NVJM
UN MONDE A PART
Chapitre huitième : Descente aux enfers
"L'être humain est un animal paradoxal, parlant en herbivore, pensant en carnivore et agissant en anthropophage."Eönardë
Dès que la sensation de mal-être due au voyage en portoloin cessa, Harry se fit chuter en arrière, prévoyant ce qui pourrait arriver. Bien lui en prit, car il fut immédiatement la cible de deux élèves qui avaient été téléportés à ses côtés. Comme ce n'était pas des filles à son goût qu'il pourrait capturer ou tripoter, il n'hésita pas un instant, et usa de sa baguette pour assommer ses deux agresseurs. A sa grande surprise, ils furent non seulement bousculés, mais projetés dans les airs tout contre le mur situé derrière eux. Lorsqu'ils atteignirent celui-ci, un sinistre craquement retentit dans les airs, faisant crier de peur une jeune fille non loin.
J'arrive, ma jolie ! Pensa Harry en évitant de nouveaux sorts, et en s'élançant dans l'obscurité...
…
En un autre endroit des cachots, Hermione avait-elle aussi dût immédiatement faire face à une sauvage attaque de la part de plusieurs élèves racistes, qui avaient visiblement pour projet de s'unir pour exterminer quelques impuretés, pressés de procéder à leur première purification.
Estimant rapidement le niveau de ses adversaires de par les sortilèges utilisés, la vitesse, la précision et la puissance de ceux-ci, elle comprit qu'elle devait avoir affaire à un maître et à ses esclaves. En effet, seul un sortilège était dangereux, les autres étant visiblement scellés par une puissance asservissante.
D'un rapide coup de baguette, elle envoya un charme de stupéfixion, sort extrêmement utile qui permettait de plonger la victime dans une transe paralysante durant un temps proportionnel à sa puissance magique et à celle du lanceur. Elle visa sans hésitation celui qui semblait commander, et le toucha en un instant. Visiblement, il ne s'attendait pas à une réaction si rapide de la part d'une « impureté », qui était forcément moins puissante que lui… le choc de la vérité fut aussi dur que l'était le mur derrière lui. Lorsqu'un craquement retentit dans les airs, il n'y eu aucun doute qu'il s'était cassé quelque chose.
Voyant leur maître dominé en un instant, les esclaves ne prirent pas la fuite comme le pensait Hermione. Terrorisés et craignant d'être « purement punis » par leurs colliers de servage s'ils faisaient cela, il se prostrèrent au sol en tremblant, n'osant pas bouger.
C'est en voyant cela qu'Hermione comprit qu'il lui fallait immédiatement tenter le tout pour le tout, et essayer d'enlever son collier de servage. Harry l'avait encore sous son joug, malgré la distance les séparant.
Il y avait plusieurs moyens de se libérer, mais un seul était suffisamment rapide au vu de sa position actuelle. Il lui fallait parier sur la chance et le fait que son assommé était peut-être un Sang-Pur…
Si vous êtes de sang-pur et avez été impurement asservi, il vous suffit de déverser votre sang sur le collier de servage, avant d'ordonner : « Ouvre-toi pour libérer ma pureté ! ». Vous serez alors purement libéré de votre impur asservissement par les sortilèges et runes de reconnaissance magique et vocale.
Le créateur des colliers de servage, le purificateur Idarc ßohnlein, ne pouvait visiblement supporter l'idée que l'un de ses « purs » frères soit asservi. Aucun sang-pur digne de ce nom ne donnerait son sang pour libérer un esclave, la protection semblait donc infaillible. Mais, en étudiant les artefacts asservissants, Hermione avait découvert qu'aucun sortilège ou système quelconque n'empêchait un esclave de déverser lui-même le sang nécessaire…
C'est ainsi qu'elle se saisit d'un canif moldu qu'elle avait emmené avec elle, et s'approcha de sa victime. Celle-ci était encore évanouie, veillée par ses propres esclaves incapables de la moindre action tant leur cerveau avait été lavé par leur servage. Toutefois, elle se montra prudente et leur jeta un sort de Flipendo, qui les assomma violement en leur faisant faire un vol plané de quelques mètres. Ils ne seraient plus un problème pour un moment. Elle serait tranquille pour faire son petit travail…
…
Lorsqu'elle apparut à son tour dans les souterrains, Daphné eut la surprise de constater que c'était dans un lieu quelque peu incongru…
Un dortoir ? S'étonna-t-elle en zyeutant un alignement de lits luxueux. Comment ?
Sortant sa baguette rapidement, elle se jeta un sortilège d'audition améliorée, et écouta attentivement tout ce qui l'entourait. Rien ne semblait venir de chacune des trois portes reliées à la présente pièce, et rien non plus ne se faisait entendre à l'endroit même.
Bon, réfléchis Daphné. Déjà, tache de savoir où tu es. Ensuite, arrange-toi pour piller un maximum d'objets utiles. Si nous sommes vraiment dans une auberge, alors il doit y avoir de quoi faire.
Se déplaçant furtivement, elle ouvrit l'une des portes et découvrit une salle de bain de grand luxe. Ce n'était pas bien intéressant, mais elle ne put s'empêcher de fantasmer face au bain assez grand pour accueillir une dizaine de personnes.
J'aimerais bien m'y détendre en compagnie de maître Harry…
Elle rougit alors de confusion, et s'efforça de retenir ses pensées. Ce serait peut-être possible un jour, mais l'heure était à la survie ! Elle était certes de Sang-Pur, mais du fait de son statut d'esclave, certaines personnes n'hésiteraient pas à la liquider le plus sadiquement possible.
Voyons la seconde porte…
Ouvrant celle-ci, elle eut la surprise de découvrit une petite infirmerie.
Merveilleux ! Voyons vite s'il y a des potions ou d'autres machins utiles !
Elle se précipita sans méfiance droit en direction d'une massive étagère… et n'ouï que trop tard le petit déclic qui retentit lorsqu'elle posa son pied sur un symbole runique gravé au sol. Avant de pouvoir comprendre ce qui lui arrivait, elle disparut soudainement, propulsée par une force inconnue tout contre une trappe dissimulée dans le plafond.
…
Depuis seulement quelques minutes qu'il était arrivé sur le lieu de l'épreuve, Harry avait déjà fait bien des dégâts. Visiblement, les élèves étaient transportés selon un plan aléatoire. Si certains apparaissaient seuls dans un large périmètre, d'autres se retrouvaient par dizaines dans un seul et même.
Alors qu'il était parti à la recherche d'une fille à assommer et tripoter en attendant de retrouver Daphné, il était tombé sur un tel regroupement… malheureusement pour lui, il n'y avait là que des sang-pur. A n'en pas douter, les professeurs avaient réunis la majeure partie d'entre eux au même endroit afin de leur permettre de s'allier, et donc de multiplier leurs chances. Autrement dire que notre camarade avait été la cible immédiate d'une flopée de sortilèges divers et variés.
Il ignorait si cela était dût à sa croissance naturelle, à l'excitation du moment, à son auto-charcutage ou à ses vêtements runiques, ou encore à un subtil mélange du tout, mais ses sortilèges étaient largement plus puissants que peu de temps auparavant. Un seul expelliarmus lui suffisait pour assommer non pas un mais cinq adversaires. Certes, le fait qu'ils n'excellent que dans le domaine de la médiocrité jouait aussi… mais cela restait étonnant.
Il devait bien y avoir une cinquantaine de sang-purs à sa portée, dont près de la moitié de filles, dont environ le quart correspondait à ses « critères de tripotage ». Ce seul fait suffit à le convaincre de combattre sans hésiter. Avoir six ou sept jolies filles dans un harem momentané ne serait pas de refus !
Profitant de l'effet de surprise de son tout premier sortilège, il jeta dans les airs une boîte de poil à gratter qu'il avait jadis dérobée à Dudley. Il la visa en plein vol par un sortilège d'explosion, projetant son œuvre sur presque tous ses adversaires et gagnant ainsi un temps prochainement précieux. Après tout, si les filles se tripotaient elles-mêmes, il n'y aurait aucune raison pour qu'il ne les aide pas… Non ?
Dès son œuvre faite, il se dépêcha de se cacher derrière le renfoncement de mur du couloir par lequel il était arrivé. Fort heureusement, celui n'était pas une ligne droite arrivant immédiatement au repaire des Purs. Il aurait d'ores et déjà perdue la partie, sinon.
Bien lui prit de s'être mit à l'abri, car il sentit presque immédiatement plusieurs dizaines de sorts en tous genres heurter l'endroit où il s'était tenu un instant plus tôt. Aux lueurs, il put reconnaître sans peine quelques sortilèges de mort…
Bien bien, nous allons voir ça ! Préparez-vous les filles, j'arrive !
Profitant d'un bref instant de relâchement du bombardement de ses adversaires, ceux-ci croyant certainement à son anéantissement, Harry se révéla à nouveau jeta immédiatement trois sortilèges de chatouillis suivis par trois autres de stupéfixion sur les mêmes cibles. Ainsi, si leurs camarades mettaient un peu trop longtemps à les réanimer, l'intensité des chatouilles serait telle qu'ils finiraient par s'évanouir à cause du manque d'oxygène. Sans compter avec la gêne due au poil à gratter, qui ne devrait pas tarder à se révéler.
Alors qu'il était pour la seconde fois victime d'une sauvage attaque, Harry remarqua que celle-ci était bien moins forte que la précédente. Soit il avait touchés les meilleurs de ses adversaires, soit sa stratégie commençait son effet.
Pariant sur cette possibilité, il se jeta un sortilège protecteur avec toute la force qu'il se sentait capable de mettre, et se précipita à la rencontre des attaques de ses adversaires.
Il avait visiblement parfaitement menée sa stratégie, car aucun sortilège ne parvint à ne serait-ce que fissurer sa défense. Certains d'entre eux étaient même si faibles qu'ils étaient absorbés et ne faisaient que la renforcer !
C'est avec un sourire sadique qu'Harry se prépara à concevoir un petit groupement de filles à son goût. Il avait amené avec lui les deux colliers de servage qu'il lui restait, et n'hésiterais pas à acquérir celles qui lui plairaient le plus…
…
S'approchant de sa victime évanouie, Hermione la traîna par les pieds jusqu'à un renfoncement de mur, afin d'éviter d'être vue par un intrus potentiel. Elle ignorait la taille des souterrains du château, mais près d'un millier d'élèves et une absence de rencontres était un fait fort improbable…
Dissimulée dans les ombres, elle s'accroupit et se saisit sans hésitation du poignet droit de son camarade. Le maintenant en l'air, elle ferma les yeux et trancha dans le vif, s'efforçant d'abrutir ses sens un instant pour ne pas entendre la lame s'exécuter, puis posa son couteau au sol et se pencha pour que le flot de sang inonde son collier.
Elle frissonna en sentant le chaud liquide s'écouler sur son cou, s'infiltrer sous ses vêtements et tremper ses cheveux. Pourvu que tout cela fonctionne ! Elle se répugnait à faire une chose pareille !
Le manuel d'Idarc ßohnlein ne disait pas combien de temps et de sang était nécessaire pour que le collier s'ouvre, aussi Hermione répéta-t-elle plusieurs fois, à peine plus fort qu'en murmurant, la phrase idiote typiquement fanatique qu'il était conseillé de prononcer : « Ouvre-toi pour libérer ma pureté ! Ouvre-toi pour libérer ma pureté ! Allez !»
Le sang coula durant plus d'une minute, au point qu'Hermione s'inquiéta de ce qui pourrait arriver à sa victime. Heureusement, elle avait achetées des fioles de potion de régénération sanguine aux boutiques du rez-de-chaussée…
Elle commençait à désespérer et allait retirer la main de son calice lorsqu'un déclic retentit dans les airs, en même temps qu'une pression soudaine s'ôtait de son cou. Et le collier de servage tomba au sol, désactivé.
…
Lorsqu'elle parvint à revenir à la réalité, Daphné remarqua qu'elle se trouvait désormais dans une cellule, au beau milieu d'un cachot lugubre. La trappe par laquelle elle était arrivée s'était refermée, laissant un sol parfaitement lisse.
Et mince, j'aurais dût faire plus attention ! Pourvu que maître Harry me punisse ! Je le mérite vraiment !
Ses pensées sadomasochistes en tête, elle se laissa aller à un sourire de pure joie, avant de soudain revenir à la réalité en entendant un hurlement de douleur non loin.
En un instant, elle se précipita droit sur les barreaux de sa prison, et secoua de toutes ses forces la poignée de la porte métallique. Mais celle-ci était malheureusement fermée. Il n'y avait qu'un simple loquet, mais même un novice en matière de magie remarquerait qu'il était gravé de runes d'identification magique provoquant un puissant sortilège de douleur au moindre prisonnier tentant de l'ouvrir.
Dans les cachots, un second hurlement retentit, plus puissant, plus proche, vite suivit d'un autre encore.
Mais qu'est-ce qui se passe ? Se demanda-t-elle en commença à prendre peur.
La réponse lui parvint quelques minutes après lorsqu'elle ouït un groupe approcher. Visiblement, ces élèves avaient fait alliance. Une telle chose n'était étonnante : chacun mettait ses talents au service du groupe pour avoir une chance plus importante de finir à une bonne place.
Je veux aller avec maître Harry ! Je veux aller avec lui ! Il est si merveilleux que nous ne pouvons que finir les premiers !
Ses suppliques ne furent toutefois pas entendues. Les inconnus parvinrent bien vite à sa cellule, et pointèrent immédiatement leurs baguettes en sa direction, espérant certainement pouvoir torturer quelque impureté.
Daphné s'étonna grandement de l'identité des nouveaux venus. Elle ne se serait jamais imaginé que des incapables dans le genre de Malfoy, Crabbe et Goyle parviendraient à rester en lice jusqu'à ce point ! Ils n'avaient très certainement pas rencontrée la moindre résistance.
- Qu'œillons-nous là ! S'étonnèrent Draco (I). Une Sang-pure encellulée ? Quelle vilénie ! Nous irons relater nos déplaisirs aux précepteurs dès le déclin du cycle et la fin de cette composition !
Ce crétin pense qu'il va finir en moins d'une journée ? Et bien voyons !
- Nous saluons, Noble Damoiselle Greengrass, dit Malfoy en faisant un dédaigneux signe de la tête. Nous sommes Draco Malfoy, sorcier au Sang-pur depuis aussi longtemps que puisse s'en souvenir la pureté, et nous sommes la famille la plus prestement descendante de notre Père Initiateur.
Daphné ne répondit rien à cela. Que lui importait ce pedigree ! Elle décida toutefois de se montrer polie. Après tout, elle était du mauvais côté de la barrière… et elle avait beau être bien plus douée qu'eux, à une contre trois elle avait peu de chances…
- Nous vous saluons Maître Malfoy, dit-elle en s'inclinant profondément. C'est un incommensurable honneur pour notre pureté de rencontrer un pur tel que vous.
Ces quelques mots suffirent visiblement à doper l'égo déjà surdimensionné de l'albinos. Daphné n'eut même pas besoin de lui demander de la libérer, puisqu'il fit signe à ses deux purs acolytes d'ouvrir la grille. Il leur fallut un long moment pour trouver comment faire.
Mais quels crétins ! Ne voient-ils pas qu'ils sont incapables d'user de leur baguette, et qu'il n'y a qu'un loquet à soulever pour me libérer ? Mais où va le monde ?
- Votre parlé ne vous honore point, Damoiselle, mais votre beauté éclipse celle de mes plus désirables purificatrices. Allons, laissâtes-nous vous désengeôler ! Nos puretés respectives sont d'une complémentarité exemplaire.
Je ne sais pas ce qui me retient de le castrer une bonne fois pour toute ! Quel crétin ! Et il ose se dire de sang-pur ? Maître Harry est infiniment meilleur que lui !
- Nous vous remercions infiniment, Maître Malfoy, minauda Daphné en clignant des yeux le plus vite qu'elle le pouvait. Dûmes-nous braver l'Impureté, nous vous glorifierons éternellement pour votre magnanimité !
Comme cela était prévisible, Draco se rengorgea une nouvelle fois, juste au moment où ses chiens comprenaient comment ouvrir la cellule. Afin de presser le mouvement –et parce qu'elle connaissait quelque peu les plus purs rites qui soient- Daphné entreprit d'écarter les pans de sa jupe et les boutons de sa chemise.
L'effet fut immédiat, et les yeux des trois incapables s'écarquillèrent à la vue de ce qui voulait dire, en langage étiqueté sang-pur, « priez purement avec moi ». En quelques secondes, juste au moment où elle allait se retrouver à moitié nue, Daphné fut libérée.
- Voici, gente demoiselle, dit Draco en commençant à baisser son pantalon, nous…
Mais il ne put finir sa phrase, surprit dans sa tentative de prière par un sortilège d'entrave… en un rien de temps, lui et les deux zombies qui l'accompagnaient furent projetés au mur et se retrouvèrent assommés.
Ouf, soupira mentalement Daphné, une bonne chose de faite ! Heureusement que j'ai pu m'en débarrasser, je n'imagine pas ce qu'ils m'auraient fait autrement ! Même maître Harry n'a jamais retiré son caleçon !
A ces pensées, une soudaine rougeur parue sur les joues de la jeune esclave. Pourvu qu'il la choisisse elle pour pratiquer sa première prière !
J'arrive, maître Harry ! Hurla-t-elle mentalement.
Et elle se précipita une nouvelle fois à la recherche de son idolâtré, prenant juste soin d'incapaciter pour quelques heures les bijoux de famille de ses libérateurs…
…
En tant que maître, les colliers de servage qu'Harry avait achetés entretenaient avec lui une relation légilimencienne automatique. Grâce à elle, il était immédiatement prévenu de tout un panel d'informations en rapport avec ses esclaves, entres autres lorsqu'il souhaitait savoir ce qu'elles faisaient ou lorsqu'il y avait un problème.
La tentative d'Hermione pour enlever son collier ne passa pas inaperçue. Dès qu'elle versa du sang dessus, une alarme retentit dans la tête d'Harry et lui rendit compte de ce qui se passait.
Grâce à des runes de vision, il aperçut son esclave en train de mettre un œuvre un moyen de libération, et comprit en un instant qu'il avait été joué tout du long par son obéissance feinte. Et lui qui pensait l'avoir rééduquée comme il l'avait fait avec Daphné !
Fort heureusement, il avait prévu la possibilité de capturer un nouvel esclave au cours de l'épreuve, et avait emporté avec lui deux colliers supplémentaires… Dès qu'il retrouverait sa rebelle, il lui ferait définitivement passer l'envie de se libérer !
…
Hermione regarda son collier de servage tomber avec une joie infinie. Elle l'avait porté si longtemps autour de son cou, s'écœurant de cette vision, s'obsédant à trouver un moyen de le dissimuler… le voir maintenant au sol, maculé de sang, était une vue morbide à laquelle elle ne pouvait s'arracher.
Il le fallut pourtant bien lorsque des cris retentirent soudain, non loin de sa cachette. Immédiatement alerte, elle s'empressa de combattre l'abrutissement latent dût à ses actes, et mit en œuvre ce qu'elle avait mentalement prévu.
Pour commencer, elle jeta un sortilège de cicatrisation à sa victime et lui fit avaler une potion de régénération sanguine. Suivit ensuite une de sommeil, puis une de fatigue –obtenue auprès de deux esclaves nommés Weasley- et une enfin qui le rendrait confus durant plusieurs jours. Ainsi, nul ne le croirait s'il prétendait avoir été attaqué par une esclave. Les règles de l'examen autorisaient certes cela, mais il n'y avait pas à douter que maintes personnes torturaient sans hésiter quiconque aurait osé toucher à un sang-pur.
Levant sa baguette à nouveau, elle jeta un sortilège de nettoyage qu'elle avait appris sur le tas, comme tout bon esclave se doit de faire, et sortit ensuite de son sac à dos des vêtements propres plus adaptés à ses besoins. Pendant tout le temps qu'avait durée la première année, elle n'était pas restée inactive. Tandis qu'Harry confectionnait sa combinaison de dieu vivant, elle avait eu une idée quelque peu semblable mais à l'utilité bien plus justifiée.
En faisant croire qu'elle voulait laver le linge de quelques personnes, elle avait dérobés divers vêtements qu'elle avait secrètement découpés et réarrangés à sa façon. Pour les sous-vêtements, elle avait jetés divers sortilèges médicaux utiles pour contrer les problèmes que rencontraient les jeunes filles. Au niveau du pantalon, elle commença par en enfiler un très près du corps. Il était équipé de maintes runes enchantées de manière à la protéger des coupures, contusions, changements de température et autres soucis dans ce genre. Un sortilège d'imperméabilité avait aussi été prévu, au cas où elle doive plonger sous l'eau. Les pieds étaient recouverts par des chaussettes de cuir faisant partie intégrante du pantalon, et étant enchantées de la même manière avec en plus de puissants sortilèges de silence, d'anti-trace, d'anti odeurs et de stabilité. Une pièce de conception semblable lui recouvrait le buste, toute aussi proche du corps, et était munie de gants rétractables et d'une capuche, elle-même équipée d'un masque transparent.
Cette première couche de vêtements agissait comme une armure pratique. De la même façon qu'Harry, elle avait l'intention de la porter indéfiniment, peut-être des années sans l'enlever. C'est pourquoi elle avait écrit dessus une masse de sortilèges de nettoyage personnel. Un portoloin automatique et à répétition indéfinie fonctionnant avec sa magie se chargeait d'envoyer au loin tous ses déchets corporels. En cela, elle était plus paranoïaque encore que son asservisseur.
Par-dessus tout cela, elle enfila une armure de coton rembourrée de plusieurs épaisses couches de caoutchouc couvertes de runes sur les deux faces. Toutes ces inscriptions avaient pour but de la protéger des sorts en les détournant, en diminuant leurs effets ou même en les annulant tout simplement. A la confection, cette armure était épaisse de plus de dix centimètres, mais un sortilège couturier très pratique servant à affiner le tissu était passé par là, le rendant épais de guère plus d'un dixième de millimètre, le tout sans entamer l'efficacité des runes.
Après cela venait un artefact quelque peu spécial dont elle avait eue l'idée. En regardant tout autour d'elle, elle avait remarqué que toutes les femmes étaient magiquement refaites à un très jeune âge, se promenant en arborant une poitrine proéminente qui formait un écœurant paradoxe avec leur jeunesse.
Hermione avait bien compris qu'apparaître elle aussi avec des seins refaits serait bon pour l'image d'esclave soumise qu'elle comptait se donner. Elle avait donc conçues deux poches de feutre ayant la forme d'une poitrine afin d'y dissimuler diverses choses qu'elle pourrait constamment avoir sur elle. La contenance de ces véritables réservoirs était plus de cinquante fois supérieure à ce qu'elle paraissait être, et lui donnait ainsi deux lieux de stockage plus grands que le plus pratique des sacs à dos. Pour la taille extérieure, il lui suffirait de la régler en fonction de ses souhaits et de la mode à laquelle il lui faudrait se soumettre. Si la tendance était à la pédophilie, une petite taille serait de rigueur, autrement il lui faudrait peut-être paraître être prête à allaiter.
Par-dessus ces premières couches de vêtements, elle avait fait en sorte de pouvoir revêtir un troisième tissu… celui-ci n'avait pas de quelconques protections… en vérité, il était équipé pour prendre la parfaite apparence du corps de son porteur. Une fois cette tenue revêtue, vous donniez l'illusion d'être dans le plus simple appareil. L'effet était pratiquement parfait : le corps du porteur n'avait pris volume que de moins d'un millimètre, ce qui passerait inaperçu pour quiconque ne vous connaissait pas mieux que vous.
Paranoïaque sur bien des sujets et tenant à rester elle-même, Hermione avait aussi fait en sorte de protéger sa vertu. Si quiconque tentait d'abuser d'elle, un micro-sortilège de décalage dimensionnel la protégerait. Il s'agissait là du même système de portes qui reliaient entre elles les différentes rues du Chemin de Traverse : tout chose traversant cette porte était quasi-instantanément transportée à la sortie d'une seconde porte, si rapidement que s'en apercevoir était presque impossible. En l'occurrence, si un homme tentait de la violer, tout morceau de chair entrant en ce qui paraissait être elle se retrouverait en réalité à violenter un jouet sexuel qu'elle avait chapardé à un camarade masculin en manque. L'objet était dissimulé à l'intérieur d'un sac réduit à la taille d'un caillou qu'elle avait caché à l'intérieur d'une de ses poches mammaires.
Enfin, sur tout cela, elle revêtit des vêtements moldus, infiniment plus pratiques que la mini-jupe fendue de l'uniforme réglementaire et que la robe hideuse chargée de les protéger du froid durant l'hiver.
Hermione avait enfilée sa combinaison en un rien de temps, et se retrouvait maintenant à paraître parfaitement « normale ». Zyeutant le couloir où elle se trouvait, elle se rendit compte que les cris périodiques qu'elle entendait se rapprochaient d'elle assez rapidement. Visiblement, une véritable bataille était en train de se jouer, et l'un des camps reculait.
Il lui fallait partir en vitesse, mais elle avait encore à faire un petit quelque chose. Sortant une fiole de sa fausse poitrine, elle se pencha sur les vêtements maculés de sang qu'elle portait encore il y a quelques minutes. Les pressant, elle récolta une bonne quantité de liquide carmin, puis fit de même avec d'autres substances corporelles telles que des cheveux, des morceaux d'ongle et de peau, de la salive et même quelques crottes de nez. Bien qu'elles eurent quelques utilités en potionnisme et soient considérées comme des ingrédients à part entière, elle ne collecta pas d'urine ou de semence. A douze ans, elle ne se sentait pas encore prête à faire ce genre de choses.
Cette récolte lui serait peut-être un jour utile, qui sait ? Comme moyen de chantage ou pour divers usages, se faire passer pour cet inconnu ou obtenir des choses de lui pourrait être d'une importance capitale. Même si elle ignorait qui il était.
…
Ce qu'Hermione et la plupart des élèves ignoraient, c'est que l'épreuve ne se déroulait pas sans surveillance. Le fait de finir premier n'était pas le seul facteur de notation : les pouvoirs et les capacités diverses que vous mettiez en œuvre faisaient l'objet d'une appréciation et vous apportaient un bonus de points conséquent.
Par le biais de sortilèges de surveillance runique et de charmes statistiques, une équipe d'employés du château était chargée de repérer les potentiels talents, et aussi de faciliter la tâche aux élèves ayant payé pour cela.
Divers corps de métier étaient représentés au sein de cette équipe. Il y avait des experts en métamorphose, des Médicomages, des Potionnistes, des Herboristes, et même quelques Aurors parmi ceux qui étaient chargés de surveiller et protéger le château.
Parmi eux se trouvait une nouvelle recrue en formation, une dénommée Nymphadora Tonks. Elle avait eu l'honneur de pouvoir participer aux examens de fin d'année par la grâce des talents dont elle avait maintes fois fait la preuve. L'argent, la renommée et l'influence de sa famille n'avaient même pas eu besoin d'entrer en compte.
Sur les écrans magiques qu'elle était chargée de surveiller, il ne se passait pas grand-chose d'intéressant. Quelques esclaves qui se faisaient torturer, des alliances et d'anodines batailles… pour l'instant, personne n'avait montré le moindre intérêt à ses yeux. C'est pour cette raison qu'elle se montra soudain fort intriguée par ce qu'il se passait dans un sombre recoin. Une jeune fille visiblement esclave avait réussi à neutraliser un Pur et sa troupe d'esclaves malgré les sortilèges de restriction magique de son collier. Ce fait était à noter, prouvant à lui seul que la personne ayant fait cela était puissante.
Tonks n'était pas réellement raciste. Elle avait horreur des Moldus parce qu'elle était répugnée par leur absence de magie, mais elle ne considérait pas qu'il fallait pour autant les éliminer. Et, selon elle, les nés-de-Moldus étaient une véritable bénédiction de la nature : les soumettre ou les tuer comme cela était actuellement pratiqué n'était pas pour lui plaire. Elle considérait cela comme un immense gâchis.
D'un habile coup de baguette magique, elle réorienta les champs de vision des runes qu'elle était chargée de surveiller, et se dit qu'il faudrait qu'elle entre en contact avec cette jeune fille… elle aimait grandement les esclaves débrouillards. Faire en sorte qu'elle ne puisse pas de nouveau se libérer ne serait pas bien compliqué. Un Impérium et un serment magique de fidélité, et le tour était joué…
FIN DU CHAPITRE
I. Avec Draco et ceux de son « rang », il y aura toujours l'usage du pluriel de majesté (« nous » au lieu de « je »). Aussi étrange cela puisse paraître…
