NVJM

UN MONDE A PART

Chapitre Neuvième : Vivre ou Survivre

« La Défaite est la meilleure victoire de l'humilité, La Victoire est la pire Défaite de l'efficacité. »

Nous étions désormais le trois juin, le lendemain du commencement des examens spéciaux de fin d'année. Pour Hermione, la première nuit passée à dormir dans les cachots avait été horrible, dans tous les sens du terme. Sans cesse réveillée par des mouvements furtifs, par des hurlements ou par sa peur, elle n'avait pas aligné plus d'une dizaine de minutes de sommeil avant de se retrouver à devoir être alerte à nouveau, prête à devoir défendre chèrement sa vie.

La veille au soir, elle avait déniché un renfoncement de mur visiblement destiné à recevoir une armure. Placé dans un lieu peu fréquenté, c'était là le meilleur endroit qu'elle pouvait espérer trouver pour se reposer. Elle avait placé autour d'elle différents pièges de toutes sortes, Moldus ou magiques, et avait lancés une succession de sortilèges de discrétion. Mais malgré cela, son angoisse à l'idée de voir arriver un Harry furieux était telle qu'elle ne trouva que difficilement le sommeil.

Lorsqu'un sortilège horaire (I) lui indiqua qu'il était presque cinq heures du matin, elle décida de se lever. Rester trop longtemps au même endroit n'était pas bon, et avec de la chance, elle pourrait éliminer plusieurs adversaires durant leur sommeil… le fait qu'ils soient sans défense n'était absolument pas un problème. Dans une bataille, l'honneur occupe toujours les dernières places.

Durant plus d'une heure, elle erra silencieusement, dissimulée à l'ouïe d'autrui par sa prudence et ses chaussures enchantées. Ce temps durant, elle neutralisa près de cinquante adversaires par la grâce de sortilèges de stupéfixion bien placés. Elle en profita aussi pour agrémenter ses réserves stratégiques de morceaux d'eux-même : cheveux, peau, ongles, larmes, sueur… tout cela lui permettrait beaucoup, elle en était certaine. Elle rangea tout dans ses faux seins, dans une mini-armoire magique qui offrait des centaines et des centaines de compartiments. Acheter cet objet n'avait pas été bien difficile… Harry lui avait demandé d'aller lui en chercher une aux magasins du rez-de-chaussée de Poudlard, et avait fournie une forte somme d'or, ne connaissant pas la valeur précise de son désir. Elle en avait donc profité pour s'en acheter une elle aussi…

Profitant aussi d'être relativement tranquille, elle pilla tout ce qui semblait être utile. Quelques petites réserves de nourriture furent vite acquises, tout comme une certaine quantité de potions en tous genres, d'objets divers et variés… elle n'hésita même pas un seul instant pour déposséder de leurs bijoux ses camarades féminines. Celles de sang-pur arboraient généralement assez de métaux précieux pour que la totalité de sa collecte lui permette de décorer un sapin de Noël.

Il était huit heures du matin lorsqu'elle eut à affronter ses premiers adversaires. Elle n'était visiblement pas la seule a avoie eue la présence d'esprit de se lever plus tôt qu'il n'était considéré comme décent. Non loin d'elle, ce qui lui paraissait être un esclave Irrépartissable s'occupait à chercher de la nourriture parmi les corps endormis de ses camarades.

Hum, pensa-t-elle. Qui dit esclave Irrépartissable dit absence totale de maître durant l'épreuve… si je parviens à faire miroiter la promesse d'une belle récompense de la part des professeurs pour quelques belles réalisations de sa part, alors je pourrais me le mettre dans la poche… au moins pour un moment, peut-être même pour longtemps si nous l'emportons ! Il faut que je tente le tout pour le tout…

Elle s'approcha alors de sa cible, veillant à apparaître en se tenant derrière elle pour profiter d'une effet de surprise et donc d'un avantage en cas de réaction négative.

- Bonjour, dit-elle simplement.

Ce simple mot sembla être la fin du monde pour l'esclave. Il sursauta jusqu'au plafond, lâchant un cri effrayé et laissant tomber au sol tout ce qu'il portait. Tout tremblant, il se retourna en s'affalant au sol, terrorisé à l'idée de se faire torturer pour ce qu'il avait fait. Il avait les yeux fermés, la tête basse, les mains jointes, et ne cessait de murmurer « pitié, pitié ! ». Il était visiblement un adepte de la torture.

- Qui es-tu ? Demanda Hermione, circonspecte.

Une voix tremblante lui répondit faiblement :

- Je… je m'appelle Neville Londubat… pitié !

Daphné s'était endormie malheureuse dans un coin de couloir, épuisée par sa recherche constante de son maître. Recherche qui s'était malheureusement révélée infructueuse.

Son collier ne la reliait pas à Hermione, mais les sentiments qui lui parvenaient de son maître lui indiquaient qu'il était furieux. Dans son esprit soumis, cela était de sa faute, du fait qu'il ne pourrait s'occuper d'elle en l'admirant comme c'était leur habitude.

Pourvu que maître Harry me punisse, pensait-elle, pourvu qu'il me punisse…

Son sommeil fut à son image, grandement agité. Après près d'une année passée à dormir aux côtés de son maître dans le même lit, puis après avec Hermione en plus, elle s'était habituée à une rassurante compagnie. A présent, elle avait grand peur des ombres qui se mouvaient à la lueur des torches.

La veille, après avoir soignées les pulsions religieuses de Malfoy et de ses deux chiens de garde, elle s'était aventurée loin au cœur des souterrains du château, furtivement, à la recherche intensive de son précieux maître. Pendant un temps, elle n'avait rencontré personne d'autre que quelques esclaves plus morts que vifs, encellulés comme elle l'avait été. A n'en pas douter, pour atterrir ici, ils avaient dût commettre une faute en cours d'année…

Le sort des autres lui importait bien peu. A moins qu'ils n'aient une quelconque utilité, elle n'allait certainement pas s'en encombrer.

Au cours de la matinée, elle affronta divers personnes, plus d'une vingtaine au total. Certaines étaient des esclaves qui se laissèrent faire sans hésiter, d'autres étaient des maîtres en pleine possession de leurs moyens… visiblement, se faire dominer par une esclave soumise à des sortilèges affaiblissants sa magie ne semblait pas être possible dans leur esprit. Ils ne découvriraient leur erreur que lorsqu'ils se réveilleraient et verraient la trace qu'ils avaient laissée dans le mur qu'ils avaient percuté.

Comme le lui avait conseillé son maître, Daphné prenait bien garde à ce que ses victimes soient incapacitées pour un moment, suffisamment pour être de nouveau vaincues si elles venaient à se réveiller et à reprendre du service. Pour ce faire, elle usait d'un sortilège cause de sérieuses et profondes coupures selon un angle dépendant de la distance de la cible par rapport à la baguette, le Sectumsempra. Elle entaillait bras, jambes et fesses, ainsi poitrines dans le cas de camarades féminines. Cela permettait, outre de faire largement couler le sang et fatiguer considérablement, d'empêcher la fluidité de mouvement des membres. La coupe des fesses empêchait aussi de s'asseoir ou de s'allonger sur le dos, tandis que le taillage mammaire obligeait dans une certaine mesure les jeunes filles à rester courbées et éventuellement les bras resserrés autour de leur corps.

Elle était occupée à cela, ouïssant de temps à autres divers hurlements, lorsque soudain…

Harry avait littéralement passée une nuit blanche. La veille, lorsqu'il avait sentie la fatigue venir, il était encore enragé de l'évasion d'Hermione, et n'avait nullement l'intention de perdre la moindre chance de retrouver sa trace. Il avait donc consommée une potion énergisante liée à une potion antidouleur. Cela lui avait permis un regain d'énergie considérable, et l'avait grandement aidé. C'est ainsi qu'il avait pût neutraliser momentanément près d'une centaine d'adversaires, et piéger savamment plusieurs couloirs.

Contrairement à Hermione, il ne se contentait pas de mettre en œuvre de simples sortilèges de stupéfixion. Son procédé préféré était tout d'abord de lier ses victimes avec de puissantes cordes, puis de leur jeter des sorts de silence très performants, avant de les torturer avec les sortilèges de douleur qu'affectionnaient les professeurs. Tout cela en prenant garde de ne jamais se montrer. Ainsi, non seulement personne ne pourrait le punir pour usage de la torture –son sort étant autorisé par le règlement- mais en plus il pouvait se ravir de ressentir la douleur de ses camarades sans que ceux-ci ne puissent un jour tenter de se venger sur lui.

C'est vers neuf heures du matin, alors que ceux vers qui il se dirigeait s'éveillaient et que ceux qu'il laissait plongeaient dans une absence réparatrice, qu'il ouït un hurlement féminin…

- MAÎTRE HARRY ! MAÎTRE HARRY !

Le dénommé tourna la tête et la baguette en direction de la nouvelle venue… il n'eut pas le temps de réagir qu'il fut saisi dans une étreinte adoratrice et couvert de baisers sur tous les carrés de peau libre qu'il avait laissés.

- Ravi de te revoir, Daphné, sourit-il malgré lui, son égo remonté à bloc. Nous n'avons pas le temps de nous admirer l'un l'autre, il y a bien plus urgent que cela !

- Quoi donc, mon merveilleux maître ?

- Hermione s'est rebellée ! Et elle va le payer !

L'ouïe de ces mots révolta à son Daphné. Rebellée ? Elle avait osé quitter son merveilleux maître ? Quelle folie ! Quelle impudence ! Quelle honte !

- Elle va le payer, maître ! Répéta-t-elle alors. Je vous en prie maître, laissez-moi la torturer !

- Nous nous en donnerons à cœur joie tous les deux ensembles, assura Harry, un sourire sadique aux lèvres.

Il n'en fallut pas plus pour que Daphné sente la tête lui tourner de jouie... de joie. Un instant plus tard, elle était aux pieds de son maître, en train de les baiser d'une fanatique adoration, tandis que celui-ci levait sa baguette et disait :

- Pointe Hermione Granger !

Il jubila sauvagement lorsque son sortilège lui indiqua : « Droit devant. Moins de cent mètres ».

- Neville ! Tu me reconnais ? C'est moi, Hermione ! Tu te rappelles ?

Encore tout tremblant, le pauvre esclave ouvrit les yeux et regarda la personne qui, a son avis, avait l'intention de l'agresser. Et c'est alors qu'il reconnut celle qui, tant de fois, avait partagé son repas avec lui et une bonne partie des esclaves de leur année, risquant à chaque instant de se faire remarquer par les professeurs ou son propre maître.

- Hermione ? Croassa-t-il d'une voix brisée par les hurlements. Que fais-tu là ? Les professeurs avaient prévu de te capturer pourtant !

- Pardon ? Comment ça ?

Sentant qu'il en avait trop dit et craignant une punition venant de son collier, Neville se recroquevilla soudain sur lui-même et se mit à geindre. Bien lui en pris, car plusieurs runes de son asservisseur se mirent à briller, annonçant un sortilège sous peu.

Mais, étrangement, rien ne se passa. Absolument rien. Il en resta stupéfait quelques instants, mais lorsqu'il vit la leur provenant des runes s'affaiblir et s'éteindre, il dut se rendre à l'évidence : pour la première fois, aussi loin que puisse s'en souvenir l'Histoire, un collier de servage venait de connaître un disfonctionnement. Nul doute que leur créateur perfectionniste, l'esclavagiste Idarc ßohnlein, en deviendrait fou de honte.

Ils l'ignoraient tous deux, le monde Sorcier entier ne le soupçonnait pas, mais le Destin veillait encore, envers et contre tout.

Il veillait certes, mais n'intervenait toutefois que rarement. C'est pour cette raison que, soudain…

- HERMIONE ! Hurla une voix enragée.

Celle-ci se retourna en sursautant, soudain pâle comme un linge. Harry ! Il avait retrouvée sa trace !

- Vite Neville ! Cours ! COURS !

Elle était donc enfin en vue, cette maudite esclave infidèle ! Lorsqu'il la rattraperait, il lui ferait subir milles tortures avant de lui laver le cerveau avec une telle intensité qu'elle deviendra un légume !

Il allait lui faire payer ! A tous prix !

- Maître ! Attendez-moi !

Mais malheureusement pour Daphné, les dopages runiques qu'Harry avaient mis en place augmentaient sensiblement sa vitesse de course. Il ne fallut pas longtemps pour qu'il la sème.

Son cœur se serra à cette vue. Son maître tenait-il si peu à elle qu'il la laissait seule ? C'était impossible !

Elle s'arrêta de courir quelques instants pour reprendre son souffle. Oui, c'était impossible ! Son maître si merveilleux, si… si adorable, si fort ! Il était si bon avec elle, si affectueux avec son corps… il ne pouvait en aucun cas se passer d'elle ! A sa mort, elle reviendra en fantôme pour rester avec lui !

Et elle se remit à courir, son fanatisme rasséréné par sa réflexion…

Courir ! C'était la seule solution pour échapper à ce fou furieux qu'était le Harry ! Courir le plus possible, jusqu'à en perdre haleine, jusqu'à avoir le cœur prêt à exploser !

A côté d'Hermione, Neville était terrorisé pour de multiples raisons. Il était certes un esclave appartenant à l'école, et n'avait pas de maître dans cette compétition… mais lorsque les professeurs apprendraient son infidélité à la soumission qu'il se devait de respecter… il ne donnait vraiment pas cher de sa peau !

Tous deux courraient le plus vite qu'ils pouvaient, mais ils ne parvenaient pas à rivaliser avec Harry et son « dopage » runique. Malgré le fait qu'ils faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour l'égarer un peu partout, pour le ralentir avec des pièges, il les rattrapait inexorablement.

Un sortilège de douleur tel que ceux usités par les professeurs jaillit soudain à leur gauche, ne les manquant que d'un chouïa. Neville hurla de peur à cela, et courut plus vite encore. Hermione tenta de jeter un bouclier, mais un nouveau maléfice apparut soudain et frappa son compagnon de plein fouet. Il trébucha violemment en hurlant de douleur, et l'empêtra en tombant sur ses jambes, les précipitant tous deux au sol.

- Aïe ! Neville ! ATTENTION !

Trop tard. Harry jaillit soudain du couloir où il s'était faufilé pour s'abriter d'une possible réplique. L'air furibond, il les regarda comme s'ils étaient les plus jolies jeunes filles qu'il avait jamais vues… à ceci près que ce n'était pas de l'obscénité qui était visible dans ses yeux… mais un sadisme profondément jouissif…

- Vous allez regretter votre petite rébellion, mes petits, susurra t'il froidement.

Il brandit soudain sa baguette sur Neville et répéta sa punition précédente, le faisant se déchirer la glotte. Nul doute que quiconque se trouvait à proximité frissonna en pensant au sort du torturé.

Hermione tenta rapidement de faire quelque chose, et jeta un puissant sortilège de désarmement, mais Harry était bien plus fort qu'elle. Elle ne le fit même pas broncher, et le Stupéfix qu'elle jeta juste après se dissipa avant même de l'atteindre.

Mais que se passe-t-il ? S'horrifia-t-elle. Il n'a tout de même pas eue la même idée de protection que moi ?

Et pourtant… Il fallait se rendre à l'évidence. Hermione était littéralement paralysée par la peur.

Durant près de trois minutes, Harry tortura Neville de toutes sortes de manières, laissant libre court à sa folie. Outre le sort de douleur, il usait de plusieurs sortilèges médicaux qu'il avait appris pour son auto-charcutage récent… il prit un plaisir infini à user du sort de scalpel pour découper les oreilles et les paupières de sa victime. Il les lui ferait manger plus tard.

C'est alors que Daphné arriva en courant, parvenant finalement à rejoindre son maître. Il l'avait semée en un rien de temps. Il était si merveilleux !

- Maître Harry ! S'extasia t'elle en œillant ce qu'il faisait. Maître ! Permettez-moi de vous aider !

Harry sembla reprendre ses esprits à ce moment-là.

- Viens Daphné, dit-il en désignant Neville. Viens donc t'occuper de notre petit ami. Fais lui ce que tu veux, mais qu'il ne soit plus jamais le même après tes petits câlins... suis-je clair ?

Comprenant immédiatement l'insinuation, Daphné opina de la tête.

- Très clair, maître Harry. Je ne vous décevrais pas !

- Je l'espère pour toi. Je n'ai pas envie de te priver de mon choyage corporel habituel.

Daphné rougit en imaginant la scène. Elle était pressée de pouvoir enfin être collée à son maître ! Rien qu'en repensant à ce qu'il lui avait fait hier, elle était folle de joie. C'était la première fois qu'il faisait autre chose que lui donner des caresses et qu'il portait son attention entre ses jambes, et elle avait adoré cela. Vivement qu'il recommence !

- Et maintenant, à nous deux Hermione, susurra Harry. Je vais t'apprendre la rébellion !

Voyant l'horreur dans les yeux de sa victime, il dit :

- Je ne te tuerais pas, rassure toi… la douceur n'a pas fonctionnée, alors je vais user de la force pour te briser et faire de toi mon esclave ! Après ta rééducation, tu n'oseras plus faire un pas sans mon autorisation…

- Pitié, je…

- Pitié ? Je ne connais pas ce mot. Pas envers une fille qui ne s'est pas laissée faire lorsque je l'honorais de mes mains. Je ne retrouverais mon vocabulaire que lorsque tu ne pourras plus opposer de résistance.

- Non, je !

Hermione acheva sa phrase en un cri strident. Juste au moment où Harry s'apprêtait à lui jeter un sortilège de son cru, le sol s'était ouvert sous elle, l'entraînant dans les entrailles de la terre, et s'était refermé en un instant.

Voyant cela, son bourreau hurla de rage. Il ignorait alors que, dans la salle de surveillance, Nymphadora Tonks avait elle aussi assisté avec effarement au spectacle, prête à intervenir pour que SON esclave ne soit pas trop blessée. Personne ici n'avait activé le moindre système runique ! En plus, ils se trouvaient tous quatre au plus profond niveau, il n'y avait rien en dessous !

Vraiment ?

Daphné avait assisté avec effarement à la disparition d'Hermione. Comment avait-elle fait ? C'était ce qu'elle se demandait alors qu'elle tenait en main les testicules de sa victime et s'apprêtait à y lancer divers sortilèges quelque peu… incapacitants. Elle prenait au mot la volonté de son maître, à savoir « qu'il ne soit plus jamais le même ».

- Daphné ! Hurla Harry, se retenant visiblement de perdre le contrôle de ses nerfs. Avance, j'ai besoin de me relaxer !

En langage Harry, cela signifiait « trouve-nous un coin tranquille que je puisse admirer et étudier ton corps ! ».

Daphné se releva en un instant, folle de joie. Elle se jeta sur son maître pour le gratifier d'un baiser sur les pieds, puis se précipita à l'exploration du reste du niveau, baguette à la main et l'esprit d'ores et déjà enfiévré à l'idée de ce qui lui serait fait.

Dans le couloir, avec un dernier regard pour la forme évanouie de Neville, Harry murmura un sort qu'il avait trouvé il y a peu :

« Avada Kedavra ».

Et il détourna la tête pour aller s'occuper de son esclave folle d'excitation.

Perdue dans le noir complet, Hermione ignorait où elle pouvait bien être. Elle avait déjà chuté sur ce qui lui avait semblé être des dizaines, des centaines de mètres. Elle était terrorisée à l'idée de s'écraser au fond du boyau dans lequel elle chutait. Ce n'était là qu'une faille dans la roche, le fond était certainement plein d'eau ou d'arrêtes de rocher tranchantes… si elle n'était pas dépecée net, elle finirait par se noyer, paralysée par le froid et l'épuisement…

Mais tout esprit digne de ce nom fait passer la raison avant la peur. Revenant quelque peu à elle, s'habituant à sa chute, elle parvint à se saisir de sa baguette et se jeta un sortilège de lévitation.

L'arrêt fut brutal, tant qu'elle sentit ses organes cogner contre ses muscles internes, et faillit vomir tant le malaise ainsi provoqué fut profond.

Il lui fallut une dizaine de minutes pour se sentir de nouveau complètement opérationnelle. Visiblement, les sortilèges médicaux qu'elle avait lancés sur ses vêtements protecteurs faisaient effet.

Maintenant qu'elle était de nouveau apte à réfléchir, il lui fallait décider quoi faire.

Bon, où suis-je ? Est-ce un piège des professeurs, un accès vers un niveau plus profond ? Cela fait-il partie de l'épreuve ? Ce serait étonnant mais pas impossible. La seule chose à faire est de repérer les lieux. Mais si je lance un lumos, alors mon charme de lévitation s'annule et au-revoir moi-même… Et puis, vaut-il mieux que je descende alors qu'il n'y a certainement rien plus avant ? Ou vaut-il mieux que je remonte, au risque de rencontrer à nouveau Harry et de me faire torturer ? Au mieux…

Quelques secondes de réflexion lui suffirent.

Première chose à faire, explorer. J'étais certes paniquée, mais je n'ai rien remarqué au-dessus de moi, pas la moindre issue, pas le moindre balcon naturel sur lequel je pourrais me reposer. Je ne pourrais maintenir mon sort éternellement, il faut donc que je descende de moi-même avant que la nature ne reprenne ses droits. Houlà, je n'ai pas assez pratiqué le déplacement via un sort de lévitation, moi…

Tant bien que mal, effrayée à l'idée d'annuler son sort, elle abaissa légèrement sa baguette, jusqu'ici à l'horizontale au long de son corps, et se fit lentement descendre, prenant grand soin à éviter de toucher à la paroi de quelque côté que ce soit. La moindre inattention pourrait la déconcentrer, briser son œuvre et la faire chuter…

A sa grande surprise, il ne lui fallut plus longtemps pour quitter le boyau dans lequel elle se trouvait, tout au plus une minute. Elle déboucha soudain dans le plafond de ce qui lui parut être une grande grotte. A en juger par le courant d'air qui faisait onduler ses longs cheveux et le sifflement qui s'entendait au lointain.

Brrr, on dirait presque celui d'un serpent ! Que c'est désagréable !

Elle toucha soudain le sol, se rassérénant quand à sa survie. Il était temps, elle était presque épuisée et n'aurait put se maintenir beaucoup plus longtemps.

Elle s'affala sur le sol gelé où elle s'était déposée, et reprit son souffle quelques minutes. Puis, cela fait, elle entreprit d'allumer sa baguette pour voir comment se présentaient les lieux.

Elle fut soufflée en remarquant que l'endroit n'était visiblement pas naturel. A ce qu'elle pouvait en voir, « quelqu'un » s'était amusé à creuser un immense tunnel dans la roche. Le plafond était à plus de vingt mètres de hauteur et l'on voyait nettement les traces de sortilèges excavateurs. Les murs les plus proches, qui devaient être éloignés d'au moins vingt-cinq mètres, présentaient les mêmes marques. Et les bouts du tunnel n'étaient pas visibles.

Je me demande combien mesure cet endroit ! Et où mène-t-il ?

Il faisait un froid insupportable, mais elle n'était pourtant pas en extérieur dans une atmosphère modifiée par magie… L'humidité était omniprésente, insupportable, et lui emplissait les poumons d'une odeur de décomposition et de poussière qui lui provoquait une toux quasi-continuelle. Heureusement que sa tenue protégeait sa santé de tous les effets de ces désagréments.

Durant plusieurs minutes, elle erra lamentablement, trébuchant de temps à autres sur des tas inidentifiables de ce qui semblait être des ossements de rongeurs plus gros que ses deux mains réunies. Après presque une heure, elle commença à paniquer de nouveau.

Où suis-je ? Mais où ?

- IL Y A QUELQU'UN ?

Même un sorcier serait bienvenu ! Que quelqu'un me sorte de là !

C'est alors qu'elle sentit une présence derrière elle. Se retournant vivement, elle ouvrit grand les yeux en en voyant une paire bleue démesurée…

- Ti é tu (II) ? Siffla une voix de serpent.

FIN DU CHAPITRE

I. Sortilège horaire :Fait apparaître l'hologramme d'une montre, d'un cadran solaire, de cristaux liquides… tout ce qui est Moldu est interdit, c'est pour cela qu'il n'y a pas de montres.

II. « Ti é tu » (qui es-tu) : Phrase en phonétique fourchelangue. Voir chapitre trente de « Une Histoire de serpents, Tome I » pour en bénéficier.