Nord du Glandor - 12h54

Les mystérieux ravisseurs de Bocca, Junior et Duss les transportaient avec un sac sur la tête. De ce qu'ils avaient compris, ils se dirigeaient vers Wesleycity, mais n'étant pas du coin, il ne connaissait pas du tout cet endroit.

- Qu'allons-nous faire d'eux ? demanda un soldat à Sylvain.

- Je ne sais pas encore, je dois les interroger pour savoir exactement qui ils sont. Ensuite j'aviserai.

- Tu n'as pas peur qu'ils nous fassent remarquer ? Nous sommes des rôdeurs, ce n'est pas très prudent de les garder.

- Si ce qu'on m'a dit est vrai, les orques se massent vers la ville, il n'y a donc aucun danger par ici.

- Bien capitaine.

Cœur de la forêt de Illouporn – 13h26

- Nous arrivons, déclara Rocco. Voici la chambre des Ents.

- Enfin… râla Xav, je veux pas être méchant, mais vous avez le palais Nikaia accroché au cul.

- Je ne vois pas de lit, remarqua Gui.

- C'est la chambre du Conseil des Ents.

- Et bien si vous voulez un conseil, il faudrait mettre un lit dans cette chambre.

- Ce que tu dis n'a aucun sens, jeune hobbit.

- I'm used to fuck in a big room like this… hey there's a lot of trees here, what about a treesome ?

Damien s'esclaffa tout seul bien que personne n'ait compris ce qu'il avait dit.

- Vous, les hobbits, êtes vraiment un peuple qu'il faudrait éradiquer, soupira le vieil arbre.

- Bon, j'en ai marre ! tonna Xav. Puisqu'on est là à rien foutre, pourquoi on n'irait pas filer un coup de main aux autres ?

- Comment ça ?

- Ben je pense qu'une armée d'arbres pourrait être utile contre un magicien comme Herman.

- Nous, les Ents, sommes restés neutres depuis des millénaires.

- Il serait un peu temps de vous bougez le cul, et de décrocher la caravane.

- Très bien, nous allons réunir le Conseil.

- Parfait.

Rocco poussa un hurlement terrifiant et les trois hobbits se bouchèrent les oreilles.

- Tant que vous y êtes, suggéra Gui, discutez aussi de l'installation d'un réseau téléphonique dans la forêt, ce sera mieux pour vous appeler.

Estégéhan Sud – 15h47

Le convoi de Etarace avançait assez rapidement et pratiquement sans encombres, car Ludo était tombé de cheval huit fois en quarante minutes jusqu'à ce qu'on lui explique qu'il fallait tenir les rênes. Franck s'était cogné la tête en entrant dans une caverne, ce qui avait beaucoup amusé la jeune paysanne qui riait chaque fois qu'il disait quelque chose, au grand damne des autres.

- Enfin un avantage d'être petit, dit Ludo.

- Trêve de plaisanterie, intervint Couppey, nous arriverons au gouffre au crépuscule, hâtons le pas.

Quelques centaines de mètres devant, deux cavaliers servaient d'éclaireurs au groupe.

- Je te parie que ce soir, la grosse Simone va se laisser baiser quand on arrivera au gouffre.

- Eh ! On arrivera à rejoindre deux gouffres dans la même journée !

Les deux pervers rirent à gorge déployée. Peut-être trop déployée car deux flèches les transpercèrent avant qu'ils n'aient pu émettre le moindre cri.

Momo s'arrêta en plein milieu des caravanes. Son nez ne le trompait jamais.

- Qu'est-ce t'as ? Tu veux du pain ? lui proposa Alex en sortant une baguette sans sel.

- Ta gueule pedzou ! J'ai senti quelque chose.

- Désolé… s'excusa Francky, mais ça fait trois heures que j'ai pas chié.

- Pas toi ! Ca sent… le gros chien enragé !

- Pardon ?

- Un troupeau de Ouargues !

- Quoi ?

- Ils arrivent ! En position !

- Ce ne sont que des fariboles ! s'offusqua Couppey.

- Bon, excusez-nous mais en matière de chien, c'est un expert, répondit Ludo, alors emmenez vos bols de farines au gouffre et nous on s'occupe d'eux.

- Ils sont trop nombreux, dit Momo, je dirais une trentaine.

- Alors cavaliers en avant, repoussez l'ennemi qui nous assaillit et que sa dépouille jonche nos cultures printanières.

Les quatre héros firent une drôle de tête et Francky finit par comprendre.

- En bref, on leur torche la gueule et on revient.

- Yeah !

Ils se mirent en formation d'attaque et s'élancèrent vers les éclaireurs.

- Attendez, monseigneur !

Francky se retourna, la jeune paysanne l'avait retenu par la main.

- Soyez prudent, nous avons tellement besoin de votre bravoure au gouffre.

- Merci gente demoiselle, mais mon devoir m'appelle, je reviendrai c'est promis.

- Alors je vous attendrai. Comment puis-je vous dire au revoir ?

- Dites-moi votre nom, que je sache vous nommer dans mes pensées.

- Josiane.

Une vilaine grimace apparut sur le visage du guerrier alors que ses trois compagnons ne se retenaient plus de rire.

- Ah… et bien… salut, Jo… Jos…. Josi, c'est mignon Josi !

- Je préfère Josiane.

- Mais c'est tellement courant ! Alors que Josi… ou alors Maria, c'est mieux non ?

- Euh… c'est… vexant…

- A bientôt ma belle, et comme on dit, Avé Maria !

Et j'ignore par quel prodige cela se produisit, mais certains paysans sortirent des violons. Franck fonça tête baissée, au triple galop, pour rattraper ses amis.

- Enfin un peu d'action, depuis le début du Tome II, j'ai vraiment rien à branler.

Les cavaliers Ouargues surgirent le long d'une grande falaise, heureusement ils étaient à une bonne distance de la caravane maintenant et les paysans seraient hors de danger. Il dégaina son épée, et donna un coup de talon dans les flancs du cheval. Devant, Alex et Ludo mettaient en place une stratégie de combat.

- Toi tu tiens les rênes, et moi je tire les flèches ! dit Alex.

- Et pourquoi pas l'inverse ?

- Parce que t'es pas archer !

- Oui mais toi t'es à chier.

- Répète un peu pour voir !

- Dites-le si on vous emmerde ! cria Momo.

Le guerrier maghrébin taillada sa première victime à l'aide d'un enchaînement plutôt acrobatique puisque qu'il fit un double salto sans descendre du cheval. Ludo et Alex changèrent de stratégie, le nain frappait tout ce qu'il pouvait à la hache pendant que l'elfe tirait des flèches sur les ennemis éloignaient, qui tenait les rênes me demandera-t-on. Et bien personne, ils perdirent donc l'équilibre et se cassèrent magistralement la gueule. Francky arriva dans la bataille lancé comme un missile, il enfonça son épée dans la gueule d'un Ouargue qui lui bondissait dessus. Il en chopa un deuxième par la nuque et lui provoqua une rupture d'anévrisme par la force de son poignet.

Pendant ce temps, le petit Ludo courrait au milieu du champ de bataille, il était content parce qu'il venait de couper les pates avant d'un de ces monstres et que ça pissait le sang. Alex, pour sa part, était impressionnant d'efficacité. En effet, il avait abattu onze ennemis avec seulement six flèches. Du coup, personne ne l'approchait. Momo était lui aussi descendu de sa monture, il était tellement heureux de pouvoir se resservir de ses jambes. Il tranchait les adversaires un par un sans vraiment faire de pause.

- Je suis le Kamel Ouali de l'escrime.

La bataille se poursuivait, les Ouargues étaient féroces et avaient dévoré plusieurs malheureux guerriers du Estégéhan. Cependant, ils n'étaient plus très nombreux, essentiellement grâce aux quatre héros. Francky vit un soldat bloqué sous la carcasse d'un loup et vint à son secours alors qu'un autre tentait de le dévorer. Il trancha rapidement la tête de celui-ci et poussa la carcasse pour dégager son camarade.

- Merci monseigneur.

Ce que Francky n'avait pas vu, c'était la charge d'un dernier cavalier Ouargue dans son dos. Le choc lui fit perdre son épée et son seul réflexe fut de planter son couteau de secours dans le cœur du cavalier, cependant son bras était coincé dans les rênes de la bête qui le trainait dans son sillage. Et comme cette bête était vraiment bête, elle fonça droit dans le ravin et tomba, entrainant le rôdeur dans sa chute.