Hello à toutes et tous !
Voilàvoilà, la séance 4 est arrivée !
Avec un Draco Malfoy en premier plan – enfin presque !
Je vous souhaite une bonne lecture.
(Ah, au fait, contrairement à ce que j'avais dit au chapitre précédent, il y aura en tout et pout tout sept chapitres ! (et non pas huit avec bonus comme annoncé) désolée ^^')
Encore merci aux gens qui laissent un petit mot d'encouragement ou un commentaire !
Sur ce, bonne lecture !
Séance 4
Pour la première fois depuis qu'il avait commencé ses séances, Blaise accepta une tasse de thé.Bon, il y avait une très bonne raison à cela ;Théo était parti toute la semaine en Roumanie, pour couvrir l'événement qui agitait le monde sorcier – la naissance de deux magyars à pointe.
Du coup, même s'il lui envoyait pas mal de hibou, et passait presque tous les soirs la tête par la cheminée pour lui parler, Théo lui manquait atrocement. De toute façon, dès qu'il le sentait loin de lui, physiquement et mentalement, c'était toujours très difficile pour lui de gérer le sentiment d'abandon qui le prenait aux tripes, et c'était toujours Théo qui payait au final.
Dès qu'il rentrait, il avait droit à son petit manège, entre crises de jalousie qui finissaient en galipettes sauvages sous la couette – quel que soit son état de fatigue, ce qui était le réel problème du brun en réalité – puis la liste des reproches que Théo connaissait par cœur à force de l'entendre
(T'aurais pu rentrer quand même – j'aime pas ce mec, la façon dont il reluque ton cul – quoi ? T'as dormi avec ce mec ? Je vais le châtrer ! - De toute façon t'en a rien à foutre de moi, ça te gêne pas de pas me dire où tu vas et ce que tu trafiques avec tes connards – et la liste s'allongeait au fur et à mesure, en fonction du temps qu'il passait loin de lui).
Ça ne le dérangeait pas en soi, mais ce que ça sous-entendait, ça le ramenait toujours à la même pensée qui lui glaçait le cœur – tu me prends pour le même genre que mon père.
Ça, le brun avait du mal à l'accepter, mais il savait inutile la conversation avec Blaise, parce que de toute façon, ils finiraient par coucher ensemble sauvagement, sans réellement régler le problè il gardait ses commentaires pour Blaise ne soupçonnait rien, pour lui, c'était tout à fait normal d'agir de la sorte, après tout, il l'abandonnait pour traîner il-ne-savait-où avec il-ne-savait-qui, et faisant il-ne-savait-quoi pour passer le temps
-Bien, reprenons où nous en étions, fit la psy avec un air encourageant, voyant bien que Blaise n'avait pas dormi correctement depuis plusieurs jours.
Blaise soupira lassement, se replongeant dans ses pensées, un peu vagues, dû entre autres à sa mini-dépression dû au manque de Théo.
-Pff, souffla-t-il en se pinçant l'arête du nez, vous ne trouvez pas que j'ai l'air suffisamment mal comme ça ? On rentre dans la partie naze de l'histoire en plus... Mais puisqu'il le faut, alors on y va. On passe donc à la fin de la cinquième année, au moment où ça commençait à travailler, ses histoires de rapprochement... Bon pas chez lui, parce que c'est Monsieur Sans Libido, mais chez moi, parce que les histoires de coucheries de son père, ça m'avait fait penser que je n'avais encore jamais essayé avec un mec. Du coup, ça me travaillait. Mais hors de question de s'approcher de lui comme ça, surtout qu'il ne m'avait pas clairement dit s'il aimait les filles ou les mecs, et que je me voyais mal coucher avec lui alors qu'il dépendait entièrement de moi financièrement... C'était sans compter sur le tact et la retenue de ma mère, qui avait décidé de me prendre le chaudron avec la présence de Théo au Manoir cet été-là.
-Comment ça « il va passer l'été ici » ? Fit la vieille avec un air furieux, sifflant comme un serpent.
-Qu'est-ce que ça peut te faire, de toute façon, tu n'es pas là, fis-je avec un air détaché.
Elle vit rouge :
-Je peux encore changer mes plans, je te signalerais !
Elle commençait à s'énerver, ce qui était plutôt bon pour moi. Elle perdait si facilement les pédales quand il s'agissait de moi. Elle prit une voix plus dégoûtée :
-Je ne compte pas financer tes coucheries avec ce genre de...
-Mec ? Proposais-je avec insolance.
Je vis son visage de renfrogner. Elle n'avait sans doute pas prévu que je puisse tomber dans les filets d'un mec. Enfin façon de parler hein ! C'était juste que ça donnait l'air d'être le cas, c'est tout. Pour elle, de toute façon, j'étais parfait loin et silencieux. Qu'est-ce que ça pouvait lui faire que je passe l'été seul ou avec Théo, hein ?
-Tu sais très bien de quoi je parle, cracha-t-elle, non sans fusiller Théo d'un regard mauvais.
-Continuez de faire comme si je n'étais pas là, ça m'allait bien, dit-il sans lever les yeux de mon magazine.
-De toute façon, je ne vois pas ce que ça peut bien te faire qu'il soit là ou pas, repris-je, un peu plus nerveux, sachant qu'elle était en train de le blessé, même s'il ne le montrait pas. T'es en vacances avec ton gigolo toi aussi.
J'avais sans doute pas prévu qu'elle réagirait mal à ça.
Bon, pas que d'habitude elle réagissait franchement bien non plus, mais elle se maîtrisait habituellement. Là, elle s'était avancée vers moi – elle avait quasi la même taille que moi avec ses hauts talons compensés, mais n'en était pas plus impressionnante – puis elle m'avait giflé violemment.
J'avais à peine sourcillé – faut dire aussi qu'elle n'était pas vraiment très douée en matière de force physique. Je lui avais lancé un de ses regards froids et haineux dont on avait le secret, puis elle avait craqué. Elle était partie, en larme, dévastée par ce qu'elle avait fait. Je n'avais pas bien compris sa réaction – Théo m'avait suggéré que peut-être, j'avais été un tantinet trop loin dans mes reproches.
J'avais fini par me laisser tomber sur le canapé, sous le regard atterré de Théo. Ce n'était pas la première fois qu'elle pétait un chaudron, mais la première qu'elle le faisait devant témoin. Il avait eut l'air de s'en vouloir atrocement, je n'avais pas résisté longtemps, je l'avais attiré contre moi, et j'avais logé ma tête dans son cou.
-Je... Je crois que je vais...
-Tu bouges tes fesses d'ici, et je te jure que je t'enferme dans cave, coupais-je avec intransigeance. Elle va se casser ce soir, on sera tranquille après.
-Elle a raison, assena-t-il dramatiquement.
-On ne baise pas non ? Alors elle a tort.
Il avait gardé un silence, avant de perdre sa main sur ma nuque, qu'il caressa doucement. Je me sentais atrocement bien, là. J'aurais dû me méfier, à ce moment-là aussi. J'étais à demi-endormis, bercer par ses caresses et sa respiration, sa douce odeur orangée me ravissait les narines.
-L'année prochaine, je serais majeur, dit-il doucement, à un moment, ce qui me réveilla brusquement. Oh ? Tu dormais ? Pardon. Je voulais pas te réveiller.
-C'est bon, grognais-je en remuant légèrement. C'est quoi cette soudaine prise de conscience ?
-R-Rien, juste que... Je... Je pensais pas finir ma dernière année à Poudlard.
-Quoi ? Avais-je fait gravement, me relevant suffisamment pour que mes yeux soient braqués dans les siens.
Il avait l'air très mal à l'aise, mais on ne pouvait plus sérieux. Il comptait quoi ? Abandonner la septième année, pour faire quoi ? Finir comme son père ?
-Tu y as pensé, avoue, dit-il avec les yeux dans le vague. T'as pensé que j'allais faire pareil que lui.
-Et tu veux que je pense quoi d'autre ? J'avais grondé. Jamais de ta vie tu vas arrêter là. Je te traînerais de force.
Sur le moment, je ne m'étais pas rendu compte de notre proximité physique. Parce qu'il était en dessous de moi, que j'étais au-dessus de lui, que de l'extérieur ça donnait la furieuse impression que j'étais en train de passer aux choses sérieuses.
Et bien évidemment, comme à son habitude, Salazar avait crû drôle de faire rentrer ma mère dans la pièce à cet instant précisément. Elle s'était figée, moi, je n'avais pas fait attention à elle, du moins avant qu'elle ne se mette à soupirer lassement. Théo avait bondi pour essayer de m'éloigner, mais on avait constaté tous les deux qu'il n'avait pas assez de force pour me faire bouger d'un millimètre.
-J'ai raté un truc dans ton éducation, soupira-t-elle en se laissant tomber sur un fauteuil dramatiquement.
Je m'étais relevé avec un horrible sentiment. J'avais très envie qu'elle disparaisse à tout jamais, et que Théo soit enchaîné à moi jusqu'à la fin de ma vie.
-Tu as manqué d'un exemple paternel, dit-elle, sachant pertinemment que si elle allait sur ce terrain-là, je n'allais pas tenir bien longtemps avant de m'énerver. C'est vrai, si tu avais eut un père, tu aurais su faire la différence entre une vraie femme et un gigolo...
-Si t'avais été fichue de le garder près de toi, fis-je durement, laissant ma main traîner sur la cuisse de Théo.
Il était gêné, mais elle, elle avait tué l'endroit du regard. Ma main s'approcha de son entre-jambe, je le vis tenter de ne pas hurler en me frappant, alors que j'affichais un immense sourire plein de dents à ma mère.
-Tu es cruel avec moi, Blaise.
-Et toi, tu me prends la tête, ma chère maman, chantonnais-je en caressant sa cuisse avec mon pouce, alors qu'il s'était tendu légèrement. Qu'est-ce que ça peut te faire que ce soit Théo que j'allume, ou une fille ? Au moins, il ne risque pas d'avoir un gosse. Pas comme toi.
Elle s'était figée dans sa fureur, j'avais atteint le point sensible, et je le savais. Théo ne comprenait pas, sans doute, mais il ne repoussa pas ma main et garda un silence de plomb. Elle finit par se lever, m'annonçant que j'avais de quoi faire à Gringotts, pour l'année à venir, et qu'elle ne voulait plus me voir d'ici là. J'avais simplement souri en la voyant s'éloigner. Être libéré de cette horrible harpie était assez tranquillisant.
Dès qu'elle fut partie, Théo repoussa ma main nerveusement, me lançant un regard noir :
-Te servir de moi c'est déjà limite, mais si en plus c'est pour faire du mal à ta mère, c'est vraiment pathétique !
-Tais-toi, coupais-je en l'empêchant de se relever avec ma main sur son torse.
Il avait de suite compris que j'étais très énervé, mais il ne comprit en revanche pas pourquoi je l'étais autant. Parce que je ne lui avais jamais vraiment parlé de ma mère, des personnes qu'elle était réellement et prétendait être, et encore moins de mon père. Je crois même que je le lui aie jamais dit son nom.
Je sentais son cœur battre trop vite, il n'avait pas peur, mais presque. Est-ce qu'il pensait que j'allais lui faire du mal ? Non, il n'avait pas peur de la violence, il savait se défendre. En revanche, je savais qu'il avait peur que je le mette dehors. Que je le laisse seul. Qu'il doive retourner chez son père. Qu'il lui fasse faire des choses avec Marcus.
-Tais-toi, répétais-je un peu plus doucement, relâchant la pression. Juste tais-toi...
Son cœur battait toujours fort, son souffle était plus court, ses yeux cherchaient quelque chose dans les miens. Je l'avais attiré dans mes bras doucement, il s'était laissé faire. J'avais sa tête dans mon cou, ma main perdue dans ses cheveux, respirant l'odeur fruitée de son shampooing – il n'y avait que lui pour oser porter un shampooing aussi féminin. Mais je l'adorais sur lui.
-B-Blaise, souffla-t-il avec la voix un peu troublée.
-Je t'ai dit de te taire merde, grondais-je avec un air douloureux.
Ce qui l'avait mis dans un tel état, c'était de constater que j'étais en train de pleurer. Ça ne m'arrivait jamais. Enfin, avant, quand j'étais petit, mais c'était la première fois depuis mes huit ans, que je pleurais de la sorte. Bon, ce n'étaient que quelques larmes, et un souffle plus court, mais c'était bien là. Et devant lui en plus. Je me sentais un peu étrange, pas triste ou déprimé, j'avais l'impression d'être anesthésié de l'intérieur. Je sentis son corps bouger. Je pensais qu'il allait s'en aller, claqué la porte, face à ma soudaine faiblesse, parce qu'il ne voulait pas la voir – ma mère avait été clair depuis tout petit, un garçon ne pleurait pas, et ne minaudait pas, surtout pas devant quelqu'un d'autre.
Mais il ne le fit pas. Non. Cet idiot avait passé sa jambe sur moi, et avait réfugié ma tête entre ses bras, sa joue caressant la mienne doucement. J'avais laissé mes mains traîner sur ses hanches naturellement – j'aurais dû me poser des questions là aussi, je sais !
On était resté un nombre incalculable de temps dans cette position, bien après que j'ai arrêté de pleurer, bien après qu'on ait entendu les talons compensés de la vieille marteler le sol violemment puis la porte d'entrée claquer à en faire trembler les murs.
Au bout d'un moment, il avait dû se rendre compte que j'avais arrêté de pleurer – et qu'on était dans une position louche aussi, parce qu'il s'était un peu éloigné de moi, et avait plongé ses yeux rougis dans les miens. J'avais essuyé une larme qui peinait à finir sa course sur sa joue, il avait lâché un faible sourire, un peu gêné :
-Tu... Tu devrais te trouver une fille... Pour cette nuit... Pour te réconforter... Avait-il reniflé en admirant le parquet. J-Je dormirait sur le canapé...
J'avais simplement attiré ses hanches vers mon ventre, il s'était naturellement réfugié dans mes bras – il m'avait avoué, quelques années après, qu'il s'attendait vraiment à ce que je le culbute sur le canapé violemment si je ne me trouvais pas une fille rapidement pour le faire, mais la réalité, c'était que je me retenais de le faire de toute la force que je pouvais.
-Ne fais pas gaffe à ses airs de mère aimante, avais-je confié avec une voix rauque. Elle n'aime qu'elle. (Je marquai un temps d'arrêt, hésitant à confier ça à quelqu'un, surtout à lui :), elle l'a rencontré dans un bar miteux du centre-ville de Londres. Il était là pour affaire, il parcourait le monde pour récupérer des trucs rares, comme le venin d'accromentule, il se faisait des belles marges sur ses ventes, en plus des millions qu'il avait déjà de ses ancêtres. Ma mère, elle faisait le service dans le bar depuis trois-quatre jours. Elle a renversé sa bierraubeurre sur son costard hors de prix. Elle a tout de suite compris comment profiter de la situation, elle a joué de son charme, ils ont couché dans les toilettes après la fin de son service. (il s'était un peu mieux caler contre mon cou, j'avais pensé qu'il allait s'éloigner pendant une seconde, mais celle d'après, j'avais eut l'impression qu'il voulait se fondre en moi encore plus qu'il ne l'était déjà.). Ils ont passé la nuit à le faire dans sa chambre d'hôtel cinq étoiles, entre champagne et caviar. Ils ont gardé contact, dès qu'il passait à Londres, il lui envoyait un hibou, ils couchaient, il lui donnait du fric pour qu'elle n'ait pas besoin de travailler jusqu'à sa prochaine visite... Au bout de quelques semaines, elle est tombée enceinte – elle a de suite vu le moyen d'en avoir plus, te morfond pas pour elle, elle l'avait cherché. Sauf que mon père, quand il l'a su, il l'a de suite jetée. Elle a menacer de faire un scandale, comme elle était mineure, et que la réputation de la famille valait plus. Tout ça. Il s'est laissé faire quand il a su que j'étais un garçon. Ils se sont mariés, il a pas arrêté ses histoires pour autant. Il avait une fille dans chaque ville qu'il visitait, quand ma mère l'a su, elle a décidé de le tuer... Avec un poison hyper-rare, que mon père gardait au cas où il rentrerait bredouille un jour – c'était d'une ironie d'ailleurs. Ce n'était pas prévu que je me lève, entre-temps, du coup, je l'ai vu s'effondrer sous mes yeux. Elle n'a rien fait pour m'empêcher de le voir, elle m'a même forcé à toucher son corps mort, et à l'aider à enterrer le corps dans le jardin. Comme ils étaient mariés, elle avait les droits sur tout, elle a fait croire à tout le monde qu'il nous avait abandonné – et tout le monde le pense encore. (J'avais senti ma gorge se nouer en repensant à ça, ses doigts effleuraient ma nuque tendrement). Après dix ans sans nouvelles, ils l'ont déclarée veuve. Entre-temps, elle se faisait visiter par pas mal de mecs, des vieux, des jeunes, mais tous riches. Elle couchait avec eux sur la petite terrasse au sud, au moins une fois, juste parce qu'il est enterré dessous.
J'avais senti son corps sursauté légèrement, j'avais serré mes bras plus forts, je n'avais vraiment pas envie qu'il me voie à ce moment-là. Il n'avait pas opposé de franches résistances, et j'en étais content.
-Attendez ! Coupa la psy. Vous vous rendez compte de la gravité de ce que vous me dites ?
-Calmez-vous, vous pensez bien qu'on a prévenu les autorités compétentes... D'ailleurs si je lui avais pas raconté tout ça, il serait encore en dessous de sa terrasse... Mais ça se n'est pas très important.
-Légèrement !
-Bon, vous m'avez demandé de faire court non ? Alors on continue... On a passé l'été tranquillement au Manoir, pas de vague, une fille de temps en temps, quand il faisait semblant d'avoir mal à la tête pour ne pas sortir en ville. Tout allait bien, y avait un équilibre parfait, sauf que bien entendu, il a fallu qu'un sale blondinet prétentieux mette son grain de sel là-dedans, dès la rentrée – bon personnellement, comme on ne m'a rien dit avant le nouvel an, c'était la grosse claque le premier janvier. … Mais revenons en septembre. Pas mal de travail, deux cours où on était ensemble, l'équipe de Quidditch pour moi, et lui, bizarrement, le nez dans ses bouquins... Malfoy préfet, et membre de la Brigade Inquisitoriale – dont je démens formellement avoir fait parti un jour !
Je regardais Théo admirer son reflet dans le miroir avec un air choqué. Il ne s'était encore jamais montré coquet de la sorte – bon concernant ses cheveux, il vérifie qu'ils sont suffisamment en l'air et emmêlés les uns avec les autres, j'aime bien, ça lui donne un air sauvage, mais passons ! Il avait un sourire un peu étrange, très léger, mais que je voyais tout de même. Dès qu'il entra dans la chambre, il se figea dans une expression semblable à celle que j'avais quand j'étais gamin, et prit en flagrant délit de bêtise. Il fit comme si de rien n'était – très très mal comme toujours – et attrapa un bouquin sur son lit sans me regarder.
-Et tu vas où, comme ça ? Demandais-je négligemment, avant qu'il ne se fige nerveusement.
-R-Ramener ce bouquin, bredouilla-t-il en me montrant le livre au-dessus de son épaule.
-Oh, tu vois ça, susurrais-je, c'est celui que tu as emprunté tout à l'heure, non ?
Il me tournait le dos, mais j'avais deviné son expression tout seul.
-Oh... Euh... Non, non pas du tout ! Oh et puis qu'est-ce que ça peut te faire ?
-Oh, trois fois rien, juste que je t'ai demandé de me le prendre pour mon devoir de la semaine prochaine.
-Ah. Bon. Ben je le laisse là alors.
Il posa le livre sur le sol, et se dirigea prudemment vers la porte :
-Ce qui me dit pas où tu vas, cinglais-je en me levant.
Il soupira, avant de se tourner vers moi, un air coupable sur ses traits, mais il se reprit dès qu'il vit mon petit air de jaloux.
-Et alors ? Fit-il avec insolence. J'ai bien le droit de faire un tour sans avoir ton autorisation !
-J'aime pas bien que tu me caches des trucs comme ça, sifflais-je. C'est moi ou t'as sorti le grand jeu ?
(Il avait effectivement passé le costume que je lui avais acheté cet été, en prévision du mariage que ma mère avait annoncé pour le début de l'année, un très classe, qui mettait son corps en valeur, en plus d'une dose massive de parfum qui me faisait tourner la tête).
-N-Non, pas plus que d'habitude, fit-il avec un trouble palpable. Je veux juste le porter avant le mariage, pour m'habituer.
-C'est ça, fis-je froidement, ce qui attira son regard noir – vous savez, celui où il vaut mieux dire les bonnes choses pour éviter l'apocalypse.
-Et quoi ? Gronda-t-il. Je t'appartiens pas à ce que je sache, j'ai pas besoin de ton autorisation pour sortir, et t'as pas à savoir ce que je fais, et avec qui.
(Et là, j'aurais probablement dû me taire, parce que même en y repensant, j'ai les poils qui se dressent de terreur).
-Jusqu'à preuve du contraire, c'est moi qui t'ai payé ton costard, dis-je avec un ton qu'il prit très très mal.
Il prit la chose comme un poing dans l'estomac, il avait eut un air de démon déchaîné, furieux et haineux. Il s'était approché de moi, j'avais senti mon estomac faire un bond, et mes sens se réveiller, parce qu'entre-temps, j'avais repensé à ce qu'il avait fait à Marcus, et que je m'attendais à recevoir à peu près la même chose.
-Tu vas calmer tes ardeurs Zabini, siffla-t-il froidement. Parce que je te jure que je ne vais pas me laisser marcher dessus par tes sales manies de gosse de riche. Tu passes ton temps à coucher à droite à gauche, je n'ai jamais rien dit là-dessus, alors que franchement, je trouve ça pathétique. Alors toi, tu vas être gentil, et me laisser avoir mes propres relations de mon côté, compris ?
-R-Relation ? Toi ?
Qu'on soit d'accord de suite, j'avais dit ça uniquement parce qu'il ne parlait jamais de ça, et que franchement, il le disait lui-même, ça ne l'intéressait pas du tout. Sauf que là, lui, il avait tout de suite senti la teinte « tu fais comme ton père quoi » dans ma voix – mais il le fait toujours aujourd'hui, bien qu'on ait réglé le problème des centaines de fois.
-Oui, moi ! Explosa-t-il. Qu'est-ce que ça peut bien faire, hein ? J'ai le droit d'avoir des rendez-vous, de sortir avec des gens, et même de coucher avec si je veux ! Je suis pas ton chien à ce que je sache !
-Non mais je–
-Ferme-là ! Trancha-t-il dans un hurlement furieux, qui, je l'avoue, me cloua sur place. T'as juste à la fermer, compris ?! Et si t'es pas content, j'irai supplié Draco pour qu'il me donne du fric, en lui disant que môssieur Zabini à décréter que j'avais pas le droit de le voir !
-Malfoy ?! Criais-je, outré, alors qu'il se décomposait sous mes yeux.
-M-merde, murmura-t-il. Ça va, épargne moi ce regard ! Je te l'ai dit, y a un truc entre moi et Draco, depuis toujours, et là, il a besoin de moi !
-Et toi tu vas l'aider avec ton cul, forcément !
Il fut foudroyé par mes paroles, et mon regard. Je ne me rendis compte de ce que j'avais dit que quelques minutes après son départ – mais notre dispute avait continué encore un peu :
-Je t'interdis d'aller voir Malfoy ! Continuais-je – pensant réellement que j'allais l'en empêcher comme ç crois pas qu'il t'a déjà assez fait la misère comme ça ? En plus, il faut qu'il t'ai sous lui ?
En moins d'une seconde, j'avais vu son visage changer du tout au tout, et j'avais senti sa main s'abattre sur ma joue avec toute la violence qu'avait ce genre de geste. C'était bien loin de la baffe que ma mère m'avait donnée l'été dernier, là, j'avais la joue rougie et gonflée toute la soirée, et encore un peu le lendemain. Sous la force du coup, et aussi parce qu'il m'avait déséquilibré avec sa jambe, j'étais au sol. Il me regardait avec la haine et la rage dans les veines, je m'attendais vraiment à ce que ça aille loin dans l'escalade de la violence. Il cachait bien sa force sous ses airs frêle et son calme apparent...
-T'es qu'un pauvre con, cria-t-il hargneusement, me regardant comme s'il allait me tuer. Tu vaux pas mieux que les autres finalement ! Tu peux juste crever !
-Et tu crois qu'il vaut mieux, Malfoy ? Il va te baiser et te jeter dans la minute !
-Ça, c'est toi qui le dis ! Ça fait deux mois qu'on se fréquente, et pas le moindre incident !
Bon là, j'avoue que je m'en suis beaucoup voulu de ne rien avoir vu.
–Draco me ferait jamais de mal ! Pas comme certaines autres petites crevures qui pensent que je leur appartiens, comme toi !
-C'est ça ! Dans quelque temps, tu vas revenir la queue entre les jambes, parce qu'il t'aura jeté comme une merde ! Ne compte pas sur moi quand tu t'en rendras compte !
Et, alors que je m'attendais à encore recevoir un coup, il était parti en claquant la porte violemment.
-Ce n'est pas comme si je savais depuis le début que t'allais te débarrasser de moi dès que je t'amuserais plus, avait-il craché avant de sortir.
J'étais complètement sous le choc, de la facilité avec laquelle il m'avait maîtrisé, de sa réaction, de sa haine, mais surtout de ses paroles. Je venais de percuter ce que je lui avais dit, et je ne pouvais pas m'empêcher de vouloir me flageller publiquement pour avoir laissé les choses dégénérer à ce point. Je n'avais pas pensé une seule seconde que j'allais le perdre en voulant le protéger de Draco – il agissait bizarrement depuis le début de l'année, si vous voyez ce que je veux dire, il était à cran, et pas à prendre avec une baguette. J'avais vraiment peur que ce con s'en prenne à Théo physiquement, bien qu'il sache donner des coups plutôt violents. Je caressais ma joue douloureusement, il ne m'avait pas raté en plus...
-Excusez-moi, mais vous avez penser à éventuellement suivre une thérapie de couple, vous et votre ami ? Fit la psy, interrompant Blaise dans ses paroles brusquement.
-Ben non ! On n'a pas besoin de ça !
-E-Excusez moi, ria la psy – plus un rire nerveux qu'un vrai rire à vrai dire. Mais vous allez tout de même un peu loin dans les tensions non ?
-Bon, là, peut être, mais c'était la seule et unique fois où on a levé la main l'un sur l'autre, fit Blaise avec un air neutre. Croyez-moi, une baffe de sa part, une fois ça suffit pour comprendre comment ça fonctionne... Je me demande comment Marcus à fait pour avoir des gosses après son coup d'ailleurs, parce que ce n'était pas le premier en plus ! Bon, ça expliquerait qu'ils soient aussi moches, ses pauvres gosses. Ne dites jamais à Théo que j'ai dit ça, sinon je sens qu'on va se battre à nouveau... Bon, où j'en étais moi ? … Ah ouais, la dispute. Du coup, il s'est installé chez Draco, comme il avait sa chambre de préfet, ils étaient tranquilles. Il traînait avec lui, comme ils avaient plus de cours en commun que moi. Il faisait exprès de pas me calculer, et moi, j'essayais de pas exploser en cours de route. Du coup, ma copine de l'époque, elle en prenait pour son grade. Me regardez pas comme ça, elle aimait ça aussi ! Oui donc, presque trois mois de guerre froide (Salazar, mais comment ais-je fait pour tenir aussi longtemps ?), ce qui nous amène en mai de l'année. Vers la moitié du mois, il me semble... Bon, ce n'est pas compliqué, une semaine avant la mort d'Albus Dumbledore – vous voyez l'implication de Draco dans les affaires louches, ben, je l'avais senti quand même ! Bon bref, la veille de l'attaque, où il a fini par disparaître, Théo est revenu dans notre chambre, et dans un sale état...
J'étais en train de dégrafé le soutien-gorge de ma nouvelle copine – j'ai un problème avec leurs noms, je m'en souviens pas du tout de celle-là... Enfin bref. J'avais ma langue dans le fond de sa gorge, et ma main à proximité d'un tout autre fond. J'avais commencé à devenir dur légèrement – comment ça que je saute les détails ? Mais c'est le plus croustillant ! … Bon si vous voulez, j'allais déshabiller la fille, lorsque la porte s'était ouverte.
Machinalement, j'avais regardé en direction, m'attendant à voir Goyle ou Crabb avec une tête d'abruti finit, mais j'avais de suite déchanté... C'était Théo. Et dans quel état. Il avait le pantalon ouvert, couvert de tâches suspectes – vous savez très bien à quoi elles ressemblaient, avouez ! Comment ça « harcèlement sexuel » ?! Bon bref, on reprend – il avait la chemise de travers déchirée par endroit, couverte de sang et de sueur, le visage couvert de sang, d'écorchures et de bleus. Il avait les mains tremblantes, l'air hébété, choqué, comme s'il avait vu la mort se foutre de sa gueule à l'instant. Il tituba, boitant comme pas possible, jusque dans la chambre, ferma la porte et s'adossa derrière. Il était tellement sous le choc qu'il m'avait à peine vu arriver vers lui. J'avais tenté de le toucher, mais il avait, par réflexe, tordu mon bras beaucoup trop facilement.
-Arrête ça ! Putain t'es con, je veux juste t'aider ! Avais-je hurlé, entre deux cris douloureux.
Il avait relâché son étreinte au moment où la blonde que je comptais me faire s'était approché de lui en lui criant d'arrêter. Il avait eut un mouvement de recul, dans le coin de la porte, prostré sur lui-même, ne comprenant visiblement pas ce qu'il se passait autour de lui.
J'avais mis la fille dehors sans ménagement, il me semble que je l'avait traité de quelque chose que moi-même j'avais trouvé choquant, avant de m'approcher prudemment de Théo. Il me lança un regard perdu, appréhendant sans doute ce que j'allais dire ou faire.
Il avait le nez en sang, la lèvre fendue sur le côté droit, des bleus sur les bras et le torse, les yeux rougis et paniqués. Je ne savais pas trop ce que je devais faire pour apaiser les tensions qui l'agitaient – j'avais surtout peur qu'il m'en mette plein la tronche si je l'approchait trop brusquement.
-Viens, avais-je soufflé doucement en lui tendant la main.
Un peu ailleurs, il l'avait pris, mais je crois qu'il était incapable de comprendre ce qu'il se passait autour de lui pour juger si c'était une bonne ou une mauvaise chose. Je l'avais mené à la salle de bains, je n'étais pas très sûr qu'il ne réagisse pas très mal au fait que je le déshabille. L'eau coulait dans la baignoire afin qu'il prenne un bain bien chaud – à la vue de tout ce sang, je me voyait mal éponger tout ça avec des mouchoirs.
Il se laissa faire, le regard vague, j'avais dévoilé son torse sans qu'il ne dise rien – couvert de sang également, un hématome de la taille de mon poing dans le bas du ventre qui devait faire atrocement mal, des bleus ça et là, des traces de griffures profondes, cicatrisés ou non, heureusement pas de plaie béante.
Du coup, je me demandais d'où venait tout ce sang, et s'il n'avait pas fait une connerie irréparable (ou pas loin), avant que je ne me rende compte que c'étaient de ses mains que le sang s'écoulait. Il avait une sorte de plaie de quelques centimètres sur l'avant-bras gauche, qui avait dû coaguler suffisamment pour ne plus saigner abondamment.
J'avais fait de même avec son jean, à ma grande surprise, il m'avait pris dans ses bras, en proie à une crise de larme terrible – à cet instant précis, il était redevenu un peu conscient. J'étais resté là quelques minutes, ne sachant quoi faire et quoi dire, puis je lui avais chuchoté de prendre un bon bain pour nettoyer tout ça.
Il s'était laissé faire, en silence, le regard fuyant. J'avais attendu une minute ou deux avant de commencer à rincer son corps plein de sang, je l'avais entendu soupirer, de douleur sans doute, puis à un moment, il avait pris brusquement mon gant de toilette pour se nettoyer lui-même :
-T'es d'un brusque, grogna-t-il.
-Désolé, fis-je, un peu pitoyablement. Q-Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Il s'était figé, se replongeant désagréablement dans ses souvenirs, qui avaient l'air douloureux. J'avais entrepris de nettoyer ses cheveux, histoire de le détendre, de faire comme si j'étais détaché, que je ne ressentais pas l'envie de tuer la personne qui l'avait mise dans cet état.
-T'avais raison, finit-il par lâcher, comme si ça lui avait arraché la bouche de l'avouer. Pour Malfoy, tu avais raison.
Je sentis mon cœur s'arrêter brusquement, mon sang se glacer d'un coup. J'avais dû faire quelque chose avec mes mains, parce qu'il s'était soudainement tendu.
-Qu'est-ce que cette crevure t'as fait ? Grondais-je avec la ferme intention de prendre ma baguette pour lui régler son compte.
-R-Rien, rien, assura-t-il avec une voix aiguë. Il a... Il a la marque...
Je sentais d'un coup la pression tomber sur mes épaules. Tellement, que je dus m'asseoir sur le rebord de la baignoire.
-M-Mon mec est... Est un mangemort, gémit-il en ramenant ses genoux sous son menton. Il a la Marque merde ! Et moi, je n'ai rien vu ! J'ai rien vu merde ! … Il me l'a cachée jusqu'à ce soir. Je te jure je me sens tellement con.
-A-Attend... C'est quoi ce sang ? Et tes bleus ?
Il tourna ses yeux bleus frustrés et rougit vers moi :
-Tu crois que j'ai réagi sagement, peut-être ? Fit-il. O-On s'est disputés, ça a un peu dégénéré. On s'est battu, c'est tout... Il a essayé de m'expliquer... Comment tu peux essayer d'expliquer ça ? … Du coup, je... Putain Blaise... J'en ai fait de la charpie, arrête de me regarder comme ça !
-Pa-Pardon, c'est juste que... Le sang, ce n'est pas ma came. Surtout si c'est le tien...
-C'est bon, j'ai pas aussi mal que ça, t'en fait pas pour moi, dit-il gravement en regardant son avant-bras. Il voulait que... Que je la fasse aussi... La Marque.
J'avais, sous le choc, crû que j'avais tourné de l'œil.
Théo. La Marque. Théo un mangemort. Mais oui. J'y croyais – c'était sarcastique. Évidemment. Il ne pouvait déjà pas supporter que je lui donne un ordre, et supportais difficilement ceux de son père, comment est-ce qu'il accepterait ceux de vous-savez-qui ? Enfin bref, la question n'était pas là pour l'instant...
J'avais repris mon shampooing comme si de rien n'était, j'avais senti qu'il craquait à nouveau, je ne savais pas s'il allait mal prendre le fait que je le touche alors qu'il était nu dans la baignoire. C'était la seule chose qui m'était venue à l'idée ; continuer mon shampooing.
Au bout de quelques minutes, débarrassé du sang, il enfila une serviette sur ses frêles épaules et s'enroula dedans. Ses cheveux mouillés gouttant devant ses yeux rougis et larmoyants. J'avais pris une serviette pour les sécher - je n'avais pas envie qu'il attrape la mort en prime. Il avait la tête baissée, alors que je frottais ses cheveux à travers la serviette.
-J'ai été con, gémit-il pitoyablement. Mais tellement con... C'est toi qui avais raison... C'était juste pour la baise, et rien d'autre...
Sa voix s'était brisée à la fin de sa phrase, j'avais pas pu m'empêcher de me baisser vers lui, et de prendre son visage dans mes mains, pour coller son front au mien. Il pleurait à chaudes larmes, je sentais mes yeux me piquer également, mais je devais tenir le coup. Je devais être fort pour supporter sa peine avec lui.
Après quelques minutes, j'avais pris de quoi désinfecter ses plaies. Parfois, il frissonnait, je trouvais ça trop mignon – je me gagatise de plus en plus, notez l'information ! J'avais ensuite entrepris de bander son avant-bras, ma main entrant en contact avec sa peau de temps à autre.
-I-Il t'a fait du mal ? Avais-je demandé en tentant d'être le plus doux possible, et ayant peur de la réponse, au vu des griffures – certaines de mes copines avait cette furieuse tendance à griffer pendant l'acte.
Il avait regardé ce que je regardais, lesdites griffures, avant de hausser les épaules avec un air dégagé :
-Je ne les sens pas de toute façon, souffla-t-il en me lançant un regard un peu étrange.
-Ça répond pas à la question, sifflais-je gravement. Un mot et je le châtre sur place... I-Il n'a pas... Abusé de toi ? Même un peu ?
Il rit franchement, un joli sourire qui illumina son visage :
-T'es vraiment con parfois Zab' ! Tu crois quoi ? Que je suis une pauvre petite chose incapable de se défendre ?
J'avais lâché un grognement en fermant son bandage avec douceur. Je me doutais bien qu'il savait se défendre, mais une part de moi ne pouvait pas s'empêcher d'imaginer ce connard de Draco Malfoy en train de lui faire du mal, et de le forcer à faire des choses.
-... Ça te rassurerait si je te disais que ce n'était pas moi qui étais actif ? Fit-il avec une petite lueur coquine dans le fond des yeux.
-Pardon ? J'avais fait, sous le choc, ce qui l'avait fait franchement rire à nouveau – je le redis parce que quand il fait ça, j'ai l'impression de savoir exactement que je l'aime à en crever.
Il avait alors braqué ses yeux rieurs dans les miens, cet air rassurant sur ses traits :
-Zab', j'aurais jamais accepté que Draco me domine ! Jamais ! C'est trop facile sinon...
-Mais du coup, tu... Tu... Enfin, je veux dire tu...
Il leva un sourcil perplexe, ne voyant pas où je voulais en venir très exactement. J'avais un peu peur de le dire, j'avais peur de la réponse, j'avais surtout peur qu'il le prenne mal.
-Je suis gay, dit-il simplement avec un léger sourire, il serait temps que tu percutes.
Je n'avais pas réellement réagi, j'avais encore au fond de moi le vieux cliché qu'un mec aimait une fille, et sortait avec éventuellement, malgré que je sois de plus en plus attiré par Théo physiquement parlant. Je ne sais pas trop comment il avait interprète mon silence, il n'avait pas de réelles réactions sur son visage, rien dans ses yeux.
-J-J'avais juste envie de... Chuchota-t-il doucement, après une minute ou deux de silence. Avec tes satanées histoires de coucheries je... J'avais envie de... D'essayer...
Il avait l'air un peu honteux, je m'étais demandé si sa gêne était vis-à-vis de moi, ou vis-à-vis de Draco, ou vis-à-vis du fait qu'il avait envie de sexe.
Je sentais comme un malaise entre lui et la chose, et avec ce qu'il avait laissé entendre quelque temps après – son père recevait des clients chez eux depuis qu'il était tout petit, il entendait tout de sa chambre, et parfois, quand il allait chercher sa came, il payait avec son corps, en l'emmenant avec lui. Ça ne le dérangeait pas de se faire prendre devant son fils. Ça avait duré jusqu'à ce qu'il arrive chez les Malfoy. Alors je comprenais presque qu'il ait honte de ça... Honte de ressentir du plaisir. Même honte d'y penser.
Surtout que Draco était son ami le plus ancien – enfin "ami", vous voyez, parce qu'un vrai ami, ça fait pas des coups de putes pareil ! Mais là, ce n'est pas vraiment nécessaire à la compréhension du reste, donc on va passer à la suite.
-... Et c'était putaindement bon de le voir comme ça, fit-il avec un petit air sadiquo-mutin, qui m'avait fait sourire.
Oui, parce que je ne vous ai pas raconté la partie où Draco est passé d'un connard d'hétéro à la manque – qui valait pas mieux que moi, comme disait Théo – au mec capable de se soumettre totalement à lui, physiquement et psychologiquement.
Sa dernière copine en date, c'était Pansy Parkinson, juste pour que vous constatiez les dégâts que cette goule peut causer...
Bon bref, Théo m'a raconté comment il l'avait pris dans tous les sens et dans tous les endroits possibles. Il avait l'air à la fois fier et honteux de tout ça, moi, ça m'avait fait doucement rire de l'imaginer comme ça, soumis par un Théo qui le faisait hurler d'un plaisir interdit...
Blaise admirait le plafond, avant de tourner son regard vers la psy, qui n'avait rien dit depuis un bon moment. Il la trouva absorber par ses paroles, comme si elle les buvait, et il rigola intérieurement.
Elle s'est prise au jeu finalement, petite coquine va, pensa-t-il.
-Bon, hé bien, je crois qu'il est l'heure, dit Blaise en se relevant, un léger sourire sadique sur ses lèves.
-Quoi ! Fit la psy en regardant sa montre. Merlin ! Ça fait déjà un quart d'heure que j'aurais dû prendre mon patient suivant !
Blaise avait simplement fait un immense sourire plein de dents – un de ceux qui agaçait Théo au plus haut point, songea-t-il vaguement.
-Hé bien, on dirait qu'on se prend au jeu, nota le patient en remettant sa cape. Je vous réserve la suite, bon, je vais raccourcir au maximum, on va passer les passages chauds et tout le reste.
-Ah non ! Gronda la psy. Vous m'avez pris la tête avec votre histoire depuis le début, alors vous allez m'y mettre les détails ! Et potassez bien tout ça !
Blaise haussa les épaules avec un sourire moqueur, avant de se retrouver dans la rue, un peu largué, se souvenant que Théo ne rentrait que le lendemain soir. Il avait une furieuse envie de le prendre dans ses bras – ce qui finissait toujours par dégénérer à « prendre » tout court finalement.
Repenser à la période où il s'était donné à Malfoy le rendait très jaloux...Et l'angoissait terriblement aussi.
Et puis en plus, le blond était parti avec Théo en Roumanie, pour ce fichu événement. Je devrais faire une scène pour cette haute trahison quand il reviendra, songea-t-il, d'une humeur passablement maussade.
Et c'est ainsi que s'achève la Séance 4... Rdv mardi prochain pour la séance 5 !
