Me voilà en costume devant le Koya, il est 16 heure 40, être à l'avance c'est très professionnel ! J'ai choisi un costume vert bouteille taillé sur mesure et une chemise blanche de qualité, je n'aime pas les nœuds papillons et les cravates... J'ai pris mon sac de travail (cuir noir, très simple) avec mon ordinateur portable, un bloc notes, mon agenda et un bic, de quoi noter si nécessaire quoi ! Bref, j'ai fait mon organisé professionnel en espérant que ça impressionnerait le sujet de mon évaluation. Je fais des spéculations sur l'identité de cet homme en l'attendant : Macnair ? Avery ? Carrow ? Dolohov ? Ça me lasse vite, alors je me rappelle de la réaction de Ron d'hier et commence à imaginer des manières de le décoincer un peu, c'est beaucoup plus amusant d'un coup ! Je suis en train d'imaginer la tête de Ron si j'embrassais un mec devant lui quand une voix me sort de mes pensées :

« Tiens, Potter, quelle surprise ! Et il sourit tout seul en plus... Ils disaient donc la vérité à l'école, tu es effectivement dérangé. » Je me retourne en sachant exactement à qui j'ai affaire. Draco se tient devant moi,

« Malefoy ? Oh non, non, non, non, non... Ne me dis pas que c'est toi que je dois évaluer ?! »

« C'est une surprise pour moi aussi l'balafré ! J'vais devoir te traîner à mes basques pendant un mois et demie, si tu crois que ça m'amuse, t'es encore plus dérangé que ce que je pensais ! »

« Je te signale que c'est toi qui a fait courir cette rumeur comme quoi j'étais psychologiquement instable, Malefoy. Mais nous ne sommes pas là pour ça, tu as réservé une table je crois, non ? »

« Tu veux vraiment qu'on dîne ensemble, Potter ? »

« Ça n'a rien de personnel Mr Malefoy, je fais mon travail... » Je souris, j'ai repris le dessus et me suis montré professionnel, tout ce que je voulais ! Même si, maintenant que j'y pense, se toucher en imaginant son 'client' dans des positions compromettantes ne doit pas être très professionnel... Je sens le rouge me monter légèrement aux joues mais tâche de rester concentré sur l'enjeu de ce stage.

« J'aime quand tu m'appelles 'Mr Malefoy', Potter, c'est très... Bref, continues ! J'ai réservé une table, je vais t'expliquer ce que j'ai fais pendant 3 ans et mes projets à venir. Suis-moi. »

Je suis Malefoy, il est très élégant, il s'est lui aussi arrangé pour l'occasion : il porte un costume noir et une chemise gris clair (c'est presque du blanc) ses cheveux sont disciplinés plus que soigneusement et il est juste à tomber. D'ailleurs tous les regards se tournaient vers lui dans la rue, il dégage une aura de confiance en lui impressionnante ! Il avait réservé une table, la serveuse, très jolie cela dit, nous fait asseoir et nous amène les cartes. Elle porte l'uniforme du restaurant, un tailleur noir, une chemise blanche et des escarpins noir vernis. Je regarde la carte deux minutes et quand je relève les yeux vers Malefoy pour lui poser une question, je m'arrête net, il vient de faire un clin d'oeil à une serveuse plus que rouge ! Je détourne le regard de lui, qu'est-ce que je m'imaginais... Malefoy n'est pas gay, c'est un fait. Je me renfrogne et demande un peu brutalement :

« Qu'est-ce que tu prends ? » Malefoy regarde Potter, il brûle de lui répondre « Toi sur un plateau et servi avec de la crème fraîche. » mais il n'en fait rien, il sait qu'Harry lui plaît et qu'il risque de s'y casser plus que les dents. Sa solution est de se faire détester par Harry, comme à Poudlard, comme ça, il n'y a pas d'ambiguïté entre-eux et il ne devra pas souffrir.

« Je ne sais pas, je voudrais prendre beaucoup de choses, tout a l'air si bon. » Il appuie, malgré-lui, cette déclaration d'un regard insistant qu'Harry ne remarque pas.

« Je prendrais la même chose que toi, je ne mange quasi jamais de japonais. »

La serveuse intervient à ce moment et nous demande notre choix, enfin, elle n'a d'yeux que pour Malefoy qui lui répond avec un léger sourire un plat d'un nom imprononçable. Elle reprend les cartes et s'éloigne en jetant un regard en arrière vers Draco, ce qui a le don de m'énerver mais je n'en montre rien.

« Alors Malefoy, qu'à tu fais depuis... » Je n'arrive pas à terminer ma phrase sans dire quelque chose qui pourrait blesser ou énerver le Serpentard...

« Depuis que le Seigneur des Ténèbres est tombé ? Depuis que mes parents sont en cavale ? Depuis que tu as triomphé ? Ou depuis que tu m'as sauvé la vie ? » Sur cette dernière question, le sourire de Malefoy s'est changé quelques secondes en grimace, il n'aime pas du tout l'idée de cette dette qu'il a envers moi.

« Un peu tout ça en même temps... Mais tu ne me dois rien, si tu étais mort dans la salle sur demande, j'aurais du le dire à ta mère et mon destin aurait sans doute été différent, Malefoy. »

« Moui... Depuis ce moment là, j'ai eu le temps de réfléchir pendant quelque temps, j'ai voyagé. Au départ, parce que j'avais peur du Ministère et du jugement que les sorciers auraient de moi puis parce que je voulais connaître le monde. Ensuite, je suis revenu, ici, à Londres et je me suis acheté un appartement grâce à la fortune Malefoy. Je savais que pour que le Ministère aie confiance en moi, je devrais leur prouver que j'avais changé. Donc j'ai commencé par aider les Moldus qui avaient été victimes inconsciemment des Mangemorts et de Voldemort. J'ai reconstruit des maisons, parler avec des familles de victimes et j'ai fondé une association pour elles. Puis je me suis présenté au Ministère sans baguette en guise de bonne foi. J'ai présenté mon dossier et ça fait un an que je continue à aider les victimes, sorciers ou non. Ça fait un an que le Ministère surveille mes faits et gestes et ton évaluation est la dernière étape pour que je sois ré-intégré totalement dans le système. La seule erreur que j'ai faites fut de revoir Parkinson, cette folle m'a sauté dessus en public et ça a nuit à l'image que j'essaye de me faire. Mais comme ça a été ma seule bavure et que depuis je suis discret, le Ministère n'a pas rejeté mon dossier tout de suite. Ils m'ont juste rajouté une évaluation et c'est tombé sur toi. » Le Malefoy qui se tient devant moi n'est plus le même que celui de Poudlard si ce qu'il dit est vrai. Mais c'est en contradiction avec l'autre soir et ça me semble plus qu'étrange.

« Je lirai ton dossier demain. Alors comme ça Parkinson t'as sauté dessus ? »

« Ouais... Que veux-tu, je les rends toutes folles ! En parlant de ça... »

La serveuse revient avec nos plats et je suis sûr qu'elle a défait 2 boutons de sa chemise au moins. Je serre le poing sous la table. Elle dépose mon plat normalement puis se penche plus qu'elle ne devrait devant Draco et prend son temps pour que l'assiette soit mise exactement comme elle le veut. Je remarque tout de suite son petit jeu et Draco aussi, sauf que Draco a l'air de s'en amuser, lui.