Tea time ou dans l'antre aux renards
Pétrifiée, Yûki n'ose pas bouger d'un iota. Autour d'elle, les jumelles Emu et Memu, assistantes auto-proclamées de Marraine la bonne fée, sont absorbées dans la prise de mesures. Ses mensurations plus précisément. D'une main extraordinairement experte et inattendue pour leur âge, les deux petites filles usent du ruban à mètre et discutent tour de taille et de hanches dans un babillement joyeux et enfantin.
Mais réellement, qui sont-elles ? Cela doit bien faire une heure qu'elles se sont présentées et elle l'ignore encore. Ce qui lui arrive et tout bonnement incroyable. Tsukushi ne la croira jamais ! En parlant de cela, elle va finir par manquer son rendez-vous au salon de coiffure, et puis ensuite elle devait retrouver sa sœur pour faire les magasins et… Et elle ne peut pas rester là, elle a des projets, une vie, des personnes qui vont s'inquiéter de son absence !
- Excusez-moi Emu, Memu… Je suis désolée mais je ne peux pas rester ici. J'ai des rendez-vous cet après-midi et…
- Oui, tout a été réglé déjà.
Memu balaie d'une main légère ses objections. Les yeux de Yûki s'agrandissent.
- Je ne comprends pas…
- Ton rendez-vous chez le coiffeur puis celui avec ta sœur aînée ? Je te l'ai dis, tout est réglé.
- Mais comment le savez-vous ?
- Nous te l'avons dit. Nous sommes les assistantes de Marraine la bonne fée et nous savons tout. Absolument tout ce qu'i savoir sur toi.
- Memu a raison. Nous savons que tu étudies au lycée T., que tu travailles à mi-temps à la pâtisserie « Au bon goût » et que ta meilleure amie Suzuki est amoureuse depuis l'année dernière de Kondo. Pour ta part, tu es sortie récemment avec un certain Nakatsuka…
- Oui, un certain Nakatsuka qui n'a rien d'un prince charmant.
- Voyons, Yûki ! L'ignores-tu ? Une princesse ne peut être que dans les bras d'un prince.
Yûki reste sans voix. En l'espace de trente secondes, sa vie modeste et sans ambitions a été passée au crible jusque dans ses détails les plus intimes.
- Ecoutez, je ne veux pas d'ennuis avec vous. Je veux juste rentrer chez moi…
- ça, c'est impossible ! A son tour, Emu agite dans l'air une petite main aux doigts joliment formés.
- Si tu es ici, avec nous, ce n'est pas un hasard.
- Toute princesse a besoin de son prince mais toi tu n'es pas encore une princesse.
- Oh ! Ça non. Nous avons beaucoup de travail avant d'en arriver là.
- Maintenant que nous avons pris tes mensurations, nous allons pouvoir t'offrir une vraie garde-robe. Une garde-robe digne de ce nom !
- Tout à fait ! Mais avant cela, il faut absolument s'occuper de ta coupe de cheveux, il y a urgence !
- Mais je devais y aller, j'avais un rendez-vous…
- Non, non, non ! Il nous faut un vrai coiffeur.
- Emu a raison. A partir de maintenant, nous prenons les choses en main alors laisse-nous faire.
- Ne t'inquiète pas pour ta famille. Elle sait déjà qu'elle ne te verra pas avant dimanche prochain.
Dimanche prochain ? Mais cela signifie…
- Attendez ! Vous ne comptez tout de même pas me garder ici la semaine entière ?
- Bien sûr que si. Nous n'aurons pas trop d'une semaine pour accomplir notre mission. Vêtements, coiffure, maquillage, conversation et maintien… Nous allons t'apprendre tout cela.
- J'ai besoin de m'asseoir…
Comme un automate, Yûki s'assied sur la méridienne et ses yeux papillonnent.
- Ce n'est pas une farce de mauvais goût ?
- Pas le moins du monde.
- Je ne suis pas non plus en train de rêver ?
- Evidemment non.
- Vous appartenez à une puissante famille de yakuzas alors ?
Emu et Memu s'observent avant d'éclater de rire et de venir s'asseoir chacune à l'un de ses côtés.
- Non ! Bien sûr que non. Des yakuzas ? Mais quelle drôle d'idée ? Il faut juste te faire à l'idée que nous n'avons fait que te dire la vérité. Marraine la bonne fée a décidé d'exaucer ta prière.
Yûki regarde les jumelles qui paraissent tout à fait sérieuses. Si elle ne rêve pas, alors elle a franchi la barrière mythique de la quatrième dimension ! En sept jours, voilà le pari fou d'Emu et Memu, assistantes de Marraine la bonne fée, elles vont faire d'elle une princesse. Chaque jour, une nouvelle leçon lui sera enseignée. Comment se maquiller, se vêtir, se mettre en valeur ? Au bout de cette semaine, les arcanes de la féminité devront n'avoir aucun secret pour elle !
- Cela ne sera pas facile, et bien sûr nous te mettrons à l'épreuve.
Yûki penche la tête. Une mise à l'épreuve ?
- Tout à fait ! Passée la semaine, Marraine la bonne fée t'interrogera en personne sur l'étendue de tes connaissances. C'est un grand honneur que celui-ci.
- Mais les modalités de cet examen te seront exposées ultérieurement. Pour l'instant, tout ce que tu as à faire est de te concentrer sur la tâche au devant de toi.
- D'accord.
Yûki est sérieuse. Elle renonce à comprendre, et ne tient plus à poser de questions auxquelles elle n'obtiendrait de toute façon, pas les réponses attendues. Alors autant suivre les maîtresses de cérémonie. Ce qui lui arrive est magique, pourquoi n'en profiterait-elle pas ? Car Emu et Memu ont été très claires à ce sujet, il n'est pas question qu'elle se défile. Et elles ont des arguments frappants pour la garder auprès d'elles, ne serait-ce que les deux hommes qui l'ont menée jusqu'à elles. Ces deux-là ont pour mission de veiller à ce qu'elle ne leur fasse pas faux bond.
Et puis… Leur proposition est alléchante. Un relooking ! Sans compter qu'à la fin de la semaine elle sera mise en présence de Marraine la bonne fée, et qu'elle connaîtra à ce moment, le fin mot de cette histoire.
- Emu, Memu, Marraine la bonne fée vous ressemble-t-elle ?
Les fillettes échangent un regard pensif, leur bouche se plie dans une petite moue adorable.
- Hum ! Peut-être. Elle est plus grande que toi, mince. Sa taille est fine et elle a une belle chevelure. Oui, Marraine la bonne fée est très belle, tu as beaucoup à apprendre d'elle.
- L'imagination de Yûki s'emballe, elle se met à imaginer une version simplement plus âgée des jumelles. Une merveille…
- Mais avant de la rencontrer, tu as du pain sur la planche. Tu avais rendez-vous chez le coiffeur aujourd'hui, quelle coupe de cheveux envisageais-tu ?
- Eh bien ! Je voulais les couper plus court.
- Une coupe à la garçonne ? Aucune princesse n'a les cheveux aussi courts, voyons !
- Peut-être bien. Mais j'ai besoin d'en passer par-là.
- Bien. As-tu réfléchi à ce qui t'irait le mieux ?
- Non, pas vraiment…
- C'est un tort. Toutes les coupes de cheveux ne vont pas à tout le monde.
- Il te faut prendre en compte la forme de ton visage pour commencer…
- La texture de tes cheveux…
- La carnation de ta peau si tu envisages une coloration.
- Eh oui ! Aller chez le coiffeur ne devrait pas être une décision prise à la légère. C'est la première erreur des débutantes.
Yûki reste coite une fois encore. On ne dirait vraiment pas des enfants. Emu et Memu dégagent une telle assurance ! Existe-t-il seulement quelque part dans le monde d'autres créatures du même acabit ?
- Mais assez bavarder, nous sommes attendues.
- Attendues ? Mais où ça ?
- Chez le coiffeur pardi ! De quoi parlons-nous depuis tout à l'heure ?
Bien sûr ! Comment n'y a-t-elle songé plus tôt ? Yûki emboîte le pas aux jumelles en dehors de la pièce. Les deux costauds sont toujours là et leur regard est braqué sur elle. La jeune fille se raidit et se hâte à la suite d'Emu et Memu. Leur compagnie est pour le moins, inhabituelle, mais préférable tout de même à celle de leurs gardes du corps !
Emu et Memu sautillent dans les couloirs et c'est la première fois que Yûki leur voit un comportement enfantin. Cela la fait sourire. Elles sont donc bien des enfants malgré leur langage soutenu et leurs manières un peu snob. Cela la rassure. Parvenues devant une nouvelle pièce, les jumelles poussent la porte-double et lui font pénétrer un vaste espace, littéralement un salon de beauté. Il y a là, plusieurs fauteuils de coiffeur installés face au mur sur lequel de grands miroirs de forme ovale sont fixés. Autour de chaque miroir, des ampoules brillent. On se croirait vraiment dans un salon professionnel ! Elle ne retient pas son cri de ravissement.
- C'est magnifique !
Emu et Memu s'éclaircissent la gorge et, s'arrêtant près d'un fauteuil en particulier, lui présentent l'homme dont elle n'avait pas remarqué la présence. Ce visage… Il lui semble l'avoir déjà vu quelque part…
- Yûki, voici Setsuna. Il va s'occuper de toi aujourd'hui. A plus tard !
La jeune fille se sent la gorge sèche. Setsuna ? Comme dans Nohara Setsuna ? Le grand coiffeur ? Celui qui s'est occupé des têtes de presque toutes les idoles que l'on voit à la télévision ?
- Bonjour Yûki. Emu et Memu m'on dit que vous aviez besoin d'une nouvelle coupe. Installez-vous, je vous prie…
Il lui sourit, elle acquiesce en hochant la tête. Nohara Setsuna. Nohara Setsuna ! Elle doit se retenir de crier.
- Bien. Pour commencer, vos cheveux ont une belle épaisseur et semblent en bonne santé. Vous en prenez soin, c'est très bien. Souhaitez-vous recourir à des extensions ou alors les couper ?
Un bref instant, Yûki s'imagine avec les cheveux longs. Comme toutes les princesses de contes de fée, ainsi que le lui ont rappelé Emu et Memu. Quel effet cela ferait-il ? Serait-elle plus féminine ainsi ? Plus désirable ? Et le visage de Nakatsuka lui revient en mémoire. Elle s'est fait une promesse.
- Non, je souhaite les couper. Le plus court possible s'il vous plaît.
- Hum… Pourquoi pas. Vous avez le visage légèrement rond, je pense que cela peut vous aller à condition de rester le plus naturel possible. Vous êtes jeune et cela se lit vos traits. Nous éviterons les colorations trop prononcées afin de ne pas dénaturer votre personnalité. Qu'en pensez-vous ?
- C'est la première fois que je décide de me couper les cheveux de cette manière, je préfère, de loin, vous laisser faire.
- Tout est réglé donc… Quel parfum préféreriez-vous ? Lotus ? Rose ?
Prise au dépourvu par la question de Setsuna, Yûki fronce les sourcils. A quoi cela pourrait-il lui servir ?
- Eh bien ! Rose ?
- Parfait ! Maintenant, détendez-vous, je m'occupe de tout le reste.
Setsuna lui sourit dans le miroir, la jeune fille déglutit. Oh ! Elle ne veut pas voir ce qui va se passer, et décide de fermer les yeux. Doucement, elle sent les mains du jeune homme glisser dans ses cheveux, sur son crâne. Elle se détend instantanément et laisse échapper un soupir de plaisir. Que c'est agréable ! Les doigts palpent, massent, pressent toujours avec délicatesse et infiniment d'expertise une odeur de rose lui vient aux narines. Ah ! Elle comprend à présent.
Elle perd toute notion du temps, bercée par les caresses de Setsuna, complètement prise dans le formidable massage du cuir chevelu, parfumé à la fleur, qu'il lui prodigue, par les sensations que cela lui procure. Elle ne savait pas que ce pouvait être aussi merveilleux d'aller chez le coiffeur ! Aussi… sensuel ? Yûki se sent rougir et ses mains pressent plus fort les accoudoirs du fauteuil.
- Ah ? Y a-t-il un problème Yûki ? Je vous sens tendue tout à coup.
- Non, non ! Ce n'est rien, excusez-moi. Tout va très bien au contraire. Je me demande juste à quoi je ressemblerais lorsque vous en aurez terminé…
- Ne vous inquiétez pas, je suis persuadé que vous serez absolument ravissante.
Yûki garde ses yeux fermés et se contente d'opiner du chef. Elle ne peut pas lui dire la vérité ! Que penserait-il d'elle si elle lui disait que c'est la première fois qu'un homme lui masse la tête et que c'est une expérience hautement troublante pour elle ? Elle n'a jamais été coiffée que par des femmes, et aucun de leurs gestes ne lui a paru aussi… troublant. Ah ! Il faut vraiment qu'elle se trouve un petit ami, elle ne peut pas en être à frissonner sous le moindre contact avec un membre du sexe opposé, encore moins un coiffeur ! Son cas est vraiment désespéré, Emu et Memu ignorent dans quelle galère elles se sont embarquées avec elle…
Yûki finit tout de même par se détendre complètement à nouveau, ne bronche pas alors que Setsuna en est à lui couper les cheveux, ni pendant les différents soins qui suivent la coupe. Elle profite allègrement de ce qui lui est offert, reconnaissante.
- Pour ce qui est de la couleur, je vais vous faire des mèches chocolat, elles illumineront votre regard, vous verrez.
Tout ce que vous voulez, a-t-elle envie de lui répondre, mais elle s'abstient. Elle n'a pas envie qu'il interprète ces propos de travers !
- D'accord, j'ai hâte de voir le résultat…
Une heure plus tard environ, Yûki ouvre les yeux et confronte son reflet.
- ça alors !
Setsuna n'a pas failli. Ses cheveux sont courts. Ultra courts. Avec une raie sur le côté. Comme Twiggy le mannequin anglais, durant sa jeunesse. Ils brillent, et les mèches chocolat sont clairement visibles. Elle ose à peine les toucher ! Maintenant débarrassée de cette espèce de frange qui n'en était pas une et derrière laquelle elle avait pris l'habitude de se cacher, son visage lui semble bien mieux mis en valeur. Ses yeux ressortent, la ligne de sa mâchoire également. Pour la première fois, elle se trouve jolie. Vraiment ! Elle se tourne vers Setsuna et lui adresse un sourire éblouissant.
- Merci ! Merci beaucoup ! Jamais je ne me suis sentie aussi joli après être allée chez le coiffeur.
- Parfait, mission accomplie dans ce cas. Je suis heureux d'avoir pu vous venir en aide de la sorte. Et je dois dire que cette coupe vous va à ravir, mieux encore que ce à quoi je m'attendais. L'on voit davantage à quel point vous êtes charmante. Et pour terminer, c'est une coupe facile à vivre et entretenir.
Yûki rougit et bafouille quelques remerciements. Elle n'a pas le temps d'ajouter quoi que ce soit qu'Emu et Memu de retour, l'ont déjà fait se lever et la tienne chacune par un bras.
- Merci Setsuna ! Comme d'habitude, tu as fait des merveilles.
- Tout le plaisir était pour moi. N'oubliez pas votre rendez-vous le mois prochain.
- Bien sûr. A bientôt Setsuna !
Les jumelles lui font quitter le salon de beauté et la ramènent à leur quartier général.
- Nohara Setsuna est votre coiffeur personnel ?
- Hum ? Ah ! Oui. Depuis toujours. Il est la seule personne autorisée à nous toucher les cheveux.
Waouh ! Qui peut se vanter d'une telle chose ? Ah ! Elle oubliait. Les assistantes de Marraine la bonne fée !
- Mais je n'en reviens pas. Je connais des filles qui donneraient tout ce qu'elles ont pour se faire coiffer par lui ! Il est tout de même réputé être le meilleur coiffeur du pays…
- C'est normal. Les princesses méritent ce qu'il se fait de mieux.
Aucune arrogance dans leur voix, ni leurs propos. Emu et Memu sont sérieuses. Elles doivent effectivement avoir l'habitude du luxe et leur échelle de valeur est donc bien éloignée de la sienne. Et elle, Matsuoka Yûki a eu le privilège d'une expérience hors de la portée du commun des mortels. Elle l'apprécie à sa juste valeur.
- Je ne vous ai pas encore remerciées. Emu, Memu, je tiens à vous remercier du fond du cœur pour le cadeau que vous m'avez fait alors que je n'ai absolument rien fait pour mériter ça.
Les jumelles la regardent un instant, comme prises de court. Elles paraissent ne pas savoir de quelle manière réagir à cette effusion de remerciements.
- Hum ! Mais c'est normal. Pour aujourd'hui, ce sera tout. Ta première leçon débutera demain et sera consacrée à l'art de se vêtir. Donc, voici tes devoirs pour demain : tu dois réfléchir à ta silhouette et à ce qui t'irait le mieux, en terme de forme, couleurs et imprimés.
- Euh ! Oui, d'accord.
- Mais maintenant, c'est l'heure du goûter. Yûki, joue avec nous !
- Ah ?
Au même instant, les portes s'ouvrent et une femme d'environ soixante ans elle dirait, fait son apparition précédée d'un chariot argenté sur lequel trône un service à thé, un pichet ainsi qu'un plateau recouvert d'une cloche.
- Atsuko !
Emu et Memu se précipitent vers la nouvelle arrivée, laquelle leur adresse un sourire chaleureux et indulgent. Elles l'entourent de leurs bras et frottent leur visage contre son tablier empesé, impeccablement blanc. Atsuko rit doucement et caresse affectueusement leur tête.
- Que nous as-tu préparé de bon aujourd'hui ?
- Un bon tiramisu et de bons cookies avec de grosses pépites de chocolat.
- Hum ! Nous allons nous régaler !
- Installez-vous, je m'occupe de vous servir.
- Tu viens, Yûki ? Tu vas voir, personne ne fait le tiramisu et les cookies comme Atsuko. Ce sont les meilleurs au monde.
La jeune fille obtempère et s'assied face aux jumelles autour d'une table ronde recouverte d'une nappe… rose bien sûre. Devant les mines réjouies et gourmandes d'Emu et Memu, elle ne peut s'empêcher de sourire. Elles ressemblent à cet instant, trait pour trait, aux enfants qui viennent à la pâtisserie où elle travaille, accompagnant en général leur mère. Ils ont le même regard, la bouche entrouverte et la bouche déjà salivante du plaisir que leur procureront les douceurs qui leur seront achetées.
Atsuko place devant elles trois, le matériel nécessaire au goûter et soulève dans un geste théâtral adressé aux jumelles, la cloche qui les tient encore séparées de leur paradis sucré. A l'arôme subtil qui se dégage du plateau, l'eau lui vient à la bouche Yûki déglutit. Enfin, toutes trois peuvent déguster, et elles poussent en même temps, un profond soupir de plaisir. Emu et Memu éclatent de rire, elle en fait autant. Rassemblées autour de cette table, à savourer des cookies extraordinaires, accompagnés de lait frais drôlement servi dans un service à thé, Yûki apprécie le moment et en vient à la conclusion que les jumelles sont bien des êtres humains. A-t-on déjà vu des renards manger des cookies ?
