Disclaimer: Pandora Hearts appartient à son auteur, Jun Mochizuki
Genre: Une pincée de Drama, du Angst, de la Romance. C'est aussi un genre d'UA, ou plus précisément de canon divergence: Jack n'a jamais rencontré Lacie à 15 ans et a réussit tant bien que mal à survivre.
Personnages de l'histoire: Jack, Oswald, Glen!Levi, Lacie, le reste des Baskerville, Oz et Leo.
Parings: Glen!Levi/Lacie (très léger) et Oswald/Jack
Warning : Violences et boys love?
Rating: T pour violences
Chapitre 5: Renoncement
Il se revoit.
Un souvenir qui le hante dans sa fièvre, un souvenir qui harcèle son cœur et son âme, comme pour lui montrer une époque où il était différent. Une époque révolue, un passé douloureux qui était déjà lointain. Il n'était pourtant pas vieux mais cela lui semblait si loin. Il n'était qu'un petit garçon sans défense et sans parents, juste avec Lacie. Il n'était pas encore un Baskerville. Il était juste un grand frère tâchant de protéger sa cadette des souffrances que les gens lui infligeaient. Sa petite sœur chérie, qu'il aimait tant et qu'il voulait tellement protéger des malheurs et du chagrin. Il avait espéré qu'ils trouveraient une famille qui les aimerait et les accepterait. Qu'il emmènerait sa sœur en sécurité, là où personne ne la blesserait. Il avait espéré trouver un havre ou ils seraient heureux pour toujours.
Il se revoit.
Quand il n'était qu'un petit garçon de 7 ou 8 ans.
Quand il était juste le grand frère de Lacie.
Quand il était juste Oswald.
Il n'était qu'un petit garçon sans parents, errant dans le pays, au cœur de l'hiver, avec sa petite sœur. Souffrant du rejet parce qu'elle avait des yeux rouges, des yeux d'enfants du malheur. Ils avaient fuis pendant des jours, peut-être des semaines ou des mois. Fuyant la haine et la peur, fuyant la violence et les pluies de pierres. Fuyant les superstitions des hommes, la peur et les marchands d'esclaves qui ne voyaient en sa sœur qu'un objet de prix à vendre.
Elle murmurait souvent «Je suis désolée grand frère!» chaque fois qu'ils étaient rejetés, chaque fois qu'ils fuyaient ou se cachaient. «C'est parce que j'ai ces yeux...»
Il répondait toujours la même chose, avec toute sa sincérité enfantine «Ce n'est pas ta faute!» Et il serait doucement et tendrement sa petite main, lui faisant un sourire encourageant auquel elle répondait.
Ils avaient couru sous la neige, dans le froid. Pendant des jours et des jours. Ils vivaient à cette époque dans le nord du pays. Oswald, à cette époque et même des années plus tard, n'avait jamais réfléchi à d'où ils venaient. Lacie et lui étaient-ils nés dans le pays voisin? Dans le froid des montagnes? Il ne se souvenait que de paysages enneigés et si froid. D'épais tapis de neige et d'arbres dépenaillés. Des immenses sapins et pins. Du froid, de la faim et la peur. De cette blancheur. Cet hiver où sa vie avait basculé.
Il étaient seuls. Sans personne pour les aider. Sans personne pour les protéger ou les aimer. Mais au moins ils étaient ensemble, tous les deux. Et c'était si important pour eux.
Ils avaient fini par se retrouver dans ce petit village. Il avait énormément neigé et ils ne pouvaient continuer à avancer, le tapis blanc et glacé étant trop épais et la température trop froide. Lacie pleurait, épuisée et affamée, à bout de force.
Elle avait refusé de continuer, voulant s'arrêter un ou deux jours. Il avait donc caché sa sœur dans un moulin en ruine, où il restait un peu de paille, avec une couverture mitée qu'il avait trouvé dans un coin resté à peu près intact de ce vieux bâtiment. Au moins pour cette nuit, ils seraient protégés du vent et de la neige.
Personne ne les trouverait.
C'était ce qui importait le plus!
Puis il était partit chercher à manger après avoir promit à Lacie qu'il reviendrait vite.
Il était si jeune, juste petit garçon qui aurait du être au chaud, à manger un bon repas, chez lui, avec sa famille ou même à l'orphelinat, mais pas seul à traîner dans les rues, à moitié mort de faim. Ses cheveux sont sales et emmêlés par une vie sans foyer. Ses vêtements étaient chiffonnées et commençaient à le serrer un peu. Il se sentait un peu sale aussi car il n'y avait aucun moyen de se laver avec ce froid mordant et cet épais tapis de neige dans lequel il luttait pour avancer. Il avait le ventre vide et se sent tellement fatigué. Retenant ses larmes de désespoir, il renifla et lutta pour continuer, pour trouver quelque chose à manger.
Il finit par trouver un boulanger et l'implore de lui donner une miche de pain, même dure, même bien trop cuite. «S'il vous plaît! Juste un petit pain! Je vous en prie!» Il détestait sa voix tremblante, son corps recroquevillé comme dans l'attente d'une attaque.
L'homme agacé lui allonge une gifle et l'enfant s'écroule dans la neige molle et glaciale. Son manteau, bien qu'usé, le protège du froid mordant. Il se redressa, s'essuyant les yeux d'un geste rageur, chassant les larmes qui commencent à couler sur ses joues. Il détestait déjà cet homme sans cœur. Il n'avait rien fait de mal, il n'était qu'un enfant perdu qui demande juste un peu de pitié. C'était trop difficile, trop demandé? C'était le soir et il avait plein de pains non vendus qui devaient être durs, certains semblant aussi trop cuit. Il pourrait en donner un. Même un petit.
Tentent de maîtriser sa voix, il murmure d'un ton tremblant «S'il vous plaît monsieur. Même un brûlé ou un rassis.
- Fiches le camps morveux, si tu ne payes pas, tu ne manges pas. Pourquoi devrais-je sacrifier le fruit de mon travail pour un petit mendiant?»
Oswald refusait de bouger. Il avait tellement faim et il ne veut pas retourner à la cachette sans rien. Lacie serait tellement malheureuse. Elle pleurait plus tôt tant elle n'en pouvait plus. Ils n'ont rien mangé depuis hier.
«Même un croûton! Je vous en prie.
- Va t-en!»
L'enfant se mordit la lèvres et regarda avec désespoir autour de lui. Personne ne s'arrêtait pour regarder le petit qu'il est, personne n'intervenaient en sa faveur, pour l'aider. «Même si il vous en reste d'hier. Même s'il est très dur! S'il vous plaît» Il décide de jouer le tout pour le tout et gémit doucement «Ma sœur est malade.» Il tremblait, à la fois de peur, de froid et de tristesse. Il ne savait plus quoi faire.
Mais il avait eu la malchance de tomber sur un être sans cœur, qui ne se souciait guère des autres.
Celui-ci lui jeta un regard perçant «Et où sont tes parents? Qu'est-ce qu'un morveux fiche tout seul dehors avec un joli manteau en plein hiver?
- Je n'en ai plus.» Mensonge. Mais pour lui, il est orphelin et ne veut plus jamais entendre parler d'eux. Ces personnes qui se sont débarrassés d'eux sans pitié à cause des yeux de sa petite sœur. Qui le battaient quand il la protégeait. Qui le battaient parce qu'il la protégeait. Qui la giflaient parce qu'elle avait les yeux rouges.
L'homme ricana cruellement «Dommage pour toi. Débrouilles-toi et apprends la vie tout seul.» L'étal fut rapidement fermé et il se dirigea vers la porte, rentrant chez lui sans pitié. «Files d'ici ou je lâche mon chien!»
L'enfant resta sur place, essayant de ne pas pleurer, maîtrisant la boule dans sa gorge. Le cœur serré, il tourna les talons.
Comment faire? Lacie avait faim...et lui aussi. Il se sentait tellement malheureux et désespéré à cet instant. C'était tellement injuste. Traînant les pieds, il souffla un peu de vapeur blanche. Retourner à la maison en ruines, dire qu'il n'avait pas trouvé à manger. La consoler. Attendre demain. Essayer encore.
L'endroit était sûr pour dormir mais sans nourriture? Ça ne changerait pas grand chose...
Après quelques minutes de marche, il vit un autre étal, où d'autres miches de pain étaient exposées. Après une hésitation, regardant autour de lui, il vola une miche et s'enfuit, serrant son précieux butin contre lui. Courant et se cachant pendant un moment, il finit par se diriger vers la cachette. Lacie se redressa en le voyant «Grand frère.» Elle se jeta dans ses bras, soulagée de le voir revenir. «J'avais peur que des méchants t'aient fait du mal!» Elle se frotta les yeux, cachant le fait qu'elle a eu très peur, toute seule. «Ou que tu ais été volé par quelqu'un!.»
Il s'écroula à ses côtés et sourit «J'ai trouvé du pain.» Il déchira son butin en deux et en donna la moitié à sa sœur qui mordit dedans avec appétit. Il soupira, soulagé, au moins ils ne mourraient pas de faim. Regardant avec tendresse sa cadette qui dévorait sa part, il se félicita avant de mordre dans sa part avec gourmandise.
Cette fois encore, il a été un bon grand frère.
C'était un petit succès mais le petit garçon qu'il était en ressenti une grande fierté.
Oswald reprit conscience de lui-même. Il connaît cet endroit: c'est son âme. Un endroit sombre. Il a comme de l'eau sous ses pieds. Tout est silencieux. Il est seul. D'ici quelques années, cet endroit sera peuplé par les âmes de ses prédécesseurs, dont son propre maître. Mais pour le moment il est seul, seul dans son esprit, perdu dans un silence qui lui paraît oppressant. Et où il ne se sent guère à l'aise pour le moment. Son maître lui a apprit à s'isoler de la sorte mais il n'a jamais aimé le faire, trouvant cela trop étrange. Il semble qu'il n'ait pas le choix dans son état actuel cependant.
Que s'est-il passé? Sa mémoire est terriblement floue. Il voit vaguement deux silhouettes, celles de deux chaînes et celles de deux hommes. Le froid mordant, la neige glaciale, l'odeur du sang, la douleur horrible qui vrillait son corps. Une douleur toujours présente, bien que moins forte. Mais plus que ça, il se sent atrocement seul dans sa propre âme. A cet instant, il ne ressent rien d'autre qu'un malaise. Une impression d'anormalité. Quelque chose ne va pas. Il n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Il se sent mal. Et trop seul.
«Je suis vivant?»
De nouveaux souvenirs flous l'envahissent alors, il voit comme à travers un brouillard un visage et de longues mèches blondes, une voix douce, le contact d'une main chaude et rassurante dans ses cheveux. Un sentiment d'apaisement. Quelqu'un l'a sauvé. Qui? Il sent que la douleur recommence à refluer, petit à petit. La brûlure du poison est moins atroce, ne vrille plus son âme, il ne se sent plus paralysé ou incapable de réfléchir. Mais ce poison est toujours là, dans son corps. Quoique qu'est fait son sauveur, il n'a que diminuer les effets du poison, mais celui-ci vient de l'abysse et ne peut être détruit si facilement. Pas par des choses de ce monde.
«Il faudra que je tue cette chaîne qui n'aurait jamais...» Il prend une inspiration, ces mots trouvant un désagréable écho en lui. «...elle n'aurait pas du naître.»
Comme Lacie? Souffle une horrible voix en lui. Elle aussi n'aurait pas du naître. Elle aussi tu compte l'éliminer un jour non? Il chasse cette voix, probablement sa conscience.
«Cette chaîne peut tuer les Baskerville, elle ne devrait pas exister...»
Il refuse de continuer à la comparer avec Lacie, chassant de son esprit les parallèles qu'il a fait sans y penser.
Parce que Lacie aussi est dangereuse, parce qu'elle doit disparaître aussi...même s'il ne veut pas, il est forcé, c'est sa responsabilité...la sienne...
Depuis qu'il a vu ces maudits flocons d'or.
Il savait peu de choses sur cette créature, cette chaîne qui l'avait blessé, en fait. Il ne savait rien sur elle à part qu'elle était une erreur. Qu'elle était le résultat d'un problème, un malentendu, dans l'abysse, que cela s'était passé à une époque où il y avait eu une ''dispute'' entre un Glen et le noyau, les détails n'ayant jamais été rapporté.
Par exemple que le noyau n'avait pas lâché cette dangereuse chaîne...la porte de l'abysse ayant été soigneusement fermée par le duc du moment. Puis les choses s'était tassé et un nouveau Glen était apparu. La créature n'avait donc pas été envoyé à la porte, puisque le conflit s'était ''réglé'' tout seul.
Un poison qui pouvait tuer un Baskerville. Des blessures qui mettraient du temps à guérir. Ce ne serait pas aussi lent que pour un humain mais quand même.
C'était terrifiant à imaginer.
Même les membres de son clan seraient sans défense face à cela s'ils étaient frappés. Il avait juste lu quelques notes sur elle, et inquiet par ce qu'il avait découvert, avait questionné son maître. Celui-ci n'avait jamais donné de précisions, arguant qu'il n'en avait jamais eu lui-même.
«Cette chose doit rester là où elle est...elle peut reconnaître Glen ou son successeur si celui-ci a au moins une des cinq chaînes. Je ne penses pas que je survivrais à des blessures infligées par cette créature. Peut-être qu'un successeur a plus de chance de survie? Tant que tu n'es pas officiellement Glen, tu es peut-être plus résistant? On ne se risquera pas à essayer cependant, n'est-ce pas? Ni sur les autres...ce n'est pas une expérience souhaitable.»
Oswald n'avait pas aimé le sourire tordu de l'homme aux cheveux argentés, surtout quand celui-ci lui avait tapoté paternellement la tête, plus dans un geste moqueur qu'affectueux. Il s'était alors dégagé, lançant un regard froid à Glen. Ce dernier avait rit plus fort, s'amusant à susurrer à son oreille des mots qui l'avaient glacé.
«Qui a-t-il Oswald? Tu as peur que Lacie la prenne comme chaîne si elle en étant parler? Ce serait idéal pour fuir ou supprimer ceux qui la menace non? Cette chaîne serait sûrement ravie de défendre un enfant maudit contre le grand méchant Glen voulant l'envoyer dans l'abysse.» Un rire l'avait secoué «Quel grand frère confiant tu es...ou peut-être es-tu juste réaliste, hum?» Cette raillerie blessante avait fait reculer le jeune homme qui s'était détourné froidement.
Une terrible pensée l'avait alors envahi à ce moment. Son maître n'évoquerait pas le sujet avec sa sœur et lui non plus mais.. . le noyau serait-il capable d'en parler avec Lacie? Après tout elle avait parlé de cette entité et de son sentiment de solitude. Pour la protéger, le noyau pourrait...lui confier cette chaîne? Pour se protéger quand le moment viendrait? Lacie serait-elle capable de le transpercer de cette chaîne quand...
Mais quand il avait vu la silhouette de lapin derrière sa sœur, il s'était sentit à la fois soulagé, rassuré et lâche. Soulagé de voir que ce n'était pas ''celle-là''. Rassuré de voir qu'elle n'était pas prête à le tuer comme lui...pour son devoir était prêt à...Rassuré qu'elle l'aime au point de ne pas lui en vouloir du tout. Et il avait prit conscience qu'il n'était qu'un lâche.
Un horrible lâche.
C'est tout ce qu'il était: Incapable de fuir ses responsabilités et prêt à refuser une chaîne à sa sœur parce qu'il craignait qu'elle...qu'elle tente de le tuer pour se protéger, qu'elle soit prête à le tuer sans regrets.
Il savait que si leurs situations avaient été inversés, elle le jetterait sans remords dans l'abysse. Et iraient fleurir une tombe vide une fois par mois sans verser une seule larme.
«Tu crains qu'elle n'ait aucun remord à te tuer? Effectivement si vos places avaient été inversé, elle le ferait sans hésitation. Donc pourquoi ne le ferait-elle pas dans la situation actuelle pour vivre?»
Cette certitude lui faisait horriblement mal. Il se sentait si coupable. Et tellement seul. Sans personne à qui confier ses tourments, sans ami ou confident. Il ne faisait plus confiance à son maître depuis la "révélation" et Lacie...elle avait tellement changé. Qu'était devenue l'adorable petite fille qui dansait sous les flocons de neige, un sourire sincèrement heureux gravé sur son visage encore innocent? Et lui qu'était-il devenu? Qu'est-ce que Glen leurs avait fait au juste? Lacie avait tellement changé depuis son arrivée au manoir...
Elle était déjà revenue d'une fugue, sa robe blanche couverte de tâche rouges. Elle avait dit qu'elle avait dansé sous une pluie de sang, et que ça avait été amusant. «Ma chaîne les a déchiré en morceaux ces bandits!» avait-elle dit. Il n'avait pas voulu en savoir plus. Mais un amer goût de regret l'envahissait. Son maître lui avait accordé un pacte pour qu'elle ne soit pas sans défense, pas pour qu'elle massacre avec plaisir des gens, même des mauvaises personnes, dans un mouvement d'humeur ou qu'elle prenne du plaisir à tuer. Elle pouvait le faire cruellement et sans pitié ou regret. Il s'était senti une nouvelle fois coupable.
S'ils n'étaient pas venu ici, ils ne seraient pas dans cette situation.
Lacie ne serait pas aussi brutale, ne prendrait pas du plaisir à faire ce genre de chose et lui n'aurait pas à faire «ça» dans 5 ans, et serait juste un grand frère.
Ils ne seraient peut-être pas si heureux que ça, et auraient sûrement du mal à survivre. Mais au moins ils seraient ensemble, à se soutenir mutuellement et ils ne seraient pas destinés à être séparés pour toujours...ou du moins pas avant de nombreuses années.
S'ils n'avaient pas vu ces flocons, ils seraient des jeunes gens normaux, comme les autres.
Ils seraient toujours humains...et n'auraient pas ce destin.
Et aujourd'hui, cette chaîne destructrice était entre les mains d'un simple humain.
D'une mauvaise personne.
Était-ce réellement pire que si c'était Lacie qui l'avait eu?
Sortant de ces déprimantes pensées, il soupira, fixant la dimension de son âme, si vide. Il en avait pour quelques jours. Au moins la fièvre commençait à baisser, puisqu'il pouvait à nouveau avoir conscience de lui-même, c'était déjà ça. Il pourrait sans doute bientôt se réveiller dans le monde réel. Il se redressa dans l'immensité de son âme. Et se sentit alors horriblement seul. «Raven?» chuchota-t-il, appelant la chaîne avec qui il était le plus familier. Sa toute première. «Où es-tu?» Sa voix mentale trembla légèrement, tandis qu'il cherchait, avec de plus en plus de panique. Il n'entendit pas le corbeau lui répondre, n'entendit même pas un crissement et ne sentit rien du tout.
Seul le silence oppressant s'opposait à lui. Une impression de solitude et de froideur. Un silence pesant et angoissant. Une solitude anormale après des années à être un contractant spécial.
Il sentit alors la panique l'envahir, une poigne froide se refermer sur son cœur. «Owl? Dodo?» Rien, ils ne semblaient plus être là. «Répondez!»
L'affolement l'envahit. Des vagues amères le submergent. Ce poison..a tué les chaînes? A brisé les liens qu'il avait avec elles? Il s'affole, panique et les cherche avec désespoir pendant un long moment. Des possibilités plus effrayantes les uns que les autres l'envahissent, le rendant malade de terreur. Si elles ont disparu, si elles ont été tué. Le lien n'a pas pu se briser sans raison. Impossible. Inimaginable. Ce n'est pas possible...c'est...la pire chose qui aurait pu se produire!
Que va-t-il devenir?
Qu'est-ce que Glen va devenir?
Son maître et ses prédécesseurs vont-ils l'accuser d'avoir laissé les chaînes se faire tuer?
Il a mal au cœur en pendant à ça, en imaginant le visage froid et désapprobateur de son maître, le mépris dans ses yeux. Peut-être son bannissement. Tombant à genoux, prostré au cœur de son âme, il laisse le désespoir l'envahir. Il avait la preuve de son échec, la preuve de sa faiblesse, la preuve de son arrogance. Sa punition pour avoir été un mouton, prêt à faire tout ce qu'on lui disait, à croire tout ce qu'on lui disait. A croire que il devait faire ce pourquoi il était né, réparer ses erreurs...
Il ne mérite pas de devenir Glen.
Il ne mérite pas d'être un Baskerville.
«Il aurait mieux valu que je ne me réveille pas.»
Il n'aurait jamais du naître.
Il ouvrit les yeux, voyant un plafond vieux et miteux au dessus de lui. Il était dans un lit confortable et chaud. Son corps était lourd, sa bouche était sèche. Il tâta le matelas de sa main droite. Il prit appui dessus et tenta de se redresser mais la douleur le traversa brutalement. Il serra les dents pour ne pas gémir de souffrance tandis qu'il retombait sur ses oreillers. Il tressaillit quand la porte s'ouvrit et qu'une personne entra, vêtu d'habits de nuits chauds et d'un long châle, jeté sur ses épaules. «Ha vous êtes réveillé? Je commençais vraiment à m'inquiéter.»
Il cligna des yeux en voyant les longues mèches d'or tombant le dos. Des yeux verts qui brillaient légèrement. Un visage fin et bien dessiné d'un homme à peine plus jeune que lui. C'était la personne qu'il avait aperçut entre deux moments de conscience. Son hôte versa de l'eau dans un verre en terre cuite et le lui tendit. «Buvez ça vous fera du bien. Vous devez avoir soif non?»
Oswald prit ce qu'on lui tendait et but quelques gorgées, se sentant mieux quand sa gorge asséchée fut rafraîchi. Il ne pouvait détacher ses yeux de son sauveur, qu'il avait presque prit pour une femme quand il était entré dans la pièce. Et se fit soudain la réflexion que c'était un bel homme.
«Que..s'est-il passé?» Sa voix était rauque, et il toussa. Il se laissa rallonger dans une espèce de brouillard d'épuisement «Où...suis-je?
- Je vous ai trouvé avant-hier soir dans la neige à une ou deux rues d'ici, vous étiez gravement blessé et complètement gelé.» il préféra ne pas dire à quel point la neige était gorgée de sang et combien les plaies étaient grave, inutile de lui faire peur en lui disant à qu'à une heure près ou presque il serait mort. «Vous êtes chez moi, en sécurité. Je vous ai soigné...même si vous n'êtes pas encore guéri.» Il lui posa la main sur le front «Vous blessures sont en voie de guérison, il faut laisser cicatriser. Votre fièvre a baissée, même si elle est toujours là cependant, c'est pourquoi vous vous êtes réveillé. Et le poison...
- C...Comment savez-vous pour le poison?
- C'est vous...vous étiez à peine conscient mais vous avez eu la force de me le dire avant de vous évanouir.»
Oswald grimaça, ses souvenirs étaient horriblement flous. Il leva sa main valide pour la poser sur son visage, écarquillant les yeux en se rendant compte qu'il venait de la poser sur celle de son sauveur, il la laissa alors retomber mollement sur le lit à côté de lui. Il se sentait étourdi et n'avait que peu de forces. Il serait incapable de se lever. Il tourna les yeux vers le blond. Bizarre il le voyait un peu flou. Peut-être était-ce la fièvre?
L'autre demanda alors, aimablement «Vous voulez boire un peu de thé? Ou du lait chaud? Pensez-vous pouvoir avaler quelque chose?
- Du thé. S'il vous plaît. Je pense que je peux essayer de manger quelque chose aussi.»
L'homme se redressa «Très bien. Au fait, comme vous appelez vous?»
Oswald hésita, d'un certain côté, puis répondit, choisissant soigneusement ses mots «Je...m'appelle Oswald, juste Oswald. Ne...Ne me vouvoyez pas. Je ne suis pas un noble.» Il détourna la tête, cachant son malaise «...Ne dites à personne que vous m'avez vu. Ou que je suis ici.» Il ne voulait pas être retrouvé, que ça soit pas les Baskervilles ou par ses agresseurs. Il avait déjà prit sa décision. Dès qu'il serait guérit, il s'enfuirait et changerait de pays, prendrait le bateau, irait loin, très très loin et ne reviendrait jamais. Un exil pour expier ses erreurs ou une fuite pour tenter de sauver Lacie? Peut-être les deux, mais cela lui était égal. Il serait ''juste Oswald'' désormais et rien de plus.
«Je peux vous..te cacher si tu le désires. Tu peux me tutoyer aussi dans ce cas, je suis loin d'être un noble.» Rit-il avec un certain malaise, un rire qui sonnait un peu faux.
Le brun laissa cela de côté, après tout chacun avait ses secrets: «Et...toi? Quel est ton nom?
- Jack...juste Jack.»
A Suivre
Voilà, Oswald est enfin réveillé.
Il était temps hein?
Prochain chapitre, Léo fait son retour, Oswald ne change pas de décision et fait connaissance avec Jack, Lacie va le chercher dans toute la ville, ect...
N'hésitez pas à laisser un petit message, ça fait toujours plaisir et je suis ouverte à tout conseil pour améliorer ma fanfic!
