Disclaimer: Pandora Hearts appartient à son auteur, Jun Mochizuki
Genre: Une pincée de Drama, du Angst, de la Romance. C'est aussi un genre d'UA, ou plus précisément de canon divergence: Jack n'a jamais rencontré Lacie à 15 ans et a réussit tant bien que mal à survivre.
Personnages de l'histoire: Jack, Oswald, Glen!Levi, Lacie, le reste des Baskerville, Oz et Leo.
Parings: Glen!Levi/Lacie (très léger) et Oswald/Jack
Warning : Violences et boys love?
Rating: T pour violences
Chapitre 4: Inquiétudes
Pour Jack, les relations avec d'autres hommes étaient violentes, cruelles, sans amour. Ses clients n'avaient jamais été doux avec lui. Il n'était qu'un objet de plaisir pour eux après tout. La première fois, il avait 16 ans. Il était encore un peu amaigri, ses cheveux étaient déjà longs. Et il n'y connaissait rien. Il avait vaguement lu des choses mais...il n'avait jamais expérimenté quoique ce soit. Après tout il était encore jeune. A peine entré dans l'âge adulte (il n'avait même pas eu de cérémonie, même si le vieil homme l'avait désigné comme adulte dans les papiers), il n'avait pas eu l'occasion pour le moment. Et il n'avait jamais pensé à se vendre, c'était tellement dégradant. Mais il avait tellement de soucis et il avait besoin d'argent rapide! Il n'avait pas le choix.
Sa première fois fut un cauchemar.
Il aurait voulu l'oublier.
Il tomba sur un homme fort et enivré. Et il avait si faim qu'il aurait été prêt à tout. Ses créations ne se payaient pas si bien. Et ça n'avait été qu'une ou deux fois avant ses 17 ans, âge auquel il avait véritablement commencé à se vendre. Là c'était une fois pour avoir de quoi acheter à manger. Il fallait bien vivre un peu. Et il n'avait pas eu de chance en choisissant son client. Il ne se souvenait ni de son nom, ni de son visage, qui restaient flous dans ses cauchemars. Ce type lui avait arraché sa virginité avec tant de brutalité qu'il avait pleuré, supplié, des larmes brûlantes roulant sur ses joues pâles. S'il n'avait pas été dans un chambre d'hôtel, dans un lit, il se serait écroulé à cause de la douleur. Il se souvenait d'avoir prié encore en encore, prié pour que l'homme s'arrête.
Sa voix s'était brisée.
Il s'était mordu la lèvre si fort qu'il avait saigné.
L'homme l'avait alors frappé brutalement, l'assommant à moitié. Son visage avait été engourdi par le choc, le goût du sang avait emplit sa bouche. A demi-conscient, il était resté amorphe tandis que l'autre s'acharnait sur son corps, et seules les larmes avaient roulé sur ses joues. Et finalement son client ne lui avait laissé que la moitié de sa paye, disant qu'il n'avait pas à donner de l'argent à un pleurnichard. Qu'il n'avait pas tenu ses promesses.
Il avait mit plus d'une semaine à s'en remettre physiquement et ne se souvenait même pas comment il avait réussit à rentrer, à marcher jusqu'à la maison. L'énorme hématome sur sa joue avait mit des jours à disparaître. Et la peur s'était gravée en lui comme une poigne glacée.
Il ne s'était jamais autant hait.
Il se sentait tellement sale.
Et il était resté avec une seule et unique certitude, qui n'avait jamais faibli en lui au cours des semaines, mois et années qui avaient suivi cette horrible nuit de cauchemar: l'amour n'existait pas.
Il avait apprit à donner du plaisir, à servir de jouet, à être comme ses clients voulaient qu'il soit. Ils le frappaient ou l'attachaient, lui laissaient des marques et des cicatrices sur tout le corps. Sans aucune pitié. Au fil des mois, il ne versait plus de larmes, se mordant juste la lèvre. Il ne protestait plus, obéissant comme une poupée. Et attendait d'être seul, d'être rentré chez lui, pour sangloter dans son oreiller, prostré sur lui-même. Et puis, peu à peu, il avait cessé de pleurer, se contentant de se laver mécaniquement, sans qu'une émotion se traverse son regard. Il n'était qu'un objet, un prix que l'on gagnait. Il savait utiliser sa beauté, son corps pour obtenir ce qu'il voulait. Il pensait qu'il n'aurait jamais une relation pleinement consentie, tant il associait cela à la violence et au moyen d'avoir ce qu'il voulait.
Il avait apprit la séduction et savait qu'il ne gagnerait rien, qu'il ne serait jamais aimé.
L'amour n'existait pas.
Jack ouvrit les yeux, se redressant du fauteuil où il était installé. C'était le matin. Il le voyait dans un trou de l'un des volets à la fenêtre. Il se massa les tempes en grimaçant. Il n'avait pas bien dormi du tout. Il s'était réveillé à plusieurs reprise. Et il avait rêvé de son passé douloureux. Ce passé sombre et sale qu'il détestait et qu'il aurait voulu oublié.
«Ça faisait longtemps..»
Qu'il n'avait pas pensé à cet épisode.
Rejetant les couvertures, il alla rajouter une bûche dans la cheminée de la pièce. Puis passa la tête dans l'encadrement de la porte pour voir si son malade avait bougé. Rien. Il alla réalimenter le feu par précautions. Il fallait que la chambre reste chaude.
Lentement il s'approcha, regardant le jeune homme qu'il distinguait dans la lueur des flammes. Il avait un visage doux et bien dessiné. Des cils longs et sombres. Les cheveux bruns étaient en éventails sur l'oreiller blanc. Il n'avait pas les joues creusées, son corps était bien proportionné, signe qu'il venait d'un endroit où l'on ne manquait pas de nourriture. Et qu'il s'entraînait physiquement.
Un noble, probablement.
Mais lequel?
Quelle famille?
Et bien, ce n'est pas comme si il y connaissait grand chose, grâce à un certain père indigne qui ne s'était jamais soucié de lui (ou ne savait même pas qu'il existait). Il n'avait jamais pu être élevé comme ses demi-frères...et peut-être demi-sœurs. En tout cas, il devait en avoir, des frères, où sa mère aurait tenté d'avertir l'homme de son existence. Donc elle était sans doute trop folle pour lui écrire une lettre et il devait avoir des héritiers.
Après tout, lui était tellement pathétique.
Presque sans réfléchir, Jack tendit une main et effleura la joue imberbe. La peau était douce et chaude. Un petit gémissement échappa au jeune homme évanoui. Ses lèvres fines tremblèrent tandis qu'il remuait légèrement sous l'épaisse couverture.
De quelle couleur étaient ses yeux déjà? Ha oui, Jack s'en souvenait très bien maintenant. Violets. D'une magnifique couleur violette. On n'en voyait pas souvent des regards comme ça. Et il en avait vu des yeux depuis ses 16 ans. Depuis 3 ans. Avec tous ses clients...
Il avait vu des pupilles noires, bleues, vertes, dorées et même rouges mais jamais violettes.
Il secoua la tête. Non, il ne devait pas penser à ça avec ce malade, ce n'était pas correct. Il ne savait même pas s'il demanderait une compensation financière pour ses soins. Surtout que ça allait prendre du temps au brun pour se remettre.
Non, il n'avait pas sauvé ce type pour de l'argent!
Ou pour quoique ce soit.
«J'aimerais savoir ton nom. Ce serait plus facile de parler de toi et avec toi...» Sa main remonta, ses doigts s'enfonçant dans les mèches sombres. Son pouce caressa la tempe droite. Peu importait son identité et son rang, il était absolument magnifique.
Dans son sommeil (ou son inconscience fiévreuse), l'autre tourna légèrement la tête vers son sauveur et gémit, s'agitant doucement, sa voix à peine perceptible «...L...Lacie. ...Par...pardon» Il s'agita légèrement «...je...suis désolé!»
Jack s'adoucit, son regard devenant plus tendre. Il ne savait pas qui était cette Lacie mais ce garçon semblait tenir à elle. Il n'avait jamais perdu quelqu'un à qui il tenait réellement. Quelqu'un qu'il aimait. Mais il s'assit au bord du lit, caressant les cheveux de son invité jusqu'à ce que celui-ci se rendorme. Il ne savait pas qui était cet homme, ne comment il avait fini comme ça. Mais il le protégerait. Et le soignerait. «Tout va bien...ne t'inquiète pas.» Il continua à jouer avec les mèches brunes «Elle va revenir, j'en suis certain.» Autant de mots creux et basiques, alors qu'il ne savait rien de cet homme. Il détourna les yeux, gêné.
Qu'est-ce qui lui prenait?
Depuis quand se sentait-il si concerné par un inconnu?
Lacie était rentrée à peine une heure plus tôt, au petit matin, frigorifiée et affamée et avait frappé du pied à la porte du château. L'unique point positif, outre le fait qu'elle soit rentrée d'elle-même pour une fois, était que ses vêtements étaient dénués de tâches de sang. Pouvait-on appeler cela un miracle? Probablement.
C'était un progrès par rapport à sa fugue 3 ans auparavant.
D'après les Baskerville qui avaient été envoyé la récupérer à l'époque, elle avait dansé sous une pluie de sang.
Aucun témoin humain, heureusement.
Fang lui avait ouvert aussi rapidement que possible, avant de lui jeter son manteau rouge sur les épaules, puis un serviteur lui avait fourré une tasse de thé brûlant dans les mains. Elle avait ignoré les reproches, buvant le liquide d'un air absent. Après tout, elle faisait souvent ce qu'elle voulait, sans se soucier des conséquences. Elle était un être libre qui profitait de la vie et du fait que Glen ne la punissait presque jamais.
Face à un nouveau reproche, elle riposta froidement «Ho ça va, je suis revenue non? Et je n'ai tué personne. Où est le problème?» Puis, visiblement vexée que son frère n'accourt pas pour s'excuser ou lui crier dessus parce qu'il avait été inquiet (probablement plus la seconde solution vu les circonstances), elle était allée dans le chambre de son aîné pour le réveiller avec toute la douceur dont elle était capable. C'est à dire assez brutalement, en lui arrachant la couverture de manière à le jeter par terre. Sans aucune pitié. Quand il était petit, il produisait de très beaux cris en se faisant réveiller de la sorte. C'était très amusant.
Sauf que la chambre était vide.
Et semblait ne pas avoir été utilisée durant les dernières heures.
Tout semblait montrer qu'il n'y avait pas dormi la nuit dernière.
Ne l'apercevant pas, elle s'était laissé entraîner par les serviteurs vers la salle de bains pour être réchauffée et habillée de nouveaux vêtements qui la couvraient bien plus. Une fois revenue dans un des salons, elle avait râlé un peu contre le maître des lieux. «Glen est un esclavagiste. Il a forcé mon frère à rester éveillé toute la nuit!
- Mais non, maître Glen pense au bien-être de son successeur.» tempéra Fang, blasé.
Lacie roula des yeux «Sa chambre n'a pas été utilisée cette nuit! Donc il n'a pas dormi!
- Tu sais bien qu'il s'endort souvent et facilement n'importe où. Il s'est peut-être assoupi dans la bibliothèque ou sur un canapé?
- ..Pas faux.» Elle s'était passé la main dans les cheveux «Il s'est peut-être endormi comme une masse dans une autre pièce!»
Pensant que Oswald était donc peut-être avec Glen à cet instant («ça va barder espèce de frère indigne!»), elle avait refusé d'avaler quoique ce soit d'autre sans lui avoir d'abord parler («Je ne mangerais rien sans avoir eu ses excuses!»). Et elle était donc arrivée dans le bureau du maître des lieux...pour l'y trouver seul. Et tout semblait prouver qu'il n'avait pas dormi de la nuit, penché sur ses écrits louches qu'elle se refusait à lire. En fait, elle en avait déjà lu une page ou deux et l'un des personnages ressemblait à Oswald. Vu la teneur de certains de ses précédant écrits, Levi était capable de tout et Lacie avait refusé de lire!
Elle avait donc attaqué directement «Où est mon frère?» C'était la première chose qu'elle dit, sans même dire bonjour. Elle commençait à se sentir inquiète. L'absence de son frère n'était pas normale. Et elle se sentait étrange, troublé, comme si il y avait un nœud dans son ventre. «Où est-il Glen? Je veux lui parler!»
Et elle ne s'attendait pas à la réponse que l'autre lui donna «Il est parti te chercher dans la journée hier, et n'est pas revenu! Il n'a donné aucun signe de vie depuis qu'il est partit.» Et il ne semblait pas plus inquiet que ça. Apparemment son roman était plus important que son héritier. Mais bon on parlait d'un type qui élevait un garçon à tuer sa sœur, et qui avait proposé à cette sœur d'avoir un bébé avec lui pour une ''expérience'' puisqu'elle allait ''de toute façon mourir''. Donc qu'il ne soit pas aussi inquiet qu'elle ne la surprenait même pas.
Ou l'arrogance était la même chez l'homme et son valet.
Il devait penser que puisque Oswald avait trois chaînes, il ne risquait rien!
Elle voulut donc des explications. Ce qu'elle résuma par une question au ton particulièrement agressif et menaçant.
«Comment ça, Oswald a disparu? Ce n'est pas son genre de disparaître pendant des heures. Comment peux-tu t'en moquer et me dire ''ho il est partit depuis hier et je ne sais pas où il est''...Tu est vraiment le pire tuteur du monde! Je ne dirais même pas ''père'', tu ne le mérite pas!»
Glen toussota légèrement, reposant sa plume dans son encrier. Et repoussa le livre dans lequel il écrivait avant l'arrivée de la jeune fille «Ho, je ne m'en suis pas aperçu que tant de temps s'était écoulé, j'étais trop occupé à écrire. Et il n'a pas disparu Lacie!» Il se laissa aller dans son fauteuil «Il est partit te chercher hier matin, pour te ramener à la maison, et il n'est toujours pas rentré.» Il eut un sourire presque moqueur et ajouta, haussant les épaules «Tu es simplement rentrée à la maison sans lui. Nuance!» Il sourit, buvant une gorgée de son thé préféré, apporté par Fang quelques minutes plus tôt puisque son valet n'était pas là pour le faire. «Il va finir par revenir de lui-même si il ne te trouve pas! Il sera gelé et piteux, et tu te moquera de lui.»
Lacie plissa les yeux, méfiante «Et cela ne t'inquiète pas? Qu'il soit partit depuis presque une journée entière? Avec le froid qu'il fait en plus?
- Pourquoi? Il est raisonnable et peut se débrouiller. Et tu es partie plus de 24 heures toi-même, Oswald a attendu un après-midi et une nuit pour m'avertir dans la matinée du lendemain. Tu t'es enfuis un jour avant qu'il ne parte à ta recherche. Tu sais bien que ton frère est bien plus fort que toi. Il a trois chaînes et une épée qu'il sait parfaitement manier! Et c'est un Baskerville, il ne peut mourir aussi facilement, ou même être blessé.
- Et il est extrêmement sérieux. Il serait rentré à la nuit tombée. Ou il t'aurait donné des nouvelles, de quelques manières que ce soit!» Elle rejeta une mèches sombre derrière son oreille «Ça ne lui ressemble pas d'agir comme ça!»
Glen eut un petit rire, repoussant le document sur lequel il écrivait jusqu'ici «Allons bon, que veux-tu qu'il lui arrive exactement? Qu'il se soit fait attaquer? Qu'il soit tombé malade peut-être?» Il se leva, rajustant son châle, un sourire étrange aux lèvres «C'est mon héritier. Il a Raven, Owl et Dodo avec lui. Il sait parfaitement se défendre. Tu penses vraiment qu'il pourrait lui arriver quelque chose?
- ...» Elle lui jeta un regard noir, furieuse à cause de son indifférence.
Levi réfléchit quelques instants: Oswald avait eu l'air bizarre la veille, conséquence de la quatrième cérémonie qui aurait lieu dans peu de temps, et sa culpabilité à l'égard de sa sœur devenait de plus en plus forte au fur et à mesure que l'échéance approchait. Un sourire tordue ourla ses lèvres et il tenta «Il a peut-être fugué? C'est ça que tu envisages?» Il eut un petit rire «Je n'espionne pas la mémoire de mes prédécesseurs, mais je pense que s'il a tenté de fuir, il n'est sûrement pas le premier à le faire suite à une crise de culpabilité!» Il gloussa «Comme c'est mignon, il préfère fuir pour sauver sa petite sœur chérie (sans elle d'ailleurs), et cela sans savoir que c'est vain, qu'il sera ramené par la peau du cou. Ça me donne presque une idée de roman cette histoire de responsabilité et de culpabilité!»
Lacie lui envoya un regard noir «Il n'est pas comme toi, il sait prendre ses responsabilités. Même si ça veut dire...» Elle ne put continuer, mal à l'aise devant cette douloureuse vérité qu'elle annonçait. Son frère était si sérieux qu'il ferait sûrement passer son devoir avant elle, ou il lui aurait déjà proposé de fuir ensemble. Et il agirait comme Glen devait agir. Même si ça voulait dire... Elle se détourna, un nœud dans le ventre, mal à l'aise devant cette pensée et ajouta, froidement «Je ne sais pas pourquoi, j'ai une sourde angoisse en moi depuis quelques heures. Hier soir, je me suis sentie brusquement inquiète. Et ma chaîne était agitée.»
Glen plissa ses yeux violets et regarda par la fenêtre, fixant les flocons qui tombaient toujours depuis la veille. Il resta silencieux «Tu t'en fais pour rien. C'est un grand garçon. Au pire il s'est endormi sous un arbre et va se réveiller couvert de neige et glacé.» Il gloussa en imaginant la scène, parfaitement plausible «Mais nous ne pouvons pas mourir de pneumonie dans notre clan (au pire il sera juste un peu fiévreux). Et si il a tenté de fuir dans un moment de faiblesse, il va finir par rentrer, comme tu le dis, il assumera toujours ses responsabilités.» Il haussa les épaules, cachant un très léger malaise, voulant croire que Lacie angoissait pour rien «Aucune raison de s'en faire. Tout ira bien.
- Vraiment?
- Il te cherche peut-être? Avec le froid qu'il fait, il doit être mort d'inquiétude pour toi! Ce qui est compréhensible. Tu n'étais pas très vêtue et tu n'avais pas d'argent sur toi. Il a attendu une demi-journée et une nuit pour venir piteusement me dire que tu avais fuis et exiger d'aller te chercher toi-même. Donc je pense raisonnablement qu'il te cherche toujours. Il doit se sentir mal après votre dispute.»
Lacie était soudainement troublée, car cette absence n'était pas normale. L'angoisse qui la prenait depuis son retour grandissait de minute en minute. Oswald n'aurait jamais été absent toute la nuit, ou alors il aurait envoyé un message.
«Envoie au moins Fang et quelques autres pour le chercher!»
Glen haussa les épaules, peu soucieux des événements «Très bien, si cela peut te rassurer...traitons ton frère comme un enfant. Comme on te traite toi quand tu fugues!
- Tu es Glen, tu dois savoir si ton héritier va bien ou non! Tu peux savoir où il est!» s'énerva-t-elle, ses yeux écarlates jetant des éclairs. «Ou alors il me cherches toujours et refuse de rentrer tant qu'il ne m'aura pas trouver!» Ce qui était aussi une possibilité. Si il s'en voulait pour ses paroles, il pourrait refuser de revenir sans elle. Et elle n'avait aucun moyen de le contacter. «Il faut lui faire savoir que je suis revenue! En tout cas, moi je ne ressors pas, il fait trop froid!» Elle se frotta machinalement les bras, comme si elle était toujours à l'extérieur. Même dans ce bureau, il faisait froid. Comment Glen pouvait supporter une pièce si peu chauffée? Il avait commencé à perdre ses sensations ou quoi?
Soupirant Levi capitula «Très bien, je peux entrer en contact avec ses chaînes grâce aux miennes, surtout Dodo que j'ai transmis il y a peu de temps. C'est intrusif mais puisque tu insistes...» Il se dirigea vers une salle assez grande pour invoquer une de ses deux créatures aux plumes noires, afin d'être plus à l'aise. Une fois que ceci fut fait, il appela Jabberwock.
Il ferma les yeux, cherchant Dodo, qu'il avait donné à son valet en dernier. Il l'avait eu pendant un certain nombre d'années, comme les autres, et y avait renoncé depuis assez peu de temps pour le retrouver ou le contacter, sauf si la chaîne refusait de lui répondre, ou si Oswald l'avait maîtrisé au point de se couper totalement de son maître. Normalement il ne pouvait pas faire ça, puisque c'était une chose qui ne devait pas arriver, évidement. Un successeur de Glen ne devait avoir aucune possibilité de fuite.
«...Quoi?»
Aucune réponse.
Il ne sentait même pas les chaînes.
Comme si elles n'existaient plus.
Même si son valet le bloquait, il aurait du sentir se blocage, sentir qu'on le repoussait. Il serait incapable de le localiser ou de le retrouver, de le rejoindre ou de lui parler, mais il sentirait au moins sa présence et celles des chains, il saurait qu'elles étaient là, donc que son valet allait bien. Surtout maintenant que le jeune homme était aussi prêt d'être lui-même le chef du clan, qu'il avait même plus de pouvoirs que lui, il aurait du mal à être discret. Il aurait du sentir sa présence. Et là, il n'y avait absolument rien «Quoi? Je ne les trouve pas?»
Le vide. Le silence.
Il ne sentait rien.
Il tenta d'ignorer les chuchotements inquiets dans son esprit. Les paroles de ses prédécesseurs qui commençaient à imaginer le pire et à s'affoler à propos des conséquences à venir dans ce cas. Que son successeur disparaisse maintenant serait la pire chose qui puisse arriver.
«Glen, qu'est-ce que ça veut dire?» s'écria la jeune fille, qui ne l'avait pas quitté des yeux. Elle avait vite comprit le sens de son regard.
Le duc avait soudainement pâli. Son sourire s'était volatilisé en un instant. «C'est comme si il n'y avait plus personne.»
Lacie tourna les talons et partit en courant «Je vais dans l'Abysse pour parler au noyau et je vais voir si Raven, Owl et Dodo y sont retournés!» Sa voix tremblait légèrement, et elle tenta de calmer l'horrible angoisse qui la prenait. Elle se précipita vers la porte menant à l'abysse, le cœur battant. Elle ne savait pas si elle voulait trouver la réponse ou si elle voulait craindre encore plus ce que ce silence signifiait.
Faites que les chaînes ne soient pas là-bas...ce qui prouverait que mon frère est mort.
Faites que rien ne puisse prouver qu'il a disparu.
Levi fronça les sourcils «Lacie! C'est à moi de...» Mais elle était déjà partit. Glen resta immobile, silencieux. Et commença à envisager les possibilités de ce silence total. De ce vide. De cette absence de résultat.
Soit les chaînes d'Oswald avaient été tuées...ce qui serait dramatique pour l'avenir de Glen.
Soit Oswald était celui qui avait été tué...ce qui serait ennuyeux.
Soit ils étaient tous les quatre morts...et là il ne savait pas ce qu'il ferait.
Quelque soit le cas, ça serait catastrophique. Mais dans un sens, même si c'était cruel à dire, il était préférable que ça soit les chains qui aient survécu. Cent ans d'errance seraient problématique mais pas insurmontable. Perdre trois chaînes poserait bien plus de soucis pour Glen. Il se dirigea lentement vers la porte, à la suite de sa protégée. Il fallait qu'il trouve une solution.
Qu'il sache ce qui avait pu changer et provoquer cela.
Se massant les tempes, il résuma à voix hautes la situation: «Si Oswald est celui qui a disparu, les trois chaînes sont retournées dans l'autre monde. Et l'âme de Glen sera perdue pour cent ans, car mon corps ne supportera pas une nouvelle attente, même si je récupère Dodo, Owl et Raven. Et je ne pourrais de toute façon pas précipiter les cérémonies avec un nouveau réceptacle, car il doit avoir du temps. Et si ce sont les chaînes qui ont été effacées. Oswald sera celui qui aura mit l'existence de notre âme en péril. Il portera à jamais le poids de cette faute et son âme sera sanctionnée. Pour ma part, je devrais trouver une solution. De nouvelles chaînes pour remplacer les disparues. Oswald pourra toujours être le futur Glen mais serait étroitement surveillés par les anciens et sera rejeté, sans espoir de pardon, au fin fond de l'âme de son successeur.»
Il en avait déjà mal à la tête. Sortant de ses pensées, il vit qu'il était arrivé à la porte menant à l'Abyss. Soupirant, il se passa la main dans les cheveux, craignant le pire et décida d'attendre que Lacie soit revenue.
Après tout, le noyau l'adorait, et serait sans doute plus disposé à lui parler à elle, plutôt qu'à lui.
Oswald, si c'est une fausse alerte et que rien n'est arrivé, je te jure que ça va barder...
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