Disclaimer: Pandora Hearts appartient à son auteur, Jun Mochizuki

Genre: Une pincée de Drama, du Angst, de la Romance. C'est aussi un genre d'UA, ou plus précisément de canon divergence: Jack n'a jamais rencontré Lacie à 15 ans et a réussit tant bien que mal à survivre.

Personnages de l'histoire: Jack, Oswald, Glen!Levi, Lacie, le reste des Baskerville, Oz et Leo.

Parings: Glen!Levi/Lacie (très léger) et Oswald/Jack

Warning : Violences et boys love?

Rating: T pour violences


Avancer sans regrets


Oswald regardait la plume noire entre ses doigts, douce et beaucoup trop grande pour être une plume normale. C'était le genre de plumes sombres qu'avaient ses chaînes. Ça en était une de Raven plus exactement. «Qu'est-ce que ça veut dire?» Sa chaîne avait-elle été tuée et avait, dans un ultime sursaut de vie, tentée de prévenir quelqu'un de la présence de son maître? Il n'en savait rien, était-ce seulement possible? Ou alors elle avait laissé cela dans un dernier souffle tout court? C'était également une possibilité. Et il ne savait rien. Il s'était encore concentré pendant la nuit, avait appelé ses chaînes encore et encore, les avait cherché désespérément. Mais il n'avait eu aucune réponse. Rien du tout. Cela avait juste été un test qui avait confirmé sa décision: il devait partir, il voulait partir, loin de ce pays. Il prendre un diligence jusqu'à la mer et de là, il prendrait le bateau. Autant aller le plus loin possible. Loin de ce clan qui lui avait finalement apporté plus de malheurs qu'autre chose. Certes Levi avait de l'affection pour lui mais ne l'élevait-il pas à tuer sa sœur? Au fond, Oswald s'était sentit si trahi des années auparavant que la confiance s'était entièrement brisé. Il avait parfois eu besoin de tendresse mais en même temps, son maître lui faisait peur.

Il sortit de ses pensées en entendant le grincement de la porte et une petite voix qui demandait, d'un ton curieux:«Tu n'es plus malade?»

Il sursauta, manquant de lâcher la plume, et tourna la tête dans la direction d'où venait la voix. Et là, il vit un petit garçon d'environ 4 ans, aux cheveux noirs ébouriffés. Un enfant? Son hôte avait un fils de cet âge? Mais il semblait avoir dans les 18 ans environ pourtant. Et même s'il avait le même âge que lui, soit la vingtaine, c'était toujours un peu jeune pour avoir un enfant de cet âge, même si plus possible.

Il se reprit «Heu...Pardon?

- Tu n'es plus malade? Jack a dit que tu n'avais presque plus de fièvre hier!»

Il appelait le blond par son prénom, ce n'était donc pas son fils. «Ha! Oui. Je suis réveillé. Mais je ne suis pas guéris.» Et il avait toujours un peu de fièvre, il le sentait bien.

L'enfant regarda derrière lui, comme pour vérifier quelque chose, puis entra dans la pièce, trottinant jusqu'au lit. «Tu étais très très très malade.» décréta-t-il en le pointant du doigt. «Jack était très très inquiet! Tu avais les habits tout rouges. Et Jack m'a dit d'aller dans ma chambre et de ne pas en sortir avant qu'il me donne la permission!»

Il s'en doutait. Heureusement le petit ne semblait pas avoir compris ce qu'était le ''rouge'' sur ses habits. «Oui. Je sais. Mais je vais mieux.

- Parce que Jack est le meilleur!»

Le jeune homme sourit légèrement, attendri devant la moue assurée du petit garçon si fier de son tuteur. Il tendit la main et ébouriffa les cheveux noirs du gamin qui s'était approché encore un peu de lui. «Comment tu t'appelles?

- Léo! Et toi?

- Oswald.»

Il croisa alors le regard de l'enfant et retint à temps sa surprise en voyant ces yeux typiques des membres de son clan. Le petit était un Baskerville. Comme lui. Il avait sûrement vu les flocons d'or mais ne les avait pas suivis. Ça arrivait parfois, même si c'était rare, que des nouveaux membres du clan ne viennent pas, ne les rejoignent pas. Ou celui-ci n'avait pas tout comprit, était trop jeune pour les suivre. Ça arrivait même, d'après son maître, que des bébés voient ces lumières, et dans ce cas, ils ne pouvaient pas rejoindre le château, évidement. Celui qu'il avait devant les yeux étaient peut-être dans ce cas précis?

Léo le regarda soudain dans les yeux et s'exclama «Tu es comme moi! Je le sais! J'en suis sûr!

- Hum?» Ha. Visiblement il avait sentit qu'ils étaient pareils, qu'ils étaient tout deux des Baskervilles et qu'ils appartenaient au même clan, même s'il ne comprenait pas bien tout. Il sentait juste qu'ils étaient semblables sans bien voir pourquoi.

Le petit sourit «Tes yeux! Et ton aura! Je le sens! Comme moi!» Il prit un air assuré de celui qui sait tout et s'exclama «Tu as vu les flocons tout dorés aussi?»

Oswald haussa un sourcil «Oui. Il y a longtemps, j'étais un peu plus vieux que toi. J'avais 7 ou 8 ans.

- Et tu es allé ''là-bas''? Là où ils veulent que l'on aille?

- Oui.

- Ben pas moi!» Il sembla réfléchir pendant quelques instants «Je suis bien avec Jack, je veux pas aller là-bas moi.» Il croisa les bras, semblant boudeur «Et puis...je veux pas, c'est tout. Je sens plus ce besoin d'y aller.»

Donc il avait bien comprit qu'il devait (pouvait?) aller quelque part après que les lumières soient entrées en lui mais avait refusé de suivre cela. Intéressant. Il faisait donc partit des rares qui ne voulaient pas rejoindre le clan, même s'il n'en avait pas entièrement conscience. «Tu les a vu il y a longtemps?

- Je me rappelle pas. C'était avant que je vienne vivre avec Jack.» Le visage s'était légèrement assombris «Mais tu sais, il les a vu aussi!

- Pardon?» Il crut avoir mal entendu. Les yeux de son sauveur étaient certes étrange mais sur le coup, il n'avait rien remarqué, peut-être à cause de la fièvre? Il le voyait un peu moins flou depuis son réveil mais...

Léo prit un air fier de lui, ravi de surprendre le jeune homme «Ben oui, c'est même comme ça qu'il t'as trouvé! Il a vu la plume et quand il l'a ramassé, il a vu des lumières toutes dorées et là ...il a su tout de suite que tu étais là!» Léo eut un grand sourire et écarta les mains «Pouf!Comme par magie!»

Oswald ouvrit de grands yeux surpris. Jack était devenu un Baskerville? L'abysse l'avait choisi juste pour qu'il le sauve? Il ne pouvait pas les laisser comme ça. S'ils étaient trouvés...il n'avait plus aucune confiance en Lévi depuis qu'il avait prit sa décision de ne jamais revenir. Il ne voulait pas que Levi puisse désigner Léo comme successeur si lui partait. Après tout Levi n'avait plus que deux chaîne. Et n'avait pas commencé à pourrir.«Tu as raison Léo, il ne faut surtout pas allé là où les lumières nous disent d'aller.

- Ha?

- Il y a quelqu'un de dangereux. Qui te rendrait très très triste.» Enfin Léo n'était pas un futur Glen (sauf si on forçait le destin? Et il ne voulait pas tenter cette possibilité). Cependant le jeune homme ne voulait prendre aucun risque. Il refusait de laisser son sauveur et cet enfant rejoindre ce clan que lui abandonnait. C'était un sentiment étrange.

«Léo!» Jack entra dans la pièce, et prit un air à la fois agacé et soulagé «Je suis désolé s'il t'as dérangé!» S'excusa-t-il en prenant l'enfant dans ses bras, celui-ci prenant une moue boudeuse et marmonnant qu'il n'avait pas embêté Oswald d'abord.

Ce dernier eut un léger sourire «Il ne m'a pas du tout ennuyé! Il est adorable!» Il se redressa légèrement. Grimaçant. Il avait fait quelques pas malhabiles la veille mais ça n'avait pas eu grands résultats. Il tenait à recommencer l'expérience ce matin.

«Le petit-déjeuner est presque prêt. Veux-tu essayer de te lever un peu?

- Je penses. Je veux tenter de venir dans la pièce voisine.

- Léo, vas jouer dans le salon.

- Ouiii.»

Le petit partit en courant et les deux jeunes hommes se retrouvèrent seuls. Jack sourit légèrement et demanda, doucement «Et si tu essayais de te lever maintenant? Voyons si ça ira mieux qu'hier où tu as beaucoup chanceler.»

Oswald hocha la tête, écartant la couverture et sortant ses jambes du lit, frissonnant légèrement quand ses pieds touchèrent le sol froid. «Allons y.» Il poussa sur ses mains, se redressant sur ses pieds, vacillant soudainement. Le blond l'attrapa et il bascula presque contre lui. Sentant l'odeur chaude et légèrement fleuri de son saveur, il rougit et recula, horriblement gêné. Il n'avait connu ce genre de proximité et ça le mettait encore plus mal à l'aise que les soins de la veille où il avait été vu sans vêtements par le jeune homme.

Celui-ci cligna des yeux «Tu vas bien?» Il tenta de rester indifférent à la présence forte et chaude de son invité, de ne pas baisser les yeux sur ces mains parfaites. C'était juste un accident. Cette proximité avait été accidentelle, rien de plus.

L'autre toussota «Oui, oui je pense.»

Il serra les dents en sentant ses blessures qui l'élançaient douloureusement. Il s'appuya à la petite table de nuit, prenant de lentes inspirations. Après quelques instants il murmura, pour pour changer de sujet et cacher sa honte de sa faiblesse «Quelle heure est-il?

- Il est encore tôt. Le soleil n'est pas encore levé. Et il neige encore pour le moment.» Il soupira, se passant la main dans les cheveux «C'est l'hiver le plus froid depuis quelques années. J'espère qu'on ne va pas arriver au point où il serait impossible de sortir de chez soi.» Heureusement l'entrée de la maison était légèrement en hauteur, après quelques marches mais certains habitants de la ville risquaient d'avoir des problèmes, comme les marchands tenant des échoppes sur la grand rue par exemple.

«Hum. Ça doit être horrible pour ceux qui vivent dans la rue.

- Avec un tel temps, beaucoup meurent. Certains sont ramassés par des tenants de bordels. D'autres par des gens cherchant juste un esclave ou un serviteur bon marché.»

Oswald sentit son cœur se serrer. Il ignorait tout ça. Il avait peu de souvenirs de sa vie dans la rue, ou alors il avait échappé au pire. Il n'avait jamais imaginé que c'était aussi horrible dans cette ville, élevé dans le coton, dans ce château d'où il n'était censé de sortir que rarement, comme un chose précieuse gardé dans un coffre. «C'est...horrible.

- Je sais.» Avec le temps, lui ne ressentait plus rien que de la pitié. Mais que pouvait-il faire quand la noblesse elle-même ne faisait rien, tirant même parti de cela pour certains?

Oswald le regarda plus intensément «Tu...ne risques rien quand tu sors seul?

- Je ne suis pas un sans-abri. Ça se voit. Mais je sais me défendre. J'ai une dague sur moi.» Il semblait troublé, les joues légèrement rougies. Jack se sentait en effet étrange en entendant un quasi étranger qu'il ne connaissait que depuis deux jours (le temps où il était inconscient ne comptait pas vraiment) se souciait de lui comme ça. Personne ne l'avait jamais fait. Ça lui faisait terriblement plaisir, même s'il avait du mal à se l'avouer à lui-même.

Oswald cligne des yeux. Rêvait-il où Jack était un peu moins flou tout d'un coup? Comme s'il arrivait bien à le voir et à le cerner ou presque. Il n'avait aucune envie de le faire cependant, ce serait impoli de fixer ainsi son sauveur. «Bien, j'y vais.»

Il fit quelques pas, chancelant, et réussit à arriver jusqu'à la porte. Il se retourna vers le blond comme pour s'assurer qu'il pouvait passer dans la pièce voisine. Le propriétaire des lieux hocha la tête «Parfait, allons y.»


Jack souffla dans ses mains, voulant se réchauffer. Il faisait un froid atroce dehors et il était gelé. Mais il devait accomplir son but. Il n'aimait pas l'idée de laisser à la fois Léo et son blessé chez lui, seuls. Si le premier se blessait, si le second avait une rechute de fièvre ou si le poison revenait à la charge? Il secoua la tête, voulant rester calme. Et entra dans le receleur. Méfiant devant la petitesse de la boutique, il se dirigea vers le comptoir et posa la boucle d'oreille en rubis, ainsi que sa gourmette en argent sur le présentoir.

«Où as-tu volé ça gamin?

- Je n'ai rien volé. La boucle appartenait à ma mère et la gourmette est à moi.

- Tu es un bâtard du vicomte de Vessalius?

- Oui.»

Il soutint le regard méfiant de son vis-à-vis qui finit par ricaner «Bah c'est pas mes oignons après tout, je viens pour récupérer des bijoux contre de l'or moi.» Il sortit son matériel et examina les deux objets avec minutie. «C'est du beau bijou. Il entretenait bien sa maîtresse le vicomte.»

Jack serra les dents, refusant de donner à cet homme le plaisir de répondre. Non il s'en fichait. Au moins après qu'elle soit tombé enceinte. C'était sans doute de sa faute s'il avait cessé de venir la voix. «Alors?Combien?

- Ne te presse pas. Tu es sûr pour la gourmette? Tu te feras jamais reconnaître si tu ne l'as pas pour prouver.

- Cela m'est égal. J'ai une famille à nourrir et je ne me soucis pas d'un homme dont je n'ai aucun souvenir.

- Très bien.» Quelques minutes plus tard , il laissait tomber une bourse bien remplie sur le comptoir devant lui. «Fais gaffe de pas te la faire voler.»

Jack s'en saisit et se détourna, la glissant dans une poche secrète de son manteau, à l'intérieur. Il sortit de la boutiques et emprunta des chemins détournés pour arriver sur la grand rue où il fit quelques achats. Il s'immobilisa en reconnaissant un de ses clients. Il détestait quand cela arrivait, ne voulant généralement pas les revoir, même s'il en avait quelque réguliers. Il ne voulait pas créer une familiarité ou que l'autre s'incruste dans sa vie, voulant la diriger selon ses goûts.

L'homme l'avait aussi aperçue. «Jack!»

Il s'immobilisa, ne voulant et ne pouvant pas décemment ignorer cette personne (qui l'avait bien payée la dernière fois) comme ça. «Quoi? Que désirez vous?

- Une soirée.»

Cela se passait parfois comme ça. On demandait juste la durée. «Quelle heure?

- Deux heures avant minuit jusqu'à minuit. Ça te va?

- Aujourd'hui?

- Demain.

- Je viendrais si je suis disponible. On verra.»

Il voulait toujours une possibilité de ne pas venir. Il voulait toujours un échappatoire. Il se retourna vers son futur à nouveau client et demanda «Où?» Il retint le nom de l'auberge où il devait se rendre, un lieu qu'il fréquentait pas mal. Et s'éloigna. Il n'avait pas le choix. Faire des économies serait bénéfique. Serait idéal. Et ne pas y aller serait néfaste pour l'avenir, si les autres clients apprenaient qu'il se désistait. Ne voulait-il pas commencer à économiser pour acheter un plus grand lit à Léo? Des jouets de meilleurs qualités? De nouveaux vêtements? Il se força à ne pas penser à la magnifique épée de son invité, et à sa bourse d'or bien remplie.

Je ne suis pas un voleur.

Je ne détrousse pas les gens.

Surtout ceux qui...

Il secoua la tête, rageur et s'éloigna vers les petites ruelles, croisant des personnes en cape rouge qui ne firent pas attention à lui, pas plus qu'il ne fit attention à eux. Il s'engouffra dans une petite rue et la remonta, chargé de ses achats et prenant garde à ne pas glisser. Il y avait de quoi bien manger pendant 4 jours et des réserves de longue durée. Il avait même trouvé de la viande à bon prix. Léo serait ravi, ce petit bout avait bien besoin de bons repas parfois. Il avait besoin d'énergie. Soufflant un peu de buée blanche, il croisa sans y prendre garde une jeune fille aux yeux rouges qui regardait autour d'elle, comme pour chercher quelque chose. Elle se retourna mais il avait déjà bifurqué dans un regard en arrière, concentré sur les idées de plats qu'il allait préparer pour son fils adoptif et pour son invité.


Il entra dans la maison, lançant «Je suis rentré!

- Jack!» cria Léo, se levant d'un coup pour se ruer vers lui, joyeux «Ho Tu as acheté plein de choses!»

Oswald leva les yeux du livre que le blond lui avait donné avant de partir, pour qu'il puisse passer le temps, assit dans le fauteuil devant la cheminée, une couverture sur les genoux. Regardant souvent autour de lui et questionnant Léo d'un ton léger, il avait apprit qu'il n'y avait pas d'autres chambres que celle où il dormait et celle du petit. Donc où dormait son sauveur si lui prenait son lit? Pas par terre quand même? Avec le froid qu'il faisait dehors, il ne dormait quand même pas sur le sol de pierre, même avec une chaude couverture?

Cette idée l'avait mit mal à l'aise et il envisageait de proposer à Jack de reprendre son lit, sachant toutefois que c'était certain que le jeune homme refuserait -pour des raisons évidentes-. Alors que faire? Il devait avoir une solution affreusement inconfortable. Et Oswald se sentait coupable de lui causer un tel inconfort.

Et si je lui proposait de partager le lit? Cette idée lui enflamma les joues, et il se dit qu'il était stupide d'être émotionnel pour si peu. C'était juste un partage de lit. Il avait partagé le lit de sa sœur si souvent quand il était enfant. Oui mais j'étais un petit garçon et c'était ma sœur. Il avait lu que dans le nord, les gens le faisaient pour se tenir chaud quand il faisait terriblement froid. Oui mais ce n'est pas le nord et ça ne fait pas partit des traditions, pour moi en tout cas. D'un autre côté, ce n'était que pour dormir, rien de bien méchant là-dedans non? Juste dormir au chaud et confortablement. Rien de dramatique. Il n'y avait pas de quoi se faire des cheveux blancs après tout.

«Tout va bien?

- Ha...Oui. Merci. Pas trop gelé?

- Si, complètement. Je vais faire du thé. Tu en veux?

- Oui, je te remercie.»

Il se laissa aller dans le fauteuil, épuisé. Et réfléchit à nouveau au problème Jack. Il était donc un Baskerville. Il avait vu les lumières de l'abysse, ces flocons dorés. Et une fois entrés en lui, ils l'avaient guidé jusqu'à lui. Donc...qui était-il réellement? L'abysse ne l'avait désigné que pour le sauver? Je ne reviendrais pas pour autant. Si Jury elle-même n'est pas apparu auprès de moi, c'est qu'elle même ne sait pas où je suis. Jack lui échapperait-il?

Étrange.

Il n'avait jamais entendu parler de ce genre de cas.

Jury ne le retrouvait pas alors qu'elle était censé veiller sur Glen et sur chaque nouveau réceptacle, ce qui voulait dire qu'elle ne pouvait pas le retrouver s'il n'avait pas les chaînes. Bonne chose.

Il tourna le regard vers son hôte, qui s'affairait, posant la bouilloire sur le feu. Et qui retournait dans le coin-cuisine pour préparer le repas. Il aimait cette atmosphère douce et paisible, si différente de celle qu'il connaissait au château. Et son sauveur était très beau, avec ses longues mèches d'or et ses yeux verts émeraudes. Ça lui rappelait quelque chose ces caractéristiques...où avait-il vu ça déjà? Peu lui importait, ça lui était égal maintenant. Jack était Jack et ne voulait pas parler de son passé, à quoi bon fouiller dans ce cas?

Quand il se rendit compte qu'il fixait le jeune homme il sentit son visage devenir brûlant et détourna les yeux, gêné. Comment pouvait-il faire de telles choses, depuis quand s'intéressait-il à cela? Il tâcha de se vider l'esprit, de ne pas penser à tout ça.

Il a de belles mains. Il se gifla mentalement. Était-il un pervers pour penser à ce genre de choses? Penser aux mains du blond...il devait encore avoir de la fièvre.

«Oswald?

- Oui?

- Voilà ton thé. Le repas est bientôt prêt.

- D'accord.» Il prit la tasse des mains de son hôte, essayant de ne pas frôler ses doigts. «Hum où dormez vous? Il n'y a que deux chambre non?

- Oui. Je dors sur le fauteuil, dans une couverture. Il est très confortable. Aucun problème.

- Es-tu sûr?

- Oui. Je...» Semblant comprendre où voulez en venir son interlocuteur, Jack rougit et se détourna, gêné, sentant un étrange sentiment en lui «Ne t'en fais pas, je vais bien et je suis habitué à l'inconfort. C'est toi qui a besoin du lit.» Ces yeux violets le troublaient au point qu'il ne pensait presque plus au client qui lui avait donné rendez-vous.

Et qu'il..il se sentait étrangement coupable à la simple idée d'y aller.

Il prit sa décision alors qu'il se remettait au travail pour cuisiner le repas: il n'irait pas.


A Suivre