Sur les routes désertes du Glandor

Bocca et Junior furent transportés de la même manière que la veille, ligotés et les yeux bandés. Duss avait été placé dans une cage car il était trop dangereux, il ne cessait de murmurer :

- Le maître nous a trahis, il nous a abandonné… Duss… Duss…

Sylvain envoya un messager vers la capitale, Timmytown.

- Envoie un message à mon père, dis lui que nous allons rejoindre Wesleycity, dis lui aussi que j'ai un cadeau très spécial pour lui, un cadeau qui nous fera gagner cette guerre.

- Je vous en supplie, dit Bocca sans vraiment le voir, vous ne savez pas ce que vous faites, les lunettes ne peuvent pas sauver le Glandor, elles n'ont que le pouvoir de détruire.

- Qu'est-ce que tu en sais ?

- J'ai déjà vu ses forces à l'œuvre.

- Détachez-le, que je puisse lui parler.

Deux hommes libérèrent Bocca.

- Parle, que sais-tu sur cette paire que j'ignore ?

- Mes amis ont déjà essayé de s'en emparer alors qu'ils étaient mis en garde. Certains avaient juré de me protéger.

- Qui ?

- Nous étions 9 au départ de Taitai Wowo… deux hobbits, un elfe, un nain, un magicien et quatre hommes, l'un deux était Momo du Blédor et…

- Vous connaissiez Momo ?

- Oui, pourquoi ?

- Momo et moi avons servi dans la même légion il y a de cela dix ans, il est comme un frère pour moi, non je déconne, plutôt un chien. Vous serez triste d'apprendre qu'il est décédé.

- Ah bon, comment ?

- Etant ses amis, j'espérai que vous me l'apprendriez.

- Euh moi je le connais pas, déclara Junior.

- Et ben moi je dis bon débarras, continua Bocca, ce connard a tenté de m'étrangler.

- Non je déconne il est pas mort, en fait j'en sais rien.

- Merde…

Merdenbard – 13h12

Herman regardait tranquillement Midi les Zouzous à la télé, il adorait Olive et Tom tm.

- Ils sont toujours en forme. L'épisode d'aujourd'hui était génial… bon au boulot, maintenant.

Il se leva du canapé au moment où Gatti entra.

- Ah te voilà misérable, tu as failli à ta mission.

- Pardonnez-moi maître, j'ai d'importantes informations pour me racheter.

- Parle donc, langue de serpent.

- Le roi a certes retrouvé la santé, mais il n'en reste pas moins stupide et prévisible. Il sait que vous attaquerez vite, alors il va cacher son peuple au gouffre de Brêle.

- C'est parfait, ils n'auront aucun moyen de s'enfuir là-bas.

- Mais… maître… For le Porc a la réputation d'être imprenable, il faudrait être des milliers pour en venir à bout.

- Des dizaines de milliers !

- Mais monseigneur, il n'existe pas une telle armée.

Herman ouvrit le rideau qui cachait l'accès au balcon de la tour. Au pied de celle-ci, environ dix mille Huruk-hai étaient en rang, prêts à se battre. Herman avança et tonna d'une voix puissante :

- L'âge des hommes est terminé !

- Euh pas de tous les hommes non plus, souffla Gatti.

- Ce soir, vous goûterez la chaire humaine !

- Sauf les végétariens, ajouta la langue de serpent.

- En avant, au gouffre de Brêle !

- Moi je reste ici si ça ne vous dérange pas…

- Tu vas la fermer oui !

Gatti se prit un coup de bâton magique dans la gueule. L'armée poussa un effroyable hurlement de guerre et partit vers l'Est.

Plaines du Estégéhan – 14h23

La région était complètement abandonnée, les paysans étaient tous partis au gouffre et les villages avaient été pillés et réduits en cendres par les Huruk-hai. Seul, au milieu de toute cette pagaille, un cavalier avançait lentement sans vraiment tenir les rennes du cheval. Il était de toute évidence exténué. Un bruit lointain lui fit relever la tête, il aperçut à l'horizon les légions armées d'Herman se dirigeant vers l'Est. Une marée infinie de monstres assoiffés de sang. Il trouva la force de se remettre convenablement en selle et partit au galop vers les montagnes.

Gouffre de Brêle – 15h10

Couppey tournait en rond dans la salle principale, il lui fallait un plan d'attaque, mais son armée était trop décimée pour tenir un siège. L'elfe, le nain et le blédard lui seraient d'un grand secours, mais ce n'étaient pas trois hommes qui gagneraient cette guerre. Il avait besoins de ses généraux, hélas, Quentin et Macky étaient bien loin d'ici.

- Un cavalier devant la porte ! cria le garde.

Tout le monde releva la tête, qui pourrait-ce bien être ?

- Ouvrez !

La porte bascula et le cheval entra au pas devant la foule intriguée. Le visage sale et les vêtements en lambeaux, ce fut Ludo qui le reconnut le premier.

- Francky ! C'est un miracle !

Il descendit difficilement de sa monture et eut du mal à supporter le choc lorsque le nain lui sauta dessus. Ce dernier en profita d'ailleurs pour lui baisser le pantalon.

- Yes ! J'ai enfin réussi, bref... Tu es l'homme le plus rusé, le plus malin, et le plus fou que j'ai jamais rencontré !

- Je dois parler au roi... et lâche mon caleçon sale cadavre.

Il rejoignit Couppey dans sa salle privée.

- Dix mille ?!

- Ils seront là à la tombée de la nuit.

Le roi dut s'asseoir tant le choc fut grand.

- C'est une armée constituée dans un seul but…

Il releva la tête, attendant la fin de la phrase.

- Détruire le monde des hommes.

- Ah ça va, moi je crains rien, lança Alex.

- Moi non plus, ajouta Ludo.

- Il nous faut des renforts, dit Francky, envoyez des messagers pour en quérir.

- Qui viendra ?! s'énerva le roi, les elfes ? les nains ? Nous n'avons pas autant d'amis que vous.

- Pourtant il n'en a pas beaucoup, remarqua Momo.

- Le Glandor viendra.

- Le Glandor ! Où était le Glandor lorsque le Lideurprayce est tombé ? Où était le Glandor lorsque nos ennemis nous ont encerclés ? Où était le…

Les quatre aventuriers le regardaient avec un air de poisson mort effrayé.

- Ce que dit ce mec n'a aucun sens, dit Ludo.

- Un vrai pedzou, renchérit Momo.

Francky, Ludo, Alex et Momo allèrent à l'armurerie afin de s'équiper pour le gros combat à venir.

- Cette fois ça va chier ! s'écria Momo.

- C'est plus une petite bagarre de merde sur la route, prévint Francky, on risque d'y rester.

- Parle pour toi ! répondit Ludo, je suis imbattable.

- Tu les as vus ? demanda Alex en désignant les paysans qui s'armaient autour d'eux, aucun n'est un soldat. Li y'n a sap riopse'd.

- Suon snoved rinet, sli tno nioseb ed suon.

- Vous pouvez parler normalement ? demanda Momo.

- On peut plus s'engueuler en elfique tranquillement.

- No av suot riruom !

- Alors je mourrai comme l'un d'entre eux ! s'énerva Francky.

Tous les paysans le regardèrent d'un air effrayé.

- Non non, je déconne, personne va mourir… on va les massacrer !

Personne n'avait l'air convaincu et le climat de peur s'intensifia un peu plus. Francky tourna les talons et partit, il avait besoin de repos.

- Laisse-le partir, conseilla Ludo à Alex.

- Je n'avais pas l'intention de le suivre.

- D'oh !