Bonjour tout le monde !

Tout d'abord, merci à tous ceux qui sont venus jeter un coup d'oeil au premier chapitre, vous étiez nombreux ! Et merci à ceux qui ont suivi/ajouté aux favoris cette fiction, ainsi que Altyia, Camille, ChocOlive Flamous, RosaliePanda et Tenshi D. Clara pour vos reviews !

(Camille : comme tu es une Guest, je ne peux pas te répondre par MP et je le ferai donc ici : Je suis contente que le début te plaise, figure-toi que moi aussi je suis activement à la recherche de fictions sur eux... à défaut d'en trouver beaucoup, j'en ai écrit une ;D)

Voici le deuxième chapitre, qui sera je pense le plus long de cette fiction (presque 4300 mots !) J'espère que ça vous plaira, et je vous souhaite une bonne lecture !


Chapitre 2 : Jeux de rôle et coup de théâtre

Onze heures moins le quart. C'était son tour. Sabo s'étira avant de sortir de son poste d'observation et de se diriger d'un pas nonchalant vers les gardes.

- Bonjour, soldats, déclara-t-il d'un ton impérieux en les détaillant. Est-ce ici que se déroule la vente ?

Les gardes se redressèrent, un peu intimidés devant ce jeune homme qui les prenait de haut. Il avait tout à fait l'allure des personnes qui côtoient les hautes sphères et le pouvoir.

- C'est bien ici, Monsieur, lança l'un d'entre eux. Puis-je me permettre de vous demander votre invitation ?

- Comment ? Vous ignorez donc qui je suis ? J'ose espérer que c'est une plaisanterie… Râla le blond d'un air méprisant. Ai-je l'air de quelqu'un qui ne serait pas autorisé à participer à cette vente ?

- Pardonnez-nous Monsieur, fit le deuxième garde en se ratatinant un peu plus. Nous ne doutons absolument pas de votre ascendance, mais nous avons pour consigne de vérifier les invitations de toute personne qui souhaite entrer, par mesure de sécurité…

- C'est grotesque… Allez-vous aussi nous faire l'insulte de nous fouiller ?

- Monseigneur, essayez de nous comprendre, nous ne faisons qu'appliquer les ordres…

- Ridicule… Enfin, puisqu'il le faut, répliqua Sabo en leur tendant l'invitation d'un geste sec. Voyez donc par vous-même.

Le garde lut l'invitation et vérifia que le nom indiqué dessus était bien dans le registre.

- Tout est en ordre, Monseigneur Prodensio, vous pouvez y aller. Navrés du dérangement…

- Soyez sûrs que je me plaindrai auprès de ceux qui nous rabaissent nous les Nobles à de telles stupidités, bougonna le révolutionnaire en entrant dans la salle des ventes.

Intérieurement, le blond était plié de rire. Son rôle n'était au final pas si compliqué à jouer… mais le plus dur restait à venir. Il s'agirait d'exhiber toute la superbe et le dédain inhérents à un membre d'une lignée royale auprès d'autres Nobles, rien à voir avec deux pauvres gardes faciles à duper…

Il se dirigea vers l'espace dédié aux Nobles, à côté de l'estrade. Une dizaine de tables s'y trouvaient, déjà occupées en partie par des personnes toutes plus richement parées les unes que les autres. Sabo reconnut parmi elles des membres de plusieurs familles royales du Nouveau Monde, ainsi que Messire John, le conseiller de Saint Rosward, un des Dragons Célestes les plus influents de MarieJoie. Il se dirigea vers une table un peu à l'écart, où se trouvaient deux jeunes filles accompagnées d'un couple de personnes beaucoup plus âgées, certainement leurs parents au vu de leur ressemblance. De nouveaux Nobles à n'en pas douter vu leur tendance à afficher leurs richesses et leurs regards admiratifs envers le conseiller du Dragon Céleste. Il avait trouvé les personnes idéales.

- Pardonnez-moi de vous importuner, Monsieur, Madame, Mesdemoiselles, leur dit-il en inclinant son haut-de-forme, mais je vois qu'il y a une place de libre auprès de vous… Puis-je me joindre à votre tablée ?

Il joignit à la parole un sourire ravageur en direction de la mère des deux filles, dont les joues rosirent subitement.

- Bien entendu, Monsieur, acquiesça celle-ci en désignant la chaise libre.

- Je vous remercie. Je m'appelle Gerald Prodensio, explicita-t-il en serrant la main au chef de la famille, avant de faire un baisemain à sa femme.

- Prodensio, de la famille royale du royaume de Prodense ? S'étonna une des jeunes filles en ouvrant de grands yeux.

- Effectivement, acquiesça-t-il en lui faisant un baisemain à son tour. Vous connaissez donc le Roi Elizabello, mon cousin ?

- Evidemment, s'écria la plus jeune des deux filles, qui n'a pas eu vent de ses exploits en combat ? Est-il vrai qu'un seul de ses coups de poings peut ravager une ville entière ?

- Marie, ça suffit, la réprimanda son père tandis que le blond s'asseyait.

- Laissez, mon cher. Elle est encore jeune, c'est normal de montrer de l'enthousiasme à son âge… Tout ce qu'on raconte est vrai, Mademoiselle Marie. Le Roi Elizabello est effectivement l'homme le plus puissant que je connaisse. Sa force n'a d'égale que sa sagesse. Quel dommage qu'il n'ait pas souhaité m'accompagner aujourd'hui, j'aurai pu vous le présenter… Vous formez une famille noble fort charmante.

- Si vous étiez venu accompagné, nous n'aurions certainement pas eu l'occasion de profiter de la présence d'un jeune homme tel que vous, souligna l'autre fille en rosissant.

- Vous me flattez, Mademoiselle… Puis-je oser demander votre prénom ?

- Célia, Monsieur Prodensio. Célia Soiedechine.

- Célia… Un prénom fort charmant qui sied à merveille à une aussi belle créature ! Mon pauvre Monsieur Soiedechine, je suppose que cela ne doit pas être facile tous les jours d'être le père de deux jeunes filles en âge de se marier…

- Hélas, les prétendants ne font pas le pied de grue en bas de chez nous, soupira le père de celles-ci. Voyez-vous, nous n'avons acquis le statut de Nobles que depuis peu, je suis à l'origine un marchand qui a fait fortune dans le commerce du textile de luxe… Aux yeux de la plupart des Nobles, nous ne sommes que des opportunistes.

- Pourtant, ils ont tous dû commencer comme vous, à bâtir leur empire… Ne vous inquiétez pas, souvent dans notre milieu des berrys en abondance peuvent masquer un statut récemment acquis. Les vieilles familles Nobles commencent à être en manque d'argent et n'hésitent plus à contracter des mariages avec des castes inférieures mais bien mieux loties pécuniairement…

- Espérons que cela arrivera avant que mes beautés n'atteignent l'âge d'être vieilles filles, s'exclama Madame Soiedechine, déclenchant l'hilarité de la tablée et l'indignation des deux demoiselles.

La discussion continua ainsi pendant un moment, Sabo y participant d'un air intéressé tout en jetant des coups d'œil à la salle qui se remplissait toujours plus de nobles têtes. Il remerciait ses parents de lui avoir inculqué la manière de rester courtois et avenant en toute circonstances. Les automatismes qu'on lui avait inculqué de force dans sa jeunesse ressortaient tout naturellement au moment où il en avait le plus besoin, lui permettant de dissimuler à merveille la haine et le dégoût qu'il ressentait vis-à-vis de ce monde auquel il avait appartenu et qu'il avait renié de tout son être.

- Excusez-moi de vous déranger, Messieurs, Mesdames… Auriez-vous besoin de quelque chose ?

Sabo se tourna vers la serveuse et resta coi. Devant lui se trouvait Koala, métamorphosée. Elle avait quitté ses habituels vêtements de mission pour arborer un kimono de geisha finement ajusté et épousant parfaitement ses courbes. Ses cheveux étaient attachés en plusieurs petits chignons retenus par des peignes et couronnés d'épingles dont les décorations brillantes encadraient son visage. Un maquillage discret soulignait son regard océan et ses lèvres, peintes en rouge, paraissaient encore plus pulpeuses que d'habitude. Il déglutit difficilement avant de reprendre contenance devant son regard insistant, où il décelait une lueur agacée.

- Je prendrai la même chose que Monsieur Soiedechine, finit-il.

Elle acquiesça et fit demi-tour pour annoncer la commande. Sabo eut du mal à détacher son regard de sa camarade. C'était donc cette tenue que Jack avait qualifiée de sexy… Le mot était faible, Koala était déjà magnifique au naturel, mais là cela dépassait tout ce qu'on pouvait imaginer. S'il n'avait pas un rôle à tenir, il n'aurait certainement pas pu se retenir de l'amener loin des regards, pour être le seul à apprécier sa beauté.

Cette réflexion lui fit l'effet d'une gifle. Il n'avait pas le droit de penser ainsi, c'était sa coéquipière et son amie… Il se l'était interdit dès le début. Et puis il était un commandant de l'Armée Révolutionnaire. Il ne pouvait exprimer des sentiments pour qui que ce soit, c'était bien trop dangereux.

- Monsieur Prodensio? Fit Célia, le sortant de ses pensées. Vous avez l'air ailleurs…

- Oh, pardonnez-moi Mademoiselle, j'ai fait un voyage éprouvant pour parvenir jusqu'ici, répondit-il en prenant un air contrit qui ferait craquer n'importe quelle femme. Que disions-nous ?

De son côté, Koala déambulait d'une table à l'autre, se retenant de mettre un pain à tous les hommes qui tentaient discrètement de lui mettre une main aux fesses. Si extérieurement elle conservait un sourire de circonstance, intérieurement elle bouillonnait. Elle détestait son accoutrement, elle détestait ces Nobles et leurs attitudes supérieures, et surtout elle détestait l'air séducteur qu'affichait Sabo à cet instant. Elle savait bien qu'il jouait un rôle et il le faisait très bien, on lui aurait donné le bon Dieu et le statut de Noble sans confession. Mais était-il obligé de se pavaner ainsi devant les deux greluches assises à sa table ?

Dieu ce que ça l'énervait quand il se servait de sa gueule d'ange pour parvenir à ses fins en mission… Il savait très bien qu'il était un jeune homme séduisant et aimait en jouer. Elle-même n'était pas insensible à son charme et elle avait de plus en plus de mal à rester concentrée lorsqu'elle était auprès de lui. Quel dommage qu'il semble la considérer uniquement comme une amie… Pourquoi fallait-il qu'il soit si accessible et si aveugle en même temps ?

- Mademoiselle ! Et mon verre de scotch ?

- J'arrive tout de suite, Messire John, s'écria-t-elle en faisant demi-tour vers le bar pour remplir à nouveau son plateau.

Lorsqu'elle déposa la commande du conseiller du Dragon Céleste sur la table, celui-ci la retint en lui attrapant le poignet. Elle se figea et se retint de dégager sa main d'un geste brusque. Elle n'était pas censée savoir se défendre… Elle ne put néanmoins s'empêcher d'analyser la situation rapidement. Quatre hommes à la table, aucune femme. Mauvais point pour elle, ils n'auraient aucun scrupule à lui faire du gringe. Elle allait devoir se débrouiller adroitement.

- Depuis le début, vous n'avez fait que courir à droite et à gauche pour servir vos clients, lui fit le conseiller avec un sourire prédateur qui fit froid dans le dos à la rousse. Ne voudriez-vous pas souffler quelques instants et échanger des anecdotes avec nous ?

- C'est que, hésita-t-elle, les ventes ne vont pas tarder à démarrer alors je doute que nous aurons beaucoup de temps pour discuter….

- Allons j'insiste, nous ne vous retiendrons pas longtemps Mademoiselle, vos collègues sauront très certainement se débrouiller sans vous. Et puis cela fait aussi partie de votre travail de nous distraire, n'est-ce pas ? L'auriez-vous oublié ?

- Bien sûr que non, Monsieur, abdiqua-t-elle en s'asseyant à côté d'eux et en se forçant à sourire.

Sabo, qui n'avait rien raté de la scène qui se déroulait à quelques mètres de lui, serra les poings sous la table. Il sentait sa coéquipière en mauvaise posture, mais ne pouvait rien faire pour l'aider. Cela reviendrait à griller leur couverture et ce n'était pas encore le moment.

- Quel est votre nom, mademoiselle ? Demanda le conseiller John.

- Ko… Konan, Monsieur, se reprit Koala rapidement.

Quelle idiote, elle avait failli se trahir à force de stresser !

- Konan… c'est assez original. D'où venez-vous ?

- D'East Blue.

- Vous avez pourtant plus les traits d'une jeune femme du Sud, je suis étonné ! Les apparences peuvent parfois être trompeuses.

Elle retint un sourire. S'il savait à quel point !

La jeune femme retint un tressaillement lorsqu'il posa une de ses mains sur sa cuisse. Surtout, rester maîtresse de ses émotions, enfouir profondément son envie de lui briser le bras…

- Et alors, Konan, quels sont vos projets d'avenir ? Une jeune femme aussi belle que vous doit avoir le monde à ses pieds…

- Oh non Monsieur, ça c'est un luxe auquel seuls les gens de votre rang peuvent accéder. Je me contente de mener tranquillement mon petit bout de chemin et d'écarter les obstacles qui se dressent devant moi lorsque c'est nécessaire.

Le révolutionnaire blond de son côté cessa de respirer. Koala avait-elle perdu l'esprit ? L'insolence était à peine dissimulée dans ses propos, elle allait tout faire capoter si elle éveillait les soupçons !

- Ah, la flamme de la jeunesse ! J'aime cette combattivité, rit Sir John en retirant sa main pour porter son verre à ses lèvres.

Sabo retint un soupir soulagé. Heureusement que le Noble était trop obnubilé par son envie de prendre la rousse dans ses filets pour noter ses réponses à double sens …

La lumière devint soudainement tamisée et le grésillement caractéristique d'un micro se fit entendre, faisant taire les conversations autour des tables.

- Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, soyez les bienvenues à cette vente privée !

Koala profita du fait que tous regardaient ailleurs pour s'éclipser de la table discrètement et revenir près du bar, le coeur battant la chamade. Si cet heureux retournement de situation n'avait pas eu lieu, elle se serait forcément démasquée. Elle avait atteint son quota de remarques sexistes et de rentre-dedans pour les prochains mois à venir.

- Nous espérons que vous trouverez votre bonheur parmi les nombreux éléments que nous mettons à votre disposition, continua celui qui tenait le micro. Sachez que nous avons tout mis en œuvre pour vous procurer des esclaves de toute première qualité ainsi que des lots particulièrement rares en exclusivité ! Il y aura du choix, et il y en aura pour tout le monde !

La révolutionnaire dut se soutenir au bar pour ne pas trembler. Elle avait les jambes flageolantes… Des flashs de souvenirs étaient en train de s'imprimer brutalement dans son esprit. Son corps se rappelait d'une scène similaire, les mêmes mots horribles à entendre, la même peur qui lui nouait le ventre, la même ambiance nauséabonde…

- Avant de débuter les enchères, j'aimerais inviter tous ceux qui ont permis la tenue de cette vente privée à se présenter à vous. Messieurs les marchands, veuillez monter sur l'estrade je vous prie !

Sous les acclamations du public, les trafiquants grimpèrent sur l'estrade et firent en direction des Nobles de nombreuses courbettes et saluts avec le sourire. Qui aurait pu penser en les voyant ainsi qu'ils étaient des vautours se nourrissant du malheur et de l'exploitation d'êtres humains ?

Sabo repéra Jack au milieu de ces pourritures et le vit appuyer discrètement sur l'intérieur de sa veste. C'était le moment. Il chercha du regard sa partenaire et jura en voyant qu'elle était livide et regardait la scène d'un air vide, complètement tétanisée. Pas maintenant, bordel !

- Koala ! Hurla-t-il pour qu'elle reprenne ses esprits, la faisant sursauter.

Au même instant, un bruit de détonation se fit entendre en coulisses et la salle des ventes fut plongée dans le noir total. Des exclamations de surprise fusaient de toutes parts du côté des Nobles. D'un geste assuré, Sabo ôta les lunettes sur son chapeau et les mit sur ses yeux. Grâce à elles, il pouvait distinguer leurs cibles avec les infrarouges que produisaient leurs corps. Sans prêter attention aux interrogations des Nobles de sa table il se leva et, se rapprochant rapidement de l'estrade, il sortit ses pistolets de sa poche intérieure. Sans plus attendre, il tira sur les trafiquants d'armes. Des hurlements emplirent bientôt la salle suite aux coups de feux et la panique envahit les gens attablés.

- Mais c'est quoi ce bordel ? S'écria l'un des marchands d'esclaves sur l'estrade.

Un deuxième tir le fit taire définitivement.

- Ce bordel, comme tu dis, c'est ce qui arrive à force de magouiller avec les vies humaines, fit une voix féminine près du blond tandis que l'homme qu'elle avait abattu tombait au sol dans un bruit sourd.

- Evacuez tous ! Hurla le barman aux Nobles, qui ne se le firent pas dire deux fois. Et que quelqu'un rallume cette foutue lumière !

Koala se retourna vers Sabo, qui lui fit le geste convenu. Abaissant son arme, elle se détendit et refit le même signe avant de se placer à côté de lui. Le problème avec les infrarouges, c'est qu'on ne distinguait qu'une silhouette floue dans le noir complet, pas moyen de savoir si on se trouvait face à un allié ou un ennemi, sauf si on possédait un Haki de l'Observation affuté. Mieux valait ne pas prendre de risques.

- ça va ? Lui murmura-t-il en rechargeant son arme.

- Oui, acquiesça-t-elle. Merci pour tout à l'heure …

- Il n'y a pas de quoi. Si les rôles étaient inversés je sais que tu aurais fait la même chose pour moi.

- Ils ont buté O'Neil ! Combien ils sont les salops ? Choppez-les !

Le bruit d'une lame qui fend l'air et un gargouillis infâme confirmèrent le fait que celui qui avait parlé venait de perdre sa tête. Sur l'estrade, Jack avait dérobé le katana d'un des marchands et s'en donnait à cœur joie, découpant des membres et tailladant les corps autour de lui.

- Descendez-moi ces ordures, s'énerva l'un des marchands d'esclaves auprès de ses hommes de main pétrifiés autour de l'estrade.

- Mais patron, on ne sait même pas où sont nos cibles ! On risque de blesser les Nobles si on tire à l'aveuglette !

- Vous préférez attendre sagement qu'ils nous tirent tous comme des lapins ?

- A votre place, fit Sabo avec une grosse voix en se plaçant à un mètre d'eux, je suivrai les conseils de votre boss.

- Il est là, le fumier !

Le jeune homme s'écarta agilement tandis que les lourdauds tiraient vers là où il se trouvait auparavant, en direction de l'estrade.

- AAAAAH !

- BOSS !

- Mais quels idiots, souffla Koala tandis que Sabo revenait vers elle, descendre leur propre chef... Je ne pensais pas qu'ils se feraient avoir par un plan aussi grotesque.

- Je suis expert dans l'art de duper les gens, tu te souviens ? Répliqua le blond d'un air amusé.

- A l'aide, les esclaves s'échappent ! Hurla un autre homme dans le fond de l'estrade. Il faut leur couper la route !

Visiblement, Hack était lui aussi entré en action.

- Jack ! Cria Koala pour couvrir le bruit de leurs armes.

- Ouais je sais, j'y vais, répliqua celui-ci d'une voix rendue rauque par l'effort. Je vous laisse vous occuper du menu fretin, leur lança-t-il avant de s'élancer à la poursuite des hommes qui se dirigeaient vers l'entrepôt.

Sabo et Koala se rapprochèrent du bar et s'accolèrent dos contre dos, protégeant mutuellement leurs arrières.

- Combien ? Murmura la rousse.

- Dix de mon côté. Mais des renforts arrivent.

Elle grimaça. Elle avait utilisé presque toutes les balles des pistolets que Sabo lui avait donné. Ça allait être tendu.

A cet instant la lumière fut rallumée, brûlant la rétine de la jeune femme qui ferma les yeux en jurant. Dans un réflexe, les deux révolutionnaires s'accroupirent derrière le bar pour dissimuler leur présence.

Eblouie, la rousse se sentait plus vulnérable que jamais, bien qu'elle sache que les marchands d'esclaves encore en vie n'y voyaient rien non plus, eux aussi habitués à l'obscurité totale depuis de longues minutes.

- Rah mais qui est le con qui a mis les lampes à fond ? Ça brûle les yeux !

- Vous ne perdez rien pour attendre, foutus révolutionnaires ! Lança un autre homme de main. Même si on ne vous voit pas pour le moment vous êtes cernés, on finira par vous retrouver et on va vous crever comme des chiens ! Les renforts seront là dans un instant, vous êtes finis !

Sabo sentit la rousse trembler contre lui. La situation était désespérée et elle le savait. Il la serra dans ses bras pour lui redonner du courage.

- Koala, murmura-t-il tout bas pour qu'ils ne se fassent pas repérer, tu me fais confiance ?

- Oui, souffla-t-elle.

- Plan C, avec moi pour cible.

Elle se figea.

- Tu es complètement fou…

- Ils n'ont aucune idée de ce à quoi on ressemble, c'est à notre avantage. On n'a plus rien à perdre de toutes les façons… ça ne marchera que si c'est moi qui suis exposé, tu le sais bien.

Il lui donna la dague qu'il avait amenée avec lui. Autour d'eux, on entendait toujours leurs ennemis pester contre la lumière qui les empêchait d'ouvrir les yeux. La rousse soupira un grand coup pour se donner du courage puis lui tira la main pour le relever. D'un geste vif elle se plaça derrière Sabo et glissa le tranchant de la lame sous la jugulaire du blond, le maintenant fermement contre elle de son autre main. Au même moment, les renforts des marchands défoncèrent la porte de la salle des ventes.

- Non je vous en prie, s'écria Sabo d'une voix blanche, ne me faites pas de mal !

- Plus un geste ou je saigne ce Noble comme un porc ! Cria Koala d'une voix ferme.

Elle entendit le cliquetis des armes qui se dirigeaient toutes vers eux et retint un frisson. Prudemment, elle ouvrit les yeux et fut soulagée de voir que son éblouissement s'était presque totalement dissipée. Une trentaine d'hommes braquaient leurs fusils vers eux.

- Je ne plaisante pas, reprit la rousse d'une voix cinglante. Laissez-moi partir, ou je l'égorge devant vous.

- Je vous en prie, faites ce qu'elle demande… supplia le révolutionnaire d'un ton apeuré.

- Tu nous prends pour des bleus ou quoi ? Les Nobles ont tous été évacués, c'est juste ton complice que tu fais semblant de prendre en otage ! Descendez-les tous les deux !

- Stop, arrêtez tout ! Hurla un des gardes de l'entrée du bâtiment qui avait débarqué en courant. Il manque un Noble dehors, il est toujours dans la salle !

Les deux révolutionnaires se retinrent de justesse de soupirer de soulagement.

Le messager se figea en voyant la scène qui se déroulait devant ses yeux et pointa du doigt Sabo.

- C'est lui les gars, c'est le cousin du roi de Prodense ! Il est Noble, c'est sûr !

- Bien sûr que je suis Noble ! S'énerva le révolutionnaire. Ça se voit non ? Comment osez-vous penser que je puisse être un usurpateur !

- Tout doux, Monseigneur, menaça Koala en pressant un peu plus la dague contre la gorge de Sabo, y faisant perler un peu de sang. Vous allez finir par vous blesser gravement à force de vous débattre …

- Mais qu'est-ce que vous attendez pour me sortir de cette situation, bandes d'incapables ! S'écria le blond.

- Ne vous en faites pas Seigneur Prodensio, on gère la situation ! S'exclamèrent les hommes de main des marchands d'un air apeuré.

- Oh oui ça pour sûr, vous gérez les gars, ricana Koala d'un air méprisant. Même tellement bien que vous avez failli descendre un des Grands de ce Monde parce que vous n'êtes pas capable de distinguer vos clients de vos ennemis…

- Qu'est-ce que tu veux ? S'énerva un des gardes. Libère le Seigneur Prodensio immédiatement !

- Vous croyez vraiment que vous êtes en position pour me donner des ordres ? Cracha la rousse. Je vais vous le rendre votre petit Noble, ne vous en faites pas… Une fois que je serai sortie de cette salle sans encombre.

- Tu vas nous le payer salope !

- Gardez vos noms d'oiseaux pour vous, si vous ne voulez pas qu'il arrive des bricoles à mon otage… Et reculez, tous, MAINTENANT !

Les malfrats obéirent à contrecœur, tendus.

- Avancez, Monseigneur, lâcha Koala à Sabo en appuyant sur le dernier mot.

- Tu ne sais pas à quoi tu t'es exposée en me menaçant ainsi, maugréa le blond… Je veillerai personnellement à ce qu'on te retrouve et qu'on te torture pendant des jours et des jours pour laver l'affront que tu me fais subir. Je te ferai traquer jusqu'aux confins du Nouveau Monde s'il le faut, jusqu'à ce qu'on m'apporte ta tête sur un plateau d'argent.

- Oui oui, encore faut-il que vous m'attrapiez une fois que je serai sortie d'ici… ça suffit les beaux discours, on y va.

Sabo était à fond dans son personnage, songea la rousse. Heureusement, ça l'avait beaucoup aidée à rentrer dans son propre rôle…

Ils se dirigèrent vers la sortie, Koala collant soigneusement son dos contre le mur pour ne pas laisser d'ouverture aux ennemis qui la regardaient passer d'un œil mauvais. Pas un bruit n'était audible hormis leurs pas qui résonnaient sur le sol, l'atmosphère était tendue comme jamais. Encore deux mètres et ils seraient à la porte de la salle…

A la tension des épaules de Sabo, elle comprit qu'il était prêt.

- Maintenant ! Hurla Koala en le lâchant soudainement.

- Ryuusouken (*) ! s'écria-t-il en noircissant ses poings avec le Haki de l'Armement.

Il lança ses deux poings vers le sol, faisant trembler le sol sous l'impact. Sous les yeux ébahis des malfrats qui n'avaient rien vu venir, le plafond de la salle s'écroula sur eux, les tuant sur le coup.

- Vite Koala, le tunnel va aussi s'effondrer ! La héla le révolutionnaire.

Ils coururent comme des dératés vers la sortie et défoncèrent la porte du bâtiment pour se retrouver enfin dehors, alors que le reste de la salle des ventes s'écroulait dans un fracas assourdissant. Toussant à cause de la poussière qui les entourait, les deux révolutionnaires se relevèrent difficilement, leurs muscles tendus à l'extrême suite à toutes leurs péripéties.

- C'était moins une, souffla Sabo en aidant Koala à se relever.

- Ce n'est pas fini, commandant en second de l'Armée Révolutionnaire, cingla une voix à une dizaine de mètres d'eux.

Le sang de Sabo ne fit qu'un tour tandis que la rousse pâlit brusquement. Le blond se mit immédiatement en position de défense, son dos contre celui de Koala, un pistolet dans chaque main, écarquillant les yeux alors que la poussière autour d'eux finissait de se dissiper. La salle des ventes était encerclée par la Marine.


(*) : Ryuusouken = Le Souffle du Dragon : Sabo plante ses 2 poings dans le sol ce qui fait exploser ce qui se trouve autour dans un large rayon.


Voili voilou ! J'espère que ça vous a plu... Sinon vous avez le droit de me faire un scandale par review ^^ (et si ça vous a plu, faites-le moi savoir aussi :D)

A la semaine prochaine !

minimilie