C'est donc mon premier post de l'année...
Je me suis décidée, la mort dans l'âme, d'écrire une suite. Pour evilhayleyregal d'une part, pour EvilSwanMills qui a longuement insisté... surtout *3* xD (et puis pour moi, accessoirement xD).
Morgane : Et oui, il est de moi xD Voilà la suite, écoute :D J'espère que ça te plaira ^^
hime : Cette suite est pas bien longue mais c'est pas la seule. ;) Si tu aimes le drame, ça devrait pas te déplaire...
Raphi5930 : Merci :D J'espère que c'était pas trop dur à comprendre comme t'as pas vu tous les épisodes ^^
Guest : Merci de m'avoir défendue x') Je suis contente d'avoir vu dans ta review que tu avais lu les autres histoires et que tu les avais appréciées :D
Emma ferma les yeux. Les attrapeurs de rêves s'embrasèrent et churent à ses pieds comme des étoiles filantes.
« Pourquoi lui avoir confié tout ça ? Tu es bien trop bavarde ! »
La Ténébreuse releva la tête et regarda le démon qui obscurcissait habituellement ses pensées. La voix était différente : plus familière mais plus étrange aussi. Ce n'était plus Rumpelsilskin. L'être imaginaire qui se tenait à présent devant elle était une créature bien plus odieuse. La Ténébreuse suivit du regard ce nuisible qui avait tout de ses traits. Les longs cheveux blonds ondulaient jusqu'à lécher les épaules couvertes d'une veste rouge comme le sang. La démarche de cette Emma était plus raide et plus austère. La Ténébreuse retint un haut le cœur, dégoutée au plus profond d'elle-même que son esprit lui dépeigne la Sauveuse.
« Pourquoi lui avoir dit ? Pourquoi lui avoir révélé ça ?, répéta cette Emma illusoire d'un ton accusateur.
Parce qu'elle ne peut pas l'assumer, elle ne pourra jamais le supporter. Elle ne se mettra plus jamais en travers de ma route... Et toi non plus. »
Le double se fendit d'un sourire fier. Ce fut la dernier chose qu'il fit. Cette Emma factice s'effrita comme une peinture usée et craquelée par le temps. Elle s'envola dans un nuage de poussière sans laisser aucune trace de son existence derrière elle.
Le silence tomba enfin. Il était cette fois réel. Emma Swan était seule. Il n'a plus ni démon, ni paroles soufflées. Elle était seule maitresse de ses pensées et de sa cruauté.
À ses pieds, un dernier attrape-rêves semblait tenter d'attirer son attention. Les voix étaient déjà lointaines, essoufflées. Le souvenir était de plus en plus vague mais les paroles perduraient avec le peu de clarté qui leur restait encore :
« Vous êtes la mère biologique d'Henry ? » demandait une première voix. On entendit alors une seconde répondre, peu assurée : « salut ».
La Ténébreuse écrasa l'attrape-rêves d'un coup de talon. Le cercle craqua. Le souvenir s'éteignit, les cordages se défirent. Elle venait d'ôter la dernière once de souvenir, la dernière once d'humanité qui subsistait au milieu des décombres.
Elle regarda ses mains. Ses doigts étaient plus longs, plus crochus. Elle apposa ses doigts sur sa joue. Elle sentait sa peau se couvrir d'un épiderme nouveau. Elle devenait granuleuse, plus dure, presque écailleuse. Elle s'approcha de la porte et avisa les petits carreaux pour contempler son reflet. Ses yeux avaient gagné un nouvel éclat d'émeraude. Sa pupille était plus étirée. Elle avait perdu de ces petits détails qui nous rendent humains. Mais qu'importe : plus rien n'avait d'importance à présent.
Regina réapparut dans le salon de son manoir. Elle était pantoise. Henry descendit les escaliers : il avait reconnu les talons de sa mère faire les cent pas dans la pièce à vivre.
- « Tu as été la voir ?
- O-oui.
- Et alors ? Elle a dit ce qu'elle comptait faire ? Maman n'a rien de mauvais elle peut pas vouloir faire du mal à quelqu'un. »
Si Henry manifestait son angoisse par une certaine loquacité, il s'inquiétait de voir sa mère si secrète.
- « Il s'est passé quelque chose ?
- Non je me demandais si... Si le véritable amour avait marché, mentit Regina.
- Je sais pas si elle a été voir Grand-Pa et Grand-Ma, fit Henry pensif. Je sais que Hook a testé à plusieurs reprises. »
Sa voix s'était faite plus sèche sur sa dernière phrase même s'il s' était donné du mal pour ne rien laisser paraitre.
« ...Et on trouve pas Merlin... », poursuivit-il.
Regina se pinça les lèvres.
- « ….L'Apprenti disait que Merlin pourrait aider Maman à se débarrasser des ténèbres alors si Arthur est ici, il doit...
- Henry, coupa Regina avec douceur, Merlin est mort.
- Mais... Comment on va faire pour Maman ? Comment il est mort ? On peut peut-être...
- Non. On ne peut rien faire pour Merlin mais on doit pouvoir encore aider Emma. »
Henry restait méfiant. Sa mère avait croisé ses bras. Elle ne dégageait guère d'assurance.
- « Quoi ? On peut pas la sauver c'est ça ?, lança Henry. Je suis grand je peux entendre la vérité.
- La vérité c'est que je ne sais pas. »
Regina peinait à se concentrer sur sa conversation avec son fils. Elle n'arrivait pas à lui apporter les réponses dont il avait besoin et elle ressassait ses derniers instants avec Emma.
- « Je vais voir Snow, reste à la maison, dit-elle finalement.
- Attends je viens.
- Reste à la maison » coupa court sa mère.
Regina apposa doucement sa main sur l'épaule de son fils qui s'appesantit dans une caresse maternelle et fugace. Elle traversa le salon, franchit la porte d'entrée qu'elle ferma derrière elle. Elle remonta son allée. Tandis qu'elle s'éloignait, le manoir se mit à luire comme sous l'éclat du soleil : la Ténébreuse ne pourrait plus pénétrer entre ces murs.
La Ténébreuse feuilletait les grimoires d'un geste énergique. Ses yeux d'un vert vif sondait le langage obscur dont elle maitrisait à présent l'essence. Elle cherchait l'auteur du crime originel. Elle avait d'ors et déjà occis Merlin mais il devait rester un artefact... Quelque chose qui la rattachait encore à sa destiné de Sauveuse. La colère obscurcissait son jugement et ses recherches étaient décousues et anarchiques.
Elle déchira une page dont le contenu retenait quelque peu son attention puis elle jeta le livre à travers la pièce. Elle subtilisa quelques fioles nichées dans les crevasses du mur de pierre du caveau. Elle referma son poing autour du verre. Ce dernier craqua et se brisa sans meurtrir sa paume. Elle regarda avec indifférence la potion et l'éclat de verre chuter au sol.
« Il n'y a vraiment rien ici... Dure de croire qu'il y ait eu quoi que ce soit pour servir les desseins de l'Evil Queen... » constata-t-elle pour elle-même.
Elle fit quelques pas et le verre craqua encore sous ses pieds. L'instant d'après, elle - avait disparu. Ne restait de son passage que les grimoires froissés et les objets brisés.
David avait croisé les bras. Snow s'était assise au comptoir de sa cuisine et faisait doucement tourner sa tasse à l aide de la anse. Le thé était froid mais elle s'y accordait pas d'importance. Hook manipulait son crochet de sa main valide; il restait dubitatif. Regina s'arrêta alors de faire les cent pas, les mains sur les hanches.
- « Les attrapeurs de rêves contenaient ses souvenirs ?, répéta Snow.
- Ça n'a aucun sens, se manifesta Hook. Ils devraient contenir les souvenirs qu'elle nous a pris.
- Elle ne pouvait pas faire un attrapeur de rêve pour chaque tête, cingla Regina.
- Tu as vu de quels souvenirs il s'agissait ?, demanda David.
- Non.
- Dans ce cas comment as-tu pu savoir qu'ils étaient à elle ? » insista Hook.
Regina le darda d'un regard noir qui s'affranchissait des mots. Elle mentit néanmoins avec aplomb :
« Ma magie peut s avérer utile, on ne peut pas en dire autant de votre crochet. »
Elle tenta de passer outre son agacement.
- « Il faudrait que l'un de vous se décide à lui parler. Elle vous écoutera peut-être plus que moi.
- Plus que toi ?, répéta Hook.
- Elle m'a donnée la dague à Camelot pour que... Je palisse au problème si besoin, formula-t-elle avec réserve.
- Ça n'a pas sens, elle m'aime. Elle aurait dû me donner la dague, s emporta le pirate.
- Quand on voit où ça l'a menée... » cingla Regina.
A peine ses mots eurent-ils franchis ses lèvres qu'elle réalisa son erreur. Emma avait avant tout absorbé les ténèbres pour préserver son bonheur fragile.
- « Nous avons essayé, se justifia David, mais nous ne pouvons même pas toquer à sa porte sans nous retrouver projetés dans l allée.
- Elle me fait peur », avoua Snow à la surprise générale.
Son mari la regarda avec incompréhension
« Comment peux-tu avoir peur d'Emma ? » demanda-t-il.
Snow se pinça les lèvres et se serra de ses bras.
- « Je repense à ce que j'ai vu... Emma était cette magnifique jeune fille, elle avait cette robe de princesse et... Et elle m'a arraché le cœur, fit Snow en portant nerveusement une main à sa poitrine. Peut-être que ce que j'ai vu est en train de se réaliser...
- Non, coupa David. Emma est notre fille. Ta vision est peut-être fausse : j'ai vu un adorable bébé et...
- Avec tout mon respect, l'interrompit Regina, qu'Emma soit votre fille n'est pas un gage de pureté. Elle n'est pas une jeune fille ni un poupon; c'est une adulte. Vous ne pouvez pas changer ça. »
Snow se leva, s'avança d'un pas vers elle, signifiant son intérêt.
- « Qu'est ce que tu sais que tu ne nous dis pas ?
- Emma ne veut plus être la Sauveuse, avoua Regina.
- Elle veut encore se débarrasser de sa magie ?, questionna David, inquiet.
- Elle veut détruire l'essence même des héros. Le problème c'est que je ne sais même pas quelles conséquences cela aura ni comment elle compte s'y prendre...
- Si elle réussit, l'Histoire ne sera plus jamais la même. Les leçons que nous aurons tirées de nos vies ne seront plus jamais pareil.
- Et qu'est-ce qu'il arrivera à Emma ? », s'inquiéta Snow.
Hook posa ses yeux sur Regina, avide d'entendre la réponse. Emma était déjà la Ténébreuse, il concevait mal que la situation se dégénère encore.
- « Je n'en ai pas la moindre idée, soupira Regina, mais vu la situation je doute que ce soit bon pour elle.
- Tu as vu Emma ? Elle allait bien ? » la pressa Snow.
Mary Margaret se doutait bien que ces nouvelles et maigres informations étaient le résultat d'une dernière entrevue avec la Ténébreuse.
- « Autant qu'elle le pouvait. Je ne sais pas si c'était toujours le cas quand je suis partie.
- Qu'est-ce que tu lui as fait encore ?, l'attaqua Hook.
- Rien, répliqua Regina d'un air sévère.
- Tu es toujours cruelle avec elle, siffla la capitaine entre ses dents.
- Je ne suis pas là pour la cajoler. Si elle fait n'importe quoi je prendrais les décisions qui s'imposent.
- Tu veux la tuer ?, accusa-t-il.
- Si elle ne me laisse pas d'autres choix...
- Il y en a forcément un, coupa David avec conviction.
- Si je dois en arriver là pour sauver ce qui me reste de ma famille, je le ferais » trancha Regina.
Snow espérait tellement que cela n'arriverait pas. Malheureusement, certains souhaits ne se réalisent jamais.
Les talons claquaient doucement les pavés de l'allée. La femme fit un léger mouvement de la tête avant de repousser une mèche brune qui lui barrait le visage. Elle tira légèrement sur les manches de son blazer à la couleur flamboyante puis ouvrit la porte.
« Henry ! », appela-t-elle.
Le garçon descendit l'escalier circulaire. Il s'arrêta au rez-de-chaussée, une main toujours sur la rambarde.
- « Je pensais que tu rentrerais plus tard.
- M. Guyliner s'est joint à la conversation et l'échange s'est écourté, répondit Regina non sans un certain agacement en repensant au pirate.
- Pourquoi tu rentres pas ?, demanda Henry en voyant sa mère rester sur le perron.
- Tes grands parents aimeraient que tu participes. Ils pensent également que le livre pourrait aider, répondit Regina, il doit y avoir un détail qui nous a échappé.
- J'vais le chercher », lança Henry en remontant les escaliers quatre à quatre.
Il revint quelques minutes plus tard, le large livre sous le bras. Sur le cuir usé on distinguait nettement "Once Upon a Time" en lettres d'or.
Regina tendit un bras vers son fils :
« Viens ils nous attendent. »
Henry s'approcha d'elle et Regina passa son bras autour des épaules de son fils qui dessinaient à présent la carrure d'un jeune homme.
- « C'est cool que je puisse venir.
- Tu es grand maintenant » répondit sa mère.
Elle caressa le dos de son fils puis lui demanda de bien vouloir lui prêter le livre, ce qu'il fit naturellement. Regina le feuilleta soucieuse.
- « Maman n'absorbera jamais complètement les ténèbres, c'est une héroïne, argua Henry avec une assurance visant à le rassurer en premier lieu.
- Oui » répondit distraitement sa mère.
Soudain, Henry s'arrêta. Regina leva le nez du livre de contes. Devant elle, une autre Regina se tenait au bout de l'allée, dans l'embrasure du portillon de fer serti par des haies épaisses. Cette deuxième Regina passa de sa stupeur première à la colère :
« C'est mesquin de ta part, Swan. »
L'autre Regina esquissa un sourire mauvais. Henry recula d'un pas. Il ne put s'empêcher de penser que cette expression n'était sans rappeler l'Evil Queen en son temps.
« Vous m'empêchiez d'entrer, pas votre fils de sortir. »
Cette Regina vit ses cheveux pâlir et se nouer d'eux-mêmes en un chignon serré. La forme de son visage changea. Sa peau prit un aspect granuleux et brillant. Les yeux marrons laissèrent éclater une lueur verte d'un éclat surnaturel. Il était ironique de trouver Emma dans cette allée, vêtue d'une veste rouge qui fut jadis connue comme sa signature.
- « Ne t'approche pas d'Henry, la mit en garde Regina menaçante.
- Je me fiche de votre fils », répondit la Ténébreuse avec détachement.
Un petit nuage éclata à ses pieds et la gagna toute entière. Quand il se dissipa, il l'avait emporté avec lui.
Regina se précipita vers son fils. Elle passa soucieusement ses mains sur son dos et ses bras et l'examina avec attention afin de s'assurer qu'il n'avait rien.
- « Je... J'ai vraiment cru que c'était toi, balbutia Henry.
- Tu n'as rien, c'est tout ce qui compte, le rassura sa mère.
- Elle a parlé de Grand-Pa et Grand-Ma et de Hook aussi. C'était cohérent. Je me suis fait avoir comme un idiot.
- Ta mère est malheureusement très maligne. »
Regina songea alors, dans un espoir naïf, qu'Emma était venue rendre visite à Henry. C'est alors qu'elle se rappela qu'avant de disparaitre, elle avait aperçu entre ses mains ce livre magique qui conciliait leurs histoire entre ses pages. Le cœur de Regina se serra, accusant un mauvais pressentiment.
Les murs de l'imposante bâtisse de la Ténébreuse frémirent. Au sous sol, Emma gronda, rugit de colère. Elle referma ses mains effilées autour des pages. Elle tenta de les déchirer mais même sa détermination sans faille ne parvenait pas à en venir à bout.
Elle serra les dents. Son visage déchiré par la rage donnait l'impression d'une bête montant les crocs. Elle fit naitre un feu crépitant dans sa paume. Elle en assena alors le vieil ouvrage qui flamba sous ses yeux. Ce dernier se refléta dans le vert des yeux de la Ténébreuse qui crut enfin avoir réalisé son plus ardent désir. Pourtant le feu hoqueta, toussa et s'essouffla finalement. Et dans les cendres, le livre était intact, vierge de toute flamme. La Ténébreuse hurla. L'écho ricocha contre la paroi de cette grotte taillée grossièrement à même la pierre. C'était alors le hurlement d'une centaine de monstres qui répondait au cri de rage de la Ténébreuse.
Cette dernière esquissa quelques pas rapides et pressés. Elle empoigna Excalibur. Puis, elle s'approcha du rocher sur lequel reposait le livre. C'est alors qu'un nuage violet attira son attention. Regina et Henry en émergèrent.
- « Maman !, s'écria Henry en la voyant. Tu peux pas faire ça.
- Emma, si tu fais ça, rien ne pourra plus être comme avant » tenta Regina à son tour.
La Ténébreuse tenait toujours fermement Excalibur. La colère inspirée par le livre se mua en une surprise teintée d'incompréhension :
« Je ne suis pas Emma. Je ne vous connais pas. »
Les mots étaient tranchants comme des lames de rasoir. Ils blessaient plus que les coups. L'Emma qu'ils avaient devant eux n'exprimait aucune émotion si ce n'est de la lassitude d'être momentanément ralentie dans ses sombres desseins.
La Ténébreuse prit Exclibur à deux mains. Elle leva l'épée au-dessus de sa tête. D'un geste habile, elle tourna la pointe vers le sol, désignant le cœur du livre.
« NON ! » hurla Regina.
Mais la Ténébreuse était sourde à toute mise en garde et n'écoutait qu'elle-même. Elle serra la mâchoire, se pinça les lèvres et abaissa Excalibur. Elle éprouvait un plaisir malsain à éventrer l'ouvrage. La lame transperça le livre désormais impuissant. La Ténébreuse se recula attendant une réaction, une preuve de son succès. Ceci ne se fit pas attendre. Les ornements noirs de l'épée dégoulinèrent, glissèrent de l'argent jusqu'aux pages. La Ténébreuse vit son nom couler dans le livre. A peine cette encre maudite eut elle été en contact avec les pages que ces dernières fanèrent, pourrir jusqu'à devenir plus noires que les ténèbres elles-mêmes.
Regina se mit machinalement devant Henry et fit ainsi rempart de son corps. La Ténébreuse contemplait fascinée, ce spectacle pourtant d'une tristesse édifiante. Regina n'arrivait pas à détacher son regard d'Emma : qu'allait-elle devenir à présent ?
Soudain le livre s'éclaira fugacement d'un flash de lumière. Regina s'en protégea les yeux. Cet éclair était aveuglant. Elle retira ses mains de devant son visage. Les pages du livre étaient toujours aussi noires. Pourtant le poison rongeait à présent son bourreau d'argent. Excalibur rouillait du même noir que sa victime. La propagation était rapide. Elle ne tarda pas à remonter le long de la lame et à contaminer le pommeau. Seules les pierres incrustées gardèrent leur couleur sanguinaire.
La Ténébreuse hurla. Le cri déchira les tympans. Ce n'était pas un cri de colère mais un cri de douleur. C'était un hurlement à glacer le sang.
Henry voulut lui porter secours mais Regina lui fit barrage. Elle ne lui laissa pas le temps de protester : un nuage violacé l'enveloppa et l'emmena en sécurité loin de ce crypte caverneuse.
Ses jambes vacillèrent. Emma tomba à genoux. Elle porta une main à son cœur, hurlant toujours de douleur. Elle pressa sa paume contre la terre, pour se soutenir. Ses ongles s'enfoncèrent dans le sol poussiéreux. Elle avait l'impression qu'elle allait exploser.
Regina courut vers elle. Elle tenta de poser sa main sur son épaule, pour lui signifier qu'elle était présente à ses coté,s pour l'aider peut-être, mais elle n'eut pas l'occasion de le faire. A peine l'eut-elle effleurée qu'elle fut projetée contre le mur opposé. Elle grogna de douleur et tenta fébrilement de se relever.
Emma s'égosillait toujours. Sa voix déraillait, se brisait parfois dans un sanglot. Ses ongles s'allongèrent, s'épaissirent. Sa peau devint plus rugueuse encore et ses mains se muèrent en serres.
Sa chevelure noircit subitement. Sa peau grisa. Ses vêtements noirs lui collèrent au corps. Elle hurla, pleura. La douleur était insupportable.
Deux boules apparurent et grossirent dans son dos. Elles gonflaient encore et encore.
Regina était aussi terrifiée qu'impuissante.
« Mais qu'est-ce que... »
Les bulbes noirs qui avaient poussé dans le dos de la Ténébreuse se percèrent. Le sang sirupeux dégoulina. Le liquide chaud glissa le long de sa peau. Emma suffoqua. Elle était livide. Ses yeux verts étaient à présent injectés de sang. Deux choses sanguinolentes émergèrent de son dos. Regina peina en deviner la nature avant qu'elles ne se déploient.
Des perles rouges gouttaient des plumes. La Ténébreuse se couvrit le visage de ses mains. Ses ailes grandirent encore jusqu'à devenir assez grandes pour l'envelopper toute entière dans ce cocon de plumes et de sang . Derrière le voile écarlate qui les couvraient encore, on devinait des plumes noires comme la nuit.
Réécrire l'Histoire, annihiler le schème de héros et de méchants était une tâche colossale. Emma avait réussi. Elle avait désormais payé sa dette de vie. Pourtant elle réalisait à présent douloureusement son erreur. Être la plus puissante ne lui permettait pas de se dérober au précepte fondamental, inéluctable : « toute magie a un prix. »
Notes :
La transformation d'Emma est inspirée de Haru du film Le Château Ambulant de Ghibli et du film Dark Swan.
Excalibur qui noircit est une référence à l'épée de Philippe qui subit le même sort dans La Belle au Bois Dormant de Disney, après avoir tué Maléfique.
Je mettrai le prochain chapitre mercredi 9 février. x)
