"Zoro…t'en…t'en va pas…"

Bien que Zoro fût toujours face à la porte, son cerveau s'était instantanément retourné sur lui-même. Subitement, il ne voulait plus sortir, ni qu'on le remplace, ni croire que son cook le détestait. Mais il n'osa pas se retourner de peur de voir qu'il avait juste rêvé ce qu'il venait d'entendre *. Il se contenta de rester figé sur place comme un con.

"Zoro…me laisse pas…"

Cet idiot était carrément en train de pleurer. Zoro rassembla toute sa force mentale et physique pour ne pas se jeter en un éclair sur le blond et le serrer dans ses bras mais rien n'y fit. Il finit par se retourner, se mit à genoux devant le lit et tenta de prendre la main du cook. Qu'est-ce qu'il se sentait bête ! Il était incapable de prendre une simple main dans la sienne sous prétexte que c'était celle de Sanji. Il réussit tout juste à attraper son pouce.

"Je suis là, baka." Dit-il d'une voix étonnamment douce.

Eh ben, c'était pas tous les jours que kuso-marimo parlait comme ça. Surtout à son kuso-cook, se dit Sanji qui essaya de faire croire au marimo qu'il pétait la forme.

"Héhé…ma main…te fait si peur…marimo-kun ?" Plaisanta-t-il avant d'être pris d'une violente quinte de toux.

"Oi oi ! Chopper t'as dit de ne pas parler ! Tu t'fatigues pour rien." Lui rappela le bretteur.

"Fous-moi la paix ! File-moi une clope plutôt." S'emporta soudain le cuistot.

"T'es sérieux là ? T'as assez de poison dans le corps, non ?"

"Et toi, tu t'fous de moi ? T'es le premier à te foutre royalement de ce que dit Chopper ! Pourquoi son avis t'intéresse tout à coup ?" S'énerva Sanji avant de tousser à nouveau.

"Temee. Tu t'en fous de savoir si tu vas claquer là comme un con parce que t'auras pas jugé bon de parler de tes relations pas très recommandables à tes nakama ?"

"C'est…c'est mes affaires…pas les vôtres." Répondit le cuistot essoufflé.

Zoro était partagé entre l'envie de serrer love-cook contre lui et l'envie de lui mettre un pain. Finalement, il se contenta de lui mettre une claque. De sa part, ça restait quand même puissant. Sanji, en plus de ses nombreuses coupures au visage, se retrouva avec une énorme trace rouge sur la joue. Autant quand ça venait de Nami-san, ça lui plaisait, autant là, il avait juste une envie de meurtre sauvage et sanglant de barbares aux cheveux verts. Mais son état ne lui permettait pas de faire plus que s'assoir ou tourner la tête. Ce qu'il fit. Il avait maintenant un mur face à lui.

"T'es dans un EQUIPAGE, j'te rappelle ! T'es pas sensé régler tes problèmes tout seul ! Si ça te regarde, ça regarde tout le monde !"

Sanji émit un ricanement sarcastique.

"Pitié…qu'est-ce que…mes problèmes…peuvent bien…te faire…à toi ?" Questionna-t-il, la tête toujours face au mur.

Ce dernier mot fit bugger le bretteur. Qu'est-ce que les problèmes du cook pouvaient bien lui faire ? Tout ! Ça lui faisait tout ! S'inquiéter, angoisser à un point que cet abruti n'imaginait même pas, ça lui faisait mal, ça lui faisait peur, absolument tout ! Mais lui avait-il dit tout ça une seule fois ? Non ! Evidemment que non !

De son côté, Sanji ne put contenir ses larmes plus longtemps, ce qui n'arrangeait pas son élocution.

"Que…qu'est-ce que…ça…peut t'foutre…si…si j'crève ?" Demanda-t-il sans vraiment attendre de réponse.

Quel con ! Mais quel con ! Ils étaient aussi con l'un que l'autre ! C'est ce que Zoro pensait. Sans réfléchir davantage, il se rapprocha de Sanji et le prit dans ses bras. Le cook se bornait cependant à regarder le mur.


* je sais, cette phrase ne veut rien dire.