Petit break dans mes révisions pour vous poster ça. Ecrit quasiment d'un coup, pas mal d'inspiration ici. C'est plus tourné vers l'émotion peut-être, je ne sais pas trop. Qu'en pensez-vous ? Au passage, retour aux personnages originaux ici, majoritairement. Il n'y a que trois parties, mais autant de mots que pour les autres chapitres (environ 4000).
A la prochaine -pas tout de suite malheureusement je pense-.
Réponse aux reviews :
thierry6 : Voilà, c'est maintenant !
La tête de Ginny tournait. Il y avait trop de sang. Trop de sang.
« - Tiens bon Neville. Ça va aller. »
Le sang colorait maintenant ses doigts. Elle arracha une partie de la chemise du garçon pour tenter un garrot autour de son épaule.
La panique la faisait trembler, et elle dut s'y reprendre à trois fois avant que quelqu'un lui arrache le bandeau de fortune des doigts, pour le nouer autour du bras de Neville.
Sous ses yeux légèrement embués elle reconnut Seamus. Il boitait légèrement mais semblait en vie.
« - Ernie ? »
« - Chez les blaireaux. Ça va. »
Il ne gaspilla pas sa salive, il n'avait pas d'énergie à gâcher. Un sort passa juste au-dessus de la tête de Ginny et elle pointa sa baguette devant elle avant de formuler un « PROTEGO » d'une force d'une puissance étonnante pour une sixième année –la peur devait aider- bien qu'imprécis, elle ne pouvait être certaine qu'il les englobe entièrement.
« - Mon pote, faut se réveiller. » fit l'Irlandais en donnant deux claques à Neville avant que Ginny ait pu protester.
Celui-ci ouvrit les yeux. Seamus l'aida à se redresser.
« - Direction les Pouffis, et vu comme ça se passe juste derrière, vaudrait mieux courir. J'ouvre le chemin, Ginny le ferme, Neville t'es au milieu, essayez de suivre. Plus que six étages à descendre. »
Neville se remit debout. Il était épuisé, mais la détermination de Seamus l'aida à reprendre des forces. Il devait tenir, il n'aurait pas le luxe de faire attendre les autres et chaque seconde qui passait était plus dangereuse pour eux.
En courant –aussi bien que quelqu'un qui se vide lentement mais sûrement de son sang le peu- il remarqua que Seamus clopinait un peu, et que Ginny s'essoufflait rapidement. Il était au troisième étage quand Seamus poussa un juron. Sa cheville enflait à vue d'œil. Il dut ralentir le rythme, bien qu'il fit tout ce qui était en son pouvoir pour le maintenir.
Les sorts, devant et derrière eux, pleuvaient, et ils manquèrent plusieurs fois de se prendre un avada perdu. On se battait à tous les étages, dans les salles de classe, dans les couloirs, dans les escaliers... Rien n'était épargné : ni combattants, ni statues, ni armures, ni lustres, ni murs et plafonds.
Seamus tourna sur la droite, il savait qu'il y avait un raccourci pour le premier étage derrière la sixième armure. Il le prenait quand il allait voir discrètement Ernie. Si quelques personnes –Ginny, par exemple- étaient au courant, leur couple restait tout de même non-officiel.
Il gémit, sa cheville le faisait souffrir. Allez, plus que quelques mètres dans le passage qu'ils avaient empruntés et ils se retrouveraient quasiment chez les Poufsouffles. Ils débouchèrent sur un couloir. Et Seamus dut faire reculer Ginny et Neville, plus blanc que jamais, pour réfléchir.
Trois Mangemorts gardaient l'entrée à la Salle Commune des Poufsouffles. Ou plutôt les alentours, puisqu'ils n'avaient visiblement aucune idée d'où elle pouvait se trouver. Le problème, c'est qu'il ne pouvait pas attendre indéfiniment cachés dans le passage, Neville devait être soigné, et sa cheville aussi.
« - Qu'est-ce qu'on fait ? » finit par demander Ginny.
« - Les cuisines ? » demanda Neville, les yeux plein d'espoir.
C'était le seul autre endroit où ils pourraient se réfugier dans un court laps de temps. Mais pour ça, il fallait se dépêcher, et réussir à passer discrètement devant les Mangemorts.
Seamus retint un rictus. Une rouquine, un boiteux et un blessé dont le bras avait abondamment saigné devaient passer discrètement juste à côté de Mangemorts. Il se mit à prier pour Greyback ne soit pas avec eux. Il les sentirait et les débusquerait comme des lapins.
« - A trois, on court. Vous passez devant, je fais de mon mieux pour vous couvrir. Neville, ta baguette. Deux ne me seront pas de trop, et tu vas avoir du mal à t'en servir, de toute façon. Ginny, prépare-toi à ouvrir la porte des cuisines de force, et réfléchis à un sort puissant pour la refermer sur nous. »
« - Et si un Alohomora ne suffit pas à ouvrir la porte ? »
Il lui glissa un regard assez éloquent.
« - Dans ce cas, il vaudrait mieux que vous ayez déjà fait vos adieux. » fit Seamus en saisissant la baguette que Neville lui tendait, hésitant.
Se séparer de sa meilleure arme n'était pas forcément la chose la plus intelligente à faire, ces temps-ci.
Ginny prit la main de chacun des garçons. Elle inspira profondément et battit des cils. Elle ne pleurerait pas.
« - Si ça devait être la dernière fois où l'on se voit, tous les trois... »
Ils se regardèrent, dans le passage mal éclairé. Les ombres jouaient sur leur visage.
Ils avaient tous été des membres-clés de la Résistance de Poudlard cette année. Ginny et Neville à sa tête avec Luna, Seamus prenant les missions les plus risquées avec Lavande.
Il donna une petite tape sur l'épaule de Neville et prit brièvement Ginny dans ses bras, suivit par Neville.
Ils étaient plus que des amis. Ils étaient une famille.
L'émotion les gagnait, mais Neville palissait à vue d'œil, ils devaient absolument trouver une pièce relativement protégée pour le soigner.
« - Un, deux, trois. » lança Seamus avant qu'ils ne s'aventurent hors du passage.
Dès que ces camarades furent sortis, Seamus hurla « Pour l'A.D ! » en guise de diversion.
Les regards convergèrent sur lui tandis que les trois Gryffondors s'enfuyaient vers les Cuisines. Les sorts fusaient : rouges et verts se mêlaient, comme pour une sorte de feu d'artifice étrange, et le château, peu éclairée la nuit sur cette partie, s'illuminer à chaque sort lancé.
Ginny arriva enfin devant le tableau des Cuisines, gratta furieusement la poire, qui ouvrit le passage, et poussa Neville à l'intérieur. Seamus jeta un œil à ses amis à ce moment-là. Ginny hurla, mais c'était trop tard : le Mangemort qui semblait stupéfixé à ses pieds avaient réussi à se redresser et il se prit un sort de plein fouet.
Seamus, à terre et incapable de bouger, lui cria faiblement de fermer la porte, qu'elle devait sauver Neville. Ginny secoua la tête. Deux Mangemorts, un peu blessés mais sans plus, n'avaient pas étaient mis K.O. par Seamus, et son bouclier ne tiendrait pas en place longtemps.
Elle prit sa décision.
« - Neville, cherche Kreattur ou n'importe quel elfe volontaire pour t'aider. On te rejoint dès qu'on peut. » cria Ginny avant de fermer la porte derrière elle et de la verrouiller magiquement de l'extérieur.
Elle se précipita sur Seamus, se baissant ou se jetant sur le côté pour éviter des sorts, lançant des Protego et des Stupéfix à tout va.
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« - Ginny ! GINNY ! »
George, suivi de Remus qui portait Katie, stupéfiée, avançaient du mieux qu'il pouvait au milieu des murs écroulés. Quelques jets de lumière volaient encore ici et là, quelques adversaires éreintés se battaient encore.
Ils rencontrèrent plusieurs Mangemorts, affaiblis par l'explosion, qu'ils vainquirent aisément, malgré le poids de Katie sur les épaules de Remus et la fatigue de George, ligotèrent grâce à un sortilège ou deux et enfermèrent dans des salles de classe vides en ayant pris soin de détruire les baguettes qu'ils portaient.
Sur les portes ouvrant sur les deux salles qu'ils avaient pour l'instant utilisées pour quatre ou cinq Mangemorts, ils avaient inscrits la formule « Attention, Mangemorts méchants ». Une idée de Katie, avant qu'elle ne se fasse stupéfiée, elle avait passé plusieurs étés chez sa grand-mère, moldue. Un peu d'humour –même douteux- ne pouvait faire de mal à personne.
Ginny n'était pas très loin d'eux, quand l'explosion avait eu lieu. Et pourtant, ils ne parvenaient pas à retrouver sa trace. Remus avait bien tenté d'utiliser son flair, mais les effluves de sang, la poussière qui se dégageait des pans de murs écroulés et l'odeur de tous ces combattants se mêlant le perturbait.
Katie remua sur l'épaule de l'aîné. Visiblement, l'effet du Stupefix se délitait. Elle réussit à parler, même si sa gorge était un peu sèche.
« - Je peux marcher. On va où ? » croassa-t-elle.
Remus la déposa sur le sol, et elle se retint à lui pour ses premiers pas. George se tourna vers elle, soulagé.
« - Aucune idée. On cherche Ginny et on fait mumuse avec des Nécrophiles de temps à autre. »
Quelque chose à sa droite attrapa son regard. C'était vert. Et ils avaient vu assez d'avada aujourd'hui pour qu'il soit certain que cela en soit un. Il savait qu'il n'avait pas le temps de bouger. Il essaya quand même d'écarter Katie de la trajectoire de l'éclair, et trois Protego, lancés par chacun d'eux, fusèrent, tandis qu'ils essayaient de se plaquer au sol. En faisant cela, ils soulevèrent une quantité phénoménale de poussière.
Tout se passa très vite. Le vert de l'éclair, conjugué aux poussières qui volaient autour d'eux les aveugla, il était d'une puissance remarquable. Les yeux de George le piquaient. Il n'avait pas su la protéger. Il n'avait pas su protéger la petite. Il n'avait pas su protéger Katie.
« - Stupéfix » murmura-t-il, l'âme brisée, en visant droit devant lui, et il entendit un corps tomber.
Sauf que celui-là était probablement en vie. Il prit une grande respiration avant de regarder sur son côté. Katie l'observait. Elle était en vie. Il rit. Un rire fatigué, un rire étranglé accompagné de larmes de soulagement, et la serra dans ses bras. L'éclair l'avait ratée. Elle avait survécu.
« - Tu m'as foutu la peur de ma vie, Kat. Ne me refais plus jamais ça. T'es peut-être immortelle, mais on n'est pas à l'abri de l'attaque cardiaque, nous ! Pas vrai, Remus ? »
Le silence lui répondit. Katie et George se séparèrent, inquiets. Et ils virent l'ombre au tableau. Instantanément ils comprirent. Ils comprirent pourquoi l'éclair n'avait pas touché Katie. Ils comprirent pourquoi Remus n'avait pas répondu.
« - NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! »
Le cri de George retentit contre les murs, tandis que Katie, qui avait avancé à quatre pates jusqu'à l'homme étendu non loin dans un nuage de poussière, se mit à pleurer, en posant une main sur celle de l'homme qui lui avait sauvé la vie.
Il n'avait pas pris ce fait en compte. Aucun humain n'était assez rapide pour se mettre à l'abri, mais Remus Lupin n'était pas seulement humain. C'était aussi un loup-garou, avec des réflexes bien plus rapides que les leurs. Il s'était placé devant eux, devant les deux jeunes gens, pour les protéger.
C'était un grand homme. Il aurait pu tenter de fuir, loin, mais non, il avait usé sa rapidité pour les protéger, eux qui n'étaient que des enfants.
Quand George la rejoignit et qu'elle le vit pleurer, Katie sut que c'était la fin. La fin de quoi ? La fin de leur innocence, la fin de leur enfance, la fin d'une époque, la fin d'un monde, en quoi cela importait ? C'était une fin, c'est tout. Une fin.
Elle n'avait vu George pleurer. Jamais. Et il ne l'avait jamais vu pleurer non plus. Et ils étaient là, agenouillés à côté d'un mort, leurs épaules se frôlant, pleurant sans honte devant l'autre.
Katie ne connaissait pas Remus Lupin aussi bien que George. Il lui avait déjà parlé de lui, Fred aussi, mais elle ne l'avait jamais rencontré en personne avant ce soir. Terrible soir. Et ce qu'elle avait vu de lui l'avait confortée dans ce que les jumeaux lui avaient dit : c'était quelqu'un de bien.
Il avait combattu à ses côtés –et il savait se battre-, avait lancé des sorts de protection qui avaient évité la mort à plusieurs personnes, permettant de consolider leur bouclier, l'avait portée quand elle avait été stupéfiée, avait essayé d'aider George à retrouver Ginny. Et son histoire, que lui avait racontée George, un jour, était une histoire de douleur et de peine.
Si même les gens aussi courageux et généreux que lui doivent mourir d'une telle façon, y a-t-il une justice ? Elle la ferait elle-même, sa justice. Pour chaque vie qu'ils avaient prises, les Mangemorts paieraient. Il ne pouvait en être autrement.
Elle pensa à la femme et au fils qu'il laissait derrière lui. Il avait enfin recouvé la paix, et on lui arrachait son bonheur d'une façon si terrible ? Quel monstre devait-on être pour devenir Mangemort ?
Mais Katie ne pleurait pas seulement pour ça. Elle pleurait parce qu'il s'était sacrifié. C'était de sa faute. Il était mort pour elle, pour la protéger. C'était elle, qui avait été visée. Si elle n'avait pas été là... Elle chassa ses idées de sa tête. Ce n'était pas de sa faute. C'était celle des Mangemorts. C'est ce que son père lui avait répété et répété quand sa mère avait été tuée, alors qu'elle se trouvait avec des amis.
C'était il y a presque dix ans. Que restait-il de la petite Katie en elle, maintenant ? Elle ne savait pas. Elle se rapprocha de George, de la seule chaleur qui pouvait émaner de cette coquille froide, de ce château en ruines, de ce qui autre fois était le meilleur réconfort qu'on pouvait lui apporter. Poudlard guérissait les maux, avant. Désormais, il en était la source.
C'était la fin. Vraiment la fin. Mais après la fin, n'y a-t-il pas un recommencement ? Le phénix renait de ces cendres. Katie et George parviendraient-ils à renaître des leurs ? Car, indubitablement, une partie d'eux était morte, ce soir. Katie ne pouvait pas laisser faire ça. On lui avait enlevé quelque chose, et il fallait qu'elle le remplace.
C'est ce qui lui donna le courage de le faire. Ce n'était pas le moment, ni l'endroit, mais y aurait-il une bonne occasion ? Non, probablement pas. La guerre pouvait durer longtemps encore. Le soleil se levait timidement à travers les fenêtres, annonçant une aube nouvelle.
Le temps des morts était passé, il fallait maintenant penser aux vivants. Katie essuya ses larmes du mieux qu'elle put et se rapprocha de George.
« - George... »
Il se tourna vers elle, prit une inspiration.
« - Je sais que c'est stupide de le faire maintenant, et que tu vas penser que je suis idiote... »
« - Je n'ai jamais pensé que tu étais idiote, Katie. »
« - En fait, je... euh... »
Elle se sentait un peu bête. Elle était majeure, et agissait comme une ado timide de quatorze ans.
Elle ouvrit de la bouche de nouveau, pour compléter la sentence, mais George lui coupa l'herbe sous le pied.
« - Je sais. Je sais, moi aussi. Viens. »
Il l'entoura de ses bras, et elle réussit à esquisser une espèce de sourire. Ils restèrent longtemps, ainsi, à se recueillir au-dessus du corps de Remus, blottis l'un contre l'autre, sans que personne, ni Mangemorts ni alliés, ne les trouvent.
Si ça avait été le cas, il était probable qu'aucun des deux n'aurait levé sa baguette et qu'ils auraient laissé les sorts les toucher sans esquisser le moindre geste.
Puis George se leva, et aida Katie à faire de même.
Il porta le corps de Remus jusque dans une alcôve, et l'y déposa. Le mangemort qu'il avait stupéfié et qui était responsable de la mort de Remus était enfermé, comme les autres qu'ils avaient vaincus, dans une pièce qui donnait sur le couloir où Katie et lui étaient restés prostrés tout ce temps.
« - Rentrons à la Tour. Il faut dormir un peu. »
A ces mots, Katie se rendit compte à quel point elle était épuisée, et qu'ils avaient passé la nuit à se battre dans le château. Elle titubait sur ses jambes, et George ne paraissait pas en meilleur état. Elle prit sa main, et sans un mot, ils se dirigèrent vers leur ancienne Salle Commune.
Les ténèbres, pendant un instant, avaient été chassées de leurs esprits.
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Luna se réveilla en sursaut. Quand elle s'aperçut qu'elle n'était pas dans sa chambre, elle paniqua. Elle saisit sa baguette, sur la table de chevet et s'assit sur le lit, prête à conjurer un Lumos. Quelque chose la retint. Une chose respirait dans la pièce. Et la chose était dans le lit, juste à côté d'elle. Elle poussa un cri. La chose se redressa et...
« - Protego ! »
Drago para de justesse l'Impedimenta de Luna, avant de lancer un Lumos.
Luna recula loin de lui.
« - Luna, Luna. Zen, ok ? Tu es dans ma chambre, on est chez moi. Tu te souviens, maintenant ? »
Une illumination frappa Luna. Oui, elle était chez les Malefoy, et il y avait une raison au fait qu'elle soit dans la chambre de Drago et même dans son lit. Elle respira mieux après ce constat.
« - Je ne dormais pas, j'ai vu que tu t'étais réveillée en sursaut. Tu as fait un cauchemar ? »
« - Je... Ma mère. Je refais le même rêve, chaque fois que je ne dors pas à la maison. Je nous revois toutes les deux, faire l'expérience qui l'a tuée. Je la revois qui me crie de courir, et moi qui m'enfuit. Puis mon père, qui me prend dans ses bras. Sauf que dans le rêve, il m'en veut énormément pour maman, il me crie dessus. Je pense que c'est parce que j'ai l'impression que je l'abandonne, quand je ne suis pas à la maison. »
« - Tu faisais ces rêves aussi, à Poudlard ? »
« - Non, les Graseux Chahuteurs y sont très nombreux. Je ne rêve jamais là-bas. »
« - Tu veux te lever ? »
« - Je ne sais pas. Tu ne dors pas depuis longtemps ? »
Les cernes de Drago répondirent à cette question. Il n'avait pas dormi. Il avait été tenté de réveiller Luna quand elle s'était agitée et avait sanglotée dans son sommeil, mais certains cauchemars sont moins effrayants s'ils sont vécus entièrement.
« - Une heure ou deux », mentit Drago.
Luna jeta un coup d'œil à l'horloge de son côté du mur. Il était six heures.
Que se passait-il, là-bas, à Poudlard ? Ses amis étaient-ils seulement encore en vie ? Le château était-il entièrement aux mains de l'ennemi ?
Elle se tourna vers Drago. Parce qu'ils auraient dû être ennemis.
Mais elle avait senti qu'il était différent. Une intuition. Luna avait l'habitude de se fier à ses impressions.
Elle aurait aimé que la situation soit différente.
Mais elle était comme ça. Et elle ne pouvait rien y faire. Elle se leva et se dirigea vers la fenêtre. Il ne faisait pas encore jour.
« - Si tu veux prendre une douche, tu peux y aller. Je me laverai après. » proposa Drago.
La jeune fille acquiesça, prit quelques vêtements parmi ceux que l'elfe de maison lui avait fait essayer, une serviette propre que Drago lui sortit de l'armoire et se dirigea vers la salle de bains.
L'eau sur sa peau la réveilla instantanément. Elle se sentait sale d'avoir fui avec Drago plutôt que d'être restée avec ses amis. Elle frotta sa peau, encore et encore, cherchant à se détacher de cette impression.
L'odeur du savon et du shampoing de Drago l'apaisa un peu. Elle était en terrain connu, familier.
Des larmes coulèrent sur son visage, se mêlant à l'eau.
Elle resta longtemps dans la douche. Puis elle sortit, se sécha, et enfila ses vêtements avant de sortir de la salle de bains.
Drago releva la tête quand il l'entendit. Il croisa son regard un bref instant. Puis elle se détourna pour chercher quelque chose sur la table de nuit. Il continua de l'observer. Elle avait laissé ses cheveux trempés dégouliner le long de sa nuque, sans chercher à les sécher avec une serviette. Il vit qu'elle prenait les boucles d'oreilles en argent qu'elle portait la veille. Un cadeau de son père pour son dix-septième anniversaire.
Le fait qu'elle porte une robe de Bellatrix était bizarre. Le vêtement arborait une teinte grenat, et devait être en soie, ou quelque chose d'approchant. Luna ne semblait pas à l'aise avec. Drago devait reconnaître qu'elle mettait les formes de la jeune fille en valeur mais que la légèreté de Luna disparaissait totalement.
Drago partit ensuite se doucher. Quand il revint, Luna était assise sur le lit, perdue dans ses pensées. Le jeune homme lui proposa de lui sécher les cheveux. Elle acquiesça vaguement, et Drago s'assit derrière elle, séchant patiemment une à une chaque mèche de cheveux de sa petite-amie. Pansy lui avait donné une expérience presque illimitée dans ce domaine.
Il espérait qu'elle était à l'abri. C'était une fille intelligente, et il se doutait bien qu'elle s'était ménagé une porte de sortie, mais il aurait aimé en avoir la confirmation. Drago était fils unique, et Pansy, aussi insupportable puisse-t-elle être, était la personne la plus proche d'une sœur pour lui.
Un hibou frappa la fenêtre. Drago s'arrêta de coiffer Luna et lui ouvrit, pensant qu'il s'agissait peut-être d'une lettre de Pansy..
Il ne reconnut pas l'animal, un grand-duc d'âge moyen à belle allure avec un œil un peu borgne. Il n'appartenait ni à Pansy, ni à Blaise, ni à personne susceptible de lui écrire, à première vue.
Aussi ne fut-il qu'à moitié surpris quand il se dirigea vers Luna et lui tendit la patte. Elle le caressa doucement, et il hulula –de mécontentement ou de plaisir, Drago ne saurait le dire-, avant qu'elle ne détache un papier de sa patte.
Avec les blessés.
Confirmés : Alicia Spinnet, Sigmund Händel, Mirya Jones, Colin Crivey, Adonis Drake, Emeria Feydon, Norik Allan, Eli Travis, Fred Weasley, Bianca Earnshaw.
Non-confirmés : Hannah Abbot, Silas Butcher, Katie Bell, Ginny Weasley.
M. (PS : Porte toi bien et écris-moi)
« - Tu es folle ? » s'écria Drago, qui avait lu par-dessus son épaule, fou de rage.
« - Ce sont mes amis qui risquent leur vie ! Je me renseigne juste. » répondit Luna calmement, maîtresse d'elle-même.
« - Tu sais qu'IL vient ici, des fois ? Imagine si il avait intercepté cette lettre !» s'exclama Drago, en se passant une main dans les cheveux, les décoiffant complètement, comme chaque fois qu'il bouillonnait de colère.
« - Je sais. Mais Marietta... » tenta d'expliquer Luna.
Drago prit sa tête entre ses mains et se mit à arpenter la pièce.
« - Tu es en train de me dire que la lettre est d'Edgecombe ? La traître de l'A.D. ? Tu sais ce que tu risques si elle te dénonce ? » dit-il en la regardant droit dans les yeux.
« - Elle a changé, elle... » protesta sa camarade.
« - Tu y crois vraiment, à ces conneries ? » s'énerva-t-il en abattant son poing sur le bureau.
« - Drago ! Toi plus que tout autre devrait savoir qu'il ne faut pas se fier aux apparences. » remarqua doucement Luna, s'étant levée.
« - Ne lui réponds pas ! » lui ordonna Drago.
Il semblait fou. Mais Luna savait que c'était uniquement parce qu'il était inquiet, nerveux, qu'il avait peur.
« - Je vais au moins la remercier. » dit-elle en allant s'asseoir au bureau de Drago.
« - Luna ! » siffla-t-il.
La jeune fille poussa un léger soupir, puis elle prit une plume parmi celles posées sur le bureau, attrapa un bout de parchemin posé non loin de et commença à écrire. Celui-ci, furieux, se leva et lui attrapa le bras.
Elle tourna la tête vers lui.
« - Tu me fais mal, Drago. » murmura-t-elle, les yeux emplis de larmes, avant de se détourner et de continuer d'écrire, malgré la poigne du Mangemort.
Il ne dit rien mais ne la lâcha pas, la faisant le regarder une nouvelle fois. Une larme de douleur coula sur sa joue.
« - Arrête, tu me fais peur. »
Il laissa immédiatement retomber son bras. Sa main avait laissé une marque rouge sur la peau claire de Luna. Drago se précipita sur la porte et sortit.
Elle finit sa lettre, une ligne de remerciement et une autre pour dire qu'elle était en sécurité.
Ça avait suffi pour mettre Drago en colère. C'était leur toute première dispute, et Luna en fut chamboulée. Elle aurait voulu en parler à quelqu'un, à Ginny par exemple, mais Ginny n'était pas là, et en plus elle était portée disparue selon la lettre.
Pour ne rien arranger, le parchemin l'avait mis dans un drôle d'état. Apprendre la mort de gens que l'on côtoie ou qu'on aime comme ça, sur papier, était choquant. Elle ne connaissait pas tous ces gens, juste Colin, Mirya, Fred, Hannah, Silas et Ginny, mais ça l'avait marquée. Puis elle tenait à ceux qu'elle connaissait. Pire : Ginny était sa meilleure amie. L'une des seules, en fait.
Elle aurait voulu chercher du réconfort auprès de Drago mais il s'était enfui quand il avait compris qu'elle avait eu peur de lui. Il allait sans doute errer dans le manoir un long moment, et il ne reviendrait peut-être pas avant le soir. Peut-être était-il temps de prendre son courage à deux mains et d'aller voir Narcissa.
Au moins ça lui changerait les idées. Luna hésita quelques instants. Puis elle se dit qu'elle le devait au moins à Drago. Alors elle se leva, mis ses baskets jaune poussin qui détonnaient avec sa robe rouge sombre et se dirigea vers la porte, résolue. C'est dans ces moments-là qu'elle savait pourquoi elle était à Serdaigle. Elle voulait connaître la vérité. Quitte à s'en retrouver détruite.
