Bonjour les lapins !
Me voici avec un nouveau chapitre de BNW ! J'espère que celui-ci vous plaira !
réponse à yann ~ merci beaucoup pour ta review qui m'a beaucoup touché ! Je suis contente de ne pas être un navet, déjà x) Tous les compliments que tu m'envoies me vont droit au coeur. Je suis heureuse que tu soulignes mon scénario, il est vrai que je l'ai beaucoup travaillé autant au niveau de l'intrigue générale que des relations entre les personnages. Merci mille fois et puis si le coeur t'en dit, n'hésite pas à t'inscrire sur le site pour qu'on puisse papoter par mp :)
~ part seven: it's all about to change
Isaac sentait la fatigue le ronger de l'intérieur. Son crâne lui faisait un mal de chien et ses forces s'amenuisaient à chaque pas qu'il faisait. Chaque pas était un pas de trop. Bientôt il ne tiendrait plus, aussi bien physiquement que mentalement. Le jeune lycanthrope soupirait de temps à autres, s'attirant un regard inquiet de la part d'Andreas qui marchait à ses côtés. Isaac se posait mille et une questions. Il ne comprenait pas pourquoi lui et ses amis attiraient toujours les ennuis. Il aurait voulu, pour une fois dans sa vie, connaître un environnement serein et sain. Malheureusement, son destin en décidait autrement. Aucun ange gardien ne volait au dessus de sa tête. Il était seul face à ses angoisses, seul face à ses doutes, seul face au chaos. Ses amis auraient pu l'écouter, Andreas aussi. Pourtant, lorsqu'il s'agissait de parler de ses sentiments, une coquille enveloppait le cœur d'Isaac. Lahey ne déballait pas ses ressentis, il les emballait dans du papier bulle.
A ses côtés, Andreas frissonnait. Le froid glacial de cette nuit d'hiver mettait son corps à rude épreuve. Il détestait cette saison. Il préférait le printemps, lorsque les plantes fleurissaient et les oiseaux se bécotaient. C'était son côté elfe qui parlait. Il aimait lorsque la nature paraissait plus vivante qu'elle ne l'avait jamais été.
Isaac retira sa veste et la tendit à l'elfe. Il hésita un instant à la passer lui-même autour des épaules d'Andreas mais il considéra que ce n'était pas vraiment une façon d'agir avec un ami. Il aurait pu mettre mettre la veste sur les épaules d'une fille qu'il draguait, pas sur celles d'Andreas qui n'était qu'une connaissance. Cependant, Isaac devait bien avouer que la présence de l'elfe l'apaisait énormément. Il avait même l'impression de le connaître depuis des années. Attrapant la veste du bout des doigts, Andreas remercia Isaac avec un tendre sourire. Il l'enfila rapidement, remontant le col sur son cou. L'odeur du loup-garou enivra les narines de l'elfe qui ferma les yeux une demi-seconde pour s'en délecter.
Isaac s'arrêta brusquement devant le Round Robin. Il s'agissait du meilleur bar de Washington. A cette heure tardive, la fête battait son plein. Là-dedans, les gens étaient heureux, sans complexes et sans limites. Isaac les envia.
- « T'es sûr que ça va ? » demanda Andreas.
- « Ouais, t'inquiètes. »
Les yeux du lycanthrope était pourtant humides. Andreas savait que quelque chose tracassait son ami. C'était comme si ce bar avait ravivé de mauvais souvenirs. Isaac fit quelques pas et regarda les gens à l'intérieur. Une soirée karaoké s'y déroulait. Les gens chantaient à tue-tête, dansaient sur le comptoir. Un sourire sincère s'afficha sur le visage du loup-garou. Interpellé par son comportement, Andreas se positionna derrière lui et appuya dans le dos d'Isaac comme pour lui montrer que s'il avait besoin de parler, il était présent.
Isaac se retourna puis s'adossa contre la devanture du bar, faisant face à Andreas.
- « C'est con. » dit-il simplement.
- « De quoi ? »
- « Hier, j'avais pris la décision de trouver un boulot. Pour payer la chambre d'hôtel et pour faire quelque chose de mes dix doigts. Je comptais postuler ici. »
Andreas tenta un sourire rassurant mais en cet instant, rien ne pouvait soulager Isaac. La colère commençait à gronder dans son cerveau et personne ne pourrait l'arrêter.
- « Dans ce genre de bar, les gens sont heureux, ils ne se prennent pas la tête pour un rien. Je voulais juste participer à ça. Rendre les gens heureux. Même le temps d'une soirée. »
Isaac savait qu'il n'avait pas forcément raison. C'était pourtant la vision qu'il avait du métier de barman. Il les admirait pour leur sourire et leur sens du service. Il aurait voulu faire partie de l'aventure le temps de trouver sa voix. Ou bien pour toujours. Il aurait voulu mettre son sourire réparateur au service des autres.
- « Mais à chaque fois que j'effleure l'idée d'une vie normale, quelque chose d'horrible nous tombe dessus. Ça me ramène toujours à la conclusion suivante : les gens anormaux n'auront jamais une vie normale. Et ça me tue. (…) Ça me tue parce que je me dis que je ne le mérite pas moins qu'un autre. Puis deux minutes plus tard, je me dis que je suis qu'un putain d'égoïste et qu'au lieu de penser à avoir une vie comme les autres, je ferais mieux de penser à mes amis » Isaac avait parlé à une vitesse affolante, laissant Andreas sur le bord de la route. « Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez moi, bon dieu ? » se lamenta-t-il en compressant son visage entre ses mains. « Qu'est-ce que je peux être con... »
Andreas resta un instant interdit face à cette scène surréaliste. Isaac était en train de craquer, il n'y avait pas d'autre mot pour décrire ce qui lui arrivait.
- « Rentre. » Andreas fit un signe de tête vers l'entrée du bar. « Rentre et postule. »
- « Je ne peux pas. Je n'ai pas le droit. Tout part en couilles, je ne peux pas me permettre d'écouter mes états d'âme. »
- « C'est normal d'être égoïste, parfois. C'est même conseillé ! » blagua l'elfe. « Puis tu sais, tout finit par rentrer dans l'ordre un jour. »
Isaac leva les yeux vers Andreas et haussa les épaules. Le lycanthrope savait qu'il disait ça pour être aimable et pour le rassurer. Mais Isaac avait envie d'y croire. Peut-être pouvait-il être égoïste le temps de postuler dans ce bar. Peut-être pouvait-il se permettre de penser à lui. Il ne demandait pas la lune. Il ne demandait qu'un petit job pour avoir l'impression d'être comme les autres.
Un sourire sur les lèvres, il donna un coup de poing amical dans l'épaule d'Andreas et s'élança à l'intérieur du bar.
# # #
Scott, Nick et Lydia arrivèrent en trombe dans l'hôtel. Il était près de vingt-trois heures et l'endroit était désert. Le réceptionniste n'était plus là et un silence de mort régnait dans le hall d'entrée. Lydia frissonna, glacée par cet endroit. Nick glissa sa main dans le dos de la jeune femme, ultime effort pour la réconforter. Scott regardait la pièce avec détermination, cachant son air accablé derrière ses sourcils froncés.
- « Je ne comprends pas. » souffla le lycanthrope. « Je ne sens rien. Ça me donne l'impression qu'elle n'est jamais passée par ici. »
Lydia s'avança vers Scott, posant ses fines mains sur les épaules de son ami. Le loup-garou lui lança un regard bienveillant et tenta de lui adresser un doux sourire. Scott attrapa la jeune femme par la main et l'entraîna à l'étage pour pénétrer à nouveau dans la chambre d'hôtel qu'il avait réservé. Dans cette pièce, l'odeur d'Allison était présente. Plus que présente, même.
- « Quand tu suis l'odeur de la chambre, elle te mène où ? » demanda doucement Lydia.
- « Nulle part. » se résigna Scott. « C'est comme si elle n'avait jamais quitté cette pièce. »
Nick entra à son tour dans la chambre, l'œil perdu. Quelque chose lui échappait, il en était persuadé. Lydia et Scott échangèrent un regard entendu. McCall ne souhaitait pas mettre Marble dans la confidence. Il estimait que bien trop de personnes connaissaient l'existence des loups-garous et il ne voulait plus être à l'origine d'une nouvelle perte d'innocence. Annoncer l'existence des lycanthropes, c'était comme forcer quelqu'un à passer de l'enfance à l'âge adulte en un jour. C'était détruire leur vision du monde.
- « Je ne sais pas ce que vous avez tous avec l'odeur de cette fille, mais... Tu n'as pas pensé qu'elle ait pu quitter la ville de son plein gré ? »
Scott lança un regard noir à Nick pour oser dire tout haut ce qu'il avait pensé toute la journée. Bien sûr qu'il avait imaginé qu'Allison ait pu quitter Washington pour rentrer chez elle ou retourner à Berkeley. Elle aurait pu comprendre ce qui se tramait chez son petit ami. Mais ce n'était pas le genre d'Allison. Elle aurait laissé un mot. Elle aurait prévenu Lydia. Elle ne serait pas partie en catastrophe en sachant que ses amis s'inquiéteraient pour elle. Allison n'aurait laissé personne dans le doute.
- « C'est impossible. » répondit simplement Scott.
Lydia hocha la tête, signe qu'elle pensait la même chose que le lycanthrope. Nick haussa les épaules, après tout, il ne connaissait pas cette fille et ne savait pas comment elle fonctionnait.
- « Vous êtes épuisés. » signala Nick. « Vous devriez vous reposer. »
Scott secoua vivement la tête. Il ne dormirait pas tant qu'il n'aurait pas retrouvé Allison. Lydia posa sa main dans le dos du loup-garou et le poussa vers la porte.
- « Nick a raison. » souffla-t-elle. « Quelques heures. »
Scott finit par céder. Ils n'arriveraient plus à réfléchir tant qu'ils ne se seraient pas reposés un peu.
- « Vous devriez songer à avertir la police, non ? (…) Ils pourraient prendre le relais. »
La remarque de Nick créa un silence mortifiant dans la pièce. Cela faisait bien longtemps que la meute n'avait plus le réflexe d'appeler les autorités. Ils se débrouillaient seuls, préférant éloigner les policiers du surnaturel. Nick n'avait pas tort. Il était sans doute temps de prévenir la police de la disparition d'Allison. Finalement, il n'y avait peut-être rien de surnaturel derrière tout cela.
- « Je vais m'en charger. » précisa Scott. « J'ai quelque chose à faire avant. »
Nick et Lydia firent un signe de tête compréhensif au lycanthrope.
- « Tu peux dormir dans ma chambre universitaire, si tu veux. » lança Nick à l'attention de la jeune femme. « Je sus sûr que Stiles sera ravi de te céder son lit. »
Pour la première fois depuis de longues heures, un sourire se dessina sur les lèvres de Lydia et sur celles de Scott.
- « Je croyais qu'il y avait un couvre-feu. » s'inquiéta Lydia.
- « Les règles sont faites pour les faibles. (…) Je saurais amadouer le gardien, t'en fais pas pour ça. »
Un nouveau sourire éclaira le visage de la jeune femme. Nick sortit de la pièce, bientôt suivi par Lydia et Scott.
Dans le hall d'entrée, ils jetèrent un regard à la réception qui demeurait vide. Comme si l'hôtel était devenu un hôtel fantôme.
# # #
- « Qu'est-ce qui a changé ? » demanda doucement la blonde.
- « De quoi tu parles, encore ? »
Stiles fronça les sourcils en entendant la question de Rebekah. Parfois, les paroles de la jeune femme ne suivaient pas sa pensée. Du coup, ses phrases paraissaient sans queue ni tête. Si ça avait intrigué Stiles au départ, il avait du mal à se faire à cette manie lorsqu'il était fatigué ou énervé. Il lui lança un signe de tête et elle ne put s'empêcher de sourire en se rendant compte qu'encore une fois, elle n'avait pas entièrement déroulé le fil de sa pensée.
- « Entre Derek et toi. » précisa-t-elle. « Qu'est-ce qui a changé entre Derek et toi ? »
Stiles resta silencieux, tentant de répondre intérieurement à la question. Il n'était pas sûr d'avoir la réponse. Il n'était même pas sûr que quelque chose ait réellement changé. Constatant que l'humain était perdu, Rebekah alla le rejoindre sur le lit et attrapa sa main dans la sienne, entrelaçant tendrement leurs doigts.
- « J'aime les regards qu'il pose sur toi. » dit-elle avec un grand sourire.
- « Ne raconte pas n'importe quoi. »
Les joues rougissantes de Stiles exprimaient sa gêne. Il avait remarqué les regards protecteurs de son aîné.
- « C'est beau comme il t'aime. »
Cette fois, Stiles baissa les yeux et Rebekah posa sa tête sur l'épaule de son meilleur ami. Elle savait qu'il n'était pas encore prêt à accepter que Derek puisse l'aimer en retour. Elle savait qu'il n'avait pas assez confiance en lui pour penser mériter l'amour du lycanthrope.
- « J'ai l'impression que si je te laisse avec lui, tu ne risques rien. (…) En tant que meilleure amie, c'est tout ce que je souhaite, tu sais. Savoir que tu es en sécurité quand je ne suis plus à tes côtés. »
Un sourire triste se dessina sur les lèvres de Stiles. Son regard se perdit dans la pièce et il soupira longuement.
- « Tu peux le dire. » murmura Rebekah.
- « De quoi ? »
- « Que tu aimes Scott comme ton frère mais que tu n'es pas certain que je sois en totale sécurité avec lui. Que tu as peur qu'il me lâche un jour pour Allison ou pour une autre parce qu'il est instable et changeant. »
Stiles secoua la tête. Il ne pensait pas un traître mot de ce qu'elle venait de dire.
- « Baratin ! » lança-t-il le plus sérieusement du monde. « Tu ne peux pas être plus en sécurité qu'avec Scott. Il te protégerait comme sa propre vie. C'est juste que... Oui, il change rapidement. Mais il a à peine vingt ans. On n'est pas censés savoir qui choisir et comment ne pas faire souffrir les gens quand on a cet âge-là. (…) Je suis sûr d'une chose. Les sentiments qu'il a pour toi sont réels. »
Rebekah fit une moue mélancolique. Elle souhaitait croire ce que disait son meilleur ami. Malheureusement, à en juger par la façon dont Scott lui avait parlé quelques heures plus tôt, elle avait du mal à pardonner. Quelque chose s'était brisé au plus profond d'elle-même.
- « Alors dis moi pourquoi cette sécurité que je ressens entre Derek et toi, je ne la ressens pas lorsque je suis avec Scott. »
- « Parce que tu es blessée. (...) Il t'a vexée et je comprends. Derek m'a blessé des millions de fois et j'arrive toujours à lui pardonner. »
La voix de Stiles s'était un peu brisée en se souvenant de chaque fois où l'alpha avait été injuste envers lui, plus dur qu'avec le monde entier.
- « Je sais que si je me laisse aller à aimer Scott un peu plus, il va finir par me laisser tomber. M'abandonner. (…) Je... Je ne le supporterais pas. »
Stiles serra un peu plus la main de sa meilleure amie. Il ne pouvait rien lui promettre. Il savait que Scott était fidèle et généreux mais il savait aussi qu'il était lunatique et papillonnant. Stiles ne pouvait pas certifier à Rebekah que Scott ne finirait pas par se lasser d'elle. Comment pouvait-on présager cela, de toutes façons ?
Quelqu'un frappa à la porte, faisant sursauter les deux amis.
# # #
Dani était restée cloîtrée dans sa chambre, en boule dans son lit. Avant de partir, Stiles et son ami lui avaient promis de revenir la voir. Alors, elle attendait. Elle qui n'avait jamais dépendu de personne, restait accrochée à chaque bruit qu'elle entendait, dans l'espoir que l'on frappe à sa porte. Elle avait besoin de réconfort, qu'on lui dise qu'elle n'était pas folle. Son indépendance en prenait un coup. Sa santé mentale dépendait de ce que ces deux garçons lui diraient pour la rassurer. En temps normal, elle se serait confiée à Calvin, son seul ami.
Calvin était mort. Il ne restait plus que les sanglots muets de sa belle.
Lorsqu'elle entendit trois coups frappés à la porte, elle se leva d'un bond et ne prit même pas la peine de remettre en place sa chevelure de jais. Elle ouvrit la porte de la chambre et croisa le regard glacial de Derek.
- « Stiles n'est pas là ? » demanda-t-elle avec une pointe de déception dans la voix. Ne laissant même pas le temps à Derek de répondre elle reprit d'un ton paniqué : « Cette fille morte, c'est... C'était votre amie, n'est-ce pas ? (…) Je suis désolée. Vraiment, je suis désolée. Je... J'aurais voulu aider mais... »
Derek leva autoritairement la main pour la faire taire ce qui marcha plutôt bien vu qu'elle ravala ses mots. Les cheveux défaits, le teint pâle et l'air affolé, Dani Hartell paraissait plus vulnérable qu'elle ne l'avait jamais été.
- « Ce n'était pas notre amie. »
- « Oh. (…) Tant mieux. »
- « Laisse-moi entrer, maintenant. »
Les sourcils de la jeune femme se froncèrent, pas franchement à l'aise avec l'idée de se retrouver seule avec cet homme. Il l'impressionnait sans doute mais surtout, la présence de l'agaçant Stilinski lui manquait un peu. Parce qu'il était doux et compréhensif. Même si Dani avait toujours mis en avant les défauts de l'hyperactif, elle ne pouvait cacher qu'elle avait apprécié savoir qu'elle pouvait compter sur lui si elle craquait. Du moins, c'est ce qu'elle avait compris entre les mots du jeune étudiant.
Et elle craquait. Ses nerfs lâchaient. Stiles n'était pas là et elle devrait se contenter du grand gaillard à l'air renfrogné, l'opposé même du lumineux Stilinski.
- « Je n'aime pas me répéter. »
Derek commençait à s'impatienter sérieusement. Il comprenait que cette fille soit perturbée. Il comprenait même qu'elle puisse avoir envie de pleurer et de hurler contre le monde entier. Mais Derek n'avait plus de temps à perdre. Il savait que Dani avait des informations qui pourraient leur être précieuses. Il ne comptait pas lui mettre le couteau sous la gorge. Il était pourtant du genre à utiliser la force pour obtenir ce qu'il désirait. Cette fois-ci, il sentait que la force ne servirait à rien.
Dani s'écarta enfin et lui fit signe de rentrer. Elle ferma la porte derrière elle et verrouilla à double tour. Derek s'installa encore une fois contre la commode tandis que la jeune femme restait droit comme un piquet, jouant nerveusement avec ses doigts.
- « Tu peux me parler. »
Le ton de Derek se voulait plus doux qu'à son habitude. Malgré tout, Hale n'était décidément pas doué pour forcer la confidence. Au contraire, il était plutôt doué pour contraindre les gens à se refermer comme des huîtres. Heureusement pour lui, Dani ne semblait pas être capable de garder son secret plus longtemps. Elle s'installa sur le rebord de son lit, fixant ses pieds. Regarder Derek la stressait plus qu'autre chose.
- « C'est dingue mais... »
- flashback -
- « On fait la course ? »
Les yeux de Calvin roulèrent sur eux-même mais un sourire éclaira son visage. Il attrapa sa meilleure amie par le bras et ils éclatèrent de rire sans même savoir pourquoi.
- « T'es pleine comme une barrique, chouchou. » lança le jeune homme à Dani.
- « Et tu crois que ça va m'empêcher de te battre à la course ? Saoule ou pas, je suis meilleure que toi. Et à tous les niveaux. »
Calvin se mit à rire de nouveau même s'il savait que Dani avait raison. Elle était douée dans tous les domaines et à ses côtés, il n'était qu'un minable. Il se demandait même parfois pourquoi elle l'avait choisi comme meilleur ami. Il admirait tellement Dani que ça lui faisait mal au cœur. Il était sans doute un peu amoureux aussi, mais il aurait préféré crever plutôt que de l'avouer.
Dani haussa les sourcils avec un air de défi. Il n'y avait qu'avec Calvin qu'elle montrait cette facette d'elle. Une femme joyeuse et drôle. Avec tous les autres, elle était glaciale et elle ne faisait jamais d'efforts pour qu'on l'apprécie.
- « Un, deux... »
Dani ne termina même pas de compter, elle s'élança dans un grand éclat de rire, laissant Calvin sur la touche. Il la regarda s'éloigner en secouant la tête. Dani Hartell gagnait souvent mais trichait une fois sur deux.
- « Bon dieu, Dani, fais gaffe ! »
Trop tard, le corps frêle de la jeune femme heurta de plein fouet un homme qui marchait dans la rue malgré l'heure tardive. Dani se mit à rire mais trouva tout de même la présence d'esprit pour s'excuser. L'homme n'y prêta pas vraiment attention et continua son chemin tandis que Calvin rejoignait déjà sa comparse de l'autre côté du trottoir. Dani se pencha pour ramasser une carte d'identité qui traînait par terre.
- « Hey, m'sieur, vous avez fait tomber ça ! » interpella Dani.
L'homme se retourna et revint vers eux, un air dur sur le visage. L'étudiante regarda la carte avec intérêt et explosa de rire en voyant le prénom de l'inconnu.
- « Regarde ça, il s'appelle Sage. Tu sais ce que ça veut dire 'sage' en français ? C'est pas toi qui pourrait t'appeler comme ça, hein, Calvin ? »
Sans qu'aucun des deux ne comprenne ce qu'il se passait, un rugissement parvint à leurs oreilles et les glaça. Tandis qu'une mâchoire gigantesque s'abattait sur lui, Calvin eu le temps de crier ses dernières paroles.
- « Vas-t-en, Dani ! »
- fin du flashback -
Après les aveux de la jeune femme, Derek resta silencieux. Il l'observa du coin de l'œil. Elle se balançait sur elle-même comme si elle souffrait de troubles autistiques. Des larmes coulaient sur ses joues pâles mais elle semblait ne pas s'en rendre compte.
- « J'étais saoule et je n'aurais jamais du me moquer du prénom de ce mec mais... »
Sa voix se brisa et elle secoua vivement la tête comme si la scène s'imposait à elle chaque fois qu'elle prononçait un mot.
- « Ce n'est pas de ta faute. »
Cette fois, la voix douce de Derek réussit à l'apaiser. Elle leva ses yeux plein de larmes vers lui et il changea de place pour s'asseoir à ses côtés. Maladroitement, il tapota l'épaule de la jeune femme du bout des doigts.
- « Ce n'est pas de ta faute. » répéta-t-il.
# # #
- « J'aimerais parler à Rebekah. »
Scott se tenait dans l'encadrement de la porte, les mains dans les poches et une moue de chien battu sur le visage. Stiles lança un regard à ses deux meilleurs amis et lorsqu'il fut assuré que Rebekah désirait aussi avoir cette discussion, il se leva du lit. Une fois aux côtés de Scott, il l'étreignit rapidement et virilement avant de lui murmurer un : 'Fais gaffe. Je tiens à elle comme je tiens à toi.' Un sourire s'afficha sur les lèvres de McCall tandis que Stiles quittait la pièce, fermant la porte derrière lui.
Rebekah était toujours sur le lit, les jambes remontées contre sa poitrine. Elle ne tenta pas d'éviter le regard de Scott même si elle ne paraissait pas prête à prendre la parole en premier. Surtout, elle restait persuadé que Scott devait être celui qui parlerait d'abord. Il était celui en faute, pas elle.
- « Je suis désolé. » dit-il simplement.
- « D'accord. »
La voix glacée de Rebekah le fit frissonner. En décidant de venir présenter des excuses, il ne savait pas à quoi s'attendre. Il ne s'était quand même pas attendu à une réaction aussi froide de la part de la jeune femme.
- « Je... » commença le lycanthrope. « Je n'aurais pas du te parler comme ça et... Je sais que tu n'es pas responsable de la disparition d'Allison. »
- « A la bonne heure. »
Rebekah restait sur la défensive, sans doute un peu plus agressive qu'elle ne le souhaitait. Cette hostilité ne lui ressemblait pas et Scott détestait en faire les frais. D'un pas lent, il s'approcha du lit et s'assit à côté d'elle. Le corps de la jeune femme se raidit et lorsqu'il tenta d'attraper sa main, elle se leva d'un bond, ses longs cheveux crépus lui donnant l'air un peu dingue. Scott soupira longuement ne sachant que dire ou que faire pour être pardonné. Il s'assit sur le bord du lit et se prit la tête dans les mains. Cette journée était épuisante.
- « Arrête, Rebekah. » osa-t-il d'une voix lasse tandis que la jeune femme faisait les cent pas dans la pièce.
- « Que j'arrête quoi ? » Elle avait presque crié. « Tu peux me faire toutes les excuses du monde, je suis incapable de les accepter pour le moment. (…) Je sais que tes mots ont dépassé ta pensée et que tu les as regrettés aussitôt sortis de ta bouche. (…) Mais tu les as prononcés. J'ai découvert une facette de toi qui ne me plaît pas. »
Scott hocha la tête, signe qu'il comprenait. Il y avait été fort avec elle. Il savait même qu'il ne méritait pas qu'elle lui pardonne immédiatement. Il méritait le comportement qu'elle lui accordait en ce moment-même ainsi que ce regard à la limite du dégoût.
- « Je ne peux rien dire de plus. Je suis désolé, c'est tout. Quand tu seras prête, je répondrais présent. »
Un sourire s'afficha sur le visage du lycanthrope. Il se leva du lit et s'approcha à nouveau de la jeune femme, espérant qu'elle ne s'écarte pas encore une fois. Scott resta face à elle un long moment, sans un mot. Elle le défiait du regard, l'empêchant de tenter un quelconque rapprochement.
- « Quoi que j'ai pu dire... » Scott n'était pas le meilleur pour les déclarations. Il n'avait pas l'éloquence de Rebekah. « Je tiens à toi. Beaucoup. Je m'en veux de t'avoir fait du mal. Je ne veux plus que ça arrive. Jamais. »
Il avait parlé de manière saccadée, les yeux plongés dans ceux de la jeune femme. Il osa se pencher vers elle et il déposa un baiser sur sa joue pâle. Elle ne recula pas, encore sous le choc des paroles du lycanthrope.
Scott McCall lui retournait le cerveau. Le pouvoir qu'il avait sur elle dépassait l'entendement. C'était affolant et sidérant à la fois.
Lorsqu'il quitta la pièce, elle sentit une boule d'angoisse se former dans sa poitrine. C'était la première fois de sa vie que Rebekah LaRose tombait amoureuse. Elle comprenait enfin pourquoi on parlait de 'tomber' amoureux.
Parce que ça faisait un mal de chien.
# # #
- « Isaac ? »
Pas un bruit. Pas un mot.
- « Isaac ? Tu dors ? » tenta à nouveau Andreas.
- « Plus maintenant. » répondit la voix endormie du lycanthrope.
Isaac et Andreas avaient décidé de se reposer un peu dans la chambre universitaire de l'elfe. Si le loup-garou avait trouvé le sommeil assez facilement tant il était épuisé, Andreas n'arrivait pas à fermer l'œil. Il ne cessait de gigoter dans le lit. C'était sans doute la faute à Isaac, bien trop grand. Il était difficile pour ces garçons de tenir tous les deux dans ce lit une place. Isaac n'avait pas tenté de négocier sa place. Il n'avait jamais eu l'intention de dormir parterre. Il s'était glissé sous la couette aux côtés de son ami sans même lui demander son avis.
- « Tu prends toute la couette. » râla Andreas.
- « Tire dessus au lieu de baragouiner. (…) Je n'aime pas qu'on me parle quand je dors. »
La situation devait être comique à observer. Les deux jeunes hommes étaient dos à dos, leurs jambes dépassant largement de la couette. Andreas se frottait les pieds l'un contre l'autre pour se réchauffer. Quant à Isaac, il serrait fortement un coussin contre son torse comme si celui-ci lui transmettait de la chaleur. Ni Isaac ni Andreas n'avait pris le temps de se changer avant de dormir.
Isaac retrouva doucement les bras de Morphée. La journée avait été épuisante. Entre la disparition d'Allison et son détour par le bar, il avait l'impression d'avoir pris dix ans en une journée. S'il n'avait pas pu être d'un grand secours pour Allison, il avait tout de même réussi à décrocher une semaine d'essai au Round Robin. C'était une maigre consolation mais il avait retrouvé le sourire en fin de journée grâce à ce job.
- « Isaac ? »
- « Merde, Andreas. » riposta le lycanthrope, poussant ensuite un long grognement d'agacement.
- « Il y a quelque chose que je ne t'ai pas dit. »
Cette fois, Isaac ouvrit grand les yeux, intéressé par la bouteille à la mer que venait de lancer Andreas. Il se retourna dans le lit, faisant désormais face à l'autre blond. D'un signe de tête, il lui intima de parler, espérant qu'il ne lui ferait pas perdre quelques précieuses minutes de sommeil avec une information ridicule.
- « Tu te rappelles quand je t'ai parlé de mes parents décédés ? » commença Andreas d'une voix peu assurée. « Ils n'étaient pas mes vrais parents. (…) Je veux dire que... Ma condition d'elfe, je la tiens de l'un de mes parents biologiques ou des deux. »
Isaac hocha la tête. Jusque là, il suivait les propos de son ami mais il ne comprenait pas bien pourquoi il s'entêtait à parler de ça en plein milieu de la nuit.
- « Quand j'ai compris que quelque chose ne tournait pas rond chez moi, j'ai fait des recherches. » expliqua l'elfe. « J'ai appris à contrôler mes pouvoirs avec le temps et les bouquins. Je suis encore loin du statut d'elfe expert. » blagua-t-il un fin sourire sur les lèvres. « Les elfes sont capables de magie. J'ai travaillé sur quelques sorts et une fois j'ai réussi à retrouver mon chien égaré une semaine auparavant. »
Isaac avait mis du temps à comprendre où Andreas voulait en venir. Il était sûrement un peu trop perturbé par le souffle chaud de l'elfe qui effleurait sa peau.
- « T'es en train de dire que... »
- « Je peux peut-être localiser Allison. » termina Andreas dans un timide murmure.
- « Pourquoi tu ne l'as pas dit plus tôt ? »
La question n'était pas pleine de reproches. Isaac cherchait juste à déchiffrer l'attitude d'Andreas et son choix d'attendre le milieu de la nuit pour avouer qu'il pouvait être la solution au problème.
- « J'ai peur. » souffla l'elfe.
- « De quoi ? »
- « D'échouer. »
Un sourire illumina le visage du loup-garou qui donna une pichenette dans la joue d'Andreas.
- « Ça ne coûte rien d'essayer. »
Isaac était déjà debout et tendait la main pour qu'Andreas le suive.
# # #
- « Tu dois me prendre pour une tarée... » murmura Dani.
- « Pas vraiment. » fut la seule réponse que Derek réussit à prononcer.
- « Alors tu me crois ? »
- « Pourquoi je ne te croirais pas ? »
Dani resta muette pendant plusieurs secondes. Il y avait des millions de raisons pour que Derek pense qu'elle mentait ou délirait. Elle les énuméra dans sa tête et ne put s'empêcher d'exploser de rire. Oui, il y avait des millions de raisons pour ne pas la croire.
- « Parce que j'étais saoule ce soir-là. Parce que je suis sans doute encore en état de choc. Et surtout parce que les monstres avec des dents pointues, ça n'existe pas. »
Derek haussa simplement les épaules. Il savait qu'il était plus malin de lui avouer l'existence des loups-garous. Elle pourrait enfin savoir qu'elle n'était pas totalement folle et faire le deuil de Calvin. Doucement, Derek laissa son loup prendre le dessus, ses yeux se teintant de rouge et ses canines s'allongeant dangereusement. Dani resta quelques secondes interdite face à ce spectacle puis se réfugia d'un bond à l'autre bout de la pièce.
- « Est-ce que j'ai l'air de vouloir te faire du mal ? » demanda simplement Derek tandis que Dani s'était laissé glisser contre le mur et ramenait ses jambes contre sa poitrine.
- « Tes dents sont un peu trop longues pour être inoffensives. »
La réflexion de Dani amusa le lycanthrope qui reprit son apparence normale.
- « Alors quoi ? Tu fais partie des gentils, c'est ça ? » demanda la jeune femme qui se remettait peu à peu de ses émotions.
Derek s'avança vers elle et lui tendit la main pour l'aider à se lever.
- « Ça dépend pour qui. » avoua-t-il avec un sourire taquin sur les lèvres.
- « Rassurant... » ironisa Dani.
Elle attrapa la main tendue et se retrouva sur ses jambes qui étaient très flageolantes après ce que venait de lui faire vivre le loup-garou.
- « Je ne suis pas folle alors ? »
- « Ça dépend aussi pour qui, j'imagine. Ne vas pas crier ton histoire sur tous les toits, tu risques de finir internée. »
Ce fut au tour de Dani de sourire. Ces deux handicapés sociaux avaient mis de l'eau dans leur vin. Dans le fond, Dani ressemblait beaucoup à Derek. Chaque fois qu'elle rencontrait une nouvelle personne, elle enfilait une épaisse carapace pour se protéger.
- « Si tu as besoin de parler ou d'aide, tu peux nous appeler. »
Derek attrapa un post-it qui traînait sur le bureau puis nota son numéro de téléphone et celui de Stiles. Il tendit le bout de papier à Dani. Elle regarda longuement la feuille et hocha doucement la tête. La jeune femme était d'une pâleur inquiétante. Ce qu'elle venait d'apprendre la sidérait et l'effrayait. Elle n'aurait jamais cru que les films de science-fiction qu'elle regardait avec Calvin n'étaient pas si éloignés de la vérité.
- « J'imagine que Stiles c'est pour la parlotte et toi pour le coup de main. » énonça-t-elle avec un sourire taquin sur le visage.
- « Tu as tout compris. »
Derek tourna les talons et ouvrit la porte de la chambre.
- « Watson ? »
Derek ne put s'empêcher de sourire, constatant que Dani avait recommencé à le comparer au compagnon du détective privé Holmes. Il se retourna et lui lança un signe de tête pour savoir ce qu'elle attendait de lui.
- « Tu pourras remercier Sherlock de ma part ? »
Dani avait prononcé ces paroles avec une voix étonnamment douce. Derek hocha la tête et s'en alla pour de bon, abandonnant la jeune femme qui passerait sans doute l'une des nuits les plus agitées de sa vie.
# # #
- « Du pissenlit, sérieux ? »
Isaac bayait aux corneilles, donnant l'impression de s'être lancé dans une cueillette de champignons plutôt que dans une course contre la montre pour retrouver l'une de leurs amies. Il regardait les végétaux de la forêt avec plus ou moins d'indifférence et semblait totalement désintéressé de la tambouille qu'Andreas s'apprêtait à réaliser.
- « Tu sais au moins à quoi ressemble du pissenlit ? » se moqua Andreas face à la mauvaise foi du lycanthrope.
- « Oui, Panoramix. »
Andreas ne réussit pas à faire la tronche plus longtemps, il éclata de rire, bientôt suivi par Isaac. Le loup-garou se pencha et cueillit une fleur de pissenlit. Il la tendit à l'elfe.
- « Tu penses que ça peut marcher ? »
- « Je t'ai déjà dit mille fois que je suis novice. Je... Personne ne m'a appris à me servir de mes pouvoirs. (…) Je sais que les elfes sont des êtres proches de la nature. C'est dans les végétaux que nous puisons notre force. »
Isaac hocha la tête et observa l'elfe qui commençait à frotter les pissenlits contre les paumes de sa main. Le pissenlit broyé rejoignit le reste des plantes cueillies dans une vasque d'une vingtaine de centimètres. Isaac avait l'impression d'assister à l'une des excentricités du druide Deaton.
- « Ça caille, putain. » râla le lycanthrope.
- « Note pour moi-même... » commença Andreas. « Isaac Lahey est terriblement chiant quand il est fatigué. »
- « C'est une façon polie de me dire de la fermer ? »
- « Exactement... »
Encore une fois, les deux jeunes garçons échangèrent un éclat de rire. Andreas attrapa la carte de Washington qu'ils avaient trouvé à l'arrière du calendrier posé sur le bureau de l'elfe. D'un geste peu assuré, il versa sa préparation au centre de la carte et sortit un pendule de sa poche. Isaac se mordait la lèvre inférieure et se dandinait d'un pied à l'autre. Il avait envie de parler mais préférer ne pas s'attirer les foudres de l'elfe. Avec la chance qu'ils avaient, le sort allait foirer et se retourner contre eux. Il choisit donc de garder le silence.
Andreas ferma les yeux mais Isaac les garda grand ouverts, préférant garder le contrôle de la situation. Après plusieurs secondes, une lumière éblouissante s'échappa du bout du pendule. Les yeux bleus d'Isaac se plissèrent un peu tant l'intensité était importante. La main d'Andreas semblait glisser toute seule sur la carte. Lorsque ses doigts se recroquevillèrent autour du pendule, Isaac comprit que le sort avait marché.
- « Ici... » souffla l'elfe tandis qu'Isaac le rejoignait pour repérer l'endroit sur la carte.
- « Ce n'est pas possible. »
Andreas et Isaac échangèrent un regard inquiet.
- « J'ai sans doute échoué. » se lamenta Andreas.
Le pendule indiquait l'adresse exacte de l'hôtel. C'était tout bonnement illogique.
- « A moins que... » commença le loup-garou. « Et si Allison était toujours dans l'hôtel ? »
- « Je ne comprends pas... »
- « On y va. »
- « Où ? »
- « A l'hôtel, Andreas. Je ne penses pas que tu aies échoué. »
# # #
- « Qu'est-ce que tu fais là ? » souffla Derek lorsqu'il trouva Stiles assis en tailleur sur le toit de l'université dont l'accès avait finalement été autorisé.
Les traces de sang avaient été lavées et l'endroit était paisible. On aurait dit qu'aucun crime sordide n'y avait été commis. Stiles sursauta en entendant la voix rauque du lycanthrope derrière lui. Il avait quitté la chambre de Rebekah une heure auparavant et ses pas l'avaient mené sur ce toit où il avait vu le corps de cette fille dans l'après-midi. L'humain passa une main sur ses yeux humides et Derek fit comme s'il ne l'avait pas surpris en train de pleurer.
- « Comment tu m'as trouvé ? » demanda Stiles.
- « Tu me poses sérieusement cette question ? »
Stiles haussa les épaules, l'air mélancolique. Il savait que Derek lisait en lui comme dans un livre ouvert. Si ça émouvait le jeune homme, ça l'effrayait aussi énormément. Conserver une part de mystère était quelque chose d'important aux yeux de Stiles.
- « Ton odeur. » finit par répondre l'alpha.
- « T'aurais simplement pu m'envoyer un sms. » ironisa Stiles.
- « C'était plus rapide avec mon odorat. »
- « Je sens si fort que ça ? »
Stiles et Derek échangèrent un regard complice. Le lycanthrope s'installa aux côtés de Stiles.
- « Pourquoi ni Scott, ni Isaac, ni toi vous n'arrivez à retrouver Allison, alors ? »
- « Je n'en sais rien. » se résigna le loup-garou.
Stiles regarda droit devant lui. La vue sur le campus était imprenable. C'était gigantesque mais apaisant. L'humain comprenait pourquoi le toit était l'endroit préféré de Rebekah. Si l'on oubliait le meurtre commis à cet exact emplacement, cette toiture plate avait même quelque chose de magique.
Derek fixait Stiles d'un air inquiet. Il ne pouvait s'empêcher de s'alarmer lorsqu'il s'agissait du jeune étudiant. Stiles était plus fragile qu'il ne voulait le montrer. Derek en était conscient et tenait à prendre soin de lui à sa façon. Le loup-garou savait qu'il s'était montré trop dur avec Stiles ces derniers temps et il tentait de se faire pardonner.
- « Tu es pâle. » murmura Derek.
- « Arrête. » intima autoritairement l'humain.
- « De quoi ? »
- « De me materner. »
Derek baissa les yeux et hocha la tête très lentement. Il comprenait le soudain agacement de Stiles mais se sentait tout de même vexé par cette légère agressivité.
Le portable de Stiles vint interrompre le long silence gênant qui commençait à s'installer entre les deux hommes. L'humain regarda l'écran s'allumer et souffla longuement.
- « C'est Isaac. »
La dernière fois qu'il avait eu Isaac au téléphone, ce n'était pas pour la meilleure des nouvelles. Il espérait que ce cauchemar ne se répète pas à nouveau. Stiles se leva et appuya sur la touche 'décrocher'. A l'autre bout du fil, la voix du lycanthrope paraissait excitée, joviale. Immédiatement, le visage de Stiles rayonna. Lorsqu'il entendit la bonne nouvelle, il se mordit la lèvre et lança un sourire radieux à l'alpha qui comprit ce qu'il se tramait.
- « On arrive, t'inquiètes. » lança Stiles d'une voix joyeuse avant de raccrocher. « Ils ont retrouvé Allison. » dit-il à l'attention de Derek.
Derek poussa un long soupir de soulagement et ferma les yeux quelques secondes.
- « Elle a été emmenée à l'hosto mais apparemment, elle va plutôt bien. (…) Il n'a pas voulu m'en dire plus pour le moment, ils nous attendent à l'hôpital. »
Derek et Stiles restèrent un long moment à se regarder droit dans les yeux, un très léger sourire dessinés sur leurs lèvres. C'était l'une des premières bonnes nouvelles qu'ils recevaient depuis longtemps. Trop longtemps. Stiles resplendissait. Son visage avait repris des couleurs et ses membres avaient recommencé à bouger un peu trop au goût de Derek. Mais le lycanthrope préférait largement le voir dans un tel état. Stiles était beau de bonheur.
L'humain donna une tape maladroite dans l'épaule de son aîné.
- « Souris un peu, sourwolf ! »
Derek tenta de répondre à l'ordre en faisant le sourire le plus sincère qu'il avait à son répertoire. Stiles apprécia tant l'effort qu'il attrapa le loup-garou par le col puis enroula ses bras autour de Derek pour le forcer à l'enlacer. Face à cette soudaine étreinte, le lycanthrope ne sut pas comment réagir. Il resta bien droit, les bras ballants, incapable du moindre mouvement. Stiles fronça les sourcils, se rendant compte du ridicule de la scène. Il ne se laissa pas refroidir pour autant, il resta contre le loup-garou, nichant son menton sur l'épaule de celui-ci.
- « Tu sais, toute personne normale ne reste pas les bras en pendant quand on leur fait un câlin. »
Un grognement sortit d'entre les lèvres de Derek et Stiles ne put s'empêcher de se mettre à rire.
- « J'observe tout de même une amélioration. Il n'y a pas si longtemps, tu m'aurais tué pour moins que ça. »
Stiles se recula, laissant enfin de l'espace à Derek qui semblait extrêmement perturbé par cette soudaine marque d'affection. L'humain regarda le lycanthrope en se pinçant les lèvres pour ne pas exploser de rire à nouveau. Puis il se dirigea vers la sortie de secours qui finiraient par les mener hors de l'université.
- « Allez, dépêche-toi, crétin. » lança Stiles en lui faisant signe de descendre les escaliers.
Derek passa à ses côtés et lui donna une tape dans le crâne.
# # #
Scott arriva en courant à l'hôpital. Isaac cria son nom lorsqu'il le vit débarquer à vive allure. Le brun enlaça rapidement le blond et serra la main d'Andreas. C'était bon de se revoir et de savoir qu'Allison était de retour. Isaac avait été très évasif quant au comment ils avaient retrouvé la jeune femme. Il préférait attendre que tout le monde soit arrivé à l'hôpital pour raconter l'histoire une bonne fois pour toutes.
- « Où est-elle ? » demanda McCall.
Isaac fit un signe de tête vers la chambre d'Allison. Au même moment, Rebekah, Stiles et Derek arrivaient dans le couloir.
- « Vous êtes de la famille ? » demanda le médecin de garde.
- « Je suis son petit ami. » s'empressa de répondre Scott sous le regard désabusé de Rebekah. « Son père habite en Californie. »
- « Vous devriez l'appeler. »
Scott hocha la tête et promit au médecin de le faire très rapidement. Nick et Lydia arrivèrent à leur tour, complètement essoufflés.
- « Sa voiture ne démarrait pas à cause du froid. » râla la jeune femme tandis que Nick levait les yeux au ciel.
- « T'as quoi comme bagnole ? » se moqua Stiles. « Même la mienne démarre avec un temps pareil. »
Nick préféra ne pas répondre tandis que Stiles se bidonnait comme un gamin face à l'air dépité de son colocataire.
- « Je peux voir Allison ? » demanda Scott.
- « Oui, bien entendu. (…) Mais une personne à la fois, s'il vous plaît. (…) Vous devez savoir que... »
Scott ne laissa pas le temps au médecin de finir sa phrase. Il s'élança dans la chambre sans un regard de plus à ses amis.
- « Comment vous l'avez retrouvée ? » questionna Lydia.
Isaac et Andreas échangèrent un regard. Ils s'étaient mis d'accord sur une version largement romancée de leur épopée. Le lycanthrope toussota légèrement avant de commencer son récit.
- « On n'arrivait pas à trouver le sommeil alors Andreas a eu l'idée de retourner à l'hôtel pour chercher des indices qui nous auraient échappés. On a fouillé la chambre de Scott de fond en comble et Andreas a remarqué que l'une des lattes du plancher bougeait. » commença Isaac.
- « Du coup, j'ai réussi à l'enlever et je me suis rendu compte que grâce à ça, on pouvait enlever plusieurs autres lattes. Et sous le plancher, il y avait une trappe. »
Lydia poussa un cri de stupeur tandis que Derek fronçait les sourcils.
- « Ne me dis pas qu'elle était là-dessous ? » lança la meilleure amie d'Allison.
- « On l'a retrouvée ligotée et bâillonnée. (…) Elle était inconsciente à ce moment-là. On n'a pas vraiment réfléchi et on a appelé la police et l'ambulance. »
- « Vous avez bien fait. » annonça Derek tout en lançant un regard fier à son bêta.
- « C'est ce taré de maître d'hôtel, alors ? » questionna Nick. « C'est lui qui l'a enlevée, c'est ça ? »
- « Les policiers ont fait fermer l'hôtel et ont mis en garde à vue tout le personnel de l'établissement. » répondit Andreas.
Stiles soupira longuement. Seule Allison serait capable de leur dire le fin fond de l'histoire.
Pendant ce temps-là, Scott était entré dans la chambre de sa petite amie. Il la regarda, couverte d'hématomes au niveau des bras et de nombreuses griffures le long de son cou. Un frisson lui parcourut la colonne vertébrale. Il s'avança vers le lit et attrapa doucement la main d'Allison. Elle semblait dormir profondément. Lorsqu'il toucha ses doigts, elle tressaillit et ouvrit les yeux. En le voyant, elle sursauta et poussa un long cri d'effroi.
- « C'est moi, Allison, c'est Scott. (…) Tu es en sécurité. » souffla le jeune homme.
Allison ne se calma pas pour autant. Elle continua de hurler et se mit à arracher les fils qui la reliaient à de nombreuses machines. Le médecin de garde, alarmé par le bruit, rentra dans la chambre accompagné de plusieurs infirmiers. Ils réussirent à la maintenir bien qu'elle se débattait avec virulence. Sous le regard inquiet de Scott, le médecin lui administra une dose de calmant. Elle ferma les yeux.
Pendant plusieurs heures, Scott resta à son chevet. Il en avait profité pour appeler Chris qui avait sauté dans l'avion dès qu'il avait su pour sa fille. Lorsque Allison se réveilla à nouveau, Scott lui adressa un tendre sourire. Comme le médecin lui avait demandé de le prévenir dès qu'elle ouvrirait les yeux, il le bipa à l'aide du bouton d'urgence.
- « Vous allez bien, mademoiselle ? » demanda le médecin.
Allison paraissait dans les vapes, incapable de dire un mot. Elle hocha positivement la tête ce qui rassura McCall. Le médecin se retourna vers Scott.
- « Son I.R.M. est bon mais je tiens tout de même à lui faire passer quelques tests, les chocs dont elle a souffert, autant psychologiques que physiques ne sont pas à négliger. »
Scott accepta sans broncher.
- « Comment vous appelez-vous ? » demanda le médecin à Allison.
Le silence qui s'abattit dans la pièce fut dérangeant. Scott restait pendu aux lèvres de sa petite amie, attendant qu'elle prononce son nom.
Allison resta silencieuse.
- « Je... » commença-t-elle après plus d'une minute. « Je n'en sais rien. »
Scott porta sa main à sa bouche, sidéré par ce qu'il venait d'entendre. Ce qu'avait vécu Allison dans ce sous-sol devait dépasser l'entendement. Ce choc lui avait fait tout oublier. Jusqu'à son nom.
- « Allison... Tu t'appelles Allison. » murmura le loup-garou dans l'espoir de la faire réagir.
La jeune femme lui lança un regard vide et Scott baissa les yeux.
Et voilà pour cette partie 7 :) Encore un chapitre fort en rebondissements !
Quels sont vos passages préférés ? Pour ma part, j'adore la scène entre Scott et Rebekah dans la chambre. Ainsi que la scène Sterek sur le toit, bien entendu ! Mais ce que j'ai le plus aimé écrire, ce sont les scènes Dani/Derek, allez savoir pourquoi ! J'aime le personnage de Dani et j'espère que vous saurez apprendre à l'aimer aussi ! Elle vous réserve de nombreuses surprises, croyez-moi !
Oh, et Allison qui perd la mémoire, vous en pensez quoi ? Qu'est-ce qu'il lui ait arrivé dans ce sous-sol selon vous ?
Je vous embrasse !
