Hello à tous !

Merci à celles/ceux qui suivent, et aux rewieuses/eurs qui m'ont laissé un petit commentaire !

Je vous laisse la Séance 2 à lire cette semaine !

Bonne lecture !


Séance 2

Blaise Zabini regarda sa montre, sa jambe bougeant nerveusement sans qu'il ne puisse la contrôler. Il maudissait sa psy, qu'il attendait depuis dix bonnes minutes, assit sur la couchette.

Il était déjà de très mauvaise humeur depuis la veille au soir. Théo avait eut l'idée de passer la soirée chez Seamus Finnigan, parce qu'il était seul depuis une semaine, comme Dean était parti pour une mission à l'autre bout de la planète. Blaise avait fait son gros jaloux, comme à chaque fois qu'il sortait sans lui, et en plus chez un mec seul. Théo n'avait pas supporté ses insinuations – comme s'il était du genre à aller voir ailleurs, qui plus était avec un mec casé ! Ça avait finit par une grosse dispute, l'un ne supportant pas de le savoir seul avec un autre, et l'autre ne supportant pas sa jalousie mal placée. Théo avait passé la nuit chez Seamus. Blaise ne l'avait pas encore vu de la journée, et il n'était pas tranquille quand il n'avait pas son Théo le matin. Salazar seul savait ce qu'il fichait chez Finnigan. Si ça se trouvait, il avait craqué, et il l'avait trompé. Blaise ne supporterait pas ça.
-Excusez-moi, fit la psy en s'installant sur son canapé, ma fille est malade, et la nounou était en retard.
Blaise ne répondit que par un grognement vague, il voulait retrouver Théo, et l'enfermer dans leur cave à tout jamais pour lui faire passer l'envie de coucher chez un autre.

En plus Finnigan était du genre tactile et sans-gêne – ce qui était pour beaucoup dans le fait que Blaise le détestait – et Théo n'avait jamais rien dit pour qu'il arrête. Pour sa défense, Seamus n'avait eut de geste déplacé ou à caractère sexuel, mais pour Blaise ça revenait au même de toute façon. On ne touchait pas à son Théo. Pas même pour lui dire bonjour.
-Vous avez raccourci l'acte deux ? Fit-elle en préparant sa plume à papote.
-C'est moi qui vous paie à ce que je sache, fit Blaise avec sa mauvaise humeur débordante de tous les pores de sa peau. Or je vous paie pour écouter ce que j'ai à dire, alors si je veux prendre mon temps pour vous raconter ma vie, bien c'est mon droit. Calez-vous bien, fermez les yeux, et imaginez que je vous fais la lecture d'un mauvais roman à l'eau de rose !
La psy hocha la tête, la plume nota, la femme prit une bonne tasse de thé et se mit à l'aise dans son fauteuil, sentant que les deux prochaines heures allaient être longues.
-J'en étais où déjà ? Bon, on s'en fiche de toute façon ! Ah oui ! Je me souviens... Fin de la deuxième année, on avait officialisé notre amitié, on allait partir en vacances en Italie, ma mère, son nouveau pigeon, et moi. Elle voulait lui montrer la villa en Sicile, un truc dans le genre. J'avais passé l'été à m'occuper des baleines échouées sur la plage...


Je regardais la petite chouette effraie aux grands yeux ambrés qui s'était engouffrée par la fenêtre avec un sourcil perplexe. Je recevais pas mal de courrier de Pansy et Tracey – comme si ses deux goules avaient la moindre chance d'atterrir dans mon lit ! Même si elle avait une paire de seins, jamais elles arriveraient à la cheville de Théo, enfin ça, à cet instant, ça n'avait pas lieu d'être !
Je pris le parchemin, mais avant que j'aie l'idée de le dérouler, la sale bête à plume m'avait mordu la main. J'avais de suite lâché une récompense, avant qu'elle me mange la main, puis j'avais pris dix bonnes minutes pour trouver un pansement, éponger le sang et réussir à le mettre. J'avais de suite lâché une récompense, avant qu'elle me mange la main, puis j'avais pris dix bonnes minutes pour trouver un pansement, éponger le sang et réussir à le mettre.
-J'aurais dû m'en douter, fis-je avec un large sourire, en reconnaissant la douce écriture millimétrée de Théo.
Il avait une très belle écriture calligraphique, j'adorais regarder sa plume danser sur le parchemin – c'était d'une sensualité sans nom.

« Blaise,
Je ne veux pas t'ennuyer, mais je m'ennuie tellement au Manoir...Je suis seul depuis deux semaines, et ça me manque d'entendre tes histoires. »

J'avais soudainement froncé les sourcils. Pourquoi est-ce qu'il était seul au Manoir ? Et puis d'un coup, je m'étais rendu compte que je n'avais aucune idée de l'endroit où il habitait.

Forcément, il disait jamais rien de sa vie en dehors des cours. Et puis mes histoires prenaient pas mal de place... J'avais haussé les épaules, une partie de moi se sentait un peu coupable de pas savoir, mais une autre partie n'avait pas envie de lui faire remarquer la chose en posant la question sur parchemin. Peut être qu'il l'avait dit et que je n'avais pas écouté, con comme je suis. Je l'ai dit, tout tourne toujours autour de moi, dans la pratique aussi...

« C'est con.Je t'aurais fait venir ici, mais ma mère va me péter un chaudron.Déjà que je ne suis pas aussi parfait qu'elle le prétend à son nouveau mari...Hâte de te retrouver, j'ai plein de nouveautés en magasin.Je rentre la semaine avant la rentrée, on se prévoit une journée au chemin de traverse pour les courses de rentrées si tu veux. »

Je relus. C'était la première fois que j'écrivais autant à quelqu'un. D'habitude, ça me gave tellement que j'écris le stricte nécessaire, le reste on l'interprète comme on veut. Mais là, c'était le premier parchemin que je recevais de Théo. Pas n'importe quoi de n'importe qui, soit. Ça m'avait fait plaisir, tellement plaisir que j'en avais été de bonne humeur toute la journée, tellement de bonne humeur que j'avais passé outre le fait que la vieille m'avait aboyé dessus parce que j'avais laissé mes fringues traîner dans ma chambre. Heureusement qu'elle n'avait pas vu la plantureuse dans le lit...

«Ça me va pour les courses de rentrées.Dis-moi quel jour te va, je serais seul sans doute.Je ne comptais pas m'inviter, surtout si tu passes ton temps à draguer des filles.T'as de quoi me divertir ? »

Je souris largement, rajoutant un porno dans ma réponse. J'avais une très mauvaise influence sur lui, je crois. J'étais aux anges dès que je lisais ses quelques lignes, vers la fin je l'avais toujours sur moi. Il me manquait ce con !

« T'es con Zab !Je ne parlais pas de ça !En plus elles sont toutes moches. »

Le lendemain, on allait se retrouver. J'étais content de rentrer à Londres, me mère trouvait ça louche, d'habitude je faisais des chaudrons pleins pour rester ici le plus longtemps possible – une année j'avais réussi à tirer jusqu'à la veille de la rentrée.
-T'as intérêt à te faire beau mon gars, me dis-je à moi-même en regardant mon visage creusé et mes cernes dû manque de sommeil.
J'avais aussi la peau sèche et plus bronzée que d'habitude, à cause du soleil ambiant, et du fait que je passais les journées dehors. Puis j'avais réussi à convaincre la vieille de me laisser percer l'oreille – un petit strasse blanc attendait que j'aie fini de cicatriser – en contrepartie, je m'étais tenu à distance de ma mère, et j'avais fait profil bas quand elle m'engueulait.

Quand je revis Théo, j'avais d'abord crû que c'était une blague. Autant j'avais pris de la taille et du musclé, en plus du bronzage et de la boucle d'oreille, autant lui j'avais l'impression qu'il n'avait pas le moins du monde changé. Il n'avait pas grandi, pas prit de poids, pas bronzé du tout.

J'avais même l'impression qu'il était plus frêle et plus pâle que d'habitude. Pourtant son sourire était toujours égal à lui-même. J'avais été un peu mal à l'aise, je devais avouer, parce que de le voir dans cet état ça m'avait fait un peu mal au cœur.
-C'est nouveau ça, fit-il en regardant ma boucle d'oreille. Ça te va bien.
-Ça donne un côté badboy, ricanais-je en prenant ses épaules entre mon bras, me pavanant fier comme un hypogriffe.
-T'as pas besoin de ça pour être un badboy.

On était parti pour l'après-midi, la vieille m'avait donner pas mal d'argent, que j'avais prévu de dépenser dans plein de trucs inutiles, juste pour la faire enrager en rentrant. Théo m'avait suivi, il n'avait rien pris en dehors des affaires pour les cours – j'avais déjà trouvé ça bizarre.

Quand on était chez Fleury&Bott, j'avais louché sur ses livres, avant de constater qu'il avait pris des livres d'occasions. J'avais été un peu choqué, parce que c'était vraiment surprenant de le voir, lui, prendre des livres au rabais.

-Quoi ? Demanda-t-il une fois qu'on fut à la caisse.
-Rien. J'ai faim. On va manger ?
Il eut une moue un peu étrange, on était sorti, puis il avait tenté de me faire faux-bond avec une excuse branlante :
-Tu te fiches de moi ? J'avais reproché vivement. T'as bien un quart d'heure pour bouffer !
Il grommela un truc incompréhensible avec un air gêné, ce qui m'agaça grandement. Entre sa tête de déterrer, sa distance et ses bouquins bons pour les Weasley, ça m'inquiétait pas mal ses histoires.
-T'as cinq secondes pour me raconter ce qu'il se passe, sinon je te jure que je te tue, j'avais fait gravement en lui prenant le bras pour l'empêcher de s'enfuir.
-Parce que ça t'intéresse, soudainement ? Fit-il en me lançant un regard noir. Lâche-moi, je ne vais pas partir en courant, je déteste courir.
J'obtempérai de mauvaise grâce, avant de lui montrer un restaurant, passant mon bras autour de ses épaules possessivement. Je sentais venir l'histoire preneuse de tête, et les paroles mièvrement réconfortantes que j'allais me forcer à cracher, histoire de faire le pote sympa.
-A-attends, fit-il en tentant de ne pas entrer dans l'endroit.
J'avais fait mon regard noir, il n'avait pas insisté, ce qui m'avait amené à penser qu'il avait besoin de parler à quelqu'un.
-Prends ce que tu veux, je régale, j'avais dit une fois assit. Mettez-moi un steack-frite bien grillé, une bouteille de vin et deux verres.

-Un verre, corrigea-t-il sans lever les yeux de son assiette. Et la même chose, mais saignant.
Je n'aimais pas bien qu'il soit si nerveux. Surtout avec moi. Après tout ce qu'il avait entendu comme horreurs de ma bouche, je pouvais bien tout entre de la sienne. Sa langue était plus raffinée que la mienne en plus. On avait gardé un silence, je pensais qu'il allait se détendre, mais pas du tout, au contraire, plus le temps passait, plus il trahissait sa nervosité.

On avait commencé à manger, j'avais plus tellement faim, mais je faisais comme si je n'étais en rien perturbé par son attitude bizarre. Comme si tout ce qu'il allait dire n'allait rien changer – récemment, il m'avait dit que ce jour-là, il avait crû que je me foutais pas mal de ce qu'il avait à dire, à la vue de mon détachement émotionnel, et de la vitesse à laquelle j'avais mangé mes frites.

-Comment tu peux avaler ça, je fis alors qu'il mangeait un morceau de steack plus que saignant.
Ses yeux rencontrèrent les miens, surpris, avant qu'il ne retourne sur son assiette, un peu dépité. Bon, peut être que j'aurais pu être plus engageant. Mais il commençait à m'inquiéter ce con !
-Alors quoi ?
-Quoi, quoi ? Fit-il avec un air dégagé très mal simulé.
-On va jouer encore combien de temps à ses conneries ? Balance ce que tu as sur le cœur, qu'on en finisse ! Ce que tu peux me gaver parfois !
Je vis ses mains se serrer sur ses couverts, ses dents mordirent sa lèvre sans ménagement. J'avais soupiré.
-C'est bon, je n'ai pas besoin de parler, murmura t-il. Si ça te gave, je vais rentrer.
-T'as très bien compris ce que je voulais dire, pauvre con. Balance tes merdes ou je te fais avaler du véritsérum de force.
Il me regarda avec un air outré, méchamment outré, avant de lâcher un long soupire :
-J'ai pas de thune, mon père m'a interdit de sortir tout l'été, et je crois que je vais tuer Dray d'ici la fin du mois.
Il avait l'air soudainement d'aller un peu mieux. Il bu son verre de jus de citrouille doucement, me laissant prendre acte du sommaire de la discussion. Soit. Pas de thune, ça expliquait les livres. Pas sortir de tout l'été expliquait son teint pâle et son air déprimé. Par contre Draco, je ne voyait pas.
-Tu veux que je minaude ou tu continue tout seul ?
-Tu veux savoir quoi ? S'agaça-t-il soudainement, le rouge aux joues.
-Tout.
Il hocha la tête légèrement, avant de se lancer dans un monologue dont, aujourd'hui encore, je me souvenais du moindre mot. Bon je vous passe ses trucs-là, c'était pas super réjouissant. J'avais senti mon estomac me contracter douloureusement. J'avais appris que son père l'avait casé chez les Malfoys pour ses grandes vacances-là aussi, que Lucius avait pris la chose plus que mal et l'avait, en quelques sortes, priver de vacances dans le sud de la France pour le laisser au Manoir – ce qui expliquait sa solitude.

Son père l'avait menacé de le déscolarisé de Poudlard s'il faisait autre chose que travailler, et donc il n'avait profité de rien de ce qu'on faisait l'été. Et puis Draco, rentré la semaine passée, l'avait narguer avec ses nouveaux vêtements, et le fait que lui, il pouvait disposer de la piscine, du jardin et des sorties comme il le voulait. Puis Lucius avait lâché le strict minimum pour ses affaires de classes, ce qui expliquait les bouquins au rabais.
J'avais d'un coup été pris par les remords. Si j'avais su, j'aurais pris de mes Gallions pour ses bouquins.J'avais d'un coup été pris par les remords.
-T'aurais pas pu le dire, pour la thune, j'avais assez.
-Pas besoin de ta charité, c'est bon, grogna-t-il avec un air contrarié. Déjà que tu me paies un restau.
-Pff, t'es quand même con, t'aurais pu me le dire pour le fric ! J'avais ouvertement reproché. C'était quoi comme secret de merde ?
-Oh, c'est bon ! Fit-il en me balançant un morceau de pain dans la figure, un air farouche. J'avais pas envie de passer pour un looser d'accord ! Puis toi et ton fric, c'est tellement une histoire d'amour que je te voyais bien t'enticher de Malfoy juste pour ça.
-T'es gavant, je fis avec un sourire, qui finit par lui en arracher un. L'année prochaine, je te kidnappe. On ira en Sicile ensemble, n'en déplaise à la vieille.
-C'est ça, et mon père me tue !
-Ton père je m'en chargerais déjà. Je lui envoie la vieille, si je lui dis qu'avoir un pote me fera me tenir correctement à table, elle lui taillera une pipe et il sera content.
Il avait eut une ombre de sourire, il avait sans doute pas osé demander plus sur ma mère. Je lui en avais jamais vraiment parlé, en profondeur en tout cas. Et puis au pire, elle irait en vacances ailleurs, si son pigeon était encore vivant d'ici là.


-Quoi ? Fit Blaise nerveusement. Vous n'allez pas recommencer vos simagrées !
-N-Non, c'est juste que... Je ne vous imaginais pas aussi compréhensif.
-Non mais si vous suivez pas l'histoire, ça sert à quoi que je raconte ? Dit-il hargneusement. En plus Théo, c'était le premier à me passer sa thune quand j'en avais besoin. Et je lui ai toujours rendu, avec des intérêts. Bon bref, le fric c'est pas l'important pour l'instant... Reprenons, où en étais-je ? Ah ouais... Troisième année, bon à part rien du tout, il s'est rien passé de bien intéressant. On nous soupçonnait toujours d'être ensemble, et faut dire qu'on avait des trucs bizarres en place... Mais toujours pas question de quoique ce soit pour l'instant... Ce qui m'amène aux grandes vacances suivantes...


Je regardais Théo mettre ses deux-trois vêtements dans un sac, précautionneusement. Depuis l'année passée, il avait pris dix bon centimètres – mais on avait toujours une bonne tête de différence quand même.

Son père avait été facile à convaincre, au final, j'avais passé la partie où ma mère avait lâcher quelques centaines de Gallions dans ses poches trouées. Théo n'avait rien dit, à part merci, qu'on l'emmène avec nous.

Le pigeon avait changé, il était plus petit et plus musclé, avec un accent espagnol – j'avais prié Merlin et Salazar qu'elle parte là-bas avec son étalon et nous fiche la paix, mais non, elle avait tenu à passer ses vacances avec moi.

Mais elle avait été claire aussi, un peu avant, quand on était seuls tous les deux, elle lâchait de la thune pour Théo, et par conséquent, ne voulait pas me voir être exécrable, ou voir tout court d'ailleurs.
-La classe Zab', fit-il en admirant ma chambre Italienne. Elle était grande, spacieuse, luxueuse.
Il rangea ses affaires, après m'avoir demandé l'autorisation. Je m'étais foutu de lui. Puis il avait rangé les miennes, à côté des siennes.
-Ce soir on sort, j'avais dit en me levant, me débarrassant de mes affaires trop chaudes pour l'endroit.
-On sort où ?
-La plage, y a des bars sympas, avec des filles.
-Tu comptes baiser toutes les vacances ? Non parce que si c'est pour me retrouver comme un con, je vais me cocher tôt. Et je me couche où moi ?
Je lui montrais mon lit avec un signe de tête, il avait fait une grimace dégoûtée, me reprochant d'avoir sans doute souillé l'endroit en profondeur.
-Y'a jamais eut personne ici, crétin. Ma mère ne supporte pas les moldus.
-Ah... Parce que tu te fais des moldues ?
J'avais hoché la tête en me débarrassant de mon jean. J'avais passé un t-shirt léger et un short qui m'allait jusqu'aux genoux, Théo avait juste passé un short assez court, qui laissaient voir ses fines jambes blanches – terriblement attirantes.
-Je te préviens Zab', avait-il dit en me menaçant d'un regard et de son index, tu te débarrasse de moi, je joue les chaperons !
-T'inquiète, si t'es là, je ferai un effort.
Sur le coup, ça n'avait pas l'air bizarre, mais avec le recul, ça en avait eut beaucoup. Ce que je ressentais, c'était plus que comme j'étais plus seul pour passer le temps, j'aurais moins besoin de trouver de la compagnie.

J'avais l'habitude de cibler les filles, parce j'aimais lier l'utile à l'agréable, mais là, j'avais Théo avec moi, ce qui valait toutes les filles d'Italie, voir du monde.

Il avait haussé les épaules avec un air pas très rassuré. Il pensait quoi ? Que j'allais l'abandonner pour tirer un coup ? Ça m'avait fait doucement sourire, qu'il ait peur comme ça. Bon après le fait qu'il n'était pas chez lui, qu'il ne pipait pas un mot d'Italien et ne connaissait personne d'autre que moi ici, ça devait jouer aussi.


-On avait passé les vacances tranquillement, j'avais laissé les filles de côté, parce que c'était vachement plus sympa de passer du temps avec Théo sur la plage ou en ville. Lui, il avait l'air en forme – il avait pris du poids, quelques centimètres, puis il avait une jolie teinte dorée, qui lui avait vraiment très bien. J'avais bien rit, au début, parce qu'il avait pris pas mal de coup de soleil, à cause de sa pâleur. Ce qui nous amène début de la quatrième année – avec le Tournois des Trois Sorciers. Première épreuve, celle avec les dragons – la plus cool de toute.
Blaise se rendit soudainement compte qu'il avait un grand sourire, et qu'il était détendu. Il trouvait ça bizarre, déjà, parce qu'il n'avait pas encore vu son Théo aujourd'hui, et qu'ils s'étaient disputé la veille. Mais de repenser à ses vacances – les plus belles de sa vie – ça l'avait soudainement détendu.
-Expliquez-moi une chose, dit-elle avec prudence, est-ce que les dragons du Tournois ont quelque chose à voir avec–
Elle s'interrompit en voyant le regard noir de Blaise sur elle :
-Laissez-moi y venir, vous êtes d'une impatience ! Bon, les dragons... On remonte le jour de l'épreuve...


J'étais excité.

Non, pas sexuellement.

Enfin presque, j'avais une sixième année qui passait régulièrement au chaudron – pour la petite histoire, je l'avais largué parce qu'elle prenait ses aises avec moi, et que j'en avais marre de l'avoir sur le dos pour que je m'éloigne de Théo.
Donc je disais, on attendait de savoir ce qu'on réservait aux concurrents, une rumeur circulait sur le fait que ça allait être du genre énorme et hallucinant – on s'attendait au pire dans le bon sens du terme.

Bien évidemment, Théo s'en fichait pas mal. Il avait fini par se prendre au jeu, à force de me voir enthousiaste comme je l'étais, mais il avait bien vite déchanté.
-T'en veux ? Demandais-je en lui tendait des Fizwizbiz.
-Oulah, Zab' qui cède ses bonbons, c'est noël ! Se moqua-t-il en prenant une bonne poignée.
J'avais haussé les épaules en lui disant qu'il me gavait, on avait passé le temps en médisant sur Potter et Malfoy, la blonde qui me servait de "copine" m'avait fait une scène sur le fait que je l'ignorait totalement en présence de Théo – et elle n'avait pas tort sur ce point.
On avait ensuite reçu la nouvelle, j'avais été plus qu'excité et intenable ; la première épreuve incluait des dragons. Ils m'ont toujours fasciné, et c'était la première fois que j'en voyais en vrai, alors autant dire qu'on avait avancé Noël, effectivement. Je n'avais pas trop fait attention, mais d'un coup, Théo s'était figé dramatiquement. Le dragon – un magnifique Vert Gallois - était entré, j'avais vu son visage se déformer sous la terreur.
-Ça va ? J'avais fait, en lui prenant le bras.
Il m'avait lancé un regard dont je me souviendrais jusqu'à la fin de ma vie, je pense ; terrorisé, comme s'il voyait la mort en face, qu'il savait que dans quelques secondes il y laisserait la vie.

Je n'avais pas compris ce qu'il se passait – tout le monde hurlait et trépignait, le dragon gueulait, l'agitation était telle que je ne m'entendais même pas penser. Il s'était levé d'un bond, et avait quitter l'endroit en courant, comme s'il avait la mort qui le poursuivait.

Sans réfléchir, je l'avais suivi. Pas une seconde j'avais hésité à rester avec la blonde et le dragon, j'avais juste suivi Théo du mieux que je pouvais, jusqu'à le retrouver dans un couloir, en train de vomir ses tripes.
J'avais posé ma main sur son épaule, alors qu'il reprenait son souffle dans un état un peu second, tremblant et pâle comme jamais.

Je lui avais tendu mon mouchoir – vieille manie d'en avoir toujours un sur moi, vaut mieux pas que vous sachiez pourquoi. Il s'était essuyé la bouche, avant de me lancer un regard d'incompréhension totale. Il n'avait pas compris ce qu'il s'était passé en lui quand il avait vu la bête, mais il semblait complètement déstabilisé. Il était terrorisé, on ne savait pas pourquoi, et le pire, c'était que je me sentais totalement impuissant face à ça.
-Viens, on rentre, j'avais dit en lui prenant les épaules, comme je le faisais souvent.
-N-Non c'est bon, fit-il en s'arrêtant brusquement. Reste regarder l'épreuve, je vais... Rentré seul...
-Tu crois, j'avais sifflé, bouge-toi.
Il avait eut l'air rassuré, bien qu'il s'en voulût terriblement de me priver de mon épreuve, et de couper court à mon excitation. Mais franchement, trois-quatre dragons, ce n'était pas important de les voir s'il était dans un état pareil. Comment voulez-vous que je profite de ça si je savais pertinemment qu'il était dans un état pareil ?

Une fois arrivés dans notre chambre, il s'était de suite dirigé vers la salle de bains, il tremblait, et faisait tomber la moindre chose qu'il tentait de prendre dans ses bras. Il avait juré un nombre incalculable de fois, ce qui ne lui ressemblait pas du tout. J'avais fini par prendre ses avant-bras, plongeant mon regard dans le sien :
-Calme-toi, je vais le faire.
Il se laissa faire docilement – je m'attendais vraiment à me faire jeter au vu de son état. On était passé dans la chambre, je l'avais allongé sur son lit, puis je lui avais tendu un verre avec un léger sourire :
-T'es con, gémit-il avec une voix aigüe – il prend souvent cette teinte quand il a peur. Tu vas louper tes fichus dragons...
-Je préfère louper des dragons que de te savoir dans un état pareil. Tu m'expliques ce qu'il t'a pris ? T'aurais pu me dire que ça te faisait flipper.
Son regard s'était assombri d'un coup :
-Je ne le savais pas, souffla-t-il doucement, je n'ai pas compris ce qu'il s'est passé... D'un coup, j'avais l'impression que j'allais mourir dans les pires souffrances possibles... J'ai trop flippé...
On s'était regardé sans trop savoir quoi se dire – ça devait être la première fois qu'il se confiait de la sorte, et moi, franchement, je ne savais pas quoi lui dire.
-En plus c'est la première fois que je vois un dragon de ma vie, je n'ai pas compris pourquoi j'ai réagi comme ça...
-T'es juste peureux, si ça se trouve.
Je m'étais un peu moqué, il avait souri, je lui avais fait boire le verre après – j'avais mis de quoi le faire dormir dedans.
-Tu restes là ? Demanda-t-il, un peu dans le vague, à la moitié du verre.
-Bien sûr que je reste là, j'avais murmuré en finissant son verre, sa main semblait ne plus avoir la force de le porter. Là, tu vois, j'en ai pris aussi...
Il avait souri, puis il était parti, assommé par la potion. J'avais un peu trop chargé sans doute, parce que moi-même ça commençait à me brouiller l'esprit.

Je m'étais couché à ses côtés, laissant négligemment mon bras traîner sur son côté, ses cheveux sur mon visage, alors que je détestais ça quand c'était ma copine qui le faisait.

On n'avait pas reparlé de ça. D'ailleurs, on n'en avait pas reparlé avant quelques années – mais c'est dans une autre partie ça. On arrivait au bal de Noël, l'événement de l'année pour la plupart des filles. On avait une sortie à Près-au-lard un peu avant, ma mère m'avait envoyé de quoi me prendre un beau costar pour la soirée.

Un peu avant la sortie, le mercredi ou le jeudi soir, je m'étais pris la tête avec ma blonde – je ne retrouve pas le nom, mais alors vraiment pas !
-Toi, t'as pris la tête à ta copine, dit-il en me voyant m'installer dans un fauteuil de la Salle Commune en soupirant.
Il n'avait pas levé les yeux de son livre – mais il arrivait toujours à savoir ce qu'il se passait dans ma tête rien qu'en m'entendant arriver, ce n'était pas normal, mais c'était comme ça.
-Je vais lui faire la peau, à cette blondasse, j'avais grogné.
Ses yeux se levèrent de son livre vers moi, d'un coup un peu plus inquiet – je trouvais que ses yeux étaient plus expressifs depuis l'histoire des dragons, mais c'était sans doute le fruit de mon imagination.
-Qu'est-ce qu'elle voulait te faire faire ?
-Elle veut qu'on aille à Près-au-lard ensemble, et que je l'invite. Non mais tu y crois à ça ? Quelle sale vipère... Comme si j'avais que ça à foutre, de l'entretenir ! Mais Mâdâme à décidé qu'elle voulait officialiser en grande pompe.
-Officialisé quoi ? Tout le monde sait que vous êtes ensemble depuis le début.
-Ouais, mais tout le monde dit que je visite ton endroit aussi, avais-je ricané.
Il avait eut un sourire, avant de retourner dans son livre pendant une ou deux secondes, puis il m'avait à nouveau regardé une seconde, avant de retourner dans son bouquin. C'était un peu bizarre quand il faisait ça, mais il le faisait souvent ses derniers temps.
-... Tu crois que si je lui dis que je dois t'accompagner pour ton costume, ça va passer ? Avais-je demandé après un temps de réflexion – j'étais toujours vachement plus intéressant de faire les magasins avec Théo que n'importe qui d'autre.
-Non, de toute façon j'irais pas au bal, tout le monde le sait.
Je levais un sourcil perplexe, moi je n'étais pas au courant, forcément, j'aurais râlé.
-Pourquoi ça ?
-Parce que, soupira-t-il en ramenant ses genoux sous son menton.

Il prenait cette position dès qu'il se sentait vulnérable, ou mal à l'aise, sans même s'en rendre compte en plus. Je trouvais ça mignon, dans un sens.
-Parce que quoi ? J'avais fait sérieusement.
Peut-être trop brutalement, parce qu'il m'avait lancé un regard trahissant son malaise. Il supportait mal qu'on soit agressif, et quand c'était moi contre lui, il était toujours déstabilisé.
-Parce que j'ai pas de thune pour un costume, grommela t-il en regardant son bouquin. Parce que j'aime pas les bals. Parce que je sais pas danser. Parce que j'ai pas de cavalière. Je continue ?
-T'es con, j'avais grogné.
-Oh, c'est bon toi ! Avait-il fait en me balançant son livre dans la figure. Monsieur fils de riche, j'ai-la-classe-quand-je-danse et j'ai une copine !
-T'es jaloux, c'est tout ! Avais-je rigolé – sans savoir qu'il était effectivement jaloux, mais pas exactement dans le sens que je l'entendais à cette époque.
-Casse toi Zab' ! Avait-il fait avec les yeux coléreux, et un sourire amusé.
-Aller, Près-au-lard, toi et moi, on cherche un costar, d'ici demain t'as une fille, et tu me casse pas les couilles.
-Ça serait dommage de te priver de ton petit plaisir, mon pauvre Zab' ! J'ai pas besoin de fille. Je ne compte pas danser.
J'avais haussé les épaules avec un sourire complice, puis on s'était lancé dans un partie d'échec – il avait réussi à m'y mettre, ce con.

-Je sais ce que vous allez dire, dit Blaise en refusant un thé d'un geste de la main. C'était vraiment ambiguë, mais là n'était pas la question.
-Vos excentricités, je commence à m'y habituer. Mais vous n'avez toujours pas répondu à la questi–
-Je reprends, coupa Blaise, on disait donc, le jour J, on allait à Près-au-lard, costar et tout ce qu'il s'en suit, ma copine qui m'a fait une scène parce que j'étais avec Théo et pas avec elle... Bref, un joli prémice à une rupture...

Je m'installais dans un fauteuil de la Salle Commune en grognant, Théo sirotait une tasse de thé, on était seuls, assit près du feu.
-Toi, t'as encore embêté ta copine, dit-il en quittant son livre de suite – ce qui m'avait un peu surpris quand même, parce que d'habitude, il attendait avant de le faire.
-Quelle copine, maugréais-je en me massant les tempes. Je viens de la jeter.
-Q-Quoi ? Fit-il, sous le choc. Mais tu... Enfin le bal, c'est ce soir !
-Ouais, je sais, merci ! Elle l'a cherché cette idiote.
Il n'avait pas osé demander plus d'informations, et au fond, je savais qu'il était au courant que c'était entièrement de sa faute si on avait rompu – en fait, à la base, deux jours plus tôt, elle avait fait une scène à Théo, parce que j'avais passé la soirée à lui apprendre à danser (et il était toujours aussi nul qu'avant...). Forcément, elle l'avait très mal pris. Et moi, j'avais mal pris qu'elle le mette mal à l'aise – parce qu'après, quand je l'avais revu, il avait essayé de m'éviter comme si j'avais la dragoncelle. On s'était pris la tête violemment, à cause de lui soit disant, et puis finalement, j'avais décidé de la lâcher. Très peu pour moi ce genre de prise de tête. Puis Théo, c'était mon pote depuis la première année, alors qu'elle...


-Ah ça y est ! Je me souviens ! C'était Tracey ! Fit Blaise avec un air de vainqueur. Ouais, elle avait prisune bonne paire de seins en deux ans, et franchement, c'était le genre de fi–

-Passez les détails, maugréa la psy en posant sa tasse sur la table violemment.
Blaise haussa les épaules, reprenant le fil de son histoire :
-Donc, euh... Ouais, moi, Théo, la Salle Commune, avant le bal...


-D-Du coup tu... Tu vas y aller seul ? Demanda Théo avec un regard un peu étrange – après coup, c'était plus un regard intéressé, mais ça, je ne l'avais pas trop vu.
-Tu crois, toi ! Avais-je ri franchement. Dans une heure c'est la queue derrière moi pour que je choisisse.
-Ah... Avait-il soupiré doucement. Je vais aller me préparer psychologiquement à me faire démonter la tête en publique...
-... Attends, t'y vas seul non ? Avais-je fait, prenant conscience qu'on était seuls tous les deux.
Il avait simplement hoché la tête – je lui avais présenté trois-quatre filles, il n'en avait retenue aucune, prétextant ceci ou cela mollement, j'avais respecté.
-Et quoi ? Tu veux qu'on y aille seuls tous les deux ? Se moqua-t-il.
-Pourquoi pas.
J'étais on ne peut plus sérieux, mais moi, à cette époque, je pensais plus à y aller en tant que célibataires, amis l'un avec l'autre. Lui, il n'avait pas osé penser autre chose, parce qu'il savait qu'il était impossible que je pense à lui comme partenaire. Quelque part, il n'avait pas tort – même si la suite démontrera le contraire.
-Ç-Ça va pas dans ta tête ou quoi ? Fit-il avec un sourire. Je vais pas jouer ta copine, j'ai un peu de dignité quand même !
-T'es con, avais-je ri à mon tour. On pourrait y aller en célibataire, toi et moi. Pas de filles, pas de problèmes.
-Et tout le monde qui pensera que j'aurais écarté les jambes pour ça, fit-il avec un sourire moqueur.
-On passera une bonne soirée ensemble, le reste, on s'en fiche, avais-je conclu.
On s'était mutuellement hoché la tête en souriant, puis on était allé en cours rapidement, il avait eut l'air enchanté tout le reste de l'après-midi, mais je ne me doutais pas de la raison exacte de sa bonne humeur...


-Et puis le soir-même, tout le monde n'arrêtait pas de nous épier, dit Blaise vaguement, se souvenant des regards de tueurs de Tracey. On a passé la meilleure soirée de l'année, on avait bien déconné, et puis on avait trouvé l'endroit où les frères Weasley avaient planqué l'alcool, on avait pris une bouteille pour fêter ça... Et la fin de la soirée était mémorable aussi, la preuve : on avait bu comme des trous et on s'en souvient encore parfaitement. On s'était endormis l'un sur l'autre après s'être foutu de la gueule de Dray, et de la tête qu'il avait tirée en nous voyant collé l'un à l'autre toute la soirée...
Le regard de la psychomage se fit un peu indécis. Elle n'avait pas très envie d'intervenir dans le récit de son client – puisqu'après tout, ça avait l'air de l'apaiser de parler de ça. Il était moins énervé et agité qu'avant, déjà. Mais les deux heures s'étaient déjà écoulées, et son prochain rendez-vous devait attendre.
-Je suis désolée, mais il est l'heure.
-Ah ! Enfin ! Fit Blaise en se relevant. Je vais enfin aller retrouver ce con !
Blaise passa sa cape rapidement, lança un "à la semaine prochaine" à la psy, qui était un peu surprise de le voir de si bonne humeur. Bon, en fait, il était vraiment content de s'être souvenu de tout ça, et qu'il allait enfin retrouver son Théo, et vu comment il se sentait bien, le brun allait peut-être lui pardonner sa jalousie de la veille...


Voilà voilà ! La séance 2 est terminée !

RDV la semaine prochaine pour la 3 !

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A la semaine prochaine !