Voici dont venu le temps... du chapitre 3 ! (Que ceux qui ont continué avec "des rires et des chants" se dénoncent !). J'espère qu'il vous plaira autant que les précédents ! Pour info, l'histoire va s'accélérer un brin à partir du chapitre suivant et ne suivra probablement plus du tout le manga. Je refais tout à ma sauce pour le bonheur de mettre Bel et Mammon ensemble x)

Thanks Zeilyinn for your lovely review ! Next year I'm going to learn Spanish for my language studies... I hope we can discuss in your own language x) and I hope I can understand a little bit yours fictions in Spanish, I dislike using Google translator ...


Chapitre 3 – Blank Space {Belphegor}

Allongé sur mes draps de soie de qualité supérieure, je regardais le Pacifier gris, encore indigo il y avait quelques jours à peine, que je brandissais à bout de bras, le faisant tourner entre mes doigts. Trois jours que Fran nous avais rejoint, trois jours de plus où tu brillais par ton absence. Trois jours de plus où je me torturais l'esprit en me rendant compte à quel point tu étais devenue importante pour moi, au fil des années. Je m'étais habitué à te tenir dans mes bras, à te porter sur mon épaule. Fran était bien trop grand et trop lourd que pour récupérer ce rôle. D'ailleurs, je ne voulais pas qu'il reprenne ton rôle. Tout au plus, il pouvait tenter de se faire passer pour Fantasma, ta précieuse salamandre ouroboros que tu camouflais sous une apparence de grenouille. Et en parlant de ce freluquet… le voilà qui venait d'entrer dans mes quartiers. Je l'avais beaucoup observé ces trois derniers jours. Sa ressemblance avec toi était d'une cruauté sans pareille. Comme toi, nulle inflexion dans sa voix, simplement un ton monocorde et désintéressé. Comme toi, des stries sous les yeux. Comme toi, un Illusionniste. En même temps, il reprenait ta place, il ne pouvait pas conséquent qu'être du type Brume.

Je le haïssais pour ça. Du plus profond de mon cœur atrophié de prince sanguinaire.

− Bel-sempai…

− Quoi, paysan ?

− Le boss nous convoque. On a une mission.

Comme d'habitude, le boss était de mauvaise humeur. Ses X-Guns étaient pointés sur un Squalo furieux remplissant de mauvaise grâce la paperasse délaissée par Xanxus.

− M'avez fait attendre, déchets.

Sans autre forme de procès, il nous envoya à la figure deux dossiers reliés. J'attrapais le mien sans soucis, mu par l'habitude des méthodes expéditives du boss. Et comme je savais que le boss n'aimait pas perdre son temps à palabrer, je fis volte-face pour quitter les lieux, non sans envoyer une dizaine de couteaux dans le chapeau de Fran.

− Bel-sempai, arrêtez ça, vous allez finir par abîmer définitivement le tissu…

Un onzième couteau se ficha dans ledit tissu. Ce n'est pas vraiment comme si j'y tenais réellement, à ce chapeau. Il ne me permettait que de me défouler en imaginant les traits de Mammon. Oh, bien entendu, jamais je n'oserais lancer de couteau sur l'Arcobaleno, alors je profitais que ce soit un autre qui incarne son rôle pour laisser sortir toute ma frustration.

À nouveau allongé sur le ventre sur mon lit, je tournais sans grand enthousiasme les pages du dossier de mission. Comme toujours, Squalo avait fait un bon boulot et tout était expliqué point par point. Mes pensées dérivaient sans cesse vers Mammon. Ce serait ma première mission sans elle. Sa petite voix neutre critiquant chacune de mes actions allait me manquer. Bon dieu, j'en arrivais même à semer des billets dans le manoir en espérant la voir réapparaître au coin d'un couloir. Ce fut donc tout naturellement que je m'endormis en serrant son Pacificateur contre moi, cette nuit-là.

Mes yeux s'ouvrirent. Il faisait sombre. Je ne reconnaissais pas le décor. Ce n'était pas ma chambre, je l'aurais parié.

Tu en as mis du temps, Bel. Le temps, c'est de l'argent, tu devrais le savoir.

Machinalement, je baissais les yeux. Mammon se trouvait là, sur le sol, des tas de liasses de billets éparpillées autour d'elle, son livre de comptes ouvert devant elle.

Mammon ?

Yare yare. Qui d'autre ?

Abasourdi, je m'asseyais par terre, face à elle. Je tendis les mains. Je voulais la toucher, l'attraper, la serrer contre moi. Mais mes doigts passèrent au travers de son corps de brume et je vis les coins de sa bouche triangulaire se lever légèrement, ce qui équivalait à un éclat de rire chez elle.

Je ne suis qu'une illusion, Bel.

Une bien cruelle illusion, Mammon. Tu ne devrais pas faire souffrir autant ton Prince.

Tu fais erreur. C'est toi qui génères cette illusion, en utilisant le pouvoir du Pacificateur.

Je ne suis pas un illusionniste.

Son infime sourire se fit plus énigmatique et elle ne répondit pas. Elle se contenta de dodeliner quelque peu de la tête, m'observant.

Pourquoi t'es-tu jetée de cette falaise, Mammon ?

Pendant de longues et interminables minutes, elle conserva le silence. Puis elle releva légèrement la tête et je vis des mèches indigo s'échapper de sa capuche. Je me concentrais sur elles pour ne pas avoir à penser à autre chose.

Parce qu'il le fallait. Je devais protéger le secret des Arcobaleno et c'était le moyen le plus sûr.

Je ne répondis pas. Que pouvais-je bien répondre à cela ? Mais j'étais tout de même blessé. J'aurais pu la protéger, moi. Toute la Varia l'aurait pu, même cet impotent de Levi. Étions-nous si faibles qu'elle en était arrivée à préférer la mort à la défaite ? Je tus toutefois mes pensées.

-Bel-sempai, réveillez-vous…

Quelle agaçante voix. Je regardais autour de moi, cherchant à savoir d'où elle provenait. Ne voyant rien, je me concentrais à nouveau sur Mammon. Ma gorge se serra.

Une fois de plus, tu m'avais abandonné. Tu n'étais déjà plus là.

Je me redressais brutalement et la tétine indigo roula hors de ma main. Fran se trouvait assis sur le bord de mon lit, une main sur ma royale épaule. Ah, c'était donc sa voix que j'avais entendue.

Ainsi, c'était ce qu'elle avait voulu dire par « C'est toi qui génères cette illusion »… j'avais simplement rêvé d'elle parce que je désirais ardemment la revoir. Quel faible prince j'étais. Obsédé par une morte au point de rêver d'elle.

Mais était-ce réellement un rêve ? J'aurais juré entendre la voix si reconnaissable de Mammon me la chuchoter au creux de l'oreille. Tant de cruauté dans un si petit personnage, jamais je ne l'aurais cru. Après tout, le Prince Sadique, c'était moi, pas ce bébé haut de trois pommes !

Maugréant, je poussais Fran hors de ma royale literie à coup de couteau dans la tête et rangeais soigneusement le Pacificateur dans ma poche. J'avais hâte de finir cette mission. Je savais que Lussuria prendrait soin de la tombe de Mammon en mon absence, mais ce n'était pas pareil. Mammon était au Prince et nul n'est autorisé à toucher aux affaires du Prince.

− Allons-y, paysan, qu'on finisse ça le plus rapidement possible.


Review ?