Pauline: merci encore pour les reviews ^^ Voilà le chapitre suivant, plus long cette fois.
Zoro était tout ouïe bien que toujours inquiet quant à la santé de son cook. Il ressemblait presque à un zombie avec son visage mutilé, son teint livide et ses yeux rougis. Tant pis, il devait d'abord écouter ce que ce con avait à lui dire (et probablement au reste de l'équipage).
"Les…charmants types…qu'on a croisé…hier…" commença Sanji. "sont…enfin, étaient…de ma famille…" Articula-t-il difficilement.
"Tu t'fous de moi ?" Lança Zoro du tac au tac. Ce qui piqua le blond au vif.
"Ferme ta gueule végétale et laisse-moi continuer !" S'écria Sanji avant d'être à nouveau pris d'une quinte de toux.
"Tch !" répondit la tête d'algue.
"C'est peut-être…inconcevable…pour un…QI de moule comme toi…mais…je viens…d'une famille…de tueurs…à gages…" Ces derniers mots eurent beaucoup de mal à sortir de sa bouche.
De quoi ? Zoro avait mal entendu ? Encore un délire dû au poison ? Chopper n'avait pas parlé de ça.
"Tu me racontes quoi là ? Que notre adorable cook vient d'une famille de méchants mercenaires, c'est ça ?" Se moqua-t-il.
Quel salaud. Mais comment pouvait-il le croire de toute façon ? Comment pouvait-il l'accepter ?
"C'est ça…kuso marimo…le plus grand cook du monde…est en fait…un petit criminel…élevé pour tuer…" Avoua Sanji sans pouvoir retenir ses larmes une fois de plus. Sa vue était devenue floue et ses yeux piquaient.
Peu importe. On est dans un rêve. Se dit-il.
"Je…j'ai pu leur échapper…à East Blue…mais…il semble…qu'ils n'ont…jamais eu…l'intention de…de me laisser filer." Continua le cook, la voix étranglée par de nouveaux sanglots qui menaçaient de faire surface.
Il tenta néanmoins de rire, ne serait-ce que pour montrer que la rencontre avec son "père" et ses "frères" ne l'avait pas chamboulé plus que ça. "Hé, c'est pas…des enfants de cœur…" Dit-il dans un sourire aussi faux que les sentiments que Zoro pourraient avoir pour lui. "pour…pour eux…les fuyards comme moi…méritent la mort…"
Sanji essuya alors ses yeux qui n'en finissaient plus de pleurer. Mais quelle chiffe molle ! Quelle précieuse fragile il faisait ! Ils avaient raison finalement. Ils avaient tous raison. Les hommes-poissons d'Arlong Park, les clanpins du Baroque Works, son "père", toutes les têtes de bites qu'il avait croisées dans sa vie, ils avaient raison: il était un faible. Même pas fichu de protéger ses nakama de sa famille de tarés !
"Oi, pourquoi tu pleures ?" Finit par dire le bretteur. "On s'en est tous sortis, non ?"
Mais quel con !
"Pour l'instant !" Rétorqua le cook. "Ils vont…ils vont nous poursuivre…jusqu'à Raftel…même plus loin…ils nous colleront aux basques…jusqu'à…jusqu'à ce qu'ils aient…ma peau."
Sanji baissa la tête tant il avait honte de lui.
"Peut-être bien, et ?" Demanda Zoro.
Il la redressa brusquement.
"Vous…vous auriez dû me laisser avec eux !" Explosa le cook. "Vous…vous auriez… bien moins d'emmerdes." Ajouta-t-il en détournant le regard.
"Qu'est-ce que tu viens de dire ?" Dit le bretteur d'une voix très calme mais néanmoins menaçante.
"T'es…t'es devenu sourd enfoiré ? J'ai…j'ai dit…que vous auriez dû…me laisser."
Le bretteur se leva, s'avança vers le cook et lui asséna un coup de poing dans la joue gauche.
Bordel ! C'est un rêve ! Pourquoi j'ai l'impression d'avoir reçu un putain de rocher dans la gueule ?
Là-dessus, Zoro l'attrapa des deux mains par le col de sa chemise et le fixa d'un regard noir.
"Tu t'rends compte de c'que tu dis, sourcil en vrille de mes deux ?!"
Non. Ça y est. Ce regard monstrueux que Sanji voulait éviter à tout prix. Il avait mal. Tellement mal. Pourquoi il ne mourrait pas, bordel de merde !
"Tue-moi."
"Quoi ?" fit Zoro avec de grands yeux incrédules.
"Tue-moi…t'en meurs d'envie…"
J'en meurs d'envie.
"Chikusho ! T'as quoi dans la tête, kuso cook ? Pourquoi je devrais te tuer ? Même si c'est pas l'envie qui me manque, crois-moi !" s'impatienta le bretteur en colère.
Je te crois.
"Parce que…tu me détestes. Tu m'as toujours détesté…je le sais bien…" Les larmes coulaient tellement abondamment que les paupières de Sanji en tremblaient.
Allez ! Tue-moi ! Qu'est-ce que t'attends ?
C'est pas vrai. Cet idiot est sincère ? Il veut vraiment que je le… Kono kuso cook !
Zoro serra son prince en pleurs de toutes ses forces dans ses bras.
Quoi ? Quoi ? Qu'est-ce qu'il fout ? Un coup de sabre aurait suffi, non ? Mais qu'est-ce qu'il fait ? Se dit Sanji, décidément incapable de penser que son marimo pouvait ressentir pour lui autre chose que de la haine ou du mépris.
"Temee…même si Luffy me l'ordonnait…" commença le bretteur dont les yeux et le nez commençaient à couler. "Jamais…jamais je pourrais te tuer, kuso cook !" Hurla-t-il à pleins poumons.
Sanji ne sut pas si c'était à cause du poison, du rêve causé par celui-ci, de ses envies suicidaires ou des hurlements du marimo, mais une fois de plus il éclata en sanglots. Avant d'enlacer à son tour sa raison de vivre.
Quelle raclure ! Quel enfoiré ! C'était le pire salopard au monde ! Mais comme il l'aimait, bon dieu ! Comme il l'aimait ! Il était totalement fou de lui, de sa tête d'algue, de son marimo adoré ! S'il était mort, alors pour rien au monde il n'aurait voulu ressusciter.
"Je t'aime, Zoro ! Je t'aime !" Laissa-t-il échapper. "Je ne veux pas partir, je veux rester avec toi ! Je t'aime, kuso kenshi, je t'aime ! Je t'aime !" Répéta-t-il à qui voulait bien l'entendre.
