Sanji était de nouveau couché, cette fois entièrement nu. Etrangement, il n'avait pas froid du tout. Plutôt l'inverse en fait. La vue magnifique que lui offrait son marimo juché au-dessus de lui, peut-être ? Même en rêve, Zoro était à tomber: ses yeux, son teint hâlé, ses cicatrices, ces foutues cicatrices…en plus de rendre son bretteur ultra sexy, elles rappelaient sans cesse à Sanji le moment fatidique où le cœur du pot à tabac a fait un bond.

Un saut dans le vide plutôt. Avec réception sur verre pilé et clous rouillés.

Car bien sûr elles lui rappelaient aussi que ses sentiments n'étaient pas partagés. Tout ce que Sanji venait de vivre n'était qu'un rêve, il n'y avait rien de vrai dans cet élan soudain d'affection de la part du marimo. Le vrai était sûrement déjà parti chercher quelqu'un d'autre pour le remplacer dans sa pénible tâche de nounou, que Nami-san ou Robin-chan l'avait sûrement forcé à faire.

Et puis, il y avait son corps magnifique tout en muscles, ses pectoraux surtout. Sanji avait remarqué dès ses "joyeuses" retrouvailles avec Zoro qu'ils avaient au moins doublé de volume. Comme quoi, il ne faisait pas qu'observer les poitrines féminines. Le cook eut une irrépressible envie de toucher les "seins" du marimo, juste pour voir. Sont-ils aussi doux et fermes qu'ils en ont l'air ? Sont-ils aussi sensibles que ceux des femmes ? Est-ce qu'il aimerait ça ? Est-ce que Zoro aimerait ça ?

Et puis rien à foutre ! C'était un rêve et il allait se faire jeter de l'équipage de toute façon ! Autant se lâcher ! Sanji posa sa main droite sur le sein gauche de Zoro, puis commença à le tâter.

"Ha !" Glapit la tête d'algue. Son cook était plus entreprenant qu'il ne le croyait. Ou avait-il deviné, par quelque miracle, que cette zone était particulièrement érogène chez lui ? "Oi cook," dit-il les joues comme des tomates, "tu veux vraiment aller plus loin hein ?"

Le bretteur posa alors sa main droite sur la joue qu'il avait martyrisée quelques instants plus tôt. "C'est toi qui choisis ?" Et la caressa. Un nouveau flux d'amour brûlant et de larmes submergea le cuistot. Sans retirer sa main droite du torse imposant, Sanji agrippa celle de Zoro dans sa main gauche.

"Temee…" grommela-t-il, "Pourquoi t'es pas comme ça dans la vraie vie ?" se lamenta le blond.

Hein ? Qu'est-ce qu'il raconte encore ?

"Ça veut dire quoi ça, love cook ?"

Subitement, Sanji eut de nouveau d'énormes difficultés à parler.

"Je suis…je suis…en train de rêver…j'suis tombé…dans les vapes…et je…j'imagine…tout ça…la pièce où j'suis cloué…jusqu'à ce que…qu'on me foute dehors…" Sa main droite glissa du "sein" de Zoro et tomba à plat sur le lit.

Mais qu'est-ce qu'il bave, le baka cook ? Personne ne va le foutre dehors !

De nouveau, les pleurs brouillèrent les yeux et la voix de Sanji.

"…je…et je t'imagine…toi aussi…tu…tu n'es pas…vraiment là…ce…ce n'est qu'un…qu'un putain de rêve…"

Le bretteur s'inquiétait de plus en plus. Le poison était-il plus puissant que ce qu'avait dit Chopper ? Des effets secondaires que le renne n'avait pas prévus ? Ou le cook se croyait-il vraiment dans un rêve ? Quel idiot. Mais quel idiot.

Zoro poussa un soupir exaspéré avant de déposer ses lèvres sur la joue droite du cuistot –qu'il avait giflée plus tôt.

"Tu n'rêves pas baka cook. T'es tout ce qu'il y a d'éveillé. A mon grand regret d'ailleurs, t'es bien moins chiant quand tu pionces."

Hein ? Pas un rêve ? se demanda le blond, incrédule.

Voyant que cet imbécile ne répondait rien, le marimo décida d'employer les grands moyens. Sans retirer sa main droite de la joue tuméfiée de Sanji, il retourna titiller ses mamelons favoris.

"Ah ! Mh !" couina le blond.

Comme si ce n'était pas assez, le bretteur se mit également à caresser de sa main gauche la longueur du cook, longueur déjà bien enflammée.

Qui est le pervers maintenant, ero cook ?

Pas possible. Autant de sensations en même temps ne pouvaient pas être possibles dans un rêve ! La langue du marimo sur ses tétons, ses mains sur sa joue et sur son… Bordel ! Comment ce con peut m'exciter à ce point ? Et pourquoi j'le laisse faire ? Ce salaud veut s'amuser avant de me foutre dehors ! J'parie qu'il insistera pour le faire lui-même ! Salopard !

Alors que Sanji maudissait son bourreau dans sa tête, sa verge gonflait peu à peu sous les doigts agiles du bretteur et ses bourgeons roses durcissaient sous sa langue experte. C'était si bon que ne pas crier semblait impossible. Sanji enfonça sa main droite dans le matelas et serra celle du marimo dans sa main gauche. Comment cette bête primitive pouvait être si doué, bordel de merde ? Pourquoi voulait-il soudainement rester là à se faire tripoter par la tête d'algue indéfiniment ? Avait-il trouvé plus addictif que la cigarette ?

Le cook se mordit la lèvre inférieure, pas question de gémir en présence du marimo et encore moins lui faire comprendre qu'il en voulait plus. Bien plus. Mais sa respiration saccadée et les spasmes qui secouaient tout son corps ne trompaient personne, pas même Zoro. Ce dernier laissa un peu de répit aux "cerises" du blond.

"Tu t'crois toujours dans un rêve, ero cook ?" demanda-t-il en besognant encore et toujours le sexe ardent dans sa main droite.

"Mh ! Temee…" grogna le cook, "T'as rien trouvé d'mieux,…ero marimo ?"

"T'as rien trouvé de mieux que d'te croire dans un rêve plutôt que de croire que je t'aime ?" rétorqua le bretteur avant de se rendre compte –trop tard- qu'il venait de prononcer la formule maudite. Ce qui le pétrifia sur place.

"Quoi ?" fit le cook d'une voix blanche.

Un rideau de gouttes de sueur couvrit le visage rougeoyant de Zoro. Au lieu de répondre, il remplaça sa main droite par sa bouche sur la verge dure et turgescente du blond. Ce qui arracha un cri à ce dernier.