La cloche sonne, je range mes affaire en vitesse. Dans la salle d'en face se trouve Mickey et je veux le voir sortir avant de rentrer chez moi. À peine j'ouvre la porte qu'il se trouve devant moi, sortant de l'autre cours en se précipitant comme s'il étouffait à l'intérieur. Moi c'est sans lui avec moi que j'étouffe. On était dans la même classe il y a quelques années et j'en suis éperdument tombé amoureux. Mickey c'est la personnification de la rébellion au lycée avec son "fuck you" tatoué sur ses phalanges, ses réponses pleins d'insolence aux profs et le fait de sécher tout le temps. Il a la rage au ventre Mickey, la haine au cœur. Je sais pas ce qu'il s'est passé pour qu'il haïsse autant les cours mais ça doit pas être glorieux. Il me fait un sourire en coin avant de continuer sa route et sortir fumer sa clope. Je le suis et alors que je me prépare à rentrer chez moi, il m'accoste.
" - Gallagher ! "
C'est pas de la méchanceté chez Mickey, ça prouve même qu'il a une certaine considération pour moi.
" - Ouai ?
- Fais pas ton rabat-joie, viens fumer avec moi. "
C'était inespéré qu'il me propose ça. Avec Mickey c'est pas vraiment de l'amitié, mais on se déteste pas, enfin surtout moi. Il aime pas grand monde Mickey ; bien que tout le monde l'admire, alors forcément j'ai une certaine côte chez les filles pour être dans ses bons quartiers. Malheureusement pour elles, je préfère les hommes. C'est con hein, mais c'est la vie. Mickey aussi préfère les hommes même si je sais que qu'il se passera rien entre nous je peux pas m'empêcher d'espérer tel un ado timide que je suis peut-être après tout. Une prof passe et interpelle Mickey en lui demandant son travail qu'il n'a pas pu rendre comme il séchait encore.
" - J'attend Monsieur Milkovich, votre dm.
- Allez vous faire foutre. "
C'est toujours comme ça avec Mickey. Il vient pas, il assume les conséquences et il les renvoie tous chier. Il écrase sa clope, me salue et rentre au lycée alors que sa prof abandonne et repart. Mickey est interne, c'est étrange d'ailleurs, avec son envie d'anarchie ça doit pas être simple à supporter.. Je finis ma cigarette puis me rend compte que j'ai oublié ma veste dans la salle de musique ce midi. Je me dépêche de rentrer dans le lycée avant qu'il ne ferme mais lorsque je m'apprête à ouvrir la porte j'entend une mélodie. Je me contente de la pousser avant de tomber sur.. Sur Mickey. Mickey le rebelle du lycée tient un archet de sa main tatouée qu'il glisse lentement sur les cordes d'un violon. Personne ne doit savoir qu'il joue, à connaître un minimum Mickey il doit se sentir honteux ; pourtant les notes sont parfaites et donne une touche de poésie à cet instant. Il est concentré, les yeux fermés et son archet qui fait tout le rythme de la scène. Sans m'en rendre compte j'avance et mon pied fait craquer le sol. Je vois alors Mickey qui sursaute et se retourne. Il semble paniqué et je me sens dans l'obligation de m'excuser.
" - Pourquoi t'es resté ? J'étais pas trop apte à te recevoir..
- J'ai été hypnotisé. Tu joues très bien.
- Épargne moi tes discours Gallagher. T'avais pas le droit de m'espionner comme tu viens de le faire. Je veux pas que quelqu'un d'autre le sache, t'as intérêt à fermer ta grande bouche.
- Ma grand bouche t'emmerde.
- Faut une compensation pour ce désagrément.
- Tu n'es pas la justice.
- Concrètement, si. Un peuple a besoin de lois et c'est pour ça que la justice a été crée. J'existe en tant que citoyen et donc en tant que partie du peuple. Sans le peuple et donc sans moi, la justice n'aurait pas été inventée. J'ai du faire créer la justice et dans ce sens là, on peut dire que je suis la justice. "
Je connais l'habitude de faire ça de Mickey. Ne pas travailler en cours ne signifie pas être dénudé d'intelligence, il en est la preuve vivante.
" - Très bien, tu es le peuple et la justice. Que puis-je faire pour toi ?
- Mmh.. T'es bon, en cours je veux dire, Gallagher ?
- Carrément oui.
- Aide moi.
- Quoi ?!
- Viens chez moi et aide moi à bosser et avoir des bonnes notes.
- Heu, si tu veux oui..
- Okay. Ce week end ?
- Ça me va.
- Tu viendras samedi, je te filerai l'adresse. Aller, bouge maintenant je dois finir de m'entraîner. "
Je sors sans demander mon reste avant de sourire comme un débile. Putain, l'amour rend vraiment con.
Quelques jours ont passé. Je suis en route pour aller chez Mickey. Je crois qu'il habite tout seul dans un petit appart, et c'est exactement sur quoi je tombe en arrivant à l'adresse donnée. Je sonne et Mickey m'ouvre, juste une serviette de bain autour de la taille. À peine me voit-il qu'il se met à rire.
" - Gallagher ! Entre, vas-y. Désolé pour la tenue j'ai pas vu le temps passer et je pensais que c'était ma sœur, elle débarque toujours sans prévenir. "
Alors qu'il se change je me retrouve seul dans son minuscule salon. Une vieille télé pourrie occupe une grande partie de la pièce. Je suis sur un canapé plutôt petit mais moelleux au possible. Sur la table basse quelques paquets de clopes, entamés mais pas terminés, un briquet, quelques magazines et deux bières.
" - Sers toi "
Je me retourne en sursautant, je ne l'avais pas entend revenir.
" - Okay, on a un peu de temps. J'te propose quelque chose Gallagher.
- Ouai ? "
Avant que je n'ai pu esquisser le moindre geste Mickey m'a plaqué contre le canapé et me dévore le cou. Pris d'un élan de passion je plaque mes lèvres contre les siennes et l'embrasse avec ferveur d'un baiser qu'il me retourne. Je me retrouve très vite déshabillé, lui aussi et je ne résiste pas à la tentation de le mordre un peu partout sur son corps ; corps qui se cambre un peu plus sous chacune de mes caresses.
" - Bordel Gallagher, prends moi ! "
Je ne me le fais pas dire deux fois et me retourne avant de m'enfoncer en lui doucement, sans préparations. Mickey gémit d'inconfort mais très vite se reprend et commence à haleter. Je m'enfonce jusqu'à toucher sa prostate et je l'entend étouffer un cri de bonheur tant il semble heureux.
À peine une heure plus tard, on est toujours affalés sur le canapé.
" - Bordel Gallagher, y'a pas qu'en cours que t'es doué.
- J'ai rêvé de te faire l'amour depuis la première fois que je t'ai vu, Milkovich.
- T'es amoureux Ian ?
- De toi ?
- Bah oui de moi.
- Totalement et éperdument amoureux de toi ouai.
- Moi aussi.
- Quoi ?!
- Ouai. Ça fait déjà plusieurs semaines que j'essaie de me rapprocher de toi. Que tu me trouves entrain de faire du violon n'était pas dans mon plan mais cela m'a servit.
- Est-ce qu'on est en couple ?
- Je pense que la notion de couple ne veut rien dire tu sais. Tu as des couples d'amis, des couples d'amoureux. C'est juste une situation que nous impose la société. On n'est pas obligé d'être en couple, d'ailleurs il en est hors de question. Une relation libre à plus de chance de durer qu'une relation de couple car moins de contraintes y sont présentes. Pas de couple c'est la longévité assuré !
- La longévité de quoi ?
- De notre amour, crétin.
- De l'amour ? Que c'est poétique.
- Ose dire que c'est pas ça qui nous relit.
- J'en ai foutrement aucune idée Milkovich.
- Mais moi je sais, Gallagher.
- Tu sais tout de toute manière. " dis-je avant de l'embrasser.
" - Tu me joues du violon ?
- Je l'ai pas ici, il est au lycée.
- Au lycée alors.
- Si tu veux, mais je vois pas ce que ça t'apportes. C'est.. poétique.
- L'amour aussi.
- Ouai mais l'amour c'est avec toi Gallagher, et putain ça change tout. "
