Le bretteur commença alors ses va-et-vient, ce qui ne déplut pas au cook blond. Sa bouche avait-elle été touchée par la grâce divine, elle aussi ?

"Mh ! Ah ! Ré…réponds-moi, ducon !" jura Sanji.

Zoro releva la tête. "C'est pas poli de parler la bouche pleine." Rétorqua-t-il avant de se remettre au travail. Cette réponse choqua le blond au plus profond de son être.

Espèce de gros dégueulasse ! T'as de la chance que j'te laisse faire !

Le bretteur sortit la baguette du cook de sa bouche et se mit à la caresser de ses lèvres. Sanji serrait les dents; il ne fallait surtout pas alerter les autres, encore moins ses mellorines. Comme si cette torture ne suffisait pas, le marimo fit glisser son index sur le bout hyper-sensible de la verge en feu.

"Mmmmh ! Mh !"

"Oh ? Ça te plaît ? Tu devrais parler plus fort, je n'entends pas bien." mentit Zoro avant de remplacer son index par sa langue.

"Aah !" Les yeux du cuistot se remirent à pleurer mais pour une toute autre raison. Est-ce que c'était ça, des larmes de joie ? Malgré les gémissements qui n'en finissaient pas, Zoro continuait de harceler le gland brillant de sa victime. Il semblait aimer ça, pas vrai ? Alors pourquoi s'arrêter en si bon chemin ?

"Ah ! Ah ! Mmmmh ! Ah…ya…yamero…" implora Sanji bien qu'en aucun cas il ne voulait que ça s'arrête.

Il ne rêvait pas mais il avait toujours du mal à croire ce qui se passait. D'abord, le marimo lui fait la leçon, ensuite il le prend dans ses bras et lui caresse les cheveux comme à un chiot, puis il le serre contre lui jusqu'à manquer de lui casser les côtes, et pour finir il l'embrasse à pleine bouche, lui dit "je t'aime" et le suce comme une glace à l'eau. Comment c'était possible, bordel de merde ? Comment ?

Pendant que le cook essayait tant bien que mal de réfléchir, sa virilité se dressa davantage. Ça y est, il allait exploser. Les mains accrochées aux draps, Sanji se libéra en quelques coups de reins dans la bouche du bretteur qui avala cul sec.

"Tu vois, ero cook ? J'ai pas laissé de traces." Déclara fièrement Zoro alors que son cook peinait à reprendre son souffle.

"Ah…ah…da…damare…kuso kenshi…"

Les deux tourtereaux se retrouvèrent face à face.

"Hé, regarde-toi. Tu as repris des couleurs on dirait." Taquina le marimo, ce à quoi Sanji répondit par un vif détournement du regard.

"Tch ! Baka…"

"Oi, regarde-moi, enfoiré !" Ajouta le bretteur vexé avant d'attraper le menton de sa belle et ramener son joli minois lacéré face à lui.

"Fous-moi la paix…t'as eu c'que tu voulais…barre-toi maintenant."

"Temee ! T'es encore à penser ça ? Tu crois que j'fais semblant de m'en faire pour toi pour te tailler une pipe ?! J'suis un tel connard à tes yeux ?" s'emporta Zoro.

Tes foutus jolis yeux. Pensa-t-il.

Sanji ne répondit rien. Il était bien trop troublé par le regard plein de colère de son vis-à-vis. Il n'y pouvait rien; dès qu'il croisait ce regard il était immédiatement persuadé que Zoro le haïssait. Peu importe ce que celui-ci disait.

Evidemment que non, kuso marimo. Tu es le mec le plus merveilleux que j'ai jamais rencontré. Je cognerais celui qui oserait me dire l'inverse. J'aime me battre avec toi, j'aime te voir manger ce que j'ai préparé, j'aime te voir dormir, te voir t'entraîner, te voir sourire, j'aime savoir qu'on est dans la même équipe…et comme je déteste le fait que toi, tu me détestes et que j't'ai sûrement pas manqué pendant ces deux années horribles !

"Oi, tu pleures encore ?" demanda le marimo d'une voix plus douce.

Il n'eut comme réponse que des pleurs étouffés. Puis il poussa un profond soupir de lassitude.

"Ecoute, tout ce que tu viens de vivre est réel, ok ? C'est ni un rêve, ni une hallucination, ni aucune autre connerie inventée par ton esprit fertile. Et aussi incroyable, aussi impossible que ça peut paraître, à toi et à moi, je…je suis raide dingue de toi kuso cook !" S'exclama Zoro, le visage à nouveau aussi rouge qu'un piment (1).

Sanji ne regarda alors que son marimo en train de mûrir. Nom de dieu, ce qu'il pouvait être craquant comme ça. Mais il ne savait pas que sa tête d'algue ne comptait pas s'arrêter là.

"Je…je t'ai toujours trouvé très mignon ! Ta cuisine est paradisiaque ! J'adore me battre avec toi ! Et si j'te provoque tout le temps, c'est parce que j'ai rien trouvé d'autre pour être avec toi, kuso cook !"(2)

La tête de Zoro était à présent en ébullition au point que de la fumée s'échappait de ses oreilles. Sans le vouloir, sa vue commença à se brouiller. Il s'empressa de s'essuyer les yeux d'un revers de la main.

"Et merde !" Jura-t-il.

Sanji essaya tant bien que mal de se relever un peu et de s'assoir. Dieu qu'il est adorable mon marimo. Il fait croire au monde qu'il est une grosse bête sauvage assoiffée de sang et regarde-le ! En train de chouiner et de rougir comme une jeune fille amoureuse. Amoureuse de moi…

Le cook n'avait jamais été plus heureux qu'en ce moment. Il se moquait de tout à présent: sa famille de mafieux à sa poursuite, le poison dans ses veines, sa prochaine éviction de l'équipage, il s'en foutait éperdument. Tout ce qui comptait, c'était être avec son marimo, rien de plus. Marimo sur lequel il se jeta avant de le serrer à son tour dans ses bras.

"Viens avec moi." Murmura-t-il à l'oreille gauche du bretteur avant de se mettre à tripoter les trois petites boucles dorées. Santoryuu jusqu'au bout hein ? songea-t-il.

"Hein ? Venir où ? A la cuisine ?" demanda Zoro, interloqué.

"Fais pas semblant. Le fait que tu m'aimes ne changera rien. Après ce qui s'est passé avec mon cher "père", tu sais bien que Luffy va me virer de l'équipage." Déclara Sanji d'une voix triste et résignée sur l'épaule de son bretteur.

Voilà autre chose ! Ce putain de poison l'a vraiment sonné, le pauvre.

Zoro le serra plus fort contre lui.

"Qu'est-ce que tu racontes ? Luffy, te virer ? Te virer, toi ? J'aimerais voir ça." Ricana-t-il.

"Hm…tu le verras bien assez tôt. Dès que je serais guéri." Continua le cook de la même voix lasse.

"N'importe quoi. Pourquoi il ferait ça ? Tu lui as refusé un septième repas aujourd'hui, c'est ça ?"

"Bon dieu, marimo, je suis sérieux !" s'écria Sanji en regardant cette fois son marimo dans les yeux. "Je lui ai caché, je VOUS ai caché une partie de mon passé ! Une partie que j'aimerais oublier mais quand même importante ! Vous auriez pu mieux vous défendre si je vous avais prévenu ! Mais…mais j'avais peur que vous m'rejetiez si je vous disais la vérité ! Et…et c'est c'qui va m'arriver de toute façon ! Je vous ai tout caché délibérément et je vous ai tous mis en danger ! Dis-moi pourquoi Luffy ne pourrait pas me chasser après ça ?"

"Ouais, Luffy pourrait te chasser, effectivement." Répondit Zoro du tac au tac avant de lire la terreur sur le visage du blond. "Mais pas pour cette raison-là."

"Pour quelle raison alors, kuso marimo ?"

"Demande-lui." Répondit le bretteur en indiquant la porte –ouverte- de l'infirmerie.


(1) "Moi j'aime le piment d'Espelette. J'aime quand c'est fade, quand c'est amer, j'aime quand c'est cru, quand c'est cuit, j'aime quand c'est brûlé, quand c'est congelé, quand c'est périmé, en fait j'ai tout le temps faim." (merci le Palmashow)

(2) C'est vérifié apparemment. Le 1er qui a "commencé" entre Zoro et Sanji, c'est notre marimo préféré.