Emily 22 : Je vais bien ^^ Je suis juste à la ramasse pour le postage de ce chapitre, c'est tout xD Je suis contente de voir que tu as des chouchous parmi mes fics. Merci beaucoup :D Merci à toi de lire ! J'espère que ce chapitre te plaira, bisous !
Bon, je suis à la bourre pour ce chapitre. J'en suis vraiment désolée... x( Et j'ai cassé ce chapitre en deux donc il y en a encore un après celui-là finalement...
Bonne lecture !
Regina regardait son corps sans pouvoir s'en détacher. Ses mains tremblaient sans qu'elle puisse les en empêcher. Snow porta les mains à sa bouche pour étouffer un cri déchirant de souffrance. La douleur qui la transperçait était pire que si Emma lui avait arraché le cœur. Un peu plus loin, la lumière d'un réverbère se fit fébrile avant de s'éteindre, pareillement au monstre.
Elle était suffisamment proche d'Emma pour distinguer que ses plumes n'étaient pas aussi sombres. Elles étaient d'un bleu pétrole, lisse et flamboyant si on se donnait la peine de regarder. Elle avait tué l'oiseau bleu du bonheur.
Une dernière mélodie emplit l'air. C'était doux, gracieux, apaisant. Emma chanta une dernière fois de ce chant sans mots qui touche jusqu'à l'âme, avant que la mort ne l'emporte définitivement. Que le chant du cygne est beau et poignant.
Regina regardait l'image s'effriter dans le petit et grossier attrapeur de rêves dans lequel s'amoncelait son songe le plus terrible et son souvenir le plus affreux. Elle cherchait un détail qui lui laisserait penser qu'elle avait alors fait le bon choix en abrégeant son existence. Elle faisait renaître ces derniers instants dans le tissage du capteur de songes pour déceler le pardon sur le visage d'Emma. Les larmes qui coulaient sur le visage de la fu Sauveuse, Regina les croyait de tristesse et de douleur, non de gratitude. Cette pensée lui déchirait le cœur cœur qui s'oppressait d'une noirceur nouvelle et insoutenable.
Henry entra dans la chambre de sa mère, après avoir pris le temps de frapper avant d'entrer. Regina, par ailleurs, trop absorbée par cette scène funeste, ne l'avait pas entendu.
- « Tu as fait ce que tu devais faire, dit-il dans un sourire qui se voulait compatissant.
- Je le sais » assura-t-elle en rangeant l'attrapeur de rêves dans la poche de son blazer.
Cet artefact ne la quittait plus. Elle le gardait toujours sur elle, dans la poche de ce blazer écarlate qu'elle ne cessait de mettre. Elle se leva de son lit et passa nonchalamment une main dans ses cheveux bruns ébouriffés. Elle tenta de faire bonne figure devant son fils elle était le seul parent qui lui restait désormais.
- « Elle n'a même pas essayé de m'aider quand Hercule m'a jeté à terre, ajouta-t-il.
- Elle n'était plus elle-même. Elle ne pouvait être sauvée.
- Donc tu as fait le bon choix. Puis elle a tué Hercule, Maman n'aurait jamais fait ça.
- Je ne peux m'empêcher de penser que nous aurions pu...
- Maman avait choisi, coupa Henry. Elle est morte en détruisant le livre. Tu as fait le bon choix. »
Regina hocha la tête et mentit pour ne pas montrer ses failles :
- « Tu as raison. Je suis sereine. Je dois juste surmonter sa mort.
- Comme nous tous.
- Je vais aller voir Robin, tu veux venir avec moi ?
- Ouais, je pourrais passer un peu de temps avec Roland » fit-il en haussant les épaules.
Dans le chagrin qu'ils devaient traverser, il fallait se rattacher au bonheur qui leur restait. Pourtant, ce bonheur était fade, amer. Qu'est-ce que le bonheur lorsque quelqu'un vous manque ?
Regina était assise à son bureau. La lame à présent noire d'Excalibur s'harmonisait tragiquement avec la pièce de noir et de blanc. Elle posait parfois ses doigts sur la lame froide pour en éprouver l'existence. Elle avait usé de cette épée pour occire ce qui subsistait d'Emma Swan. Un long frisson lui parcourait l'échine. Elle repensait, revivait ce dernier instant effroyable avant que la vie ne lui soit ôtée. Regina tressaillit, hantée par ce souvenir... Elle s'accouda à son bureau, joignit ses mains et ferma quelques instants ses yeux avant qu'elle ne se laisse submerger par ses émotions.
Quelqu'un toqua doucement à la porte. Regina leva les yeux dans sa direction et vit Snow en franchir le seuil. La Mairesse détourna le regard, prise d'un haut le cœur. Depuis qu'elle avait tué Emma, elle éprouvait un mal immense à soutenir la présence des personnes qui avait comptées pour Miss Swan.
« Tu vas bien ? » tenta Snow.
Elle essayait de paraître aimable et détachée mais sa voix était cassée, usée d'avoir trop pleuré. En témoignait également ses yeux, encore humides, rougis par les pleurs. Snow remarqua la présence d'Excalibur mais ne dit rien.
- « Henry a demandé à te voir.
- Je préfère rester seule pour le moment, répondit Regina.
- T'isoler ne la fera pas revenir... Tu ne dois pas te punir ainsi.
- Réalises-tu seulement que j'ai tué ta fille ? » , l'attaqua Regina d'un ton cassant.
Elle ancra son regard dans celui de Snow. Elle espérait toucher une corde sensible, susciter la colère de la mère d'Emma. Elle avait besoin que quelqu'un lui tienne rigueur de son crime atroce.
« Tout ce que je vois c'est que tu t'en sens coupable », dit Mary Margaret à la surprise de son interlocutrice.
Regina détourna le regard. Dire qu'elle se sentait coupable était un euphémisme.
- « J'ai tué Emma. Comment voudrais-tu que je me sente ?
- … Si je ne m'abuse, Emma t'avait demandé de la détruire si jamais... si jamais elle atteignait le point de non-retour. Tu as dit toi-même qu'elle ne pouvait plus être sauvée... Tu as fait ce qu'il fallait.
- Et si je m'étais trompée ?, suggéra Regina.
- Tu te tortures. On ne peut pas changer les choses. Si elle avait encore été elle-même, elle ne t'aurais pas attaquée... Elle ne s'en serais pas prise à moi... Elle n'aurait pas tué Hercule..., soupira Snow en contenant ses larmes. Même lorsqu'elle était la Ténébreuse, elle n'était pas aussi cruelle. »
Regina acquiesça mais elle n'était pas apaisée pour autant.
« J'aimerais simplement savoir si elle me pardonne... » souffla-t-elle d'une voix à peine audible.
Snow sourit faiblement, comprenant son sentiment.
- « Emma ne t'en voudrait pas pour avoir tenu ta promesse...
- Je n'aime pas que l'on suppose sur ce qu'aurait dit ou fait les morts. »
Regina changea habillement de sujet, préférant se cacher derrière ses préoccupations de Mairesse. Depuis la disparition du monstre, il y avait eu beaucoup de travaux de voirie à prévoir. Snow ne l'écoutait plus. Quelque chose dans les paroles de Regina l'avait interpellé.
- « Tu as toujours cette bougie ?, demanda-t-elle.
- Tu comptes préparer une veillée funèbre pour le clocher ?, tenta de railler Regina.
- Je te parle de la bougie ensorcelée...dont je me suis servie pour...pour ta mère, termina Snow d'une petite voix.
- Oh... Oui.
- Nous pourrions nous en servir pour parler avec Emma, une dernière fois. C'est possible comme...
- … Comme je suis la meurtrière, acheva Regina.
- Ce n'est pas ce que je comptais dire, se défendit Snow.
- Ce n'est pas la bougie en elle-même qui permettait d'invoquer les morts. C'est l'arme du crime, et le meurtrier » concéda-t-elle.
Regina posa sa main sur le pommeau d'Excalibur. Snow avait raison : ils avaient le pouvoir de parler à Emma, une dernière fois.
Regina se racla la gorge. Elle prit les tasses d'argent et laissa la théière cracher le liquide sombre dans les récipients. Il y en avait cinq qui dessinaient les pointes d'un pentacle invisible. Elle posa Excalibur au centre de la petite table du salon. L'épée fit entendre un léger tintement métallique avant de retourner au silence. Regina plaça les tasses argentées autour de l'arme qui avait servi à pourfendre Emma. Snow la regarda faire et ne dit rien. Elle remarquait le stress grandissant empreindre les traits de Regina. Snow White ne savait que trop bien à quel point l'idée d'être confrontée à sa défunte victime était terrifiant.
Charming était de nouveau assis autour de la table du petit salon. Il avait longtemps été réticent mais le besoin indéfaillible de chercher à renouer avec sa fille était plus fort que tout. Hook s'était naturellement porté volontaire, quoi de plus naturel, puisqu'il l'aimait. Seule Emma manquait à l'appel autour de cette table.
Regina prit enfin place autour de la table. Snow lui sourit, se voulant encourageante. La mère d'Emma avança son bras sur la table et ouvrit sa main, offrant sa paume. Regina lui répondit silencieusement d'un rictus crispé et posa sa main dans la sienne. Cette dernière se fit moins tendre lorsqu'elle dut tendre la main à Hook. Par ailleurs, ce dernier le lui rendait bien.
- « Vous me donnez la main et non à votre voleur, j'en suis flatté.
- Je vous donne la main au sens littéral, coupa Regina.
- Soit. Dépêchez-vous de la faire apparaître.
- Il ne s'agit pas de la faire apparaître comme un vulgaire lapin qui surgirait du chapeau d'un magicien.
- Peu importe, fit Hook en la pressant.
- Est-on sûr qu'Emma va apparaître ?, demanda Charming avec scepticisme.
- Je l'espère..., soupira Regina. Si elle daigne venir à nous, je ne sais absolument pas à quelle Emma nous aurons à faire.
- Son âme est peut-être restée obscure, même dans la mort... » supposa Hook.
Son hypothèse imprégna la pièce d'une atmosphère lourde et dérangeante. Chacun préféra ignorer cette éventualité. Regina serra le crocher froid dans sa main, sous le joug de l'angoisse. Snow donna sa main à son époux qui daigna prendre celle de celui qui aurait pu être son beau-fils. Le cercle était à présent fermé. Suivant les indications de Regina, chacun ferma les yeux et concentra ses pensées sur Emma.
Le silence régnait en maître. On entendait à peine le discret bruit des respirations de chacun. Snow crispa sa main autour de celle de son mari elle espérait tellement de cette invocation. Elle priait pour avoir la chance de revoir sa fille une dernière fois. David paraissait le moins affecté mais ses sourcils froncés trahissaient une volonté de refréner ses larmes. Hook n'osait pas bouger et réveillait dans sa mémoire, tous les souvenirs heureux où Emma était présente.
L'atmosphère se fit plus lourde encore mais cette fois, ceci n'avait rien à voir avec les suppositions défaitismes de Hook. La magie oppressait leurs cœurs. Les rideaux voletèrent légèrement, comme sous l'effet de la brise. Les fenêtres de la pièce étaient pourtant fermées. Nul ne le vit puisque leurs paupières étaient descendus sur leurs yeux. Le cœur de Regina s'emballa. Soudain la magie fut telle qu'il fut impossible pour chacun d'en ignorer la puissance titanesque.
Un trou perça l'espace de la pièce. Leur réalité fut déchirée pour ouvrir un passage éphémère vers un monde où la mort régnait en maître absolu. Un vent souffla, pareille à la bourrasque qui précède l'orage. Il était glacial, s'infiltrait au travers de leurs vêtements jusqu'à glacer leurs âmes attristées. Regina ouvrit la bouche mais la peur soudaine d'être confrontée à Emma la laissa sans voix.
« Emma !, cria Snow. Est-ce que tu nous entends ? !»
Tous essayèrent de scruter au travers de cette brèche vers l'au-delà. Tout y était brumeux, flou et confus. Le vent s'intensifia, comme pour ramener une âme de l'autre monde.
« Emma, répéta Snow se laissant peu gagner par ses émotions. S'il te plaît, reviens. »
Regina déglutit. Sa main se serra davantage autour du crochet du pirate, le gagnant de sa chaleur. Le sifflement du vent sembla être rejoint par un autre. Une silhouette laiteuse et transparente émergea de cette brèche. Son corps était indistinct comme grossièrement esquissé par un artiste peu rigoureux. Seul son visage demeurait net et ses contours la rendaient aisément distinguable. Sa mâchoire était légèrement carrée. On remarquait ses cheveux longs et clairs, l'éclat de ses pupilles translucides que l'on pouvait deviner vertes jadis.
Regina se raidit, croisant le regard de cette empreinte fantomatique. Le regard d'Emma ne se détachait pas de celui de Regina, comme si elle savait qu'elle faisait face à la responsable de son trépas. Son regard restait néanmoins vide et il ne s'en dégageait ni colère, ni envie de vengeance.
« Miss Swan... Je... » commença Regina sans finir sa phrase.
La silhouette d'Emma s'avança vers elle. Son corps indistinct traversait la table mais elle ne semblait pas en avoir conscience.
« Love, dis-nous comment te ramener. » coupa Hook avec empressement.
Il se leva. Le visage d'Emma oscilla pour lui faire face. Ses traits étaient toujours aussi inexpressifs et dépourvus d'émotions.
« Dis-nous si tu connais un moyen de te faire revenir, la pressa Hook. La mort a pu être déjouée, on doit pouvoir te ramener à la vie. »
Les mots glissaient sur Emma comme l'eau sur la roche. Elle y était insensible. Son insensibilité laissait même douter sur le fait qu'elle les entende bel et bien.
Soudain la brèche se fit plus grande. Elle s'étendait, se fendait comme une large gueule béante. Le sifflement du vent se fit hurlement. Les bibelots de la pièce tressaillirent et les rideaux tremblèrent d'effroi. La déchirure se mut.
« Emma, attention ! » hurla son père pour la mettre en garde.
Et comme l'aurait fait un prédateur, elle bondit sur sa proie et referma subitement ses crocs sur elle. La brèche monstrueuse goba Emma et se referma aussitôt. L'espace serra ses lèvres entre lesquelles le destin d'Emma était scellé. Le hurlement du vent se stoppa. Le silence tomba, effarant, consternant. Cette seconde disparition était aussi subite qu'inattendue.
Regina se leva de sa chaise. Elle avait les jambes flageolantes mais n'en laissait rien paraître.
- « Qu'est-ce qui vient de se passer ?, demanda David, le regard grave.
- Je crois qu'on a coupé la conversation téléphonique et qu'on nous a raccroché au nez, tenta Regina avec un humour apparent.
- Dans ce cas, appuyons sur le bouton vert, renchérit Hook, sarcastique. A moins que nous ne craignons un appel jumeau ?
- On dit ''double appel'', se permit de le corriger Regina. Ce n'est pas Emma qui a mis fin à notre entrevue. Quelque chose doit la retenir.
- Perspicace, ma reine, la félicita faussement le pirate. On doit pouvoir ramener Emma. Y a rien dans vos grimoires poussiéreux ? »
Regina croisa les bras. Elle s'humecta les lèvres, pensive : Emma avait tout détruit dans son caveau. Il n'y restait plus rien d'utile désormais. Elle passa outre la réplique cinglante qui lui brûlait les lèvres et préféra rappeler quelques faits importants à ce pirate diminué :
- « Le prix d'une vie est logiquement une autre. Zelena l'a bien compris et l'a utilisé à son avantage. Neal a donné sa vie et Rumpelstilskin est revenu d'entre les morts.
- Dans ce cas, vous pourriez donner la vôtre, suggéra Hook d'un ton dur. Ce serait un juste retour des choses, vous ne trouvez pas, votre Majesté ?
- Emma n'était plus elle-même, cingla-t-elle en défense. Elle a attaqué Snow, tué Hercule, détruit la ville... Si je l'avais laissée... J'aurais peut-être dû, ça lui aurait laissé le temps de vous arracher la tête. »
Elle détacha ses trois derniers mots, comme pour en faciliter la représentation mentale auprès de Hook. Sentant la situation se dégrader, Snow proposa une solution pour donner le change.
- « Nous ne pourrions pas... faire front ensemble comme nous avons fait pour Robin ? Nous avions réussi à détourner la furie...
- Le problème, soupira Regina en retrouvant son calme, c'est que Robin était en danger de mort il n'était pas mort de manière effective.
- Nous n'avons aucun recours ?, résuma David.
- Nous ne savons pas où elle se trouve, où débouche cette brèche que nous avons ouverte... Et quand bien même nous le saurions, la vie d'Emma devrait être échangée contre une autre... Nous ne pouvons... »
Regina s'interrompit. Ses lèvres s'étirèrent, presque en un sourire sincère. Snow sourit, optimisme, devinant bien que Regina était en voie de trouver une solution à ce problème insoluble.
- « Qu'est-ce qu'il y a ?, demanda David, suspectant quelque chose à son tour.
- J'ai souvenir que notre homme des cavernes avait parlé du monde souterrain...
- Et donc ?, fit Hook.
- Il a mentionné les Enfers et la possibilité de ramener quelqu'un à la vie.
- De la part de quelqu'un dont le corps est froid, je doute qu'on puisse se fier à son jugement. Il n'a pas été capable de se ramener lui-même, se moqua-t-il dans un rire dans joie.
- Ça ne veut pas dire qu'il a tort, défendit Regina.
- Ça ne veut pas dire qu'il a raison, contra le pirate. Aucun mort n'est venu nous raconter la beauté des nuages du paradis. »
Regina leva les yeux au ciel, agacée. Néanmoins, l'affront du pirate lui permettait de se focaliser sur son sarcasme et non sur sa peine.
« Avant que la partie diminuée de notre groupe ne se manifeste encore, fit-elle en posant insistant longuement sur le pirate, je viens de me souvenir de ceci. »
Elle joignit ses mains l'une à côté de l'autre, paumes tournées vers le ciel. Un fugace nuage apparut pour se dissiper aussitôt. Dans ses mains, on voyait nettement une bougie que Snow ne connaissait que trop bien : il s'agissait de celle dont elle avait usé pour mettre fin aux jours de Cora. Snow tressaillit en regardant cette bougie.
Elle était scindée en deux, séparée en deux par un anneau d'argent serti de petits rubis circulaires. Des fleurs noires fleurissaient sur la cire blanche d'une extrémité, tandis que l'autre partie de la cire était d'un noir d'encre.
« Qu'est-ce que tu comptes faire ?, demanda Snow sans comprendre où Regina voulait en venir. Emma est déjà morte. Cette bougie ne peut sauver qu'un mourant. »
L'intéressée acquiesça elle était parfaitement consciente des capacités de cette bougie ensorcelée.
« Je ne comptais pas m'en servir pour cela » dit-elle mystérieusement.
Elle claqua une première fois des doigts. La mèche de la bougie noire s'embrasa. Elle claqua une seconde fois. La bougie blanche s'illumina à son tour. Quelques gouttes de cire pleurèrent silencieusement. Étrangement, elle rapprocha la bougie de son cœur.
« Regina » souffla-t-elle.
Son prénom raisonna d'une manière lugubre. Son cœur palpita dans sa poitrine, plus douloureusement que depuis le meurtre d'Emma Swan.
Snow fut prise de tremblements et son mari passa un bras autour de ses épaules pour l'apaiser.
« Tu... Tu te sacrifies... mais pour sauver qui ? », demanda Snow White avec une angoisse dévorante.
La main de Regina se crispa autour de l'anneau d'argent qui séparait les deux bougies en leur milieu. De la peur transparaissait dans ses yeux et pour cause.
« Moi, répondit-elle d'une voix étranglée. Depuis que j'ai tué Emma, mon cœur est devenu presque entièrement noir. Je me meurs comme Rumpelstilskin, il n'y a pas si longtemps. »
Dans un souffle, elle éteignit la bougie de la vie puis celle du noir de la mort.
En effet, le cœur de Regina n'avait jamais été aussi noir. Une lueur rouge persistait encore et irradiait les rainures de son cœur d'une lumière flamboyante. Cependant, sa mort se dessinait progressivement, inexorablement, à l'horizon.
- « Je sacrifie ma vie pour sauver la mienne, étaya Regina sous leurs yeux hagards.
- Mais..., commença Snow.
- Pourquoi ?, acheva Charming à sa place.
- J'espère créer un paradoxe. Je dois mourir et je dois rester en vie. C'est un dilemme insoluble. Si Hercule a raison et que les Enfers existent bel et bien...
- J'ai moi-même eu affaire à Poséidon... Le litige de ta vie devrait logiquement concerner le dieu des morts, déduisit Hook en suivant son raisonnement.
- ...Hadès. », acquiesça Regina.
Le tonnerre gronda. Du moins, tous crurent que le tonnerre avait frappé quelque part. Le lustre au plafond trembla et la lumière de la pièce se fit incertaine. La colère ne venait pas du ciel mais de la terre. Le parquet se craqua, se fendit. La brèche s'étira, s'élargit et livra les méandres sinueux de la terre à leurs yeux ébahis. Et avant qu'ils n'aient pu s'échapper, la terre se déroba sous leurs pieds et ils furent happés dans le cœur de la terre.
Notes :
La suite et fin (la vraie cette fois), jeudi prochain. ^^'
