Wilfre
L'odeur des bois était l'odeur préférée de Wilfre. Les feuilles humides, l'écorce des arbres humides, le sucre des nids de Coconfort, l'herbe fraîche... C'était vraiment dans les forêts que le Dresseur aux cheveux blancs se sentait le mieux. Ce sentiment de plénitude passait allègrement à ses Pokémons, actuellement occupés à s'amuser entre les arbres. Seize le Dardargnan voletait dans les branches, suivi par la Roucarnage Shae qui s'essayait au slalom, tandis que le joyeux couple Nidoran mâle et femelle Noé et Zacharie paraissaient dans un cercle de lumière non-filtré par l'épais feuillage. Seul Copernik, l'Alligatueur, restait en place, tranquillement allongé aux pieds d'un Wilfre à genoux.
« Hé, Coper', mets-toi sur le dos, je vais te mettre tes gouttes. »
Le crocodile bleu obéit sagemenent et riva son seul œil valide vers son Dresseur. Copernik avait l'apparence d'une grosse brute effrayante : un Alligatueur couvert de cicatrices fait forcément son affaire. Borgne d'un œil dont la paupière ne se fermerait plus jamais, la patte antérieure droite couverte d'une étrange cicatrice et des traces de griffes sur le torse, le mastoc bleu avait tout pour effrayer. Pourtant, il n'en était rien en vérité : c'était l'être le plus gentil et bon que Wilfre avait rencontré de toute sa vie. Copernik émit un soupir d'aise une fois que son Dresseur eût fini d'humidifier son œil blanc.
« Ça te dirait d'aller passer la nuit à Mauville, chez Albert ? Je suis sûr que ça ferait plaisir à Shae ! »
Pour toute réponse, l'Alligatueur grogna pour affirmer son refus catégorique. Wilfre soupira.
« Me dis pas que tu lui en veux encore pour sa déclaration ? … Oh, Copernik, vraiment... »
Une lueur bleutée entoura le pokémon, qui devint en moins d'une minute un humain nu comme un ver et de fine corpulence. Toujours couvert de cicatrices, il approchait la majorité – soit deux ans de moins que son Dresseur –, avait les cheveux bleus surmontés d'une crête rouge, un grand œil gris plein d'étoiles et des dents acérées. Il se jeta au cou du blandin et serra comme on serra une bouée de sauvetage.
« Mais tu es à moi !, dit-il de sa voix fluette. Je ne veux pas qu'on te tourne autour ! »
Seul un rire parvint à ses oreilles alors que Wilfre le rabattait par terre et l'embrassait fougueusement. Copernik passa ses jambes autour des hanches de l'humain, ondulant du bassin et gémissant contre les fines lèvres. Oubliés les pokémons et oublié l'entraînement pour obtenir le septième Badge.
« Laisse tomber Albert, souffla Wilfre entre deux baisers humides. C'est toi que j'aime. »
Ah mah gad. J'adore les Gijinkas. Mais on est d'accord que ça fait un peu zoophile là '-'
