Forêt de Illouporn – 17h10

Les derniers arbres venaient d'arriver.

- Parfait, tout le monde est là, dit Rocco, le Conseil peut commencer.

- Ca fait quand même deux chapitres qu'on n'a pas bougé, s'exclama Xav, c'est plus le palais Nikaia que vous avez…

- Nous allons décider si oui ou non les Ents vont entrer en guerre.

- Prenez votre temps, répondit Gui, moi je vais dormir un peu.

Glandor – 17h14

- Capitaine, Wesleycity est en feu !

Sylvain et sa troupe arrivèrent au sommet d'une colline, en contrebas, la petite ville fortifiée était effectivement assiégée et en mauvais état.

- Nous devons faire vite, l'intendant ne permettra pas que l'on perde cette cité.

- C'est qui l'intendant ? demanda Junior.

- Ta gueule !

Le hobbit s'énerva et se redressa de toute sa hauteur bien qu'il ait toujours les yeux bandés.

- J'en ai plein le cul qu'on me prenne pour une merde ! On me bâillonne, on m'attache, on me traîne, on me nourrit mal, je pue ! Et ben ouais je pue ! Et en plus on me dit de fermer ma gueule ! Vous savez l'important dans la vie c'est pas d'être un cogneur… c'est…

- Ferme vraiment ta gueule, lui conseilla Bocca, ils vont te répondre.

- Oui, si tu veux tout savoir, l'intendant est mon père, répondit Sylvain, le seigneur Kad Avérique. Il remplace le roi en son absence.

- Et pourquoi le roi n'est pas là ?

- Bonne question, cela fait trois siècles que le Glandor n'a plus de roi, nous attendons toujours que l'héritier vienne rétablir l'ordre et la paix.

Bocca fronça les sourcils, cette histoire lui disait quelque chose, il se dit finalement qu'il avait rêvé et ferma sa gueule pour une fois.

- Bref, continua Sylvain, c'est lui le patron alors me faites pas chier et allons à Wesleycity.

Merdenbard – 17h40

Herman regardait avec un sourire satisfait son armée encore visible à l'horizon.

- D'ici quelques heures, le Estégéhan sera à nous seigneur Orson, il est prêt à tomber.

- Plait-il ? demanda Gatti.

- Malgré ton erreur, je reconnais que tu m'as bien servi, langue de serpent, je t'accorde un vœu.

- Vraiment ? Un peu comme un génie.

- Oui, sauf que tu n'as pas besoin de me frotter alors retire ta main de mon pantalon, gros cochon.

- D'oh ! Très bien je voudrais…

Il murmura la fin de sa phrase à l'oreille de son maître qui haussa un sourcil mais finit par acquiescer.

- Très bien, écarte-toi un peu.

Il leva son bâton et prononça des paroles incompréhensibles, un énorme insecte apparut et se rua sur Gatti qui dut fuir en hurlant.

- Mais j'ai pas demandé une grosse mite !

Gouffre de Brêle – 18h05

Francky avait bien mangé, il s'était un peu reposé, il était fin prêt. Il allait devoir franchir encore un cap pour gagner cette guerre-ci. Alex arriva et lui tendit son épée.

- Excuse-moi d'avoir douté, nous avons eu raison de te faire confiance jusqu'à présent.

- Ah bon tu me faisais confiance ?

- Non je lis juste le script, quelle merde vraiment…

- Bref, il n'y a rien à pardonner…

Ils se tinrent par l'épaule quelques secondes et Alex finit par dire.

- Tu ne t'attends pas à ce que je te suce quand même ?

- Hein ? Quoi ? Euh… non. Enfin… ça dépend… tu comprends… j'ai le bout tout rouge.

- Casse toi pauvre con !

- Bon tant pis.

Francky mit son épée à sa ceinture quand un bruit lointain retentit.

- Ce n'est pas un cor d'orque, remarqua Alex.

Ils montèrent sur les remparts avec le roi qui n'en croyait pas ses yeux. Juste devant la porte du gouffre, un millier d'elfes en tenue de combat attendait qu'on leur ouvre.

- C'est un miracle… souffla Couppey.

Ils arrivèrent dans la cour de For le Porc et se mirent en rang devant eux, leur chef s'avança et ils le reconnurent aussitôt.

- J'apporte la parole de Dame Furlan de Mine/Mer et de Brahim de Taitaiwowo, dit Didou, la première me demande de ramasser vos devoirs maisons et le second si vous êtes intéressés par des places en présidentiel à 15€.

Francky rendit son DM, il avait eu le temps de le faire sur son cheval en venant et Momo acheta la place pour tenter de la revendre 20€.

- Jadis, la Vieille Equipe a combattu les forces des ténèbres et elfes et hommes s'étaient alliés, nous sommes venus honorés cette alliance, poursuivit solennellement Didou, enfin tu vois ce que je veux dire, nous sommes fiers de nous battre à nouveau au côté des hommes.

Francky lui sauta dessus et s'exclama.

- Didou, vous êtes plus que bienvenus !

- Moi non plus je ne vais pas te sucer.

- Putain mais qu'est-ce que vous avez tous ! Ca existe pas les pipes chez les elfes ?

- Tu devrais essayer un clebs, lui dit Momo, un vrai régal.

- Bah tu me dégoûtes… s'exclama Ludo.

- Bon revenons au sujet ! coupa Alex, évidemment que les pipes existent chez les elfes, seulement nous sommes allergiques à la semence, donc une faciale pourrait nous être fatal.

- Une facitiale quoi, ajouta Ludo.

- Euh… non.

- Donc tes ennemis n'ont qu'à se branler pour te vaincre.

- C'est hélas le point faible de notre race…

- C'est bon à savoir, se réjouit le nain.

- C'est pas un peu fini ce bordel ! tonna Couppey.

- S'il est pas content, il a qu'à se trouver d'autres héros, marmonna Momo.

- Pardon ?! s'insurgea le roi.

- J'ai dit « Si j'ai le temps, je dois brouter l'herbe en trop ».

- Ah, au temps pour moi…

- Quel pedzou.

Couppey laissa donc les elfes prendre place tout le long du mur du gouffre, l'espoir regagnait quelque peu le cœur désespéré du monarque devant un si beau défilé militaire.

- Ah c'est sûr que s'il fallait compter sur les nains pour gagner… lança Alex avec un regard vers le plus petit du groupe.

- Mais les nains sont ici et ils t'emmerdent, répondit le concerné en se désignant lui-même.

- Où ça ? Ah c'est vrai, vous êtes si ridiculement petits que certains d'entre vous sont invisibles sans loupe.

Il s'esclaffa tout seul.

- Et celle-là tu l'as vu venir connard ?

Ludo mit un violent uppercut dans les boules de son ami qui n'eut pas de descendance.

- Assez de conneries, intervint Francky, allons nous mettre en place.

Les quatre héros rejoignirent le mur en première ligne, le simple fait qu'ils soient là rassurait beaucoup de guerriers trop jeunes pour être courageux ou trop vieux pour être optimistes. Francky et Alex avaient pris chacun la tête d'un bataillon elfe étant donné qu'ils étaient les deux seuls à parler elfique avec Didou pendant que Momo plaçait des pièges au pied de la muraille pour gagner du temps. Ludo, quant à lui, cherchait la meilleure place pour pouvoir apercevoir le champ de bataille par-dessus la muraille.

Le ciel était maintenant très sombre, le crépuscule n'avait plus rien de chaleureux. Les derniers éclats de lumières derrière l'horizon permirent aux combattants d'apercevoir les premières lignes de l'armée adverse à quelques kilomètres, ils seraient là dans quelques minutes maintenant.

Couppey venait d'enfiler son armure et son casque, son épée était solidement attachée à sa ceinture, il était posté sur la plus haute muraille de For le Porc, de là il pouvait être entendu de tous et pouvait tout voir.

- C'est peut-être la dernière fois que nous voyons le soleil.

Ses deux jeunes capitaines le regardèrent avec la peur au ventre, le roi était tout sauf rassurant et le courage commençait à faire défaut chez ses hommes. Quelques dizaines de mètres plus bas, sur la muraille extérieure, Franck avait brandi son épée, et dans une inspiration venue d'on ne sait où, il s'écria :

- Soldats ! Aujourd'hui, nous n'allons pas combattre pour nos vies, nous allons combattre pour les femmes et pour les enfants qui ont peur derrière ces murs, nous allons combattre pour le pays que l'ennemi veut nous prendre, nous allons combattre pour montrer au monde que les hommes ne sont pas faibles, ce soir, nous allons combattre pour gagner cette guerre !

- Si tu pouvais crier moins fort, suggéra Momo.

- On va leur péter la gueule à ces enfoirés de meeeeeeeeerde ! se lâcha-t-il, on n'est pas là pour se la toucher, alors tout le monde en garde et défonçons ces baltringues !

- Je sens que je vais souiller ma hache ! s'exclama Ludo.

- Je ne laisserai personne approcher du mur, ajouta Alex.

- Ils sont là ! hurla Momo.