Hello à toutes et tous !
La séance 5 est arrivée ! Ça commence à devenir tiède dans le coin... D'ailleurs on tire sur la fin, encore deux chapitres pour être précise... Mais en attendant je vous laisse lire celle-là !
Bonne lecture !
Séance 5
La Psychomage avait attendu la séance de Blaise Zabini avec un impatience quasi-incontrôlable – ça lui faisait mal de l'avouer, mais la manière qu'avait Blaise de conter l'histoire était on ne pouvait plus prenante. Elle nota de lui faire part de ses conclusions sur cela aussi, d'ailleurs. Mais après tout, l'homme travaillait sur les images des plus hauts postes du Ministère – la non-confiance qu'avaient les sorciers en leur Ministère avait toujours la dent dure, même presque dix ans après la chute de Lord Voldemort... Et puis Blaise était plus que doué pour ça. Sans doute un lien de cause à effet, songea la psy, tentant de trouver une excuse pour sa fascination de l'histoire que lui contait son client. Elle vit Blaise la saluer, s'installer sur le canapé – qu'il trouvait de plus en plus confortable, soit dit en passant – avec un grand sourire satisfait :
-Vous, vous allez être fière de moi, dit-il en servant deux tasses de thé, sous le regard surpris de sa psy. Quand il est rentré, la semaine passée, je n'ai pas fait de crise de jalousie qui se finit sous la couette. Ou moi sur le canapé pendant la semaine.
-Ah bon ? Souffla la femme, impressionnée. Vous faites des progrès fulgurants !
-Ouais, il a dit pareil, souffla Blaise vaguement, se souvenant de la fellation que Théo lui avait faite pour avoir évité la crise – et aussi fêter leurs retrouvailles, il fallait le dire. Ce qui me fait venir à la suite, je pense que j'ai trouvé ce qu'il voulait que je trouve. C'est vrai, je me sens bien mieux, bon, c'est vrai que j'ai ruminé quelques jours pour me décider à me retenir ou pas, mais je pense que j'ai trouvé le truc. Donc du coup, je pense que je vais arrêter nos petites séances. Mine de rien, c'est la crise au Ministère, avec ses histoires de coucheries et de pots-de-vin dans le bureau des Aurors – sous le nez de Potter, vous y croyez à ça ?
-C-Comment ça ? Dit la psy. Vous n'allez pas vous arrêter en si bon chemin ?
-Vous savez quand même que pendant que je suis ici à vous raconter ma vie, j'ai une tonne et demi de problèmes à régler qui se rajoute à chaque heure...? Non parce que les mecs du Ministère, ils ne sont pas débrouillards pour un gallion... Mais comme vous avez l'air déprimé, je vais finir ma petite histoire au moins. Reprenons donc où nous en étions... Ah ouais, la veille de la mort de Dumbledore – s'il n'était pas mort et si ce n'était pas Draco qui avait été impliqué, je ne suis pas persuadé qu'on aurait été aussi rapides dans la suite des événements...
(-... Et c'était putaindement bon de le voir comme ça, fit-il avec un petit air sadique, qui m'avait fait sourire.
Théo m'a raconté comment il l'avait pris dans tous les sens et dans tous les endroits possibles. Il avait l'air à la fois fier et honteux de tout ça, moi ça m'avait fait doucement rire de l'imaginer comme ça. )
Quand il eut fini, il avait une petite pointe d'appréhension dans les yeux. Il avait eut un rire gêné en croisant mon regard, j'avais joué avec ses cheveux doucement pour le rassurer. Je sentais le désir monter en moi dangereusement, de l'écouter parler, et de le voir à demi-nu – oui souvenez-vous, on sort de la salle de bains, et il ne s'est pas encore rhabillé... Comment ça comment il est ? Ben parfaitement parfait ! Non mais vous êtes sûre que vous avez le droit de demander ça à vos patients ? Vous devriez consulter un psy vous ! Bon bref, reprenons. Il était là, à demi-nu, et forcément, moi, j'étais un peu émoustillé de l'imaginer en train de faire vous-savez-quoi avec Malfoy... Sans compter que j'étais déjà un peu travaillé par ses histoires depuis quelque temps déjà. Et il m'avait atrocement manqué pendant ses trois mois. Enfin bref, il m'avait pas encore grillé, mais ça ne saurait tarder...
Après quelques secondes, il s'était couvert avec un drap – il avait soit disant froid, alors que franchement, on est peut-être sous le lac, mais on a une chaleur très agréable toute l'année, je suis persuadé qu'on a même moins besoin de chauffer que ses idiots de Serdaigles et Gryffondors, dans leurs tours pourries !
-Pas la peine de mentir, avais-je fait en me levant de son lit. Et pas la peine de te couvrir non plus, j'aime bien ton corps.
Il m'avait regardé avec des culs de chaudrons à la place des yeux, rouge de honte – je l'avais grillé bien sec sur ce coup-là ! Bon j'avoue, j'ai pensé qu'il avait grillé mon érection, aussi, mais non en fait.
-D-Désolé, souffla-t-il, c'est juste que... J'ai pas l'habitude, et ça a tendance à me... M'exciter.
Là, ce fut à mon tour d'avoir des culs de chaudrons à la place des yeux. Il m'avait assuré que ça n'avait rien à voir avec moi, que ça aurait pu être n'importe qui, ça l'aurait tout autant excité – d'ailleurs vous aller pouvoir m'éclairer, parce que l'exhibition, c'est son truc préféré au lit, et franchement, vu comme il est pudique, j'ai du mal à comprendre la logique là-dedans.
-Ah... Parce que tu...
Je le vis prendre son visage dans ses mains avec gêne, rouge de honte et très mal à l'aise :
-C-C'est juste que je... J'aime bien la main dans les cheveux... Ça me rend un peu fou... Mais je te jure que ça n'a rien à voir avec toi ! Tu dois me prendre pour un pervers !
Sur le coup, j'avais été vraiment très excité, de le voir comme ça – et il en abuse aujourd'hui ce con... De le savoir aussi gêné, ça m'avait rendu complètement fou. J'aurais jamais imaginé qu'il puisse être à ce point frustré, que Malfoy puisse le débrider à ce point, et j'étais animé d'une jalousie sans borne qu'il ait eut droit à ça et pas moi.
-Tu m'excites aussi, avais-je dit en me tournant vers lui.
Son regard tomba sur mon entre-jambe, une bosse trahissant mon excitation, il me regarda ensuite dans les yeux sans oser comprendre. Je m'étais assis à ses côtés, je crois que j'avais jamais été aussi fébrile qu'en cet instant – même pas ma première fois, pour dire ! J'avais nerveusement passé ma main sur ma nuque, ses yeux me détaillant avec un air atterré.
-Et ça a voir avec toi, avais-je murmuré, pour qu'il soit sûr que je ne bandais pas par principe, ou à cause de ma copine que j'avais fichue dehors...
Il avait ouvert de grands yeux surpris au possible, alors que j'osais à peine respirer :
-Pardon ? Avait-il fait, sous le choc, cherchant la moindre trace de rigolade chez moi, jusqu'à ce qu'il ne se mette à rire : je savais que t'était un obsédé, mais à ce point...
-Je déconne pas, avais-je tranché en le fusillant d'un regard noir, et excité – il parait que j'ai un truc dans les yeux quand j'atteins la limite. Tu m'excites... Et pas qu'un peu.
Il m'avait regardé avec trouble, ne comprenant pas le gouffre qui séparait le Blaise qu'il avait quitté il y a trois mois, et le Blaise qu'il avait devant lui – forcément, il n'avait pas été là !
-B-Blaise... T-Tu es sûr que tu vas bien ? T'as fumé les champignons de Greg ?
-Non, t'es con ! Avais-je rigolé. Quoiqu'il doit lui en resté... C'est juste que... Hé, mais attends ! T'es un escroc ! Tu bandes aussi !
Il avait brusquement rougi, mais ne se démonta pas le moins du monde :
-Moi, je suis gay, pauvre idiot ! C'est toi l'hétéro excité par deux-trois histoires !
-Pas que les histoires. C'est toi et ta sale tronche que t'as donnés à voir à Malfoy qui me rende fou.
Il avait baissé le regard, son érection se faisait de plus en plus dure – ça sur le coup, je ne le savais pas, mais après quelque temps, j'avais fini par le connaître par cœur. J'avais approché ma main, doucement et fébrilement, de sa cuisse, me demandant si j'allais me retrouver au sol comme trois mois tantôt, ou s'il allait se laisser faire. Je posa ma main sur sa cuisse, hormis un soupir gêné et ses joues rougies, rien de bien méchant – quoique parfois il est méchant quand il est très excité, vous pouvez regarder l'état de mon torse de nos retrouvailles de la semaine passée ! Comment ça "harcèlement sexuel" ? Encore ? Bon bref... J'avais ma main sur sa cuisse, la serviette entre nos deux peaux, je commençais à la caresser avec mon pouce, puis la main entière, que je rapprochais de plus en plus de son entre-jambe. À un moment, il mit sa main sur la mienne, stoppant le geste sans me repousser :
-S-Si tu continues, je ne vais pas pouvoir le supporter, dit-il avec une voix assombrie par le désir qui brûlait en lui – moi, j'avais souris simplement. Blaise... Je vais pas te laisser me prendre si facilement, qu'on soit clair là-dessus.
-J'en ai rien à foutre, avais-je soufflé en cherchant son épaule pour la mordre légèrement. Mets-moi si tu veux.
-T-T'es complètement fou, gémit-il douloureusement. Tu sais ce que ça veut dire au moins... ? Je ne pourrais pas faire ça...
-Tu l'as fait avec Malfoy.
-Ouais, mais lui, il le méritait, souffla-t-il en baladant sa main sur ma cuisse. Je ne peux pas... Je ne peux pas te laisser me monter dessus... T'iras voir tes filles pour ça...
-J'ai jamais sucé, tu m'excuses la maladresse, avais-je soufflé en me mettant à genoux devant lui.
Il me regarda sans oser comprendre, il était mal à l'aise, honteux, complètement incapable de se contrôler. J'avais lancé un regard mutin, approchant mon visage de son entre-jambe, toujours couvert.
-A-Arrête... Arrête ça ! Avait-il supplié. Je veux pas que tu me voies comme ça... C'est trop la honte...
-La honte de quoi ? C'est moi qui te la suce... Détends-toi.
Il avait gémi de gêne en balançant sa tête en arrière, il n'avait jamais plus jamais pu résister aussi longtemps après ça.
-T'es complètement fou... Entendis-je soupirer.
J'avais massé son entre-jambe doucement, son souffle se fit un peu plus court, sa main vint se perdre dans ses cheveux nerveusement, alors que sa lèvre était mutilée par ses dents. J'avais ôté la serviette rapidement, il s'était crispé, mais quelques caresses sur l'intérieur de ses cuisses l'avait détendu légèrement. Je l'avais fait écarter les jambes, regardant son sexe un peu durci avec appréhension. En fait, jusqu'à présent, j' m'étais laissé porté par ce qu'il me venait, depuis toujours. Mais là, d'un coup, les choses ne venaient pas si facilement que ça... J'étais pour la première fois en face d'un sexe d'homme qui n'était pas le mien. Comment j'étais censé faire pour lui donner du plaisir ? Est-ce que j'allais être maladroit ? Bon, ça forcément, je n'allais pas être un dieu de la fellation dès la première... Mais je me demandais s'il allait réussir à prendre le moindre plaisir. S'il allait se lâcher. Et comment je devais gérer ça, moi ? Est-ce que je devais avaler ? Ou pas ? Bref, j'étais totalement largué, mais j'avais trop de fierté pour lui demander de me rassurer sur ce genre de trucs.
J'avais pris sa verge dans les mains, il avait bougé ses hanches nerveusement, j'avais pensé m'y être mal pris sur le coup.
-C-Continue, gémit-il, presque suppliant.
J'avais fait des va-et-viens, un peu hésitants au début, mais j'avais vite pris confiance en moi en l'entendant soupirer. Il se durcit de plus en plus, puis j'avais approché mes lèvres de son gland – je dois avouer que j'en dois une à la fille qui m'a fait ma première fellation, parce que je m'en étais largement inspiré. Il avait étouffé un cri surpris quand j'avais léché timidement son prépuce. Bon, ça n'avait rien exceptionnel en soit, mais comme c'était lui, forcément, ce n'était pas pareil. J'avais léché un peu partout, essayant de trouver le courage d'aller plus loin, me demandant si je m'y prenais bien ou non – je vous jure que ça faisait bizarre de se poser ses questions, surtout quand on se les était jamais posées !
Bon bref, j'avais fini par prendre son gland dans ma bouche, pour jouer avec ma langue, ce qui le fit plutôt bien réagir. J'avais commencé à aller de plus en plus loin, pompant avec retenue – vous attendez pas à ce que je sois à l'aise de suite non plus !
À un moment, il s'était relevé, rougit, excité, les yeux assombris par l'envie qu'il avait d'aller beaucoup plus loin, sans oser me brusquer pour autant.
-A-Aaah, avait-il gémi en passant sa main sur ma nuque.
J'avais senti quelque chose me pousser à le prendre entier dans ma bouche – il avait démenti toute tentative pour que je le fasse, mais je l'avais tout de même fait.
J'étais là, à genoux, en train de faire une fellation (vraiment naze en plus), à mon Théo, je sentais mes envies se réveiller, j'avais accéléré de plus en plus, l'entendant perdre de plus en plus pied. À un moment, il m'avait violemment interrompu, je n'avais pas de suite compris – j'avais pensé que c'était vraiment trop nul, puis il était venu dans un mouchoir qu'il avait à la main, donnant des coups avec son autre main en se retenant de gémir de plaisir.
-M-merde, gémit-il en regardant le plafond. J'en ai mis partout...
-C'est bon, je vais m'en charger, avais-je susurré avec un air mutin.
Je savais, par expérience, que c'était bien excitant de voir son partenaire lécher le fruit de ses efforts. Enfin du moins moi, j'aimais ça. Ça avait eut l'air de lui plaire aussi, de sentir ma langue sur sa peau, léchant les traces de spermes et les avalant par la suite.
-T'es complètement con, gémit-il avec trouble, ses yeux plantés dans les miens.
Ils étaient agités, ses beaux yeux bleus, parce qu'il était encore excité, parce qu'il était troublé, parce qu'il était gêné.
-À partir de tout de suite, j'interdis l'accès à toute personne qui n'est pas moi, avais-je susurré à son oreille en remontant sur lui.
J'avais laissé sortir toute ma jalousie et ma possessivité dans ses quelques mots, il avait simplement soupiré, me laissant explorer son corps avec mes mains et ma bouche. On avait passé une bonne partie de la nuit sans aller plus loin que se toucher comme ça, il faut dire que moi, je n'étais pas très à l'aise avec l'idée qu'il me prenne tout de suite. Et je m'interdisais toute pensée visant à le prendre lui. Il avait été clair là-dessus de toute façon...
-Et c'était bien la première fois que je passais la nuit avec quelqu'un sans que ça finisse aussi chastement que ça... Enfin, je veux dire, sans pénétration sauvage lendemain, on apprenait la mort de Dumbledore, je vous jure qu'il avait été dévasté pendant pas mal de temps, on n'a jamais trop compris pourquoi d'ailleurs. Ce n'était pas comme s'il faisait de la lèche à la Potter à Dumbledore non plus ! Bon bref, on a passé le reste de l'année à explorer les joies du sexe homo à deux. Il me laissait aller voir des filles – parce que dès que je finissais avec lui, j'avais très envie de prendre les choses en main. On n'avait pas encore passé le stade-là, parce qu'il dépendait toujours de moi pour les trois-quarts de sa vie, et surtout la partie financière – et pour ne rien arrangé, le fait que j'aille voir des filles le rendait nerveux aussi, parce qu'il pensait ne pas être assez bon pour me satisfaire pleinement. Il pensait que je faisais ça uniquement par jalousie et possession envers lui – bon, j'avoue, c'est vrai – et pas par réelle envie – là, je démens formellement. C'était le serpent qui se mordait la queue, vous voyez ? D'un côté, j'avais de plus en plus de mal à me contenir, mais de l'autre, il ne voulait pas céder par fierté.
Blaise regarda la Psychomage, qui attendait visiblement la suite, l'œil brillant et le souffle un peu plus court que d'habitude. Il sourit.
-Bon, bref, tout ça nous mène à la rentrée de la septième année. C'était tendu à Poudlard, avec les Carrows en particulier. Je ne sais pas pourquoi, mais ils avaient Théo dans le nez, et ça m'inquiétait plus que de raison ses histoires... Et un jour, j'avais atterri à l'infirmerie, à cause d'un entraînement qui avait mal tourné...
Je regardais devant moi avec un air à la fois agacé et impatient. Ça faisait trois heures que j'étais réveillé, il allait être midi, j'avais mal un peu partout, et j'attendais Théo depuis une heure.
Ça ne lui ressemblait pas d'être en retard comme ça... Mais alors pas du tout. J'étais en train de littéralement bouillir de rage et d'inquiétude, jusqu'à ce qu'il n'entre dans l'infirmerie, un mec ensanglanter et quasi-inconscient sur le dos. Pomfresh se précipita vers eux, à grands cris paniqués. Elle fit allonger le mec inconscient – il me disait vaguement quelque chose, lui retira sa chemise, laissant voir des plaies béantes et saignantes. Il était pâle, complètement dans le vague, mais se bornait à tenir la main de Théo fermement dans la sienne. Lui, il était choqué et nerveux, couvert de sang – j'ai prié Salazar et Merlin tellement fort pour que ça ne soit pas le sien...
À un moment, le garçon s'était mit à convulser, Pomfresh donna ce qu'elle pu avec sa baguette, Théo était sur le point de vomir ses tripes. Au bout d'un quart d'heure, il fut stabilisé suffisamment pour que Théo puisse s'asseoir. Mac Go était entré en trombe, était devenue livide en voyant le mec à demi-mort et le sang sur Théo et Pomfresh.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Fit-elle avec incompréhension, horreur, la voix un peu trop aiguë, alternant son regard entre Théo et Pomfresh.
-Je ne sais pas, fit Pomfresh avec un ton sec en désinfectant les plaies du demi-mort. Il a été amené ici dans cet état.
Mac Go tourna son regard de gorgone vers Théo, qui se figea dans une expression horrifiée. Il était couvert de sang, ahuri, perdu entre l'air qu'il donnait et ce qu'il n'arrivait pas a expliquer...
-Je... Je passais juste... Souffla Théo avec horreur, son regard tombant sur le garçon inconscient qu'il avait porté sur lui. Dans le couloir... J'allais chercher... Un truc... Il a déboulé de nuls parts et je... Je savais pas quoi faire... y'avais du sang partout... J-J'ai paniqué, je savais plus rien, alors je... je lai amené ici...
Mac Go sembla le croire, bien qu'elle mit une seconde avant de le faire. C'était de notoriété publique qu'elle était nerveuse face aux Serpentards, et avait tendance à fortement m'énerver avec ça d'ailleurs. Il était venu s'asseoir près de moi après quelques secondes, l'air hébété.
-Il va me tuer, dit-il fébrilement, son regard apeuré plongé dans le mien. Il va me tuer...
-Q-Qui ça ? Avais-je fait, la peur tenant mon ventre.
J'étais prêt à sauter de mon lit, baguette à la main, pour aller lui faire bouffer son acte de naissance par les racines, mais il se contenta de se coucher dans mes bras doucement. Il n'avait jamais répondu à ma question, ce qui m'avait plus angoissé que l'angoisse elle-même. J'imaginais Draco ou son père, je ne voyais pas qui il avait pu contrarier depuis les trois jours où j'étais alité là – et quelque part, j'espérais qu'il n'avait contrarié personne.
-En fait le gars qu'il avait sauvé, c'était Finnigan. Vous le connaissez peut-être, il est Auror maintenant. J'aimerais bien qu'il soit mouillé dans cette affaire de corruption, mais Théo m'a assuré que non, la vie est mal faite, vous ne trouvez pas ?
-Vous êtes un peu dur tout de même...
-Oh croyez-moi, il le mérite ! Gronda Blaise en croisant les bras, un air contrarié sur ses traits. Il avait fait exploser je-ne-sais-quelle-salle-de-cours, celle où on avait les cours d'Étude des Moldus, avec Amycus Carrow dedans, deux jours avant. Forcément, on parle d'explosion, on pense Finnigan ! Mère ou fils d'ailleurs, mais ça, c'est une autre histoire ! Donc, le Carrow s'est lâché niveau punition. Encore quelques minutes et il était mort, vidé de son sang... Il avait bien mis un mois à se remettre, et il a toujours des tonnes de cicatrices partout, mais Théo lui avait sauvé la vie. Vous connaissez les gryffis, toujours si pompeusement reconnaissant... Quoique là, j'avais été content de pouvoir jouer avec lui – dans la suite de mon histoire ! … Sauf qu'en sauvant la vie de Finnigan, c'est la sienne que Théo à mit en danger...
J'avançais derrière Théo en mode espionnage. Oui. Depuis l'événement Finnigan, il ne voulait plus qu'on soit vu ensemble. Il savait mordre quand il le fallait, et il mordait fort, je n'aurais pas dû m'inquiéter pour lui, mais au fond, je ne pouvais pas m'en empêcher. Je ne savais pas qui lui en voulait, ni quand c'était dangereux pour lui, j'étais à cran. On se disputait sans arrêt, parce que je ne supportais pas qu'il m'écarte de la sorte, soit disant pour ma sécurité, comme si moi, j'avais besoin qu'on me protège en plus !
Je vis alors passer Amycus Carrow, qui plaqua Théo sur un mur sans ménagement. J'avais retenu mon envie de lui sauter à la gorge, j'étais littéralement pétrifié parce que je voyais, et la perspective que Théo allait me passer à la moulinette pour l'avoir suivi...
-Alors Nott, on fait du zèle ? Avait-il susurré, suffisamment fort pour que j'entende, sa baguette juste au niveau de sa trachée, le forçant à légèrement levé la tête. Tu croyais quoi ? Que j'allais passer le fait que tu sauves les fesses de Finnigan ? (Il approcha ses lèvres des siennes dangereusement, je sentais mon cœur battre de haine :), et en plus, si je me souviens bien, ton vieux me doit pas mal de thune...
-Tu devrais aller voir avec lui, gronda Théo. Entre Flint et Yaxley, il doit bien avoir le temps de s'occuper de la tienne...
J'entendis Théo pousser un gémissement douloureux, je n'avais pas bien vu ce qu'il lui avait fait, mais la rage bouillonnait dans les veines de Carrow.
-C'est ça, tu vas moins rigoler quand tu l'auras au fond de la gorge... Et c'est pas le fils Zabini qui va s'occuper de te sauver les fesses... Paraît que t'as plus ses faveurs, non ?
Mon sang ne fit qu'un tour. J'avais vu sa main descendre vers son entre-jambe, et toucher l'endroit avec un ricanement moqueur. Entravé, Théo avait essayé de le repousser, en vain.
-Si j'étais toi, j'éviterais de toucher au jouet des autres, surtout si c'est le mien, fis-je froidement, ma baguette en dessous de son menton. Ça serait dommage que j'envoie ma vieille crier au scandale dans les douces oreilles de ta sœur...
Il relâcha sa baguette, avant de s'éloigner, non sans lancer un regard noir à Théo. J'avais tenu la tête du mec pas content, jusqu'à ce qu'il disparaisse, puis d'un coup, je m'étais totalement affaissé, parce que j'allais me faire hurler dessus par Théo – vous la sentez bien l'évolution de la chose, à présent ?
Mais alors que je m'attendais à ce qu'il me frappe et me hurle après, il sauta dans mes bras en pleurant toutes les larmes de son corps. J'avais accusé le choc – je venais à peine de sortir de l'infirmerie, et mes côtes me faisaient un mal de chien malgré les potions. J'avais refermé mes bras sur lui doucement, laissant une de mes mains traîner dans ses cheveux négligemment. Je m'étais alors juré que jamais personne ne s'en prendrait à lui. Plus jamais. Plus jamais personne ne le contrariait, verbalement, physiquement, même d'un simple regard.
Un silence se fit dans la salle. Blaise cherchait ses mots, enfin plutôt la prochaine partie à raconter. En fait non, il essayait simplement de ne pas montrer à quel point il était chamboulé de repenser à tout ça. Il avait réellement plus que peur de perdre Théo, à cette époque, et le jeune homme semblait se borner à vouloir s'éloigner de lui de plus en plus
-... Vous continuez sur votre lancée ? Demanda la psy prudemment.
Blaise garda un silence pendant une longue minute, remettant de l'ordre dans ses idées pour la suite de l'histoire. Il s'éclaircit la gorge.
-Enfin, où en étais-je ? Ah oui... Du coup, Finnigan à l'infirmerie, il y est resté un un mois. Durant lesquels j'étais allé le voir. Je lui avais fait jurer sur tout ce qu'il avait de plus cher que s'il avait l'occasion de mettre Théo à l'abri, il le ferait, au péril de sa propre vie. Il avait accepté, reconnaissance Gryffondor, appelez ça comme vous voulez. Ça a son importance pour la suite, vous allez voir. On attendait donc patiemment la fin de l'année, Amycus n'avait pas osé s'approcher de Théo ou de moi – j'avais bien bluffé en le menaçant de faire intervenir la vieille, elle faisait peur à au moins quelqu'un, et c'était la personne qui m'arrangeait. Ce qui nous amène au premier mai, la veille de la bataille de Poudlard...
Je regardais dans le couloir derrière moi, histoire de vérifier que je n'étais pas suivi, puis j'avais fait le petit rituel pour faire apparaître la Salle sur Demande. À l'intérieur, il y avait quelques élèves, dont Théo. Oui. J'avais réussi à le convaincre – à grand cri et à grand coup de menace de mort certes - de se réfugier ici, le temps que tout se tasse un peu dehors. L'ambiance était lourde et pesante, les tensions étaient vives, et ses deux idiots de Crabb et Goyle avaient une attitude qui ne laissait présager rien de bon. Je sentais qu'un truc se préparait, et bien que je n'avais pas de preuve, j'avais mit Théo à l'abri. Seamus était à ses côtés, il se remettait encore, mais allait quand même beaucoup mieux visiblement. J'avais apporter de quoi les revigorer – bonbons, alcool, jeu de cartes, quelques livres, des potions diverses (les elfes se chargeait du reste). Théo avait réussi à me convaincre de jouer les kamikazes en les aidant, ses imbéciles – il m'avait menacé de le faire lui-même, avec Amycus traînant dans les couloirs, je n'avais pas réfléchi plus d'une demi-seconde.
À peine avais-je franchi la porte que Théo était venu à ma rencontre. Il m'avait fait un sourire timide, je devais sentir le mec qui n'avait pas dormi et qui supportait mal son état... J'avais juste ouvert un bras, il s'était réfugié dedans lentement.
-Dis-moi que tu vas bien, gémit-il à mon oreille.
-Je bouffe du lion tous les soirs. T'inquiète pas pour moi.
J'avais senti qu'il s'éloignait de moi – il m'avait avoué qu'à cet instant, il avait sincèrement pensé que je disais ça pour lui reprocher de ne pas être là pour me satisfaire, je ne l'avais pas entendu comme ça, et je n'avais pas vu son air désespérément détruit de l'intérieur. Je lui avais donné mon sac, il était parti vers Londubat pour le vider.
Moi, je m'étais approché de Seamus pour m'occuper de ses blessures. Il se trouvait que j'avais pas mal étudié les sorts de soin, et ce qui s'en suivait, dans l'idée de soigner Théo si jamais on avait un problème...
-Co-comment tu vas ? Demanda Seamus, pendant que je vérifiais ses bandages, après dix secondes à me regarder comme un con.
-Ça va, soufflais-je avec réserve – ce n'était pas que je ne l'appréciais pas, c'était juste que c'était entièrement de sa faute si Amycus en avait après Théo.
-Tu m'en veux encore ? Soupira t-il douloureusement – avec lui pas la peine de me montrer doux et prévenant.
-Même mort je t'en voudrais encore, grognais-je.
-Aïe ! Cria-t-il, alors que j'arrachais un bandage violemment. Aaaah ! Mais ça va pas ou quoi ?!
Mon sourire narquois lui fit voir rouge, mais j'avais continué mes soins sans faire attention à lui. Et son regard de tueur. Et celui de Théo.
-Tu l'aimes vraiment hein ? Chuchota-t-il en réprimant un cri douloureux.
-Raconte pas n'importe quoi, avais-je grogné une fois la surprise passée, je l'aime pas. J'aime personne moi.
-Ouais, moi non plus. (Son ton était moqueur, avant de devenir plus lointainement triste :), Dean me manque atrocement... Si ça se trouve, il est mort, et je ne le sais même pas. T'as de la chance de l'avoir près de toi.
-C'est ça, on voit que c'est pas toi qui ne peux pas le chahuter dès que t'en a besoin, maugréais-je avant de prendre une voix plus moqueuse ; quoique toi, tu le toucheras jamais, donc dans le fond si...
Il avait rigolé franchement, avant d'émettre un nouveau gémissement douloureux quand j'avais appliqué la potion sur son bras.
-Oublie pas ce qu'on a convenu, avais-je soufflé avec un air grave, alors qu'il hochait la tête péniblement.
J'avais fini rapidement, Seamus n'avait rien dit de plus, il s'était contenté de me lancer un regard mystérieux, puis j'avais retrouvé Théo. Je ne pouvais pas rester trop longtemps, j'étais sûr que Crabb et Goyle surveillait mes allées et venues. J'avais tenté de lui dire au revoir, mais il m'avait plus ou moins ignoré, prétextant avoir un truc à voir avec Londubat en urgence. J'avais récupéré mon sac, un peu chamboulé, je sentais qu'un truc n'allait pas tarder à arriver.
J'étais tranquillement assis dans la Salle Commune de Serpentard, à lire un livre – enfin à faire semblant de lire en me martelant la tête sur l'attitude étrange de Théo tout à l'heure. Je ne comprenais pas sa soudaine distance, était-ce à cause de moi ? Ou de quelqu'un d'autre ? Ça faisait trois semaines qu'ils étaient enfermés 24h/24 dans cette maudite Salle sur Demande, une dizaine de personnes, dont Finnigan et Londubat. Avait-il craqué ? Peut-être qu'il s'était découvert une passion commune avec un de ses deux idiots. Ou un autre. Je sentais mon estomac être plus que mécontent de ça. Qu'est-ce que je deviendrais, moi, s'il avait quelqu'un dans sa vie ? S'il n'était plus avec moi tout le temps, avec qui est-ce que j'allais déconner ?
Plongé dans mes pensées, je n'entendis pas Slughorn arriver en trombe dans la Salle Commune tout de suite. Ce fut les chuchotements et les regards qui s'étaient tournés vers lui qui m'avait alerté. Il semblait essoufflé, pâle comme une licorne au clair de lune, complètement paniqué. Et là je su. Je su que quelque chose de terrible était en train de se passer. Et Théo était loin de moi. (certes, en sécurité).
Il avait fait tout un scandale pour que nous nous tenions correctement pendant que nous évacuions, j'avais Crabb et Goyle sur mes talons, l'air aussi paniqué, quoiqu'une pointe de résolution se dégageait légèrement d'eux. Je me promis de les surveiller, ses deux-là – ce que j'avais fini par lamentablement échouer, bien heureusement.
Le discours et l'évacuation me rendirent nerveux. Je voyais tous les élèves quitter la pièce, alors que moi, je ne pouvais me résoudre à laisser Théo dans le coin... Mais d'un autre côté, je n'étais pas suicidaire au point de me battre, dans quel camp que ce soit – ne me regardez pas comme ça, on le sait depuis le début que je suis un pauvre con ! Enfin bref. La main sur ma baguette, j'avais le choix le plus difficile à faire de toute ma vie (du moins pour l'instant).
Partir au risque de ne plus revoir Théo, rester au péril de ma propre vie, sans pour autant être sûr de le trouver... Tel était le dilemme qui agitait mon corps tout entier.
Enfin, pas que ça, le fait que je savais que Draco était un mangemort, que Crabb et Goyle étaient plus que nerveux, qu'on allait au-devant de gros ennuis – et franchement, quel genre de fou suicidaire donnerait un gringalet de même pas dix-huit ans comme Potter gagnant face à Voldemort ? Pas moi déjà. C'est pour la suite que je vous dis ça, parce que ce qui animait la flamme dans mon esprit si embrouillé, ce n'était pas d'aider Potter à vaincre ou qui que ce soit à rester en vie, mais bien de retrouver Théo, et de me barrer fissa avec lui sous le bras. Comprenez bien ça.
Je savais, par la force de Godric Gryffondor – je vais me laver la bouche, ne bougez pas – que Finnigan avait empêché Théo de se mettre en danger, pas n'importe quel moyen possible. Mais ce n'était qu'une question de temps. Dans dix minutes, il serait peut-être dehors, voir mort – je ne vous ai pas encore parlé de son côté suicidaire et tête brûlée, parce que franchement, ça fait Gryffondor, et j'en ai honte à sa place...
J'avais fini par faire mon choix, passant devant Mac Go – qu'elle me voit ou non importani décidément très peu en ce doux moment de volupté éphémère... Bon d'accord, c'était surtout pour assurer mes arrières. Au cas où. Faut être prévoyant. Je m'étais figé dans une expression de stupeur, qui, aujourd'hui, d'après Seamus, aurait valu un "Oscar au festival de Cannes" - ne me demander pas d'expliquer ça, parce que ce sont des trucs de Moldus, et que moi, les Moldus, à part coucher avec, je n'en connaissait pas grand-chose.
Ce cher – connard – de Finnigan était devant moi, l'air paniqué et résolu à la fois. Il était venu vers moi, mais en voyant sa tête, j'avais de suite compris qu'il n'avait pas réussi à stopper Théo. En même temps, j'avais trop d'espoir qu'il réussisse, lui, il avait la force de sa carrure – pas des masses quoi. J'étais passé à côté de lui sans le calculer – drame Zabinien par excellence, me direz-vous. Puis j'avais, je ne sais pas trop dans quelle folie, décidé de le retrouver moi-même. À travers ce qui se préparait, l'idée même de mourir ne m'effleura pas le moins du monde, du moment que ça permettait à Théo de s'en sortir – non mais vous ne voyez pas l'évolution de la chose ? Moi, Blaise Zabini, le Grand, l'Illustre, près à mourir pour sauver les fesses d'un connard suicidaire ? Jamais de la vie, vous m'auriez fait avaler ça quelques années avant !
J'avais pitoyablement avancé à travers le château, entre gens qui m'attaquait – ou hésitait. Je me demandais bien pourquoi les mangemorts hésitaient autant à me canarder, je savais que j'étais à Serpentard, mais tout de même. Ça leur a pas réussi des masses, moi ça me défoulait. Et puis l'idée que qui que ce soit ait été à l'origine d'un bleu sur la peau de mon mec, ça me rendait fou.
À un moment, j'avais entendu une explosion, derrière moi. Je m'attendais à voir Finnigan, pour la blague, mais non. J'avais vu un des jumeaux Weasley tomber au sol, ce qui me fit prendre conscience d'un coup brusque supplémentaire que j'avais peu de chance de survie, moi aussi. J'avais continué ma route, de toute façon, il avait ses frères avec lui, et je ne doutais pas qu'il s'en sorte, tenace ce genre d'emmerdeurs – il n'a pas survécu, au final, et quelque part, je me suis senti un peu coupable, même si on m'avait dit qu'il était mort sur le coup, que personne n'avait rien pu faire.
Et puis finalement, après maintes prières à Merlin, j'étais enfin parvenu à le retrouver. Bon, vous allez me dire, vous l'attendiez, celle-là, mais sincèrement, si je ne l'avais pas fait, il serait mort, alors réjouissez-vous !
J'avais vu une carrure que je connaissais, tenue de mangemort, en face de lui – de dos, lui ne m'avait pas vu – je connaissais cette personne. Petite carrure, frêle, une voix grave, qui s'adressait à Théo :
-Va t-en d'ici tout de suite ! Avait-elle hurlé – du moins ce que j'avais compris dans la cohue.
-Mais t'es pas sérieux là ! Cria Théo. Qu'est-ce que tu as encore foutu pour en arriver là ? T'es juste con ou tu aimes ça ?
J'avais vu la silhouette encapuchonnée lever la main rapidement, et l'abattre sur sa joue violemment. Il avait vacillé sous le choc, et s'était retrouvé quasi à terre, alors que le mangemort s'apprêtait à recommencer. Je vous passe l'état de fureur dans lequel j'étais, je n'avais même pas levé ma baguette que j'entendais déjà un cri. J'avais lancé un sort sans m'en rendre compte, la silhouette était à terre en se tenant la tête.
-Dis-moi que t'as rien, fis-je en me précipitant vers Théo.
Il avait les yeux dans le vague, l'air perdu et apeuré, comme si d'un coup, il ne comprenait plus rien à rien. J'avais senti, par la suite, un truc violent me prendre tout le corps. C'était insupportable comme douleur. J'avais hurlé, tellement j'avais mal, alors que franchement, moi, je ne suis pas du genre à crier quand je me prend un Cognard dans les côtes.
J'avais dû m'effondrer au sol, parce que tout était un peu flou, la douleur cessa, puis elle revint, comme ça encore plusieurs fois. J'avais vaguement entendu Théo dire quelque chose – il m'avait dit qu'il l'avait supplié durant tout le long, mais j'avais un horripilant sifflement dans les oreilles à ce moment-là.
Alors que je m'attendais à reprendre ma lutte contre la douleur qui m'avait quitté une seconde, je ne la sentis plus. Plus du tout. En fait, je ne sentais plus rien. Pendant quelques dizaines de secondes, j'ai crû que j'étais mort. Et Théo aussi à crû que j'étais mort.
Au bout d'un laps de temps beaucoup trop long, j'avais réussi à me relever. Mon corps était douloureux, mon esprit embrouillé, mais il y a une chose que j'avais alors réussi à voir parfaitement :
Ma mère, vous savez, la vieille peau qui me hait autant que je la hais, se tenait devant moi, en plein combat avec... Son père. Oui, c'était son père que j'avais eut du mal à reconnaître, son père qui avait levé la main sur lui. Mais revenons-en à la vieille, qui avait son masque au sol, et semblait animée d'une fureur destructrice. Ils réglaient leurs comptes, visiblement, mais je ne compris pas bien ce qu'il se passait – Théo et moi avions déduis qu'un jour, leurs chemins s'étaient recroisés, et que ça avait visiblement mal fini. Est-ce que ça avait un lien avec les dernières vacances, celles où elle avait catégoriquement refusé de voir Théo chez nous ? On ne le saura sans doute jamais, mais on pense à ça.
Il me prit sur ses épaules – on avait toujours une tête et demi de différence, sans parler de la différence de poids et de carrure. Parfois, je me demande comment il a réussi à me traîner à l'abri.
-Dis-moi que t'as rien, gémit-il en prenant mon visage dans ses mains froides et tremblantes. Dis-moi que t'as rien...
-ça va, fis-je avec une voix rauque. Donne-moi deux minutes et je repars.
Il m'avait regardé gravement, semblant hésiter à faire quelque chose de grave. Il avait eut un sourire, un sourire que je n'ai vu que deux-trois fois dans ma vie ; un sourire doux de désespérer qui va droit au sacrifice pour le bien de tous. J'avais à peine eu le temps de dire "Quidditch" que je m'étais retrouvé enchaîner au mur par des chaînes anti-magie (celles dont Rusard à le secret). Je regardais sans comprendre, ses yeux inondés de larmes semblaient vouloir mourir que de me laisser là.
-Je suis désolé, mais je préfère de loin mourir en sachant que tu es en sécurité, avait-il assené entre des sanglots insupportables.
Il avait déposé ses lèvres mouillées de larmes sur les miennes, avant de me prendre dans ses bras une dernière fois :
-T'as intérêt à vivre, sinon je te tue, gémit-il en tentant de rire pitoyablement.
Il s'éloigna, je venais de comprendre pourquoi il m'avait enchaîné ici. D'un coup, un sentiment de rage et de frustration extrême prit possession de moi. J'avais hurlé, crié, je crois que c'est très bien qu'il ait oublié cette partie-là. Je m'étais débattu comme un beau diable, alors qu'il refermait la porte du cachot où on venait de se réfugier brutalement. Je venais juste de me rendre compte qu'il m'avait berné trop facilement, qu'il était retourné mettre sa vie en danger, sans moi pour le protéger. Pitoyable, enchaîné au fond e mon cachot, je jurai, sur tout ce que j'avais de plus cher, que quoiqu'il arrivait, ils allaient tous le payer s'il arrivait la moindre chose à mon Théo. Et moi le premier.
Blaise garda un silence de plomb, repensant à ses choses qui l'animaient, au fond de son cachot. Il venait de subir une rafale de sortilèges Doloris de la part du père de Théo, apprendre que sa mère était une mangemort, et se faire berner par son petit-ami bien trop facilement. Petit-ami qui était retourné dans la bataille, pour il-ne-savai-quelle-raison, sans doute se faire tuer.
-Les deux heures sont écoulées, nota-t-il. Je vais rentrer.
Il évita soigneusement son regard, il n'avait envie que d'une chose, retrouver Théo au plus vite et le serrer contre lui. Ses souvenirs étaient trop douloureux pour qu'il les affronte seul. Trop dur, trop tôt, trop seul.
-Il reste encore une demi-heure monsieur Zabini, fit la psy simplement.
-Passez-la à votre patient suivant, j'en ai rien à foutre, grogna-t-il en passant sa cape sur ses épaules.
La Psychomage le regarda avec des culs de chaudron à la place des yeux, tandis que son patient partait précipitamment, l'air toujours impérial dans sa démarche, malgré la tempête qui sommeillait en lui.
Voilàvoilà ! À la semaine prochaine pour la suite, l'avant dernière séance !
C'est quoi vos pronostiques de la fin, à part ça ?
Bonne semaine !
