Disclaimer : Les personnages de Bram Stoker ne m'appartiennent pas.

Je m'excuse d'avance si certains passages peuvent paraître osés.

Sur ce bonne lecture !


Ma seconde loi : Ne pas s'attacher à quelqu'un

C'en était fini de moi et de ma bonne résolution. Yseult avait brisé ma volonté. Elle m'avait brisé. Mes lèvres étaient tout contre son cou. Je n'avais qu'à ouvrir la bouche et planter mes crocs dans sa chair. Un feulement sinistre me fit sursauter et lâcher ma proie. Je me retournai pour faire face au félin. C'était un tout petit chat marron et beige. Je ne m'attendais pas à me faire ainsisiffler dessus. Le feulement de ce petit être réveilla la jeune femme. Un demi-sourire éclaira son visage encore endormi.

-Monsieur Mason ?

Interdit, je ne répondis pas.

-C'est vraiment...

Je ne pris pas le temps d'entendre la suite de sa phrase. Il fallait que je m'enfuis au plus vite. Je retournai à l'état de brume et repassai par les interstices de la fenêtre. Je m'éternisais quelques instants tandis que la rousse s'éveillait, regardant autour d'elle, puis elle se rendormi. Je décidai de retourner chez moi. J'avais failli craquer mais ma volonté avait été plus forte. De retour chez moi, je m'étendis et tentai de chasser Yseult de mes pensées. Cela eu pour effet de ramener à la surface les souvenirs des femmes que j'avais aimé et qui m'avait tant séduit que je n'avais pu vivre loin d'elles.


La première était Ileana, ma femme à l'époque de ma mort. Notre amour date du XVème siècle où j'étais un seigneur de guerre. Un peu respecté mais surtout craint. La seule qui avait su voir sous mon masque de cruauté avait été Ileana. Nous nous connaissions depuis notre enfance et jamais elle ne douta de moi. Je demandai sa main l'année de nos 25 ans. Pendant quelques années, tout alla bien. Puis l'orgueil rongea mon âme. Une quête de pouvoir me fit vendre mon âme au démon. Je ne me souviens plus de la façon dont c'est arrivé. Cette période de ma vie fut totalement effacée de ma mémoire. Le seul souvenir que j'ai de cette horrible époque est la mort d'Ileana.

Toute cette transformation m'avait changé et pas uniquement dans mon corps et mes capacités. Je n'étais plus l'homme que j'avais été. J'étais devenu un monstre de colère et de rage. A la première remarque de mon amour, j'avais planté mes dents dans son cou et l'avais vidé de son sang. Je pris son corps sans vie dans mes bras et pleurai. La femme de chambre de mon épouse arriva et comprit immédiatement que j'avais tué Ileana. Je devais fuir. Quitter ma patrie. Partir loin. Je n'avais que ce choix. Sur ma route, je laissai une traînée de cadavres et obtins une réputation sanglante, que je méritais amplement.

Russie, XVIIème siècle.

Je connus le deuxième amour de ma trop longue vie. Elle s'appellait Svetlana Demidova. C'était une superbe blonde aux yeux gris. Elle n'avait que 17 ans quand nos chemins se croisèrent, quand nos destins se mêlèrent. Svetlana était la fille d'un riche marchand, mariée de force à un jeune noble qui se fichait éperdument d'elle. Ce noble était beaucoup trop occupé à conter fleurette avec l'un de ses « mignons ». J'avais rencontré la beauté désespérée pendant un bal. Nous étions chacun à un bout de la salle de bal mais je n'avais pu passer à côté d'une telle beauté. Sans attendre, je l'avais rejointe et lui avais fait la cour. Je n'avais pas vu son alliance et elle répliqua très vite :

-Monsieur, je ne puis accepter cette charmante attention. Je suis mariée.

J'avais alors surpris le regard dépité qu'elle posa sur un homme, très certainement son époux, d'environ trente ans, entouré par trois jeunes hommes aux manières féminines. L'époux de Svetlana embrassait très distinctement l'un de ses mignons dans le cou puis déplaçait ses lèvres à quelques centimètres de celles du garçon qui gloussait comme une jeune fille vierge qui ne comprenait rien à ce qu'il se passait. Ils dégageaient une incroyable tension sexuelle de ce curieux échange.

-Cela ne doit pas être plaisant de voir son époux courtiser ainsi un autre homme, lui dis-je galamment.

La jeune blonde rougit d'une très charmante façon. Je m'inclinai devant elle, lui tendit la main avant de lui proposer :

-M'offririez-vous cette danse ? Une femme aussi belle que vous ne devrait pas rester seule.

Mon interlocutrice posa délicatement sa petite main fine dans la mienne en signe d'assentiment. Je la baisai doucement. Puis, alors que les harmonies d'une valse se faisaient entendre, j'entrainai la jeune femme au centre de la pièce, où quelques couples dansaient. Ma partenaire posa l'une de ses mains sur mon épaule tandis que je posai la mienne sur sa taille. Sans me vanter, nous avions fière allure ensemble. Elle, une pure beauté nordique, et moi, un homme dont on disait qu'il avait l'allure altière d'un prince, élégant et ténébreux. Nous étions les parfaits opposés, un superbe contraste mais nous étions fait l'un pour l'autre, nous le savions tous deux. Je savais son cœur battre la chamade dans sa poitrine. Bientôt, nous nous séparâmes à regret. Nous ne dansâmes plus ce soir-là, nous nous contentâmes de parler et ce fut la première fois depuis ma mort que je me sentais vivant. Trop tôt à mon goût, nous dûmes nous quitter. La dernière phrase qu'elle me dit ce soir-là fut :

-Pourrais-je connaître le nom de mon sauveur ?

-Vlad Ivanov, ma chère.

Puis elle était partie au bras de son époux. Ca m'avait plu qu'elle m'appelle son « sauveur ». Même si je l'avais sauvée de l'ennui, je ne considérai pas être un sauveur. Tout comme Yseult le faisait aujourd'hui, Svetlana m'avait obsédé dès notre premier échange. Heureusement pour moi et malheureusement pour elle, nos destins étaient appelés à se retrouver. Moins d'une semaine plus tard, nous nous retrouvâmes conviés à la même réception. Dès que son époux fut bien entouré de sa petite cour masculine, la jeune femme vint me retrouver. Elle arriva dans mon dos, posa sa main sur mon épaule et, avant même que je n'eu le temps de me retourner, elle me dit de sa voix douce et caressante :

-Monsieur Ivanov, profitez-vous bien de la soirée ?

Je lui offris un sourire charmeur et lui baisa la main, tel le gentleman que je paraissais être.

-Votre arrivée éclaire ma soirée. Vous m'aviez manqué.

Une nouvelle fois, nous passâmes la soirée à discuter de tout et de rien. Elle en vint à me parler de son couple et de sa vie, à se confier à moi. Lorsque les larmes vinrent poindre au coin de ses jolis yeux gris perle, je la fis sortir sur le balcon où elle éclata en sanglots dans mes bras. Je tournai la tête à droite et à gauche. Personne. Je refermai mes bras sur son corps et la laissai pleurer jusqu'à ce qu'elle relève son minois. J'essuyai son visage humide du mieux que je pouvais. Je me laissai faire lorsqu'elle se dressa sur la pointe des pieds pour venir cueillir un chaste baiser sur mes lèvres. Ce fut le début de notre histoire. Je devins son amant et lui restais fidèle jusqu'à l'inéluctable événement. Un peu plus d'un an après notre rencontre, Svetlana tomba enceinte. L'enfant était de moi mais je ne pensais pas cela possible. Là, la jalousie commença à me ronger de l'intérieur et arriva ce qui devait arriver. Dans un accès de colère, je plaquais Svetlana contre un mur et fondis, tel un rapace, sur son cou. Je la vidais de son sang, la tuant et tuant l'enfant qu'elle portait. Quand la vie eu quitté son corps, je tombai à genoux et serrai le cadavre de ma bien-aimée contre moi. Les larmes roulèrent le long de mes joues et allèrent se mêler au sang qui dégoulinait de mon menton. J'en étais certain dès ce moment : j'étais maudit et ce qui m'habitait n'était la synthèse des vices humains. J'étais donc vaincu et loin d'être dans la logique d'essayer de m'améliorer. Je pensais être incapable d'être un homme bon. Je pensais être le fils du Diable. Je m'enfuis de Russie et allai terroriser, encore une fois, les villages d'Europe de l'Est.

1823, Paris, France.

Pendant près de deux siècles, je ne connu aucune femme, aucun amour.

Je vivais à Paris depuis deux ou trois ans mais je n'y avais encore jamais croisé une créature comme celle que je m'apprêtai à rencontrer. Longue chevelure d'ébène, corps sensuel, lèvres carmins rieuses qui n'attendent que d'être embrassées. Cette créature s'appelait Lucinda et était une prostituée... Ou plutôt une courtisane. J'avais contacté cette superbe femme pour coucher avec. Les courtisanes étaient là pour ça. Et, même vampire, je restais un homme avec des besoins et des pulsions mais mes pulsions sexuelles avaient pour conséquence de vider ma partenaire de son sang. Sexe et sang allait de pair. Cette fois-ci, rien ne fus comme avec Svetlana, la chaste et timide russe. Lucinda était un véritable brasier, implacable, téméraire et forte. Je baisai sa main gantée de soie noire.

-Lucinda Morales, se présenta-t-elle de son charmant accent espagnol.

-Charles...

-Votre prénom me suffira pour le moment, m'interrompit-elle en m'offrant son plus beau sourire et en prenant mon bras.

Elle m'emmena dans un petit appartement (Que je supposais être un appartement de travail). Bientôt, elle fut uniquement vêtue d'un corset et d'une sorte de jupon. Elle s'approcha de moi, qui étais assis sur un luxueux lit à baldaquin. Petit détail que je ne remarquais que plus tard : un miroir était accroché au dessus du lit de sorte que celui qui était couché sur le dos pouvait voir la scène d'un autre « point de vue », en reflet enfin... façon de parler. Les lèvres de l'Espagnole commencèrent à glisser le long de mon cou. Ses mains se faufilèrent sous ma chemise. Lucinda était très douée pour sembler amoureuse et offrir de l'amour aux hommes. Avec une lenteur délibérée, qu'imposait le moment, la courtisane ma déshabilla méticuleusement avant que je ne prenne le relais. Je la plaquai sur le lit.

-Ouh ! Tu es un grand garçon !, ria-t-elle avant de déposer ses lèvres pulpeuses sur les miennes.

Tout alla vite cette fois-ci. Je suppose qu'elle ouvrit les yeux et remarqua l'absence de mon reflet dans le miroir. En effet, elle devait voir que ses jambes n'enserraient rien. Loin d'être choquée, elle glissa à mon oreille :

-Je ne suis pas la seule pêcheresse, ici.

Je me redressai et la regardai sans comprendre ce qu'elle voulait me dire.

-Tu es un buveur de sang, un banni du Royaume de Dieu.

-Comment peux-tu affirmer de telles choses ? D'aussi viles créatures ne peuvent exister.

-Tu as été privé de ton reflet. Ceci est une punition réservée aux tiens.

-Soit... Es-tu effrayée ?

-Non... Plutôt intéressée... Transformes-moi !

-Hors de question.

-Ce n'était pas une question. Transformes-moi ! Si je connais l'existence des tiens, je sais aussi comment vous tuer.

-Es-tu certaine de vouloir être damnée pour l'éternité ?

-Je le suis déjà. Devant Dieu, mon cœur est noir et je ne connaîtrai jamais le Salut alors autant rester en vie pour l'éternité.

Je ne discutai pas son ordre. C'est ainsi que Lucinda Morales connu une nouvelle vie qui fut de courte durée. J'étais tombé amoureux de ma courtisane pendant sa transformation, une sorte de syndrome de Stockholm inversé. Notre histoire fut sanglante et nous n'avions aucune crainte de nous livrer à notre nature animale et à notre passion violente. Souvent, Lucinda choisissait notre proie, la plupart du temps de jeunes hommes un peu perdus. Comme des chats avec une souris, nous aimions jouer avec notre proie avant de la tuer. Bien sûr notre notre jeu consistait à nous amuser un peu et à coucher avec elle. Avec Lucinda, ma cruauté avait atteint son paroxysme. Je n'étais pas le leader. Je la suivais dans tout ses fantasmes. Puis un jour, alors que le corps nu et tiède du jeune homme qu'on venait de tuer reposait entre elle et moi, dans notre lit, je demandai :

-Ne crois-tu pas que l'on va un peu trop loin ?

-Mais pourquoi dis-tu cela ? Tu t'es pourtant bien amusé avec lui ! Surtout que celui-ci n'en avait que pour toi ! Il n'arrêtait pas de t'embrasser et de te caresser.

-Oui mais nous... nous sommes devenus des meurtriers !

-C'est dans notre nature...

-Non ! Ca fait le cinquième garçon qu'on tue en quatre jour ! Nous pourrions être plus raisonnable.

-A quoi cela servirait-il ? S'ils savaient ce qu'on est, ne penses-tu qu'ils essayeraient de nous assassiner ?

Je me levai du lit, fis quelques pas dans la chambre sans me soucier de ma nudité. Je n'étais pas plus gêné par ça que par le fait que j'avais couché à plusieurs reprises avec des hommes. Quitte à être un pêcheur autant essayer de nouvelles choses.

-Lucinda, lèves-toi s'il-te-plaît.

Elle ne se fit pas prier et vint même me rejoindre. Sans ménagement, je la plaquai au mur et fit certainement la pire chose possible : je pris la canne de notre dernière victime, la brisai en deux et transperçait le cœur de Lucinda avec l'un des morceau. Le corps de mon troisième amour se réduit alors en poussière sous mes yeux. Je versai une unique larme avant de me rhabiller et de sortir de ce que j'appelle aujourd'hui « L'antre du démon ».

Je visitai ensuite toute l'Amérique du Sud et l'Amérique centrale.

Puis arriva mon quatrième amour. C'était dans les années 1920 ou 1930 aux Etats-Unis. Elle s'appelait Madeleine mais elle préférait Maddy peut-être parce qu'elle avait ce côté fou. Elle était libre dans sa tête et dans son corps. Ce qui était mémorable dans son physique (car son caractère laissait un souvenir impérissable dans la tête de ceux qui croisaient son chemin) était son regard pétillant, toujours malicieux. Maddy m'avait ramené à la vie. Je me rendais souvent dans des clubs de jazz à cette époque. D'ailleurs, je vivais à la Nouvelle-Orléans, alors forcément je ne pouvais qu'errer dans les clubs de jazz si importants à cette époque. Elle, la petite blanche, venait dans ces clubs. Je ne comprenais décidément pas le racisme et, visiblement, elle non plus. J'avais voyagé partout et tout ce que j'avais appris était qu'un homme était un homme quelque soit sa couleur de peau. Soit dit en passant, je dois avouer que je ne portai pas les Etats-Unis dans mon cœur et je ne les aime toujours pas. Avec Maddy, c'était tellement plus simple qu'avec les autres femmes ou avec les femmes que j'avais aimé. Elle était nature, un peu candide mais ça faisait son charme. D'ailleurs, elle ressemblait un peu à une adolescente et m'a bien fait comprendre que je me trompais lourdement. Notre première rencontre fut dans notre club de jazz favori, nous étions tous les deux au bar, elle fumait une cigarette et elle me semblait un peu jeune pour faire cela.

-Vous êtes un peu jeune pour fumer, jeune fille.

Elle éclata de rire, s'approcha de moi et rétorqua :

-Ah bon ? Et quel âge faut-il pour fumer ? Je paries que tu fumes aussi, G rand-père !

Sur ce, elle me recracha sa fumée en plein visage.

-Dans le mille, gamine!, m'écriai-je avant de coincer une cigarette entre mes lèvres et de l'allumer.

-Mais tu vas arrêter de dire que je suis une môme, Papy !

Elle m'envoya un gentil coup de coude dans les côtes.

-J'ai à peine 30 ans !, protestai-je.

-Qu'est-ce que je disais ? Tu es un grand-père ! Tu t'imagines un peu ? Tu es si vieux par rapport à moi et à mes 24 ans !, plaisanta-t-elle.

Ce drôle d'échange fini sur la piste de danse et entama une grande amitié ainsi que ma dernière grande histoire d'amour. Mais il n'y a pas grand chose à en dire : elle ne fut triste, ni dramatique mais je ne pourrais pas dire qu'elle fut joyeuse. Au fil des semaines et des mois, notre passion grandit et nous couchâmes ensemble un fois. Je me sentis alors obligé de lui dévoiler mon secret. Elle n'eu pas peur, elle compris pourquoi il était impossible pour elle et moi de vivre une vraie histoire d'amour. Je devins son confident. Nous restâmes en contact. Maddy vieillit et, en 1993, elle me demanda à son chevet. Elle était mourante (mais elle avait atteint un âge très honorable). A l'hôpital, je rencontrai ses enfants, ses petits-enfants et son second mari (Le premier étant mort de longues années auparavant). Il y avait même l'une de ses arrières-petites filles qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau (Quand Maddy avait son âge). Maddy, toujours autoritaire, les fit tous sortir. Dès que nous fûmes seuls, je m'assis à son chevet, lui pris la main pendant qu'elle caressait ma joue. Rien n'avait changé entre nous, il y avait toujours cette tendresse si familière. La seule différence était qu'elle avait vieilli.

-Damian, tu as été l'amour de ma vie. Je n'ai pas regretté de t'avoir rencontré. Je regrette juste de t'avoir laissé partir.

-J'aime toujours autant que tu m'appelles « Damian ». Tu n'as pas regretter. Tu as eu une vie bien remplie que je n'aurais pas pu l'offrir. Tu as de beaux enfants.

-L'un est de toi.

-Pardon ?

-Ma fille aînée est ta fille. Tu es père. Je n'avais jamais osé te le dire.

-C'est merveilleux. Mais pourquoi m'as-tu fais venir ?

-J'ai des petites choses à te demander. Tout d'abord : tu fumes toujours ?

-Oui.

-J'aimerais fumer une cigarette avec toi, comme au bon vieux temps. Et oui, je sais qu'il ne faut pas fumer dans un hôpital mais je vais mourir alors on emmerde les règles !, déclara-t-elle encore farouche.

Je lui allumai une cigarette et la lui donnai puis j'en allumai une autre pour moi. Je tirais deux ou trois fois dessus avant qu'elle n'ouvre à nouveau la bouche.

-J'aimerais que tu m'embrasses comme tu le faisais dans nos jeunes années. Je sais, je suis vieille mais j'ose espérer que ça ne te dérange pas.

-Pas le moins du monde.

Je posai mes lèvres sur les siennes, délicatement, et prolongeai notre baiser plus fougueusement. Je savais, dans mon cœur, que c'était la dernière fois que je l'embrassai. Je me détachai de ses lèvres et me dit sa dernière volonté.

-Tues-moi. Bois mon sang, je t'en supplie. Au nom de notre amour, ne me laisse pas souffrir. Offre-moi la mort que je désire.

C'était avec une infinie tristesse dans le regard que j'acceptai de faire ce qu'elle me demandait. Nous finîmes notre cigarette puis, quelques minutes plus tard, son cœur s'arrêtait et je m'effondrai sur son cadavre. La jeune fille qui ressemblait tant à Maddy arriva au pas de course. Elle posa une main sur mon épaule.

-Vous êtes si triste... Comment connaissiez-vous Granny Mad' ?

-Elle m'a redonné la vie et l'espoir. C'était vraiment une femme exceptionnelle.

-Une clope ?, me proposa-t-elle.

Elle n'eut pas le temps de sortir son paquet de cigarettes que je m'étais déjà enfuis, elle ressemblait tant à Maddy que ça m'était insupportable de rester avec elle. Dans toute cette histoire, le plus curieux est certainement que je ne considère pas avoir tué Maddy. Si ce n'était pas moi, ça aurait été la tumeur qui la rongeait.


Après ces quatre histoires, je recommençai. J'étais totalement obsédé par Yseult.

En tournant la tête vers la fenêtre, je vis que le Soleil se levait. J'avais pensé à mes anciens amours toute la nuit. Soit je devenais masochiste, soit je me faisais vieux et radoteur pour penser à ces moments à la fois joyeux et douloureux.

Je me demandai alors si je saurai résister à mes pulsions si je voyais la jolie rouquine ce jour-là.

Si je la voyais, comment réagirais-je ?


Voilà la fin de ce chapitre 3. J'espère qu'il vous a plu.

N'hésitez pas à laisser un commentaire =)

-Neolysia-