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UN MONDE A PART
Chapitre vingt-et-unième : Action…
Ænigma-Hermione pensait qu'en ouvrant les portes, elle serait accueillie par un incessant brouhaha. Il n'en fut rien. Tout bruit s'éteignit à une vitesse folle. Jamais auparavant le silence ne l'avait heurtée avec une telle intensité.
Devant-elle, jusqu'à l'horizon, des dizaines de milliers de regards qui la dévisageaient.
Et devant-elle, à quelques dizaines de mètres, une procession de quatorze couples la regardait, abasourdis. Tous les Elus.
Oups.
…
Oups. Difficile de penser à autre chose en ce moment. Car peut-être aurait-elle dû vérifier l'actualité avant de se lancer dans son projet… elle prévoyait certes un coup d'éclat… mais à l'échelle de l'école, pas à celle de tout l'empire sorcier ! Et maintenant, il était trop tard pour faire marche arrière. Si effacer la mémoire de quelques dizaines de personnes était possible, réécrire celles de plusieurs milliers… elle sortit soudain de ses pensées en remarquant quelqu'un s'approcher d'elle. L'un des élus. Celui appelé Lord Voldemort.
« - Qui êtes-vous ? » Demanda-t-il d'une voix claire, se faisant entendre de tout un chacun.
C'était le moment de vérité. C'était maintenant qu'il fallait que son projet réussisse ou échoue.
Se redressant de toute sa hauteur, adoptant une posture aussi digne qu'elle s'en sentait capable, elle répondit doucement : « Mon enfant, je suis la mère magie. »
En un instant, une vague de halètements de stupeur déferla sur la foule. Comment ?!
Effaré, Lord Voldemort resta quelques instants stupéfait. Quelques instants qui suffirent pour qu'Ænigma-Hermione continue sur sa lancée.
« - Mes enfants, je viens à vous en ce jour pour vous pardonner vos erreurs ! » tout en disant cela, elle s'avança lentement vers la foule, laissant les badauds s'écarter sur son chemin pour lui former comme un chemin, renforçant ainsi d'eux-mêmes leur stupeur. « Mes enfants, il y a bien longtemps maintenant qu'il est ici un grand nombre d'imposteurs ! Des gens qui se prétendent élus de dieux mais qui n'ont pour seul but que de profiter de vous autres, mes enfants si bons et aimants ! Je viens vous libérer de leur joug ! »
Et, se retournant vers les Elus et Elues : « Demandez pardon pour vos fautes maintenant, mes enfants, et repentez-vous de vos mauvaises actions. Sinon, je serais obligée de vous punir. »
Car durant toute l'année écoulée, elle n'avait jamais oublié une phrase que Dumbledore lui avait dite. Une toute petite phrase insignifiante… « Les lois de sang ne t'obéissent pas à toi, Hermione. Elles sont leur seul maître. Je serais puni non pas si je t'ai désobéi, mais seulement si elles considèrent que je l'ai fait. Tout ce que tu pourras leur demander sera synonyme d'injustice et ne sera pas appliqué. Elles n'agissent que dans leur propre intérêt… » Et tout ce temps durant, elle s'était entraînée à chercher et trouver autant de tournures de phrases que possible afin d'exploiter au maximum les lois de sang. Ou du moins, ce qu'elle en connaissait. C'était bien là le point faible de son projet, car les archives de l'ancien temps étaient non seulement réservées à un nombre de gens très limité, mais étaient aussi très incomplètes…
« - IL SUFFIT ! » hurla Lord Voldemort.
Ces menaces à peine dissimulées furent de bien trop pour les purs Elus, qui levèrent immédiatement tous leur baguette pour purifier l'intruse… tous, sauf une. Dame Luna resta immobile, au milieu de ses camarades de la nouvelle génération, semblant réfléchir activement. Avait-elle compris ce qu'il se passait ? Ce n'était pas une possibilité à exclure, surtout maligne comme elle l'était.
Voyant le danger se rapprocher, Ænigma réagit au quart de tour.
« - Soyez punis pour vos méfaits, mes fils ! » Ordonna-t-elle au milieu d'un panache de mouvements grandiloquents se voulant gracieux, faisant silencieusement appel aux lois de sang.
Et pour la foule, l'horreur commença. Pour tous ces hommes et toutes ces femmes fanatisés depuis leur plus tendre enfance, il ne faisait absolument aucun doute que leurs dieux vivants, si beaux et puissants, allaient très rapidement purifier l'intruse.
Ils allaient la purifier.
Il ne pouvait pas en être autrement.
Mais… qu'attendaient-ils ?
QUE… ?!
Et c'est à l'horreur générale que les élus se mirent soudain à hurler, un cri de terreur, un cri d'horreur, un cri de douleur intense qui arracha l'estomac de toutes les personnes présentes.
Les plus jeunes furent les premiers à tomber. Comme des fruits trop murs, ils s'écrasèrent au sol, les uns sur les autres, figeant leurs visages dans leur terreur de la mort. Les plus vieux suivirent. D'abord l'un, puis l'autre. Aucun ne fut épargné, jusqu'à ce que ce soit le tour du Tout-Puissant. Jusqu'à ce que soit à Lord Voldemort.
Calme et tranquillité ne lui étaient qu'apparence. En son esprit, il réfléchissait à toute allure. La douleur était son amie depuis bien longtemps, il était trop habitué à se l'infliger pour pouvoir encore la ressentir.
Toute sa vie durant, il avait été terrifié à l'idée de la mort. Alors pourquoi, en cet instant, était-il aussi serein ? Cela était-il comme il lui avait été conté, l'instant de plénitude précédant la Fin ?
De longues secondes passèrent. Tout le monde s'attendait à le voir s'effondrer d'un instant à l'autre, comme l'arbre mort tombant sur ses enfants pourrissants. Mais rien ne se passa.
« - Soyez punies pour vos méfaits, mes filles ! » Ordonna Ænigma, vainquant son hésitation et reprenant la main en s'efforçant de vaincre la nausée qui lui prenait les tripes.
Et il n'en fallu pas plus pour que toutes les élues, anciennes et nouvelles, s'effondrent au sol.
Toutes mortes.
Toutes, sauf une.
Au milieu des cadavres de ses camarades, Dame Luna semblait prête à prendre ses jambes à son cou. Bon sang, tout allait bien plus loin qu'elle ne se l'était imaginé ! Elle était totalement en train de perdre la maîtrise du jeu ! Elle n'avait même plus la moindre idée de ce qu'il se passait !
En face d'elles, côtoyées qu'elles étaient par un silence de mort et l'hésitation s'étant emparée de la foule horrifiée, Ænigma réfléchi à toute allure. Elle avait fait appel aux lois de sang pour tuer les élues. L'une d'elle n'était pas morte. Cela signifiait donc qu'elle serait utile pour l'avenir. Il ne restait plus qu'à savoir quoi et s'y adapter.
Il n'en fallu pas plus à notre amie pour qu'elle décide de ce qu'il convenait de faire. « Mon enfant, » dit-elle en s'efforçant au sourire, levant les bras pour marcher vers Luna, « mon enfant, que je suis heureuse de voir que toi tu ne m'as pas trahie ! Viens dans mes bras que je console ta peine ! »
Foulant du pied les corps des élues, écrasant seins proéminents, maquillages démesurés et ventres engrossés, faisant appel à toute sa maîtrise pour ne pas vomir de dégoût ni s'enfuir à toutes jambes, Ænigma allait serrer sa « fille » dans ses bras, réfléchissant à toute allure à quelle « action brillante » il allait falloir qu'elle se livre très bientôt, lorsque…
« - ASSEZ ! » Hurla une voix nouvelle, traduisant une colère et une haine palpables. Tous les regards se tournèrent immédiatement vers le nouveau venu, et tous purent voir… l'élu du Père Tout-puissant ? Mais… mais non ! Il était toujours au milieu de ses camarades élus, mort comme eux ! Mais alors qui ?!
Enragé, ne faisant montre d'aucune maîtrise de lui-même, l'inconnu se para soudain d'une aura démesurée ! Bien supérieure à celle des autre Elus ! Mais qui ?!
« - ASSEZ ! ENDOLORIS ! » Hurla-t-il soudain en visant celle qui se présentait comme la Mère Magie. Et le sortilège partit… lentement… le temps sembla soudain se figer pour tous les protagonistes de la scène. Et le sort la frappa de plein fouet.
« - SOUFFRE ! SOUFFRE ! VAS-Y, SOUFFRE ! PAIE TOUTES LES HUMILIATIONS QUE TU M'AS FAIT SUBIR ! »
Mais à sa grande horreur -bien qu'il n'en montra rien-, Ænigma ne sembla pas le moins du monde affectée par le sortilège. Et elle-même ne comprenait pas pourquoi ! Le sort avait pourtant été parfaitement lancé ! Et elle n'avait pas de défenses suffisamment puissantes pour se protéger d'une puissance pareille ! D'ailleurs, comment était-il possible que le Potter soit devenu aussi fort en si peu de temps ?!
C'était à n'y plus rien comprendre !
Réagissant immédiatement, elle fit à son tour apparaître son aura, aussi rapidement et fortement que possible… mais elle n'arrivait pas à la cheville de la sienne !
COMMENT FAISAIT-IL ÇA ?!
Retraite ! Il fallait faire retraite ! Mais surtout, garder son calme !
« - Mes enfants, » s'exclama-t-elle haut et fort en s'efforçant de ne rien montrer de son trouble, « je me retire maintenant en cette demeure mortelle. Que tous les faibles et soumis gardent espoir ! Leur temps est maintenant arrivé ! Que tous les opprimés et réprimés se joignent à moi pour rétablir l'ordre et la justice ! »
Et sur ces mots, ses esclaves restés collés à la porte du château, terrorisés, virent leurs colliers de servage se fracasser au sol, faisant retentir le vide d'innombrables cœurs bien au-delà de la foule présente.
Et Ænigma se barricada dans le château.
…
Lord Voldemort, bien que sang-mêlé, n'avait pas accédé au poste d'élu simplement par la grâce de son endurance sexuelle, de son physique avantageux, ou encore de quelconques pots de vin. Sa puissance, son don d'orateur, son intelligence et toutes sortes d'autres qualités avaient parlé pour lui, et ce tout au long de sa vie. A de multiples reprises, il était parvenu à magistralement se sortir de situations désespérées.
Et cette fois-ci ne ferait pas exception. Surtout que le destin lui avait fait un merveilleux cadeau en la personne de ce jeune garçon. Les élus et élues étaient tous morts ? Peu importait ! Sa capacité d'adaptation était sa plus grande qualité. Et elle allait encore lui servir.
« - MES FRERES ! MES SŒURS ! » Hurla-t-il pour se faire entendre de toute la foule, les bras levés au ciel, sa parole retransmise dans tout l'Empire par portoloins sonores. « GLOIRE A NOTRE FAMILLE REUNIE ! GLOIRE A MON FRERE ! GLOIRE A L'ELU DE NOTRE PERE FONDATEUR ! »
Et, se tournant vers Harry et la dernière élue, « GLOIRE A NOS PARENTAUX ! »
Et, de quelques gestes de la main, il déshabilla Harry, révélant son érection à la foule, et le fit s'envoler pour l'approcher derrière Dame Luna, forcée à l'immobilité.
Celle-ci s'efforça de lutter contre la douleur de son hymen déchiré en concentrant ses pensées sur son plan. Malgré les imprévus, malgré les victimes collatérales, ce qu'elle et Lord Voldemort avaient prévu était une réussite.
Pour la première fois de la Pure Histoire Sorcière, ce ne fut pas l'élu du Tout-Puissant qui honora l'élue de la Mère Génitrice.
UMAP
Pour un sang-mêlé, vivre dans la pure société sorcière n'était pas facile. Si vous étiez un homme, vous deviez travailler de nombreuses heures chaque jour, et prier avec ardeur à de nombreuses reprises pour des dieux invisibles… si vous étiez une femme, il fallait en plus enfanter sans cesse et abandonner tout espoir de liberté eu égard à votre mari, et vous résigner à n'en avoir qu'à échelle de la sienne propre.
En un sens, le système ne fonctionnait pas mal. La société magique était bien ordonnée, avec un taux de criminalité faible, une justice relative à votre statut social mais néanmoins juste, et aussi avec une croissance rapide. Très rapide.
Trop rapide.
Car le système fonctionnait sans prendre en compte le facteur humain. Si la société était ordonnée, c'était dût au suivi constant des purificateurs, et à leur incessante propagande frôlant le lavage de cerveau. Si cette société était calme, c'était principalement dût à la terreur qu'inspiraient les Parentaux et à la constante répression des Aurors. Si la justice était juste, c'était non seulement en fonction de votre statut social, mais surtout du fait de celui-ci. Les sang-mêlés ou tout autres n'avaient aucun intérêt à vivre au milieu de leurs « purs supérieurs ». La population sorcière était vascularisée en groupes au contact quasi-impossible.
Et si la croissance était rapide, elle n'en était pas moins inéquitable. L'écrasante majorité de la population, les sangs-mêlés, n'avait pas de raisons de se plaindre. Ne souhaitant pas de troubles, les purs leur laissaient largement de quoi se nourrir, de quoi vivre… mais le reste du peuple n'était pas très heureux. Car la « population » ne représentait qu'une petite partie de tous les individus composant l'Empire Sorcier. Le reste n'avait pas le droit à l'appellation d'individus. Le reste n'était pas suffisamment pur pour avoir droit d'importance. Mais…
…Le Reste était partout. Le Reste était omniprésent. Le Reste avait accès à tous les savoirs. Le Reste savait tout. Pas une rumeur ne lui échappait. Pas une possibilité ne lui était inaccessible. Pas un endroit ne lui était inatteignable. Pas un endroit où il n'était pas parqué par ses maîtres.
Le Reste. Donnez-lui une raison de se lever, et ce sera alors le début de la fin. Donnez-lui une icône rassurante et aimante. Qui lui redonnerait confiance. Qui l'aimerait. Qui briserait ses chaînes. Qui pourrait le libérer du joug de la religion.
Donnez-lui une seule occasion…
…et que la révolte commence !
…
Lorsque les sang-purs avaient créé l'actuelle société sorcière, au seizième siècle, ils avaient prévu de dire que l'Elu du Père Fondateur serait le seul à avoir le droit de changer la pure religion à sa convenance, de par l'éternel côté rebelle de son paternel. C'était pour cette raison précise que depuis, l'Initiateur avait été le seul des Parentaux à n'avoir jamais été représenté. Après tout, cette élection possible n'était là que pour donner espoir aux éventuelles masses qui pourraient ne pas apprécier la pure religion.
Mais cela faisait bien longtemps que les premiers sang-purs étaient morts, et leurs idées oubliées. Leur œuvre avait évoluée depuis eux, leur ruse s'était perdue, et maintenant, plusieurs siècles après, nombreux étaient les purificateurs et purificatrices d'influence qui n'en avaient aucune connaissance. De fait, voir soudain apparaître un jeune homme capable de représenter leur pur Père… c'était un véritable miracle !
Un véritable miracle. Et à n'en pas douter un signe. Le Père Fondateur était le plus belliqueux des membres de sa fratrie. Sa venue ne pouvait signifier qu'une chose…
…que la guerre commence !
FIN DU CHAPITRE
…
Voyons… si je ne trouve rien à ajouter d'ici là, il reste… encore trois autres chapitres, et l'histoire est finie !
A votre avis, en quoi consistera la fin ? Des idées ?
…
Le Père Fondateur :
Les annexes sont de retour, mouahaha ! Je pense qu'il est nécessaire de faire un petit topo sur qui est le Père Fondateur, histoire de vous rafraîchir la mémoire.
Le Père Fondateur, aussi nommé « Initiateur » (à ne pas confondre avec le Père Créateur, qui n'est pas un Paternel), est le frère jumeau du Père Tout-puissant, et aussi celui qui a eut l'idée de déifier sa famille. Il est l'inventeur de la quasi-totalité des mythes les entourant. Chaud lapin, il est le seul célibataire du groupe (bien qu'il n'hésite pas à régulièrement forniquer avec ses sœurs et que son harem soit… grand. Très grand).
Contrairement au reste de sa fratrie, il n'est pas constamment enfermé dans le « palais divin », n'y venant que rarement (surtout pour les orgies), mais parcourt le monde à sa guise, distillant à volonté terreur, viols et autres joyeusetés. Il arrive qu'il s'absente pendant des décennies d'affilée, voire plus. Il adore la torture (surtout la faire subir), et est, avec sa sœur la Mère Génitrice, le seul des Paternaux à avoir l'ensemble de la population pure dans sa descendance.
Un sacré taré celui-là.
