NVJM

Que ma fainéantise congénitale soit maudite.

UN MONDE A PART

Chapitre vingt-deuxième : …REVOLUTION !

Londres, au ministère de la magie.

« - ORDRE D'EVACUATION, VITE ! » Hurla une voix au loin. « EVACUATION ! »

« - Quoi ?! Mais que se passe-t-il ?! » S'étonnèrent bien vite tous les employés en obéissant docilement.

La réponse leur parvint bien vite lorsque leurs esclaves vinrent à leur aide… « Chien ! Que se passe-t-il ici ? Pourquoi évacuer ? »

« - AVADA KEDAVRA ! » fut la seule réponse qu'ils reçurent.

Et de même sur le chemin de traverse. A Gringotts. A Pré-au-lard. Et dans toutes les cités de l'Empire…

Poudlard.

« - VITE ! QUE TOUS LES ELEVES SE PRESSENT DANS LES ABRIS ! VITE ! » hurlaient tous les aurors en se précipitant de l'avant, baguette à la main et armurés des pieds à la tête.

« - Mais qu'est-ce qu'y se passe ?! » s'apeuraient les plus jeunes, les larmes aux yeux.

« - Les esclaves se révoltent, voilà ce qu'il y a ! Dépêchez-vous de tous vous mettre aux abris ! »

« - Ecartez-vous de notre chemin ! » Hurlèrent une personne bien reconnaissable. « Nous sommes Draco Malfoy, nous… AAAARGH ! »

L'albinos purement pur n'eurent pas le temps de finir leur phrase qu'ils furent précipité dans la mêlée d'élèves paniqués, oubliant toute trace de leur noble éducation.

Dans les sous-sols du château, au niveau de la salle commune des irrépartissables, l'effervescence était aussi à son comble. Entourée de centaines d'esclaves, Ænigma-Hermione se dépêchait autant que possible de briser tous leurs colliers de servage. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y avait du travail ! Harry avait été particulièrement sobre en ne lui en infligeant qu'un seul, car de nombreux soumis en portaient plusieurs, parfois plus d'une dizaine !

« - Vite, vite ! Plus vite ! Allez, au suivant ! Dépêchez-vous ! Tous ceux qui sont libérés, dépêchez-vous d'aller ériger des barrières de protection ! Il nous faut autant de puissance que possible dans ces boucliers ! » Car elle se souvenait de la menace lancée par le directeur Dumbledore, lorsqu'il lui avait proposé une alliance et avait fait d'elle sa disciple Ænigma, voici maintenant de lointains mois de cela. Lorsqu'il lui avait dit que si elle résistait trop longtemps aux aurors de l'école, c'est l'armée qui allait être envoyée contre elle, et qu'elle serait tuée avant même de pouvoir se rendre compte de la présence ennemie…

Mais outre toutes ces inquiétudes, il y avait un problème… les esclaves libérés n'obéissaient pas. Une fois affranchis, ils se contentaient de se grouper tout autour de leur bienfaitrice, ne laissant qu'un petit passage pour laisser venir ceux encore soumis. Voyant cela, Ænigma finit par se stopper, se demandant ce qu'il se passait. « Pourquoi ne vous préparez-vous pas ?! Ils vont bientôt arriver ! » Mais il n'y eu aucune réponse.

« - Prenez le commandement, Dame Ænigma. »

« - Hannah ?! » sursauta Ænigma en se retournant vers son amie. « Qu'est-ce que tu as ? Pourquoi tu parles comme ça ? » S'étonna-t-elle en entendant la voix d'outre-tombe de sa camarade.

« - Prenez le commandement, Dame Ænigma. »

« - Euh, oui ? Mais, je… »

« - Prenez le commandement, Dame Ænigma. »

« - Mais enfin, qu'est-ce que tu veux que je dise ?! Je n'avais pas prévu que nous aurions à nous battre, tu le sais bien ! »

BAF ! Elle n'eut rien le temps de faire qu'elle se retrouva soudain projetée au sol par une claque retentissante ! Et elle fut de nouveau dans les airs quelques instants après, soulevée par la peau du cou par celle qui l'adorait il y a quelques secondes ! Elle… elle allait l'étouffer ! Mais ce qui arriva surpris grandement notre amie.

« - ES-TU UNE SUIVEUSE OU UNE DIRIGEANTE, IMBECILE ?! PRENDS LE COMMANDEMENT MAINTENANT, ET EMMENE LES TOUS AU COMBAT ! EXECUTION ! » Hurla la calme Hannah, semblant s'en arracher les cordes vocales. Et c'est en faillissant se faire dessus de peur qu'Ænigma remarqua quelque chose… le regard totalement vide et terne de sa camarade.

« - Hannah… tu es sous imperium ? »

« - Prenez le commandement, Dame Ænigma », continua à réciter la jeune fille, soudain redevenue parfaitement calme, comme si rien ne s'était passé.

« - Vos ordres, Dame Ænigma, » ajouta un autre esclave en se joignant à la conversation.

« - Nous attendons vos ordres, Dame Ænigma. »

« - Nous sommes à vos ordres, Dame Ænigma. »

« - Prenez le commandement, Dame Ænigma. »

Et ainsi de suite. Un à un, tous les esclaves présents récitèrent leur litanie pour l'inviter à les envoyer à la mort.

Et tous avaient le regard vide.

A sa place, Ænigma-Hermione n'en menait pas large. Que se passait-il donc ? Qui les avait placés sous impérium ? Etais-ce une conséquence du retrait de leur collier de servage, une sorte de mesure de sécurité ? C'était improbable, elle-même n'avait pas subi une chose pareille lorsqu'elle avait enlevé le sien…

« - Hannah ? Qui vous a mis sous impérium ? »

« - Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, commandante. » répondit sa camarade. « Nous sommes des pions à vos ordres, Dame Ænigma. Envoyez-nous au massacre. »

Et la troupe augmentait, encore et encore ! Presque la totalité des esclaves de l'école se tenait là, devant-elle ! Progressivement, notre amie pensa à tout ce qu'elle pourrait faire avec cette troupe dévouée à sa cause, et se laissa submerger par l'adrénaline. Fini, les tremblements ! Fini, l'hésitation ! Fini, la peur !

Il était temps de mener la révolution !

UMAP

A peu près au même moment, dans les étages supérieurs de Poudlard…

BOUM BOUM BOUM !

« - Père ! Père, ouvrez ! Nous vous en supplions, ouvrez ! Nous avons besoin de vos conseils ! »

« - Pas maintenant ! Foutez-moi la paix ! DÉGAGEZ ! » Hurla une voix mille fois reconnaissable.

Harry, car c'était bien lui, n'avait à ce moment aucune autre envie que d'être aussi seul que possible afin de pouvoir réfléchir tout son saoul à ce qu'il venait de se passer.

I peine quelques heures, il n'était rien de plus qu'un paria qui n'avait d'autres choix que de fuir ou d'être sacrifié à des dieux débiles. Et aujourd'hui, il ÉTAIT l'un de ces dieux débiles ! L'ironie de la vie ? Peut-être. Quelle espèce de…

Et maintenant, que faire ? Jouer ce rôle ? Fuir ? Faire la grève ? Ou s'endormir en espérant se réveiller et s'apercevoir que tout n'avait été qu'un rêve ?

…inutile de fuir. Que pourrait-il faire face à des centaines, des millions de fanatiques après lui ? Inutile aussi d'espérer le droit de grève, il était bien peu probable que la société sorcière connaisse cette notion, et encore plus étonnant qu'elle l'accepte…

Il n'y avait que deux solutions, soit espérer que tout ne soit qu'un rêve, soit accepter la réalité. C'est en s'effondrant sur son lit qu'Harry se surprit à imaginer ce que serait sa vie s'il se réveillait soudain. Peut-être pourrait-il être ami avec Hermione ? Elle serait une miss-je-sais-tout, et l'une de ses plus fidèles camarades… les cours seraient amusants, on ne risquerait qu'une colle si l'on oubliait de faire ses devoirs… et pas une séance de torture. Même l'Hagrid pourrait être son ami ! Et son fouet Gertrude serait transformé en un chien baveux et un peu trop affectueux. Et il aimerait fabriquer des gâteaux en bêton plutôt que d'y couler les cadavres des esclaves…

Il se surprit soudain à rire. Quelle folle idiotie ! Imaginer qu'il pourrait être bon camarade avec cette ordure d'Hermione…

« - Tu deviens fou toi aussi ? »

« - HEIN ?! » s'écria Harry en sursautant soudain. Quoi, qui avait osé entrer ici sans sa permission !? Un rapide coup d'œil lui révéla… Dame Luna. « Quoi, que ?! Que fais-tu ici ? » Demanda-t-il, totalement prit au dépourvu.

« - Je viens pour parler de nos affaires, » répondit-elle. Puis, se tournant vers la porte d'entrée, d'où des murmures pouvaient se faire entendre… « Silencio. Ne fais pas attention à ces imbéciles. Ils s'imaginent que nous allons copuler pour que la jouissance nous révèle les volontés des Parentaux… »

« - Ton ton m'étonne, » répondit Harry en se relevant. « Tu ne sembles pas être très… respectueuses des Parents. »

« - Ah ! Tu t'imagines vraiment que je crois en ces légendes ? Ce ne sont que des bêtises. Autant s'en servir pour des intérêts personnels. »

En entendant ces mots, Harry sentit que la discussion se dirigeait sur une pente très glissante. Probablement un test. Mieux valait prendre un autre chemin. « Pourquoi as-tu fait tout ça ? » Questionna-t-il après une hésitation. « Te donner à moi, prendre de tels risques… » il attendit la réponse pendant les plus longues secondes de sa vie, en la voyant se choisir un siège et prendre place avec une lenteur exaspérante.

« - Pourquoi, c'est très compliqué, » dit-elle finalement, « et tout t'expliquer prendrait un temps que nous n'avons pas. Pour résumer, je te dirais ceci : L'élu Voldemort n'a pour buts que d'exterminer les Moldus et obtenir le pouvoir absolu. Il est égoïste, ne pense qu'à lui-même et seulement au court terme de sa vie. Il veut devenir immortel mais n'a aucune idée de ce qu'est cette immortalité. C'est pour tout cela qu'il n'a pas de futur. Moi, contrairement à lui, je vis pour l'avenir. Je ne souhaite pas exterminer les Moldus, mais hériter d'eux pour augmenter et améliorer mon peuple. Je ne veux pas devenir immortelle, je veux l'être rendue. Je… »

Elle s'arrêta en voyant le regard perplexe de son interlocuteur. « Je… je ne comprends pas », avoua-t-il. Et en effet, il semblait dépassé. Comment une petite fille d'à peine douze ans pouvait-elle tenir un discours aussi adulte ? Certes, elle avait été éduquée ainsi dès sa naissance, mais tout de même…

Luna soupira lourdement, comme semblant fatiguée d'avoir à se répéter. « Tu n'as pas beaucoup de notions d'histoire on dirait, » critiqua-t-elle. « Ce que je veux dire, c'est : peu importe ce que je fais de ma vie. Seul compte ce que l'on fera du souvenir que je laisserais. » Et, le regardant de haut : « je vais aller combattre ton amie Hermione. Lord Voldemort sera à mes côtés. Il tombera durant la bataille. En même temps que ton amie. Je serais la seule et unique survivante de l'élite sorcière. Je vais obtenir le pouvoir spirituel suprême… et je ferais tomber la famille impériale. J'établirais ma théocratie, fondée sur la soif de progrès. Fondée sur la gloire d'un unique couple parental, avec moi comme Mère. Et j'envahirais le monde moldu. Je l'anéantirais. »

Puis, fermant les yeux, comme pour voir au loin : « La révolution est en cours. Partout dans l'Empire, les esclaves se soulèvent. Ils arrachent leurs colliers de servage devenus inopérants. Ils brûlent tous les lieux symboliques aux sorciers. Ils commencent à massacrer tous les purs. Et personne ne parvient à comprendre comment tout cela est possible. Comment de simples esclaves asservis et sans éducation peuvent soudain se transformer en ce qui est déjà devenu la seconde plus terrible menace de l'Histoire de la Pureté. » Un sourire narquois, suintant de manipulation, indiquait sans équivoque qu'elle le savait, elle…

Elle s'en retourna alors, commençant à marcher vers la porte. « Et toi ? » demanda-t-elle. « Dans cet avenir déjà écrit, seras-tu un traître mort ou un dieu tout-puissant ? » N'attendant pas la réponse, elle leva son sort de silence, et posa la main sur la poignée.

« - DAPHNÉE ! »

Pas de réponse.

« - DAPHNÉE ! AU PIED ! »

Rien.

« - DAAAAPHNÉEEEE ! »

« - Laisse, elle a dû être évacuée avec les autres élèves. Presque tout le monde a été emmené dans des abris loin d'ici. »

Harry ne répondit pas. Il avait un mauvais pressentiment…

« - Viens, » dit Luna. « Allons-y. »

Ils sortirent alors de l'appartement, aussitôt assaillis par un flot de purs fous d'inquiétude. « Mère ! Père ! Parents ! Messeigneurs ! » Hurlaient-ils tous.

Et lorsqu'ils descendirent dans le parc, ce fut pour être accueillis par un Lord Voldemort armuré de la tête aux pieds. Et par des dizaines de milliers de purs armés jusqu'aux dents.

« - Bienvenue, mon frère, » murmura Lord Voldemort à l'oreille d'Harry. Tout en semblant se forcer à sourire.

« - Bienvenue, » murmura de même Luna. En oubliant sciemment de l'appeler « frère »…

A peine furent-ils tous trois au milieu de leurs troupes, derniers à sortir du château, qu'un grand bruit se fit entendre en provenance du sous-sol. Ænigma-Hermione arrivait.

Que la bataille commence.

UMAP

Après avoir étudié la récente histoire du monde de la magie, Harry comme Hermione en étaient venus à se poser une légitime question : pourquoi donc, lors de leur guerre d'il y a quelques années, Lord Voldemort et le ministère de la magie avaient-ils fait la paix du jour au lendemain ?

La réponse était simple.

Les deux partis étaient loin d'être constitués d'imbéciles. En moins de deux ans, la guerre les opposant avait causée la mort de près de quatre cent milliers de personnes, soit pas moins d'un cinquième de la population sorcière Britannique, et ils ne parvenaient absolument pas à se départager.

Comprenant que leur querelle mènerait la totalité de la population pure à la mort, leur propre camp inclut, ils avaient décidé d'un commun accord de tourner leurs forces vers un même but… leur haine absolue du monde Moldu.

Voici de cela bien longtemps que les Sorciers rêvaient d'annihiler le monde moldu, du plus ancien vieillard au plus jeune nourrisson. Depuis près de trois siècles, des plans de conquête étaient régulièrement mis au point, mais se trouvaient avortés par les progrès technologiques réalisés par les impurs.

L'un des pires coups donné aux envies meurtrières des purs avait été l'avènement de l'ère nucléaire. S'il était clair que les moldus avaient eux aussi fort peur de cette arme, il était certain qu'ils n'hésiteraient pas à l'utiliser s'ils n'avaient réellement pas le choix.

C'est dans la crainte de ces armes terrifiantes que, depuis quelques années, des dizaines de milliers d'espions avaient été dispersés dans le monde entier, infiltrés dans la totalité des gouvernements et structures militaires Moldus, et principalement chez les puissances nucléaires, afin de pouvoir allègrement tout saboter le moment venu.

Mais il y avait quelqu'un qui était là.

Quelqu'un qui attendait.

Quelqu'un qui n'hésiterait pas.

Que sa bataille commence.

FIN DU CHAPITRE

Le prochain chapitre sera le dernier d'histoire ! Après, épilogue et annexes !

68 favoris, 85 suivis, et pourtant seulement 3 commentaires au précédent chapitre…