1 heure avant la fin


« Vous m'avez parlé de ce « il », pouvez-vous me dire qui il est ? Après tout, n'est-il pas la raison de notre rendez-vous ? »

« Oui, je crois qu'il l'est. « il » était dans mon lycée. Mais je le voyais sans le voir, il n'était qu'une personne de plus dans ce monde de fous. Et c'est aussi lui qui était au cimetière, ce jour là.
Dans les jours qui ont suivi il a souvent cherché à me parler, mais je l'ai toujours évité, à peut près comme je le faisais à tout le monde. »

« Vous avez repoussé tous ceux qui cherchaient à vous atteindre ? »

« Oui, pour ne pas souffrir inutilement. »

« Vous souffriez déjà avant qu'il n'arrive. »

« Je souffrais de la mort de mes parents. »

« Vous souffriez aussi de la solitude. »

« J'aime la solitude, elle me fait souffrir, certes, mais d'une façon plus douce et certainement, aussi, plus meurtrière. »

« Alors, dites-moi pourquoi vous repousser les gens qui cherche à être là pour vous ? »

« Je repousse tout le monde car ils finiront tous par partir, pourquoi devrait-on souffrir si c'est déjà ce qu'on ressent au point de mourir nous-mêmes ?

Je suffoque déjà dans mes propres pensées, tellement que je ne plus respirer, mais les rares fois où j'y arrive, c'est simplement pour être noyé avec mes larmes.
Je suis fatigué d'être hanté par eux par mes amis., par mes fantômes, par mes démons.

Je suis fatigué de me demander pourquoi nous devrions continuer à nous accrocher à quelque chose qui n'existe plus. Irrationnelle et immatériel. C'est tout ce qu'on ce qu'on devient après la mort.

alors pourquoi souffrir ? Pourquoi souffrir alors que nous sommes tous condamnés ?

Alors une fois, une simple fois, j'ai fais une tentative de suicide. Je suis allé au pont, en haut de la colline, là où est le fleuve.

Puis quand j'ai sauté, il n'y avait plus de bruit, plus rien. Et quand je suis entrée en collision avec l'eau et que je n'avais plus d'air, j'ai compris que le silence à quelque chose de beau, que c'est un moment de paix et de repos.

Tout autour de nous il n'y a que ses bruits incessant, qui nous rendent inapte à tout contact avec soi-même. Il y a toujours ce bruit qui nous gène, ou qui, parfois, nous rend heureux, triste, en colère mais qui au final n'apporte jamais il n'apporte la paix, le repos, la sérénité. Pourtant, on vit tous dans le bruit depuis notre naissance, et on fini par l'aimer et l'oublié.

Mais ce jour-là alors que je me noyais dans cette eau paisible, où il n'y avait que la paix qui m'envahissait et que je ne pouvais plus respirer et que je n'entendais que les battements de mon cœur qui ralentissait, je pense que je l'aimais encore plus.
Ce silence. »

« Qui vous a sauvé ? »

« Une femme qui m'avait vu sauter, je ne savais pas trop si je devais la remercier, aujourd'hui encore je ne sais pas. Mais quand j'étais à l'hôpital, je l'ai revu, ce garçon, il était assit sur un de ces fauteuils pas très confortable, il regardait le plafond. Alors je me suis assis à côté de lui et j'ai attendu. »

« Attendu quoi ? »

« Que le temps passe, comme il le faisait. Mais il m'a parlé à la place. Il m'a dit « Merci d'avoir été là, au cimetière » »

« Donc lui ne voulait pas vous oublier. »

« Non. Au final il a gagné puisque je l'ai laissé s'approcher de moi. Ce que je n'aurais jamais dû. »

« Pourquoi croyiez-vous ça ?

« Parce qu'il a été plus meurtrier que cette solitude et ce silence qui faisait de moi ce que j'étais »

« Alors qui êtes vous aujourd'hui ? »

« Je ne suis plus qu'un exilé. Comme lorsque nos esprits sont refusés du paradis, jugé d'avoir l'âme trop obscure et refusé de l'enfer, jugé d'être trop bon. »

« Vous pensez qu'il croyait ça de vous ? »

« Non, je ne pense pas. Lui je suis sûr qu'il est aussi un exilé. »

« Pourquoi ça ? »

« Parce qu' une journée, je lui faisais plutôt confiance à ce moment-là, je l'ai emmené là où j'ai fait ma tentative de suicide et je lui ai dit. Lui n'a rien fait sauf m'écouter, il n'a jamais rien fait directement de toute façon. Seulement à la fin, je me souviens de cette phrase qu'il m'a dite « Au final dans ta tête c'est comme une partie de roulette russe, avec une seule chance de survivre. » »

« Et que lui avait-vous répondu ? »

« Que je croyais bien qu'il était cette chance. Il était la chance qui me permettait de vivre.

Après, on c'est assit et on a observé aussi le paysage qui s'offrait à nous. Lui, les yeux écarquillés, me criant « Regarde là-bas ! » à chaque chose qu'il voyait comme un enfant. Je ne lui disais rien mais j'avais un faible sourire sur mon visage, je préfère regarder les choses à travers l'eau.

Parce que l'on peut la troubler autant qu'on le voulait, les images deviennent flou puis reviennent à elles-mêmes. La réalité condamnée et son miroir immatériel immortel.

Et dans cette illusion, je ne pouvais plus distinguer le vrai du faux. Ce n'était que notre monde, imaginaire ou réel, qui m'éblouissait et... me faisais croire à cet univers parallèle où tout serait meilleur, là où tout irait mieux.

Mais ensuite j'ai regardé le ciel. Le vrai, le réel, celui qu'on ne peut atteindre. Et je pense que pour une fois, juste cette fois, cette réalité, ma réalité, me plaisais. »

« Vous avez accepté la réalité. »

« Tout dépend de laquelle vous parlez, car non, je n'ai pas accepté la réalité dans laquelle nous, les humains, sommes perdu. Mais oui, j'ai accepté la beauté pure de là où nous vivons. »

« Excusez-moi, mais, je ne comprends toujours pas pourquoi vous regrettez de l'avoir laissé entrer dans votre vie. »

« ...Quand la nuit est tombée il a commencé à me parler, de tout, de sa vie, de ce qu'il ressentait. Et à un moment, il m'a regardé et il a souri s'est mit à rire. »

« Etait-ce une bonne chose ? »

« C'était un véritable fou-rire qu'il avait, tellement que des larmes s'échappaient de ses yeux. Elles étaient tellement abondante que je pouvais croire qu'il pleurait, ce qu'il faisait en réalité. Entre deux rires il m'a dit « Je te raconte tout ça alors que tu sais quoi ? Je vais mourir ».

Puis son fou-rire est repartit alors que je ne disais rien. J'avais trop peur de bouger et de me rendre compte que ce soit vrai. Lui, il pleurait en souriant. »

« Il pleurait en même qu'il souriait aux étoiles. »


Un autre chapitre lawl. Alors déjà, un GROS MERCI pour vos reviews, elles m'ont toutes fait plaisir, j'espère vraiment ne pas vous décevoir...
Je pensais le poster plus tôt dans la journée mais ma GENIALISSIME meilleure amie à bien dit à mes parents que j'avais des devoirs pour demain, je l'aime tellement. Enfin bref, c'est bientôt la FIN et je suis désolée si ce chapitre est un peu confus, mais je suis confuse moi aussi ce soir, mes idées sont pas très clairs aha. J'éditerais le chapitre demain normalement (alors désolée pour les fautes et n'oubliez pas de vérifier demain !)