Bonjour! Voilà un moment déjà que je songe à updater cette fanfic, donc voici enfin la suite!

Je serrai de nouveau la main de Tintin alors qu'il promettait de me communiquer des détails lorsqu'il aurait de nouveau une affaire. Avant que je ne me prépare à quitter, le reporter me présenta son ami barbu, qui s'appelait le Capitaine Haddock et ce dernier me salua sans grande conviction. J'appris le nom de chien, Milou, qui m'aboya doucement après pour quémander une caresse. J'allai enfin déclarer que je partais lorsque la porte s'ouvrit brusquement, laissant passer un petit homme vêtu de vert, qui portait une barbichette et de petites lunettes rondes. Il marchait rapidement, d'un pas décidé, en tenant un journal. Il ne me lança pas un regard et se contenta de se diriger vers le Capitaine, lui mettant le journal sous le nez :

— Capitaine, c'est exceptionnel! s'écria le petit homme.

Le marin jeta un coup d'œil au journal, avant de le repousser :

— Nom d'une pipe, Tournesol, calmez-vous mon ami… Mille millions de mille sabords de Tonnerre de Brest! tonna-t-il en guise de commentaire. Pas elle, non, nous devons quitter le pays immédiatement!

— Non, non, Capitaine, vous n'y êtes pas du tout! C'est la Castafiore qui vient au pays!

Alors que le Capitaine tournait en rond dans la pièce tel un chien enragé, je regardais Tintin qui, quant à lui, observait la scène en silence. Je notai son regard, qui avait quelque chose de spécial : il était lumineux, comme si une lueur brillait inlassablement au fond de ses yeux. J'y sentais de la détermination, une soif insatiable d'aventure. Cette lueur s'accentua d'autant plus lorsqu'il posa les yeux sur le journal qui reposait entre les mains du petit homme, dont le nom était visiblement Tournesol. Je vis ses sourcils se froncer et il avança, s'emparant du journal en le demandant poliment à son ami. Milou tournait en rond autour de son maître, comme s'il avait lui aussi détecté quelque chose d'intéressant dans le journal. Le Capitaine, quant à lui, avait arrêté de marcher pour regarder son ami, malgré l'air vaguement colérique qu'il gardait au visage. Tintin, son regard quittant un moment le journal pour regarder autour de lui, fit rapidement un résumé de l'article :

— On a commis un vol dans un musée de Klow, en Syldavie, déclara-t-il en reposant ses yeux sur le journal. Enfin, c'est ce que la police présume; une montre en or a disparu. Il n'y a pas plus de détail.

— J'ai entendu parler de cette affaire, aux actualités! m'écriai-je en me remémorant ma soirée de la veille.

En effet, j'avais passé la soirée chez moi, et on avait brièvement parlé de la montre volé à la radio. La nouvelle ne m'avait pas vraiment troublée mais j'étais bien heureuse de m'en rappeler alors que Tintin s'y intéressait.

— On disait que la montre avait appartenue à un de leur roi, je ne sais plus très bien lequel, continuai-je en tentant de me remémorer plus de détails.

—Y-aura-t-il une enquête approfondie? demanda le Capitaine en me jetant un bref regard.

—Nous n'en serons sûr qu'en regardant nous même! dit Tintin alors que sur ses lèvres se dessina un sourire malin.

Je vis que le Capitaine souriait de la même manière, me laissant confuse. Je ne comprenais pas très bien ce qui se passait. Le marin fit appeler le majordome, Nestor, qui vint à toute vitesse dans la pièce. Encore sur son visage je lisais un air serein, lui qui semblait être plutôt occupé depuis que j'étais là :

— Oui, monsieur? demanda-t-il à l'attention du Capitaine.

— Nestor, préparez mes affaires, ordonna ce dernier. Nous partons le plus rapidement possible pour la Syldavie.

Le majordome sortit, me laissant entre Tintin et le Capitaine. Je me tournai vivement vers le reporter, étant donné qu'il m'avait donné le droit de le suivre lors de son travail. Ce voyage en faisait partie, non? Le rouquin sembla comprendre mon léger questionnement et, d'un simple signe de tête, me confirma que j'étais en droit de les accompagner. Je me sentis immédiatement envahie par l'excitation de voyager avec eux, de pouvoir les observer dans l'espoir d'écrire un bon livre. Depuis un moment déjà, j'essayais en vain de créer une histoire intéressante et enfin, on m'offrait une possibilité. Certes, cela se déroulait bien plus rapidement que je le pensais; j'aurais cru avoir la chance de mieux faire connaissance avant de partir en voyage. Je commençais, au moins, dans le feu de l'action.

Après quelques minutes de discutions, il fut convenu de se rencontrer le lendemain, à l'aéroport, afin quitter la Belgique pour la Syldavie. Tintin me demanda de prévoir des vêtements au moins pour une semaine, voire plus, si jamais l'enquête approfondie portait fruit.

L'aéroport était particulièrement bondé ce matin-là. Trainant ma lourde valise derrière moi, j'essayai de trouver une houppette blonde presque rousse à travers cette mer d'hommes, de femmes et d'enfants. Ma recherche étant un échec, je m'appliquai afin de distinguer au moins une casquette noire de capitaine. Rien, encore une fois. Un soupir s'échappa d'entre mes dents serrées et je m'éloignai de la foule. Je rejoins un mur en face du tableau indiquant les vols à venir, puis mon regard fut attiré par une grande affiche. Elle faisait au moins un mètre de largeur, le double en hauteur, et représentait une femme que Félicie connaissait bien. Elle avait une forte carrure et un nez crochu, ainsi que des cheveux blonds. Prenant une pose élégante et la bouche ouverte comme si elle était en train de chanter, on pouvait lire en haut de sa tête Le Rossignol Milanais : Bianca Castafiore. Bien que la Castafiore fût connue mondialement, je n'ai jamais su si j'admirais sa puissante voix ou je la redoutais. Un peu des deux, sans doute.

Je vis finalement un petit chien blanc émerger de la foule dans ma direction en jappant et en remuant la queue : Milou. Je me penchai pour lui gratter les oreilles en signe de salutation et l'animal parut heureux. Il fut rapidement rejoint par Tintin et Haddock. Ce dernier, en regardant l'affiche devant laquelle je me tenais, frissonna, ce qui me fit sourire.

— Éloignons-nous de cet endroit, maugréa-t-il, voir cette satané Castafiore me donne la vilaine impression qu'elle n'est pas loin.

Tintin leva les yeux au ciel en souriant. Je les suivis sans un mot, essayant de pas les perdre à travers la foule. À ce que je saisis de leur conversation, nous aurions le droit à un avion privé sans escale qui volerait directement vers Klow en Syldavie. J'en fus ravie, puisque ce serait plus facile de prendre de commencer la rédaction de mon livre que de le faire dans un avion bondé.

On nous indiqua où nous attendait notre avion et nous sortîmes à l'extérieur afin de partir. L'appareil était bien plus petit que je ne m'y attendais, pourtant il semblait confortable. À l'intérieur s'alignait une dizaine de sièges et des compartiments pour ranger les bagages. Lorsque tout fut rangé, je pris place près d'un hublot, tout juste derrière le Capitaine et Tintin. Je n'osais pas m'assoir directement avec eux. Je n'étais qu'une inconnue, après tout. Je me contentai de regarder par le hublot de l'avion qui décollait en faisant un boucan presque insupportable. C'était la première fois que je prenais l'avion et j'espérai seulement que ce ne soit pas la dernière.