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UN MONDE A PART

Chapitre quatorzième : aperçu

Cela faisait maintenant plusieurs jours qu'Hermione était coincée dans la chambre des secrets, face au cerveau de runes renfermant l'esprit du Père Créateur. De tout ce temps, celui-ci lui avait parlé de maintes et maintes choses. Après les premières discussions durant lesquelles il s'était présenté, il avait porté la conversation sur un sujet drastiquement différent de l'original… l'histoire réelle du monde de la magie.

Sa version était excellente, à n'en pas douter. Remarquablement bien construite, très riche, parfaitement cohérente… mais après avoir entendu les quelques « motivations » qu'il lui avait révélées, elle ne pouvait pas en croire une miette. Et elle commençait à perdre patience.

- Arrêtez votre blabla, « créateur » ! Il est inutile de me prendre pour une idiote, j'ai parfaitement compris que vous avez l'intention de vous servir de moi comme d'un pion pour vous mêler des affaires des sorciers. Et j'ai aussi parfaitement compris que je n'avais pas d'autre choix que de me laisser faire ou de subir. Alors allez droit au but !

Voir une petite fille de douze ans s'énerver ainsi face à un serpent géant avait de quoi étonner, pour ne pas dire de quoi faire rire. Pourtant, pas un gloussement ne retentit dans la chambre des secrets. Seule une voix froide se fit entendre.

- …soit.

Hermione haussa un sourcil en entendant cette simple réponse. Elle s'était plus attendue à une soudaine remontrance de la part de la basilic, et à une petite colère du Créateur. Il lui donnait l'impression d'être très à cheval sur tout ce qui concernait l'étiquette.

- Soit, répéta-t-il. Ne pouvant me rendre à la surface et ne pouvant y envoyer Lyghim, j'ai effectivement prévu de me servir de toi en te donnant différentes missions. Et pour cela, tu auras besoin d'armes.

- Quelles missions ?

- Je compte sur toi pour créer une autre voie.

- Pardon ?

- Au jour d'aujourd'hui, les jeunes sorciers et sorcières de tous sangs n'ont que deux possibilités d'avenir : la mort ou le système. Tu as pu voir par toi-même ce qu'était ce-dit système. Je souhaite que cela change, que ceux qui le souhaitent puissent vivre différemment. Comme les moldus, par exemple.

- C'est une bien belle ambition avec laquelle je ne peux qu'être en accord. Mais comment est-ce que vous comptez faire ?

- Bien que forcé à être reclu dans mes souterrains, je ne suis pas dépourvu de tous biens. Peu avant sa destruction, j'ai réussi à protéger la cité de Pôdlad avec plusieurs de ses reliques.

- Qui sont ?

- Principalement, la bibliothèque. Secondairement, Lyghim. Enfin, quelques artefacts.

- Stès ! Je ne suis pas une relique ! S'insurgea mentalement Lyghim.

- Pour le monde, nous ne sommes que des souvenirs. Alors si, nous pouvons nous nommer des reliques.

- Mais euh !

Debout à côté de la basilic, Hermione ne put s'empêcher d'être étonnée de son changement de ton. Alors qu'elle était sérieuse un instant auparavant, voilà qu'elle se comportait maintenant comme une enfant… étonnant.

- Euh… nous pouvons revenir à nos souris ? demanda Hermione.

Oups ! Voilà maintenant qu'elle utilisait les expressions gourmandes de Lyghim !

- Oui, allons-y. Comme nous le disions, j'ai quelques projets à ton encontre. Et pour cela, je vais te donner des armes particulières.

- Comme quoi ?

- Principalement, des connaissances. Secondairement, un peu de matériel. Et troisièmement, de l'assistance en cas de besoin.

- Quelles connaissances ?

- Le véritable savoir du potionnisme débarrassé de son sectarisme, la science des runes, des techniques dans différents domaines, des listes de sorts et autres charmes aussi simples qu'efficaces, des stratégies… etcetera.

Au fond d'elle-même, Hermione ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine excitation la gagner. Ce que cet homme lui promettait paraissait énorme.

- De quoi parliez-vous quand vous avez dit que vous me donneriez un peu de matériel ?

- Dans quelques lieux secrets se trouvent entreposés divers artefacts qui te seront d'une grande utilisé logistique ou autres.

- Comme quoi ?

- Un balai volant particulièrement rapide, des habits runiques permettant divers effets très utiles…

- Des habits runiques ? Vous voulez dire comme ce que j'ai fait ?

- Oui, comme ceci, mais en une version bien plus efficace. Tu verras par toi-même.

- Il y a quoi d'autre encore ?

- Hum… je t'aurais bien volontiers indiqué où se trouve ma baguette magique, mais un fou a jugé intelligent de la dépecer et de se la coller sous la peau voici seulement quelques mois. Je ne pouvais pas agir sans prendre le risque de me faire découvrir, alors j'ai dû laisser aller.

- Un type s'est collé des morceaux de baguette sous la peau ? Il faut être complètement taré pour faire ça ! Au moins autant que Potter ! Qui c'est ?

- Tu as trouvé la réponse.

Hermione pâlit en un instant. Lui ? Non ! C'était une blague !

- Mais quel intérêt aurait-il à faire ça ?

- Ma baguette était très spéciale, vois-tu. Il s'agissait à l'origine d'une expérimentation qui avait pour but de non seulement servir de baguette et de bourdon mais aussi d'instrument pour toutes sortes de choses, principalement pour le brassage de potions en reliant directement la préparation et la magie du préparateur. Pour cette raison, je l'ai fabriquée en utilisant presque uniquement des ingrédients de potion, avec une large majorité de plumes de phénix et de crins de licorne. Et j'ai réussi à obtenir ce que je souhaitais.

- Mais comment a-t-il obtenue cette baguette ?

- Je lui ai donnée.

- Pardon ? Comment auriez-vous pu ? Et pourquoi ?

- Ma baguette errait entre les mains de différents sorciers depuis des siècles. Ils en avaient oublié la provenance et elle avait échouée chez un marchand sorcier. Il n'était pas à mon avantage de la conserver ainsi à la portée de mes ennemis. Je l'ai donc donnée à la première personne que j'ai considérée comme étant suffisement « réceptive » à la nouveauté. J'ai charmé à distance le marchand pour lui faire croire qu'il avait lui-même fabriquée la baguette. Ainsi, il ne s'est pas étonné de la découvrir parmi ses affaires.

- Et son expérience a fonctionnée ?

- Le jeune Potter a en effet acquis une puissance accrue pendant un temps. Mais j'ai réglé ce problème en mobilisant divers ensembles runiques afin de pomper son surplus de magie. Tant que ce drainage est effectif, ton camarade ne sera rien de plus qu'avant son « opération ».

- Mais comment pouvez-vous agir ainsi à distance ?

- Je suis sans cesse « connecté » à un grand nombre de « récepteurs » dans le monde entier grâce à des systèmes de runes complexes. J'obtiens ainsi une immense masse d'informations qui me permettent de me tenir au courant des évènements du monde. Je sais ainsi quasiment tout ce qui est en rapport avec l'empire sorcier, avec les différentes résistances, avec les moldus ou encore avec le bloc magique asiatique.

- Le bloc magique ? Vous voulez dire que les sorciers ne sont pas les seuls à pratiquer la magie dans le monde ?

- Loin de là. Croyais-tu donc que des blancs racistes allaient accepter de considérer comme frères des noirs, des asiatiques, et d'autres personnes encore ? Non, absolument pas. L'empire sorcier s'étend sur toute l'Europe jusqu'à l'Oural, sur l'Afrique du nord et le moyen-Orient, ainsi que sur quelques colonies de-ci, de-là en Amérique du nord. Au-delà, il y a d'autres confédérations. Au moyen-orient et en Afrique, les gobelins égyptiens tiennent un territoire assez important qui s'étend sur tout le Sahara. Ils y possèdent de nombreuses cités forteresses capables de résister à des assauts frontaux et pouvant soutenir des décennies de siège. En Asie de l'est, la civilisation chinoise –entre autres- a établi une société magique vieille de plusieurs millénaires qui résiste tant bien que mal à l'avancée sorcière.

- Et aux Amériques ?

- Les sorciers y sont allés avec les conquistadores et ont tout détruit, et y entretiennent leur œuvre de mort. Les Etats-Unis ont bien tenté de défendre une communauté magique, mais ce projet a vite été déjoué.

- Ils ont tout massacré ? Mon dieu…

- C'est la politique de conquête classique des empires. Détruire tout ce qui ne correspond pas à la notion de normalité en vigueur.

- Arrêtez de prendre ce ton négligeant ! Vous parlez de massacres comme si vous alliez prendre une douche ! C'est insupportable !

- J'ai vu trop de massacres pour encore pouvoir ressentir du dégoût ou un quelconque sentiment.

- Vous n'en auriez pas plutôt commis ?

- Un peu, oui. Tu risques d'être dans la même situation que moi un jour.

- Quoi ! Devenir un monstre ?! Jamais de la vie !

- Le destin ne nous laisse pas réellement décider si l'on n'est pas plus malin que lui.

- Pas question d'obéir à une idiotie pareille ! Je veux rester libre de mes décisions !

- C'est une bonne volonté. Malheureusement, tu rencontreras maintes personnes ayant volonté de te vaincre pour te faire du mal. Pour rester libre, le mieux serait encore que tu t'asservisses toi-même.

- C'est possible ? Ce n'est pas complètement idiot un truc pareil ? Le créateur des colliers de servage était sacrément prévoyant, il a dût prévoir un tel cas.

- Je connais tous les secrets des colliers de servage. Crois-moi, c'est possible. Et les sorciers ne pourront rien y faire à moins de parvenir à briser le collier. Ce qui sera tout aussi impossible si je t'enseigne comment écrire quelques runes supérieures.

- Mouais… je vais réfléchir à ça, c'est assez tentant dit comme vous le faites. J'espère que ça marchera.

- Cela marchera. Mais jeune fille, ne crois pas que tu seras parfaitement libre de tes mouvements.

- Comment ça ? Vous croyez que les sorciers vont tenter de m'asservir de nouveau ?

- Les sorciers, non. Mais tu seras surveillée. Lyghim vient avec toi.

FIN DU CHAPITRE

Woups ! Déjà un mois ? Mince ! Je suis moins rapide quand j'ai peu de commentaires... J'ai 53 favoris, mais je n'en ai eu que cinq au précédent chapitre… un petit effort SVP ?