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Bonne lecture !
UN MONDE A PART
Chapitre Dixième : Le Labyrinthe
Toute la journée, Daphné fut rouge pivoine. La nuit précédente, pour la première fois, Harry l'avait embrassée sur les lèvres… Elle le savait, un cap avait été franchi, et elle en était folle de joie. Pour une fois qu'il la choyait ailleurs que sur la peau ou la bouche !
Ledit Harry, quand à lui, avait de nouveau passée une nuit blanche grâce à ses potions. Il aurait pu dormir, mais il avait préféré prendre du temps pour réfléchir.
Il se doutait de la façon dont Hermione s'était libérée de son collier de servage. Mais ce qu'il ne comprenait pas, c'était comment elle avait fait pour disparaître d'une telle manière. Ils se trouvaient au plus profond niveau des sous-sols, et il était peu probable qu'il s'agisse d'un piège des professeurs. Un possible portoloin plate-forme situé au fond du trou ? Eventuellement. Mais en ce cas, rien n'expliquait qu'il n'ait trouvé ni trace de trappe ni quelconque résidu de magie ambiante.
Ruminant ses pensées tout en tripotant Daphné de temps à autres, il ne put s'empêcher d'enrager. Une seule esclave ne lui suffisait plus, il lui fallait en capturer une autre rapidement. La seule qui le tentait pour l'instant était la dénommée Hannah Abbott, une jeune esclave de sa maison asservie par l'école… et elle avait été l'une des premières éliminées. Il avait vu son corps inanimé dans le tas de blessés réuni par le Hagrid –qui tenait le poste de "nettoyeur" pour cet examen-. A l'heure actuelle, elle devait subir toute une séance de torture.
Quelques heures après avoir laissée Daphné se blottir à ses côtés, il décida de se remettre en action. Réveillant son esclave, il toucha ses jeunes seins pour se ragaillardir, puis se leva et sortit sa baguette afin de retirer tous les sortilèges protecteurs qu'il avait placés autour d'eux.
Cela faisait deux jours que l'épreuve avait commencée, et il était déjà incontestablement le maître des lieux. Il n'y avait plus beaucoup d'intérêt à y participer, hormis torturer quelques victimes ou tripoter diverses filles. Se creusant la tête, il chercha longuement des idées pour s'occuper, sans grand succès. Il ignorait que la solution viendrait des professeurs.
Dans le but de complexifier grandement l'examen, ceux-ci avaient prévu des "évènements" particulièrement intéressants… et sadiques. Avec tout cela, il n'y avait pas à douter qu'une compilation des épreuves et des maux subis par les esclaves se vendrait comme des petits pains. Après tout, tout le monde adorait les torturer.
- Allons Daphné, dit Harry, suis-moi. Nous grignoterons en cours de route.
- Où allons-nous, mon merveilleux maître ? Minauda-t-elle en se rhabillant.
- Il reste encore de nombreuses zones souterraines que nous n'avons pas encore explorées. Avec un peu de chance, nous pourrons y trouver de quoi nous distraire, ou au moins passer du bon temps tous les deux.
Ainsi fut donc fait. Il leur fallut une heure de marche et de ridicules combats vite expédiés pour parvenir à la seconde zone de l'examen, celle qui était ouverte aux élèves à partir du second jour. Selon les informations données par le directeur et les professeurs, cet endroit était largement plus piégé que le premier et il était magiquement agrandi pour recouvrir une surface grande comme dix fois celle du parc.
Espérons que ce sera un peu plus amusant par ici.
Il n'imaginait pas être si vite exaucé. La toute première salle de cette seconde partie était occupée par une équipe professorale visiblement chargée de donner diverses informations aux élèves.
- Harry James Potter, vingt-deuxième ! Nota une prof qu'il n'avait pas encore vue. Daphné Greengrass, vingt-troisième ! Equipe Potter, troisième à entrer !
Un regard au mur principal leur permit de remarquer un tableau magique classant les résultats par points. Il fut surpris de ne pas être premier, aussi bien au niveau de l'individuel que de l'équipe.
1- Ronald Weasley, esclave, 9824 points. En course.
2- Théodore Nott, sang-pur, 7020 points. En course.
3- Hermione Granger, esclave, 7012 points. Hors-jeu.
4- Drago Malfoy, sang-pur, 6847 points. En course.
5- Greengrass Daphné, esclave, 6798 points. En course.
6- Emelyne Vance, sang-mêlé, 6797 points. Abandon.
7- Harry Potter, sang-mêlé, 6233 points. En course.
…
1- Equipe Ronald Weasley, 25476 points.
2- Equipe Hermione Granger, 23247 points.
3- Equipe Harry Potter, 19657 points.
…
35- Equipe Drago Malfoy, 6849 points.
…
Je ne suis que septième ? Avec mes résultats ? Comment ça se fait ? Et Hermione qui est… hors-jeu ? C'était donc vraiment un piège des professeurs ? Etonnant… peu importe, je m'occuperai de son cas quand je sortirais d'ici.
Le moins qu'il puisse, c'est bien qu'il était très étonné de ses résultats. Qui plus est d'avoir été devancé par un imbécile tel que Malfoy. Cet abruti avait dû dépenser sans compter pour obtenir une si bonne place, de même que pour le second. Le plus étrange était toutefois la première place de Ronald Weasley. Harry ne savait pas grand-chose au sujet de cet esclave, si ce n'est qu'il était très discret et constituait un élève studieux qui avait déjà acquise une réputation de rat de bibliothèque. Il serait très certainement bon de garder un œil sur lui…
Juste à côté de son maître, Daphné ne savait que penser, si ce n'est que le système de notification devait avoir commis une erreur. Elle ne pouvait pas avoir dépassé son maître, et il ne pouvait pas être autre chose que premier ! Comment donc cela se pourrait-il ? Un rapide regard lui indiqua qu'Harry ne semblait pas s'en préoccuper. Elle en fut soulagée, l'espoir d'être punie par une absence de câlin s'éloignant. Peut-être même pourrait-il la récompenser de son bon score…
- Mr Potter, souhaitez-vous obtenir des informations sur la seconde épreuve ? Proposa l'un des professeurs. Cela vous coûtera cent points à l'individuelle et deux cent à l'équipe.
- Faites, répondit Harry.
Deux cent points, ce n'était pas grand-chose. Ils les rattraperaient vite fait.
- Bien… cette seconde épreuve se déroule sur un terrain divisé en neuf parties égales contenant chacune une salle spéciale disposant d'un équipement conséquent. Il y a là-bas un puits, une infirmerie d'urgence et des réserves de nourriture pour cinq semaines. Chacune de ces « bases » est divisée en diverses salles et est donnée aléatoirement à l'une des neuf premières équipes capable de la rejoindre dans un délai de deux heures. Etant troisième, vous ne devriez pas avoir trop de difficultés. Vous devez savoir qu'il est possible de former des alliances grâce à des bracelets de servages que vous pouvez trouver au nombre de vingt dans chaque base, et qui sont dissimulés au nombre de cinq cent sur toute la surface de l'épreuve. Ces bracelets ont le même fonctionnement que les colliers de servage mais seront désactivés dès que vous quitterez la zone de l'épreuve, pour quelque raison que ce soit. Ces colliers vous serviront à former une troupe. Il vous est aussi possible de trouver de très grandes quantités de nourriture ou d'équipement si vous résolvez diverses énigmes ou si vous parvenez à établir des scores record. L'accès à la troisième partie de l'examen s'ouvrira lorsqu'une équipe parviendra à accumuler pour deux-cent mille points ou lorsqu'un individuel en aura cinquante mille. Vous pouvez disposer.
A l'entente de tout ceci, Harry ne put s'empêcher d'entrer dans une froide colère. Il savait déjà que ces maudits professeurs se divertissaient sur leur dos à tous, mais il ne pensait pas que ce serait à ce point-là, à les réduire en animaux de foire ! Il ne serait même pas étonné d'apprendre que des caméras les filmaient et que des films seraient vendus à leurs dépens après l'année ! S'il savait…
N'ayant guère envie de rester plus longtemps en compagnie de ces incapables de juges, il se dépêcha de se saisir de la main de Daphné pour gagner enfin la seconde épreuve. Ce faisant, il se dit que ce serait peut-être le moment idéal pour former une large sphère d'influence. S'il parvenait à prouver à toutes et tous ses immenses capacités physiques, magiques et stratégiques, il pourrait littéralement devenir maître d'une petite mafia dans leur année. Sans compter qu'il aurait ainsi un bon nombre de jolies filles à disposition. Finalement, cette épreuve n'était pas si dépourvue d'intérêt…
Il n'imaginait toutefois pas à quel point la partie serait dure. A peine avait-ils fait quelques dizaines de pas qu'ils furent interpellés par une voix traînante et désagréable au possible…
- Tiens donc, qui œillons-nous là ! Ne serait-ce pas ce cher Potter ?
- Ravi de te rencontrer, Malfoy, répondit Harry en souriant de dédain. J'aimerais bien parler avec toi, mais je n'ai aucune envie d'être contaminé par ton abyssale crétinerie. Si tu veux bien m'excuser…
Drago semblèrent choqués en ouïssant ce gueux leur parler d'une si outrageante manière. Dissimulant leur colère derrière un masque outragé, ils répondirent en tentant de se maîtriser.
- Faites attention, monsieur Potter, ou vous risquez bien de ne pas voir la fin de cette journée. Vous avez déjà eue de la chance d'esquiver vos poursuivants, n'abusez point du sort…
Mes poursuivants ? Il aurait osé payer des gens pour s'en prendre à moi ?
- Tu veux parler des espèces d'abrutis qui m'ont attaqué ? Franchement, tu aurais dû mieux choisir tes subordonnés… ils sont si bêtes que même toi tu n'aurais eu aucun mal à t'en débarrasser, malgré ton incapacité magique typiquement Moldue.
- COMMENT OSEZ-VOUS NOUS COMPARER A DES MOLDUS ?! NOUS SOMMES DRAGO MALFOY, SANG-PUR ET HERITIER DIRECT DE NOTRE PERE…
- Lacervm.
Drago ne purent achever leur phrase, car eux et leurs deux acolytes furent soudain la cible d'une large lame magique qui entailla leurs visages et ouvrit profondément leur nez et leurs joues. Le sang se mit à couler à profusion en un instant, et leurs hurlements de douleur et de panique s'entendirent bien loin. Voir et sentir son propre appendice nasal pendouiller par la grâce d'un misérable bout de peau ferait cet effet à presque tout le monde.
Entendant un bruit de course par-delà les hurlements, Harry se saisit de la main de Daphné et la tira après lui, prenant la fuite par un couloir bienvenu…ce faisant, il ne put s'empêcher de soupirer. En ce moment, rien ne lui réussissait aussi bien qu'il le souhaitait. Encore cinq jours minimum avant de pouvoir sortir d'ici et s'occuper de la traîtresse… sa patience serait réduite à néant d'ici là.
UMAP
Dans la salle de surveillance des professeurs, une autre personne fulminait… Nymphadora Tonks était hors d'elle, ses cheveux flamboyants semblant presque s'enflammer à chacun de ses pas. Cela faisait plus de dix minutes qu'elle avait quitté son poste de surveillance des hologrammes magiques et qu'elle cherchait une explication à ce qui s'était passé. Elle avait bien tenté d'en parler avec d'autres, mais personne ne savait de quel piège il s'agissait. Aucune trappe de ce style n'avait été installée. Il faudrait qu'elle en parle avec le directeur lorsque celui-ci viendrait inspecter le déroulement de la captu… de l'examen.
UMAP
Coincée dans l'obscurité complète d'une grotte démesurée après avoir chutée dans une faille du sol, Hermione se trouvait à ce moment confrontée à l'effrayante vision d'une paire d'yeux bleus démesurés.
- Ti é tu ? Demanda une voix sifflante.
- Qui… qui êtes-vous ? Couina Hermione d'une voix tremblante de peur. Qu'est-ce que vous me voulez ?
- Séstò a tsa téstiò. Ti é tu ?
- Qui êtes-vous ? Répéta Hermione, prête à se faire dessus. Que dites-vous ?
Ahlàlà, pensa le nouveau venu. Encore un de ces ignares qui ne connaît pas le fourchelangue ! Tu parles d'une époque ! Bon, alors voyons…
L'inconnu usa de ses capacités pour communiquer avec l'esprit de notre amie. Avec une voix mentale toujours aussi sifflante, elle répéta, cette fois-ci en bon Anglais :
Je disais : Qui es-tu ?
Légilimencie, pensa immédiatement Hermione. Je… je m'appelle Hermione, élève de Poudlard. Qui êtes-vous ?
Poudlard ? Pôdlad tu veux dire. Comment es-tu arrivée ici, jeune fille ?
Je suis tombée dans une trappe ! Mais qui êtes-vous ?!
Je m'appelle Lyghim, et tu es ici dans la Chambre des Secrets. Mais c'est étonnant, il n'y a aucune trappe permettant d'accéder à cet endroit. Et tu n'es pas Fourchelangue. Et pourtant, je ressens que tu es sincère… tu es étrange, jeune Hermione.
Etrange ? Pas moins que vous ! A part votre nom, je ne…
Lumières ! Siffla la dénommée Lyghim.
- Lutsiès !
Elle se tut alors, au fur et à mesure que des torches fichée dans les murs de la salle s'illuminaient d'une lueur bleue. En un instant, les lieux furent baignés par une lumière aussi puissante que celle du soleil.
Dès que ses yeux se furent habitués à la soudaine luminosité, Hermione observa son interlocutrice… et poussa un hurlement de frayeur, avant d'immédiatement tourner le dos et s'enfuir en courant.
Mesurant près de vingt mètres de long, le basilic de la Chambre n'était pas particulièrement grand pour un représentant de son espèce. Mais les ressemblances avec ce qui était considéré comme étant une « normale basiliciennne » s'arrêtaient là. Outre de larges yeux bleus, les crocs de sa gueule étaient parfaitement ordonnés, et bien qu'ils lui donnassent un air redoutable, ils n'offraient point l'impression d'être une menace. Enfin, sa peau parcheminée était plus grise qu'elle l'aurait dût.
Hermione ne put faire que quelques pas que sa tentative de fuite se heurta de plein fouet à une véritable montagne de chair reptilienne. Sans qu'elle s'en aperçoive, le serpent démesuré s'était enroulé tout autour d'elle, la bloquant et lui coupant tout chance de retraite.
Calme-toi, murmura la basilic dans sa tête. Si tes intentions sont pures, alors je ne te ferais pas le moindre mal, et je t'aiderais même… à condition que tu jures ne rien révéler sur cet endroit.
- Ne me faites pas de mal ! Murmura Hermione d'une toute petite voix, prête à se faire dessus.
Raconte-moi comme tu es arrivée ici, jeune fille, ordonna Lyghim sans tenir compte des émotions de l'humaine.
N'ayant guère d'autre choix pour tenter d'assurer sa survie, Hermione s'exécuta. Durant plus d'une heure, elle raconta tout ce qu'il lui était arrivé depuis sa découverte du monde de la magie. Elle n'omit rien, pas le plus petit détail, hypnotisée par le regard flamboyant du basilic. De ce temps, Lyghim l'écouta sans broncher, sans faire le moindre petit mouvement, la tête posée au sol et sa respiration calme balayant la poussière à intervalles réguliers.
- Les examens de fin de première année nous ont réunis dans les sous-sols et nous ont obligés à nous battre entre nous ou à être torturés… au mieux. J'ai eu le temps de me préparer et je ne m'en suis pas trop mal sortie, mais pas assez bien malheureusement. Si je retourne là-haut, je suis condamnée !
Lyghim ne répondit pas de suite, absorbée dans ses pensées. Poudlard avait bien changé depuis l'époque où elle avait le droit de se promener dans les couloirs et de laisser les élèves grimper sur son dos. A quel moment l'Avenir avait-il ainsi échoué ? Elle se retrouvait maintenant dans une position très désagréable et devait réagir très rapidement si elle voulait conserver son existence secrète… bien qu'animée d'un esprit quasi-humain, elle avait horreur de devoir se presser.
- Jeune fille, siffla-t-elle dans sa tête, j'ai analysées tes paroles et je te crois. Il n'y a toutefois qu'une seule et unique manière pour que je puisse te faire confiance.
Hermione ne fut soulagée que quelques instants durant. Pourvu qu'on ne lui demande pas l'impossible !
- Sais-tu quel est ce lieu ?
- Euh… vous me l'avez dit je crois… la Chambre des Secrets, non ?
- Oui, mais je voulais dire : à quoi sert ce lieu ?
- Je… ne sais pas, non.
Il valait mieux ne pas parler du monstre de la chambre en face dudit monstre… qui plus est lorsque celui-ci engageait avec vous une conversation plus civilisée que ce que tout sorcier avait fait jusqu'à présent.
- En vérité, ce lieu à plusieurs fonctions. La salle où tu te trouves était autrefois un hall d'accueil pour les personnes souhaitant passer l'épreuve de l'initiation…
- Qui est ?
- Mais ils vous apprennent quoi en cours d'Histoire, nom d'une souris ? Ahlàlà… le rite d'initiation est une épreuve créée par le Père Créateur que devaient passer ceux qui souhaitaient obtenir la confiance du gouvernement dans l'optique de faire partie de la garde personnelle du Créateur ou des grades élevés en général. Le réussir signifiait être capable de faire fi de ses émotions afin de pleinement se mettre au service du plus grand bien.
- C'est le Père Créateur qui a construit cet endroit ? Mais qui était-il ? Vous parlez de lui comme s'il était un dieu !
- Et c'est pratiquement ce qu'il est. Oui, le Père Créateur est un grand. Le plus grand. Sans lui, il n'y aurait pas de monde magique, tout juste une communauté ridicule de quelques centaines de personnes sans aucune connaissances réelle.
Lyghim soupira d'exaspération face à l'ignorance de son interlocutrice. Dire qu'à son époque, tous les souriceaux de cinq ans savaient qui était le Père Créateur !
Juste à côté, le cerveau d'Hermione fonctionnait à toute allure. Elle ne savait pour ainsi dire rien de tout ce qui lui racontait ce serpent géant, mais elle devait bien avouer quelque chose : ce lieu n'avait pas été créé par un imbécile. Du moins, à en juger par les minuscules ensembles de pentacles runiques presque invisibles qui recouvraient toutes les surfaces. Ces marques étaient presque invisibles, ne luisant que faiblement lorsqu'un sortilège passait dans leurs circuits magiques.
- Revenons à nos souris, siffla Lyghim. Je crois à tes propos, mais si tu veux que je te fasse confiance il n'y a qu'un seul et unique moyen possible. Tu dois passer l'épreuve d'initiation.
- Qui consiste ?
- Suis-moi.
Le basilic se mit alors à ramper dans le tunnel, jusqu'en direction d'un mur. Hermione n'eut guère d'autre choix que de le suivre, sentant à juste titre que toute tentative d'évasion serait avortée en un instant. Après quelques minutes, elles arrivèrent toutes deux jusqu'à une porte d'acier massif artistiquement sculptée de serpents teints de vert et sertis d'émeraudes. Il y en avait exactement cinq en haut, en bas, à droite et à gauche autour des gonds.
- Ócs toa ! Siffla Lyghim.
Obéissant docilement à l'ordre donné, les vingt serpents-serrure se rétractèrent à tour de rôle, laissant la porte tourner seule, entraînée par son propre poids. Lorsque l'huis se fut ouvert entièrement, une étrange voix sifflante se fit entendre, en provenance d'un long serpent gravé sur sa face arrière…
- Sêl lé lécititse stec tòstàts se lie. Có coala stsécetu.
- Qui a parlé ? S'effraya Hermione, en redoutant un second basilic.
- Du calme jeune fille, siffla Lyghim. C'est juste l'un des décors.
- Et… qu'est-ce qu'il a dit ?
- "Seuls les légitimes peuvent comprendre ce lieu". Si tu le comprends, alors tu seras digne de toute ma confiance.
Ce genre de phrase ne pouvait avoir comme seul effet que d'augmenter l'appréhension d'Hermione. Ce qui ne rata pas…
Guidée par Lyghim, elle descendit un escalier d'une trentaine de marches avant d'enfin parvenir au cœur de la Chambre des Secrets. Lorsque l'on entrait, l'allée centrale constituée de marbre blanc était bordée de chaque côté par une succession d'une dizaine de statues d'obsidienne noire représentant des serpents à la langue sortie, comme s'ils s'apprêtaient à siffler. Juste derrière eux se trouvait une succession d'arcades basses, donnant chacune sur un couloir parallèle à la salle. Enfin, juste face à l'entrée, une statue de Salazar Serpentard sculptée à partir du ventre tenait dans ses mains de pierre un parchemin sculpté. L'ensemble des lieux était éclairé par d'innombrables torches luisantes d'une puissante flamme magique bleue.
Etrangement, Hermione remarqua que l'escalier qu'elle venait de descendre n'était pas le principal. Il se trouvait à droite lorsque l'on entrait, bordé immédiatement à gauche par un couloir monumental, et un peu plus loin par un autre escalier, descendant cette fois-ci.
- Suis-moi, siffla Lyghim en prenant la direction dudit escalier.
S'arrachant à l'observation des lieux, Hermione se dépêcha de lui faire suite. Elles s'arrêtèrent toutes deux face à l'entrée.
- C'est ici que commence le labyrinthe de Pôdlad, indiqua Lyghim. Il s'agit de l'épreuve dont je t'ai parlé. Entre et trouve le moyen de sortir, ou bien meurs d'inanition si tu ne te montres pas digne. Si tu souhaites ne pas passer l'épreuve, je comprendrais. Il y a bien longtemps que je ne me nourris que de rats. J'ai grande envie d'une viande plus consistante.
Le sous-entendu n'eut pas à être répété deux fois. Avec un sursaut de frayeur, Hermione s'avança face à une statue représentant un serpent tombant du plafond. Dès que les pentacles runiques de celui-ci ressentirent une présence, ses yeux s'allumèrent d'une froide lueur verte, et il siffla :
Ciìcenu, o àfà.
Isi é làtsé tu lacisìt tu Tèstì,
Selui ti nó tiì tà sé mì,
Selui ti tésit te tôts tà.
Sêl se ti totas fesò stêc
Te ce lie sostisò oséolé te toas,
Sêl se tu tsalitietsà se mêc
Tà se lie sesecsò la Tias.
Le Tèstì é totse tsèts,
Tsé te totse acetis il te tésit
Te si to coa te sàs te sò sta cit,
Tsé lé acis stêc ètse tsèts…
- Qu'est-ce que ça veut dire ? Demanda Hermione en se tournant vers Lyghim.
- A toi de le comprendre, jeune fille. Tu as obtenu l'indice à l'énigme qu'est le labyrinthe, je ne puis plus t'aider.
Déglutissement. A en juger par la lueur de ses yeux, la basilic n'avait qu'une envie… effrayée à l'idée de finir sa vie en casse-croûte, Hermione se dépêcha de s'enfoncer d'un pas vif dans le long couloir où elle avait été conduite. Son but était totalement dépossédé de torches, et était plongé dans la plus totale obscurité. Sortant sa baguette, elle murmura un "lvmos" afin de s'éclairer, mais fut surprise lorsque rien ne se produisit.
- Lvmos ! LVMOS !
Aucune réaction. Elle ne ressentait rien en agitant sa baguette, comme si… comme si elle était tombée en panne ? Comme si elle-même était vide de magie ?
Mon dieu, il ne manquait plus que ça ! Comme si c'était le moment, franchement !
N'ayant guère le choix et ne disposant pas de quoi faire un feu, elle se résolut à avance avec prudence. Rendue méfiante par sa chute dans les sous-sols et par toutes celles subies par divers élèves durant l'examen, elle s'accroupit au sol et entreprit d'avancer à tâtons, utilisant sa baguette comme prolongement de son bras afin de repérer d'éventuels creux. Pourvu qu'il n'y ait pas de pièges…
Le temps passa sans qu'elle soit capable de l'évaluer de quelque manière que ce soit. Son seul moyen de mesurer la distance était sa baguette… l'ayant mesurée au début de l'année, elle savait qu'elle mesurait vingt-huit centimètres précisément. Il lui suffisait de calculer combien de baguettes elle parcourait pour avoir une estimation grossière de l'espace franchit. Avançant lentement, elle parcourut une dizaine de mètres dans le noir avant de se retrouver confrontée à un mur. Obliquant vers la droite, elle avança cette fois-ci d'un peu plus de sept mètres avant d'avoir un nouveau vide à sa gauche. Cinq autres mètres lui indiquèrent la largeur du nouvel espace. Il devait très certainement en être de même pour tous les couloirs… du moins, elle espérait. Elle avait déjà remarqué que l'architecture des lieux était fixée sur les cinq et ses multiples… le mètre avait été adopté bien après l'époque de la construction de la chambre des secrets, mais puisqu'il s'agissait d'une unité facile à évaluer, il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'elle soit en pratique au Moyen-âge.
Prenant son courage à deux mains et tentant de lutter comme elle pouvait contre l'angoisse qui l'étreignait, elle revint vers le mur premier et entreprit de suivre le tournant des heures durant, avançant si lentement qu'un escargot zigzagant serait plus rapide qu'elle. Elle parcouru cette fois-ci quinze mètres, et fit à nouveau face à un espace de cinq. L'opération se répéta à l'exacte identique à deux reprises. Puis elle déboucha en un lieu où une agréable lueur pouvait se voir, venant d'un couloir transversal.
Enfin, de la lumière ! J'ai bien cru avoir atterri en enfer ! Mais…
Les lieux lui rappelaient quelque chose.
Mais… c'est l'entrée ! J'ai tourné en rond pendant tout ce temps ? Bon sang de bon sang de…
Frustrée, elle essaya d'établi un plan mental des lieux. Les couloirs qu'elle avait parcourus formaient un carré extérieur de vingt-cinq mètres de côté et un carré intérieur de quinze mètres sur quinze mètres. Il n'y avait pas de couloir transversal sur ce dit-carré. Peut-être sur ceux de l'extérieur ?
Secouant de nouveau sa baguette, elle ne s'étonna pas de voir qu'elle ne fonctionnait toujours pas. Elle essaya toute une batterie de sorts aussi variés les uns que les autres, mais absolument aucun ne parvint à produire le plus minime effet, la plus faible sensation.
Se redressant, elle avança en direction de la lumière et se tourna vers le couloir éclairé. Elle ne fut pas le moins du monde surprise d'y apercevoir la basilic. Celle-ci s'était enroulée sur elle-même et avait posée la tête sur une partie de son corps. Les yeux clos, elle semblait dormir.
Tu abandonnes ? Siffla-t-elle dans la tête d'Hermione.
- Non ! Répondit notre amie, que la crainte de finir en casse-croûte rendait méfiante. Je peux vous poser une question ?
- Il est peu probable que je te réponde, mais dis toujours.
- Quelle heure est-il ?
- Il est presque midi. Tu es entrée ici i peine une demi-heure.
A peine une demi-heure ? Elle avait l'impression d'avoir erré durant des jours entiers !
- Et pourquoi ma baguette ne fonctionne-t-elle pas ?
- Je ne puis répondre à cette question. La statue de serpent se trouvant entre toi et moi t'a donné tous les indices souhaitables. Tu peux la réécouter si tu le souhaites.
N'ayant guère autre chose à faire, Hermione s'avança d'un pas vif dans le but de s'exécuter. Mais à peine était-elle parvenue à proximité de la statue qu'elle se heurta violemment à un véritable mur transparent. Un champ de force se trouvait là, l'empêchant de sortir.
- Mais que ? Je suis coincée ?
- Tu as accepté de passer l'épreuve, indiqua la basilic. Tu n'as plus que deux moyens de sortir d'ici. La réussite ou la mort. A toi de voir. Je mangerais bien une souris moi…
Sur ces bons mots, Lyghim se mu lentement et s'en alla, laissant une Hermione tétanisée faire face au rappel de sa solitude.
Mais comment faire pour sortir d'ici ?!
FIN DU CHAPITRE
A votre avis, comment Hermione peut-elle faire pour sortir du labyrinthe ? N'hésitez pas à exposer vos idées !
Le lexique de la phonétique fourchelangue est disponible au chap 30 de "Une histoire de serpents, Tome 1".
