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UN MONDE A PART

Chapitre Second : Une société bel et bien à Part…

Merci de bien vouloir lire l'avant-propos du premier chapitre avant de débuter cette histoire. Tout commentaire jugé insultant sera supprimé (anonymes) ou signalé (signés).

Il est généralement admis que cette histoire doit être lue jusqu'au chapitre cinq inclu pour donner une estimation de la valeur de son contenu.

Quatre, Privet Drive. Surrey, Angleterre, Royaume-Uni. Premier août 1991. Jour sorcier du vingt-quatre juley.

Il était fort tard ce matin là, lorsqu'Harry s'éveilla dans son inconfortable cagibi, à six heures du matin. Se dépêchant de sortir et de faire craquer son dos, il grimaça en ressentant les habituelles courbatures qui le rongeaient.

Aïe ! J'espère qu'il existe des potions magiques contre cela, quand je me rendrais à ce Poudlard ! Je ne tiens pas à souffrir ainsi durant sept années !

Ce matin, il se dit qu'il n'avait pas envie de préparer le petit-déjeuner de sa « famille »… la monotonie parfaitement normale qui lui était imposée depuis si longtemps l'agaçait au plus haut point.

Qu'ils se débrouillent ! Si tout va bien, je n'en ai plus pour longtemps à leur obéir !

Il prit alors la direction de la cuisine, se restaura, puis investit la salle d'eau, où il prit une rapide douche, avant de redescendre.

La sonnette de la maisonnée retentit tout soudain, arrachant des hurlements de cochon d'une des chambre et des cris alarmés d'une autre.

- POTTER ! SILENCE, INCAPABLE !

Sans rien répondre, Harry s'empressa d'aller ouvrir.

- Bien le bonjour, professeur Snape, dit-il. Je ne vous attendais pas aussi tôt…

- Le monde n'appartient pas à ceux qui se lèvent tard, Monsieur Potter, répliqua la Chauve-souris avec une impressionnante froideur.

- Exactement.

- QUI C'EST CELUI LA, ENCORE ?

Le gros cachalot qu'était Vernon hurlait cela depuis la balustrade de l'étage.

- Oncle Vernon, je te présente le professeur Severus Snape. Il vient de Poudlard.

A la plus grande joie d'Harry, ce simple nom fût suffisant pour que son tuteur ressemble soudainement à une œuvre d'art abstrait, passant par toutes les couleurs possibles et imaginables.

Sur ces mots, Harry quitta la maison Dursley, et referma la porte, non sans la claquer fortement, arrachant de nouveaux hurlements outragés aux occupants ensommeillés des lieux.

- Aujourd'hui, Mr Potter, dit Snape, je vais répondre à vos questions et vous emmener à une réunion au Ministère de la Magie, afin que vous soyez accueilli avec les autres élèves ignorant jusqu'alors le Monde de la Magie. Cela fini, vous devrez régulariser votre situation auprès du Ministère, et vous pourrez alors obtenir une baguette magique. Je n'ais malheureusement pas le temps de vous aider dans vos achats, vous devrez revenir seul ou commander par correspondance à l'aide des documents qui vous seront remis au Ministère. Diverses brochures, ouvrages de poche et documents vous aiderons en cela.

- Je comprends, professeur, vous devez très certainement être débordé, avec la rentrée qui approche.

- Plutôt, effectivement. Maintenant, prenez mon bras, monsieur Potter, nous allons transplaner.

Harry s'exécuta sans attendre, et se sentit soudain comme s'il passait dans un étau sans nom,

Ils apparurent sans tarder dans un lieu fort étrange,

- Aire de Transplanage, indiqua le professeur Snape. Dépêchons, nous n'avons que dix secondes pour sortir.

- Où sommes-nous, professeur ? Demanda curieusement Harry.

- Au Chaudron Baveur, l'un des lieux de passage principaux entre le monde Moldu et le quartier Sorcier de Londres.

- Pouvez-vous m'en dire plus à ce propos ? Demanda Harry.

- Le Chemin de Traverse est un ensemble de ruelles solitaires encastrées à l'intérieur de différents pâtés de maisons, à travers tout Londres et sa Banlieue. Grâce à un réseau solide de Portails Magiques, l'on a put, voici quelques trois cent ans, relier ces différentes parties en une seule, et ainsi développer considérablement l'endroit.

- Et combien de personnes vivent ici, Professeur ? Demanda Harry, curieux.

- Au précédent recensement, il y a un an, cent quarante mille personnes logeaient ici, Mr Potter.

- Et tous ces gens vivent dissimulés des Moldus ? S'étonna Harry. Il n'y a jamais de problème ?

- Si, bien sûr, cela est toujours compliqué, acquiesça Severus. Mais le Ministère de la Magie travaille constamment à édifier de nouvelles illusions magiques. De plus, le service des Oubliators est prêt à tout moment à effacer les mémoires de Moldus trop curieux.

- Les Sortilèges d'amnésie ne sont-ils pas trop mauvais, à la longue ?

- Si, certes, mais les Moldus n'en reçoivent que fort rarement plus d'un dans leur vie, il n'y a donc aucun problème. De toute façon, ils ne sont que Moldus.

- Certes, acquiesça Harry, étonné des propos de son Professeur.

Pour lui, un professeur se devait d'être ouvert d'esprit… et l'enseignant semblait fort dédaigneux des Moldus…

- Inclinez-vous tous devant le tout puissant Lord Voldemort ! Hurla soudain une voix dans le lointain, dominant tous bruits.

- Pardon ? S'exclama Harry, interloqué.

- Mr Potter ! Pressa soudain Severus, l'air alarmé. A genoux ! Ne cherchez pas à comprendre ! Je vous expliquerais plus tard !

Sans attendre, il poussa Harry à s'agenouiller au bord de la rue, comme toutes les personnes présentent autour d'eux. Le silence se fit alors sur le Chemin de Traverse, lourd, scrutateur et despotique. S'il bougeait, notre jeune ami avait l'impression qu'il le regretterait amèrement…

Rapidement, le son d'un chariot tiré par des chevaux pût se faire entendre dans le lointain. Levant un œil, Harry aperçût un carrosse finement sculpté et ciselé, serti d'or et de pierres précieuses, tiré par d'étranges chevaux noirs de jais et avec des ailes de Chauve-souris.

Aucun autre son que le renâclement de ces étranges montures ne se fit entendre jusqu'à ce que le carrosse disparaisse de la vue de tout un chacun. Lorsque celui-ci passa devant Harry, un coup d'œil furtif lui permit d'apercevoir un homme chauve, à la peau pâle et ridée, et aux yeux plus noirs que la nuit la plus ténébreuse. Il paraissait extrêmement vieux et fatigué, du point de vue de notre jeune ami inquisiteur.

Lorsqu'il se releva finalement, hors de danger, il put voir avec un grand étonnement que tous les sorciers et sorcières autour de lui trouvaient la chose parfaitement normale. Interrogatif, il demanda :

- Professeur, qui est précisément ce dénommé « Lord Voldemort » ?

- C'est un personnage assez mystérieux, Mr Potter, répondit Severus. Il est apparu pour la toute première fois en l'an mil neuf cent soixante huit sous les traits d'un Gourou qui prônait la supériorité des Sangs-purs sur les autres Sorciers.

- Hum…

Harry n'en disait rien, mais il considérait cela comme assez idiot.

- Il a rapidement ralliés maints Sangs-purs, et a tenté d'imposer leur supériorité par la force au cours d'une guerre qui a déchiré notre pays de mil neuf cent septante sept à mil neuf cent octante deux.

- Qu'est-ce qui a finalement amenée la paix, Professeur ?

- C'est un accord magique entre lui et le Ministère de la Magie qui a tout réglé. Il s'est engagé à une tolérance envers les Sangs-mêlés et les Nés Moldus en échange du poste à vie de Président-Sorcier du Maggemaggot et du droit de considérer comme esclaves tous les Cracmols et tous les Nés-Moldus dont il avait besoin pour ses travaux.

- Il n'en a pas pour autant cessées ses exactions, n'est-ce pas, Professeur ?

- Vous êtes bien informé, Monsieur Potter.

- J'ai put lire tout cela dans les brochures que vous m'avez données hier, Professeur.

- Fort bien, Monsieur Potter. Effectivement, vous avez raison, il perpétue de temps à autres des meurtres de Nés-Moldus. Tant qu'il ne s'attaquera pas aux Moldus, le Ministère a déclaré fermer les yeux sur ces activités.

- Les Nés de Moldus ne semblent pas très favorisés, dans la société Sorcière.

- C'est bien Normal, Monsieur Potter. Après tout, ils ne sont que des objets.

Harry ne répondit rien à cela, mais n'en pensa pas moins. Il n'était absolument pas d'accord avec ces propos.

- Bien, suivez-moi, monsieur Potter, nous allons gagner le ministère de la Magie.

Harry s'exécuta alors, maugréant intérieurement contre ce poireau périmé qu'était son professeur. Il fallait avouer qu'il en avait parfaitement l'apparence…

- Dites-moi, professeur, demanda t'il soudainement, qu'elle est cette rue que l'on peut voir ?

- Il s'agit de l'Allée des Embrumes, Monsieur Potter. Je vous déconseille très fortement de vous y rendre, pour quelque raison que ce fusse. L'endroit est rempli de boutiques de magie noire et fréquenté par les pires individus imaginables.

Mouais… je doute que cela soit totalement vrai ! Sûrement une idée reçue !

Après cela, il ne leur fallut plus que quelques minutes de marche et le passage de trois immenses portails magiques pour gagner un énorme ensemble de bâtiments d'apparence Moldue, qui devait très certainement être relié à une rue de ceux-ci… Construit en simples briques dans le style victorien, l'endroit paraissait presque délabré vu de l'extérieur, mais Harry fut réellement fort surprit en arrivant dans les lieux… tout, ou presque, était paré d'or et de pierres précieuses, de marbre et d'ébène…

Et bien, si c'est là dedans que va l'argent du contribuable ! Quelle bêtise !

- Dépêchez-vous, monsieur Potter, pressa Severus, vous allez être en retard !

- Vous ne venez pas, professeur ?

- Non, vous devez vous débrouiller seul. Vous avez juste à écouter, répondre aux questions et remplir les documents nécessaires. Tout cela devrait être rapidement exécuté, je pense en une demi-heure. Je vous attendrais à l'extérieur.

Une demi-heure plus tard, donc, ce fut un Harry passablement énervé qui ressortit de l'immense amphithéâtre au luxe insolent où il avait été introduit par son professeur. Entre les incapables de son âge et ceux du ministère, il ne savait plus où donner de l'insulte et de l'acerbité ! Et quelle inutilité que tout cela ! Tant de blabla, juste pour légaliser le droit de porter une baguette !

- Vous voici enfin, Mr Potter ! Déclama le professeur Snape. J'ai failli attendre !

- Allez donc vous plaindre aux employés ministériels, Monsieur, répliqua Harry en s'efforçant de sourire.

- J'éviterais, ils deviendraient encore bien plus agaçants.

Ils sortirent alors prestement du bâtiment, et s'éloignèrent de quelques pas. Transplanant soudain, Severus ramena Harry juste devant le Quatre, Privet Drive.

- Vous voici arrivé, Mr Potter.

- Merci infiniment, professeur, répondit Harry. Au revoir.

- Je dois avouer, Mr Potter, ajouta soudain Severus, que je suis fort étonné par notre rencontre.

- Vraiment, Professeur ?

- Oui. En venant à votre encontre, j'avais pensé découvrir une copie conforme de votre père. Si cela est le cas physiquement, je suis soulagé de constater que vous êtes très éloigné de lui mentalement.

- Est-ce un compliment ? Questionna ironiquement Harry.

- De mon point de vue, Oui. Vous ressemblez plutôt à votre mère, Lily Evans. Sur ce, Mr Potter, je vous salue bien, et vous souhaite une bonne rentrée. N'oubliez pas, Premier Septembre, onze heures, King's Cross, voie neuf trois quarts ! Le Train ne vous attendra pas !

- J'y serais, professeur. Je vous souhaite une bien bonne continuation et fin de journée. J'espère vous revoir en bonne santé.

Severus transplana soudain de la même façon que la veille, surprenant une nouvelle fois notre jeune ami.

C'est ça, va t'en, espèce de Poireau Périmé ! S'exclama Harry mentalement, en refermant la porte. Je n'ais plus besoin de toi !

Tu parles d'une idiotie, ce système de caste ! Les Sangs-purs sont considérés supérieurs, alors que moi-même suis un Sang-mêlé ! Si c'est cela, le monde de la Sorcellerie ! J'espère que Poudlard sera différente !

Il n'imaginait pas à quel point…

Et maintenant, il est grand temps de s'initier à l'Athévèldèn, ce langage Sorcier ! Demain, je retourne sur le Chemin de Traverse ! J'ai bien envie de m'acheter une esclave… Histoire de m'amuser quelque peu !

UMAP

Chemin de Traverse. Le lendemain, deux août 1991. Jour sorcier du vingt-cinq juley.

A l'heure de six heures du matin, le monde, Moldu comme Sorcier, ne faisait que s'éveiller…

Le Chemin de Traverse n'était pas en reste, et fort rares étaient les boutiques déjà ouvertes. Seule, dans le lointain, la célèbre banque de Gringotts illuminait le ciel étoilé.

Dans l'impressionnante avenue piétonne qu'était l'enchevêtrement de ruelles formant la voie principale du quartier dit du Chemin de Traverse, un jeune garçon de onze ans se promenait déjà, solitaire.

Si la majeure partie de ses camarades Nés-Moldus ou Sangs-mêlés ayant été élevés dans le monde Moldu prenaient très certainement commande de leurs ouvrages et articles scolaires par correspondance, effrayés par la foule immense des lieux, il avait jugé utile de faire lui-même une exploration approfondie des lieux. Si la Magie des Sorciers était réellement aussi impressionnante qu'il le pensait, alors tout ce qu'il avait imaginé cette nuit durant son sommeil devrait être possible.

Pour parvenir jusqu'ici, il avait tout simplement usé de ce transport barbare qu'était le Magicobus. Il aurait bien apprécié de pouvoir lancer quelques maléfices douloureux au chauffeur et au contrôleur ! Ce devrait être, à ce propos, l'une des premières choses à apprendre. Cela lui serait sûrement fort utile par la suite.

Cet incapable de Poireau Périmé m'a donné un bien précieux indice, pensa Harry à propos du Professeur Snape. Hier, il m'a dit que la Famille Potter était une ancienne famille de Sang-pur, et que j'étais son seul héritier. Cela signifie donc qu'il doit y avoir beaucoup d'argent qui me revient ! Je dois voir cela d'urgence, avant de commencer quoi que ce soit !

C'est pour cette simple raison qu'il se dirigea immédiatement en direction de la Banque de Gringotts. Il entra rapidement, et esquiva habilement la foule de Sorciers et Sorcières qui cherchait le guichet correspondant à ses besoins. Harry trouva le sien bien vite, malin, et adressa la parole à celui qui se trouvait là.

- Bonjour, Monsieur, dit-il avec un fort accent anglais.

S'il n'avait commencé à apprendre l'Athévèldèn que la veille au soir, son impressionnante mémoire couplée à quelques dix heures d'étude avait réussi à faire un miracle… s'il n'était pas encore très bon, il pouvait déjà se débrouiller correctement avec ce langage, et tenir une conversation primaire.

- Bonjour, Monsieur. Puis-je savoir qui vous êtes, Monsieur ? Demanda Poliment le Guichetier Gobelin.

- Harry James Potter, répondit notre ami en s'efforçant d'adopter un regard froid face à cette répugnante bestiole à la peau grise. Je souhaite avoir accès à mon coffre familial.

- Votre clef, je vous prie.

Interloqué, Harry s'exclama :

- Pardon ?

- Si vous êtes réellement Mr Harry James Potter, alors vous disposerez de la clef permettant d'entrer dans votre coffre.

- Je ne l'ai pas, répondit franchement Harry. Je ne l'ai jamais eue. Mais je suis bel et bien Harry Potter !

En lui-même, il espérait qu'elle ne fût pas à la garde de son oncle et de sa tante… il n'avait pas envie de retourner à Privet Drive juste pour cela !

- En cas d'absence de la clef, Monsieur, je ne puis être assuré que vous êtes Mr Harry James Potter, et ne puis vous laisser parvenir jusqu'au coffre de la Famille Potter.

- Mais puisque je vous dis que je suis bel et bien Harry Potter ! Bon sang, vous pouvez me croire !

- Maints escrocs tentent chaque jour d'entrer dans un coffre qui n'est pas le leur, Monsieur, expliqua froidement le Gobelin. Gringotts peut se vanter de n'avoir jamais subi un seul vol de leur part.

Il regarda alors Harry droit dans les yeux, et put y discerner une forte colère contenue.

- Mais si vous êtes réellement Monsieur Potter, je pense que vous accepterez de subir le Sortilège du Traçage de la Propriété. N'est-ce pas ?

- En quoi cela consiste t'il ?

- Si vous êtes réellement Mr Potter, il vous suffira d'apposer votre main et quelques gouttes de votre sang sur la porte de votre coffre pour que sa magie vous reconnaisse, et pour que votre clef vienne à vous d'elle-même, où qu'elle soit.

- Et si elle ne vient pas ?

- Alors cela signifie soit que le sang versé n'était pas en assez grande quantité, et aurez le droit de recommencer une seconde et dernière fois, soit que vous n'êtes pas Monsieur Potter, auquel cas vous ferez connaissance avec les Dragons de Gringotts.

Harry s'exclama alors, décidé :

- Soit ! Je ferais votre stupide sortilège ! Menez-moi donc à mon coffre !

Un sourire crispé naquit alors sur les lèvres du banquier. Aucun escroc n'acceptait jamais de faire cela. Ce gamin était-il réellement Harry Potter ?

- A votre guise, dit-il. Suivez-moi, je vous prie.

Il ouvrit alors une porte juste à côté de lui, dans laquelle Harry s'engouffra immédiatement.

Il fut mené sans attendre à ce que semblait être une petite gare interne. Là, des centaines de chariots de Mine attendaient, tous accompagnés d'un Gobelins.

- Vrékànt, dit le Gobelin en Lìdalkevdèn, akiónètaè Lìta Potter drolté kéné Stockamàn.

- Eld, répondit le dénommé Vrékànt d'un ton respectueux, tout en s'inclinant profondément.

Le premier Banquier se retourna alors vers Harry, et lui dit :

- Monsieur, Vrékànt ici présent va vous conduire jusqu'au Coffre Potter. Il s'occupera de vous faire passer le Sortilège de Traçage.

- Je vous remercie, Monsieur Vrékànt, répondit-il poliment, au plus grand étonnement des deux gobelins.

Ce type n'est pas un sorcier comme les autres ! Pensa le guichetier, avant de s'en retourner vers son prochain client.

- Suivez-moi, Monsieur, dit alors Vrékànt d'une voix étrangement aigue.

Ensemble, ils grimpèrent lestement dans un wagonnet typique des mines Moldues, et partirent aussitôt à une allure folle dans les entrailles de la banque…

De toute la durée du trajet, le gobelin ne dit que quelques mots à Harry, et il fallut que celui-ci lui pose une question…

- Monsieur, sans vouloir vous offenser, que signifie votre nom ?

- Vrékànt veut dire eunuque en Lìdalkevdèn, Monsieur.

Oh, d'accord, pensa Harry. Je n'aurais pas dû poser la question.

Après ce petit épisode, il ne fallut plus que quelques minutes pour, qu'enfin, le bolide apparemment incontrôlable ne cesse sa course folle, juste en face d'un coffre d'apparence parfaitement classique.

Dès l'instant où Harry mit pied à terre, il pût entendre le Gobelin lui dire :

- Monsieur, je vous prie de bien vouloir avoir l'obligeance de poser votre main sur le coffre après l'avoir entaillée, ce pendant que je vous jetterais le sortilège de révélation, et que la Magie de la Porte fera son effet. Si la porte s'ouvre, alors cela prouvera que vous êtes réellement Monsieur Harry Potter, fils de James Potter et Lily Potter-Evans. A ce moment, l'actuelle clef sera détruite, et une nouvelle apparaîtra dans le coffre. Si la porte reste fermée suite au second essai, alors vous aurez l'honneur de comprendre pour quelle raison Gringotts est réputée inviolable.

Un rugissement assourdissant retentit alors dans le lointain, amplifié par l'écho titanesque de la grotte. Un dragon, sans aucun doute.

- Et tout retour en arrière est impossible, monsieur, de mon plein gré ou par la force.

Et bien, se dit Harry, voilà une bien agréable nouvelle… enfin, je n'ais rien à craindre, alors tout va bien.

Conformément à ce qui lui fût demandé, il s'entailla la main de ses ongles, et la posa alors contre ce qui semblait être la serrure de son coffre. Le Gobelin lui jeta fort rapidement le sortilège, et il pût ressentir comme un jet d'eau froide le parcourir à plusieurs reprises, de haut en bas.

Brrr ! Que cela prenne rapidement fin !

A son grand soulagement, il fût bien vite exaucé, lorsque la porte du coffre s'ouvrit en grand… Vrékànt s'exclama alors :

- Vous êtes bel et bien Monsieur Harry James Potter, Monsieur. Les documents administratifs vous concernant vont être mis à jour très prochainement, et vous obtenez d'ores et déjà le droit de retirer de l'argent ou toute autre chose se trouvant dans votre coffre.

Harry ne répondit rien à cela. A ce qu'il avait pût voir du Monde Sorcier, les familles de Sang-pur étaient pratiquement toutes fort riches. Hors, son coffre, bien que très grand, ne contenait qu'une bien petite quantité d'argent, juste environ un millier de pièces diverses et variées.

- Monsieur Vrékànt, demanda t'il alors, pouvez-vous me dire précisément quel est le contenu de mon coffre ?

- Mr Potter, ce présent coffre contient les avoirs financiers de votre famille, à savoir l'argent liquide et les quelques documents officiels de parts financières dans quelques entreprises sorcières.

- Ce présent coffre ?

- Oui, la famille Potter possède un autre coffre, qui contient quelques avoirs matériels. Objets de collection, artefacts Moldus ou magiques…

Harry se servit alors dans le tas d'or, prenant une belle quantité de monnaie et la stockant dans de petites bourses situées non loin.

- Monsieur Vrékànt, menez-moi à ce second coffre, je vous prie.

- Bien monsieur. Suivez-moi, je vous prie.

Le voyage fut relativement vite expédié, le second coffre de la famille Potter ne se trouvant qu'à une dizaine de places du premier. La même action que pour l'autre dût être répétée, mais, lorsque la porte s'ouvrit finalement, Harry put dire qu'il était impressionné.

Il n'y avait point là d'argent, aucune trace quelconque, mais une succession d'étagères remplies… des livres, des artefacts, Moldus comme sorciers –l'un de ses ancêtres devait en être amoureux, à voir les vis placées dans un cadre en or-,

- Dites-moi, Vrékànt, demanda t'il, je pensais la famille Potter fort riche, du fait de son ancienneté. Hors, il y a là bien moins de contenu que je ne l'escomptais.

- La raison en est fort simple, Monsieur. Lors de la Guerre contre le sorcier nommé Lord Voldemort, vos grands-parents ont beaucoup dépensé pour créer un orphelinat, et votre oncle a lui aussi usé de beaucoup de monnaie pour lever des mercenaires.

- Hum…

Cela était désormais certain, Harry n'aimait pas ses ancêtres ! Dépenser aussi stupidement du bon argent, qui aurait pût lui servir à bien du plaisir !

Ah, quels imbéciles, se dit-il en soupirant.

Pour réaliser ses idées, Harry pensait avoir besoin d'une fort grande quantité d'argent, et ce, tout au long de sa scolarité d'au moins sept années. Il pourrait bien sûr faire des investissements, mais en attendant que ceux-ci lui rapportent, il faudrait attendre au minimum un an, et il ne pouvait guère se le permettre…

Regardant alors plus attentivement le contenu du second coffre, il pût voir que chaque artefact était détaillé par une petite fiche explicative.

"Poulie" Objet ingénieux dont les Moldus se servent, lié à une corde, pour imiter un sortilège de lévitation.

Effectivement, un de ses ancêtres avait dût être un véritable fanatique des Moldus…

"Copieur" Artefact inspiré de l'imprimerie Moldue, capable de copier un livre en quelques instants et à la perfection, tant qu'il est alimenté par la magie d'un sorcier.

Tiens, pratique, ce machin là… Ensuite…

"Magnétiseur magique de baguettes"

Hein ?

"Théoriquement, cet artefact sert à régler l'intensité et la puissance magiques d'une baguette, pour lier plus précisément celle-ci à son sorcier".

Cela m'a l'air fort intéressant… il faudra que je trouve des livres sur la fabrication des Baguettes…

"Cape d'invisibilité"

Une… ça alors ! Mais c'est excellent ! Cela me sera incroyablement utile, pour espionner les filles de Poudlard sous leur douche !

Ce pensant, il prit la cape argentée et la glissa dans un sac magique, avant de passer à la suite…

"Distordeur" Artefact expérimental non testé dont le but est de provoquer des distorsions temporelles. Se référer à l'ouvrage en rapport".

Harry fut stupéfait par ce dernier artefact.

Des distorsions temporelles ? Incroyable ! Cela serait-il réellement possible ? Il faut absolument que je trouve ce bouquin !

Se mettant soudain à chercher avidement, Harry laissa son imagination florissante s'emporter…

Si je savais user de ce machin, et surtout s'il fonctionnait, je n'aurais absolument aucun mal à devenir totalement indépendant ! Pouvoir apprendre en un rien de temps ce que d'autres mettent des années à savoir ! Réaliser des travaux très longs en quelques minutes ! Ce serait vraiment merveilleux ! Et ce serait pareil pour des sortilèges ! Je suis sûr que certains nécessitent des jours et des jours d'apprentissage ! Avec cela, plus de problème pour être le meilleur !

S'il y avait effectivement une chose que Harry n'appréciait pas, c'était d'être surpassé… il savait qu'il avait encore beaucoup de travail à abattre pour atteindre le premier rang, mais ne se faisait pas de soucis sur sa capacité à y parvenir. Il savait juste que cela serait fort long, et cet artefact lui donnait le potentiel de le faire très rapidement.

Harry trouva finalement un ouvrage en latin sur lequel était notifié, en Athévèldèn :

"Artefacts magiques de la Création de Lord Brovdec Potter".

C'est cela ! Mouhaha ! J'espère qu'il sera à la hauteur de mes espérances !

Néanmoins, Harry fut soudain stoppé dans son optimisme contagieux par une petite pensée… ses finances. Il n'avait pratiquement pas de monnaie…

- Dites-moi, Monsieur Vrékànt, dit-il en se tournant vers le Gobelin, posté patiemment à l'entrée du coffre, serait-il possible de vendre quelques artefacts à Gringotts ?

Dire que le banquier fut surprit par une telle proposition est un euphémisme. Il tourna la tête vers Harry en un instant, faisant craquer ses vertèbres, et ouvrit grands les yeux. Gringotts mettait un point d'honneur à ne jamais se servir dans les coffres de ses clients, même si ceux-ci n'avaient plus de propriétaires connus, mais il est certain que maints contenus intéressaient la Banque et ses gérants…

- Oui monsieur, je pense que certains artefacts pourraient intéresser les responsables de ce domaine. Voulez-vous faire descendre quelqu'un, ou préférez-vous prendre quelques objets à remonter ?

- Hum, seconde option, dit Harry. Je ne souhaite pas déranger plus qu'il ne faut les responsables Gobelins, ils doivent être fort occupés.

- Effectivement, Monsieur. C'est bien bon de votre part de penser à cela.

- C'est tout naturel.

Harry sélectionna alors quelques artefacts relativement peu intéressants sertis de bijoux, les mit dans ses poches, et repartit vers le Gobelin, qui l'attendait dans le chariot de mine. Il s'agissait là principalement d'outils Moldus enchantés et décorés avec des métaux précieux et des gemmes de diverses tailles. Personnellement, Harry trouvait que l'ancêtre qui avait fait cela était fort étrange, et devait avoir un grain… quelle personne saine d'esprit remplacerait un manche de tournevis en bois par une émeraude taillée et polie, sertie de fils d'or ?

Il ne fallut pas beaucoup plus de temps au wagonnet pour revenir dans le hall principal de la Banque Gobeline. Dès que le chariot fût arrêté et scellé pour ne pas se déplacer seul, le gobelin s'exclama :

- Si vous voulez bien me suivre, cher monsieur, nous allons pouvoir nous rendre au bureau d'un banquier de premier grade.

Harry ne répondit rien, comprenant immédiatement que cela signifiait "un gobelin riche et puissant"…

Bien rapidement, il fut introduit dans un luxueux bureau séparé du reste de la banque ordinairement accessible aux Sorciers. Ce faisant, il avait été baladé dans une succession de couloirs, tournants, escaliers montants et descendants, et pièces communicantes. Cela avait prit plus de dix minutes, et il fut persuadé, une fois arrivé, que quelques secondes seulement auraient put suffire… cette manœuvre était, il s'en doutait, réservée pour perdre et embrouiller des escrocs éventuels, et les empêcher de retrouver leur chemin dans le dédale des lieux.

Ce qu'il trouva dans les lieux l'étonna fortement : tout, jusqu'au moindre détail, était démesuré. Un tableau d'un Sorcier accroché au mur face à la porte devait bien atteindre les vingt mètres de hauteur. Le bureau même où officiait le gobelin que Harry allait rencontrer le séparerait de son interlocuteur de près de cinq mètres… toute cette démesure était aussi sans compter avec le luxe outrancier et insolent. Un sol de marbre, des tapis de soie, des joyaux encastrés dans des colonnes d'or… cela ne devait pas être souvent que des sorciers venaient ici, à voir la relative sobriété du Hall principal de la banque.

- Bonjour, Monseigneur, dit-il au Gobelin qui se trouvait en face de lui.

S'adaptant à l'impression de richesse et de pouvoir des lieux, il adoptait maintenant un air et un ton respectueux, presque affables.

- Bonjour, Monsieur Potter, répondit celui-ci. J'ai cru comprendre que vous souhaitiez vendre quelques uns des artefacts présents dans votre coffre familial, n'est-il pas vrai ?

- C'est effectivement la raison de ma présence en ces lieux, Monseigneur, répondit Harry.

- Et que souhaiteriez-vous vendre ?

- J'ai ici quelques exemples d'Artefacts Magiques réalisés par l'un de mes ancêtres, ou acquis par eux. Il y a aussi quelques joyaux divers.

Harry posa une succession d'une trentaine d'objets sur le bureau d'ébène du propriétaire des lieux. Celui-ci les fit ensuite venir à lui d'un mouvement de la main. Il se passa un moment durant lequel il examina pièce par pièce l'ensemble, rejetant quelques artefacts devant lui, et en gardant d'autres. Notre jeune ami remarqua que tous les joyaux étaient gardés… il avait eue une bonne idée de les prendre !

- Bien, Monsieur Potter, dit finalement le Gobelin. Pour ce qui est de vos joyaux, je dois avouer qu'ils sont d'une impressionnante pureté. Je suis prêt à vous offrir une somme de cinquante milliers de gallions pour chacun.

Harry écarquilla les yeux en entendant cela. Avait-il bien ouï ? Il y avait là pour une dizaine de joyaux, soit un demi-million de gallions ! Il ne connaissait pas le taux de change avec les Livres Moldues, mais était persuadé que cela valait une grande somme. Il n'imaginait pas à quel point il avait raison…

- Pour ce qui est de vos artefacts, en réalité, seuls deux d'entre eux m'intéressent. Le premier est cet effaceur capable de "gommer", si l'on peut dire, toute trace magique. Je suis prêt à vous en offrir la somme de deux cent milliers de Gallions.

Harry acquiesça immédiatement à cette somme. Il avait bien entendu comprit le titanesque intérêt de l'objet. Aucune personne sainte d'esprit n'aurait vendu cela, mais comme il y en avait plusieurs exemplaires de l'objet dans son coffre, il ne regretterait donc pas sa vente…

- Ce prix me convient, Monseigneur, dit-il.

Un sourire narquois naquit sur les lèvres du Gobelin. Pour lui, cet objet valait bien dix fois plus ! Ce sorcier, aussi poli fut-il, n'en était donc pas moins dupe…

- J'en viens ensuite au second objet. Pour cette plume en or enchantée, je vous offre la valeur du métal, soit cent cinquante gallions.

Ce disant, il s'efforça de paraitre affable et généreux, mais une étincelle avide dans son regard ne trompa pas Harry. Immédiatement, celui-ci renchérit :

- Dix Millions de gallions, pas moins, Monseigneur.

- Mille gallions, proposa alors le Gobelin, revoyant son précédent jugement à propos de la crédulité du Sorcier.

Cet objet n'avait effectivement pas une bien grande valeur en l'état, des plumes en or se trouvant facilement dans le commerce. C'était le nom inscrit dessus qui avait attirée l'attention du Gobelin… Père Créateur. Cette plume était un objet de collection historique ayant appartenu au seul et unique Sorcier réellement estimé par les Gobelins. Pour le peuple des Banquiers, il n'avait pas de prix…

- Dix Millions de gallions, continua Harry.

- Cent mille !

- Dix Millions de gallions.

Notre jeune ami prenait bien soin de toujours préciser l'unité monétaire en question. Le gobelin pourrait effectivement considérer que la demande était faite en noise, une valeur cent fois moins importante que le gallion…

- Un million !

- Dix Millions de gallions.

- Deux millions !

- Dix Millions de gallions.

Le Gobelin commençait à suer, et Harry s'en aperçu. Généreux, il décida de faire un geste.

- Cinq millions ! Proposa le Gobelin, en s'essuyant le front d'un mouchoir blanc immaculé.

- Vingt millions de Gallions, répondit alors Harry.

Les yeux du Gobelins s'écarquillèrent alors. Ce gamin se fichait-il de lui ?

- Soit ! Hurla-t-il plutôt que ne dit. Va pour vingt millions !

- Monseigneur, sans vouloir vous offenser, il me semble avoir demandé vingt-cinq millions…

Le gobelin ne put s'empêcher de grogner à l'entente de cette phrase. Effectivement, ce gamin se moquait de lui !

- Soit, soit ! Vingt-cinq millions de gallions, et c'est mon ultime offre !

- Nous avons donc un accord, Monseigneur, dit poliment Harry en souriant de toutes ses dents, tel un véritable faux-jeton de talent.

- Très bien, soupira le Gobelin, nous avons donc un accord ! L'or sera placé sur votre coffre monétaire dans les dix minutes à venir.

- Parfait, répondit Harry. Monseigneur, peut-être ne vous occupez-vous pas d'affaires d'aussi peu d'importance, étant par trop sage pour cela, mais pourriez-vous me dire si Gringotts propose des Cartes de Crédit ?

Un sourire naquit immédiatement sur les lèvres du Gobelin fatigué, montrant ses six canines.

- Nous n'avons pas de cartes de crédit telles que les Moldus l'entendent, Monsieur Potter. Mais nous disposons d'un système semblable constitué de bourses magiques qui se remplissent automatiquement avec la somme voulue, depuis votre coffre. Il vous suffit de décrocher la bourse d'une ceinture offerte avec elle pour payer, tandis que la bourse sera automatiquement remplacée au frais de Gringotts.

- Combien me coûtera un tel Système ?

- A vrai dire, Monsieur Potter, ce système est gratuit. Il nous évite une masse impressionnante de formulations administratives, aussi préférons nous en faire cadeau. De plus, étant relié à votre magie, vous seul pouvez en retirer de l'argent.

- Cela me semble effectivement un merveilleux système. Je souhaiterais en prendre un exemplaire.

- Il vous suffira de passer à un guichet du grand Hall, Monsieur Potter, et l'un de nos Gobelins se chargera de vous donner l'objet et de le relier à votre magie et à votre coffre.

- Merci infiniment à vous, Monseigneur, répondit notre jeune ami.

- C'est moi qui vous remercie, Monsieur Potter.

Sur ces mots, Harry se leva et se prépara à s'en retourner, lorsqu'il demanda :

- Sans vouloir vous déranger plus longtemps, Monseigneur, puis-je avoir le culot de vous demander qui est cet homme représenté derrière vous ?

Harry voulait parler du tableau titanesque représentant dans les moindres détails un sorcier d'apparence classique.

- Il s'agit du Père Créateur, Monsieur Potter, le fondateur de la Nation Gobeline. Sur ce, je vous salue bien, je suis fort occupé et ne puits discuter plus avant avec vous.

- Avec tout mon respect, Monseigneur, dit respectueusement Harry en s'inclinant profondément face au Gobelin, au plus grand étonnement de celui-ci.

Les Sorciers étaient habituellement méprisants à l'extrême, envers les Gobelins… Ragnok II, Seigneur de tous les Gobelins de Gringotts et d'Angleterre, fut fort surprit par cela.

Il ne fallut que fort peu de temps pour que notre jeune ami soit conduit jusqu'au hall principal par Vrékànt, le précédent Gobelin eunuque l'ayant conduit jusqu'à ses coffres. Cela fait, il salua celui-ci, et se dépêcha de repartir.

Harry était fort joyeux en pensant avoir dupés les Gobelins, mais il n'imaginait pas qu'eux aussi s'imaginaient sortir gagnants de cette affaire, malgré les sommes qu'ils avaient dût avancer pour récupérer quelques uns des plus précieux artéfacts d'Art de leur plus Glorieuse Epoque de l'Histoire du Monde de la Magie.

Bien, la banque, c'est fini ! S'exclama mentalement Harry. Maintenant, direction le marché aux esclaves ! Par chance, c'est juste en face !

Il se dirigea donc vers un impressionnant bâtiment, une véritable fourmilière d'où entraient et sortaient constamment des centaines de personnes.

Lorsque il entra dans l'immense lieu, il fut tout d'abord abasourdit par le raffut intolérable qui régnait dans ce lieu.

C'est donc cela, le marché aux esclaves ? Pensa-t-il. Impressionnant ! Bon, maintenant, se trouver quelqu'un d'agréable.

Regardant au plafond, notre jeune ami put remarquer des panonceaux indiquant très certainement l'emplacement de chaque type d'esclaves.

Voyons… à droite, donc… Nés… Moldus, déchiffra t'il difficilement. A gauche, esclaves en… servage… volontaire. A gauche, d'abord !

Harry s'engouffra donc dans l'immense foule grouillante, prenant bien garde à ce que ses bourses restent à leur place.

Zigzaguant parmi maints badaux et esclaves suivants leurs maîtres, il gagna bien vite un endroit soumis à des sortilèges de restriction sonore, afin de masquer le brouhaha ambiant, et remarqua immédiatement ce qu'il cherchait. Sur un écriteau accroché au plafond, il y avait de marqué :

Adolescentes en Servage Volontaire

Sans plus attendre un instant, il se dirigea droit vers l'étal, et passa en revue la marchandise. Son obsession était réellement aux anges ! Toutes étaient âgées de dix à dix-sept ans, indiquait un panonceau, et toutes étaient entièrement nues, attachés au sol par de puissantes chaînes magiques. Il ne lui fallut pas bien longtemps pour trouver son bonheur…

- Que puis-je faire pour vous, jeune homme ? S'exclama soudain un Sorcier richement vêtu, en se dirigeant vers Harry.

S'il n'avait pas remarquées les bourses enchantées accrochées à sa ceinture, il l'aurait très certainement chassé vite fait. Mais un client était un client, après tout, quel que soit son âge…

- Bonjour, Monsieur, répondit Harry. Que pouvez-vous me dire sur cette esclave, là bas ?

- Elle ? Voyons…

Le marchand regarda une petite fiche qu'il portait dans un dossier, et dit :

- Alors, voici. Elle se nomme Daphné Greengrass, elle a onze ans et entrera à Poudlard le premier Septembre. Elle vient d'une famille de Sang pur qui l'a vendue pour payer ses dettes. Elle est vierge, j'ai vérifié moi-même, et a de bonnes connaissances en arithmancie, pour son âge. En revanche, elle est totalement novice à propos de la façon de tenir une maison. Cela fait trois mois qu'elle est ici, et a dût recevoir quelques coups de fouet au début. Elle est très obéissante depuis.

Mais Harry ne faisait pas attention à cela, et se contentait d'admirer le corps de la jeune fille, assise au milieu de maintes autres, tête baissée. Elle promettait de devenir une superbe femme !

- Elle apprendra ce qu'il faut, répondit-il simplement. Combien ?

- Cette esclave va vous coûter mille gallions par année de servage, Monsieur Potter. L'argent sera à adresser par vos parents à la famille Greengrass.

- Très bien, mentit Harry de façon éhontée. Ma mère a grand besoin d'aide pour s'occuper de mes jeunes frères et sœurs. J'achète donc mademoiselle Greengrass pour sept années.

- Cela vous coûtera donc sept mille gallions tout rond, Monsieur Potter.

- Et voici la somme demandée, répondit Harry en donnant une bourse à l'homme.

- Je vous remercie, Monsieur Potter. Préférez-vous les chaînes magiques, ou bien le sortilège d'Imperium ?

- Je pense que je vais prendre les deux, si cela ne vous dérange pas. Je n'ais pas envie qu'elle s'échappe, à vrai dire.

- Je vous comprends bien. Je m'en occupe immédiatement.

- Et si vous aviez des vêtements pour l'habiller, Monsieur, je ne souhaite pas l'afficher à la vue de toutes et tous.

- Je m'en occupe, Monsieur. Cela sera prêt dans une dizaine de minutes. Si vous ne souhaitez pas acheter d'autres esclaves, pourquoi ne pas vous rendre à mon bureau ? Mon collègue se chargera de vous faire signer les papiers administratifs, et vous donnera la fiche d'identité de cette demoiselle.

- Bien, je vous remercie, répondit Harry.

- Tout le plaisir est pour moi, Monsieur Potter.

Il se dirigea alors en direction du bureau placé non loin, tandis que sa petite marchandise était en cours de préparation.

- Bonjour, dit-il au sorcier qui se tenait là, le nez dans des documents d'aspect officiel.

- Bonjour, Monsieur, répondit celui-ci en relevant la tête et en souriant. Que puis-je faire pour vous ?

- Je viens d'acheter l'esclave numéro douze mille huit cent vingt-quatre pour sept milliers de gallions, ou sept années. Elle se nomme Daphné Greengrass. Je souhaite donc obtenir la régularisation de cet achat.

- Bien, monsieur. Laissez-moi tout d'abord vous féliciter pour ce sage achat ! La marchandise de notre maison est toujours d'une extrême qualité, vous ne regretterez pas d'être venu chez nous !

- Je n'en doute pas, répondit Harry. Que dois-je signer ?

- Alors, voici tout d'abord le contrat magique qui liera le collier de l'esclave à votre magie. Cela permettra, à la moindre désobéissance, au moindre soupçon de rébellion ou à la moindre pensée à l'encontre de vos ordres, de lui lancer un sortilège de douleur, un Doloris. Cela forcera aussi la magie de votre esclave à vous obéir, contre son gré s'il le faut. Des questions, monsieur ?

- Oui, comment fonctionne ce collier ?

- Il est enchanté grâce à de simples sortilèges de base, monsieur, chacun étant amplifié par un ensemble de pentacles runiques. La magie requise est puisée dans le corps de votre esclave par des Runes de Négativité, ce qui fait que le collier ne tombera jamais à court d'énergie.

- Très bien. Avez-vous une plume ?

- Oui, voici Monsieur.

Le sorcier tendit alors une plume à Harry, qui s'empressa de signer le contrat après l'avoir lut attentivement.

- Maintenant, monsieur, dit le sorcier, je dois vous demander de signer ces déclarations officielles, d'achat et de propriété, afin de régulariser la situation de votre esclave au Ministère de la Magie.

- Je ne suis malheureusement pas majeur, Monsieur, répondit Harry. Je réalise cet achat pour mon père.

- En ce cas, monsieur, ces déclarations en votre nom seront provisoires, et votre père devra se rendre au Ministère de la Magie, Département de la Justice Magique, afin de régulariser la situation de votre esclave.

- De combien de temps dispose t'il ?

- A compter de l'achat, c'est-à-dire d'aujourd'hui, il a six mois pour ce faire.

Hum, parfait, je trouverais bien le moyen de contourner cette loi idiote d'ici là.

- Cela est parfait, répondit Harry en signant les déclarations. Ce sera tout ?

- Ce sera tout, monsieur, je vous remercie. En espérant vous revoir bientôt !

- Je vous souhaite une bonne continuation, répondit Harry poliment, et je vous salue bien. Au revoir.

Il revint alors vers le premier marchand, qui avait sortit l'achat tant convoité de l'enclos des esclaves.

Harry en profita alors pour détailler plus précisément celui-ci. La jeune fille nommée Daphné était blonde comme les blés, ses cheveux lui arrivant jusqu'au milieu du dos. Elle mesurait environ un mètre trente, et avait les yeux marron.

Elle deviendra une bien belle jeune femme ! Pensa-t-il immédiatement, en souriant intérieurement.

- Voici votre achat, monsieur, dit le marchand. Tout prêt. Puis-je faire quoi que ce soit d'autre pour vous ?

- Cela conviendra, Merci, répondit Harry en glissant quelques gallions dans la main de l'esclavagiste.

- Merci infiniment, Monsieur ! S'enchanta celui-ci. En espérant vous revoir bientôt !

- Allons, viens ici, toi ! Dit Harry à son achat, en se saisissant de sa chaîne et en l'attachant à son propre poignet.

Satisfait de sa première petite emplette, il quitta alors le marché aux esclaves, ne s'arrêtant que quelques instants pour acquérir trois colliers pour esclaves.

Avec, je pourrais soumettre les Dursley sans aucune peine ! Ah, que la vengeance sera douce !

- Allons, viens ! S'exclama-t-il en tirant sur la chaîne de son esclave.

Celle-ci ne répondit rien, et s'empressa d'obéir, le visage bas, l'air fort apeuré et résigné.

- Alors, maintenant… les baguettes magiques. Dis-moi, Daphné, as-tu déjà une baguette magique ?

La jeune fille en servage releva alors la tête à l'entente de son nom. Son maître venait-il réellement de lui demander cela ?

- N… non, répondit-elle en tremblant, appréhensive.

Remarquant cela immédiatement, Harry tenta maladroitement de la rassurer.

- Tu n'as aucune crainte à avoir, tu sais, je ne te ferais pas de mal. Je suis bien loin d'être mauvais comme les marchands.

- O… oui… Je… excusez-moi.

- Bien, en avant ! Ollivander's nous attends !

- Nous ?

- Oui, nous. Je vais t'acheter une baguette, que crois-tu ? Que tu vas rester dans ce monde barbare sans pouvoir te défendre ?

- Je… je croyais que c'était interdit aux esclaves, murmura la jeune fille, honteuse.

- Peu m'importe, déclara Harry. Tu en auras une, je te le promets.

- Merci.

- C'est tout naturel, voyons !

Harry sourit à ces mots, ce qui réchauffa le cœur de son achat. Son nouveau propriétaire n'était peut-être pas un esclavagiste amoureux du fouet, finalement…

La sonnette de la boutique du vieux marchand de baguette retenti fortement dans le profond silence de l'endroit, lorsque les deux enfants entrèrent dans la place. Apparaissant soudainement derrière un vieux comptoir délabré, une chose qui ressemblait approximativement à un être humain éleva soudain ce qui ressemblait à des paroles issues d'une voix…

- Bonjour, Monsieur, je suppose que vous venez pour votre rentrée prochaine ?

- C'est cela, Monsieur, répondit Harry, déjà dégoûté par le vieillard, qui tenait plus du cercueil que de l'humain.

- Bien, laissez-moi prendre vos mesures, je vous en prie.

- Pour quoi faire ?

- Elles me servent à vérifier précisément si le nombre magique de vos membres et diverses structures corporelle est bien stable, monsieur. Cela m'aide grandement à trouver une baguette.

- Et je suppose que vous voudrez prendre les mensurations de mademoiselle ?

Le vieillard jeta un regard fort étrange à Daphné, et répondit dédaigneusement, comme si ses propos expliquaient tout :

- Elle est esclave, monsieur.

- Peu m'importe !

Harry avait un ton sévère en disant cela, et l'on pouvait nettement le voir sur son visage.

- Peu m'importe qu'elle soit libre ou esclave, humaine ou chienne, elle m'appartient, à moi seul, et j'ai décidé qu'elle obtiendrait une baguette magique ! Suis-je clair ?

- Bien, monsieur. J'étais juste étonné par cette demande. Et non, je n'ais pas besoin des mensurations de mademoiselle. Maintenant, excusez-moi…

Il fallut quelques minutes pour mesurer les moindres parties du corps des deux enfants, du cheveu le plus long, difficile à trouver, jusqu'à l'orteil le plus sale, du pouce droit jusqu'au poil de jambe le moins visible en passant par le dix-septième cil de l'œil droit en partant de l'œil gauche...

Il se fiche de nous, ma parole ! Pensa Harry, vite imité par Daphné.

- Bien, excusez-moi un instant, monsieur et mademoiselle. Je vais chercher mes baguettes.

Le vieillard disparut alors plus vite que Harry ne l'en aurait jugé capable, et revint après seulement quelques secondes, chargé de maintes petites boîtes de bois, chacune soigneusement étiquetée.

- Bien, commençons donc par Mademoiselle, si vous le voulez-bien.

Ce disant, Harry put remarquer qu'il répugnait à toucher une esclave…

La société Sorcière est réellement idiote, pensa Harry. Ils considèrent les Sang-pur comme supérieurs, mais lorsque l'un d'eux devient esclave, alors ils ne son absolument plus rien… c'est d'un ridicule ! Quel manque de volonté et de réflexion !

L'esprit brillant qu'était Harry n'eut aucun mal à imaginer tout ce qu'il pourrait faire dans ce monde apparemment peuplé d'incapacités mentaux.

Pendant qu'il réfléchissait ainsi, Daphné avait déjà essayé quatre baguettes différentes, sans succès. Elle craignait fort que cela agace son maître, et qu'il ne la punisse par la suite…

- Tentez celle-ci, mademoiselle, dit Ollivander. Cheveu de Velane, bois d'Acacia.

Lorsque Daphné agita la baguette, outre l'apparition d'un superbe bouquet de fleur, un bien étrange phénomène se produisit…

Regardant son achat humain, Harry sentit tout soudain une grande chaleur l'envahir, et son pantalon le serrer avec violence. Mais qu'est-ce qui lui arrivait ?

Sans qu'il ne puisse réagir, sa braguette se détacha, et son vêtement commença à glisser. Il se tourna en urgence et remit les pièces en places, mais eut un air fort gêné par la suite.

- Et voilà, Miss, nous avons trouvé ce qu'il vous fallait !

Il se tourna alors vers Harry.

- Monsieur, cette baguette est idéale pour votre esclave. Elle vous coûtera la somme de quarante gallions, tout rond.

Harry paya la somme demandée sans rechigner un seul instant. Ce n'était pas si cher que cela. Ollivander rangea sa nouvelle mitraille dans un tiroir de son comptoir, et se retourna vers ses clients.

- Bien, à vous, monsieur Potter ! Commençons ! Bois de palmier, écaille de serpent du désert.

Le premier essai du jeune garçon fut parfaitement infructueux, ainsi que les cinquante suivants. A maintes reprises, Ollivander s'était assis à son comptoir et avait observé Harry d'un air Inquisiteur, au plus grand agacement de celui-ci, puis était reparti vivement en direction de sa réserve de baguettes.

C'est bien la première fois que je vois cela ! Qu'il est difficile ! S'il n'avait pas obtenues des réactions magiques à chaque baguette, je penserais qu'il est Cracmol ! Mais ce n'est pas possible, il est pourtant du premier Clan de la Caste des Sangs-mêlés… supérieur à moi-même !

Voyons, qu'est-ce qui pourrait lui convenir ? Le seul type de baguette que je n'ai pas essayé est celui qui fonctionne particulièrement bien avec les sortilèges de Magie Noire… Allons, jouons le tout pour le tout !

Ollivander se saisit alors d'une boîte de plomb, lourde de plus de quarante livres, et remplie de baguettes.

Si cela ne convient pas, je mange mon chapeau ! Ce sont les baguettes offrant la plus large marge de manœuvre de toutes mes créations !

Il revint alors rapidement en direction de son magasin.

En encore une demi-heure de temps, il battit tous les records de temps mit à s'occuper d'un client, après octante sept baguettes essayées. Une imposante queue attendait à l'extérieur, toutes et tous patientant pour obtenir leur propre artefact.

- Essayez celle-ci, Monsieur Potter, je suis intimement certain qu'elle vous conviendra !

Ce n'était que la octante-cinquième fois qu'il disait cela…

- Plume de Phénix et bois de Houx, vingt centimètres, robuste, adaptée à tous types de sortilèges avec une grande précision. Quelque peu caractérielle, toutefois.

Lorsqu'Harry remua sa baguette, lassé et fatigué par l'ambiance de ce lieu et par l'odeur de rat putréfié du vieillard, un superbe bouquet de fleur en jaillit, signalant qu'enfin, il avait trouvée SA baguette. Une étincelle illumina alors ses yeux.

Lorsque Daphné regarda la joie de son maître, elle eut tout soudain très chaud, et le trouva réellement très beau, malgré les hideuses lunettes qui le défiguraient.

- Monsieur, cette baguette vous convient parfaitement ! Déclama alors le vieillard arthritique qu'était Ollivander.

- C'est parfait, combien vous dois-je donc ? S'empressa de répondre notre jeune ami.

Une fois payée la somme demandée pour les deux baguettes, il s'en alla en prenant Daphné par la main, pressé de quitter cet infernal endroit.

Enfin sortis ! Pensa-t-il immédiatement, instantanément soulagé par le contact avec l'air extérieur.

Il ne fallut que quelques instants au couple pour traverser la rue et entrer dans une froquerie Sorcière.

- Bien le bonjour, monsieur, hurla plus que ne dit la couturière, en se précipitant sur ses clients.

- Bonjour, Madame… Jorkins, répondit Harry en observant un petit insigne de présentation accroché à l'opulente poitrine de la femme. J'aurais besoins de deux garde-robes sorcières complètes pour moi et mademoiselle ici présente.

La couturière et Daphné ouvrirent grand les yeux en entendant cela. La première car cela était un achat d'une impressionnante valeur, pour son petit magasin, et la seconde parce qu'elle n'était que simple esclave ! Au meilleur, l'on devait lui donner de simples guenilles, juste de quoi faire remarquer qu'elle n'était pas un Elfe de Maison ! Bien qu'elle tentât de ne pas trop le montrer, elle était fort étonnée intérieurement…

- B… bien, monsieur, répondit la vendeuse. Si vous me permettez, je vais prendre vos mesures. Mademoiselle, si vous voulez bien gagner la cabine d'essayage…

C'est ainsi que Harry passa plus d'une heure dans le seul magasin de vêtements. En tout et pour tout, il acheta trois capes sorcières –il préférait cela aux robes-, dix pantalons, pulls et maillots noirs, dix uniformes de Poudlard pour garçons de couleur noire, seulement deux chapeaux de sorcier de couleur noire –il avait d'ores et déjà horreur de ces machins pointus-, et plusieurs complets pour la vie de tous les jours. Outre cela, il prit pour lui-même maints sous-vêtements, pour enfin se sentir confortable, et s'occupa ensuite de Daphné. Pour elle, il prit à nouveau dix pantalons, dix pulls, maillots et uniformes de Poudlard, toujours noirs, et prit en plus dix robes –de véritables robes, pas des capes que l'on attache sur le devant- et dix jupes, sans oublier tout l'ensemble de sous-vêtements conseillés par la vendeuse.

- Vous me mettrez sur chacun un sortilège quotidien d'auto nettoyage et d'auto repassage, je vous prie, dit-il.

- Bien, monsieur.

- Et, auriez-vous aussi des sortilèges de renforcement du tissu, d'anti déchirures et autres ?

- Oui, monsieur, mon magasin offre un total de dix sortilèges de ce genre pour tous ses vêtements. Souhaitez-vous tous les avoir ?

- Tous, oui, s'il vous plaît.

- A votre service, monsieur !

- Et, auriez-vous un sac magique réduit pour que je puisse garder tout cela en poche ?

- Bien sûr, mon bon monsieur ! Voici, offert par la maison !

- Je vous remercie bien, répondit-il. Et voici votre dût…

Il paya alors l'exorbitante somme de mille deux cent douze gallions, trois Mornilles et neuf noises, avant de se retourner vers Daphné, nouvellement vêtue.

- Et bien, s'exclama t'il en souriant, voilà qui est déjà bien mieux que tes guenilles ! Ne trouves-tu pas ?

- Oui, répondit la jeune fille, gênée. Merci à vous.

- C'est tout naturel, voyons ! Tu n'as pas à être dérangée.

Ils sortirent alors rapidement de l'endroit. Se référant au plan du chemin de traverse qu'il avait acquis au Ministère peu de temps auparavant, il se dirigea alors en direction d'un autre magasin, dont le nom était fort aguicheur… Il y avait de noté là « Déguisements Magiques en tous genres ».

Pourquoi entrons-nous ici ? Se questionna Daphné, intriguée.

- Bonjour, dit Harry en entrant. Il y a quelqu'un ?

Personne n'était effectivement en vue…

- Bonjour, monsieur, que puis-je faire pour vous ?

Mais qui a parlé ? Se demanda Harry en regardant partout, vite suivit par Daphné.

- Le porte-manteau, Monsieur, continua la voix.

Effectivement, juste à côté de la porte se tenait un porte-manteau… un sorcier, en réalité.

- Pardonnez-moi si je vous ais effrayé, monsieur, je testais simplement un nouveau type de déguisements.

- Déguisements par illusions, n'est-ce pas ? Clarifia Harry, songeur.

A ces mots, il surprit grandement le vendeur.

- Vous connaissez, demanda celui-ci.

- Bien entendu, les Moldus en pratiquent depuis des décennies.

- Les Moldus ? Hum, cela m'étonnerais grandement que des sous-hommes parviennent à un si bon niveau que moi… mais pardonnez-moi, et que puis-je faire pour vous ?

- J'aurais besoin de deux déguisements très spéciaux pour moi et mademoiselle ici présente.

- De quel style ?

- Il faudrait qu'ils nous fassent ressembler à ce que nous serons dans une dizaine d'années.

- Hum, bien étrange demande, murmura le vendeur. Sans vouloir être indiscret, puis-je vous demander à quoi cela va vous servir, monsieur ?

- J'aimerais jouer une farce à ma famille, leur faire croire qu'ils ont dormi durant dix années.

De par une chance insolente, le marchand se révéla immédiatement un farceur invétéré, lorsqu'un florissant sourire orna tout soudain son visage.

- En ce cas, je pense que nous allons nous entendre ! J'ai deux modèles pour ce que vous m'avez demandé, monsieur. Pour le premier, il suffit de verser une goutte de votre sang sur une perle magique pour qu'une image immobile vous englobe. Ce système simple vous coûtera la somme de dix gallions par perle.

- Inadéquat, répondit Harry. J'ai besoin d'un système complet, une illusion captant mes mouvements et s'y adaptant.

- Nous en arrivons donc au second modèle, monsieur. Il lui faut toujours une simple goutte de votre sang, et vous devez alimenter l'artefact par votre magie interne. Cela affichera l'illusion de ce que vous serez plus tard. Vous devez néanmoins savoir que ce "ce que vous serez plus tard" correspond à votre métabolisme actuel. Tout dépendra ensuite de vos différentes actions au cours de votre vie.

- Je comprends, monsieur, répondit Harry. Et combien cela coûte t'il ?

- Monsieur, ce système est à vendre pour cent gallions l'unité, et nécessite une autorisation ministérielle d'usage.

- Hum, soit, alors, répondit Harry. Vous reprenez l'objet en cas d'insatisfaction du client ?

- Oui monsieur, j'offre une garantie de remboursement total d'une semaine.

- Fort bien, j'achète donc l'objet ! Mais s'il ne fonctionne pas, je serais de retour dès demain pour me faire rembourser.

- Je comprends parfaitement, monsieur. Vous serez satisfait, croyez moi bien !

Le vendeur prit alors deux colliers dans une étagère située juste derrière son comptoir.

- Voici les choses, monsieur. L'apparence de collier est simplement pour faire passer l'objet inaperçu. Seule l'émeraude centrale est enchantée.

- Cela est parfait, dit Harry, j'en prendrais donc deux.

- Veuillez tout d'abord signer ceci, Monsieur. J'enverrais ces attestations de propriété dès après-demain, si vous ne revenez pas d'ici là.

- Soit, répondit Harry en signant les documents officiels, et voici votre dût.

- Je vous remercie infiniment, mon bon monsieur ! Et voici vos achats !

Prenant les colliers qui lui étaient donnés, Harry en mit immédiatement un autour du cou de Daphné, juste autour de son collier d'esclave.

- Pour activer l'objet, vous devez simplement pointer votre baguette dessus et dire "activation", précisa le vendeur Pour désactiver, dites "désactivation", tout simplement. Vous devez tout de même savoir que ces déguisements sont très faciles à retirer par la force.

- J'y penserais.

Harry s'exclama alors, pointant le collier de Daphné :

- Activation !

La jeune fille disparut alors quelques instants durant du champ de vision de des hommes, se transformant en une sorte de brume dorée, pour réapparaître à l'image d'une plantureuse jeune femme. Ses cheveux blonds avaient poussés jusqu'à ses fesses, elle avait grandi de près d'une cinquantaine de centimètres, et son visage ne gardait qu'une très légère trace d'une enfance lointaine.

- Et bien dis-moi, Daphné, dit Harry, te voici devenue une très belle femme !

La jeune fille rougit à ces mots.

- Merci, murmura t'elle, gênée à l'extrême et ne sachant que dire à son propriétaire.

Celui-ci ne la lâcha pas du regard pendant de longues minutes, la détaillant en tous points.

Et bien, pensa t'il, si elle devient aussi belle par la suite, je ne suis pas prêt de m'en lasser ! Ni de la relâcher !

Harry testa à son tour l'étrange artefact, et se retrouva arborer une queue de cheval et de fines lunettes, le rendant bien plus séduisant que jamais auparavant. Satisfait, il laissa désactiva les déguisements, et ils quittèrent la boutique d'un pas vif.

- Allons, suis-moi, dit-il à son esclave.

Ils se retransformèrent presque immédiatement après, dissimulés dans l'ombre d'un porche abrité, et ressortirent dans la foule compacte du Chemin de Traverse.

Quelques instants plus tard, les deux silhouettes d'illusions qu'étaient devenus Harry et Daphné entrèrent sans aucune hésitation sur l'allée des Embrumes. Là, le nombre d'esclaves enchaînés à leurs maîtres et agenouillés au sol était encore plus grand que nulle part ailleurs…

- Bien, nous y voilà, dit Harry. Le magasin dit de la « Bibliothèque Interdite ».

Lorsqu'il avait découvert ce nom, sur la carte du Quartier Magique, il avait immédiatement été fort intéressé. Qui disait « bibliothèque interdite » disait forcément ouvrages rares, voir même interdits… non ? C'est donc avec une grande curiosité qu'il entra dans l'échoppe délabrée…

Lorsque lui et Daphné furent à l'intérieur, il sût de suite que son instinct ne l'avait pas trompé. Si l'endroit ne payait pas de mine vu de l'extérieur, il était bien mieux à l'intérieur. Magiquement agrandi, sa surface utilisable devait très certainement être dix fois plus grande que sa surface réelle, et elle était intégralement remplie d'étagères montant jusqu'au plafond, elles-mêmes débordant de livres.

- Bonjour, Monsieur, S'exclama alors une voix, juste à côté de Harry.

Tournant prestement son illusion corporelle en direction de celle-ci, surprit, notre jeune ami répondit :

- Bonjour, monsieur. J'ai été fort intéressé par la devanture de votre magasin. Pouvez-vous m'en dire plus sur son contenu ?

A la plus grande surprise d'Harry, il s'avéra alors que le vieillard visiblement centenaire qui faisait office de vendeur et de statue de garde était aveugle, ses orbites vides.

Bien, pensa Harry. Ainsi, en cas de défaut des illusions, il ne verra rien !

- Monsieur, dit le vieil homme, mon magasin, je le crains, n'est guère spécialisé. Je ne vends que ce que j'ai récupéré dans les différentes bibliothèques du pays. Vous pourrez trouver de tout, ici, des contes pour enfants jusqu'aux ouvrages les plus noirs, et tout pour la somme exacte de cinquante gallions pièce. Ce prix est abusif pour certains ouvrages, mais dérisoire pour d'autres, croyez m'en bien !

- Je vous crois sans peine, mon bon monsieur. Maintenant, excusez-moi, mais je vais aller jeter un coup d'œil.

Ce disant, il tira alors sur la chaîne de Daphné, l'amenant tout contre lui.

- Daphné, dit-il, tu vas aller explorer les étalages seule, d'accord ? Je veux que tu prennes absolument tous les livres potentiellement utiles pour un apprentissage magique. Tous, sans exception. Même si tu penses que nous en aurons en double. Compris ?

- Oui, répondit la jeune fille.

- Alors va !

Sur ces mots, il fit soudain tomber la chaîne et ordonna au collier de diminuer l'effet du Sortilège de l'Imperium, ne laissant que l'artefact de servage au cou de son esclave. Sans attendre, Harry lui donna un sac magique, et celle-ci se précipita à un bout du magasin, et commença à explorer méthodiquement tout ce qu'elle voyait.

Lui-même se dirigea alors à l'opposé de la boutique, et commença son exploration.

L'on dirait que ce magasin vend ce qu'il a récupéré dans d'anciennes collections… il y a même les restes de la bibliothèque de Poudlard ! Très intéressant !

Sans attendre, Harry se dirigea en direction de l'étagère réservée à l'école de magie.

Les ouvrages ayant été remplacés au fil du temps, donc, trop abîmés ou dépassés… mais ils sont très certainement encore fort intéressants ! Voyons… tout d'abord, les livres de cours réservés au second cycle ! Et ceux… réservés aux professeurs ? Impressionnant ! Si cela se trouve, je pourrais trouver des réponses à d'antiques examens sans me fatiguer ! Et… tiens, qu'est cela ? Hum, des anciennes formulations administratives… je pourrais m'en servir pour étudier les anciens textes de lois et trouver des ficelles. Cela me sera toujours utile ! Allons, je prends le tout !

A nouveau, il fallut plus d'une heure à Harry et Daphné pour dévaliser littéralement le magasin. A la fin, et après cinq sacs magiques, et plus de cinquante ouvrages, il revint en direction de Daphné, qui l'attendait à la caisse, discrète.

- Bien, qu'as-tu acheté, Daphné ?

- J'en ai pour septante ouvrage, répondit la jeune fille, honteuse de dépenser tant pour son maître.

Il allait la fouetter, c'était certain…

- Très bien, dit celui-ci en souriant, la surprenant, avant de s'adresser au vendeur. L'addition, monsieur, je vous prie.

- Donc, cent vingt ouvrages, monsieur, cela vous fera un total de six mille gallions, cher client.

En disant cela, le vieil homme se pourléchait les babines… Quelle excellente journée !

- Voici, répondit Harry sans hésiter, de sa voix illusoire, en déposant une bourse entière sur le comptoir. Gardez la monnaie !

- Merci infiniment, mon bon monsieur ! Revenez quand vous voulez dans ma boutique ! Vous y serez toujours le bienvenu !

- Je n'en doute pas un instant, murmura Harry, sous l'œil impressionné de Daphné.

La bourse contenait en effet mille gallions de plus que demandé… bon sang, ce gamin était-il aussi riche que le Ministère ?

Omettant volontairement de remettre sa chaîne de servage à son esclave, Harry et elle sortirent alors dans la rue, et entreprirent de quitter l'allée des Embrumes. Tout ce qui l'avait intéressé sur le plan du quartier était cette librairie, alors mieux valait partir, maintenant. Une personne si riche ne pouvait qu'attirer les convoitises, et il n'avait envie de finir ici, capturé par un esclavagiste avide ou par un voleur de bas chemin.

Retrouvant alors le Chemin de Traverse et son avenue principale, retrouvant leur apparence initiale, Harry dit :

- Allons, il est temps de revenir à la maison ! Tout cela est déjà pas mal pour aujourd'hui ! Suis-moi, Daphné !

Ils marchèrent alors d'un bon pas pour revenir au Chaudron Baveur. Mais, après quelques minutes de marche, Harry se stoppa soudainement…

- Hum, qu'est ceci ? Dit Harry à la vue d'une nouvelle boutique.

L'enseigne délabrée indiquait « De Bric et de Broc en Vrac »…

- Viens, dit-il à Daphné, entrons !

Une étonnante sonnette retentit alors dans le silence de la boutique. Un chant de Rossignol…

- Bonjour, il y a quelqu'un ? Demanda-t-il.

- Bonjour Monsieur ! S'exclama alors soudainement un portrait accroché au mur, juste devant le comptoir. Que puis-je faire pour vous servir ?

- Euh… je souhaiterais fouiner quelque peu…

- Allez-y, mon cher Monsieur, n'hésitez pas ! Et si vous avez besoin de conseils ou d'indications, demandez-moi, ou à l'un de mes employés !

- Euh, merci, répondit Harry.

Il était fort étonné par l'existence de portraits ainsi mouvants… et propriétaires d'un magasin, en plus ?

- Bon, suis-moi, Daphné. Et n'hésites pas à me le dire si tu vois quelque chose qui te plaît, ou qui te semble intéressant. D'accord ?

- O… Oui.

Harry eut un sourire en coin en pensant que la jeune fille le craignait.

Parfait, pensa t'il. Je n'aurais pas autant de mal que prévu pour réaliser mon projet la concernant, en ce cas.

Durant toute la demi-heure qu'il passa à farfouiller dans tous les étals de la boutique, Harry trouva maints objets et divers artefacts magiques qui lui paraissaient fort utiles. Il découvrit entre autres un détecteur de magie noire, un Discréteur –objet qui éliminait tous sons en provenance du porteur-, et des portes baguettes. Daphné lui conseilla timidement d'acquérir un Suiveur Magique –pour suivre son porteur à distance par instinct, tel un radar- et un Traceur Magique - pour savoir quels sortilèges ont été usités par la baguette équipée un certain temps précédemment défini-.

Il y en eut pour la somme relativement modeste –comparés à certains autres achats- de mille gallions.

Une fois tout payé, ils sortirent rapidement et ne firent que quelques mètres dans la rue, avant qu'une nouvelle boutique intéressante ne se fasse apercevoir.

- Un magasin de potionnisme ? Dit Harry, exprimant sa pensée à haute voix. Allons voir !

Des ingrédients seraient les bienvenus ! Pensa-t-il.

Ils entrèrent alors dans la boutique, bondée. Et là, à la plus grande stupéfaction de Daphné, Harry prit une dizaine de sacs magiques, et passa comme un éclair dans les rayons, se saisissant d'un paquet de chaque ingrédient, sans exception, même des plus chers, des plus exorbitants, des plus étonnants.

Il acheta ainsi, complet novice, maints livres expliquant les propriétés de chaque ingrédient, son origine, les mélanges à ne pas réaliser, sa stabilité, et maints autres détails. Il acheta un complet équipement de Potionniste, pour le prix exorbitant de dix-mille gallions, et en eut au final pour… cinquante mille gallions d'achat ! Le vendeur était réellement extatique.

Tant que j'y pense, se dit Harry, il me serait fort utile d'obtenir quelques potions déjà prêtes, histoire de m'amuser avec les Dursley

- Monsieur, dit Harry en revenant vers le comptoir, vendriez-vous par hasard quelques potions déjà réalisées ?

- Bien sûr Monsieur ! Je vends principalement les mélanges de bases déjà prêts pour les recettes compliquées, mais je vends aussi quelques médicaments.

- Auriez-vous des potions légèrement incapacitantes ? J'aimerais bien jouer une petite farce à mon grand-frère.

Tout en disant cela, Harry avait prit l'air du parfait enfant sage et innocent.

- Oui, j'ai cela aussi, Monsieur. Mais, puis-je avoir l'indiscrétion de vous demander à quoi cela pourrait bien vous servir ? Sans vouloir vous offenser, bien entendu.

- Je vous l'ai dit, pour jouer une farce à mon grand-frère.

Mais, sous le regard inquisiteur du Potionniste, Harry fut forcé de capituler, et il baissa la tête en rougissant, mentant de façon éhontée sans aucune difficulté.

- Euh… en fait, j'aimerais bien aussi l'embêter un peu, et le rendre malade. Il n'arrête pas de m'énerver !

Un sourire fleurit alors sur les lèvres du vendeur.

Ces enfants, tous les mêmes !

S'il savait…

- Soit, jeune homme, céda t'il. Mais je ne vous les vendrais qu'avec les remèdes, et limiterait leur puissance à une dizaine de minutes. D'accord ?

- D'accord ! Merci beaucoup, monsieur !

- Tout le plaisir est pour moi, jeune homme. Pour une boîte de deux livres de fioles diverses et variées, il y en aura donc pour la somme de trente gallions, tout rond.

Harry paya immédiatement le prix demandé, au plus grand étonnement du vendeur. Il ne pensait pas que ce jeune homme pourrait payer ainsi, si franchement !

Mais, une fois cela fait, Harry embarqua sans attendre ses nouveaux achats, et quitta les lieux en faisant signe à Daphné de la suivre.

Ils flânèrent encore quelque peu, se baladant parmi une foule qui ne commençait que légèrement à se réduire. Pendant plus de deux heures, Daphné fit visiter le Chemin de Traverse à Harry, elle lui parla de Pré-Au-Lard, la plus pittoresque ville entièrement sorcière d'Angleterre, lui indiquant par la même occasion que sa population de près de cinq cent milliers d'habitants vivait dissimulée dans un terrain d'une dizaine d'hectares seulement. Cela impressionnât le jeune homme, une telle puissance d'enchantements. Il se promit d'en apprendre bien plus à ce sujet.

Finalement, après un long arrêt dans un parc et de nombreuses discussions ainsi, où le statut d'esclave de Daphné fut totalement oublié par les deux jeunes, ce fut les poches pleines de sacs magiques réduits et ses bourses monétaires vides que Harry décida de revenir à la « maison ». Il leur fallut plus d'une heure pour cela, entre la foule du Chemin de Traverse et le Magicobus. Lorsque ce fut enfin fait, il faisait nuit, étant plus de vingt deux heures. Tous deux étaient affamés, n'ayant pas diné, et dévalisèrent rapidement le réfrigérateur des Dursley. Cela fait…

- Entre là dedans, dit Harry en veillant à ne pas réveiller sa famille. Dépêches-toi !

Il jeta littéralement son achat sous l'escalier, et se pressa de la rejoindre, refermant immédiatement la porte et ses dix verrous d'un lâche mouvement du poignet. Il se tourna alors vers son invitée…

- Que vas-tu faire de moi ? Demanda-t-elle, serrée contre Harry dans le placard sous l'escalier.

Ses sentiments sur cette fort étrange journée étaient réellement très divisés.

- Aucun mal, rassure-toi, répondit franchement le jeune garçon. Je t'ais achetée pour la simple raison que j'étais répugné de voir une aussi belle fille que toi être réduite en esclavage.

- Je l'ai choisi, dit-elle en rougissant au compliment.

- Non, répliqua immédiatement Harry, l'air sévère. Ce sont tes parents qui l'on voulu. Je suis absolument certain que tu aurais préféré gagner Poudlard parfaitement libre. N'est-ce pas ?

Il ne reçut aucune réponse, mais l'air gêné de son achat voulait tout dire.

- J'en étais sûr. Je t'ais donc acheté pour sept années, après quoi je préfèrerais payer les dettes de ta famille que te laisser retourner en esclavage. Mais il faut que tu saches que je veux tout de même rentabiliser mon investissement.

- Que veux-tu ?

Elle avait dit cela d'une voix fort appréhensive.

- Tout d'abord, répondit Harry, l'on va mettre quelques règles au point. En premier lieu, je veux que tu m'appelles Maître, Monsieur, ou encore Monsieur Potter. J'ai une petite préférence pour le premier, néanmoins.

- Bien, m… Maître, acquiesça difficilement Daphné, touchée dans sa fierté.

- En second lieu, je veux réellement que ton servage n'en soit pas un, que tu travailles pour moi dans la bonne humeur et avec bonne volonté. Si tu as un quelconque problème, je veux que tu me le dises. D'accord ?

- Bien, Maître.

- En troisième lieu, je veux que tu travailles le plus possible tes études. A la moindre mauvaise note, en pratique comme en théorie, je demanderais à ton collier de te punir. Suis-je bien clair ?

- Oui, Maître.

Il disait vouloir son bien, mais elle sentait qu'il avait une étrange façon de voir les choses… de toute façon, ce point ne la dérangeait pas le moins du monde.

- Et en quatrième lieu, ce que je te demanderais dès que nous serons tous les deux en privé, c'est de rester nue. Aucun habit d'aucune sorte. D'accord ?

Ceci n'était pas une question, et Daphné le comprit immédiatement. Elle répugnait de faire cela, mais elle n'avait pas le choix… elle ne voulait pas se faire torturer par les sortilèges de son collier !

- Bien, Maître, répondit-elle en ôtant rapidement ses vêtements, s'efforçant de ne pas pleurer de honte.

Elle apparut alors totalement nue sous le regard fort intéressé d'Harry. Ah, qu'elle était belle ! Et qu'il pouvait aimer cela, le corps féminin ! Même s'il n'était pas vraiment pour le système de l'esclavage, il devait bien reconnaître que celui-ci l'arrangeait. Il saurait bien l'apprécier avec le temps.

- Maître ?

- Oui, Daphné ?

Ce disant, il ne décollait pas son regard du corps gêné de son esclave.

- Pourquoi nous trouvons nous ici, dans ce petit cagibi ? N'y a-t-il pas d'autre lieu dans cette maison où nous pourrions être présents ?

- Pas pour l'instant, Daphné, répondit Harry avec un air contrit. Mais, dès que j'aurais appris quelques sortilèges impressionnants, je réglerais ce problème. Il reste un mois avant la rentrée à Poudlard, cela ne devrait donc pas poser de problème. En attendant, nous devrons rester collés l'un à l'autre…

Il affichât un grand sourire à la fin de sa phrase, à la plus grande gêne de son esclave…

Mais sur qui était-elle donc tombée ?

UMAP

Cinq août 1991. Jour sorcier du trois stévàd.

Il ne fallut pas plus de quelques jours à Harry et Daphné pour apprendre quelques sortilèges impressionnants, et légèrement incapacitants, à chaque fois que sa « famille » était absente. Il n'avait pas prévu de les utiliser, mais avait préféré prévenir que guérir… Ainsi, quatre jours après avoir achetée son esclave, notre jeune ami se leva bien décidé à faire enfin respecter sa loi dans la maison des Dursley. Il avait tant attendu cela !

- Bien, Daphné, dit-il après l'avoir réveillée. Aujourd'hui est venu le jour de te révéler. Rhabille-toi, je te prie.

Il n'eut pas à attendre bien longtemps pour que cela soit fait, malgré l'exiguïté du cagibi. Cela faisait quatre jours qu'elle était nue, et avait vraiment attendu de se rhabiller, même si elle commençait à s'y habituer.

- Bien. Maintenant, suis-moi. Nous allons préparer un petit déjeuner assez…spécial, pour ma chère famille.

Les potions qu'il avait achetées allaient enfin lui servir… pour son plus grand plaisir !

Ensemble, ils se levèrent alors, et Daphné grimaça en sentant ses os craquer de toute part tandis qu'elle se relevait enfin. Passer quatre jours pliée dans un si petit espace, c'était une vraie torture !

Déjà dans la cuisine, Harry s'empressa de cuisiner du Bacon et de cuire quelques œufs au plat, de sortir la confiture et le jus d'orange, le pain, puis les hamburgers triple-gras pour Dudley. En souriant, il s'aperçut qu'il restait encore un peu de ragoût de Bull-dog oublié au fond du frigo. En souriant cruellement, il le réchauffa et le mélangea au Bacon.

Une fois le repas préparé avec l'aide de Daphné, ils versèrent différentes potions dans les plats, après avoir tout de même prélevé de quoi se sustenter. Ainsi, le jus d'orange s'agrémenta d'une potion d'incontinence temporaire, le bacon se retrouva à frire en compagnie d'une potion de brûle ventre… les œufs au plat s'accompagnèrent d'une potion de constipation, et, enfin, le pain fut imbibé par un philtre de débilité.

Dans le cas des Dursley, cela les rendra sans doute plus intelligents… mais bon, qui ne risque rien n'a rien !

Une fois cela fait, il se retira et fit signe à Daphné de s'asseoir sur l'un des fauteuils du salon, et de patienter.

Les Dursley arrivèrent bien vite, et, satisfaits de ne pas voir Harry, prirent place à leur table et commencèrent immédiatement à se restaurer. Si, au début, Daphné n'approuvait pas réellement le petit piège de Harry, elle tomba soudainement d'accord en observant ces… barbares Moldus manger comme de véritables porcs. Dire qu'elle avait été élevée avec le respect de la nourriture ! Elle en était écoeurée !

Bien vite, les potions firent effet, et Dudley –le plus vorace- chuta au sol en se tenant le ventre et en flatulant sans retenue.

- Mon Dudlychounet ! Hurla soudain Pétunia, folle d'inquiétude. Que t'arrive-t-il ?

Elle se précipita alors au sol, en compagnie de Vernon.

Voyant cela, Harry se précipita, et enserra autour du cou des deux adultes les colliers d'esclaves qu'il avait achetés quelques jours auparavant.

- POTTER ! Hurla Vernon en sentant cela, et en se retournant tout soudain, hors de lui, les mains autour du cou.

Surgissant soudain, Daphné serra à son tour un collier au cou de Dudley.

- MAIS QUI C'EST, CELLE LA ? Hurla Vernon, en montrant la jeune fille du doigt.

- Elle se nomme Daphné Greengrass, répondit froidement Harry. Elle est mon esclave ! Et maintenant, voici les nouvelles règles ! S'exclama Harry. Tous les trois, vous dormirez désormais dans la même pièce, n'aurez jamais aucune pensée de révolte, et ne ferez jamais aucun mal à moi ou à Daphné, sans quoi vos colliers se chargeront de vous rappeler à l'ordre ! Voyez plutôt ce qui se produit…

- TU CROIS POUVOIR FAIRE LA LOI DANS MA MAISON ? TU ES COMPLETEMENT F…

Il suffit alors à Harry de penser vouloir punir sa famille pour que sa magie transmette ses ordres aux colliers… et que ceux-ci ne jettent à leurs porteurs de puissants sortilèges de douleur.

La torture des Dursley dura près d'une minute. Ce ne fut finalement que lorsque Dudley s'évanouit et s'urina dessus que Harry se décida à faire cesser son petit jeu.

- Désormais, cela arrivera à chaque fois que vous serez désobéissants, compris ? Et ne tentez pas d'arracher vos colliers, ils sont totalement indestructibles, et vous jetteraient immédiatement un nouveau sortilège de douleur. Et maintenant, répondez ! Qui est le maître, ici ?

Il ne reçut que des regards noirs pour toute réponse. Son oncle, encore tremblant, tenta de se jeter sur lui, mais sa capacité d'estimation de la distance faussée par la douleur, il s'effondra au sol juste aux pieds de Harry. Mécontent, celui-ci le frappa immédiatement d'un coup de pied au visage, lui fracassant le nez. Juste en passant… avant de lui faire à nouveau subir la punition du collier, durant plus de trois minutes. A la fin, Vernon était lui aussi évanouit, et Pétunia était blanche de terreur. Etais-ce réellement Harry, le petit Harry, à qui elle avait changé tant de couches, qu'elle avait nourri au biberon, qui faisait cela ?

- Tante Pétunia, emmène tes loques de mari et de fils dans ta chambre ! Ordonna Harry. Et n'en bougez pas avant demain matin ! Et désormais, c'est toi qui prépareras le petit déjeuner !

En voyant que sa tante ne bougeait pas, terrorisée, Harry l'encouragea de quelques secondes de punition, ce qui la décida immédiatement.

- Je préfère cela, dit Harry, avant de se tourner vers Daphné : Et maintenant, ma jolie, nous avons le champ libre ! Il est temps de commencer à travailler ! Avant la rentrée, nous devons avoir appris tout ce qui est prévu au programme de première année ! Au minimum !

Daphné ouvrit grands les yeux en entendant cela. Etait-il fou ? Ils n'en auraient jamais le temps !

Comme s'il avait entendu ses pensées, Harry dit :

- La volonté permet des miracles ! Allons, au travail !

UMAP

Chronologie de l'Histoire

Dates selon le Calendrier Grégorien

500 Apparition du langage dit « Athévèldèn ».

987 Fondation de Poudlard. Apparition du langage dit « Lìdalkèvdèn ».

999 Entrée en vigueur de la Loi de Dissimulation de la Magie.

1124 Fondation de l'école de Magie de Durmstrang

1136 Guerre des gobelins.

1138 Fin de la guerre des gobelins.

1420 Guerre gobeline.

1427 Fin de la guerre gobeline.

1549 Naissance de Magelus Soinner.

1600 Début du "Siècle des Lumières Sorcier".

1612 Magelus Soinner créée le calendrier dit « Soinnerien ».

1613 Magelus Soinner est élu Ministre de la Magie.

1614 L'Europe Sorcière adopte le calendrier dit « Soinnerien ».

1617 Magelus Soinner créée la profession d'Oubliator, afin de réguler la population des Impurs.

1619 Assassinat de Magelus Soinner par empoisonnement. Coupable non connu.

1672 L'école de Magie de Durmstrang devient un Institut et enseigne au niveau des Facultés.

1680 Fondation du Chemin de Traverse.

1692 L'Ecole de Magie de Poudlard enseigne au niveau des Facultés.

1699 Fin du "Siècle des Lumières Sorcier".

1712 Guerre gobeline.

1716 Fin de la guerre gobeline.

1885 Guerre gobeline menée par Ragnok I.

1886 Fin de la guerre gobeline.

1894 Mort de Ragnok I. Son fils, Ragnok II, devient le Seigneur des Gobelins d'Angleterre et du Royaume Uni.

1968 Lord Voldemort fait sa première apparition.

1977 Lord Voldemort déclare la guerre à ceux qu'il considère Impurs.

1982 Un accord entre Lord Voldemort et le Ministère de la Magie met fin à la Guerre. Lord Voldemort devient Président-Sorcier du Maggenmagot à vie, à la place d'Albus Dumbledore.