Chapitre 3
Enfin, elle rencontrait John Watson.
Enfin car il était le seul ami que Sherlock avait.
Et même si elle était partie depuis plus d'une décennie, elle savait de quoi l'existence de son jumeau était faite.
Une vie fantasque, dénuée de tout sentiment, tournée vers les sciences, les déductions, les résultats.
La fratrie Holmes n'avait jamais été douée pour les émotions et c'était encore vrai aujourd'hui.
Bien malgré elle, Janneska détaille John de son regard perçant, remarquant le maintien strict, vestige de son passé militaire.
La canne avait disparu mais le tressaillement à la jambe gauche révélait une vilaine blessure, mal cicatrisée.
Elle releva alors la tête, rencontrant deux yeux bruns... mal à l'aise.
Elle sourit :
« Je suis désolée, monsieur Watson. »
« Oh non, il n'y a pas de souci. C'est juste que... »
« Je suis très mal élevée, je sais. »
« Je n'ai pas dit ça. »
« Mais c'est vrai. »
Il grimaça et son sourire reparut.
« C'est bien que Sherlock ait un... ami comme vous. »
« Comment ça ? »
« Qui n'analyse pas tout tout le temps, simple... un ami normal, quoi. »
« Oh mais... »
Elle leva un doigt, répliquant :
« Ne dites pas que Sherlock est normal car nous savons que c'est faux. Aucun membre de la famille Holmes n'est normal. »
« Oh ? »
« Ça doit être notre malédiction... à être trop intelligents. Un peu de thé ? »
Oo*oO
Bien évidemment, Sherlock avait obstinément refusé de partir pour le Devonshire, déclarant que de toute façon, elle était morte et qu'il ne pouvait plus rien pour elle.
Mycroft avait simplement arqué un sourcil et Janneska avait roulé des yeux.
Elle retrouvait bien son jumeau dans cette réaction, prétextant un désintérêt total pour mieux dissimuler ses sentiments, aussi minimes soient-ils.
Elle le retrouva assis sur un banc, le regard totalement fixe.
Il ne réagit pas quand elle s'installa à côté de lui mais il ne la repoussa pas.
« Sherlock... »
« Je ne lui dois plus rien. »
« Peut-être. »
« Et elle ne m'a jamais appelé. »
« Parce qu'elle savait que tu ne répondrais pas au téléphone. »
« ... C'est vrai. »
Elle sourit :
« Elle était fière de toi, tu sais. »
« Vraiment ? »
« J'ai été la voir, une fois. Elle gardait chaque article écrit sur toi. »
Il se tourna vers elle, foncièrement surpris, et elle murmura.
« Elle t'aimait, Sherlock. Même si... elle a cessé de le montrer. »
« ... »
« Tu viendras, n'est-ce pas ? »
« Quand ? »
« Dans deux jours. »
« Je n'ai pas le choix, n'est-ce pas ? »
« Pas vraiment, non. »
« Soit. Qu'on en finisse. »
Bonus chapitre 4
Sherlock, froid et distant, regard métallique et répliques acérées.
