Disclaimer: Pandora Hearts appartient à son auteur, Jun Mochizuki
Genre: Une pincée de Drama, du Angst, de la Romance. C'est aussi un genre d'UA, ou plus précisément de canon divergence: Jack n'a jamais rencontré Lacie à 15 ans et a réussit tant bien que mal à survivre.
Personnages de l'histoire: Jack, Oswald, Glen!Levi, Lacie, le reste des Baskerville, Oz et Leo.
Parings: Glen!Levi/Lacie et Oswald/Jack
Warning : Violences et boys love?
Rating: T pour violences
Note: Ce chapitre n'a pas été facile à écrire. J'espère qu'il vous plaira, bonne lecture!
Chapitre 2: Jour de neige
Il se mordit la lèvre jusqu'au sang, se retenant de hurler, malgré la douleur qui vrillait son corps et tentait de se retenir trembler à cause du froid qui mordait sa peau humide de sueur, exposée à l'air libre entre les pans de sa chemise ouverte. Sa main gauche était serrée sur un débris de bois solide qui traînait à ses côtés, et l'autre était refermée en poing. Plaqué contre un mur, il refusait de regarder l'homme qui le maintenait, son client. Il avait fermé les yeux et priait pour que cela se finisse rapidement, autant parce que c'était douloureux que parce qu'il faisait terriblement froid en cette fin de journée. Finalement on le relâcha et il vacilla, s'appuyant au support de pierre, espérant que personne ne vivait dans cette maison ou y était à cette heure.
Rouvrant les yeux, il s'essuya les lèvres, enlevant le filet de sang qui avait coulé sur son menton, et parla d'une voix douce et calme, avec un soupçon de patience «Je dois répéter le prix?
- Non.» D'un geste méprisant l'homme fit tomber quelques pièces sur le sol glacé. «J'aurais préféré que tu sois plus actif. Tu n'es pas une poupée!
- C'est plus cher dans ce cas. Mon corps à un prix mais ma participation aussi. Tu n'as rien demandé de tel avant qu'on commence.» Répliqua le premier avec un sourire moqueur, se baissant pour ramasser l'argent. Il le mit dans sa poche. Et rejeta une mèche d'or derrière son épaule, où sa longue natte blonde était presque totalement défaite. Lui donnant un air décoiffé adorable.
Son client eut un sourire sournois «Tu es bien sûr de toi pour une simple pu...
- Et tu viens de me payer pour un coup dans une ruelle dans le froid...tu as trop honte pour aller dans un bordel? Peur qu'on te reconnaisse peut-être?» Il reboutonna sa chemise, dans un geste calculé. Et ajusta son col, cachant la trace de morsure laissé quelques minutes plus tôt. «C'est toi qui a voulu faire ça en vitesse ici...» Il termina en enfilant son manteau. Et pencha la tête de côté, avec insolence «Aurais-tu des scrupules?»
L'autre plissa les yeux, regardant les yeux verts moqueurs face à lui. Il regarda le corps fin, couvert par des habits à peine chauds, les mains fines. Mais une forme sous sa veste laissait penser que le jeune homme (qui semblait avoir 18 ans tout au plus) avait un poignard sur lui, et pouvait ainsi se défendre...sans compter qu'il devait probablement être attaqué souvent. Il savait parfaitement à quoi s'attendre.
Il le fixa longuement, méfiant et cracha finalement «Tu connais les règles?!
- Je ne t'ai jamais vu. Oui. Je n'ai donc rien fait avec toi.
- J'espère pour toi que tu n'en gardera vite aucun souvenir!» Il tourna les talons, s'éloignant le plus vite possible.
Le blond regarda l'homme partir et grimaça en se redressant un peu. Son client n'avait pas été doux du tout. Il lui avait fait mal ce salaud. Mais au moins, il l'avait payé honnêtement. Il allait pouvoir acheter de la nourriture pour deux jours. Il ramassa (cachant sa grimace) son écharpe déchirée, qui traînait par terre, et suivit les étroites ruelles, pour se diriger vers une petite maison. Un endroit aux pierres sombres, aux vitres sales et devenues presque opaques. Il monta sur les deux marches, serrant les dents à cause de la douleur dans le bas du dos, et frappa à la porte. Quelques secondes plus tard, elle s'ouvrit et il se retrouva face à une vieille femme.
Il fit un sourire charmeur et poli, passant une main dans ses cheveux ébouriffés «Madame.
- Jack. Tu viens le chercher?
- Oui.»
Elle s'écarta et le laissa entrer, il murmura un remerciement et s'engouffra dans la pièce principale, bien chauffée par la cheminée. «Sans vous je ne saurais pas comment je pourrais faire.» Il ne savait pas comment formuler des remerciements corrects. Elle l'aidait énormément en acceptant ce petit service.
- Je t'en pris, il est adorable.» Il sortit une pièce de sa poche mais elle leva une main «Non mon garçon, tu en as plus besoin que moi! Vous en avez plus besoin!»
Un petit garçon de 4 ans aux cheveux noirs ébouriffés bondit du fauteuil où il se trouvait, et s'accrocha à lui, ses petites mains se refermant sur la veste verte du jeune homme. «Jack, tu es revenu.
- Évidement. Ta journée s'est bien passé Léo?
- Oui! J'ai lu un album d'image avec mamie Rosa!»
Le plus vieux sourit tendrement, ébouriffant la toison sombre qui couvrait la petite tête de son protégé.
Son rayon de soleil dans la vie bien sombre qu'il vivait.
Il avait trouvé ce garçon il y a un an, recroquevillé dans une couverture, qui disait qu'il attendait que son père revienne. Et quand Jack lui avait demandé depuis quand il était là, l'enfant de trois ans avait murmuré qu'il ne savait pas. Mais qu'il avait vu deux fois la nuit, et que ''papa'' n'était pas revenu. Il était à moitié mort de faim et frigorifié. Se souvenant de sa propre vie dans la rue, le jeune homme de 17 ans avait ramassé l'enfant, lui disant qu'il allait retrouver ses parents mais qu'il devait d'abord rester au chaud. Au fil des jours, il n'avait évidement rien trouvé. Comme il s'en doutait depuis le début.
Personne ne connaissait Léo.
Personne ne reconnaissait sa description.
Il pouvait donc venir d'une ville ou d'un village voisin. De plus le garçon avait dit quelque chose de bizarre, qu'il avait vu d'étranges lumières dorées («comme des flocons Jack!») qui étaient entrés dans son corps quelques jours avant que son père ne le laisse «Les lumières m'ont dit d'aller par là!» et il avait montré une direction. Mais il n'était pas allé. Parce qu'il voulait rester d'abord avec sa famille, puis avec Jack. Il ne voulait pas aller voir des inconnus même si les lumières lui disaient de le faire.
Ça lui faisait peur. Il était donc resté avec celui qui l'avait sauvé.
Un an était passé et il ne parlait presque plus de sa famille, commençant certainement à l'oublier.
Jack sourit et salua la vielle femme d'un hochement de tête, ajustant la petite écharpe et le bonnet sur le gamin. «A bientôt!
- Si tu as encore besoin que je garde Léo, j'en serais ravi.» Elle les salua d'un geste de main et referma la porte, les laissant seul dans la rue.
Ils se retrouvèrent donc dehors, la main du jeune blond serrant celle du petit brun. Celui-ci regarda le ciel «Il va neiger!
- Oui. Et certainement beaucoup, comme chaque année! Il fait toujours très froid à cette époque.» Il grimaça un peu. Cela n'allait pas faciliter le travail. L'idée de ramener des clients chez lui ne le charmait pas plus que ça. Mais si il n'avait pas le choix...
L'enfant le tira de ses pensées «Heureusement on a une maison et une cheminée! On aura pas froid!»
Le jeune homme sourit. Il n'avait que 18 ans (19 ans dans trois jours) mais s'en sortait bien. Avec ce qui avait été son passé.
Oui.
Il s'en était bien sortit.
Jack n'avait jamais pensé qu'il était quelqu'un de chanceux, il avait apprit dès son plus jeune âge que la vie ne faisait pas de cadeaux, qu'il n'avait jamais été béni par le destin. Il faisait parti de ceux qui étaient frappé par le pire. A de nombreux niveaux, il n'avait pas eu de chance. Et avait été rejeté pour des choses dont il n'était pourtant pas coupable.
Bâtard.
Enfant Illégitime.
Enfant Adultérin.
Non désiré.
L'enfant du pêché.
L'enfant de la honte.
Ces mots qui avaient claqué si souvent à ses oreilles. Au début il ne les comprenait pas, puis c'était devenu les piques, des gifles verbales. Qui tordaient son coeur et son âme . Il avait si souvent ressenti de la honte, chaque année davantage. S'était senti horrible pour quelque chose dont il n'était pourtant pas responsable. Comment aurait-il pu y être pour quelque chose? Parce qu'il était né?
Oui, justement! Parce qu'il était né. C'était juste pour ça qu'on disait ça de lui. Il n'avait jamais rien fait de mal et on le punissait pour une faute dont ses parents étaient les seuls coupables...puisqu'un tel acte était un crime au yeux de la société. Et que c'était l'enfant qui payait à cette époque. Il était une preuve d'un péché, d'une tromperie.
Et il sentait qu'il n'avait probablement pas été désiré.
Que sa mère ne l'avait gardé qu'avec l'espoir que son père la choisirait.
Il se demandait parfois si Léo était dans le même cas, et qu'il n'avait jamais comprit. Ou si c'était cette histoire de lumières dorées qui avait effrayé ses parents? Ou peut-être était-ce ses yeux, qui ne ressemblaient pas à ceux du commun des mortels [1]. Ou était-ce parce qu'il prétendait voir des choses que les autres ne voyaient pas? Mais cela pouvait n'être que l'imagination débordante du petit, rien d'autre. On ne pouvait juger un si jeune enfant pour ça.
Quelque part, il ne savait vraiment pas pourquoi Léo avait été abandonné.
Et si il avait réellement été abandonné ou si sa famille avait péri.
Il sortit de ses pensées en réalisant que son petit frère (fils?!) de cœur l'appelait. Il baissa les yeux et sourit doucement «Oui?
- On mange quoi ce soir?
- J'ai gagné un peu plus d'argent. On va acheté deux ou trois choses avant de rentrer. On a de quoi vivre pour deux jours. Demain on passe la journée tranquillement à la maison, surtout si il se met à neiger!»
Il était épuisé et avait besoin de dormir. Réellement. Son travail, il avait un goût amer à penser à cela comme tel, lui pesait, le faisait se sentir insignifiant et horriblement seul. Un vide se creusait en lui. Personne n'était là pour essuyer ses larmes ou le consoler. L'affection de Léo ne suffisait pas à combler ce gouffre dans son cœur.
Cette solitude douloureuse.
Pourquoi personne ne l'aimait réellement?
Était-ce parce qu'il était une prostitué?
Était-il condamné à être seul jusqu'à la fin de son existence?
Dès son plus jeune âge, il avait comprit qu'il n'était que le portrait de son père aux yeux de sa mère et aussi le fils de l'homme qui l'avait abandonné. Deux choses contradictoires et douloureuses. Elle l'aimait pour le premier point et le détestait pour le second. L'amertume le prenait quand il pensait à ses espoirs que l'homme revienne un jour, les promesses vide de sens, ses attendes...
«Si tu es sage papa rentrera à la maison et on sera heureux tous les trois!»Tel étaient les mots que sa mère répétait si souvent.
...quand son géniteur n'avait jamais mit un pied chez lui. N'avait jamais cherché à la recontacter, à reconnaître son fils.
Il avait vu sa mère devenir de plus en plus folle et violente. «ll m'a dit qu'il m'aimait!», «C'est de ta faute, si tu n'étais pas né...» Il ne comprenait pas, se sentait horrible et mal, ne comprenant pas qu'elle le blâmait juste parce que, dans sa folie, elle cherchait un coupable.
Il était probablement une erreur.
Il n'avait probablement jamais été désiré.
C'était peut-être même vraiment de sa faute...
La première fois qu'elle l'avait frappé, il avait 5 ans. Il n'avait pas comprit. Et avait passé des heures à pleurer, enfermé dans le placard où elle l'avait enfermé. Il avait apprit, au fil des mois et des années à fuir. A sortir, à revenir quand elle était calmé. Il retenait ses larmes quand elle l'oubliait, ou qu'elle lui sifflait des horreurs. Espérait que les choses aillent mieux. Voulant être optimiste. Espérant qu'elle l'aimait pour de vrai, pour ce qu'il était réellement.
Ce n'était jamais arrivé.
Les choses avaient empirés.
Au point que les déjà trop rares moments de tendresse avaient définitivement disparu. Il fuyait, partant de plus en plus tôt et revenant de plus en plus tard. Il faisait la manche, proposait ses services à des commerçants pour les aider.
Quand il eut 9 ans, il finit par trouver un petit travail grâce à une vieille femme qui tenait un magasin de boîtes à musiques et qui avait besoin d'un petit assistant. Il apprit à manipuler les engrenages et les matériaux. Et gagnait un petit salaire. La femme lui apprit aussi à lire, écrire et compter. Elle lui apprit même un peu la musique.
A 13 ans, il se retrouva sans emploi quand les héritiers de la femme le jetèrent dehors, ne voulant pas d'un miséreux comme assistant, et il fut réduit à mendier à nouveau.
A 15 ans, il se retrouva seul, sa génitrice ayant péri d'une pneumonie, sans logement (elle était si endetté que la maison avait été saisie).
Il alla jusqu'à Sablier, malgré le froid et la faim, puis s'écroula, sans volonté. Pourquoi était-il venu ici? Espérait-il que son père veuille de lui finalement? Il avait hésité, regardant la maison magnifique, puis avait reculé. Que pensait-il? L'homme n'avait pas posé un pied chez sa mère pendant des années. N'avait peut-être que jouer avec elle...
Peut-être ne savait-il pas qu'il existait?
Mais il n'avait pas voulu tenter. Après tout...il ne voulait pas vivre un autre rejet. Voir le dégoût sur le visage de son géniteur. Ça lui ferait sans doute trop mal...
Il s'était assit dans une rue, enveloppé dans une couverture. Et avait pensé abandonner. Avait pensé se laisser aller. Déjà à moitié mort de faim et de froid, il n'aurait probablement pas passé la nuit (elle avait été tellement glaciale) si quelqu'un...
«Qu'est-ce que tu fais là mon garçon?» Un homme âgé, enveloppé dans une cape rapiécée était entré dans son champ de vision. Il s'agissait d'un vieux guérisseur. Et celui qui l'avait sauvé cette nuit-là. Il l'avait ramené chez lui et l'avait aidé, l'avait chargé de quelques tâches pour l'aider. Le blond avait apprit pendant l'année qui avait suivit beaucoup de choses, lisant énormément. L'homme lui avait apprit de choses sur les plantes, comment soigner les blessures légères, les petites maladies, ou les os fracturés. Et même comment soigner de certains poisons, grâce à des mélanges de plantes, secrets qu'il avait découvert par lui-même et qu'il avait jalousement gardé pendant des années.
«Voilà tu as un savoir suffisant pour survivre.» Avait-il dit au bout de 12 mois, fatigué et ne pouvant plus se lever. «Et pour aider, si tu le souhaites.»
Son dernier cadeau avait été de lui léguer sa maison, puisqu'il n'avait pas de descendance (ou alors elle vivait dans un autre pays).
Jack s'était ensuite débrouillé. Il avait un endroit pour vivre. Et avait utilisé son savoir (et l'argent qu'il avait) pour acheter du matériels pour créer des boites à musiques. Il en fabriquait sur commande. Il préférait ceci pour gagner sa vie, les gens ne faisant pas confiance à quelqu'un disant connaître des choses dans l'art de guérir. Les vrais médecins lui seraient tombés dessus...ou l'aurait traité d'imposteur, de sorcier. Bref il ne voulait pas se faire remarquer. Même si parfois il donnait un coup de main gratuitement en échange de nourriture, de vêtements ou d'un peu d'argent. Mais cela restait rare.
Il vendait les quelques boîtes à musiques qu'il avait fabriqué, se débrouillant comme il pouvait, et gardait une partie de la paye pour acheter encore du matériel. Et le reste pour vivre. Il avait ainsi pu se débrouiller pendant un an. Plus ou moins bien. A 17 ans il avait été forcé de faire un second travail, bien moins honorable en vendant son corps. Et il avait bien été forcé de le faire de plus en plus souvent, surtout avec l'arrivée de Léo dans sa vie.
Mais il se débrouillait.
Et ils étaient heureux.
Même si Jack se sentait parfois horriblement seul. Un vide en lui, quelque chose qui lui manquait pour se sentir vivant. Une solitude froide. Il espérait que quelque chose arrive un jour. Quelque chose qui comblerait ce creux en lui.
«Jack, regardes! Il neige!»
Il leva les yeux vers les flocons qui tourillonnaient dans le ciel. Et sourit doucement.
Il aimait les jours de neige.
Ce fut un soir agréable. Comme il les aimait. Pas de clients, pas de gens venus lui empoisonner la vie. Leur maison était bien chauffée par un feu dans la cheminée. Ils avaient eu un bon repas, et passaient un moment ensemble, comme une famille. Et demain, pas besoin de chercher des clients, il terminerait les deux boîtes à musiques qu'il était en train de faire et tout irait parfaitement bien.
Pendant l'hiver, il fallait mettre de l'argent de côté. Ils avaient des réserves pour quelques jours et Jack avait réussit à rassembler assez de plantes en poudres pour prévenir de blessures ou de maladie légères éventuelles. Un de ses clients était apothicaire et avait accepté de le payer en produits.
Il était donc paré à toute éventualité.
Même s'il espérait que rien de mal n'arrive, il était quand même préparé à lutter!
«Hey.»
Il baissa les yeux sur son protégé «Oui Léo?»
L'enfant bailla et marmonna «Une histoire?
- D'accord. Tu veux laquelle?» Il porta l'enfant jusqu'à sa chambre, écoutant son babillage avec un léger sourire qui était réellement sincère.
Leur petite maison était toute simple : une pièce principale assez petite avec une cheminée et un coin pour la cuisine. Une salle d'eau. Et deux étroites chambres. Ainsi qu'une petite pièce servant de réserve et un grenier. Tout était meublé simplement. Ils n'étaient pas riches après tout. Tout cela, la maison et les meubles, c'était surtout du à l'héritage du vieil homme.
Jack avait utilisé un peu d'argent pour rendre sa propre chambre plus ''accueillante'' et confortable quand il était obligé d'amener des clients (dans ce cas, Léo devait rester dans sa chambre et ne surtout pas en sortir!). Il tentait de limiter cela mais beaucoup refusaient de le faire dehors et...il n'était pas un adorateur des bordels (surtout que dans ce cas, il devrait partager l'argent avec le propriétaire). Il refusait aussi, question de principe, d'aller chez le clients (trop dangereux). Mais acceptait d'aller dans les auberges (si le client payait bien entendu). Bref il se débrouillait et prenait toutes les précautions nécessaire (il avait toujours un couteau sur lui ou dans sa table de nuit, à portée de main).
Ils vivaient bien, et ils étaient relativement heureux tous les deux. Ce n'était pas une vie facile mais au moins la tristesse n'était pas là. Pas tout le temps en tout cas. Ils ne souffraient pas plus que beaucoup de miséreux. Sans Léo, le jeune homme aurait sans doute souffert bien plus, l'enfant étant un rayon de lumière dans sa vie. Ce qui l'avait forcé à se secouer davantage. Et qui lui avait montré que la vie pouvait être joyeuse, grâce à la faculté de cet enfant à positiver facilement du haut de ses quatre petites années.
D'ailleurs il faudrait un jour acheter un lit plus grand pour Léo, qui grandissait comme une petite pousse dans un jardin. Il allait falloir économiser un peu dans les semaines à venir.
«...Jack?
- Hum?
- Tu m'écoutes?
- Ha? Pardon! Tu disais?
- Je veux celle-là!
- D''accord, d'accord!»
Une autres journée comme les autres. Jack avait eu trois clients et une belle prime. De quoi s'accorder de nouveau un ou deux jours de repos où il pourrait faire ce qu'il voulait avec Léo. Comme la petite famille dysfonctionnelle qu'ils étaient. Il était ressorti en milieu d'après-midi, laissant l'enfant à la maison, volets soigneusement clos (il faisait vraiment froid dehors et il préférait que tout soit bien fermé quand le petit était seul!). Il avait réussit à acheter quelques plantes chez un herboriste et de la nourriture. C'était toujours un peu moins cher en fin de journée. Il allait prendre le chemin habituel pour rentrer...quand quelque chose l'arrêta. Une sensation étrange, comme une angoisse qui lui serrait le ventre.
A une ou deux ruelles de chez lui.
Il n'y avait rien quelque heures plus tôt.
Mais là un étrange sentiment le poussait à se diriger par là.
La neige était piétinée en une boue mi marron, mi rouge. Il n'avait pas besoin d'en savoir beaucoup pour savoir qu'il y avait eu quelque chose ici. Pour qu'il y ait du sang gorgeant le tapis glacé qui était encore blanc deux heures plus tôt.
Un règlement de compte?
Un vol qui avait mal tourné?
Il n'aimait pas se mêler de choses de ne le regardait pas, s'attirer d'ennuis...et être témoin de ce genre de situation pouvait mal se finir. Il allait reculer et tourner les talons, pour prendre une autre rue. Il ne voulait pas se retrouver mêler à cela. Pire, si on le voyait près d'un cadavre? Et si c'était un homme important ou riche? Non, décidément, il ne voulait pas d'ennuis...
Mais quelque chose le retint au moment où son œil fut attiré par quelque chose au sol. Une plume. De belle taille. D'un noir qu'il n'avait jamais vu avant. Et qui brillait légèrement.
Lentement il s'approcha et referma les doigts dessus. Une douce chaleur l'envahit et il crut voir, parmi les flocons qui tombaient, certains d'une délicate couleur d'or qui semblaient indiquer une direction précise. Il se frotta les yeux, certains de rêver, et avança lentement.
Suivant un étrange sentiment qui le guida jusqu'à...
«Qu'est-ce que..»
Quelqu'un était effondré dans la neige ensanglantée, quelqu'un qui ne bougeait plus. Mais au fond de lui, le blond sut qu'il était toujours vivant.
Jack fourra la plume dans sa poche et s'agenouilla «Hey...» Il s'immobilisa en voyant le sang qui trempait les vêtements. Et retourna lentement le blessé sur le dos, faisant gémir celui-ci. Il était pâle comme un linge, et absolument brûlant. Sa respiration était à peine perceptible. Ses cheveux sombres collaient à son front et ses tempes, du sang coagulé les collaient derrière la tête. Il avait prit un méchant coup ici aussi. Cela tenait du miracle qu'il soit encore vivant...
Le blond n'hésita qu'un court moment. Il ne pouvait pas laisser cette personne seule comme ça.
Passant le bras valide de la victime autour de son cou, il se releva, traînant le jeune homme jusqu'à chez lui.
«Je ne sais pas dans quoi je m'embarque...mais je ne peux pas te laisser là, qui que tu sois..»
A Suivre
[1] Léo n'est pas un futur Glen dans cette histoire mais il est un Baskerville quand même. Dans ce clan, ils ont des yeux ''spéciaux''. Donc les yeux de Léo sont différents de ceux de sa famille, de Jack, ect...
