement son étreinte comme si Derek n'était absolument pas décidé à le laisser lui filer entre les doigts.
- « Ne t'en fais pas pour moi. » lança Stiles avec un sourire. « Je vais bien. »
- « Ne mens pas, Stiles. Tu ne sais pas mentir. Surtout pas à moi. »
Stiles ricana légèrement en entendant les paroles du lycanthrope. Derek ne pouvait pas avoir plus raison. Stiles n'était plus vraiment capable de lui mentir. La plupart du temps, son cœur se mettait à battre de façon inconsidérée dans sa poitrine et grâce à ça, Derek pouvait savoir que Stiles racontait un bobard.
- « Je sais que mon palpitant à tendance à me trahir. » se résigna Stiles.
- « Je n'ai pas besoin de ça pour savoir quand tu vas mal ou quand tu mens. Il me suffit de te regarder dans les yeux. »
Décidément, Derek choisissait toujours parfaitement son moment pour tournebouler les pensées de l'humain. Stiles baissa les paupières et soupira longuement. Avec Derek, il n'était pas que l'ami rigolo et intelligent qui résolve tous les problèmes. Avec Derek, Stiles pouvait aussi montrer sa part de vulnérabilité.
- « Je veux juste que tu fasses gaffe à toi, d'accord ? »
- « Oui, papa. » se moqua l'étudiant.
La main de Derek vint doucement frapper le crâne de Stiles. L'humain grimaça sous le coup de la légère douleur qu'il ressentit puis se mit à rire bêtement. La main du lycanthrope resta un long moment posée sur sa nuque. Stiles tenta de contrôler comme il le pouvait les pulsations de son cœur mais il savait déjà que son palpitant était en train de le trahir. Se rendant soudain compte que le geste qu'il avait envers Stiles était sans doute inapproprié, Derek retira sa main en vitesse et ouvrit la portière de la voiture.
- « Ils nous attendent. »
# # #
- « Vous pourriez nous laisser voir le corps ? » osa demander Rebekah.
Le shérif de la ville leva les yeux au ciel et échangea un regard moqueur avec son adjoint. Isaac soupira d'agacement tandis qu'Andreas restait en retrait. Il savait que négocier avec les policiers était sans doute peine perdue.
- « Il s'agit d'une scène de crime. Personne à part les forces de l'ordre ne peut pénétrer sur le toit. »
- « Allison était notre amie. » se lamenta Isaac, les yeux larmoyants.
Les deux policiers parurent compatir à leur détresse. Cependant, ils secouèrent doucement la tête, signe qu'ils ne feraient pas d'exception au règlement. Les trois amis s'éloignèrent d'un pas lent, abattus. Isaac avait comme une boule de larmes dans la gorge. Une boule qui ne demandait qu'à sortir et à se déverser sur ce monde ignoble dans lequel il vivait. Allison n'avait pas toujours été tendre avec lui – il se souvenait d'ailleurs des coups de couteaux dans l'abdomen à l'époque du kanima – mais Isaac avait une tendresse particulière pour elle. Il avait toujours vu en elle une femme libre et forte. Il n'arrivait pas à l'imaginer morte.
Stiles et Derek arrivèrent en courant vers Isaac, Andreas et Rebekah. La jeune femme, consciente que son meilleur ami devait être dans un sale état suite à l'annonce du décès d'Allison, attrapa Stiles par le col de sa chemise et lui prodigua une étreinte forcée mais tendre. Ils restèrent ainsi pendant de longues secondes tandis que Derek donnait une tape amicale et réconfortante sur l'épaule d'Isaac. Un instant, Andreas se sentit de trop. Pourtant, ces dernières vingt-quatre heures, il avait eu l'impression de retrouver la famille qui lui avait toujours manqué.
- « Je n'ai pas osé appeler Scott. » signala Stiles, la voix chevrotante.
- « On devrait l'appeler. » conseilla Derek. « Chris Argent aussi. »
Les yeux de Stiles se fermèrent quelques secondes, tandis qu'il était submergé par l'émotion. Allison n'était pas que leur amie. Elle était une âme-sœur et une fille aimante. L'annonce de sa mort allait sans doute provoquer un torrent d'émotions chez bon nombre de personnes.
- « En même temps, on n'est pas certains qu'il s'agisse bien d'Allison. » tenta de positiver Andreas.
Les quatre amis posèrent un regard froid sur le jeune elfe, ne comprenant pas bien où il voulait en venir.
- « Tant qu'on a pas vu le corps, on ne peut pas être sûrs. »
Bien sûr qu'Andreas avait raison. Il était un peu la voix de la sagesse que les quatre autres ne pouvaient pas avoir tant la situation les anéantissait. Soudain, Stiles se mit à pointer Andreas du doigt en hochant rapidement la tête de haut en bas.
- « Il a raison... Il a raison. »
D'un pas décidé, Stiles se dirigea vers le Shérif de Washington qui continuait de discuter avec certains de ses hommes.
- « Bonsoir, excusez-moi. » intervint Stiles d'une voix déterminée.
- « Qu'est-ce que tu veux, mon gars ? »
- « Je suis le fils du Shérif Stilinski, de Beacon Hills. »
- « John ? (…) Je le connais très bien. » s'empressa de répondre le Shérif. « Je suis le Shérif Davenport. Ton père t'a peut-être parlé de moi, non ? On a été dans la même classe pendant deux-trois ans. »
- « Bien sûr qu'il m'a parlé de vous. Je crois même qu'il a toujours quelques photos de vos soirées quatre cent coups. »
Davenport se mit à rire grassement. En réalité, Stiles n'avait jamais entendu son père parler de ce type. S'il avait menti, c'était parce qu'avoir dans la poche un policier était toujours quelque chose d'utile.
- « Tu lui transmettras mes amitiés. Puis si je peux faire quoi que ce soit pour lui... »
- « Pour lui, pas vraiment. » commença Stiles, visiblement intéressé. « Mais pour moi, oui. »
- « Qu'est-ce qu'il se passe, gamin ? »
- « Une de mes amies a disparu ce matin. Elle s'appelle Allison et... » La voix de Stiles se brisa d'émotion et pas seulement pour amadouer le Shérif. « J'ai peur que ce soit elle que vous ayez retrouvée. Si vous pouviez me laisser vérifier juste deux secondes. Vous, ça vous ferez avancer dans cette enquête et moi, ça... Je serais fixé, vous comprenez ? »
Davenport regarda à droite et à gauche puis souleva le ruban signalétique qui servait à banaliser la scène de crime.
- « Suis-moi. » lui souffla le Shérif.
# # #
Derek tapait du pied sur l'herbe du campus, Isaac se rongeait les ongles, Rebekah faisait les cent pas et Andreas les regardait sans être capable de les calmer. Ils attendaient tous Stiles avec impatience. Quelques minutes plus tôt, ils l'avaient vu partir avec le Shérif et depuis, ils espéraient que Stiles reviendrait avec de bonnes nouvelles.
Après une attente interminable, Stiles pointa enfin le bout de son nez et ses quatre amis s'élancèrent vers lui dans l'espoir de capter une information avant même qu'il n'ait parlé.
- « Alors ? » s'empressa de demander Isaac.
Stiles releva tout doucement les yeux vers ses amis. Ce qu'il avait vu là-haut, sur le toit, dépassait l'entendement. Il en avait encore le cœur tout retourné et le Shérif Davenport le soutenait d'ailleurs d'un bras viril pour l'empêcher de tomber. D'une pâleur fantomatique, Stiles mit un temps fou avant de répondre à la question de Lahey.
- « Ce n'est pas elle. »
La réponse de Stiles eut pour effet un long soupir de soulagement chez la meute. Pourtant, l'angoisse était toujours palpable. Effectivement, ils ne savaient toujours pas qui avait enlevé Allison. Voyant que les jambes de Stiles manquaient de lâcher, Derek attrapa à son tour le bras de l'humain et fit un signe de tête au Shérif.
- « Je m'en occupe. »
- « Voir une telle scène de crime peut être traumatisant. » précisa Davenport.
Derek hocha la tête et entraîna Stiles à l'écart. Toujours très pâle, l'hyperactif semblait au bord de l'évanouissement ce qui ne rassurait pas du tout son aîné.
- « Viens, on va s'asseoir. »
Andreas, Rebekah et Isaac restèrent en retrait, respectant l'initiative de Derek.
- « Je ne me sens pas très bien. » signala Stiles, nauséeux, une fois assis sur un banc.
Derek se dirigea vers la fontaine du jardin de l'université et y trempa un bout de son tee-shirt qu'il venait de déchirer. Il vint se rasseoir près de Stiles et passa le tissu humide sur le front de Stiles qui ferma doucement les yeux. Le contact glacé de l'eau calmait la tempête qui faisait rage dans son encéphale. Après quelques minutes d'un tel traitement, appuyé contre l'épaule de Derek, Stiles se sentit mieux et reprit quelques couleurs.
- « Ma mère me faisait toujours ça, quand j'avais de la fièvre. » raconta Stiles, un sourire mélancolique aux lèvres.
Derek ne répondit rien. Il n'attendait pas de remerciement de la part de Stiles, il souhaitait juste que celui-ci aille mieux et récupère son dynamisme légendaire. Stiles se redressa et fronça les sourcils en constatant le tee-shirt déchiré de son aîné.
- « T'as démoli ton tee-shirt. »
- « C'était pour la bonne cause, j'ai cru que tu allais me claquer entre les doigts. » répondit le lycanthrope, un sourire légèrement moqueur sur les lèvres.
- « Tu exagères! J'étais à peine plus blanc que d'habitude. »
- « Si tu le dis... »
- « C'était terrible, Derek. » avoua soudain Stiles, la voix de nouveau tremblante.
En entendant les paroles de Stiles, l'alpha déglutit difficilement. Les fois où Derek avait vu l'humain dans un tel état se comptaient sur les doigts d'une main.
- « Elle était en morceaux. » continua l'étudiant. « Les jambes coupées, les bras coupés. Décapitée. »
Stiles était à bout de souffle.
- « Je n'avais jamais vu un tel carnage. »
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- « Regarde ! » cria Lydia à l'égard de Nick. « C'est Scott ! Arrête la voiture. »
Nick ne se fit pas prier. Il s'arrêta sur le bord du trottoir et Lydia et lui sortirent précipitamment du véhicule. Il était bientôt vingt-deux heures et cette nuit d'hiver était particulièrement rigoureuse. Tandis que les yeux de la rouquine se fermaient dans la voiture, il avait déposé sa veste sur ses épaules pour la réchauffer. Un instant, il s'était trouvé ridicule, digne d'une comédie romantique pour les adolescents. Finalement, il avait sourit lorsqu'il l'avait vu s'enfouir un peu plus sous le manteau qui lui apportait un peu de chaleur.
- « Scott ! » cria à nouveau Lydia une fois sur le trottoir.
Le lycanthrope se retourna, un peu chancelant. Il semblait épuisé. Dans sa main, il tenait l'écharpe d'Allison et ne cessait de la porter à ses narines, espérant que ses sens le mèneraient à sa chère et tendre. La jolie rousse s'élança vers lui et ne contrôlant plus vraiment ses émotions, se jeta dans ses bras, cherchant un peu de réconfort auprès de quelqu'un qui la comprenait réellement. Lydia aimait Allison autant que Scott, elle en était convaincue.
McCall eut du mal à accepter cette étreinte et songea un instant à la repousser. Il estimait ne mériter aucune compassion, aucune pitié. Pourtant, maintenant que Lydia était là, il se sentait beaucoup moins déboussolé.
- « Je ne l'ai pas trouvée. » murmura le jeune homme. « J'ai parcouru une bonne partie de la ville mais je ne suis capable de rien. »
Lydia plongea ses mains dans la chevelure épaisse de son ami. Elle pouvait sentir le cœur de McCall battre à plein régime. Il était sous pression, plus stressé qu'il ne l'avait jamais été.
- « Stiles n'arrête pas de m'appeler et... »
La voix du jeune homme se brisa. Il sentait son portable vibrer dans sa poche mais il était incapable de s'en saisir pour répondre à l'appel de son meilleur ami.
- « J'ai peur qu'il m'annonce une mauvaise nouvelle. »
- « Arrête... » souffla Lydia.
La jeune femme se détacha du corps du lycanthrope et fit un signe de main vers Nick qui avait préféré rester en retrait, adossé à un lampadaire.
- « On a interrogé le type de l'hôtel avec Nick. » raconta Lydia. « Il dit l'avoir vue sortir de l'hôtel de son plein gré. Il ne la pas revue ensuite. »
- « Ce n'est pas possible ! » pesta Scott. « Derek m'assure avoir ressenti la peur d'Allison dans la chambre d'hôtel. »
McCall parlait sans réfléchir, ne prenant pas du tout en compte le fait que Nick ne connaissait rien à l'existence des loups-garous et que Lydia n'avait pas été mise dans la confidence des meurtres survenus à Beacon Hills et à Washington.
- « Ressenti ? » répéta Nick. « C'est une sorte de médium ce gars-là ? »
Lydia lança un regard paniqué à Scott qui comprit immédiatement son erreur. Maintenant, il fallait faire bonne figure face à Marble. Une personne de plus dans leurs confidences lycanthropes serait sans doute une personne de trop.
- « En quelques sortes, ouais. » précisa Scott. « Mais après, on y croît ou on y croît pas, à ces choses-là. »
- « Je ne crois que ce que je vois. » riposta Marble. « Mais si on se fie aux sens de ce Derek, le maître d'hôtel nous a menés en bateau. »
Encore une fois, là où Scott et Lydia se laissaient bouffer par leurs sentiments pour Allison, Nick prenait du recul. McCall hocha la tête, adhérant aux propos de Marble.
- « Une nouvelle visite à l'hôtel s'impose, alors. » énonça Scott qui semblait avoir repris un peu de contenance grâce au nouvel indice que venait de mettre en abîme Nick.
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Une question brûlait les lèvres de chaque membre de la meute. Si l'alpha psychopathe avait commis un autre meurtre, où était passée Allison ? Depuis plusieurs minutes, Rebekah et Stiles tentaient de joindre Scott. Chaque fois, ils tombaient sur l'agaçante messagerie du lycanthrope et leurs nerfs commençaient à en prendre un coup.
Isaac et Andreas étaient justement partis à la recherche du loup-garou mais leurs recherches ne donnaient apparemment rien. Stiles tentait de ne pas s'inquiéter outre mesure. Scott savait se défendre. Il était sans doute à l'autre bout de la ville, à la recherche d'Allison. Rien de plus. Pourtant, les entrailles de l'humain étaient tiraillées de toutes parts, tant il était angoissé à l'idée qu'il puisse être arrivé quelque chose à son meilleur ami.
Derek, qui comprenait parfaitement ce qu'il se passait dans la tête de Stiles, ne cessait de le fixer d'un regard inquiet. D'ailleurs, cela commençait à irriter l'hyperactif qui ne supportait pas d'être ainsi couvé du regard.
- « Je ne suis pas en sucre, Derek. » dit calmement Stiles.
Mais Derek était comme ça. Il protégeait ceux qu'il aimait avec toute son âme. Et Dieu seul savait à quel point Derek Hale aimait Stiles Stilinski.
- « Bien sûr que si, tu es en sucre. » précisa Rebekah un sourire sur les lèvres. « T'es la plus douce sucrerie qu'il m'ait été donné de goûter. »
Le compliment de la jeune femme fit sourire Stiles qui lui ébouriffa les cheveux avec la main. Le même enchantement se dessina sur les lèvres de Derek. Cela faisait tellement de bien de sourire à nouveau, malgré la situation problématique dans laquelle ils étaient.
- « Et encore, tu n'as pas tout goûté. » se vanta Stiles en bombant le torse.
Rebekah éclata d'un rire cristallin, bientôt suivie par son meilleur ami. Derek secoua la tête en levant les yeux au ciel. Stiles était incorrigible.
- « Vantard. » souffla l'alpha.
Derek et Stiles échangèrent un délicieux regard plein de promesses.
En assistant à la scène, les joues de Rebekah devinrent rouges, comme si elle avait interrompu un moment intime entre ces deux hommes.
Aloors, qu'avez-vous pensez de ce chapitre ?
Malgré la tristesse de ce chapitre dans lequel j'ai essayé de mettre en avant la douleur de chaque personnage (notamment la détresse des demoiselles, d'où le titre du chapitre (mais je ne considère pas Stiles comme une demoiselle, hein, je précise, ahahah !)), je pense que je vous ai gâtés avec quelques jolies scènes Sterek, non ? Quelle est votre préférée ? Pour ma part, j'ai adoré imaginer Derek déchirer son tee-shirt... :P
Sinon, vous pensez qu'il est arrivé quoi à Allison ? A vos pronostics ;)
Et Nick, vous le détestez toujours autant ? :D
Bref, j'attends vos commentaires et vous dit à très vite !
Des bisouilles :)
