There is a ghost in the mirror
Felicity venait à peine d'enfiler son manteau lorsqu'elle vit son mari se diriger vers la cuisine pour récupérer les clés de la voiture.
- Je n'ai pas envie d'y aller. Souffla-t-elle en s'accoudant au bar de la cuisine.
- Fe-li-ci-ty. Dit-il d'un ton autoritaire en prenant bien soin d'articuler chaque syllabe.
- Et ne me « Fe-li-ci-ty » pas Oliver !
- D'accord, cette conversation ne mène absolument à rien, alors je vais aller me servir un verre.
Tout en réajustant la robe qu'il lui avait offerte spécialement pour l'occasion, elle regarda Oliver s'emparer de la bouteille de Vodka et d'un verre ou plutôt d'une tasse. Ok peut-être qu'elle l'avait définitivement énervé pour la journée.
- Est-ce ta manière de me dire que je te fais clairement
Sans qu'elle ne comprenne comment ni pourquoi, elle avait vu son mari s'avancer vers elle pour poser une main sur sa bouche avant qu'elle ne puisse aller au fond de sa pensée.
- FELICITY. Cria-t-il
- Quoi ? Demanda-t-elle en tentant de se dégager de l'emprise d'Oliver qui profitait clairement de la situation pour la rendre folle.
- N'ose même pas terminer cette phrase.
- Ok. Souffla-t-elle en se relevant pour se diriger vers les escaliers qui la mèneraient dans sa chambre, mais avant qu'elle ne puisse faire quelques pas, une main vint entourer sa taille et elle avait finit par reposer la tête contre le torse de son mari sans savoir si elle devait se battre avec lui pour qu'il la relâche ou simplement patienter.
- Où est ce que tu vas ? Demanda-t-il en déposant de petits baisers contre la peau de son cou.
- Loin de toi et de tes stupides sautes d'humeur. Rétorqua-t-elle tout en essayant de garder son calme, chose impossible lorsqu'il la torturait de cette manière.
- Mes sautes d'humeur ? Est ce que c'est moi qui me comporte comme une enfant depuis une heure bébé ? Quémanda-t-il
- Ne m'appelle pas bébé.
- Bébé. Répéta-t-il fier de lui.
- Argh, j'ai besoin de m'éloigner de toi. Maintenant.
- Non, pas avant que nous ayons finis cette conversation.
- Oliver. Soupira-t-elle en se tournant vers lui.
- Felicity on parle d'une réunion pour l'avenir de la société.
- Mais je ne veux pas participer à cette réunion puisque je ne travaillerai pas pour Queen Consolidated.
Oliver essayait de garder une certaine contenance, pour ne pas paraître blessé par les mots de la femme qu'il aimait.
- Je te rappelle que tu es actionnaire.
- Seulement parce que je suis ta femme.
- Pourquoi ai-je l'impression que tu dis ça d'une façon assez désespérée ?
- Parce que tu veux que je travaille à tes côtés et que j'évolue à tes côtés mais je ne sais pas si je suis prête à travailler auprès de ta famille, je veux dire Oliver, cette entreprise engendre de multiples responsabilités et j'ai tout juste 20 ans, j'ai été diplômé à 19 ans, je suis devenue ta femme il y à peine 6 mois, tout s'est enchaîné si rapidement, j'ai juste besoin de temps pour réfléchir à mon avenir professionnel. Confessa-t-elle d'une voix faible.
La dernière chose qu'elle souhaitait c'était le blesser parce que Dieu seul savait combien elle l'aimait mais elle était encore jeune et elle ne voulait pas subir les décisions de la famille Queen, trop de pression reposait déjà sur ses épaules.
- D'accord.
- D'accord ? Le grand Oliver Queen qui ne perd jamais une occasion de gagner une dispute, me répond simplement par un « d'accord » ?
Oliver n'avait pas pu s'empêcher de sourire fièrement avant de reprendre un air sérieux.
- Felicity, je t'aime et je ne veux en aucun cas que tu te sentes obligée d'accomplir certaines choses parce que tu as choisi de devenir une Queen mais je veux que tu me promettes une chose.
- Laquelle ? Demanda-t-elle inquiète.
- Si un jour il venait à m'arriver quelque chose. Commença-t-il
- Oliver. Le coupa-t-elle en voulant se dégager de son emprise.
- Non mon amour Dit-il fermement en prenant le visage de Felicity entre ses doigts. Regarde moi.
- Si un jour quelque chose venait à m'arriver, je voudrais que ce soit toi qui t'occupes de l'entreprise, aux côtés de mon père, je sais combien il t'estime.
- Mais il ne t'arrivera rien donc ce jour n'est pas prêt d'arriver Oliver. Je t'aime mais ne me demande plus d'imaginer un avenir où tu n'existerais pas. Ajouta-t-elle doucement avant de l'embrasser.
Aujourd'hui les choses ont définitivement bien changé. Dit-elle en attrapant son sac posé sur le côté passager, secouant la tête pour chasser les fragments de souvenir de son esprit.
Felicity venait tout juste d'arriver devant l'hôtel où se déroulerait l'un des plus importants rendez-vous de la semaine, elle n'était pas stressée, ni anxieuse, elle était d'ailleurs plutôt confiante et pourtant il s'agissait d'un déjeuner important entre les collaborateurs de Queen Consolidated où l'avenir de l'entreprise allait peut-être se jour. Un nouveau projet allait être mis en place, un projet sur lequel elle avait durement travaillé, bien que ces dernières années, ses nuits étaient agitées par des cauchemars, elle n'avait pas cessé de développer le concept qu'elle allait présenter aujourd'hui.
Felicity avait troqué ses lunettes pour ses lentilles de contact, son corps était moulé dans une robe noire d'un jeune créateur du moment, c'est donc sûre d'elle, les traits du visage un peu tirés, qu'elle entra à l'intérieur de l'hôtel pour se diriger vers le grand restaurant.
- Bonjour, j'ai une réservation pour 6 personnes au nom de Queen. Dit-elle en s'avançant vers le serveur présent à l'accueil.
- Madame Queen, laissez moi vous accompagner à votre table.
Felicity lui adressa un bref sourire avant de glisser son téléphone dans son sac, l'écran ne cessait de clignoter et d'afficher la photo de Thea et bien qu'elle ait eu envie de répondre, elle ne pouvait pas être en retard, pas aujourd'hui.
- Felicity vous voilà enfin. Lui dit Walter en tirant la chaise près de lui pour qu'elle puisse s'y asseoir.
Les autres collaborateurs n'était pas encore arrivé, au vu des chaises vides qui l'entouraient et il fut difficile pour elle de contenir un soupir, se retrouver en tête à tête avec Walter n'était pas ce qu'elle désirait. Elle se sentait mal à l'aise en sa présence, peut-être que cela était du au fait qu'il entretenait une relation avec sa belle mère, sa chère et tendre belle mère habituée aux scandales ces derniers mois.
- Puis-je vous commander quelque chose à boire ?
- Un verre d'eau fera l'affaire merci. Répondit-elle en jouant nerveusement avec ses doigts.
Après des minutes qui avaient semblé paraître des heures, elle fut sauvée par l'arrivée des derniers collaborateurs, l'échange de quelques banalités passé, de sérieuses négociations avaient débuté.. Felicity était sur le point de présenter l'idée sur laquelle elle travaillait depuis des mois, distribuant des dossiers aux personnes autour d'elle mais la jeune femme ne put ignorer encore longtemps le vibreur de son téléphone.
Son écran affichait,
48 appels manqués de Thea
34 appels manqués de Tommy
18 appels manqués de Roy
5 appels manqués de John
Et elle n'avait pas encore compté les sms.
Avec un calme très serein, Felicity s'excusa quelques instants, l'une des choses qu'elle avait prit ces dernières années, était de garder son calme en toutes circonstances surtout avec ses proches qui avaient tendance à paniquer très rapidement. D'un pas pressé, elle se dirigea vers le salon de l'hôtel pour répondre à l'appel entrant de Tommy, excédée, elle ne lui laissa pas le temps de dire un mot.
- Tu sais Tommy quand j'ai dit que je ne voulais pas être dérangée parce que le rendez-vous professionnel auquel j'assistais était important, c'est parce qu'il est vraiment très important ! Dit-elle en tentant de contrôler le son de sa voix.
- Felicity.
- Qu'est ce que vous avez tous aujourd'hui ? Vous vous êtes donné le mot ? Le dîner n'est qu'a 19 heures. Soupira-t-elle en faisant les 100 pas, elle était nerveuse. Ils avaient gagné et si elle s'était promis de ne pas céder à l'anxiété et au stress aujourd'hui, c'était raté.
- Felicity écoutes moi !
- Tommy je n'ai pas le temps de t'écouter je suis en plein milieu d'une négociation pour un contrat.
- FELICITY Souffla-t-il impatient, à bouts de nerfs visiblement.
- Et tu sais combien ce contrat est important pour Queen Consolidated. Continua-t-elle ignorant l'inquiétude et la nervosité qui transparaissaient dans la voix de son ami.
- FELICITY ECOUTE MOI. Cria-t-il et la jeune dût éloigner le téléphone de son oreille droite, sous le choc.
- Est ce que tu viens réellement de crier sur moi ? Demanda-t-elle incrédule. Tommy Merlyn je te jure que si la raison pour laquelle tu m'appelles n'est pas valable je me chargerai personnellement de m'occuper de ton cas.
- Felicity s'il te plaît, j'ai besoin de savoir où tu es pour venir te récupérer.
- Ok tu commences à me faire peur Tommy, est ce qu'il est arrivé quelque chose à Thea ? C'est Roy c'est ça?
- Non, non Smoaky personne n'est blessé, tout le monde va bien.
- Alors pourquoi j'ai l'impression que quelque chose de grave s'est passée ? Questionna-t-elle en ignorant les regards suspicieux des personnes qui l'entourait.
- Dis moi où tu es, j'ai besoin de venir te récupérer et te parler.
- Je suis au restaurant du Plaza Hôtel avec les collaborateurs qui doivent sûrement commencer à s'inquiéter, Tommy je dois y retourner.
- Felicity je veux juste que tu me promettes de rester à l'intérieur, d'éteindre ton téléphone jusqu'à ce que j'arrive et de ne t'approcher d'aucune télévision.
Cette conversation n'avait aucun sens ! Felicity était désespérée par ce que lui disait son ami ou plutôt par ce qu'il ne lui disait pas. Elle avait du faire un effort conséquent pour ne pas lui crier dessus et c'est en se pinçant l'arrête du nez qu'elle se rapprocha du grand écran plasma à quelques mètres d'elle à présent. Elle pouvait entendre le bruit du moteur de Tommy et cela ne présageait rien de bon.
- Tommy si tu penses qu'en me donnant ce genre de conseils, je ne vais pas paniquer c'est raté ! Si tu me dis ne pas regarder la télé, je vais la regarder et si tu me dis d'éteindre mon téléphone je vais …
Si elle ne s'était pas accoudée au bar du salon de l'hôtel, sa tête aurait sûrement finit par heurter le sol.
Oh. Mon. Dieu.
Furent les trois premiers mots qui avaient franchi la barrière de ses lèvres. Le téléphone toujours en main, elle n'entendait plus Tommy crier son prénom, complètement abasourdie par les images qui défilaient devant ses yeux.
- Felicity !
FLASH INFO : Après 5 ans présumé mort, l'ex play-boy et millionnaire Oliver Queen à été retrouvé vivant par des pêcheurs locaux et il est de retour à Starling City. Nous n'avons aucunes nouvelles malheureusement de Robert Queen probablement décédé lors du naufrage.
Oliver Queen à été retrouvé vivant.
Oliver Queen à été retrouvé vivant.
Oliver Queen à été retrouvé vivant.
Voilà l'unique phrase qu'elle à retenue et Felicity est incapable de faire le moindre mouvement en ce moment même, les membres paralysés, l'air lui manque. Est-ce un cauchemar ou un rêve ? Impossible de répondre à cette question. Toutes les insécurités enfouies depuis plusieurs années refont surfaces et les émotions bafouées, étouffées sont en train de lui jouer des tours ou plutôt de jouer un concerto à l'intérieur de sa tête et de son cœur. Il lui faut de longues minutes, peut-être 10 ou 15 pour réaliser qu'elle est entourée de personnes susceptibles de la reconnaître, de la prendre en photo ou d'appeler les médias et bien qu'elle ait du mal à mettre de l'ordre dans ses pensées, Felicity finit par sortir de l'hôtel d'un pas pressé et incertain. Les larmes au fond des yeux, refusant de couler.
- Felicity. Appela Tommy en se dirigeant vers elle, ne lui laissant pas vraiment le temps de réfléchir à quoi que ce soit. On doit partir d'ici avant que les paparazzis n'encerclent le bâtiment.
- Felicity. Appela-t-il doucement en lui attrapant les épaules.
Elle était incapable de penser, de bouger, même respirer lui était devenu difficile.
- Est ce que c'est vrai ? Est ce que tu l'as vu ? Furent ses premières questions.
- Pas encore Smoaky, j'ai d'abord pensé à toi avant de passer à l'hôpital, Thea a tenté de te joindre puis Roy est passé à l'appartement. John et Laurel sont sûrement déjà à l'hôpital.
- Il est vivant Tommy. Il est vivant. Répéta-t-elle totalement incrédule pendant que son ami se contentait d'acquiescer en lui caressant lentement la joue.
- Oui.
- 5 ans à tenter de faire notre deuil pour découvrir qu'il est vivant.
- Je sais Felicity, je sais, j'ai moi même du mal à réaliser. Concéda-t-il presque impatient. Et je n'y croirai pas non plus quand je le verrai mais l'important pour le moment c'est de sortir d'ici d'accord ?
- Je ne peux pas. Finit-elle par lâcher, les membres en coton, la gorge sèche.
- Comment ça tu ne peux pas ?
- Je ne peux pas aller à l'hôpital
- Je sais que tu es sous le choc Smoaky mais Oliver est vivant et à l'hôpital, il est vivant
- Je ne peux pas aller à l'hopital j'ai besoin de marcher. Confessa-t-elle déboussolée.
- Felicity. Appella Tommy, courant derrière elle pour la rattraper.
- Tommy je crois que je vais vomir.
Il lui était impossible de fermer les yeux, impossible de penser clairement sans que les mêmes mots ne passent en boucle dans son esprit. 3 heures étaient passées peut-être plus et Felicity avait laissé Tommy partir à l'hôpital seul, impuissante, terrorisée à l'idée de revoir l'homme qu'elle n'avait jamais vraiment cessé d'aimer.
Elle ne comprenait pas sa réaction et ne cherchait d'ailleurs pas à la comprendre, la seule chose qu'elle désirait c'était avoir la force de lui faire face après toutes ces années. 5 ans jours pour jours, ironie du destin, signe ? La jeune femme semblait totalement déconcertée.
- Felicity.
Assise au fond du sofa, elle n'avait pas besoin de se retourner pour voir que Roy se tenait derrière elle. Roy, l'adolescent dont Oliver s'était occupé, son protégé, devenu un homme à présent et le petit frère qu'elle n'avait jamais eu.
- Est ce que tu l'as vu ? Demanda-t-elle sans pour autant bouger alors que Roy prit place face à elle, la clef de l'appartement de Felicity à la main qu'il n'utilisait qu'en cas d'urgence.
Et l'urgence avait surpassé toutes ses croyances aujourd'hui.
- Je l'ai juste aperçu, Thea est avec lui en ce moment au manoir. Répondit-il touché.
- Comment est ce que c'est possible ? Comment il a survécu ? Je veux dire c'est improbable, on l'a enterré i ans aujourd'hui, ils ne m'ont pas laissé voir son corps mais sa main, je l'ai reconnu, je pensais l'avoir reconnu.
- Felicity tout va bien se passer.
C'était au tour de Roy de tenter de consoler la femme qui l'avait aidé durant toutes ces années mais malheureusement il n'était pas très doué dans ce rôle.
- Comment veux-tu que je me calme Roy, nous avons enterré un homme en pensant que c'était Oliver et
- Tout va bien se passer, Oliver est la. Il est vivant et tout ira bien.
- Il faut prévenir Moira et Sara, Sara je dois appeler Sara, elle ne doit pas apprendre les dernières nouvelles par les médias. Souffla-t-elle brusquement en se levant.
- Felicity, Diggle s'est chargé d'appeler Sara, elle sera la d'ici quelques heures, elle a sans doute prit le premier avion pour venir ici.
- J'avais juste besoin de prendre l'air tu sais, j'avais besoin de réfléchir à tout ça.
- Je sais que tu dois être perdue, on l'est tous d'ailleurs mais Oliver, il est la aujourd'hui et ta place devrait être auprès de lui, il est sûrement en train de se demander pourquoi tu n'es pas présente.
- J'ai peur Roy, j'ai peur de découvrir que l'homme qui nous à quitté n'est plus le même, d'affronter son regard après toutes ces années, j'ai l'impression d'être dans un rêve, que cette nouvelle n'est juste qu'une énième plaisanterie, j'ai fantasmé durant des jours, des mois imaginant son retour des milliers de fois et aujourd'hui je suis incapable de faire le moindre mouvement à l'idée de le revoir
Il ne l'avait pas interrompu dans son monologue, conscient qu'elle avait bien d'extérioriser ce sentiment qui était en train de la ronger. Felicity était une femme forte, qui laissait rarement ses émotions transparaître du moins en public et elle voulait s'autoriser à craquer mais elle n'y parvenait pas. Les larmes ne coulaient pas, les émotions qu'elle voulait délivrer étaient bloquées au fond de sa gorge nouée.
- Tu as peur et ces dernières années n'ont pas été faciles ni pour toi ni pour nous mais Licy s'il y à bien une chose que tu m'as apprise c'est que tu ne peux pas laisser cette peur te paralyser. Laisse moi t'emmener au manoir. Lui Souffla Roy en lui saisissant la main.
Quelques minutes plus tard, Felicity était en voiture près de Roy qui la conduisait à la résidence des Queen. Le trajet s'était déroulé dans un silence déconcertant mais nécessaire.
Le cœur lourd et les lèvres serrées, la jeune blonde réajusta sa robe et la veste qui semblait de plus en plus étroite au fil des secondes, soutenu par Roy et guidée par Raisa à l'entrée du Manoir Felicity avait finit par grimper les marches de l'immense escalier avec beaucoup d'appréhension.
Il était dans leur chambre, chambre dans laquelle elle n'avait plus mis les pieds depuis un long moment déjà.
Avait-il eu besoin de rejoindre cette pièce pour la retrouver ? Est ce qu'il pensait qu'elle vivait toujours au manoir ?Confuse, troublée, totalement paniquée Felicity s'était avancée vers la porte ouverte pour y découvrir Oliver, debout face à la grande fenêtre. Il contemplait le paysage et semblait tout aussi perdu dans ses pensées.
S'appuyant contre la porte, elle s'accorda un instant pour ne pas flancher et peut-être tombée au sol. Elle était devenue faible tout à coup, impossible pour elle de savoir si cela était réel ou si son imagination lui jouait des tours. Oliver ne l'avait pas encore vu et elle se contentait d'admirer son dos, musclé, sa carrure qui avait changé. L'homme qui se tenait devant elle, n'était plus le même, physiquement et psychologiquement également elle en était persuadée.
- Oliver. Appela-t-elle finalement, la voix chevrotante.
Et il s'était retourné lentement, prenant de soin de ne jamais la quitter des yeux. Les mots n'étaient pas assez fort pour décrire ce qu'elle ressentait en ce moment même. Elle avait l'impression que son monde était en train de se remettre en place doucement, le monde dans lequel Oliver était la pièce centrale, la pièce magistrale.
- Felicity
- Quand tu m'avais dit que tu allais avoir besoin d'un peu plus de temps pour rentrer, j'avais pensé à une ou deux semaines tu sais, pas à cinq longues années. Tenta-t-elle d'une voix qui se voulait légère.
L'humour avait-il vraiment sa place en ce moment même ?
- Je suis ici Felicity. Lui dit-il d'un ton ferme, les bras ouverts, il l'appelait vers lui.
- Je suis réel. Ajouta-t-il en s'autorisant un pas vers elle.
- J'ai l'impression d'avoir à faire à un mirage, qu'à chaque nouveau pas tu seras prêt à disparaître. Souffla-t-elle les yeux brûlants le cœur au bord des lèvres.
- C'est pour ça que tu ne veux pas venir dans mes bras ? Je ne vais pas disparaître Felicity, je suis la.
Sans s'en rendre compte, ils s'étaient tous les deux avancés l'un vers l'autre, attirés comme des aimants, il avait finit par clore la distance qui les séparaient en entourant ses bras autour du corps de la jeune femme.
- Bonjour mon amour. Dit-il en appuyant son front contre celui de Felicity qui avait finit par craquer à l'entente de ce surnom. Les larmes, annonciatrice d'une longue série s'écrasaient sur ses joues et elle dût fermer les yeux pour contrôler ses émotions.
- J'ai imaginé ce moment tellement de fois, j'ai imaginé les traits de ton visage et … et je suis désolée que mon imagination ne t'ait pas fait justice. Tu m'as tellement manqué. Ajouta-t-elle en ouvrant les yeux pour rencontrer ceux d'Oliver.
- Pas un jour n'est passé sans que je ne pense à toi, tu étais avec moi tout le temps. Murmura-t-il en lui prenant la main à l'endroit ou se trouver son cœur.
- Oliver
Il était en train de parsemer son visage, son cou de légers baisers, la faisant frisonner, la rendant incapable de bouger.
- Dieu comme tu m'as manqué. S'exclama-t-il en effleurant ses lèvres.
- J'ai passé cinq ans à me convaincre que tu ne reviendrais plus jamais.
- Et je passerai le reste de mes jours à te convaincre que je ne partirai plus jamais. Dit-il en saisissant son visage entre ses doigts, capturant les larmes qui roulaient sur les joues de la jeune femme.
Ils avaient fini par s'asseoir au bord du lit, Felicty toujours dans les bras d'Oliver, les yeux fermés, refusait encore de croire que tout ceci était réel, les milliers de questions qui traversaient son esprit, restaient pour le moment en suspend et c'était peut-être mieux ainsi.
- Felicity. Appela Oliver doucement.
- Hmm.
- Raisa m'a dit que tu ne vivais plus ici.
Le corps désormais raide et lourd de tension, Felicity tenta de se dégager de l'emprise d'Oliver en vain.
- Beaucoup de choses se sont passés après ta mort Oliver.
- Hey. Souffla-t-il lui posant deux mains sur le cou. Felicity regarde moi. Répéta-t-il une seconde fois alors qu'elle refusait de croiser son regard. Je suis la et je vais bien
- Mais tu étais mort hier encore et rien n'est plus comme avant. Claqua-t-elle un peu trop sèchement, se relevant lentement pour s'éloigner de lui.
- Tu as rencontré quelqu'un c'est ça ? Questionna-t-il les yeux fermés, la mâchoire un peu trop serrée pour tenter de dissimuler sa déception ?
- Quoi ?
Elle était restée totalement incrédule, déstabilisée par sa question.
- Je ne t'en voudrais pas, après cinq années, tu pensais que j'étais mort après tout. Continua-t-il en ouvrant les yeux, il était resté totalement impassible, presque froid.
- Tu penses que je suis avec un autre homme ?
- Je n'étais plus la et...
- Et tu ne sais rien de ce que nous avons enduré Oliver. Ces 5 dernières années, mon but n'était pas vraiment de trouver l'amour de nouveau, ni de te remplacer par un autre homme.
La tension était palpable, Felicity ne voulait pas s'énerver, pas contre lui, elle était en colère contre la situation, contre le destin, contre Dieu peut-être, elle ne savait pas si elle devait être reconnaissante ou non. Tellement de choses s'étaient passées au cours de ces dernières années, tellement de drames s'étaient déroulés au sein de leur famille et Felicity ne se sentait plus vraiment capable de porter tout cela sur ses épaules.
- Je suis désolée, je ne voulais pas élever la voix contre toi, ni m'énerver.
- Ne t'excuse pas. J'essaie juste de comprendre certaines choses et pourquoi tes affaires ne sont plus dans cette chambre.
En moins de quelques secondes, elle était de nouveau attiré dans ses bras, il ne voulait pas briser le contact. La toucher était devenu vital pour lui.
- J'ai déménagé, un mois après ton ...absence, cet endroit me rappelait trop de souvenirs et ma relation avec ta mère ne s'est pas vraiment améliorée suite aux deniers événements. J'avais besoin de prendre un nouveau départ. Termina-t-elle un sourire amer accroché au bord des lèvres.
- Que s'est-il passé ?
- Rien d'important Oliver.
Elle se fermait à lui une fois de plus, ne lui laissant pas le temps d'essayer de comprendre.
- Felicity
- Oliver
- Je n'ai jamais vraiment supporté lorsque tu me cachais des choses et ça n'a pas changé depuis. Confessa-t-il d'un ton ferme.
- Crois moi, il vaut mieux que je t'épargne certains détails.
- Je ne veux pas que tu m'épargnes des détails, je veux savoir pourquoi tu n'es pas resté ici après la promesse que tu m'as faite.
- Tu sais les promesses que l'on s'était faites se sont toutes brisées le jour où nous avons découvert que tu étais mort.
Oliver n'eut pas le temps de répondre à ces mots froid et soufflés amèrement. Il devait avoir une très longue discussion avec la femme qui se tenait devant lui, il n'était visiblement pas le seul à avoir changé. Etait-il revenu trop tard ? Les dommages qu'il avait causé étaient-ils irréversibles ?
- Oliver
- Walter. Répondit-il sans pour autant s'éloigner de Felicity
- Est ce que je dérange ?
- Oui
- NON.. Cria Félicity sans le vouloir. Oliver !
- Felicity. Dit-il d'un ton ferme.
- J'attendrai dans le salon, je vais rejoindre Thea quelques instants.
Et c'est sur ces derniers mots que Felicity s'était éclipsée de la pièce, ne laissant pas l'occasion à Oliver d'attraper sa main pour la garder près de lui.
Elle devait quitter le manoir maintenant et s'éloigner de ses proches un instant, elle devait être seule pour réfléchir ou du moins remettre en ordre ses émotions avant de lâcher prise Il lui était impossible de sombrer et elle s'était interdit de flancher. Pourquoi diable réagissait-elle ainsi ? Oliver était revenu, il était vivant, elle l'avait touché ayant même peur de lui faire mal. Alors pourquoi avait-elle encore du mal à respirer ? Pourquoi chaque inspiration qu'elle prenait semblait l'étouffer ? Oliver était revenu certes, mais cela voulait-il que tout allait rentrer dans l'ordre ? L'avenir restait encore incertain.
Le prochain chapitre sera du point de vue d'Oliver. N'hésitez pas à laisser vos impressions et à bientôt pour le prochain chapitre.
Nassou.
