NVJM
UN MONDE A PART
Chapitre dix-neuvième : Domination, révolution !
Ecole de magie de Poudlard. Un an après. (I)
Regardant le sol comme s'il s'agissait d'une de ses esclaves, Harry Potter était en train de méditer sur ce qu'il s'apprêtait à vivre. Assis sur un luxueux banc d'ivoire immaculé, aux côtés d'autres garçons plus ou moins âgés –le plus vieux avait déjà trente ans, et le plus jeune seulement dix-, il attendait d'être appelé de l'autre côté d'une porte d'or gardée par deux purificateurs en tenue d'apparat. Attendait d'être appelé vers la gloire ou l'oubli. Car s'il échouait, il serait probablement à jamais obligé d'abandonner l'identité de Harry Potter.
Il y a un an de cela, lorsque son esclave Hermione avait perpétré un massacre dans l'école, il se trouvait en une période de doute. Subissant échecs sur humiliations, accumulant les ennuis –même sa fidèle Daphnée s'était mise à douter de lui ! -, il se trouvait au fond d'un gouffre duquel il aurait été bien difficile de se sortir pour quiconque n'aurait pas été animé d'un égo démesuré comme lui.
Se servant des circonstances afin de former aussi vite que possible un plan qui lui assurerait un avenir, il avait tout fait pour se servir du procès qui lui avait été intenté par la pure Andromeda Tonks-Black –la mère de la fausse-peau tuée par Hermione, Nymphadora Tonks-Black, principalement au travers d'un plaidoyer qui avait impressionné. Après tout, il était toujours étonnant de voir un gamin d'à peine plus de douze ans parler comme un politicien en mal d'électeurs…
« …voyez, Sorcières, Sorciers, où la lâchetés des Moldus m'a amené ! Piégé par une conspiration d'infidèles, traîné dans la boue, me voici forcé de comparaître devant vous pour répondre d'injustices ! M'imaginez-vous, moi, descendant de la noble famille Potter, oser malmener une aussi pure et honorable famille que celle des glorieux Blacks ? M'imaginez-vous prendre le risque insensé de leur voler une esclave quelconque, sans talent, sans beauté, de sang-mêlé ! alors que j'ai amplement les moyens d'en acheter des dizaines quand je le souhaite ? Cette accusation portée contre moi, que dis-je ! contre nous ! Car dans cette affaire, la famille Black est une victime au même titre que moi ! Cette accusation sans fondement n'est rien de plus qu'une conspiration, destinée probablement à me faire jeter en prison pour pouvoir s'emparer de mes possessions et les amener en monde Moldu par d'impurs inconnus ! »
Bien sûr, Harry avait dit cela pour ne pas avoir d'ennuis. Car il n'était pas idiot. N'importe qui ayant deux neurones en marche ne pouvait que comprendre que la traîtresse Hermione, celle qui avait asservie l'esclave des Blacks qui l'intéressait, n'avait pas été tuée par les Aurors la pourchassant. Que le directeur Dumbledore négocie avec elle des choses que nul pouvait entendre, et annonce le lendemain qu'il avait pris sous son aile une jeune fille prometteuse, et ce juste avant d'annoncer la disparition d'Hermione… il fallait vraiment être idiot pour ne pas comprendre qu'elle ne faisait qu'une avec Ænigma Eald. Malgré son impressionnant changement physique.
« …rendez-vous compte, moi, descendant de l'illustre Lord Brovdec Potter, faire honte à mon pur et glorieux ancêtre, salir toute sa lignée, juste pour cela ?! C'est totalement insensé ! Il est absolument impur d'envisager qu'il puisse en être autrement, nos merveilleux Parentaux m'en soient témoins et me foudroient d'impureté si je mens ! »
Bien entendu, face aux juges-purificateurs fanatisés, faire appel au nom des Parentaux faisait office de serment inébranlable. Et si ceux-ci ne punissaient pas l'impudent, c'était forcément qu'il disait la pure vérité.
La suite du procès avait été vite expédiée. Totalement désarçonnée par la ligne de conduite menée par Harry, Andromeda Tonks-Black avait été obligée de jeter aux oubliettes tout le beau discours qu'elle avait préparé pour faire jeter à Azkaban cet impudent qui avait osé humilier sa défunte fille. Et, ne parvenant à trouver quoi dire en un laps de temps si cours que la défense de son adversaire, elle n'avait eu d'autre choix que d'accorder sa version à la sienne. Tout cela émouvant de plus belle un public friand de sensations et incapable d'imaginer qu'un si pur et vertueux jeune garçon puisse être coupable.
C'est ainsi que, au cours d'un procès médiatisé –après tout, il était rare que deux maisons pures se fassent un procès-, Harry s'était fait connaître au sein de tout l'empire magique malgré son jeune âge.
« - Oyez, oyez ! Pures Dames, Pures sieurs ! La pure prière menée par nos couples de purificateurs-copulateurs nous a révélé la volonté de nos merveilleux ancêtres ! Au nom de notre puissant Père Frappeur, Dame Andromeda Black reçoit réparation des torts qui lui ont été causés en obtenant le droit d'organiser une capture d'esclaves dans le monde impur ! Harry James Potter, quand à lui, a reçu la grâce de notre Père Tout-puissant et est déclaré innocent de toutes les accusations qui pèsent sur lui ! »
Il va sans dire que ce coup médiatique habilement mené avait ramené Harry sur le devant de la scène. Alors qu'il s'était retrouvé quasiment pestiféré après avoir malhabilement tenté de répandre sa pseudo-religion mal préparée d'une déesse de la magie, il retrouvait maintenant le devant de la scène et se retrouvait constamment invité à toutes sortes de salons, de réceptions et de soirées organisées au château par les différentes factions voyant progressivement jour au milieu des groupes d'élèves. Mais qui disait succès disait aussi fatalement oubli…
…il ne fallait pas que cela arrive !
Décidant d'user de sa chance au-delà de tout ce qu'il aurait pût en espérer, étant lui-même persuadé que c'était une folie, Harry décida d'entrer en contact avec le grand purificateur Lord Voldemort…
Actuellement, la société sorcière dans son ensemble se trouvait dans une situation particulière : bientôt allait être choisie la prochaine génération des élus ! Celles et ceux qui obtiendraient l'honneur de figurer aux plus hautes strates de la religion sorcière !
Les élues avaient déjà été choisies. Parmi elles se trouvaient par exemple Dame Luna Bianca Lovegood, pure jeune fille d'à peine onze ans qui pensait et agissait déjà comme une adulte. Pourquoi avait-elle choisi d'être répartie dans l'impure maison des Irrépartissables, et qui plus est d'être sa voisine de palier, Harry l'ignorait. Mais peut-être cela pourrait-il jouer en sa faveur… d'autant plus qu'elle était l'élue de la Mère Génitrice, c'est-à-dire qu'elle serait vouée à épouser l'élu du Père Tout-puissant dès qu'il serait connu. Bien entendu, le fait qu'Harry soit très intéressé par elle n'avait absolument rien à voir avec le fait qu'il souhaitait justement devenir cet élu…
« - Harry James Potter ! »
Sortant soudain de ses pensées, Harry resta dans la position pensive qu'il avait adoptée depuis qu'il était arrivé dans la salle d'attente. Chose qui détonnait d'ailleurs de sa cinquantaine de camarades. Dès qu'ils étaient arrivés dans la salle, ceux-ci s'étaient jetés sur les apprenties purificatrices qui leurs avaient été « fournies » afin de pouvoir prier juste avant d'entrer face au pur jury chargé de ne retenir que celui qui serait le plus à même de représenter le Père Tout-puissant.
Cela ne gênait pas Harry d'être entouré de couples gémissant constamment leur plaisir de prier. Durant l'année précédente, accompagné de Daphnée, il s'était habitué à rester calme et posé dans ce genre de situation, car s'étant mit à fréquenter assidument les salles de prière. Certes, il n'avait pas osé prendre la virginité de son esclave –ce qui serait considéré comme un crime aux yeux de la loi religieuse, puisqu'il n'était ni son père, ni son mari-, mais ils avaient tous deux très vite pris l'habitude d'accomplir tous les jours leurs cinq prières orales.
« - Harry James Potter, c'est à vous ! Dépêchez-vous ! »
« - Me voici. »
Se relevant avec une grâce travaillée, se mouvant lentement afin de toujours faire attention au pas suivant, Harry se retint de jeter un œil autour de lui et se dirigea directement vers la grande porte ouvrant sur son destin. Sa retenue était nécessaire, car ils étaient surveillés, cela ne faisait aucun doute. Et à n'en pas douter, qu'un jeune homme parvienne à se retenir de prier et à avoir une totale maîtrise de lui-même alors qu'une, puis plusieurs apprenties purificatrices aux formes plantureuses et au corps entièrement refait n'avaient de cesse d'insister pour prier avec lui… cela ne pouvait que forcer au respect du point de vue de purs fanatisés.
Entrant au son de trompes dans une immense salle, flattant son égo de se savoir si bien accueilli, un furtif regard alentours lui indiqua la disposition de la salle. Face à lui, assis à une table, se trouvaient les cinq purificateurs et les cinq purificatrices chargés d'estimer « l'ampleur de sa pureté », afin de savoir s'il pouvait être le prochain élu du père Tout-puissant. Sur les côtés de la salle se trouvaient les élues des mères Jardinière, Transformiste, Illusionniste, Invocatrice, Sensitive et Châtieuse, littéralement parquées dans des coquilles de verre censées « les protéger des impures effluves des recalés ». Et enfin, assise dans un fauteuil mis en évidence aux côtés des juges, toujours suivie de sa dame de compagnie, attendait patiemment Dame Luna. Il n'était pas difficile de deviner ce qu'elle faisait là. Etant d'office l'épouse du futur élu, elle avait son mot à dire sur le choix à faire. Sa présence rasséréna un peu Harry. Tout au long de l'année, elle avait manifesté un vif intérêt pour lui, pour une raison qu'il ignorait totalement. Peut-être cela jouerait-il en sa faveur.
« - Harry James Potter, » s'exclama le président de la pure assemblée, le grand purificateur Lord Voldemort. « Vingt-cinquième candidat du jour à la pure élection au rang d'élu de notre Père Tout-puissant ! Veuillez faire la démonstration de votre pureté en priant notre merveilleux ancêtre de vous accorder sa grâce. »
En un langage moins fanatisé, cela signifiait qu'il devait s'agenouiller au sol et psalmodier de pures prières en faisant preuve d'un maximum de ferveur. Mais ça, c'était « la rumeur » volontairement répandue parmi la populace. S'étant considérablement informé sur tous les textes entourant le légendaire du Père Tout-puissant, Harry savait qu'agir ainsi ne lui servirait qu'à être recalé comme tous les autres avant lui. C'est pourquoi il avait établi en mémoire un protocole qui, il en était persuadé, allait soit le faire être considéré comme un pur parmi les plus purs, soit comme un traître à la « pure religion ».
Dans les textes sacrés des sorciers, il apparaissait clairement une chose parmi la multitude : les Mères étaient soi-disant les égales des Pères, et devaient de ce fait être considérées comme leur parfait égal, mais elles étaient aussi leurs sœurs et leurs épouses… et dans la « pure » conception de la famille et du mariage, les femmes se devaient d'être soumises aux hommes. Ce fait leur était inculqué à coup de propagande mentale avant même qu'elles ne sachent parler.
Beaucoup pensaient que si l'élue de la Mère Génitrice était présente aux côtés du jury des purificateurs, c'était pour avoir son mot à dire sur celui qui deviendrait son mari. Il n'en était rien. Etant l'aîné de sa famille, le Père Tout-puissant était aussi celui qui commandait et s'imposait à tous les autres, quitte à user de la force. Et, du fait que son élu était censé être son pur et digne représentant sur Terre… il se devait lui-aussi de dominer l'ensemble des autres élus et élues.
Et c'était pour ça que l'élue de la Mère Génitrice se trouvait là. Non pas parce qu'elle avait droit à la parole, mais parce que sa seule présence était en elle-même une épreuve que devaient passer les candidats à l'élection. Ils devaient soit la soumettre à leur autorité, soit abandonner tout espoir de se faire élire.
Alors que le jury préparait déjà ses plumes pour notifier son échec, Harry les arrêta dans leur mouvement en se dirigeant droit sur Dame Luna, parlant sur un ton autoritaire.
« - Pure Dame Luna, je vous ordonne d'immédiatement venir honorer notre glorieux père Tout-puissant en ma pure compagnie, au cours d'une pure prière orale. »
Et, sans attendre qu'elle ne réponde, il lui saisit une main et l'obligea à l'accompagner au centre de la salle.
Il est inutile de décrire ce qu'ils firent ensuite. Ne rompant pas ses efforts pour suivre à la lettre son « gracieux entraînement », Harry concentra son ouïe et son imagination sur le jury pendant que sa voisine de palier œuvrait. Les cinq purificateurs et les cinq purificatrices chuchotaient dans leur coin. Visiblement, le comportement inhabituel du candidat les étonnait. Restait à savoir si c'était à son avantage ou non.
La prière s'acheva au bout de quelques minutes dans le plus complet silence. Sans montrer le moindre trouble, se maîtrisant à la perfection par la grâce de ses entraînements en occlumencie, Harry laissa Dame Luna récolter le fruit de sa prière et l'offrir au Père Tout-puissant, comme cela se devait, avant de la garder pour elle-même, en digne représentante de la Mère Génitrice. Puis elle regagna sa place.
« Harry James Potter », dit le grand purificateur Lord Voldemort, « veuillez maintenant exsuder votre puissance magique en une aura aussi forte que votre pureté vous le permet. »
Aïe. Voilà quel était le problème. C'était bien sûr là une épreuve obligatoire. Vous ne pouviez en aucun cas prétendre à l'élection Toute-puissante si vous n'étiez pas vous-même d'une puissance exemplaire. Et c'était une chose à laquelle Harry n'avait pas de solution, car il n'était pas particulièrement puissant. Certes, il n'était pas faible, et même plutôt meilleur que la moyenne, mais ce n'était en aucun cas suffisant. Des adolescents comme lui, il y en avait des dizaines par classe, et à n'en pas douter, tous les autres candidats étaient au moins aussi puissants que lui.
Obéissant toutefois, Harry se concentra au plus profond de lui-même pour forcer sa magie à exsuder de son corps. Comme toujours lorsqu'il s'entraînait à le faire, il avait beaucoup de mal à simplement maîtriser sa magie. Il la ressentait comme simplement trop désordonnée pour que la simple volonté de son esprit puisse avoir assez d'effet pour l'ordonner et totalement en faire ce qu'il voulait (II). Il y parvint finalement avec bien du mal, et encore cela ne se vit que par sa peau qui s'était légèrement mise à briller. Ses vêtements ne donnaient même pas l'impression de flotter comme c'était normalement le cas. Comme si quelque chose lui volait sa magie.
« Bien, veuillez maintenant comparer votre puissance à celle de Dame Luna. »
Se levant, celle-ci fit apparaître son aura en un instant, sans sembler avoir besoin de faire le moindre effort. Et quelle aura ! Elle s'étala à plusieurs mètres de son corps en un rien de temps, semblant envelopper tout ce qui les entourait, illuminant son corps comme si une profusion d'étoiles y naissait ! A n'en pas douter, elle en rajoutait un peu volontairement… exsuder son aura ne faisait pas léviter comme elle en cet instant.
Pour être élu représentant terrestre du Père Tout-puissant, il était évidemment requis d'être plus puissant que l'élue de la Mère Génitrice. Et c'était là un problème. Ce n'était pas pour rien que la cession d'élections à laquelle Harry participait était déjà la quinzième, alors que rarement plus de deux ou trois étaient nécessaires pour les autres élus et élues. C'était parce qu'il fallait parvenir à dominer la totalité de ses camarades que d'innombrables sorciers prometteurs étaient rejetés et littéralement jetés aux oubliettes.
A sa place, Harry ne fit pas attention à sa propre aura, littéralement écrasée par celle de Dame Luna. Il sentait comme un problème. Comme si quelque chose empêchait sa magie de s'exprimer. Etait-il possible qu'un blocage lui ait été imposé ? Cela expliquerait pourquoi son auto-charcutage, pourtant si prolifique au début, n'avait causé que des problèmes après quelques jours.
Fouillant au plus profond de sa magie, du moins aussi loin qu'il la concevait et la comprenait, il ne remarqua rien, mais compris pourtant. Ce n'était pas une impression ! Il y avait bel et bien quelque chose ou quelqu'un qui l'empêchait d'user de tout son potentiel !
Rien qu'imaginer cela le mit dans une rage folle ! Alors que la plume du grand purificateur Lord Voldemort traçait sur son parchemin la croix qui allait le reléguer à l'opprobre éternelle, il sentit soudain sa magie se libérer en un flot dévastateur ! Toute cette force reléguée au fond de lui-même depuis plus d'un an jaillissait soudain !
Et c'est en surprenant le jury de son hurlement de soulagement qu'il poussa son aura bien au-delà de celle de Dame Luna, l'englobant entièrement et annulant de force la sienne.
Un monde à part
Château de Poudlard. Quelque part dans une salle farouchement gardée secrète.
Assise à son bureau, entourée de tous ses esclaves placés sous un implacable impérium, Ænigma Eald achevait de porter une ultime touche à son plan, ce projet qui, elle n'en doutait pas, la propulserait bien au-delà de tout ce que les sorciers étaient capables d'imaginer.
Depuis maintenant un an qu'elle avait cessé d'être Hermione Granger, il va sans dire qu'elle avait énormément évolué. Ne plus être traitée et entravée comme une esclave, et qui plus est une sang-de-bourbe, mais plutôt comme la pure qu'elle prétendait être, lui avait ouvert bien des voies et lui laissait le champ libre pour qu'elle fasse presque tout ce qu'elle voulait.
Cette précédente année, son « tuteur » Dumbledore, celui qui l'avait piégée avec une habilité machiavélique, lui avait fait découvrir une multitude de gens, de groupes, de factions et autres partis. A coup d'études incessantes, de maux de têtes et de désespoir face à l'ampleur de la tâche, elle avait acquis toutes les connaissances inhérentes au fonctionnement et à la politique de l'Empire sorcier. Mais, contrairement à ce que pouvaient laisser croire les apparences, elle ne s'était pas contentée de cela.
Privilégiant avant toutes choses son apprentissage musclé dans le domaine de l'occlumencie, elle s'était efforcée d'exceller, travaillant sans relâche, apprenant les arts de l'esprit avec une compréhension typiquement moldue qui lui fit presque totalement rejeter les conceptions sorcières pour œuvrer sur de nouvelles bases plus rationnelles, débarrassées de la religion et du sectarisme qui les déguisait. Cela lui avait prit de nombreux mois, mais elle avait finalement pût recommencer à préparer des plans au nez et à la barbe de son mentor…
Même parmi les moldus, bien peu nombreux étaient ceux qui avaient connaissance du transhumanisme. Cette doctrine, encore marginale, disait que, dans un avenir très proche, moins d'un siècle, l'espèce humaine userait de sa science pour modifier son corps et son ADN pour les améliorer, cessant ainsi d'être l'Homo Sapiens, devenant une nouvelle espèce humaine.
Plus elle y songeait, plus elle était convaincue du bien fondé de cette idée. Et, contrairement à ce que pourrait penser qui la connaissait, elle n'en était pas le moins du monde dégoûtée. Perdre son corps ? Bah ! Les sorciers le lui avaient déjà volé, cet espèce de perfection blonde qui contenait son esprit ne lui appartenait aucunement ! Malgré une année entière de cohabitation, elle ne parvenait pas à s'y faire, s'y sentait toujours comme une étrangère. Alors quitte à ne plus avoir son véritable corps, autant qu'il soit comme elle, elle le voulait.
Cette idée n'était pas non plus étonnante d'une manière générale. Après tout, en un sens, l'humanité n'était-elle pas déjà un peu transhumaine ? Utiliser des cannes, des lunettes… des jambes de bois, des jumelles et autres ustensiles fréquents, c'était déjà des ajouts et des modifications à ce que pouvaient les corps de chair. Alors aller un peu plus loin ne pouvait pas faire de mal.
Cette envie de se modifier soi-même pour devenir intouchable aux yeux des sorciers n'était pas qu'une simple tentative de les dominer. C'était aussi un acte de désespoir. Bientôt, très bientôt, elle allait fêter son treizième anniversaire. Aux yeux de la religion sorcière, c'était ce jour là qu'une pure jeune fille devait perdre sa virginité et être mariée, de plein gré ou de force, avant d'être obligée d'enfanter. Et ça, Hermione n'en avait aucune envie. Elle voulait être libre ! Voulait pouvoir vivre sa vie, décider elle-même de ce qu'elle ferait de son avenir, ne se marier et n'avoir des enfants que si elle le souhaitait et seulement avec un homme qu'elle aimerait ! Certainement pas en n'être réduite à l'état d'une esclave soumise, à qui l'on interdisait toute réflexion, tous droits !
Cette idée était née dans son esprit dès qu'elle avait lu un livre à ce sujet. Longtemps enfouie dans les tréfonds de sa mémoire, elle était revenue en force alors qu'elle cherchait des idées pour pouvoir surpasser le sorcier moyen et obtenir assez de pouvoir et d'influence rapidement pour ne plus être soumise à la « normale » sorcière, et ne pas devoir se plier à leur folie.
C'est entre autres pour cela qu'elle avait repoussé sa morale et avait pris des esclaves. Leur faisant étudier toutes sortes de domaine, leur payant des formations de qualité avec l'argent donné par Dumbledore qu'elle avait fait fructifier chez les Moldus, gagnant leur confiance en abolissant toute torture, en les traitant comme les humains qu'ils étaient, en les considérant comme une famille, elle s'était littéralement fabriqué une petite troupe fidèle.
Une petite troupe de chirurgiens de la magie.
Se levant de sa chaise en fermant les yeux, anxieuse, Ænigma-Hermione se déshabilla d'un coup de baguette pour aller s'allonger sur la table d'opération que ses esclaves avaient installée non loin.
Tout autour d'elle se trouvaient toutes sortes d'objets qu'ils avaient fabriqués tous ensemble au long de cette année. Des dizaines d'objets, du plus petit au plus grand, qui allaient bientôt remplacer une grande partie du corps de leur maîtresse. Le tout par la grâce de la magie.
Car elle ne s'intéressait pas au transhumanisme. C'était trop basique.
Elle avait besoin de provoquer une révolution.
Elle deviendrait transmagique.
FIN DU CHAPITRE
…
A votre avis, que va-t-il se passer par la suite ?
Hermione et Harry vont-ils réussir leurs projets respectifs ?
Et surtout, vont-ils se rencontrer de nouveau ?
N'hésitez pas à laisser de grands et nombreux commentaires !
…
I. Il s'écoule une ellipse d'un an dans la fic, et je mets un an dans la réalité… heureusement qu'aucun saut plus long n'est prévu !
II. Si vous êtes intéressés par une théorisation de la magie, n'hésitez pas à aller lire ma fic « E=magie » (version en cours au moment où je publie ce chapitre). C'est un peu compliqué, mais je suis sûr que ça vous intéressera.
III. Avec le temps, je me suis aperçu que j'ai fait une erreur une des annexes du chapitre précédent, où je dis que l'origine du mot « pédé » est issu de « pédophile ». Si c'est souvent ce que l'on croit, il est en fait issu de « pédéraste », ce qui n'est pas la même chose. Je corrige ça immédiatement. Désolé si j'ai choqué qui que ce soit, ce n'était pas mon intention.
