NVJM
UN MONDE A PART
Chapitre seizième : étouffement
« Nous assistons maintenant à l'arrivée de l'arbitre, l'enjeu en mains… le match va bientôt commencer… »
Poudlard, dans les couloirs…
« Vite ! Cours !
- Je fais… ce que je peux !
Je ne vais pas pouvoir dresser de bouclier éternellement ! Dépêches-toi un peu plus, où leurs sorts finirons par te toucher !
- Je n'en peux plus !
Mais pourquoi tu ne les punis pas comme l'autre ? »
Hermione s'arrêta soudain de courir et saisit mini-Lyghim par le cou, la forçant à la regarder dans les yeux.
« - Je ne peux pas ! C'est… c'est horrible ! »
La jeune fuyarde se mit soudain à pleurer incontrôlablement, forçant une nouvelle fois la basilic à user de sa magie pour la dissimuler aux aurors qui les poursuivaient.
« Horrible ? Hermione, c'était elle ou toi ! Si tu ne l'avais pas ainsi punie, elle t'aurait asservie, puis torturée encore et encore…
- JE SAIS TOUT ÇA ! » hurla Hermione dans un sanglot. « Mais je ne parle pas d'elle ! Je parle de l'enfant qu'elle portait ! Je… je l'ai tué ! Il faut être monstrueux pour faire ça ! Je suis un monstre !
Mais non, mais non… »
Toutes les bonnes paroles de Lyghim ne purent rien pour consoler sa protégée. En désespoir de cause, elle les entoura d'une large illusion pour pouvoir tranquillement laisser passer la crise de larmes.
Le test n'était pas encore fini pour elle… mais d'ores et déjà échoué.
…
Dans le hall du château, perdu au milieu de la foule des élèves, Harry enrageait. Lui, si excellent, était relégué au rang de simple spectateur ! Il s'agissait sans doute là de la chose la plus inacceptable qui soit !
« - Viens Daphné, frayons-nous un chemin jusqu'à chez-nous… »
L'Irrépartissable préféra ne pas répondre et suivit le vif mouvement, ne jetant qu'un regard en coin au cadavre de l'auror Tonks lorsqu'ils passèrent à portée. Rien d'étonnant à la mauvaise humeur de son maître… il allait encore devoir attendre avant de pouvoir posséder celle qu'il avait marchandé. Et en un sens, ce retard imprévu n'était pas non plus pour la réjouir elle-même. Elle avait prévu de noyer sa compagne à venir d'une masse de sortilèges de soumission où s'instituait une hiérarchie qui abaissait chaque esclave en dessous d'elle-même…
Marchant rapidement dans les couloirs, Harry arriva finalement en vue de la salle commune des irrépartissables, la porte toujours noyée de verrous de toutes sortes… mais pour une fois étonnement ouverte. Pour cause.
A l'intérieur, le capharnaüm régnant était encore bien pire que le mot. Les aurors, enragés d'avoir perdu l'une des leurs et d'être tombés dans le piège d'une née-de-moldus, courraient dans tous les sens, accumulaient partout des dizaines de sortilèges de révélation, de runes de détection… au grand dommage des quelques esclaves malheureux qui se trouvaient là. Entre les filles pas trop abimées qui se faisaient prier et les autres qui hurlaient sous la torture, le spectacle n'avait rien de bien ré-jouissant.
…
« C'est bon ? La crise de pleurs est passée ? Tu veux un mouchoir ?
- Je vais mieux, oui… snirfl ! Allons-y !
Tu es sûre ?
- Oui oui, je vais bien… il faut avancer. Sinon, on va se faire repérer.
Et c'est toi qui dit ça… »
Hermione ne répondit pas ni ne montra aucun sentiment. Mais elle était surprise au fond d'elle. La basilic d'ordinaire si joviale et enfantine lui parlait d'un ton si froid… cela lui fit comprendre sans ambiguïté qu'elle était mécontente que le plan ne se déroule pas parfaitement comme prévu.
« - Ne t'inquiètes pas Lyghim, je vais faire de mon mieux par la suite. Je te le promet.
Hum… dépêches-toi, on est en retard. Il fallait normalement se trouver en cage avant que les aurors n'arrivent dans la salle commune… »
Hermione préféra ne rien répondre. Certes, la basilic ne la pétrifierait pas, mais… enroulée autour de son cou, elle n'aurait aucun mal à l'étrangler en cas de désobéissance. Sans compter avec le venin qui lui perlait aux dents à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche.
…
« - Qui êtes-vous et que faites-vous là ?! hurla soudain un auror en voyant arriver deux intrus.
- Harry James Potter, pur élève et membre du premier clan de la caste des sang-mêlés », répondit froidement notre ami, agacé d'être si rudement traité. « Et vous, qui êtes-vous pour oser me parler sur ce ton ?
- Auror Dawlish, capitaine de la garnison de Poudlard et membre de la caste des sang-purs, ignorant ! Tu tombes bien, j'allais te faire chercher ! AURORS, arrêtez ce chien de criminel !
- COMMENT ?! »
Immédiatement surpris et outré, Harry ne put toutefois rien faire pour se sortir de sa situation. Les lieux étaient bondés de soldats sorciers, et lui et Daphné furent saisi par les épaules avant même de pouvoir songer à s'enfuir. Car ils avaient beau avoir l'esprit ralenti et limité par leur fanatisme, les aurors n'en étaient pas moins surentraînés.
- Foutez-moi ça dans une cage, et faites-le couiner jusqu'à ce qu'il dise où est l'autre putain ! EXECUTION !
Daphné pâlit en un instant. Ils allaient les torturer ? « Oh, ma Mère ! Pas ça ! » (I) pensa-t-elle.
Du haut de ses dix ans, alors que ses parents l'avaient emmenée au chemin de Traverse pour la vendre comme esclave, la petite fille qu'elle était jadis avait eu tout loisir d'assister à des séances de tortures diverses et variées. Les marchands se réservaient toujours les moins bons marchés de leurs objets humains pour s'en faire des jouets personnels… elle-même avait échappé à cela par la grâce de son physique qui correspondait parfaitement aux critères sorciers, mais voir chaque jour maints et maints camarades hurler de douleur l'avait marquée pour longtemps.
La chance était toutefois avec elle. A peine son auror avait-il commencé à l'emmener qu'il s'effondra au sol… mort. Elle-même percuta violement le sol.
« - ELLE EST LA !
- EXTINCTION ! » Hurla une voix bien connue.
Hermione ! La traîtresse ! A peine Harry se fut-il lourdement réceptionné qu'il embrassa encore le sol lorsqu'on lui marcha dessus. Heureusement que ses vêtements runiques le protégeaient efficacement !
« - EXTINCTION ! » Cria de nouveau Hermione en se précipitant sur une cage d'esclaves pour se mettre à l'abri. Le capitaine Dawlish s'effondra à son tour avant de devenir poussière.
Cette seule vue suffit pour faire sortir les soldats sorciers de leur effet de surprise. En un instant, ils se ruèrent en direction de la cage des esclaves de seconde année. Hermione les ralentissait tant bien que mal en s'arrachant la gorge à hurler des « extinction ! » pendant que Lyghim liait la magie déployée à un effet de zone… les morts se comptèrent rapidement par dizaines.
Au beau milieu des aurors assaillants, le pur professeur de pur théologie, Benedictus Pontius, s'avança en écartant les bras en l'air, mains ouvertes et tête rejetée en arrière.
- Immonde diablesse ! Démone moldue ! Reçoit ton juste châtiment de ce jour, reçoit ta purification ! Oh Pères, oh Mères, veuillez HYARGH !
Cette fois-ci, Hermione n'eut pas le temps de parler que Lyghim avait jailli de son col et mordu le pur purificateur, retrouva en un instant sa taille normale pour l'avaler tout entier et se rétrécissant d'elle-même à peine son repas achevé. Il ne lui avait fallu que moins de cinq secondes.
« J'aime pas les religieux vivants, expliqua-t-elle. Mais… berk ! Il a un goût de souris périmée ! Pouah ! »
Les sorciers durent croire à un redoutable sortilège, car ils cessèrent soudain toute tentative d'assaut pour reculer. Un instant leur suffit pour dresser des sphères-bouclier et isoler Hermione dans sa cage…
« Pfiou ! Voilà qui fait du bien par où ça passe ! Et les couillons arrêtent d'attaquer, tant mieux… manger me donne envie de faire la sieste.
- Oui, et bien pas tout de suite ! Il faut encore sécuriser la zone ! Sans compter qu'ils pourraient bien faire venir des troupes d'élite pour nous arrêter !
Tu n'as visiblement pas bien compris le système éducatif sorcier, Hermione… tiens, qu'est-ce que je disais ! Voilà le dirlo ! Je parie qu'il veut te parler.
- Dumbledore ? S'étonna Hermione.
Effectivement, le vieil homme s'avançait lentement vers elle, paumes en avant pour bien montrer qu'il n'avait pas d'intentions belliqueuses et souhaitait parlementer. Une légère ouverture se fit dans la sphère-bouclier, et il s'y faufila avant que les aurors qui l'entretenaient ne la referment.
…
Harry gisait au beau milieu des cadavres d'aurors, empli de colère et d'indignation. Lui, si excellent, être arrêté comme un vulgaire simple d'esprit, et qui plus est se faire marcher dessus ! Le capitaine de garnison avait bien mérité son sort, tiens… se relevant tant bien que mal, écrasé par la masse des corps, il chercha Daphné autour de lui et finit par l'apercevoir non loin de là… la pauvre pleurait et tremblait de tous ses membres, recroquevillée en positon fœtale contre un mur… ce n'était pas bien difficile de savoir pourquoi. Il en aurait presque pitié…
« - Allons, viens Daphné… il faut qu'on s'esquive. »
Aidant son esclave fébrile à se relever tant bien que mal, il se dirigea vers le mur le plus proche, à l'abri du regard des aurors survivants et des esclaves dans leurs cages. Là, il déchira une couche de ses vêtements runiques, les agrandit d'un coup de baguette et activa son sort d'invisibilité, les dissimulant tous deux et leurs permettant d'assister tranquillement au spectacle qui allait suivre. Car Harry n'aurait manqué un spectacle de ce genre sous aucun prétexte. Hermione lui avait tant désobéi et l'avait tant humilié que la voir se faire torturer, et peut-être plus, serait un plaisir infini…
…
« - Paix ! Paix jeune fille ! Je viens pour parlementer avec toi ! »
A toi d'agir Hermione, siffla Lyghim. Il faut que je reste cachée moi…
Et la basilic s'enfouit sous les vêtements de son hôte, la laissant seule face au danger.
« - Que voulez-vous ? demanda-t-elle au directeur Dumbledore.
- Je viens pour parlementer avec toi, jeune fille. Te battre avec les aurors n'apportera rien de plus qu'un dialogue de sourds, et de plus je suis le seul ici à avoir le droit de parlementer avec toi… tu n'as pas non plus le choix. Si tu refuses ou si tu me fais du mal, tu seras considérée comme hors-la-loi et forcenée, et l'armée sera obligée d'intervenir. Les aurors n'ont rien pu faire contre toi, mais nos troupes possèdent des armes pouvant t'abattre sans même que tu n'en ais conscience… »
Hermione savait cela, bien entendu… et c'était presque prévu. Malheureusement, il ne lui restait plus beaucoup d'armes. Parlementer était effectivement la meilleure des solutions.
« - Et vous voulez quoi ?
- La paix. Je suis prêt beaucoup de concessions en ta faveur pour peu que tu acceptes de ne plus jamais recourir aux lois de sang. En plus d'être une arme déloyale, ces textes magiques sont un traumatisme sans nom pour l'ensemble des populations magiques de toutes origines.
Il ment, siffla mentalement Lyghim. Si les gobelins avaient vent de ton existence, ils provoqueraient une guerre et une révolution sans précédent…
- La paix ? Vous voulez vraiment me faire croire un truc pareil ? Comme vous le dites, il va falloir faire de sacrées concessions si vous voulez que j'y crois, et encore plus si vous voulez que j'accepte…
- Tu es en position de force. Pose tes conditions jeune fille.
Fais attention. Voir ce type se soumettre ainsi n'est pas normal. Il a l'habitude de la politique, et c'est un manipulateur de première. Ne tombe pas dans se pièges, et ne prête surtout pas de serment inviolable !
- Commencez par me dire précisément ce que vous êtes prêt à faire pour moi. »
Dumbledore soupira. Maligne… « Soit », dit-il. Voici donc…
Et, durant plus d'une heure, il lui expliqua le fonctionnement politique et administratif de l'empire sorcier… et sa situation personnelle. Comment les autorités allaient rapidement avoir vent du massacre, comment elles allaient réagir en force comme à chaque émeute, comme l'armée allait intervenir et n'hésiterais pas à commettre nombre de massacres de moldus simplement en guise de représailles… il lui expliqua aussi que, bien que chassé de longue date de la vie politique par le purificateur Voldemort, il pouvait encore grandement influencer la société autour de lui pour aider Hermione… par exemple en faisant oublier ses origines moldues pour lui construire une histoire qui la mettrait en valeur.
« - Le pur purificateur Lord Voldemort était dans une situation semblable à la tienne, révéla-t-il. Sang-mêlé à dominante moldue, il faisait honte à ses ancêtres purs de par sa naissance. Et pourtant, il avait tant de talent, tant d'intelligence et tant de ruse qu'il a intéressé de nombreuses personnes de pouvoir. Il s'est allié à quelqu'un, a effacé son passé pour réécrire sa vie et ainsi se faire passer pour un sang-pur. Et aujourd'hui, il possède l'un des postes les plus enviés et puissants de notre société. Il n'est pas l'Empereur, ni membre de la famille impériale, mais ses responsabilités sont telles qu'il possèdent littéralement plus de pouvoir qu'eux…
- Et ? En quoi cela m'intéresserait-il ?
- Toi et moi, nous risquons tous les deux très gros. Comme je te l'ai dit, l'armée n'hésitera pas à intervenir contre toi… et contre moi en conséquence.
- Je me répète : en quoi cela m'intéresserait-il ?
Dumbledore soupira à nouveau. Pourvu que le pouvoir n'ait pas connaissance de ce qu'il s'apprêtait à révéler…
« - Nous autres sorciers avons un but millénaire, que nous poursuivons depuis les origines de notre civilisation.
- Qui est ?
- Nous souhaitons parvenir d'une part à devenir totalement libre et indépendants du monde moldu. Car en effet, nous sommes dépendants de lui de bien des manières…
- Et j'imagine qu'il n'y a pas que ça. Dites la vérité ! Votre société, même si elle a ses problèmes, est plus que parfaitement capable de vivre en autarcie.
- J'y viens. Sais-tu pourquoi Lord Voldemort et le ministère de la magie ont mis fin à leur guerre, voici une dizaine d'année ?
- Non, mais quel rapport ?
- J'y viens. Ils savaient l'un et l'autre que les centaines de milliers de victimes qu'ils subissaient ne les conduirait à rien de plus qu'à l'anéantissement de l'Empire. C'est pourquoi chacun a fait de lourdes concessions et a tourné sa colère vers l'ennemi commun.
- Les moldus ?
- En effet. L'Empire arme dans un seul but : se révéler aux moldus…
- …et les anéantir jusqu'au dernier. C'est ça ?
- En effet. La guerre est le seul but du pouvoir en place depuis plus de trois siècles. »
Hermione ne répondit pas de suite. Il ne lui était pas bien dur d'imaginer à quoi ressemblerait une guerre contre les sorciers… ce serait un immense massacre de toutes parts.
« - Combien de soldats compte votre armée ? J'ai entendu dire que des… enfants étaient élevés dans le seul but de servir de soldats.
- Il s'agit là de l'une des erreurs de notre société, oui. Notre population « légale » compte environ soixante-dix millions d'habitants dans le monde –je parle de l'Empire- et notre armée possède presque autant de soldats élevés comme tels. »
Hermione ne put s'empêcher de pâlir en entendant cela. D'autant plus que son instinct lui soufflait que ce nombre n'était pas un mensonge… bon sang ! Jamais les armées coalisées des moldus ne pourraient s'opposer à une telle force ! Alors les armées divisées telles qu'elles l'étaient actuellement… Elle tremblait presque de terreur en s'imaginant tout cela. Mais il ne fallait surtout pas le montrer.
« - Et que me voulez-vous… réellement ? »
Elle avait bien sa petite idée, mais…
« - Tu as beaucoup de talent. Et tu as des buts visiblement semblables aux miens : pour avoir vécu parmi les moldus plus de dix ans durant, j'ai moi aussi conscience du désastre commun que serait une guerre totale. Depuis plus de cinquante ans maintenant, je cherche à apaiser les tensions et à vaincre l'ignorance, si génératrice de haine… mais je n'y suis jamais parvenu. Un homme seul ne peut lutter contre une multitude.
- Et vous voulez vous allier à moi comme je-ne-sais-qui l'a fait avec le purificateur Voldemort, c'est ça ? Mais pourquoi moi ? Je suis tout aussi seule que vous, si ce n'est plus !
- Tu n'es pas seule jeune fille. Tu disposes de l'arme précise qui me manquait…
- …les lois de sang ?
- En effet. Bien peu de gens ont connaissance de ce sujet, et les autres croient à une légende, ou croient qu'elles ne fonctionnent pas. Pour l'instant, l'information n'est pas sortie du château et je puis encore agir à coup de modification de mémoire pour que personne d'autre que toi et moi n'en ayons connaissance. Les lois de sang sont autant une arme comme tu t'en es servi qu'un moyen comme j'en aurais eu besoin jadis… avec elles, tu pourrais œuvrer pour changer le sentiment général des sorciers, sauver le monde moldu de la guerre qui approche à grands pas. J'ai beau avoir été considérablement diminué, ce ne peut être ton cas. Chacun d'entre nous a besoin de l'autre. C'est pourquoi je te propose de t'allier à moi. Devient mon apprentie, et je ferais en sorte de te transmettre en héritage mon influence, mes droits et mes pouvoirs. »
A sa place, Hermione sourit faiblement en digérant toutes les informations reçues. Tout allait trop vite pour elle, il fallait qu'elle se réserve rapidement un large moment pour réfléchir et trier ses pensées. « Oui, tout cela est bien intéressant. Et en effet, ma connaissance et mon contrôle sur les lois de sang m'aident grandement. Mais… je ne dois cela qu'à Lyghim et à son maître… n'est ce pas ?
En effet ma souris, répondit mentalement la mini-basilic. Je suppose que tu as compris pourquoi les lois n'ont pas fonctionné des siècles durant… Alors fais ce que nous voulons et tu disposeras de cette arme. Trahis-nous et tu seras abandonnée et vouée à une souffrance éternelle… »
Hermione ne put s'empêcher de soudain frissoner. « J'aime mieux quand tu parles de souris, Lyghim », souffla-t-elle.
« Passe à la suite, répondit la basilic.
Ok, ok… »
Relevant la tête vers le directeur, Hermione continua comme le dictait le plan conçu…
« - J'espère que vous avez beaucoup de temps devant-vous, Dumbledore. Votre offre est intéressante, mais pour que je l'accepte vous allez devoir réaliser tout une encyclopédie de serments inviolables aux Lois… »
Dumbledore déglutit en entendant cela. Mais qu'importe. Sa soumission à l'égalité avec la née-de-moldus était le seul moyen qu'il possédait pour obtenir l'éviction de Tom…
Les années à venir allaient être mouvementées…
…
Une heure plus tard…
Dans son coin, dissimulé contre le mur et protégé par ses runes d'invisibilité, Harry considéra en avoir assez entendu. La traîtresse allait encore s'en sortir ! Et elle lui avait volé celle qui lui revenait de droit ! Elle s'était emparé de tous les esclaves qui se trouvaient dans sa cage ! Il n'avait pas de mots pour dire à quel point cela le mettait en rage !
Montant lentement les escaliers menant à son appartement, respirant profondément pour calmer sa colère, il arriva en face d'une porte de logement nouvellement apparue. Il n'y prêta aucune attention, jusqu'à ce que, en passant devant, il entende…
« - Dame Luna, il est l'heure d'accomplir votre pure purification orale du soir… »
Sursaut ! Comment ! Il a bien entendu « Dame Luna » ?
« Elle habite à côté de chez moi ?!
- Vite Daphné ! Dépêches-toi de rentrer !
- Oui maître ! »
Toute colère oubliée, il ne leur fallut que quelques instants pour se cloîtrer dans leur appartement. Ne prenant même pas le temps de vérifier s'il y avait des sortilèges espion, Hary se dirigea vers le mur du fond et ordonna à Daphné de venir l'aider.
« - Tu te souviens de la procédure pour tracer des runes de sans-teint ?
- Oui maître, acquiesça-t-elle froidement en comprenant ce qu'il voulait faire. »
Savoir que son maître allait admirer une autre fille n'était pas pour lui plaire ! Mais… s'il le souhaitait…
« - Nous allons tracer un pentacle de transparence en premier lieu, puis un autre de sans-teint avant de les relier et d'activer le tout. Nous allons commencer par faire une fenêtre de… trois pieds minimum. C'est parti ! »
Ainsi fût fait. Se dépêchant autant que possible, Harry écrivit sortilège sur sortilège, accumulant sur son mur les points d'encre chargés de magie. Daphné suivit avec moins d'entrain, mais avec toutefois une curiosité certaine. Qui sait, en observant la petite pinbêche, peut-être pourrait-elle comprendre ce qui plaisait tant à son maître et le reproduire…
Il fallut toute une heure pour que l'ensemble des runes soit tracé. A la fin, ce fut un Harry épuisé qui activa enfin son œuvre… avant de crier d'horreur !
Derrière le mur se trouvait la salle d'eau de dame Luna… occupée pour l'heure par la vision croûtée, ridée et poilue de sa dame de compagnie. Harry allait désactiver ses runes lorsque des lettres lumineuses se gravèrent soudain au milieu de la fenêtre magique.
« Tu aimes ce que tu vois ? »
Et la vitre s'opacifia. De son côté, Harry ne put s'empêcher de sourire… heureux. Avec pareille voisine, l'année promettait !
FIN DU CHAPITRE
Avez-vous une idée des pièges tendus aux différents personnages ?
Devinez-vous pourquoi les lois de sang n'ont pas fontionné avant l'apparition d'Hermione, alors qu'elles auraient put empêcher l'émergence de l'empire sorcier ? (voyez l'annexe deux de ce chap pour une mise à jour des infos à ce sujet)
Et à votre avis… qui va remporter le match (citation inconnue du début) ?
Je réponds (dans la mesure du possible) à toutes les questions que se posera la première personne à trouver l'une ou l'autre des bonnes réponses !
…
Annexe une : le système éducatif sorcier.
J'imagine que nombre d'entre vous sont surpris par le sort relativement clément réservé à Hermione. Quelques petites explications et rappels sont donc nécessaires ! Go !
Le système éducatif sorcier a une exigence particulière sur laquelle toutes ses bases reposent : l'éducation donne le talent, et le talent peut venir d'absolument n'importe qui, car les volontés parentales sont indéchiffrables pour de simples mortels… derrière cette définition fanatico-sorcière typique se cache une conscience de la réalité dissimulée par une façade de mystique, histoire de ne pas trop perdre la face.
Les sorciers savent que les moldus les dominent depuis toujours et sûrement pour toujours. Ils savent qu'ils sont dépendants d'eux pour une grande part de ressources (nourriture en partie). Et c'est parce qu'ils ont été réduits à presque rien des siècles durant que leurs mœurs ont acquis deux règles particulières : 1, aucune trace de talent ou de capacité ne doit être gâchée, tout doit être mis au service de la société pure dans toute la mesure du possible, et 2, le talent peut venir de n'importe où, y compris d'origines éminnement impures…
C'est par obéissance à ces règles que les enfants de toutes origines (humaines et humanoïdes seulement, faut pas abuser… soit Gobelins, Vélanes, Nymphes) ont obligation de suivre une solide éducation magique particulièrement libérale, quelque soit leur statut social : esclaves ou sang-pur, tous sont logés à l'enseigne de l'élite de l'éducation et ont les mêmes droits d'apprentissage. C'est pour cela que les contrats de servage sont suspendus durant les apprentissages.
La fic possède plusieurs exemples comme celui-ci : par exemple, la professeur de cryptologie présente dans le chapitre cinq : esclave, elle a eut de si bons résultats à ses examens qu'elle a obtenu en récompense un poste de professorat dans un domaine qui lui plaisait…
Bien entendu, les sang-purs seront toujours favorisés… à réussite égale, un sang-pur obtiendrait un poste de ministre et un humanoïde (gobelin par exemple) aurait droit à une purification purement religieuse… (traduction : la mort). De plus, les esclaves qui ne sont pas de sang-pur ou comme Harry de sang-mêlé à dominante pure, ou comme Hermione qui n'ont pas ordre d'acquérir une solide formation, ne sont éduqués que dans la mesure où ils pourront rester des moutons. Rarrissimes sont les exceptions.
N'hésitez pas à dialoguer à ce sujet dans les commentaires, si vous voulez plus d'explications ou si vous voyez des incohérences. Tout avis est toujours le bienvenu !
…
Annexe deux : mise à jour des informations relatives aux lois de sang…
Lorsque les lois de sang sont apparues, j'ai dit que ce procédé magique redoutable n'avait pas pût servir contre les sorciers car ils n'avaient pas pût y être soumis. Comme vous vous en doutez au vu des actions d'Hermione, c'était un mensonge contrôlé comme j'adore en faire dans mes fics… donc, les sorciers sont bel et bien soumis aux lois de sang, avec tout ce que cela implique.
Je vous laisse réfléchir plus avant… entre autres à tout ce que cela implique…
…
I. « Oh, ma Mère ! » : Remplacement de l'expression moldue « oh, mon dieu ! » à la mode sorcière. L'on dit Mère pour les femmes et Père pour les hommes.
