Fumier. T'insinues que j'en aie rien à foutre de toi ? Bakayaro.
Alors qu'il le traitait de tous les noms dans sa tête, Zoro se surprit lui-même en voyant qu'il serrait love-cook de toutes ses forces contre son cœur. Il se dit qu'il fallait mieux le lâcher. Ce qu'il ne fit pas. C'était peut-être l'occasion de montrer au cuistot qu'il se trompait.
"Tu m'étouffes, abruti." Grogna ce dernier.
Comme toujours, Sanji était sur la défensive dès que le marimo était dans la même pièce que lui. Pourtant, pour rien au monde il n'aurait voulu changer quoi que ce soit à ce qui était en train de se passer. Il pourrait lui dire "je t'aime", lui passer la bague au doigt et l'embrasser fougueusement devant la terre entière qu'il trouverait encore le moyen de rétorquer qu'ils se détestent.
Les battements de cœur de la tête d'algue le réconfortaient. Jamais il n'avait trouvé ce son aussi beau. Contrairement à Zoro. Il l'avait toujours trouvé à tomber.
Zoro vit que le cook était en train de rougir; et qu'une partie de son yukata (1) était mouillée. Etrangement, il ne fit pas remarquer à Sanji qu'il continuait de pleurer (sans s'en rendre compte apparemment).
Sanji ne pouvait s'empêcher de pleurer comme une fillette. Heureusement que ses mellorines n'étaient pas là. Il aurait eu la honte de sa vie. Elles en savaient déjà bien trop. Tout l'équipage en savait trop. Luffy le chasserait sûrement dès qu'il sera sur pied. Il savait son capitaine tolérant, mais certainement pas envers un menteur, un traître pareil. Si seulement il pouvait rester malade indéfiniment… il serait sûr de rester. Mais avec un médecin comme Chopper, il serait guéri en quelques jours maximum.
Je ne veux pas partir ! Je ne veux pas ! Pas maintenant que j'ai enfin mon marimo pour moi seul. Pas question d'être séparé de lui ! Pas encore ! Je ne veux pas !
Le bretteur sentit le corps de Sanji trembler sous ses mains et son yukata se détremper davantage. Pourquoi ? Il n'avait pourtant rien dit. Il faisait une rechute ? Un symptôme que Chopper n'avait pas identifié ?
Le cook fit tous les efforts possibles pour ne pas laisser un seul son sortir de sa bouche. Il serrait les dents le plus fort qu'il pouvait. Sa mâchoire commençait à lui faire mal mais peu importe. Il était hors de question de se morfondre devant le marimo. Même s'il crevait d'envie de lui crier "Je t'aime, tête de con !" à la figure. Soudain, il sentit un truc sur ses cheveux. Est-ce que…non, c'est pas vrai ! Cet enfoiré lui caressait les cheveux !
Arrête ! Enlève ta putain de main ! Enlève-là ! Si tu continues, j'vais…
Il laissa enfin échapper tous les sanglots coincés dans sa gorge.
Enfoiré. T'as tout gâché.
Le bretteur était complètement perdu (comme d'habitude ?). Que devait-il faire ? Prévenir Chopper ? Oui, c'était sans doute la meilleure solution. Il se leva, mais un "Non !" paniqué se fit entendre et une main particulièrement récalcitrante tira si fort sur son yukata que celui-ci s'affala par terre. Zoro était à présent en slip (ou en fundoshi (2)).
"Oi, t'es malade ou quoi ?" S'écria-t-il.
"A ton avis kuso yaro ?... Et toi, tu comptais faire quoi ?" Exigea Sanji, les yeux emplis de fureur avant de tousser une énième fois.
"Voir Chopper, tiens !"
"Pour lui dire quoi ?... Que je chiale comme une précieuse dans les bras du grand et parfait marimo, c'est ça ?... Pour le répéter à tout le monde ensuite ?... C'est ça, bretteur de mes couilles ?!" Aboya-t-il en lui balançant sa chaussure en plein pif.
"T'es pas bien toi." Maugréa Zoro avant se rapprocher du malade et de le saisir par le col. "Si t'as quelque chose à m'dire, dis-le."
Une nouvelle fois, Sanji détourna son regard. Il avait perdu tout contrôle sur ses yeux qui continuaient de pleurer inlassablement. Malade ou pas, il n'avait jamais refusé une baston contre Zoro mais là, il n'était même plus capable de soutenir son regard. Il n'y trouverait que de la haine, ce qu'il ne supporterait pas. Ça l'achèverait.
C'était une bonne idée, d'ailleurs. Puisqu'il ne pourrait pas supporter d'être à nouveau séparer de lui, autant en finir maintenant.
Sanji rassembla ce qui lui restait de forces pour regarder Zoro droit dans les yeux.
(1): google
(2): google aussi, et c'est confirmé, c'est ce que porte Zoro sous ses vêtements.
