Voilà la suite !

Merci aux lecteurs, à ceux qui mettent en follow ou en favori et aux revieweurs.

Réponses aux reviewers courageux (qui lisent et commentent ! Félicitations :) !) :

chapitre 2 :

thierry6 : Merci d'avoir commenté ! Pour la mise en page, j'ai essayé d'arranger ça, merci d'avoir signalé.

chapitre 3 :

miss damdam : Coucou ! Drago et Luna sont bien sûr au rendez-vous, mais principalement en flashback du point de vue de Drago cette fois-ci. Niveau personnages, retour à quelques classiques dans ce chapitre.

thierry 6 : Oui, c'est vrai que ça fait un peu fouillis, ici ! Bon, j'ai essayé de remettre un peu d'ordre, peut-être que ce chapitre sera moins brouillon.


La porte s'ouvrit. Beaucoup de ceux qui n'étaient pas encore assis le furent en moins de trois secondes, mais quelques-uns restèrent debout : six garçons et quatre filles, qui tremblaient un peu sur leurs jambes. Le Mangemort qui venait d'entrer les observa méticuleusement.

« - Toi, là. Viens. » fit-il après quelques secondes d'hésitation.

Il avait désigné Allison Denver, une des filles bien campée sur ses pieds. Elle s'approcha, sans rien dire.

Que dire, de toute manière ?

« - Que lui voulez-vous ? » fit cependant une jeune fille aux cheveux ondulés en s'interposant, se plaçant devant l'autre adolescente.

Une Gryffondore. A cet instant, ces camarades admiraient son courage, ou s'étonnaient de sa folie et de son idiotie.

Acte de témérité inutile ou bravoure vraie ? Le sujet risquait de ne pas mettre tout le monde d'accord.

« - Venez. Toutes les deux. Et les deux autres debout aussi. » répliqua le Mangemort d'un ton sec.

« - Que voulez-vous ? » répéta la fille sans bouger, retenant sa camarade par le bras.

« - Voyons... Ce que je veux... Que dirais-tu d'un peu de compagnie pour moi et quelques amis qui s'ennuient un peu ? On pourrait faire quelques petites expériences... » dit-il avec un sourire sinistre.

Le pouls de la fille s'accéléra. Un sort suffit à l'approcher de lui, et quelqu'un cria un prénom. Un prénom doux et coloré, de ceux qui siéent (Ndla : j'ai vérifié, et à ma grande surprise, ça existe bien, ça vient du verbe seoir) bien aux petites filles et aux fleurs. Lavande. Mais celle qui le portait n'avait pas l'âme d'une petite fille. Ella avait l'âme d'une guerrière, d'une Gryffondore. Elle se débattit avec énergie.

« - Je vous dirai d'aller vous faire voir. » répondit-elle en le griffant au visage jusqu'au sang avant qu'il n'ait fait le moindre geste, le faisant hurler. Un autre Mangemort apparut, et l'air devient plus froid, plus tendu encore. Les chuchotements qui s'étaient levés s'éteignirent complètement.

« - Des ennuis, Travers ? »

« - Une sale môme. Tu devrais passer un peu de temps à jouer avec elle, mais garde-la en vie. »

Les cris de Lavande ont retenti longtemps après ça dans le cachot. Certains se sont mis à pleurer, la tête entre leurs mains, d'autres se sont bouchées les oreilles.

Quelques-uns ont serrés les poings de rage, prêts à venger leur amie ou camarade dès que l'occasion se présenterait, leur haine contre les Mangemorts se nourrissant de ses cris horribles. L'un d'eux se leva, avant de se mettre à tourner en rond dans la pièce, essayant de mettre de la distance entre sa propre rage et le reste de lui-même. Les prisonniers ne se contrôlaient plus.

Certains s'aplatirent sur le sol, se recroquevillèrent contre les murs dans la ferme intention -devenue irréalisable depuis qu'on leur avait confisquées leurs baguettes- de disparaitre quand la porte s'ouvrit de nouveau.

Peu de personnes osaient encore parler, et toujours à voix basse. Mais quand ils virent l'état de Lavande quand elle fut jetée parmi eux comme une poupée de chiffon, les conversations reprirent de plus belles, les chuchotements paniqués fusant de partout. Elle était seulement à demi-consciente, gisant là où elle avait été jetée, à deux mètres de la porte.

« - Quelqu'un d'autre compte s'opposer à une de mes décisions ? » demanda Travers avec un sourire de petit garçon devant ses cadeaux de Noël, à deux doigts de sautiller de joie sur place.

Un silence lourd et angoissé lui répondit, ainsi que plusieurs regards haineux.

« - Paaaaaaaaaarfait. Les sept autres qui étaient debout doivent me suivre. Ho ! Pas tous à la fois. Un par un, c'est préférable. Toi, que l'autre a défendu, tu commences. Et ne t'avises pas de protester. »

Allison se leva, et se dirigea lentement vers la porte, la tête baissée, sans que personne ne dise mot, à part Lavande, qui gémissait, se tordant de douleur sur le carrelage froid. Travers referma magiquement la porte derrière eux.

Un attroupement se forma autour de Lavande, une curiosité malsaine poussant les détenus à aller voir jusqu'où pouvaient aller des Mangemorts.

Quelqu'un se mit debout.

« - Poussez-vous ! Laissez-la respirer ! Tous ceux qui ne connaissent rien en médecine peuvent s'écarter pour que les autres voient ce qu'on peut faire ! C'est honteux de se nourrir de la souffrance d'un être, qui plus est une jeune femme vulnérable ! »

Beaucoup s'éloignèrent, penauds, après la diatribe enflammée de l'adolescent.

Ils n'étaient plus que quatre autour du corps.

Les vêtements de la jeune femme poissaient de sang, son visage en était aussi couvert, elle avait une large plaie sur le front et le côté droit de son visage avait été en partie déchiqueté.

« - Il faut qu'on la lave. On ferait mieux d'utiliser la salle-de-bains, mais on prend des risques en la déplaçant. » fit remarquer une femme entre deux âges, qui, avant de choisir de devenir Auror, s'était passionnée pour la médicomagie.

Ils tergiversèrent quelques secondes, puis Lavande fut transportée dans la salle de bains attenante à la chambre. Pas mal de personnes suivirent, pour savoir ce qu'il en était, mais l'Auror fit sortir tout le monde, même le garçon qui avait éloigné les curieux précédemment, à l'exception des deux étudiants en médicomagie qu'elle avait sous la main, pour respecter l'intimité de la jeune femme.

Une heure plus tard, ils sortirent de la salle de bains.

Le garçon qui avait écarté la foule s'avança vers eux.

« - Est-elle consciente ? »

« - Oui. Elle n'a aucune blessure grave, même si elle souffre. Elle est défigurée du côté droit, mais ne devrait garder d'autres séquelles sur le reste du corps, hormis des cicatrices. »

« - Veut-elle voir quelqu'un ? »

« - Pas pour l'instant. Elle a des difficultés pour s'habituer... Son visage... Il ne reviendra jamais comme avant, même avec des soins adaptés. Mrs Sanders a dit qu'elle resterait avec elle jusqu'à ce qu'elle soit prête à accepter le regard des gens. Tu la connais ? La fille, je veux dire. »

« - Elle s'appelle Lavande. Elle a dix-huit ans. C'est une Gryffondor, bien sûr, et quelqu'un de bien. Je suis de la même année. Terry Boot. »

OooooooooooooOooooooooooooooooooOoooooo

Dans la Salle Commune des Poufsouffles, deux Gryffondors, menés par une Poufsouffle du même âge, venait d'apparaitre, sortant d'un passage caché par une tapisserie.

« - Et tu connais ce passage depuis longtemps ? » demanda Ron, assez surpris.

« - Non, on l'a découvert récemment avec Justin... C'est une longue histoire. » dit la jaune et noire avec un sourire embarrassé, ses joues rosissant un peu.

Rae prônait l'honnêteté, mais elle n'allait quand même pas leur raconter que c'était parce qu'elle avait plaqué Justin contre la tapisserie un soir qu'ils avaient accidentellement découvert le passage –et manqué de peu d'arracher la tapisserie sur le coup-, tombant tous deux dans la cavité qui s'était soudainement ouverte dans le mur –d'ailleurs, Justin avait gardé une magnifique bosse en souvenir.

« - D'autres gens le connaissent ? » interrogea Hermione, en croisant les yeux noirs de la Poufsouffle qui souriait toujours à ce souvenir.

Celle-ci secoua la tête pour chasser les souvenirs et mit quelques secondes à lui répondre.

« - Il y a une légende qui dit qu'il y a un passage entre nos deux Salles communes depuis toujours, que Helga et Godric étaient amants malgré qu'elle soit promise au frère de Salazar et l'avaient construit dans le plus grand secret, mais beaucoup en doutaient. On dit aussi que seuls les Poufsouffles ou les Gryffondors peuvent ouvrir ce passage, cependant je n'en suis pas certaine. Justin et moi n'en avons parlé à personne, toutefois je ne sais pas si d'autres personnes étaient au courant avant nous. » finit-elle par dire.

« - Il va nous falloir prendre le risque. Vous avez des blessés ? » demanda Hermione, un pli soucieux se formant sur son front.

« - Quelques-uns, mais pas trop graves, nous étions loin du centre de l'explosion. Mais vous ferez sans doute mieux de nous transférer du monde, ça a eu lieu près de la Tour Gryffondor, il me semble. » répondit l'adolescente aux yeux noirs en haussant les épaules.

« - Merci, Rae. Combien êtes-vous à pouvoir soigner ? » demanda Hermione Granger en se retournant une dernière fois vers son interlocutrice, avant de s'apprêter à emprunter le passage, Ron Weasley sur ses talons.

« - Une dizaine. Mais seulement cinq ou six accepteront de se battre si nécessaire, les autres veulent disposer de leur vie comme ils l'entendent. » répondit l'amie de Justin, avant de disparaitre.

« - Bien sûr, c'est logique. » murmura Hermione.

Elle remonta entièrement le passage avec Ron. Une fois sortis dans leur Salle Commune, juste devant la porte, ils se regardèrent.

« - On y retourne ? » questionna Hermione, même si elle connaissait déjà la réponse.

Ils étaient épuisés, le soleil ne se lèverait pas avant plusieurs heures, ils étaient tristes et en colère pour Harry et tous les autres, mais ils n'avaient pas le temps de se poser.

Et Ron acquiesça en attrapant sa main.

« - Pour Harry. » dit-il, et un voile de larmes assombrit ses yeux.

« - Et pour nous. » ajouta Hermione en exerçant une pression sur ses doigts en guise de soutien, se retenant de verser une larme, avant qu'ils n'ouvrent ensemble le passage et que Ron ne passe devant, sa baguette bien serrée dans son poing, un sort de défense sur le bout de la langue.

C'était plus prudent quand on s'apprêtait à débouler sur un champ de bataille.

Sauf qu'ils ne débouchèrent pas sur un champ de bataille, mais sur un champ de ruines.

Pas un bruit, pas un cri. Du silence. Un silence qui aurait pu être normal, dans une école à cette heure de la nuit, si une bataille ne s'y déroulait pas.

Ils ne comprirent pas. Ils ne s'étaient éclipsés que cinq minutes, quand Rae leur avait annoncé qu'il y avait un autre moyen de faire entrer les blessés chez les Poufsouffles. Que c'était-il passé, entre temps ?

Hermione lança un Lumos hésitant. L'horreur prit place devant eux. Partout, des blocs de pierre, provenant du plafond ou des étages supérieurs, parfois recouverts par une rangée d'armures brisées. Ils s'avancèrent au milieu des ruines.

Ron eut un pincement au cœur. Cet endroit, c'était une partie de leur vie, un peu comme une deuxième maison. Le voir dans un tel état... Les torches ornant les murs gisaient désormais sur le sol, éteintes. Ils s'aventurèrent courageusement entre les débris, découvrant des corps défigurés. Plusieurs fois ils s'arrêtèrent pour porter secours, mais tous ceux qu'ils découvrirent étaient morts, sans l'ombre d'un doute, qu'ils soient Mangemorts ou de leur côté.

A la découverte du corps de Demelza Robbins, ils durent s'éloigner pour encaisser le choc. C'était le premier cadavre auquel ils étaient capables de donner un nom. Elle était quasi entièrement recouverte par un pan de mur, et ils n'avaient pu l'identifier que grâce aux collants multicolores qu'elle portait. Non loin d'elle des lunettes brisées en deux traînaient, avec une baguette sérieusement endommagée en bois sombre ayant roulée un peu plus loin.

Ron prit Hermione contre lui quelques instants, c'était leur façon maladroite de se rassurer l'un l'autre, puis ils continuèrent leurs recherches obstinément. Peut-être que quelqu'un avait survécu.

Peut-être. Et peut-être que les dragons savaient danser la macarena. Peut-être, mais peu probable.

Ils soulevaient des blocs de pierre entiers –magiquement, bien évidemment-, dégageaient des corps, les palpaient, mais tout ça pour rien, sinon faire pleurer Hermione, qui n'en pouvait plus de tous ces cadavres, chaque fois qu'elle en reconnaissait un –ou plutôt, croyait en reconnaitre un : l'identification était assez difficile-.

Ils zigzaguèrent encore entre des bouts de plafond, puis il leur sembla entendre des voix. Ron posa un doigt sur les lèvres d'Hermione, qui éteignit sa baguette et lui fit signe de le suivre discrètement. Deux silhouettes penchées sur une dernière se dessinèrent assez rapidement devant eux, mais ils étaient à l'abri du noir. Quand ils les reconnurent, Ron pressa le pas.

Dean et Anthony Goldstein se tenait devant eux, encadrant le corps de Susan Bones.

« - Ron ? Hermione ? »

« - C'est nous. Vous étiez ensemble ? »

« - Non. J'ai trouvé Bones avec un Mangemort puis... Ne vous en faites pas, il est mort. Bref, après Dean nous a trouvé. Il avait été Stupéfixé et placé sur le côté mais après l'éboulement le sortilège n'a plus fait effet. Il y a des blessés, d'où vous venez ? »

Hermione secoua la tête.

« - Ils sont tous morts. »

« - Il faut rejoindre l'étage en-dessous, il y avait des tas de gens qui se battaient là. Il y avait ta sœur, Ron. C'est elle qui m'a sorti du milieu du champ de bataille quand j'ai été Stupéfixé. »

« - Oui, enfin, si ça te dérange pas, il faut s'occuper Bones avant, ou elle va mourir. » fit remarquer Golstein, acerbe.

« - Magie noire ? » demanda Hermione en examinant son bras.

« - Ouais, le contraire aurait été trop simple. Il va falloir l'amputer. J'espère qu'un de vous deux a des dons innées en Médicomagie, j'aimerais être sûr de ne pas toucher une artère quand il faudra lui couper le bras, parce que la structure de l'être humain est assez opposée à celle de l'hippogriffe, et c'est la seule bête que je suis capable de sauver. » fit Goldstein.

« - Lui couper le bras ? C'est vraiment nécessaire ? » demanda Ron en faisant une grimace.

« - Non, je me suis juste dit, c'est fun, amputons Bones pour essayer... » soupira Anthony Goldstein.

Qu'est-ce que les rouge et or pouvaient être surprenants de stupidité, des fois...

« - Il y a une infirmerie chez les Poufsouffles. »

« - On ne peut pas la trimballer sur plusieurs étages, son problème devient de plus en plus urgent. Je ne veux pas qu'elle nous claque entre les doigts. Aussi irresponsable soit elle, elle ne mérite pas la mort. » soupira le Serdaigle.

« - On a un autre moyen d'y parvenir, plus rapide. »

« - Ce ne sera pas assez rapide, Ron, et ceux qui aident s'y connaissent autant que nous en médicomagie. Il faut l'opérer ici. » objecta Hermione.

« - Bien. J'imagine être le seul à avoir déjà exercé sur un être vivant ? Dommage que ce n'est été qu'un hippogriffe... Enfin, je suis le plus qualifié, et j'assume la responsabilité de tout ce qui peut arriver à Bones durant l'opération hors éventuel combat. »

« - Trop généreux de ta part... »

« - Si tu veux le faire, Thomas, je t'en prie ! »

« - Excuse-le, Goldstein, on va t'assister. »

« - Bien. Je vais l'amputer magiquement, mais j'aimerai qu'elle ne soit pas consciente ce sera moins dangereux pour elle. Tu peux gérer ça, Weasley ? Il faut qu'elle soit endormie pendant toute l'opération. Granger, il faudra sans doute stopper l'hémorragie. Tu as bien potassé tes bouquins de soins ? Cela pourrait s'avérer utile, là tout de suite. Commence à la stopper dès que j'aurais posé ma baguette sur Bones, c'est nécessaire pour sa survie. Thomas, j'espère que t'es doué niveau aseptisation. Un Feudeymon serait recommandé, dans un endroit comme celui-ci, mais je ne tiens pas à mourir tout de suite, trouve une autre solution. Vos connaissances en médecine moldue et sorcière sont bienvenues, n'hésitez pas à en faire part, même si sur le coup votre idée vous parait idiote, on ne sait jamais. »

« - On commence ? Ou tu vas parler encore longtemps ? »

« - J'essaie de me détendre, je n'ai jamais opéré d'être humain ni réalisé d'opération si irréversible...

Une inspiration. Une expiration. Tenez-vous prêts. J'y vais. »

Baguette en main, il traça un trait sur la peau de Susan, juste au-dessus de la zone abimée. Il repassa dessus avec précision deux fois, puis prononça un sort. La peau de Susan fut entaillée, et elle grogna dans son sommeil. Ron lui envoya un sort de sommeil relativement bien exécuté, qui durerait peut-être le temps de l'amputation.

Thomas tentait de diminuer le nombre de bactéries du coin avec plusieurs sorts un peu maladroits, et Hermione se préparait déjà à stopper l'hémorragie, tout en aidant brièvement les autres en même temps. Goldstein transpirait à grosses gouttes. Une opération de cette ampleur... De sa propre opinion, c'était de la folie.

Tu préfères la voir crever ? pensa-t-il. Non, il ne pouvait pas. Alors il n'avait pas le choix. Mais à quoi jouait-il ? Il n'était pas médicomage, ses connaissances se limitaient aux soins apportés au vieil hippogriffe de son grand-père et à quelques livres de médicomagie. Dont un, bien heureusement, comportant une page sur l'amputation d'urgence. En bon Serdaigle, Anthony Goldstein avait lu entièrement et précautionneusement chaque phrase, même s'il ne se rappelait pas de tout, bien que la formule d'amputation lui soit miraculeusement restée en mémoire.

Il prit une grande inspiration et la prononça d'une voix claire, passant sa baguette là où il avait tracé une ligne. De tout son être, il espérait ne pas s'être trompé, et de ne pas être responsable de la mort de Susan Bones. Il sut qu'il avait réussi son devoir quand Thomas poussa un glapissement de dégoût. Granger avait des difficultés avec l'hémorragie, et il l'aida sans trop de difficultés.

Weasley, qui venait de jeter un nouveau sort de sommeil sur Bones, semblait à deux doigts de s'évanouir, et Thomas n'en menait pas plus large. Mais Granger gardait son sang-froid. Goldstein fit disparaitre la partie de bras coupé et réitéra une formule de sutures. Bones leur en voudrait –lui en voudrait plus particulièrement- jusqu'à la fin de sa vie, mais au moins elle devrait rester vivante. Il acheva le travail, soutenu par Hermione, tandis que Thomas nettoyait le sang sur le sol.

C'est seulement à ce moment que Goldstein se rendit compte que la vue et l'odeur du sang lui retournaient l'estomac. Tout à sa concentration, il ne s'était pas aperçu de ses nausées.

Il s'éloigna pour marcher un peu, avant de revenir au chevet de Bones.

« - On devrait peut-être la transporter à l'infirmerie, maintenant. On ne sait toujours pas si des Mangemorts vont arriver et si elle a survécu à de la magie noire et à l'amputation ce serait idiot qu'elle meurt de suite après. »

« - Je vais chercher ma sœur, maintenant que Bones n'est plus en danger immédiat. »

« - Si ça ne vous dérange pas, je vais aussi retourner sur le champ de bataille. »

« - Granger ? »

« - Je reste avec toi, on ne sait jamais. Elle risque d'être en colère contre toi et de ne pas vouloir t'adresser la parole, or j'aimerais qu'elle nous dise comment elle se sent exactement pour savoir comment la soulager. Et puis il faut te montrer le chemin. »

Elle embrassa Ron en lui souhaitant bonne chance et fit un geste de la main à Dean avant d'ouvrir la marche, elle devait être en première ligne pour avertir Goldstein qui portait plus ou moins adroitement Bones s'il y avait une attaque. Ils arrivèrent sans encombre jusqu'à la Salle Commune des Gryffondors et Hermione donna le mot de passe. Le panneau pivota et ils entrèrent, prenant soin de bien refermer derrière eux.

« - Tu n'avais pas dit qu'on allait au QG des blaireaux ? »

« - Il y a un passage pour s'y rendre depuis ici. »

« - Granger, je viens juste d'y penser, mais je ne pense pas que mettre Bones à l'infirmerie est une très bonne idée. Elle a une image de femme forte, de résistante invincible. Ça la mettrait un peu à mal, et je ne crois pas que Bones ait envie de supporter la pitié de ses camarades en plus de tout ça. On ferait aussi bien de la monter dans une de vos chambres. »

« - Peut-être, oui. L'escalier à ta droite est celui des garçons, l'autre est protégé, tu ne pourras pas y monter, on va prendre celui-là. »

Ils montèrent les marches ensemble, soutenant le corps de Susan Bones. Arrivée devant la première porte, Hermione la poussa de l'épaule. Ils posèrent Susan sur un lit. Elle remua un peu. Hermione lança quelques sorts sur la porte, par précaution. Susan se mit à gémir. Anthony Goldstein se rapprocha du lit. Il posa la main sur son front. Il était brûlant. Au contact des doigts du garçon, elle frissonna et ouvrit les yeux. Elle ne semblait pas le reconnaitre.

« - Salut, Bones. C'est Goldstein. On est chez les lions, classe, hein ? »

« - Mon bras. »

« - Je t'ai amputé. Tu as le droit de m'en vouloir, je comprendrais. Mais je l'ai fait pour... »

« - Merci. Je serais morte, sinon, tu l'as dit toi-même. »

Wow. Goldstein savait que Bones avait une réputation de femme forte et se doutait qu'elle ne s'appesantirait pas sur sa douleur, mais sa force dépassait de loin son entendement. Pas une larme, pas de reproches, rien. Juste des remerciements.

« - Comment tu te sens ? »

« - C'est bizarre. C'est nouveau pour moi et... je crois que j'ai de la fièvre. Puis je sens encore mon bras. Mais je suis prête pour reprendre les combats, évidemment. » dit-elle en se levant.

« - Bones... Il faut que tu te reposes. » protesta Goldstein en se plaçant devant elle.

« - Je me suis assez reposée. » dit-elle en affrontant son regard.

« - Non. » protesta-t-il

« - Il y a des gens qui meurent, dans ce château. Il faut les aider. »

« - On va y aller avec Granger, mais reste ici. »

« - Rester. Bien sûr. Reste à Poudlard, ils m'avaient dit. Excellente idée. Ma mère est morte pendant que je prenais des notes... Des stupides notes. J'aurais dû être avec eux, ce jour-là, pas en cours. Je dois être en train de me battre, pas me tourner les pouces. »

« - Je comprends, mais... »

« - Si tu comprends, alors laisse-moi choisir. S'il-te-plaît. »

« - Pas quand ton choix est la mort, Bones. »

« - Goldstein, je t'en supplie. Si je n'y vais pas, je ne pourrai pas me le pardonner, pas cette fois. »

Des larmes brillaient dans ses yeux. Goldstein n'aimait pas voir les gens pleurer, surtout les filles. Il avait trop souvent entendu sa mère pleurer pour ça. C'est peut-être ce qui le décida. Il fit signe à Bones de passer devant lui.

OooooooooooooooooOoooooooooooooooooooooooooooooooOoooooooo

Luna entra dans la pièce devant lui. Elle semblait effrayée.

Cette expression sur son visage plongea Drago dans ses souvenirs. C'était arrivé au début de l'année. Un certain jour d'automne. Le 4 novembre plus exactement. Drago errait dans le château, et il avait entendu des voix dans une pièce qui aurait dû être vide. Il s'était approché, et avait distingué une voix qui chantait.

Une voix douce et mesurée. Il avait appuyé sur la poignée, subjugué et curieux. Son entrée avait jeté un froid dans la pièce. Une jeune fille s'était levée de la table où elle était assise, et avait poussé trois première année derrière elle. Elle tremblait un peu trop pour faire une Gryffondor parfaite, et une terreur pure se lisait dans ses yeux, mais on devait lui accorder du courage. Avec sa robe vive et légère, sa chevelure blond sale et vaporeuse, sa figure diaphane et ses grands yeux clairs, elle avait une allure irréelle et resplendissait d'innocence.

Innocence... Ce mot avait un goût de cendres dans la bouche de Drago. Sans réfléchir, il avait tendu le bras pour l'effleurer, émerveillé, attiré par la lumière qui émanait de la jeune femme. Il se dégageait d'elle une fragilité délicieuse, une rêverie savoureuse, une pureté exquise et une douceur de caractère indéniable. Il connaissait cette fille, de nom et de vue. Il ne lui avait jamais prêté attention.

Ce n'était que Loufoca, après tout. Le genre de cible idéal pour des Serpentards. Il entendait souvent les filles d'un an de moins ricaner à son sujet dans la Salle Commune. Il s'en souciait peu. Il l'avait déjà croisée plusieurs fois, se baladant seul dans les couloirs, à cloche-pied murmurant des sortes d'incantation, ou cherchant ses affaires, répandues un peu partout au hasard des couloirs du château par des camarades malveillants.

Elle avait un physique atypique, avec sa couleur de cheveux si particulière et ses yeux d'un bleu transperçant, mais il ne la trouvait pas belle pour autant. Alors pourquoi était-il incapable de dire un mot, de faire un pas ? Sa main était bêtement suspendue dans le vide. Il se força à baisser son bras le long de son corps.

Il n'avait jamais entendu la jeune fille parler. Encore moins chanter. Elle avait une voix magique. Une voix d'enfant qui guérissait les blessures et apaisait les plaies les plus profondes. Et il n'avait jamais trouvé l'innocence si belle que depuis la fin de sa sixième année. C'était compréhensible, qu'elle l'attire de cette façon. Elle avait cette chose qu'il ne possédait pas, et ça lui donnait envie de la connaître mieux.

Elle brisa le silence, et quand elle parla, de sa voix comme venue d'ailleurs, d'un monde de douceur et de paix, il reprit enfin sa respiration.

« - Mr Malefoy. Nous ne voudrions pas vous déranger, nous pensions que personne ne viendrait ici. » dit-elle.

Il était surpris. Visiblement, elle avait été élevée selon les codes Sang-Purs. Ou, plus probablement, elle avait peur de lui et évitait de lui manquer de respect.

« - Miss Lovegood. Vous devriez faire attention à insonoriser la pièce et fermer les portes quand vous désirez ouvrir une petite chorale. Cela ne plaira sans doute pas à tout le monde ici. »

Le chant n'était pas le problème, mais le thème si. Il se rappelait les paroles qu'elle avait prononcées comme si elles lui brûlaient la peau.

La Guerre n'a pas d'âge,

Et encore moins de visage,

Elle est grande et sombre,

Mais les Craberts Caverneux dansent,

Et elle devient blanche.

Alors les Mangemorts tombent,

Et les âmes pures s'élèvent.

Bientôt ce sera la fin,

Teintée de sang carmin,

Mais nous vaincront aisément,

Car Dumbledore est Grand.

Pas vraiment dans le plus pur style Voldemoresque...

Elle l'avait regardé, avait semblé hésiter, puis lui avait souri un peu timidement.

Ça avait illuminé sa journée. Il avait eu l'impression de faire une bonne action. Elle avait alors pris les enfants par la main, et ils l'avaient suivie.

Deux filles qui se tenaient la main et un garçon, qui regardaient Drago Malefoy comme s'il était le diable en personne.

« - Attendez. Je pourrais venir à la prochaine séance ? » avait-il demandé en lui prenant brusquement le poignet avant qu'elle ne quitte la salle.

« - Jeudi prochain, devant les cuisines, à dix-sept heures. Attendez-moi là-bas. » avait-elle dit en se dégageant doucement.

Il était resté dans la salle quelques minutes encore, un sourire perlant au coin de ses lèvres.

Luna avait tenu parole. Elle était arrivée cinq minutes après Drago. Puis elle lui avait pris le bras, et l'avait entraînée derrière elle. Elle semblait voler au-dessus des marches, tellement elle paraissait légère. Ils avaient emprunté plusieurs escaliers, traversé un ou deux passage secret, puis était parvenu directement dans une salle, la troisième du sixième étage en partant de l'escalier de gauche par rapport à la tapisserie de Suulberg, celle où Flitwick donnait des cours. Quatre élèves y étaient déjà. La plus âgée, qui devait être en deuxième, peut-être troisième, année s'avança vers Lovegood.

« - C'est un Mangemort » tenta-t-elle de murmurer.

Tenta seulement. Les autres se figèrent, jusqu'à ce que Loufoca leur dise avec un sourire.

« - Celui-là est gentil, Melinda. Il ne faut pas toujours se fier aux apparences. »

Et elle avait chanté, longtemps, avec les enfants.

Drago avait écouté, les yeux fermés. Dans la voix de la jeune fille, à peine plus grave que celle des enfants, on entendait la mer. Et le soleil, surtout.

Cela arriva à plusieurs reprises encore. Puis ils se mirent à discuter, sur le chemin. Drago se rapprocha des enfants : Melinda, Thésée, Cathleen et Demetria. Et ils commencèrent à se tutoyer, puis s'appelèrent par leur prénom, à force. Des mois plus tard, Drago finit par se confier à elle. Elle remplaçait la noirceur en lui par des touches de lumière. Et puis un jour, Drago lui avait demandé de sortir avec lui. Elle lui avait dit oui. C'était avant les vacances de Pâques.

Maudites vacances. Il se rappela Luna, dans les cachots, qui parlait de Nargoles au vieil Ollivander. Il se rappela être descendu, plusieurs fois. Lui avoir tenu la main à travers les barreaux, leur avoir apporté un supplément de nourriture sous un prétexte quelconque. Puis les choses s'étaient arrangées. Elle s'était enfuie avec Potter. Et ce soir, il l'avait retrouvé.

Et elle avait dans les yeux la même peur que quand il était rentré dans cette salle de classe, la première fois. Il aurait aimé lui dire de ne pas avoir peur, de ne pas s'inquiéter. Mais ils étaient en guerre, et c'était normal d'avoir peur. Parce qu'ils savaient l'un comme l'autre que des gens mourraient, là-bas, à Poudlard. Et surtout qu'ils ne pouvaient rien y faire.

Alors il se contenta de la serrer dans ses bras, fort, pour entendre les battements de son cœur. Personne ne lui avait jamais été aussi nécessaire, et il n'avait jamais été aussi nécessaire à quelqu'un.


Voilà. Donc, justification de l'appartenance de Lavande au clan gryffondor, apparition de Ron et Hermione, réaction pour le moins surprenante de Susan à son amputation pratiquée par un Goldstein mal assuré, flashback sur la première vraie rencontre de Drago et Luna. Qu'est-ce que vous en pensez ?