Disclaimer : Dracula et les autres personnages du roman Dracula de Bram Stoker pouvant apparaître (ou être évoqués) dans cette fanfiction ne m'appartiennent pas.


Ma seconde loi : Ne pas s'attacher à quelqu'un

S'attacher à quelqu'un était le moyen le plus sûr pour moi de briser ma principale résolution : ne plus boire de sang humain sur un humain vivant. Ah oui ! parlons de ça, le sang. Je suis obligé de boire du sang pour ma propre survie. Je n'ai pas encore assez abnégation pour choisir de mourir dans d'atroces souffrance en refusant de m'alimenter. Qu'y pouvais-je ? Je m'aimais encore assez pour ne pas vouloir souffrir ainsi. Revenons à nos moutons. Pour limiter les pertes humaines, j'ai opté pour la banque du don du sang : je leur vole des poches de sang mais je les indemnise, d'un certain côté, en hypnotisant des gens pour qu'ils aillent donner leur sang. Ce n'est pas louable mais c'est mieux que de mordre le cou de n'importe qui et de tuer l'innocente victime de ma soif. J'ai envie de croire que n'importe quel effort peut être qualifié de louable surtout quand il préserve une vie. Il y a une quarantaine d'années, j'avais trouvé une solution que je trouvais très maligne... sur le coup... avant que ça ne dérape et que je ne tue mon « calice ».

Mon calice ? C'est le nom que je donnais à un jeune homme qui m'avait offert son sang. Il me permettait de me nourrir sans tuer. Ca semblait bien mais un jour, ça a dérapé : je n'ai pas réussi à m'arrêter à temps et, lui, il n'a pas eu la force de me repousser. Je l'avais tué et j'en avais été sincèrement affecté d'autant plus qu'à part sa famille (qui se résumait à sa mère et son père qui s'engueulaient copieusement et une sœur désespérée) et moi, il n'y avait personne à son enterrement. Je me souviens avoir été obligé de réconforter sa sœur qui s'était réfugiée dans mes bras, sous la pluie, pendant que ses parents se déchiraient encore et toujours, mais cette fois, sur la tombe de leur fils. Un nœud se forma dans ma gueule à la mémoire de cet instant. Je m'étais réellement senti être un monstre à ce moment. Comment avais-je pu vivre avec la mort de ce pauvre garçon sur la conscience ?

« Monsieur Mason, ça ne va pas ?, me demanda l'un de mes étudiants qui avait, vraisemblablement, remarqué mon trouble.

-Ne t'inquiète pas... J'étais juste perdu dans mes pensées. », murmurais-je laconiquement, ne voulant pas déranger la salle pendant que je leur montrais l'adaptation de Dracula par Francis Ford Coppola.

Faire étudier Dracula à ses élèves alors que j'étais Dracula était en soi assez cocasse... Mais ça, mes étudiants ne le savaient pas. Après tout, chacun savait que les vampires n'existaient pas. En plus, toutes ces adaptations de mon mythe ou tout simplement du mythe du vampire me faisait bien tant elles ridiculisaient ces créatures de la nuit. Imaginez seulement à quel point j'ai pu rire en regardant les vampires improbables et efféminés de Twilight. J'en pleurais de rire tant j'ai trouvé cette adaptation (Ok, à mes yeux, c'était carrément un viol) du vampire stupide et mièvre. D'ailleurs, je n'arrivais pas à m'empêcher de rire dès qu'un de mes étudiants prenaient en référence Twilight ou The Vampire Diary. Seule Anne Rice ne m'avait pas fait rire quand elle parlait de vampire. Ce n'était pas Bram Stoker mais je la soupçonnais d'avoir elle-même rencontré un vampire mais ce n'était pas moi, je tiens à le préciser. Ah oui, je ne suis pas le seul vampire de la Terre mais nous ne sommes pas très nombreux... une centaine tout au plus. Il est moins aisé qu'on ne le croit de transformer quelqu'un en vampire et... A quoi bon maudire quelqu'un d'autre ? Il y avait déjà assez de malédiction pour que nous autres, vampires, n'en rajoutions pas.

Je pris la télécommande et appuyai sur le bouton « pause » avant de me lever de la place, au fond de la salle, que j'occupais le temps du film. Je tentai de rendre mon cours intéressant et donc de faire participer et réfléchir mes étudiants. Tous les étudiants (ou presque) se tournèrent vers moi lorsque je les interrogeais au sujet des deux premières scènes du film.

« Que pouvez-vous me dire à propos de ces deux scènes ?, leur demandais-je d'un ton neutre. J'espérais toutefois obtenir des réponses pertinentes.

-La première scène est un ajout du réalisateur...

-Oui..., lâchais-je un peu déçu mais au moins l'étudiant qui avait dit ça n'avait pas tort. Quoi d'autre ?

-C'est vraiment flippant quand Jonathan est dans le train : on voit les yeux de Dracula dans les vitres du train !

-Je le conçois... bien que je n'adhère pas vraiment au vocabulaire employé... Autre chose ?

-La scène du train est très fidèle au livre, elle reprend mot pour mot le début du roman : la lettre de Dracula, les pensées de Jonathan Harker et si le film s'ouvrait sur cette scène-là, on pourrait croire que le comte Dracula est un personnage horrible, un personnage fondamentalement mauvais. Mais la première scène, nous offre une autre vision du comte : il devient plus attachant aux yeux du spectateur, il devient un héros romantique mais il n'en est que plus dangereux car derrière cette jolie apparence se cache un l'être noir et sanguinaire que Bram Stoker nous avait décrit, répliqua une étudiante d'ordinaire très discrète... Si discrète que j'ignorais complètement son nom ou son prénom.

-Analyse intéressante... Euh... Votre prénom ?

-Yseult.

-Prénom très évocateur d'une romance maudite...

-Je le sais et je maudis mes parents chaque jour que Dieu fait pour m'avoir donné un tel prénom..., rétorqua-t-elle, plutôt insolente.

-Bien, Yseult. A propos de votre analyse de ce début de film, je ne suis pas vraiment d'accord avec vous mais votre point de vue se défend. Essayez tous d'avoir un œil critique quand vous regardez un film ou vous lisez un livre ou même un article de journal. Faites attention aux détails et essayez de comprendre les tenants et les aboutissants : ça vous aidera dans votre vie de tous les jours. Comme Yseult l'a fait remarquer d'un monstre, Dracula est présenté comme un héros romantique... »

Je remis le film en route et me rassis en fixant ma jeune étudiante. C'était bien la première fois qu'une de mes élèves ne voyait pas dans cette version de ma légende uniquement un héros romantique. Elle avait piqué mon intérêt au vif. Mes yeux glissèrent sur son cou et remarquèrent la veine palpitante en son creux. Mon observation détaillée de son cou m'était amplement facilitée par cette mode qu'on les filles de mettre leur cheveux d'un seul côté. Pendant un quart de seconde, mes yeux trahirent ma tentation de m'abreuver à sa gorge jeune, ferme et chaude. Je priais pour que je ne sois pas en train de saliver. Je suppose que ce n'était pas le cas car aucun de mes élèves ne le fis remarquer. Il y avait une chose à savoir sur les étudiants : ils étaient exactement comme les élèves de collèges ou de lycées sauf qu'ils étaient plus vieux, c'est tout. J'oubliai toute notion de temps l'espace de quelques minutes, trop occupé que j'étais à l'épier quand elle bougeait, qu'elle tressaillait ou passait simplement une main dans ses cheveux roux. Chaque boucle de sa longue chevelure rousse... J'avais toujours aimé les rousses. Ce n'était pas parce que j'étais un vampire que je ne pouvais pas avoir mes préférences physiques. Petit à petit, l'errance de mon regard sur la courbe gracile et gracieuse de son cou. Bientôt, l'horloge indiqua 18h30, soit la fin de mon cours. J'éteignis le vidéoprojecteur et, me levant et regagnant mon bureau, j'annonçais à mes étudiants que nous regarderions la suite du film la prochaine fois, je leur demandais de réfléchir un peu aux différences qu'ils avaient pu noter entre le livre et son adaptation et de me dire ce qu'ils en pensaient. Pour finir, je leur dis au revoir et à la semaine prochaine. J'attendis que tous les étudiants soient partis pour finir de ranger mes affaires. J'étais en train de mettre ma veste jusque Yseult montra le bout de son nez dans l'encadrement de la porte. Je lui souris en me dirigeant vers elle.

« Que faites-vous ici ? N'êtes-vous pas censée être déjà partie ? », lui demandais-je, très doux.

Elle baissa les yeux et ses longs cheveux roux vinrent cacher son visage. Je la voyais rougir derrière le rideau de ses boucles fauve. Un long silence prit place tandis que j'attendais qu'elle m'explique la raison de sa présente mais subitement, un éclair frappa le sol, le tonnerre retentit quelques secondes plus tard, juste avant qu'une pluie drue ne se mette à tomber. La jeune femme releva la tête, visiblement inquiète, et lâcha : « Il me manquait plus que ça ! ». Je la regardais, interloqué. Surprenant mon incompréhension, elle se tourna vers moi et m'expliqua :

« Je voulais m'excuser pour ma réaction de tout-à-l'heure. Je n'aurais pas dû réagir comme ça. C'était idiot parce que vous n'y êtes pour rien. Vous... Vous vous êtes juste un peu intéressé à moi... Je vous de...

-Vous n'avez lieu de t'excuser. Mon commentaire était déplacé. C'est sans rancune. On oublie le petit « accrochage », ça vous vas ? »

C'était avec des étoiles dans les yeux qu'elle me murmura un petit « Merci ! » puis elle fila. Je n'avais pas besoin de jeter un coup d'oeil à l'extérieur pour savoir qu'il pleuvait toujours autant et que ce n'était pas prêt de s'arrêter. Le tonnerre continuait de grondait. Je me bénissais une nouvelle fois de m'être convertis à ce culte de la voiture. A une époque, j'aurai été contrains de marcher sous cette pluie battante et niveau confort, ce n'est vraiment pas génial ! Je me dirigeais tranquillement vers ma voiture sans me soucier de la pluie. Que pouvait-elle me faire ? Tout ce qui pouvait m'arriver à cause de la pluie était d'être trempé. Je m'engouffrais dans ma voiture, une vieille ford verte retapée. Je me passai les mains dans les cheveux, les plaquant ainsi en arrière pour éviter ne me dégoulinent dans les yeux. Même les vampires aimaient voir où ils allaient. Je vous jure que ce n'est pas agréable de se prendre un mur parce qu'on se balade dans le noir... Bref, je sortais du parking, m'engageai sur la route qui, sans surprise, était bouchée par tous les travailleurs qui quittaient leurs postes. C'était dans l'artère principale que je la remarquai, pressant le pas, trempée jusqu'aux os... Cigarette au coin des lèvres, je me penchais pour ouvrir la portière quand je passais près d'elle.

« Yseult ! Montez, je vous prie !

-Non, merci. Je vais rentrer à pied. Je ne suis pas en sucre, répliqua-t-elle, soucieuse de ne pas apparaître comme une personne faible ou fragile.

-Yseult, arrête tes bêtises ! Monte dans cette foutue voiture, je te ramène chez toi ! Et tu n'as pas à discuter ! », lui dis-je sèchement mais sans méchanceté dans la voix.

La jeune femme s'exécuta, pénétra dans ma voiture, puis posa son sac sur le sol et me remercia. Se faire remercier de ne pas avoir écouter quelqu'un... J'adorais ça ! Elle tenta de s'essorer les cheveux mais ce ne fut pas d'une grande efficacité. Son gilet trop grand pour elle était maintenant gorgé d'eau et ne devait plus tenir très chaud. D'ailleurs, elle frissonnait, rien de très spectaculaire mais ça suffisait à me déplaire. Je passais le bras entre mon siège et le mien pour attraper un sweat-shirt sur la banquette arrière. Je le lui tendis sans la regarder mais su son regard incrédule sur moi.

« Enlèves ton gilet et mets ce sweat, tu es gelée. », la commandai-je avec douceur.

Elle n'avait qu'à comprendre que ce n'était pas une blague, que je n'étais pas un homme cruel qui s'amusait à faire croire des choses aux gens pour ensuite détruire leurs rêves et leurs espoirs. Bientôt, je sentis ses mains prendre le vêtement. Sans quitter la route des yeux (même s'il n'y avait rien à voir à part des voitures arrêtées), je dû m'enquérir de l'adresse de la jeune femme. C'était bien beau de proposer à quelqu'un de le ramener mais c'était mieux de savoir son adresse avant de ce faire. Sa jolie voix me donna son adresse et, heureusement, je connaissais son quartier... enfin... Connaître est un bien grand mot quand on se perd aussi facilement que moi.

Au volant, j'allumais ma cigarette, que je n'avais pas eu le temps de fumer. Dès que l'artère se fut un peu vidée, je ne tardais pas à trouver le quartier de la jeune femme. Il me fallu quand même une quinzaine de minutes pour arriver dans son quartier puis elle me fit m'arrêter devant une petite maison d'où perçait de la lumière. Tout semblait calme... Je dis bien semblais car j'avais vu plus d'une maison à l'apparence calme mais qui cachait en ses murs des monstres, des drames et des disputes. Yseult leva ses grands yeux émeraude vers moi tandis qu'elle tentait d'enlever le sweat-shirt que je lui avais prêté. Dans un geste incontrôlé, je posai ma main sur son épaule, dénudant un peu son cou et la veine palpitante... Je salivais et me penchais vers sa peau blanche.

La mordre.

Boire son sang.

Qu'est-ce qui me prenait ? Je ne pouvais pas faire ça. Elle avait dû croire que je voulais l'embrasser dans le cou ou quelque chose de ce genre mais elle n'en avait pas envie, ça crevait les yeux : elle avait posé ses mains sur mon torse et tentait de me repousser. Ce fut à ce moment que je me recollai d'elle et comme si ça avait pu effacer ce moment gênant, je me sentis contraint d'ajouter une phrase tout bonnement stupide :

« Je suis navré. Je... Tu me fais tellement penser à mon ex... Sur le coup, la ressemblance était vraiment frappante ! »

Ce genre de phrases me faisait parfois penser que je n'étais pas échappé de Dracula mais plutôt d'un Harlequin. Hé oui, j'ai beau être l'un des monstres les plus connus de la littérature, je n'ai parfois pas beaucoup d'imagination pour les mensonges mais lui dire la vérité aurait été pire. Néanmoins, elle ne semblait pas décidée à partir.

« Tu devrais y aller, non ? Ta famille doit t'attendre..., lui dis-je sans la quitter des yeux.

-O... Oui. Vous avez raison... Merci de m'avoir reconduite, c'était très gentil de votre part, fit-elle d'une toute petite voix tandis qu'elle reprenait le geste de retirer mon sweat-shirt.

-Non. Tu me le rendras un autre jour, l'arrêtai-je, mon regard toujours planté dans le sien. Au revoir, Yseult. »

Elle ne trouva à redire et donc, elle quitta la voiture et se dirigea vers la maison familiale. Si j'avais su ce qui l'attendait derrière cette porte, jamais je ne l'aurais laissée rentrer chez elle. Je me demande si elle savait ce qui l'attendait.

Une fois rentré chez moi, je fus hanté par des visions d'Yseult. A nouveau, mon trouble devait être vraiment remarquable car mes trois chats vinrent coller leurs têtes rondes et poilues contre mon visage, mes jambes ou encore dans mes mains. Je savais que c'était leur instinct qui parlait. J'étais en quelque sorte leur père et ils voulaient me réconforter. Au bout d'un moment, ne supportant plus de rester assis sur mon canapé, je me levai et fis les cents pas, un verre de sang à la main, dans mon salon. Je n'y comprenais plus rien. Pendant près de quarante ans, je n'avais plus été tenté par une jugulaire et maintenant, je ne pensais qu'au cou de la jeune femme, à son sang pulsant dans chaque veines et artères de son corps jeune et ferme. Inconsciemment, mes lèvres se retroussèrent sur mes canines proéminentes. Mes instincts primaires demeuraient même après des années de silence. Comme pour me torturer plus encore, mon cerveau me renvoyait des images de mon étudiante. Je revoyais tout d'elle.

Sa nuque... Son cou... Sa peau pâle... Ses cheveux long et roux... Ses lèvres rosées... Ses yeux d'un vert intense... Son visage à la fois banal et charmant... Les courbes de son corps jeune et vigoureux...

Pour elle, j'aurais été prêt à vendre une seconde fois mon âme au diable. Elle faisait partie de ce cercle très réduit de femmes capable de me réduire en esclavage. Je retombais sous la domination de ma soif. N'y tenant plus, je sortis et là, sur le seuil de la porte d'entrée, je tombais à genoux tandis que je me métamorphosais en un grand chien noir. Un besoin impérieux me contraint à retourner à la maison de la belle rousse.

J'avais toujours aimé me promener sous la forme d'un chien même si certains abrutis avaient la bonne idée de me jeter des pierres. Ca finissait toujours mal pour eux... Enfin, mal c'était un grand mot. Ils finissaient toujours avec des points de sutures, ça c'est sûr. Sous mes formes animales, je ne me gênais pas pour mordre. Je courrais aussi vite que possible pour arriver jusqu'à la maison de ma tentatrice. Je traversais rues et routes sans hésiter. Je ne voulais pas perdre de temps. Les rares noctambules que je croisais daignaient à peine me lancer un regard. Tant mieux. Après une vingtaine de minutes, j'arrivais enfin chez elle. J'allais devoir faire preuve d'imagination pour entrer... Non, c'était une blague. J'avais ma méthode déjà toute prête pour entrer : une autre métamorphose. Je regardais à droite, à gauche. Personne. Je me retransformai en homme puis, petit à petit, mon corps perdit en « substance ». Je devins rien d'autre que de la brume. Je n'avais plus qu'à m'infiltrer par une fente dans une fenêtre ou une porte et le tour était joué. J'optais pour la fenêtre. J'arrivais dans une chambre où un homme et une femme dormaient paisiblement. Le sommeil du juste. Ca devait être les parents d'Yseult. Toujours sous forme de brume, je passai la porte et traversai le couloir jusqu'à trouver la chambre d'Yseult. Elle était endormie.

Tellement belle. Elle semblait si vulnérable. Je retrouvai ma forme humaine et me rapprochai d'elle. Elle paraissait si jeune... Elle paraissait toujours jeune puisqu'elle l'était mais cette impression était renforcée par sommeil. Elle avait l'air de ne douter de rien. La douceur du sommeil. Je lui enviais cette capacité. Depuis que j'étais immortel, j'avais perdu la faculté de dormir. C'était l'une des choses qui me manquaient le plus. Je me penchais au-dessus d'elle. La couette se soulevait au rythme régulier de sa respiration. Caché par les cheveux roux de la jeune femme, le cou de cette dernière m'appelait irrésistiblement. D'un geste adroit, je repoussais les mèches de son cou. Violant mon règlement, je me penchais encore plus sur son cou. Mes lèvres n'étaient plus qu'à quelques centimètres de sa peau comme j'allais l'embrasser. Mes crocs, dévoilés par mes lèvres retroussées, s'apprêtèrent à se refermer sur cette peau si attirante et si tentante.

Tous mes efforts étaient vains. Jamais je ne connaîtrai la rédemption et le repentir. Jamais je ne serai quelqu'un de bien.