Bonsoir à tous !

Je vous souhaite par avance un joyeux noël ! Au programme : overdose de chocolats, foie gras, crevettes & compagnie ! Puis des moments précieux avec ceux que vous aimez je l'espère :)

Pour patienter, un petit cadeau de ma part : la suite de Brave New World ! Même si je mets du temps à poster (boulot je t'aime, boulot je t'adore), je ne compte pas abandonner cette fiction qui me tient extrêmement à coeur.

J'espère que ce chapitre va vous plaire ! Il est plus léger que le précédent en tout cas (sauf pour la toute fin, vous voilà prévenus) !


~ part eight: amnesia

- « Et ça va durer combien de temps encore ? » demanda Stiles.

Scott haussa les épaules. Les médecins n'avaient pas su répondre à cette question. Ils avaient tenté d'être les moins alarmistes possible et pourtant, le loup-garou avait compris que la situation d'Allison pouvait durer un long moment. Amnésie post-traumatique... Voilà comment les médecins avaient défini l'état de la jeune femme. Ils attendaient désormais qu'elle soit un peu plus en forme pour lui faire passer une batterie de tests. Ces examens permettraient de savoir ce que la belle brune avait enduré pendant sa courte captivité. Un tas de scénarios envahissait l'esprit de McCall, tous plus horribles les uns que les autres.

- « Personne ne sait. » conclut le lycanthrope.

Scott tentait d'effacer de sa mémoire le regard vide de sa petite amie. Elle ne le reconnaissait plus et ne se souvenait même plus de son propre prénom. C'était un cauchemar. Un terrible et cruel cauchemar. Stiles serra l'avant bras de son meilleur ami afin de lui communiquer sa compassion. Il imaginait à quel point cette situation devait être difficile. Ne pas savoir ce qu'avait vécu Allison dans ce sous-sol était une véritable torture.

- « Il est quelle heure ? » demanda Lydia, à moitié endormie contre l'épaule de Nick.

- « 23h30. » souffla le colocataire de Stiles.

Lydia ferma de nouveau les yeux, grimaçant à cause de l'inconfort des fauteuils de la salle d'attente de l'hôpital. Quant à Rebekah, elle était debout à côté de la machine à café et achetait son énième thé au citron.

- « Répugnant... » disait-elle à chaque fois qu'elle finissait un verre.

Et pourtant, c'était la seule chose qui la tenait éveillée. Scott s'avança à son tour vers la machine et commanda un café noir. De la caféine ne lui ferait certainement pas de mal. Rebekah contempla le fond de son verre de thé afin d'éviter le regard du jeune homme. Malheureusement pour elle, McCall semblait décidé à faire la conversation.

- « J'avais trouvé un boulot au fast-food. J'étais censé commencer demain matin » murmura-t-il pour que personne d'autre que Rebekah ne l'entende.

La jeune femme resta silencieuse. Elle leva les yeux vers lui pour l'interroger du regard. Pourquoi parlait-il à l'imparfait ?

- « Et tu sais ce qui est totalement dingue ? » ajouta-t-il en souriant tristement. « J'ai toujours envie d'y aller. (…) Je devrais vouloir rester auprès d'Allison et attendre patiemment qu'elle retrouve la mémoire... Mais non ! J'ai juste envie d'aller faire mon premier jour de travail comme n'importe quel autre jeune de mon âge. »

Encore une fois, Rebekah préféra se taire. Elle savait que si elle donnait son avis, il pourrait le lui faire payer plus tard. Alors, la jeune femme ravala ses précieux conseils et se contenta d'une longue gorgée de thé brûlant.

- « Je sais ce que tu en penses. » conclut Scott.

- « Très bien, ça me fait économiser de la salive. » lança-t-elle, non sans agressivité.

- « Je commence à te connaître par cœur, et ça me fait flipper. (…) Tu crèves d'envie de me dire d'aller au fast-food demain, de vivre ma vie comme je l'entends. Même si pour ça je dois être égoïste. »

Rebekah manqua de s'étouffer avec son thé. Effectivement, Scott commençait à lire en elle comme dans un livre ouvert. Et oui, c'était flippant. Les deux joues rouges comme des cerises, Rebekah secoua vivement la tête de gauche à droite.

- « Tu te trompes. » mentit-elle. « Tu devrais rester auprès d'Allison. »

- « Ton rythme cardiaque s'accélère. » constata Scott.

- « Et ? »

- « Et ça veut dire que tu me mens. »

Leurs regards restèrent pendus l'un à l'autre pendant un long moment. Prise au piège, Rebekah finit par baisser les yeux, abandonnant la bataille. Bien sûr qu'elle mentait. Scott méritait de vivre sa vie avec le peu d'insouciance qu'il lui restait. Il pouvait très bien concilier les deux. Veiller sur Allison et commencer son nouveau job.

Scott lui adressa le sourire le plus adorable qu'il avait en répertoire et tourna les talons. Il savait ce qu'il allait faire demain. D'ailleurs, il sentait que désormais, l'un de ses réflexes dans la vie allait être de se demander : « Qu'aurait fait Rebekah à ma place ? »

# # #

- « J'ai faim. » lança Stiles, le nez froncé. « Mon ventre fait le bruit d'un moteur d'avion. »

- « Tu veux quoi ? » demanda Derek avec nonchalance.

- « Dans l'idéal ? Un steak-frites. Saignant. Avec du ketchup et de la mayonnaise mélangés. Et une bière. (…) Je tuerais pour boire une bière en ce moment. Mon corps réclame des bulles. »

Derek leva les yeux au ciel et finit par taper une combinaison sur le distributeur sans même demander l'avis de l'étudiant. Stiles parlait trop, beaucoup trop. Le loup-garou lança un paquet à son ami qui l'attrapa avec brio.

- « Des chips de crevettes ? (…) Je déteste ça. »

- « Menteur... (…) Tu en caches des paquets dans le tiroir de ta table de nuit. »

- « QUOI ? Comment tu sais ça, toi ? » hurla Stiles, l'air outré.

Derek se mordit l'intérieur de la joue pour ne pas se mettre à rire tandis que Stiles semblait en faire une affaire d'état.

- « Les paquets sont juste à côté des préservatifs goût pomme verte. » taquina le lycanthrope.

Cette fois, Stiles crut mourir de honte. Il avait bien des préservatifs dans sa table de nuit ainsi que des paquets de chips de crevettes.

- « Tu sais que je pourrais te tuer pour avoir fouillé dans mes affaires, saleté de loup ? » s'emporta l'étudiant, en ouvrant rageusement son paquet de chips.

Derek se contenta de répondre par un sourire moqueur. Il lui vola une poignée de chips au passage. La nuit promettait d'être longue. Autant prendre des forces.

# # #

Le lendemain matin...

- « Lève-toi. » intima la voix rauque de Derek.

Stiles bredouilla quelque chose d'incompréhensible en se camouflant sous la couette.

- « Ne me fais pas répéter. Tu sais très bien que tu as cours. » ronchonna l'alpha.

- « Encore cinq minutes. »

Stiles s'enfonça un peu plus dans le lit, ignorant totalement le lycanthrope. Les deux hommes s'étaient couchés vers quatre heures du matin et Stiles avait fait promettre à Derek de le réveiller à 7h30 pour qu'il ne soit pas en retard à son cours d'ontogenèse. L'alpha, plutôt docile, avait accepté de jouer le rôle du radio réveil. De toutes façons, le pauvre Derek n'avait pas fermé l'œil de la nuit, trop fébrile pour dormir et bien trop à l'étroit dans le ridicule lit étudiant de Nick.

- « Trente secondes de plus. »

- « Tu vas être en retard. »

Cette fois, Derek perdit patience et retira violemment la couette du corps à moitié nu de l'étudiant. Stiles portait en tout et pour tout un caleçon et une paire de chaussette. Le jeune humain grimaça et donna des coups de pieds en l'air comme si cela pouvait empêcher Derek d'enlever la couette.

- « Grouille-toi. »

- « Je te déteste. » grommela Stiles tout en se levant avec difficulté de ce lit si accueillant.

Derek ne s'en formalisa pas et se contenta de tendre une tasse de café à son ami. Les yeux de Stiles s'écarquillèrent en constatant la douce attention du loup-garou.

- « Je retire ce que j'ai dit. T'es carrément un meilleur colocataire que Nick. »

- « J'espère bien. »

Ils échangèrent un sourire entendu. Stiles avala une gorgée du café préparé par Derek. Lui qui s'attendait à un café totalement raté fut particulièrement surpris. Il était délicieux et parfaitement dosé.

- « Derek ? » demanda Stiles, soudainement très sérieux.

Le loup-garou hocha doucement la tête pour l'encourager à parler.

- « Pour le tueur psychopathe qui en a après Scott... Tu... Tu comptes le mettre au courant ou bien... ? » questionna-t-il maladroitement.

- « Je crois que Scott a déjà pas mal de choses à gérer pour le moment. »

- « Alors tu penses lui mentir ? »

- « Lui cacher la vérité. »

- « C'est différent ? »

Derek haussa les épaules. Il ne savait plus la vraie définition du mot 'mentir'. D'ailleurs, il préférait ne plus s'y intéresser. Il était sûr d'une chose : mettre McCall dans la confidence n'était pas la meilleure des idées.

- « Arrête de t'inquiéter, Stiles. (…) Je vais faire des recherches et... Je vais le trouver ce taré, ok ? »

- « Tu connais seulement son prénom. C'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. » se lamenta l'étudiant.

- « Je t'ai connu plus optimiste. (…) Sage n'est pas un prénom commun. »

Stiles fit une moue dubitative. Il aurait aimé croire son aîné. Il aurait adoré que tout soit aussi simple. Que Derek retrouve ce Sage, lui fasse mordre la poussière et que tout redevienne normal. Même si tout n'était jamais vraiment normal dans un monde où cohabitaient Derek et Stiles.

L'étudiant réunit ses affaires et s'élança vers la salle de bain. Avant d'y pénétrer, il se retourna une dernière fois.

- « Derek ? »

- « Hmm ? »

- « Tu sais, pour les préservatifs à la pomme... C'est mon père qui a insisté pour que je les mette dans ma table de nuit. Comme il dit : 'On ne sait jamais ce qu'il peut arriver' ! »

Rouge de honte, Stiles s'enferma à double tour dans la salle de douche. Il jura entendre Derek rire de l'autre côté de la porte.

# # #

- « Tu passeras au bar ce soir ? » demanda Isaac.

- « Pour te voir jouer à Tom Cruise dans le film Cocktail ? » lança Andreas, un brin moqueur.

- « Tu parles... Je vais sans doute casser une bonne douzaine de verres dans la soirée. »

- « Évite les verres en cristal, ça porte malheur. »

Les deux hommes explosèrent d'un même rire clair et communicateur. Seul Andreas savait qu'Isaac commençait à travailler au Round Robin. Dans le fond, le lycanthrope se sentait coupable de débuter une nouvelle vie alors que ses amis vivaient un tel drame. Par moment, il pensait à Allison et se trouvait égoïste. Pourtant, il savait qu'il faisait le bon choix. Il avait le droit de penser à lui, rien qu'à lui. C'était Andreas qui lui avait fait entrevoir cette perspective.

- « Je serai là. » souffla l'elfe.

Isaac lui sourit sincèrement. En très peu de temps, le lycanthrope pouvait certifier qu'Andreas Lacenaire était devenu l'un de ses meilleurs amis. Peut-être même le meilleur. Il trouvait toujours les mots qui sonnent, les mots rassurants, les mots justes. Isaac bénissait Rebekah d'avoir mis l'elfe sur sa route.

- « Isaac ? » lança Andreas. « Tu es vraiment quelqu'un de bien. N'en doute jamais. »

Là, emmitouflés sous la couette du lit d'étudiant d'Andreas, Isaac rougit. Dans la pénombre, sa gêne ne se remarqua pas mais le jeune elfe imaginait parfaitement les joues rosies du lycanthrope. Il comprenait les tourments qu'Isaac devait vivre en ce moment, tiraillé entre les événements récents et la possibilité d'une vie un tant soit peu normale.

# # #

- « T'es ma meilleure amie, Allison. Tu es entrée dans ma vie et tu l'as adoucie. Tu es ce qu'il y a de meilleur dans ce monde, tu devrais t'en souvenir. »

Face à Lydia, Allison lançait de grandes œillades vides, ne semblant pas comprendre ce que racontait la rousse. Miss Martins, désespérée, attrapa sa tête entre ses mains. La jeune femme était restée toute la nuit auprès de sa meilleure amie, espérant que celle-ci retrouve ses souvenirs. Lydia avait attrapé la main d'Allison mais la brune avait secoué vivement la tête pour l'en empêcher.

- « J'en peux plus... » se lamenta Lydia, une larme roulant sur sa joue.

Et cela ne durait que depuis quelques heures. Que se passerait-il si Allison restait dans cet état pendant des jours, des semaines ? Lydia n'osait pas l'imaginer. C'était bien trop difficile à envisager. La rousse avait besoin de sa meilleure amie. Elle avait besoin d'entendre son rire et de l'entendre parler de Scott pendant des heures entières. Elle ne voulait plus croiser le regard de cette fille brune allongée sur un lit d'hôpital qui était tout sauf la véritable Allison Argent.

- « Je vais rentrer, Lydia. (…) J'ai cours dans une demi-heure. »

Lydia leva les yeux vers Nick Marble. En quelques heures, elle avait ressenti toutes sortes d'émotions pour ce garçon. De l'indifférence à la compassion. De l'exaspération à l'admiration. La jeune rousse se leva d'un bond et l'enlaça aussi fort qu'elle le pouvait.

- « Merci. » souffla-t-elle. « Merci d'avoir été là. »

Un peu gêné, Nick hocha lentement la tête et tapota doucement et maladroitement l'épaule de la jeune femme. Lydia n'était pas une fille comme les autres, il en était convaincu. Elle était mieux que toutes les femmes qu'il avait croisé dans sa courte vie. Tentant d'effacer cette conclusion de son esprit, il se détacha d'elle et recula lentement vers la porte de la chambre.

- « Ca va aller ? Je peux vous laisser ?»

Cette fois, Lydia crut défaillir. Il avait dit 'vous'. 'Vous' pour parler d'elle et d'Allison. Ce garçon était si étonnant. Il était bien loin de l'image qu'il renvoyait de lui au premier abord.

- « Tu peux. »

En réalité, Lydia ne voulait pas le voir partir. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle avait une furieuse envie de le retenir.

# # #

- « Beau costume. »

Scott leva les yeux vers une voix qu'il aurait reconnu entre milles. Rebekah LaRose se tenait devant lui, tout sourire. Il ne put s'empêcher de faire de même malgré le ridicule de la situation. Lui, déguisé en cornet de frites géant, abordant les gens sur le trottoir en face du fast-food pour les encourager à manger trop gras, trop sucré et trop salé. Le plus étonnant était que Rebekah ne paraissait même pas ironique. Son sourire semblait sincère, loin de toute moquerie.

- « Alors c'est ça, ton fameux boulot ? » lança-t-elle.

- « Ne raconte rien à Stiles. Il se moquerait de moi jusque dans la tombe. »

Rebekah explosa de rire. Elle ne voyait rien de honteux dans ce travail. Après tout, la demoiselle ne voyait jamais le mal. Elle préférait toujours voir le verre à moitié plein.

- « Tu prends ta pause à quelle heure ? » questionna-t-elle, presque innocemment.

- « Dans dix minutes. »

- « Je t'attends à l'intérieur. » souffla-t-elle avant de partir d'un pas sautillant vers l'entrée du fast-food.

Après le passage express de la jeune femme, Scott donna encore plus de cœur à l'ouvrage. Jamais personne n'avait vanté les bienfaits des frites avec autant de passion.

# # #

Stiles envoya un million de messages à Rebekah. Voilà qu'il se retrouvait seul en cours d'ontogenèse. Ce n'était certes pas le cours le plus passionnant de leur cursus universitaire mais il savait aussi que la jeune femme n'était pas du genre à sécher les cours. Baillant aux corneilles, Stiles n'attendait qu'une chose avec impatience : la fin du cours pour aller retrouver son lit moelleux. Son crâne lui faisait souffrir le martyr, tambourinant contre ses tempes comme un jamaïcain sur son djembé.

Lorsque le professeur arrêta enfin de déblatérer, l'étudiant poussa un long soupir d'aise. Au même moment, son ventre criait famine, grognant d'envie d'ingurgiter un repas chaud. Depuis le paquet de chips aux crevettes de la veille, Stiles n'avait rien avalé. Avant de rejoindre son lit, il comptait bien profiter de la cuisine, pas forcément fameuse mais mangeable, de la cafétéria de l'université. Armé de son plateau rempli à l'excès, il s'installa dans un coin tranquille, bien loin des populaires et autres hipsters. A la première bouchée, il ne put s'empêcher de sourire comme un idiot :

- « Que dieu bénisse les saucisses. » dit-il tout fort pour lui-même.

- « Amen. » lança une voix ironique derrière lui.

Levant les yeux vers cette voix familière, Stiles hocha la tête en apercevant Dani Hartell. Il ne savait pas vraiment comment se comporter avec elle maintenant qu'elle partageait avec la meute un secret particulièrement énorme. La jeune femme posa son plateau aux côtés de Stiles et s'empressa de s'asseoir. Cette scène entraîna un long et cuisant silence dans la cafétéria. Toutes les paires d'yeux étaient rivées sur eux.

- « Agis comme si de rien n'était. » lui intima la jeune femme. « Ils vont se remettre à parler. »

Stiles fronça les sourcils, pas certain de comprendre où voulait en venir Dani. D'ailleurs, que faisait-elle à sa table ? Partager un secret ne voulait pas forcément dire être amis. Après de très longues secondes, les autres élèves se remirent à parler pour le plus grand soulagement de Stiles.

- « Rumeur n°473 me concernant : Dani Hartell s'est entichée du 1ère année Stilinski. » blagua-t-elle.

Nouveau froncement de sourcils de la part de Stiles.

- « Ces gens-là n'ont rien d'autre à faire dans leur vie que de lancer des rumeurs. Tu t'y feras. »

- « Comment ça, je m'y ferais ? (…) Tu comptes venir manger avec moi tous les midis ? » demanda Stiles d'une voix un peu plus aiguë que d'habitude.

- « Ça te dérange ? »

Dani lui lança un regard de défi, la fourchette au bord des lèvres. Stiles haussa les épaules et la décrivit du regard. Lorsqu'elle mettait sa carapace au placard, la jeune femme était encore plus belle. Un sourire se dessina sur les lèvres de l'étudiant. Pouvait-il réellement prétendre devenir ami avec cette magnifique fille aux allures de princesse des temps modernes ?

- « C'est plutôt toi que ça risque de déranger, non ? (…) Je ne pensais pas être le genre de personne avec qui tu traînes. » annonça Stiles d'une voix un brin ironique.

- « Je suis moins prévisible que ce que tu sembles penser. »

Dani mordit dans un gros morceau de viande sans l'habituelle grâce qui l'entourait. Cela amusa Stiles qui ne put retenir un léger rire.

- « Je veux juste ré-apprendre à vivre, tu comprends ? (…) Je me suis dit que tu pourrais être un bon professeur. Je me trompe ? »

Le compliment flatta Stiles dont les joues se mirent instantanément à rosir.

- « Je me trompe ? » insista-t-elle.

- « Si tu es prête à traîner avec un mec qui rêve de faire une compétition de air guitar et qui connaît par cœur les répliques du Seigneur des anneaux alors non, tu ne te trompes pas. » ironisa-t-il.

- « Je préfère partager une vie de mortelle avec vous que de devoir affronter tous les âges de ce monde seule. » lança Dani dans une imitation parfaite de l'elfe Arwen du Seigneur des anneaux.

Soufflé par l'audace de la jeune femme ainsi que par sa connaissance du monde de Tolkien, la bouche de Stiles s'ouvrit légèrement.

- « Je retire tout ce que j'ai bien pu dire sur toi. » dit l'étudiant avec un sourire. « On peut peut-être réussir à s'entendre, toi et moi. »

# # #

- « Un menu maxi, s'il vous plaît. Frites, nuggets, coca. Plus un cheeseburger et une barquette de tomates cerises. Apportez-moi le dessert plus tard. Avec un supplément caramel et éclats de daim. »

Rebekah venait de parler si vite que Scott resta sur le côté de la route. Venait-elle vraiment de commander tout ce qu'il avait entendu ?

- « J'ai une faim de loup. » se justifia-t-elle.

- « Ah bon ? » ironisa McCall.

Pour la première fois depuis plusieurs heures, Rebekah adressa un sourire franc à Scott. Elle plongea ses yeux dans les siens et ne put s'empêcher de se mordre doucement la lèvre inférieure. Elle avait sans doute pardonné au loup-garou depuis un long moment maintenant. Cette nuit, le peu d'heures qu'elle avait dormi, elle avait fait un rêve des plus évocateurs. Elle s'était vue embrasser les lèvres du lycanthrope, passer ses mains sous sa chemise et mordre son cou avec fièvre. Rien qu'à y repenser, elle sentait ses mains devenir moites et son cœur battre la chamade. Scott McCall la rendait folle et rien ne pourrait l'empêcher de ressentir ces sentiments dingues pour ce loup-garou déjà épris d'une belle brune.

- « Tu étais vraiment craquant avec ton costume de cornet de frites. Je crois que ça m'a donné faim. » osa-t-elle avec beaucoup d'audace.

Scott explosa de rire en entendant les paroles de Rebekah. Cette fille l'étonnerait toujours.

- « Tu as reçu le sms d'Isaac ? »

- « Le texto pour nous inviter au bar ce soir ? (…) Tu comptes y aller ? » demanda-t-elle, un peu angoissée par la future réponse du lycanthrope.

- « Pourquoi pas. Si tu viens. »

Les joues de la jeune femme rosirent plus qu'elle ne le désirait. Scott trouva ça adorable. Peut-être un peu trop pour que ce soit normal.

- « Je pensais passer à l'hôpital après le boulot puis aller au Round Robin ensuite. » précisa-t-il. « Après tout, je ne peux rien faire d'autre qu'attendre qu'elle retrouve la mémoire, n'est-ce pas ? » se justifia-t-il.

Scott essayait de se rassurer, peut-être même d'éviter toute forme de culpabilité. Finalement, il ne pouvait pas avoir plus raison. Après tout, il ne pouvait pas faire revenir les souvenirs d'Allison en claquant des doigts. Il était impuissant face au choc qu'avait vécu sa petite amie. Bien sûr, il n'était peut-être pas judicieux d'aller boire un verre alors qu'elle était allongée sur un lit d'hôpital. Pour autant, il n'y avait aucun intérêt à rester terré dans ces couloirs froids et blancs de l'hôpital à se questionner sur la santé d'Allison.

- « Je viendrais. » souffla Rebekah alors que sa commande venait d'arriver.

- « Vous faites un charmant p'tit couple, tous les deux. » lança la voix familière de la patronne du fast-food.

- « Nous ne... » commença la jeune femme.

- « Merci. » s'empressa simplement de répondre Scott, ne prenant même pas la peine de contredire les propos de sa chef.

# # #

- « Je m'en sors comment ? » demanda Isaac, les joues rouges d'avoir trop travaillé.

- « Pas trop mal pour un premier jour. » le rassura son patron.

- « Merci Fitz. »

Fitz, le patron du Round Robin, était un homme d'une quarantaine d'années. Grand brun aux yeux marrons perçants et à la musculature plutôt imposante, il était certain que la plupart des clientes du bar craquait pour cet apollon. En plus d'un physique avantageux, Fitz était la bonté incarnée, apprenant les bases du métier avec patience à son nouveau barman. Isaac ne pouvait pas être mieux tomber qu'entre les mains de cet homme passionné par son métier. Dans un coin du bar, Andreas lisait un roman en gardant un œil sur Isaac. Passer la soirée seul sur la banquette du Round Robin ne le dérangeait pas le moins du monde. Il avait promis à Isaac de partager cette première soirée avec lui alors il tenait simplement sa promesse. De temps à autres, le lycanthrope saluait rapidement son ami elfe puis retournait à ses cocktails et à sa toute nouvelle clientèle.

- « Je crois que tu vas devenir la nouvelle coqueluche de ces dames. » lança Fitz en constatant que de nombreuses jeunes filles présentes au Round Robin regardaient Isaac avec plus ou moins de discrétion.

Isaac croisa le regard d'une charmante blonde qui, encouragée par le sourire qu'il lui envoya, se leva de sa chaise et se dirigea vers le comptoir.

- « Tu me proposes quoi comme cocktail ? » demanda-t-elle d'une voix langoureuse.

- « Euh... Un mojito ? » bredouilla le lycanthrope, pas vraiment à l'aise dans ce genre de situation.

- « Trop banal pour une fille comme moi. »

Isaac devint si rouge qu'il eut l'envie de lui proposer un 'Bloody Mary'. Heureusement, Fitz vola à son secours.

- « C'est bon pour ce soir, gamin. (…) Va retrouver ton petit ami là-bas, il va finir par s'impatienter. »

Fitz montra Andreas d'un signe de tête tandis que la mâchoire de la belle blonde se décrochait.

- « Je ne suis pas... Ce n'est pas mon... » tenta de se justifier Isaac avec difficultés. « Ouais, et bien, bon courage Fitz, à demain. »

Les joues rouges et un brin étonné que Fitz ait pu penser qu'Andreas et lui étaient en couple, Isaac partit se changer dans les vestiaires du Round Robin. Grâce à une réplique bien sentie, Fitz avait réussi à semer le trouble dans l'esprit du lycanthrope. Après tout, Andreas était un garçon très agréable. Dans tous les sens du terme. Agréable à regarder, agréable à vivre, agréable tout court. Pourtant, Isaac ne s'était jamais posé de question sur sa sexualité jusqu'à aujourd'hui. Il avait toujours pensé être hétérosexuel. Jusque là, il n'avait éprouvé de l'attirance que pour des femmes.

Puis aujourd'hui, il y avait Andreas. Isaac n'était pas certain de pouvoir affirmer être attiré par lui mais en tout cas, leur relation prenait, minute après minute, un peu plus d'ampleur dans son cœur. Personne n'avait réussi à briser la carapace de Lahey en mille morceaux en aussi peu de temps.

Andreas Lacenaire avait réussi ce dangereux pari en un temps record.

# # #

- « Derek t'a vraiment tapoté l'épaule avec compassion ? » demanda Stiles en s'arrêtant en plein milieu du trottoir, forçant Dani à faire de même.

- « Ben quoi, c'est si étonnant que ça ? »

- « Ce n'est pas étonnant, Dani. (…) Ca relève du miracle. Brrr... Ca me donne presque des frissons d'imaginer une telle scène. » ironisa l'étudiant avant d'exploser de rire.

Au contraire, Stiles était plutôt heureux d'imaginer que Derek puisse avoir un tant soit peu de sympathie pour quelqu'un qu'il connaissait à peine. Ce que le jeune humain avait constaté depuis longtemps se révélait vrai : Derek Hale était bien moins méchant que ce qu'il laissait paraître.

- « Vous êtes amis depuis longtemps tous les deux ? » demanda Dani en reprenant sa marche vers le Round Robin.

- « On n'est pas vraiment amis, tu sais. »

- « Et vous êtes quoi alors ? » lança innocemment la jeune femme, un sourire taquin aux lèvres.

- « Potes d'enquêtes lycanthropes ? »

Dani explosa de rire. Cette fille était étonnante aux yeux de Stiles. Quelques jours auparavant, l'étudiant en sciences n'aurait jamais imaginé partager un tel moment avec Dani Hartell. Voilà qu'elle dévoilait une part d'elle qu'il adorait.

- « Je pensais plutôt que vous entreteniez vraiment une relation à la Sherlock/Watson. Tu sais, à la limite de l'ambiguïté. » osa-t-elle, redevenant soudain beaucoup plus sérieuse.

- « N'importe quoi ! (…) A la rigueur, une relation à la Petit chaperon rouge/Grand méchant loup. Pas plus. » ironisa Stiles pour cacher sa gêne face à la réflexion de la jeune femme.

- « Tant mieux... » souffla mystérieusement Dani.

Stiles fronça les sourcils et observa le visage pâle de la demoiselle. S'il ne la pensait pas incapable de la moindre honte, le jeune homme aurait crut qu'elle rougissait.

- « Une tape dans l'épaule et tu craques pour le big bad wolf ? » lança Stiles d'une manière un peu moqueuse. « Vous êtes si prévisibles vous les femmes. »

- « Crois ce que tu veux, Stilinski. Moi seule détient la vérité. »

Dani lui tira la langue et l'entraîna par le bras vers l'entrée du Round Robin.

# # #

Lorsqu'il sortit de la chambre d'Allison, Scott tomba nez à nez avec Rebekah.

- « Je t'attendais. »

- « T'es gentille. » souffla-t-il avant de lui déposer un baiser sur la tempe d'une façon qui se voulait amicale mais que Rebekah interpréta différemment.

- « Comment va-t-elle ? »

- « Lydia est restée avec elle une bonne partie de la journée. (…) Rien de neuf à l'horizon. J'ai discuté avec les médecins et ils sont optimistes. D'ici quelques jours, elle devrait avoir retrouvé la mémoire, au moins en partie. »

- « C'est une excellente nouvelle ! »

Rebekah ne mentait pas et c'est ce qui sidéra Scott. Ce qu'il avait toujours pensé se révélait vrai : Rebekah LaRose était la gentillesse et la douceur incarnées. Si la bienveillance portait un nom, elle aurait porté le sien.

- « Tu te sens d'attaque pour sortir ? »

- « Je suis le programme. » dit doucement le lycanthrope avec un sourire. « Direction le Round Robin, alors ? »

Rebekah resta à fixer longuement Scott les yeux embués. D'un geste protecteur, il posa sa main sur le haut de son bras.

- « Tu aurais du lui dire. »

- « Je... Je ne comprends pas. » lança Scott, totalement perdu.

- « Tu aurais du dire à ta patronne que nous ne sommes pas en couple. »

La voix triste de Rebekah brisa le cœur du jeune loup-garou. Le fait de ne pas avoir contredit sa patronne n'était sans doute pas la meilleure idée qu'il ait pu avoir.

- « Tu sais comment sont les femmes... On s'imagine plein de choses et on interprète chaque geste que l'homme qui nous plaît a envers nous. Alors moi, tout l'après-midi, je me suis demandée si ça te plaisait de faire croire à cette femme que nous étions ensemble ou bien si tu as simplement eu la flemme de la contredire. »

Rebekah venait d'avouer entre deux mots que Scott lui plaisait. McCall devait bien s'en douter mais l'entendre prononcer ces paroles de la sorte rendait le tout beaucoup plus réel.

- « Un peu des deux, je crois. » avoua Scott. « Je pensais démentir puis finalement, je me suis dit que l'idée n'était pas si déplaisante. »

La jeune femme détourna le regard et fit quelques pas pour s'éloigner de McCall.

- « Allons-y. J'ai besoin d'un grand verre de bourbon. »

- « Du bourbon, sérieusement ? » demanda Scott avec un sourire au coin des lèvres.

- « Je ne sais même pas ce que c'est mais j'entends ça dans tous les films et ça sonnait bien. »

- « C'est parti pour du bourbon, alors. »

Ils échangèrent un regard entendu et Rebekah lui donna un coup d'épaule amical. La jeune femme avait tellement peur que leurs sentiments ruinent la complicité si spéciale qu'ils avaient.

# # #

- « Je te présente Andreas et Isaac. » précisa Stiles à l'intention de Dani.

La jeune femme fit un petit signe de main vers les deux garçons qui étaient assis côte à côte sur l'une des banquettes du Round Robin. Dani ne put s'empêcher de constater à quel point ces deux-là avaient des yeux absolument magnifiques et hypnotiques.

- « Tiens, voilà Watson! » lança Dani en voyant Derek arriver.

Elle força Stiles à se mettre un peu sur le côté pour laisser de la place à l'alpha sur la banquette. Le jeune humain plissa les yeux face à cette scène.

- « Bonne journée ? » demanda Derek à Stiles.

- « Excellente même, au vu des circonstances. »

Très vite, Lydia arriva accompagnée par Nick. Après avoir salué Dani, ils attrapèrent des chaises pour s'asseoir autour de la table. Stiles grimaça en constatant que Nick et Lydia devenaient apparemment inséparables.

- « Tu sais que tu n'es pas obligée de le traîner partout où tu vas, hein Lydia ? » se moqua le jeune humain.

Son colocataire grimaça à son tour et leva les yeux au ciel. Décidément, Stiles et Nick n'étaient pas vraiment faits pour être les meilleurs amis du monde.

- « Laisse tomber Stiles. » rétorqua Lydia.

Nick haussa un sourcil en direction de son colocataire et lui lança un regard qui signifiait : « Pan, dans les dents, c'est moi qu'elle défend. ».

Enfin, Rebekah et Scott pointèrent le bout de leur nez, tout sourire. En s'installant autour de la table, Scott donna une tape dans l'épaule de Stiles et lui fit un signe de tête en direction de Dani. McCall devait se demander ce que la demoiselle faisait à leur table. Il n'y avait pas si longtemps, Dani se montrait particulièrement épineuse envers Stiles et aujourd'hui, voilà qu'elle était à ses côtés avec un sourire radieux.

- « Allison devrait retrouver la mémoire d'ici quelques jours. » annonça Scott.

Un soupir de soulagement s'échappa de la tablée.

- « Ça mérite une tournée pour fêter ça, non ? » proposa Nick alors que Stiles entrouvrait les lèvres pour proposer la même chose.

# # #

Autour de la table, il ne restait plus que Stiles, Rebekah, Derek et Isaac. Les autres étaient partis faire une partie de billard endiablée. Les cris et les rires s'élevaient dans le bar. A la table, c'était plutôt calme, voire morose. Stiles ne cessait de bailler, Derek ronchonnait le nez dans son verre et Rebekah ne quittait pas Scott des yeux. Seul Isaac paraissait à peu près normal. En apparence seulement.

- « Je ne suis pas gay. » lança-t-il brusquement.

- « Grand bien te fasse. » se moqua Stiles.

Derek manqua de s'étouffer avec le contenu de son verre et Rebekah haussa un sourcil.

- « Je ne suis pas gay. » répéta Isaac, la panique se lisant dans son regard.

- « Je te crois. » rassura la voix douce de Rebekah qui ne savait pas quoi répondre à une telle affirmation.

- « Alors est-ce que l'un d'entre vous peut m'expliquer pourquoi je suis incapable de défaire mon regard des fesses d'Andreas Lacenaire ? »

Cette fois, c'en était trop pour Derek, qui recracha une bonne partie de sa bière par le nez et se mit à tousser férocement. Généreusement, Stiles tapota le dos de l'alpha jusqu'à ce que la toux se calme.

- « Je ne répondrais pas à cette question. » précisa Derek qui se remettait peu à peu de ses émotions.

- « T'es obligé d'être gay pour regarder les fesses d'un mec ? » demanda Stiles qui faisait une drôle de moue. « Je le fais tout le temps, moi. Je ne vois pas le problème. On a le droit de contempler ce qui est beau. Est-ce qu'on a besoin d'être artiste pour trouver une œuvre d'art belle ? Non ! Est-ce qu'on a besoin d'être tatoueur pour trouver les tatouages diablement sexy ? NON ! » s'emporta-t-il.

Stiles avala la fin de son verre de rhum coca d'une traite et sentit sa tête balancer de gauche à droite sans qu'il puisse s'en empêcher. Derek se gratta la tempe ne pouvant que constater que Stiles venait d'avouer qu'il trouvait les tatouages sexy.

- « Tu mattes les derrières des mecs, toi ? » ironisa Rebekah. « Première nouvelle ! »

- « Et je ne suis pas gay ! » affirma Stiles, le doigt levé. « Tu as de très belles fesses, Isaac. (…) Et je ne suis pas gay. (…) Andreas aussi a de belles fesses maintenant que je les regarde. Et ne parlons pas de celles de Scott, elles sont au top. Et je ne suis pas... »

- « ...gay, on a compris. » conclut l'alpha. « Par contre, tu es totalement saoul. »

- « Ne sois pas rabat-joie, Derek. Les tiennes aussi sont belles. »

Rebekah donna un coup de coude à son meilleur ami qui était en train de se donner en spectacle. Totalement saoul, le pauvre jeune homme n'avait absolument pas conscience du ridicule de la situation. Quant à Derek, il se cachait désormais les yeux avec la main et soufflait longuement. Voilà pourquoi il était heureux de sa condition de loup-garou : plus jamais il ne se rendrait ridicule comme les autres gueules saoules.

- « Enfin bref... » continua Stiles, imperturbable. « Tout ça pour dire que tu n'es pas gay, Isaac. »

- « Merci, mon pote. » souffla le bêta, pas certain que les arguments de l'humain tiennent la route.

Lorsque le silence reprit le dessus, Rebekah ne put s'empêcher d'exploser de rire.

# # #

- « McCall ! » lança Nick. « Tu peux m'aider à prendre les verres, s'il te plaît. (…) SCOTT ! T'es bouché ou quoi ? »

En réalité, Scott était perdu dans ses pensées. Il regardait Rebekah s'esclaffer à la table et il la trouvait absolument divine. Il aurait eu envie d'imprimer cette image et de l'emporter chaque instant avec lui.

- « Ok, j'arrive. »

Nick, en bon fêtard, avait commandé une nouvelle tournée qui allait sans doute achever le pauvre Stiles. Scott attrapa les trois verres que lui tendait le serveur.

- « Scott McCall ? » demanda Fitz, d'un air intéressé. « Ta mère n'est pas Melissa McCall de Beacon Hills, par hasard ? »

- « Euh... Si, comment vous savez ça ? »

- « J'ai été un grand ami de ton père. »

- « Sérieux ? » questionna Scott, agréablement étonné par cette nouvelle.

Scott n'avait jamais connu son père et sa mère n'avait jamais voulu lui en dire plus sur cet inconnu. Rencontrer un homme qui avait entretenu des relations avec son paternel ne pouvait pas mieux tomber. Scott avait toujours eu en tête de retrouver un jour son père biologique. Pourtant, passée l'agréable surprise, McCall se referma comme une huître.

- « Je n'ai pas de père. » finit-il par dire d'une voix glaciale.

Fitz lui lança un regard à la fois triste et compréhensif puis le laissa repartir à la table de ses amis.

# # #

Une musique bien connue raisonna dans le bar. Un peu éméchée, Lydia entraîna Nick au milieu du bar, sur une piste de danse improvisée.

- « Tu danses ? » demanda Dani à l'égard de Stiles.

L'étudiant en sciences lui adressa un sourire mais secoua négativement la tête. La demoiselle tenta ensuite sa chance avec Derek mais celui-ci ne semblait pas d'humeur à aligner quelques pas de danse. Finalement, Dani réussit à embarquer Isaac, Andreas et Rebekah avec elle. Scott regarda la belle blonde s'éloigner et soupira longuement.

- « Va la rejoindre. Tu culpabiliseras demain. » souffla Stiles à son oreille.

Scott n'attendit pas plus longtemps et il se leva à son tour.

- « Je suis crevé. » lança Stiles en s'étirant et en s'allongeant à moitié sur la banquette.

- « T'as pas fini de te plaindre ? » rouspéta Derek. « Tu devrais être en train de danser. »

- « Et toi, alors ? » rétorqua le jeune humain. « Il n'y a pas si longtemps, tu dansais avec Lydia, tu as oublié ? »

Derek leva les yeux au ciel tandis que Stiles, cette fois presque allongé sur la banquette, posait ses pieds sur ses cuisses. L'alpha grogna légèrement.

- « J'espère que tes chaussures ne sont pas sales. »

Stiles ricana et tira la langue au lycanthrope.

- « Je crois que Dani craque pour toi. » finit par avouer Stiles.

- « Tu délires. »

- « Non, sérieusement, Derek. (…) Elle a un truc pour les loups grincheux et pessimistes. »

- « Je pense plutôt qu'elle a un truc pour les humains pathétiques et bavards. » riposta Derek.

- « Qu'est-ce que tu racontes encore, sourwolf ? »

- « C'est pour toi qu'elle craque, crétin. (…) Qu'est-ce que tu peux être aveugle !»

- « N'importe quoi ! Ca te rend débile, la bière. »

Stiles ferma les yeux quelques secondes et réprima un nouveau bâillement. Le jeune homme réfléchit à ce que venait de dire Derek et qui paraissait à ses yeux totalement impossible. Si l'hypothèse de l'alpha se révélait être vrai alors Stiles était vraiment flatté. Dani était la plus belle fille de Georgetown, haut la main.

Le jeune humain fut sorti de ses pensées par Dani qui souleva ses jambes pour s'asseoir entre lui et Derek. Stiles se redressa tandis qu'elle demandait :

- « De quoi parlent mes deux enquêteurs préférés ? »

Derek et Stiles échangèrent un regard et un sourire complice.

# # #

Lorsque la belle brune murmura le prénom de Scott, elle était seule dans sa chambre d'hôpital. A quelques kilomètres de là, les rires d'une bande d'amis résonnaient dans tout le Round Robin.

- « Scott... » souffla-t-elle encore.

Personne ne pouvait l'entendre.

Ou bien personne ne voulait l'entendre.

De l'autre côté de la porte de la chambre d'hôpital, deux médecins discutaient.

- « Je viens de recevoir les résultats de la première série de tests. (…) Nous avons retrouvé deux échantillons de spermes différents. »

- « Ce qui veut dire que l'un était à son petit ami et l'autre... »

- « A son violeur, j'imagine. » souffla le médecin.


Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? J'espère qu'il vous a plu et que vous serez toujours aussi nombreux à me suivre dans cette aventure.

Pour ma part, je suis fan du personnage de Dani, je la trouve vraiment mystérieuse et drôle, j'espère que vous saurez l'aimer.

La relation Derek/Stiles gagne en complicité au fur et à mesure des chapitres même si ça ne saute pas forcément aux yeux.

Oh, et un nouveau personnage qui prendra de l'importance : Fitz ! Que pensez-vous de sa révélation à Scott ?

A venir : le retour du psychopathe du campus et de nouvelles révélations croustillantes *-*

A très vite !

Profitez-bien de votre Noël !